Auteur Jacques Denis

Arthur H


Les disque qui comptent pour Arthur H qui vient de publier “L’Homme du monde”, un disque fait pour danser et pour chanter. « Une liste qui forcément ne serait pas la même si tu me la demandais demain. Entre le passé et le présent, ce n’est pas ce qui manque les bons albums. »

Gnarls Barkley “The Odd Couple”
Un album très étonnant : à la fois très groovy, très mélancolique et très chaotique. Il y a un désespoir transcendé par une inventivité dingue. Comme un magnifique blues, très dur.

Cocorosie “The Adevntures Of Ghoshorse And Stillborn”
C’est la famille des Brigitte Fontaine et Brazilian Girls, c’est-à-dire du hors-norme qui aère le cerveau. Ces gens n’ont pas peur de vivre dans plusieurs dimensions à la fois, source de folle fraîcheur !

Radiohead “In Rainbows”
Ils ont mis beaucoup de lumière dans leur lyrisme, et comme Gnarls Barkley, ils ont musicalement un sens du chaos : soit tu tombes, soit tu t’élèves en spirale vers plein de sons pas harmonisés. Avec eux, tu as le sentiment d’entendre les sons de la planète. Et puis il y a la voix de Thom Yorke qui plane au-dessus, très inspirant. Je pourrais dire la même chose de Björk.

Camille “Music Hole”
Aujourd’hui, on a besoin de retrouver notre créativité dans quelque chose de vraiment organique. Ce que j’aime aussi chez Katerine, en se foutant à moitié à poil. Quelque chose à la fois de primitif et de futuriste. Juste histoire de dire fuck off au catastrophisme ambiant : oui, la vie st aussi un phénomène joyeux !

Hariprasad Chaurasia “Daylight Raga”
Dès que j’ai besoin de me recentrer, de me reconcentrer, ce disque a un effet immédiat. Ça charge l’atmosphère d’une vibration super calme et énergisante. Essentiel.

Missy Elliott “This Is Not A Test”, “Under Construction”…
En fait tous ses disques. Pour moi, elle est la continuité de Monk et James Brown dans le sens où elle est complètement américaine et complètement africaine. Sa fantastique collaboration avec Timbaland accouche d’une musique tellurique.

Nicolas Repac “Swing Swing”
Mon cher ami qui autant dans ses chansons que dans ses musiques instrumentales, autant avec moi-même qu’avec Mamani Keita, apporte une magnifique créativité. Ce disque a fait le tour de la planète et a ouvert des portes pour l’approche organique des samples.

Pauline Croze “Un bruit qui court”
Elle a amené du groove, du 6/8, de l’afro dans ses chansons. Ce qui créé une originalité très touchante. J’adore quand la chanson française est ouverte sur le monde sans perdre une once de son identité. En plus, Pauline a une voix qui te traverse et t’emporte. De la bonne nourriture émotionnelle.

Thomas Dybdahl “Science”
Un disque extrêmement doux. Tu te perds dans une espèce de forêt merveilleuse. Dedans, il y a des trouvailles harmoniques incroyables et une légèreté très sophistiquée qui te font juste du bien.

Justin Timberlake “Future Sex/Love Sounds”
Il y a quelques morceaux qui sont vraiment sensuels. Quelque chose de très fort, qui dans une fête fout inévitablement le feu pour tout le monde. Comme une décharge d’énergie qui fait que tu as un énorme plaisir à danser. Ces morceaux-là ont été une vraie inspiration pour mon dernier disque.

Propos recueillis par Jacques Denis

ALBUM

  • Arthur H, “L’homme du monde” (Mercury/Universal)

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Alain Bashung

Dix disques. Ceux qu’emporterait sur son île déserte Alain Bashung, en marge de ces deux dates à l’Olympia. «Il y a aussi Marianne Faithfull, Dusty Springfield, Marvin Gaye. C’est un jeu cruel….» Une sélection inspirée, histoire de bien repartir sur la route après des années d’abstinence.

Righteous Brothers “Soul And Inspiration”
Un duo très complémentaire: les premiers Blancs à chanter comme des Noirs, avec des modulations incroyables. Un mec avec une voix dans les aigus et l’autre plus proche du timbre de Ray Charles. La magie totale! On découvrait aussi le son de Phil Spector, ce mélange de rock et de Wagner.

Serge Gainsbourg
Tous les disques où il y a le guitariste Elek Bacsik et des percussions. Sur l’île, ça me rappellerait l’époque où je suis arrivé à Paris, j’avais une dizaine d’années. J’avais rencontré un couple qui peignait des poulbots à Montmartre et se marrait bien. Ils avaient une pile de disques de jazz: Miles Davis, Art Blakey… Et Gainsbourg.

Françoise Hardy une compilation
Pour son timbre, naturel et charmant. Ce n’est pas étonnant qu’elle ait séduit des pays étrangers, avec le son de sa voix qui racontait la fragilité. Je sais qu’elle ne me lassera jamais.

Pia Colombo “Chante Kurt Weil”
Sans doute la chanteuse la plus authentique sur ce répertoire. Kurt Weil, j’écoutais ça gamin. Ses dissonances, les mélodies pas si simples, ont fait le tour du monde. C’est le premier rockeur européen.

Léo Ferré “Et basta”
Un disque où il n’y a qu’une chanson. Un exercice de liberté assez sérieux. Avec lui, il y avait du piano, puis ça se cassait, puis il criait. Ça continue de me hanter!

Brigitte Fontaine “Comme à la radio”
Je l’ai réécouté récemment, j’ai trouvé ça terriblement bien foutu… Un grain, authentique. Très très en avance…

Michel Polnareff Un best of
Là encore, une histoire de timbre, quelque chose d’essentiel. C’est peut-être le premier à s’être lancé dans la musique et avoir réussi comme compositeur, mais en chantant.

Mark Hollis “Mark Hollis”
Peut-être le plus beau disque de pop. L’enregistrement a duré un an, il y avait des chandeliers, toute une ambiance… Certains musiciens sont partis avant la fin. Il paraît qu’il y a 25 bandes par titre, pour saisir l’instant magique. Un truc tout en retenue. Le silence, c’est l’inverse du punk, mais peut-être encore plus violent, plus mental.

Scott Walker Scott “1″
Je l’ai découvert quand j’ai fait un des premiers concerts pop en France, au Palais de Sports. J’étais en lever de torchon d’une pléiade d’artistes anglo-saxons, les Pretty Things, Cream, Ronnie Byrd… Et les Walker Brothers, qui avaient un mur du son comme Spector. Plus tard, j’ai découvert les «Scott 1, 2, 3»… des trucs avec des cordes, des reprises de Brel. La new wave s’est inspiré de cette espèce de grandiloquence.

Nina Simone Un best of
Son timbre, superbe. Elle n’a pas le côté fatigant de la chanteuse de jazz qui fait plein de notes, dans la démonstration. Là, c’est plus brutal, et en même temps très doux.

Propos recueillis par Jacques Denis

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Martina Topley Bird

Dix disques. Plus un onzième : la bande-son d’“Oh Brother Where Art Thou”. Ceux qu’emporterait sur son île Martina Topley Bird, ex muse de Tricky qui a pris depuis son indépendance de style. Comme sur son nouvel “The Blue God”, produit par Danger Mouse, où elle glisse sa gorge profonde sur des climats qui flirtent sensuellement avec la pop made in USA.

Beastie Boys “Check Your Head”

Un album chaud et fluide aux allures de film domestique, qui monte à ébullition avec “Whatcha Want?”, l’un des titres les plus terrible et les plus désagréable du hip-hop.

Tom Waits “Mule Variations”

Je suis une vraie fan de production “chaude” et ce disque a cette qualité, mais aussi une fermeté de caractère, une texture et par-dessus tout, un personnage. J’aime comment il utilise la technologie dans une voie qui permet de compléter et render accessible son son, sans compromis. Il le rend encore plus riche et sinistre.

Serge Gainsbourg “Melody Nelson”

Je suis venue sur le tard à Serge. Mieux vaut tard que jamais. Mais là, je suis tombée à la renverse, avec cette production, tout d’abord par le traitement sonore de la batterie, et ensuite celui de la basse. Et bien sûr la voix. Naughty Serge!

The Pharcyde “Bizarre Ride 2”

Le meilleur show de hip-hop, cette manière de s’entrelacer les uns et les autres, à la fois dedans et dehors, comme s’ils constituaient un organisme, juste beau à contempler. Cela m’a vraiment impressionnée de voir un groupe aussi lié, comme par télépathie, mais capable de se délier pour faire jaillir une énergie magique.

Cesaria Evora “Sodade”

J’ai un réel intérêt pour les voix androgynes. C’est fascinant de ne pas savoir si vous écoutez un homme ou une femme. Cette femme a une incroyable profondeur de chant et avec, ses chansons ont la capacité de me transporter juqu’aux larmes. Magique.

Oumou Sangare “Worotan”

Certainement une expérience de saut vers l’inconnu. J’ai été saisie et hypnotisée par ces chants, de nouveau androgynes, ces rythmes et ces mélodies, et puis par la production, simplement brute. Et quand j’ai lu la traduction des paroles, j’ai encore été frappée!

The Strokes “Is This It”

Cet album a provoqué une addiction, à la fois inquiétante et irritante. Je l’aime et je le déteste.

RHCP “Blood Sugar Sex Magic”

Cet album m’a vraiment marquée. Quoi, j’avais 16 ans!

Joanna Newsom “Ys”

Pour la simple raison que vous n’entendrez probablement jamais rien de la sorte. Une sophistication incroyable et une dextérité dans le jeu, avec de sublimes et assez non conventionnels arrangements de cordes face au diamant brut qu’est cette voix.

Patience and Prudence

Quand je les ai découverts avec la chanson “Tonight You Belong To Me” au générique du film “Birth”, j’ai été foudroyée. Ils viennent d’une ère si différente d’aujourd’hui, ils pourraient aussi venir de Mars. Cela me donne envie de porter de bonnes vieilles chemises hawaïennes.

Propos recueillis par Jacques Denis

ALBUM

  • Martina Topley Bird “The Blue God” (PIAS)

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Stéphane et Lionel Belmondo

PHOTO: Yan Orhan

Cinq disques. Ceux qu’emporterait sur son île déserte chacun des deux frères Belmondo. Pour Stéphane, «à tout prendre dans l’idéal, je préfèrerais partir avec cinq gonzesses et aucun disque». «Moi, je prendrais plutôt une corde, je trouverais un palmier et voilà, c’est fait !», rétorque Lionel. En tout cas, tous deux viennent de cosigner un album autour de l’univers de Milton Nascimento, avec le sieur lui-même.

Stéphane :

Ravel “Concerto en sol” La version de Samson François. Dans la musique de Ravel, il y a toutes les mélodies et toute l’harmonie de la planète, toutes les orchestrations du monde, du rock à la musique traditionnelle.

Elis Regina “Chante Milton Nascimento” C’est ma chanteuse préférée. Et la thématique de Milton est taillée pour elle. Elle me fait penser à Piaf : à la fois destroy et pure… Toujours à la limite de basculer.

John Coltrane Toute la période du quartet Dans ce groupe, rien à jeter. C’est un bloc indissociable.

Musique traditionnelle de Guinée” Compilation Quand je suis parti en Afrique, j’ai acheté beaucoup de disques. Dont celui-là qui regroupe toutes les générations, du gamin au pépé. Harmoniquement et rythmiquement, la Guinée est la grande centrifugeuse d’Afrique de l’Ouest.

Maurice Duruflé “Requiem” Ce n’est pas sans me faire songer à la collaboration entre Milton Nascimento et Nana Vasconcelos. Et puis, il y a un son spectral qui me touche plus que n’importe quelle symphonie.

Lionel :

Yusef Lateef “Jazz Moods” Gamin, alors que mon père avait tout donné ses disques, j’en avais récupéré quelques-uns dont celui-ci : impressionnant ! La rythmique sonne bizarre, le climat est étrange, le son du groupe incroyable.

Gerry Mulligan “Original Jazz Quartet” Pas de piano, beaucoup de contre-chant, ce disque fut ma porte d’entrée vers le classique et le contrepoint.

John Coltrane “Love Supreme” Quand tu as 16 ans, quand tu joues du sax, eh bien tu te dis que c’est ça ! Tu es en face d’une montagne de spiritualité, et toi tu es au pied, à essayer de monter. Du coup, je suis allé chez Dexter Gordon pour commencer…

Dexter Gordon “A Day In Copenhagen” De superbes arrangements comme la version de “You Don’t Know What Love Is”, qui me poursuit toujours. Il y a Slide Hampton au trombone, Dizzy Reece à la trompette, qui va nous diriger vers Woody Shaw…

Count Basie “Atomic Basie” En 1977, mon père a la bonne idée de nous emmener à Juan-les-Pins écouter le big band de Basie. Et là, on découvre en première partie Woody Shaw. On ne pige rien ! Quelques années plus tard, je revois le même concert à la télé. Et là, tout s’éclaire ! Entre-temps, Basie nous a donné l’envie de monter un big band, avec un certain Christophe Dal Sasso à la trompette, à 12 ans.

Propos recueillis par Jacques Denis

ALBUM

  • “Belmondo & Milton Nascimento” (B-Flat/Discograph)

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Jamie Lidell

Dix disques. Ceux qu’emporteraient sur son île le chantre so british Jamie Lidell. L’électron libre de la galaxie Warp publie un nouvel ovni rétrofuturiste qui oscille entre soul-funk vintage et connexions plus pop…

Sly and the Family Stone “There’s a riot going on” L’idée de paranoïa massive, le sexe miteux, la guerre, tout cela, cette folie qui ronge, a présidé à ce disque de funk. Le funk comme je le connais : brut, désagréable, anguleux. Sly y est à son top, le plus nu et le plus cassé.

Raymond Scott “Manhattan research” Une compilation des travaux des années 50 et 60 de l’immense M. Scott. Un pionnier électronique, qui a inventé des machines, pour leur donner une âme et en tirer de la belle musique. Ce génie n’était pas qu’un doux dingue : il fut aussi un sérieux businessman, plaçant ses incroyables bandes-son sur nombre de supports.

Prince “Sign ‘O’ the times” Pourquoi embarquer celui-là ? Parce que c’est un double, qui aurait même dû être triple. Parce que j’ai eu ma phase Prince, l’idolâtrant comme un gamin, au point de porter le pourpre comme lui, de pousser des petits cris… Parce que cet album, vingt ans après, sonne toujours autant : rien à jeter, que du funk, racé, élégant, synthétique. Aujourd’hui encore, ce disque est un défi d’un total génie.

Marvin Gaye “What’s going on” Comment oublier la première fois que j’ai entendu “What’s Goin On”. Je me lavais les mains, ma mère préparait le déjeuner. Le soleil coulait dans la cuisine et j’ai mis la radio. Aussitôt, Marvin a hurlé aussi fort que le soleil. Les deux feux se sont combinés et l’eau est devenue froide. J’ai fixé le mur, en transe, et des larmes ont coulé. Cette voix. A vous faire croire en dieu !

Michael Jackson “Off the wall” Les bons vieux classiques, rien tel quand vous avez le blues, seul sur une île. Si “Don’t stop till you get enough” ne vous secoue pas, c’est que vous êtes morts ou trop partis trop loin pour que l’on soit ami. J’ai toujours préféré ce disque à “Thriller”. Une irruption de joie dont j’aurais besoin dans l’île. Apportez-moi mike !

Minnie Ripperton “Perfect Angel” La couverture en dit déjà long. Minnie fait partie de cette série d’artistes décédés trop tôt. Alors, il vous reste à l’imaginer. Comment était-elle ? Comment son âme devait-elle être si douce ? J’ai reçu cet album comme un cadeau d’amour adressé au monde entier.

Parliament “Osmium” Le seul disque de ma collection avec de la cornemuse. Quelle puissance ! Du genre capable d’irradier les habitants de toutes les galaxies, pourvu qu’ils aient des oreilles. Moi, avec ça, je pourrais fumer une banane en pensant que c’est sacrément funky! Le genre de truc à vous bouger le cul par-dessus tête !

Can “Tago Mago” J’ai grandi en voulant fumer de l’herbe comme les grands garçons. Tout ça n’allait pas vraiment si bien jusqu’à ce que je tombe sur ce disque. Ce monde parallèle m’a foutu la trouille ! Des fantômes nageant dans une brume de champignons jaunes. Et puis à peu j’ai samplé cette musique et ma crainte s’en est allée.

Sun Ra “Singles collection” Encore un paquet de bonnes ondes pour l’île. L’histoire du Ra à travers ses antiques singles, qui enjambent de long en large son univers. Ou au moins du système solaire. Fletcher Henderson y croise Batman, sur le spacefloor avec de la disco 3000. Quelle joie !

Brian Eno “Apollo” Comme la vie sur Terre peut parfois vous sembler lourde, il me faut aussi empaqueter quelques gemmes musicales. Idéales pour les nuits étoilées et opiacées où il est temps d’abandonner son corps derrière… Eno connaît mieux que nul autre les bienfaits de l’ambiant. Et dans cette île, il deviendra un bon compagnon.

ALBUM

  • Jamie Lidell “JIM” (WARP/Discograph) (sortie le 28/04/08)

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Expériences: Noel Akchoté, le casting du cabaret

PHOTO: Magdalena Blaszczuk

Le guitariste convie une pléiade d’invités dans le cadre de la 25e édition des Banlieues Bleues

Le temps d’un week-end baptisé “Toi-Même”, le guitariste pluridisciplinaire se présente en tant que metteur en sons, ou plutôt réalisateur d’audio-films en direct, histoire d’inviter une galaxie d’artistes proches de son univers. Ce casting polyglotte ouvre grand les horizons, large les oreilles, afin de pouvoir faire raisonner la pensée oblique de celui qui a joué avec Fred Frith et Philippe Katerine, David Grubbs et Matmos, Luc Ferrari et Dylan Carson… « Le principe de ce projet Toi-Même demande une certaine intimité, directe ou indirecte, mais bien réelle. Souvent, il me suffit de savoir comment est une personne, par exemple par l’intermédiaire d’un ami, pour me décider à la contacter sur un tel projet… A partir de là, ce ne sont là que des pistes, certainement pas des certitudes, mais des intuitions, des liens qui se font dans ma tête. »

Kevin Blechdom : voix, guitare, banjo (USA) Kristin Erickson pour l’état-civil s’est révélée avec Blectum From Blechdom, tendance electronica, tout en pratiquant en famille le terrain du rock arty avec Adult Rodeo. « J’ai vu une photo d’elle avec Eugene Chadbourne, et à la limite je ne veux pas en savoir plus. »

Red : voix, guitare (FR) Olivier Lambin, de son vrai nom, s’est retrouvé sur Rectangle, avec “Felk”, une espèce de blues-folk qui ne ressemble qu’au bonhomme qui l’habite. « J’entends depuis longtemps quelque chose de très « roots », de très basique et fort, assez nu, avec Red. »

Laetitia Sheriff : voix, guitare baryton, basse (FR) Une douce voix, de belles mélodies traversées de bruits, des ambiances entêtantes aussi, et puis des textes qui tranchent, sur le vif. « J’ai dû la rencontrer deux heures en tout dans ma vie, mais on a de tels amis communs : Régis Boulard, Red… »

Jean-Louis Costes : voix, piano, objets (FR) Provocateur ? Peut-être. Iconoclaste ? Sans doute. Multimédia ? Pour sûr. Ce « pianiste classique et jazz fan de Cecil Taylor » trace sa route depuis des lustres. Avec lui, Akchoté a multiplié les projets sur tout support. « Jean-Louis me surprend totalement à chaque fois. »

John Giorno : voix, poésie (USA) Intime d’Andy Warhol, il a fondé Giorno Poetry Systems, un collectif où l’on croise Patti Smith et Philip Glass, Robert Rauschenberg et Robert Mapplethorpe, William Burroughs et John Cage… « Nous avons déjà joué en duo, et c’était toujours limpide, naturel. »

Fritz Ostermayer : voix, claviers, électronique, modération (AUT) C’est le « Monsieur Musique, Culture et Politique » sur la radio nationale autrichienne. Un John Peel, qui a signé un album sur Mego, entre électronique et chanson. « En tournée avec lui, les gens venaient parler au type qui tous les dimanches soirs change leur vie. »

Otto Lechner : accordéon, piano (AUT) Qui a vu l’une des performances de cet accordéoniste aveugle s’en souvient. Complice de Joe Zawinul et compère de Max Nagl, Otto Lechner a signé quelques disques terribles. « J’ai enregistré avec lui sur les albums de Max Nagl. Je l’adore. »

Brad Jones : contrebasse (USA) Cet ex Jazz Passenger s’est fait apprécié pour sa versatilité qui lui a permis de jouer avec Elvis Costello et Elvin Jones, entre multiples autres… Mais aussi le Big Four, qui l’associe à Noël Akchoté. « Jazz, chanson, rock, soul ou free, tout lui est simple et naturel. »

Han Bennink : batterie (HOL) Depuis quarante ans, ce batteur est l’un des piliers de la riche scène free néerlandaise, tel un modèle de libertés contrôlées. « Je l’écoute depuis toujours. J’adore quand Bennink joue des choses simples, des blues ou des chansons. »

Andrew Sharpley : voix, claviers, électronique (UK) Ce bricoleur de génie fut à la fondation de Stock, Hausen & Walkman. Depuis une dizaine d’années, il a beaucoup joué avec Noël Akchoté. « J’imagine personne d’autres pouvant faire ça et depuis toutes ces années on redémarre à zéro sur chaque projet. »

Sebastian Reier : platines, électronique (ALL) Fondateur des éditions Stora, DJ-programmateur du club Pudel et chroniqueur pour “Die Ziet”, cet Allemand s’est illustré dans le groupe Augsburger Tafelconfect. « Je le connais depuis son adolescence : il était stagiaire chez Winter et s’occupait du publishing de Zorn… »

Pakito Bolino (FR) & Hendrik Hegray (FR/BE) Le premier a cofondé des éditions Le Dernier Cri, et fut associé à Akchoté sur le disque “J’en doute encore”. Le second est connu pour Superkärsher, entre autres « tripatouillages » graphiques. « L’un et l’autre sont des amis. Ils vont réaliser des œuvres originales qui seront utilisées comme décor de Toi-même. »

Magdalena Blaszczuk (POL/AUT) Cette photographe a fondé au début des années 90 “Skug” (Sub-Kultur-Underground), une revue à laquelle participe Noël Akchoté. « Magdalena, qui est ma femme, fera un reportage sur le projet : de notre arrivée aux shows, des répétitions aux repas. »

SITE

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Sébastien Tellier

Dix disques. Ceux qu’emporterait sur son île déserte Sébastien Tellier, qui vient de publier “Sexuality”, une galette qu’il faut avant tout écouter par les deux bouts : “Roche”, digne du meilleur d’Alain Chamfort, et “L’Amour et la Violence”, non loin des sommets de William Sheller.

Luccio Battisti “Encora Tu”
Un chanteur italien incroyable, sa musique est la plus sincère de toutes.

Gene Clark “No Other”
Guy-Man me l’a fait écouter au tout début de notre collaboration et ce fût un coup de foudre

Wendy Carlos “Orange Mécanique”
Sur cette bande originale, probablement le meilleur son de synthé que j’ai entendu… en plus j’adore le parcours de wendy : homme puis femme

Robert Wyatt “Rock bottom”
C’est un album profond, magnifique. Robert Wyatt est un maître pour moi.

Bryan Ferry “Dylanesque”
Un album parfait pour écouter en week-end à la campagne. Ferry+Dylan=fantastique !

Brothers Johnson “Light Up The Night”
Encore un truc que m’a fait découvrir Guy-Man. Ce disque, c’est la culture du beau son à l’ancienne.

Sebastian “Victimo”
Sebastian est un surdoué de la musique électronique, j’adore quand il est triste.

Kavinsky “Testarrossa Autodrive”
Tes bon style, l’énergie est parfaitement dosée. Kavinsky, c’est trop bon.

The Beatles “White Album“
Génial. Comment faire mieux ???

The Mamas and the Papas “California Dreamin’”
The Mamas and the Papas reste mon groupe préféré. C’est celui que j’écoute le plus. L’imperfection parfaite…

Recueillis par Jacques Denis

ALBUM

  • Sébastien Tellier “Sexuality” (Record Makers/Discograph)

CONCERTS

  • 29/02 Paris, Centre Georges Pompidou

  • 01/03 Besançon, Le Cylindre

  • 06/03 Dijon, L’Atheneum

  • 13/03 Meylan, Maison de la Musique

  • 14/03 Marseille, Le Cabaret Aleatoire

  • 15/03 Arles, Cargo de Nuit

  • 20/03 Genève, Festival Electron

  • 22/03 Le Havre, Cabaret Electrique

  • 28/03 Nancy, L’Autre Canal

  • 29/03 Metz, Chapelle des Trinitaires

  • 04/04 Evreux, L’Abordage

  • 06/04 Morlaix, Festival Panorama

  • 18/04 Printemps de Bourges

  • 24/04 Montpellier, Le Rockstore

  • 25/04 Lyon, La Plateforme

  • 26/04 Strasbourg, La Laiterie

  • 30/04 Paris, La Cigale

  • 12/05 Tourcoing, Le Grand Mix

  • 13/05 Bruxelles, Le Botanique

  • 16/05 Massy, CC Paul Bailliart

  • 17/05 Sannois, EMB

VIDEO

  • Sexual Sportswear

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Hommage à Henri Salvador

SON RIRE A FAIT LE TOUR DE LA PLANETE

Un truc énorme qui rendit baba le clown Rhum au tournant des années 30. Une truculence de bon vivant qui lui collera à sa peau métisse. On avait oublié de se rappeler d’autres bons souvenirs, moins versés dans l’humour des shows télévisés et autres tranches de rire. On avait oublié le chanteur à la voix de velours qui créa « Dans mon île » de retour du Brésil pour qu’on y soit toujours bien. Toutes ces chansons douces, parfois amères, jamais sucrées que nous ont chantées nos mamans, que depuis nous avons chanté à nos enfants. Le guitariste de jazz qui apprit ses bonnes notes tout seul dans la chambre de son adolescence. Celui qui accompagna Django au Jimmy’s Bar. On avait oublié l’éternel collégien, le petit Indien de Guyane qui tourna dans toute l’Amérique du Sud avec l’orchestre de Ray Ventura. Celui qui joua tout en second degré avec Boris Vian. Qui fit débuter Quincy Jones, un ami de plus de trente ans. On avait oublié le joueur de blues. Et puis est arrivée la nouvelle d’un nouveau disque. Une histoire rocambolesque à l’initiative d’une amie, Corine Joubard, qui ne voulait pas qu’Henri reste sur de fausses notes. Une collection de treize chansons, des classiques à l’ancienne, pour la vie. Il y est question de jazz, de Méditerranée, de bossa à la coule, de cordes sensibles, de petits bémols entre les lignes, d’inventaire pour ne rien oublier. Histoire de refaire l’histoire là où elle n’aurait jamais dû s’arrêter. Histoire de dire sans forcer sur la voix, toujours juste dans le ton, que le meilleur de nos crooners est bel et bien émouvant. Pourvu que ça swingue ! Pourvu que ça dure !
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Harold Lopez Nussa

Les disques qui comptent pour Harold Lopez-Nussa. A 24 ans, ce pur produit de l’école cubaine publie un premier solo, suite à sa prestation au festival de Montreux en 2005 où il avait gagné le concours de piano solo. Un album qui révèle ce talent à multiples facettes

Keith Jarrett “Melody At Night With You” Un album en solo, qu’il a enregistré après une année sabbatique. Du coup, il revient encore plus profond, plus spontané.

Keith Jarrett Trio “Tokyo 96” Ce que je retiens d’un trio majuscule de l’histoire du jazz. Gary Peacock, Jack DeJohnette et Keith Jarrett ne forment qu’un seul être.

Herbie Hancock “New Standards” Une série de classiques de la pop actuelle revisités de main de maître. Des interprétations très originales. C’est mon père qui m’a biberonné depuis tout petit d’Herbie Hancock.

Arthur Rubinstein “Œuvres pour piano” de Chopin Le meilleur interprète de Chopin, dont il retranscrit à merveille la sensibilité, ce goût pour les “Esquisses”.

Claudio Arrau “Intégrale des sonates” de Beethoven Enregistrée dans les années 60, cela demeure pour moi la vision la plus juste de la force de caractère, de la puissance unique, de Beethoven, un compositeur que j’ai pratiqué au conservatoire Amadeo Roldan de La Havane.

Sting “All This Time” J’adore Sting depuis mon enfance, avec ou sans Police.

Juan Luis Guerra “Grandes Exitos” Un Dominicain formé au jazz mais extraordinaire sur le merengue. Pour la qualité de ses poésies, pour sa voix, un mariage juste parfait.

Los Van Van “Llego Van Van” Le plus sûr orchestre de musique populaire à Cuba. Un classique de la danse, idéal pour sortir accompagné.

Yoruba Andabo “Yoruba Andabo” De la rumba primitive, qui traduit l’esprit des orishas. D’une force incroyable ! Tout Cubain se doit de connaître la rumba, une musique dont j’ai un peu tâté au piano.

Frank Emilio Flynn “Los Amigos” Un des pianistes fondamentaux de Cuba, au même titre que Lecuona ou Bola de Nieve. Tous ceux-là font partie de mon répertoire.

Recueillis par Jacques Denis

ALBUM

  • Harold Lopez Nussa, “Sobre El Atelier” (Planète Aurora/Cristal Records/Harmonia Mundi)

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Calexico

Dix chansons. Celles qu’emporterait sur son île déserte Calexico, combo d’Arizona. «Elles sont à relier au film de Tony Gatlif, Latcho Drom, qui va du désert indien aux banlieues espagnoles.»

Koen de Cauter And Romani, “Me hum Matto”. Cet enregistrement évoque l’univers de Django en développant le pouvoir d’évocation de la langue rom.

Lhasa, “Anywhere On This Road”. Ce thème confronte son esthétique pour les mélodies orientales au pouvoir d’envoûtement des drones.

Amparanoia “Dolor, Dolor”. Avec une voix si riche et enfumée, Amparo Sanchez évoque le feu du flamenco, l’agilité du hip hop et les boucles elliptiques du reggae.

Taraf de Haïdouks, “Balada Conducatorolui”. Extrait du film de Gatlif, cette chanson capture l’intensité de cette image : un arbre squelettique au milieu d’un champ vide.

Coco Rosie, “Noah’s Ark”. Un voyage étrange au travers de petites mélodies, des beats hypnotiques du hip hop et des vocaux aussi calmes que hantés…

Devotchka, “Such A Lovely Thing”. Une chanson emblématique de la fluidité de leur sens musical, de leur amour pour les blues mineurs, l’esprit gitan…

Amadou & Mariam, “Coulibaly”. Les fans du global folk-punk-reggae gitan de Manu Chao ne seront pas déçus par ces plaisirs émouvants.

Think Of One, “Coco Medley”. Un projet qui a amené ce groupe belge à Recife, le lieu idéal pour les combinaisons des brass bands gitans et de la transe marocaine avec des traditions brésiliennes.

Amalia Rodrigues, “Alfama”. L’album Songs In An Ancient Tongue capture sa voix et son âme. Si le film de Gatlif était allé au-delà du flamenco, il serait passé par Lisbonne, le Cap-Vert, le Nord de l’Afrique…

A Hawk And A Hacksaw, “The Moon Under Water”. Un style unique, quelque part entre les folklores de l’Europe de l’Est, le jazz libre, les Appalaches, le mariachi et le klezmer.

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Vincent Ségal

Dix disques. Ceux qu’emporterait dans son île Vincent Ségal, moitié de Bumcello, qui vient de sortir un double vinyle de violoncelle solo, conçu comme une suite d’instantanés où il revisite certains des lieux qui l’ont habité, de Pigalle à Oakland, où il se souvient aussi d’amis comme Nana Vasconcelos ou Bébé Vampire. « Un peu à la manière de Bach, mais avec le groove… »

Novos Baianos “Acabou Chorare”
Sur une île, il vaut mieux emmener des disques que tu as écoutés des centaines de fois. Et puis c’est la synthèse parfaite de tout ce que j’aime au Brésil : spontanéité, musicalité, belles chansons, superbes voix…

Booker Little “Out Front”
Avant tout pour le thème “Man Of Words”, comme du hip-hop avant l’heure, sans parole mais avec mélancolie. Un disque fait pour l’éternité, mon préféré en jazz.

Ferenc Fricsay “Musique pour percussions et celesta”
Par le symphonique de Berlin. Un vinyle que j’ai écouté depuis tout petit. Je ne peux pas écouter d’autres versions. Surtout le troisième mouvement : un modèle !

Muddy Watters “Louisiana Blues”
1950, sur Chess. Juste pour sa voix, parmi les plus graves et les plus chaudes. Du pur velours capitonné. Normal que les filles craquaient.

Les Beatniks “Les Beatniks”
Mes guitariste de compa haïtien, juste trouvable en vinyle. Ce pourrait être aussi Robert Martino dans Scorpio ou les Gypsies de Petionville. Impossible de ne pas danser.

T-Rex “Unicorn”
Mon album préféré de pop-folk, avec le son extraordinaire de Tony Visconti. Une liberté extrême, une étrangeté et un laisser-aller qu’on ne trouve pas aujourd’hui. Ceux qui écoutent Devranda Banhart devraient se pencher sur cet album. La version vraiment originale.

Magic Malik “OO-237 XP1”
Un jour, j’ai mis le thème “Alti-Plan” en boucle sur ma platine, sans le savoir. J’ai dû l’écouter des heures sans m’en rendre compte, sans que ça me choque. Un type capable de ça est un génie. Malik est de toute façon le meilleur musicien français.

Xenakis “Nomos Alpha”
Une œuvre qui explose, fortissimo. Et la version par Pierre Penassou au violoncelle. Il fut mon premier professeur et sur une île, j’aurai besoin de lui. Forcément. Avec ce disque, même s’il est mort, il sera toujours à mes côtés. Là, vibrant.

Johnny Guitar Watson “Listen”
Surtout si ma femme est avec moi sur l’île… Mais sans les enfants.

Bumdu Khan “Bhairavi”
Une pièce de 1948. Quel récital ! Soixante après, seul le sarangi de Ram Narayan peut rivaliser avec ce sorcier. Ce disque m’encourage à persévérer.

Recueillis par Jacques Denis

ALBUM

  • Vincent Ségal “Cello” (Label Bleu)

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Pascal Comelade

PHOTO: CLAUDE GASSIAN

Dix disques. Ceux qu’emporterait sur son île déserte le Catalan. Le musicien à rouflaquettes nous envoie justement un nouvel album au titre des plus explicites : “Mètode de Rocanrol”. Interview vidéo en ligne demain.

Banda Inonica “Passionne”
Un orchestre de musiques de processions de la semaine sainte en Sicile, dirigé par l’incommensurable Roy Paci, sa trompette télescopique, son filet d’anchois et ses costards pur fil…

Bola De Nieve “Las grandes canciones del genial artista cubano”
L’élévation apostolique et cubaine du piano-bar sentimental.

Bambino “Canciones de amor prohibido”
Les 40 plus grands succès de Miguel Vargas Jimenez « Bambino » et ses chansons définitivement positives comme “Procure olvidarte”, “Soy lo prohibido”… « Je te déteste tellement que je suis moi-même étonné de ma manière de te haïr. »

Nick Cave “Grinderman”
C’est pas pour les majorettes.

Eugene Chadbourne et Jimmy Carl Black “Pachuco cadaver”
Manuel de reprises du Captain Beefheart par l’Indien du groupe, Jimmy Carl Black, premier batteur des Mothers of Invention et son collègue aux trois mains triphasées.

Fats Domino L’intégrale à discrétion
Avec, en lecture parallèle, la fameuse bande dessinée de Joost Swarte, « une expérience amusante de la carrière de Monsieur Domino ».

Gabriella Ferri “I grandi successi originali”
Avec Pasolini en chanteur masqué, les tripes sur la table, elle vous mange toutes. Ecoutez “Dove sta zaza”.

Norman Carl Adam “The Legendary Stardust Cow-boy”
Réédition des deux albums classiques du cow-boy de l’espace. La grande famille des martiens à masque de catcheurs crypto- situationnistes : Daniel Johnston, Asil Hadkins, Mandrake le magicien, Akim…

Los Salvajes “1965-1968”
Le plus grand groupe de rocanrol espagnol du monde. Adaptations des Troggs ou du Spencer Davis Group en espagnol et, pour l’extase vibrationniste, leur sublime hymne : “Soy Asi” : « Avec mes larges rouflaquettes et mes pantalons étroits,je suis comme ça. » Aaargh !!!!

Adriano Celentano “Le origini di Adriano”
J’étais à la terrasse du Zermati, via Veneto, avec Marino Marini et Fred Buscaglione à siffloter “Azzuro” et à rien faire de spécial. Passe un jeune gommeux en mocassins 2 tons qui se permet une réflexion sur ma gourmette en plaqué-zinc (un cadeau de ma mère ,vous pensez). Ni une ni deux, j’y fracasse la fiole de Martini sur la tronche. C’est comme ça que j’ai connu Adriano.

A écouter

  • Pascal Comelade :“Mètode de Rocanrol” (Because)

En ligne

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chanson: Mouss & Hakim, question d’identité

Dans le sillage d’un mouvement qui vise à réexaminer la part algérienne de l’histoire de France, les Toulousains relient des chansons d’antan à l’actualité. 10 invitations pour leur concert parisien

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Brigitte Fontaine

Dix disques, ceux qu’emporterait sur son île déserte Brigitte Fontaine

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Bertrand Cantat

Dix disques, ceux qu’emporterait sur son île déserte Bertrand Cantat. «En admettant un départ en urgence, j’essaierais d’abord d’emmener une guitare et un petit engin pour enregistrer. La voix, elle, se transporte facilement, papier, crayon, on ne sait jamais ça peut servir.» Et de conclure cette «fin du jeu cruel» par: «Dix minutes de plus et je fais une toute autre liste.»

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Feist

Dix disques. Ceux qu’emporterait sur son île déserte la Canadienne Leslie Feist, qui n’en finit pas de séduire avec sa collection de chansons tout doucement fêlées, subtilement brisées

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Robert Wyatt

Dix disques. Ceux qu’emporterait Robert Wyatt, œil espiègle et sourire vif, comme le prouve son drôle de “Comicopera”, où il invite quelques vieux complices dont Brian Eno, « essentiel dans sa discrétion». « Je n’ai pas mis un de ses disques. Il est trop proche. »

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Jazz: Les goûts de la Villette

Lionel Loueke

Le festival de jazz à La Villette vient de se terminer. Morceaux choisis parmi les plateaux concoctés par les trois invités d’honneur : Julien Lourau, Wayne Shorter et Steve Coleman. A boire, à manger et à déglutir

“C’est quand Steve Coleman se met à jouer que ça merde… c’est con à dire !”. Oui, effectivement… cette remarque d’une spectatrice résume à merveille le paradoxe de la situation ce soir-là. L’un des trois saxophonistes à l’honneur du festival rejouait au Trabendo avec son fidèle tambour de bouche Kokayi et le batteur Tyshawn Sorey. Le Pro-Verb Trio ne nous aura rien appris de plus que ce que l’on savait en matière de jazz et de rap, où le saxophoniste excellait il y a plus dix ans déjà. De même lorsque l’héritier de Parker convoque une poignée de saxophonistes à ses côtés, cela tourne vite dans le vide, en un concert insipide que l’on attendait mieux inspiré. Reste son disque en solo, à écouter d’urgence !

En solo, c’était le propos de Lionel Loueke, protégé de l’éminent Wayne Shorter. Juste choix quand l’esthète de la guitare se montre à la hauteur de ses perles gravées en solitaire, quand il va au fond de la mélodie, la creuse comme ce “Body And Soul”. Mais, le Béninois aura aussi revêtu le costard étriqué des surdoués et autres académiciens, renvoyant alors l’image caricaturale d’un bon technicien de surface. Rien à voir avec Jim Hall, 80 ans au compteur, et toujours capable de suspendre l’écoute et surprendre l’oreille, d’un accent détonant, d’une phrase pas banale sur un répertoire jonché de classiques, de “Alone Together” à “In A sentimental Mood”… Sans oublier un curieux détour par la samba “Beija Flor”, où son partenaire en ce duo, l’immense Ron Carter, montra de quel bois était faite sa contrebasse.

C’est aussi du côté du Brésil que les frères Belmondo ont posé les bases de leur nouveau projet, avec cuivres et cordes, tous ici pour saluer le compositeur Milton Nascimento. Lequel sur scène, visiblement fatigué et malgré de vrais problèmes de sons, eut quand même quelques pures fulgurances, dont un “Ponte de Area” en guise de conclusion pour laisser espérer des lendemains qui chantent autrement pour cette création, enregistrée dans la foulée à Paris.
Enfin, autre projet qui devrait un jour ou l’autre atterrir sur la pile des disques, le nouveau quartet Saïgon de Julien Lourau, codirigé avec le pianiste Laurent Coq. Au soprano puis au ténor, le maître de céans s’y montra capable de belles envolées sur un répertoire original qui gagnera en souplesse et cohésion avec les heures de vol. En attendant, le Français honorait déjà la notion de liberté contrôlée, chère à Wayne Shorter.

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hommage: Jean-François Bizot

bizot

PHOTO: DANIEL LAINE ©Actuel

Le fondateur d’Actuel et de Radio Nova, l’infatiguable défenseur de tous les undergrounds, est décédé samedi 8 septembre d’un cancer

C’était un dimanche soir de mi-juillet, au téléphone. Jean-François était à l’hôpital. Il avait relu toutes les pages de son dernier livre, enfin un bouquin collectif autour de la new-wave, enfin autour de son idée forcément plus large que convenue de la new-wave, un foutu remixe qu’il avait chapeauté, dans tous les sens du terme. Malgré tout, malgré ce petit moment de faiblesse qui revenait par-derrière, il tenait à tout vérifier, tout améliorer, toujours.

Des tas de papiers étalés sur une table, des tonnes de souvenirs dans la tête, ce fut la dernière image de Jean-François. Comme la première fois, où l’on débarquait à Actuel, forcément impressionné. Comme à New York, milieu des années 90, au sortir du Carnegie Hall, au bras de deux superbes nanas. Comme lors de bouclages à Nova Mag, où il passait sa tête entre deux bons mots balancés en direct à la radio. Comme quand il me convainc d’aller voter. Comme quand on discuta des heures du jazz, et puis du reste, sans compter. « Attends, j’vais fumer une clope… je reviens. » Début 2007, plus le droit de fumer. Un temps. Ce jour-là, on devait se parler du coffret que Nova venait de publier, histoire d’honorer les vingt-cinq ans de sa radio libre. Radio Nova, une petite radio aux oreilles grandes ouvertes. Un bâtiment connu dans le monde entier. Toute la planète de la musique y est venue. Et puis tout le reste.

Début février 2007, il avait dans l’idée de faire une suite, un Nova Roots sur les vingt-cinq ans qui ont précédé. Il avait toujours de la suite dans les idées, qu’il lançait et qu’il fallait attraper. L’ex DJ de Nancy, des surprises parties millésimées 1965, voulait monter une petite bande de sélectionneurs, fouiller dans les tréfonds de sa discothèque, ses disques empilés pas compressés, pour en sortir les 5000 incunables des amis de Nova, des classiques rares et perles atemporelles (voir ici sa playlist). « Avec Nova, j’ai appris l’anti-mode. Les disques qui ne s’usent pas. Tu commences à le savoir à 35 ans. En littérature, c’est plus rapide. »

Avec Jean-François Bizot, très grand reporter, co-fondateur de l’écologie politique, chantre du journalisme Actuel, catalyseur de la presse souterraine, accoucheur de l’underground, auteur de films peu vus, romancier à ses heures, essayiste à la plume aiguisée, compilateur de l’extrême et rare amateur de musiques, nous avions tous appris. Un peu, beaucoup, passionnément. Ah! la folie. La vie par tous les bouts. Merci, à tout de suite.

LIVRES

  • Vaudou & Compagnies, Histoires noires de Abidjan à Zombies, Editions du Panama, 2005

  • Underground, L’histoire, Denoël, 2001

  • Free Press, La contre-culture vue par la presse underground, Editions du Panama, 2006

  • Un moment de faiblesse, Le livre de poche, 2005

SITE

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Jean-François Bizot

Face au jeu de l’île déserte où l’on n’emmènerait que dix CD, je ne peux vous donner qu’un conseil préliminaire : enculez la règle du jeu. Voici les climats, les dieux et les démons, les poètes et les chamans, les clubs qui transpirent du plafond et les chill out, les move your ass et les blues gospel pour rêver sur la plage une main indolente dans le pagne.

1/ J’emmènerais la beauté poignante du “Kindertoten Lieder” de Gustav Mahler pour me dire qu’en écoutant Katleen Ferrier chanter vingt minutes je saurais, bien consolé, que je ne pleure pas sur moi, là-bas tout seul, tout comme cet hymne du bord de plage où l’on traîne à regretter l’humanité en écoutant Billie Holiday chanter “I cover the waterfont” (Verve).

2/ Je convoquerais les tambours hypnotiques de Satan avec Sister Ray du Velvet Underground, un mix des trois premiers Led Zeppelin et Their Satanic Majesties Request des Rolling Stones.

3/ Je ferais mon plein de lyrisme avec “Gipsy Queen Woman” de Tim Buckley (Straight Warner), dont la voix écorchée permet de sauter un repas, “I love you Porgy” de James Brown (Capitol), où le roi du mashed potatoes livre la plus belle des purées et “Misty”, en version live in the club, de Sarah Vaughan (Emarcy / Universal Jazz).

4/ Je me malaxerais un bon mental avec Poppy No Good de Terry Riley (CBS) maître de la répétition à l’orgue accompagné par Phaedra de Tangerine Dream (Virgin) dont les nappes enveloppent les soucis et les “Gymnopédies” d’Erik Satie jouées par Aldo Ciccolini.

5/ Je saurais conjurer les orages électriques du climat imprévisible en mixant Ummagumma de Pink Floyd (EMI), leur premier double album, White Noise numéro un ou deux (Virgin) avec ses fulgurances de cinéma sonore, et va savoir quel trash à la Sonic Youth ou quel pirate de Hendrix ou le coffret des trois CD inédits des Doors chez Rhino (Warner) avec une version live définitive de “The End”.

6/ Je m’emballerais encore tout chaud et toujours énervé sur “International Thief Thief” de Fela Ransome Kuti, cet afrobeat qui l’a mené en prison pendant que tout le Shrine dansait. Un album de cuban world comme Conjure de Kip Hanrahan, ce collector où tout New York soufflait, il y a vingt ans, d’Ishmaël Reed le poète pré-rap à Elysee Pyronneau, le guitariste haïtien couturier dentellier du Compas, etc.

7/ Je ne me priverais surtout pas de ces maîtres du désert-groove que furent les Ambassadeurs avec Salif Keita et Kante Manfila à l’époque de Mandjou et je les mettrais en écho avec une de nos compiles Nova, Deep Orient, où voyagent soufis, gnawas, original raï et Dissidenten (ça doit se trouver sur le Net).

8/ Pour entretenir mon cerveau face à l’intelligence vitale mais limitée des noix de coco, j’embarquerais le coffret In a Silent Way de Miles Davis, magnifiques versions inédites à la modernité si stupéfiante qu’échappant aux modes, il fallait vingt ans pour qu’on s’aperçoive de leurs sonorités inusables mélangées avec des imprécations amphétaminées des discours d’André Malraux (Frémeaux et Associés) et, à défaut, les Last Poets, maîtres du spoken word sur le label Douglas, juste à la fin des sixties.

9/ Comme rien ne tient mieux compagnie qu’un solitaire, ce diamant qui ne se livre jamais complètement, j’embarquerais un Brad Meldhau bien stoned, ce pianiste capable du meilleur XXIème siècle et un Arthur H récent combiné à un Gonzalez piano solo sur le label No Format.

10/ Et pour s’endormir en rêvant, j’irais télécharger (entre autres) sur le Net quelques mixes cultes de Nova de Laurent Garnier, Lord Zeljko, Gilb’R et Loïk, le concert de Manu le Malin… J’emmènerais Olé de John Coltrane (Atlantic), chef d’œuvre de vingt-six minutes et l’album de Damon Albarn enregistré au Mali.

Vous avez compris : on ne vit pas sur une île déserte si on y perd la mémoire du monde. Je vous parlerai dans quelques années des boléros et saudade, des musiques chamaniques introuvables, de ces blues du jeune John Lee Hooker dans années 1930 et de ces improvisations Magic Malikiennes qui sont à votre portée dès que vous aurez taillé une flûte en bambou.

Jean-François Bizot

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hip hop: à nouveau devant la justice, réaction de Hamé

La Rumeur

Il est question de diffamation contre les forces de police… Après avoir gagné devant le tribunal correctionnel, puis en appel le 22 juin 2007, la Cour de cassation vient d’annuler les précédentes décisions de justice, et renvoie Hamé de La Rumeur et le ministère public pour un nouveau procès, devant la Cour de Versailles, sans doute en 2008. Trois questions à Hamé

Comment avez-vous pris cette décision?
C’est une très mauvais surprise. Je n’osais pas y croire, pas penser qu’il y aurait une ingérence du politique dans le système judiciaire. Il existe des rapports de force internes qui visiblement nous échappent. C’est comme s’il avait été décidé que nos propos seraient dénaturés pour permettre la cassation des deux relaxes exemplaires et instruire ainsi en diffamation. En clair, il s’agit de réduire mon propos à deux lignes, balayant d’un trait tout le travail historique.

Cinq ans depuis le début de cette affaire. Fatigué?
Oui, bien sûr. Mais un tel acharnement veut bien dire qu’au fond, il y a une histoire qu’on ne veut pas sortir du placard. C’est là-dessus qu’on va désormais mettre le paquet: avoir le droit de parler sur la place publique du passif de la police depuis cinquante ans. Le prochain procès sera l’occasion d’éclaircir les pages sombres de la police française. Et tant mieux si ça dure une semaine. Nous appellerons à témoigner des historiens, des intellectuels, des familles de victimes. Manifestement, c’est à cette hauteur-là, et non sur le terrain de la liberté d’expression, que l’on nous attend. Ok, on assume.

Ça ne se réduit évidemment pas un duel, certes médiatique, Sarkozy/La Rumeur?
C’est l’enjeu depuis le début. On n’est pas Monsieur R, Ministère AMER ou Alibi Montana. Notre affaire n’est pas caricaturale. C’est pas les méchants avec des gros mots à la bouche. On est sur un autre terrain que la guignolade. On souhaite argumenter nos partis-pris. Parler des grilles de lecture policières qui normalisent de plus en plus l’ensemble de la vie publique, de la culture à l’économie. Cette affaire n’est le révélateur que d’un problème bien plus profond. Mais bon, soyons binaires: il va falloir être pour ou contre la Rumeur.

ALBUM

  • La Rumeur, Du cœur à l’outrage (La Rumeur Records/Discograph)

CONCERTS

  • 20/7: Caen, Le Cargo
  • 27/7: Longwy, Festival de Longwy
  • 28/7: Saint Martin Boulogne, Centre culturel Georges Brassens
  • 16/10: Nancy, Nancy Jazz Pulsations

SITES

SUR VIBRATIONSMUSIC.COM

  • La playlist de La Rumeur
  • News: un rapper de La Rumeur devant la Cour de cassation

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La Rumeur

La Rumeur, groupe emblème d’un rap français engagé et radical depuis leurs premiers opus, et comme le prouve le procès intenté par Sarkozy contre un de ses rappers, s’engage en faveur des marges. Ses goûts musicaux vont au contraire plutôt aux tout-puissants: des classiques parmi les classiques

John Coltrane Love Supreme. Tous les instants de la vie sont célébrés dans ce disque. Comment naître, vivre, grandir, atteindre l’amour suprême et survivre à sa mort.

Bob Marley Burnin’ And Lootin’. Chant de lutte et d’espérance comme une survivance des premières communautés de nègres marrons jamaïcains. Impérissable.

Prince Sign O’ The Times. Peut-être le plus grand album du soliste funk rock planétaire le plus indépendant.

Muddy Waters Oochie Coochie Man. Un immense parrain dont la trajectoire personnelle se confond avec l’histoire générale du blues, du delta du Mississippi à Chicago.

Jimi Hendrix Live At Woodstock. Quand la puissance du blues électrifié d’un génie de la gratte défonce le stupide patriotisme guerrier des “napalmisateurs” du Viêtnam martyrisé.

Public Enemy Public Enemy. La technique du sampling poussée jusqu’à la virtuosité, combinée à la verve du plus contestataire de tous les groupes de rap.

Mobb Deep The Infamous. Ce que les artères des ghettos du Queens ont poussé de plus sombre. Quand le “rap game” décrivait le “crack game”.

Nas Illmatic. Une des plus parfaites définitions de l’ascèse et du minimalisme new-yorkais. dix titres, dix classiques. Un flow qui n’a pas pris une ride en 15 ans. Rare.

Léo Ferré L’opéra du pauvre. Une œuvre immense de plus de quatre heures, qui raconte le procès de la nuit.

Oum Kalthoum N’importe quel disque. Sans commentaire

ALBUM

  • La Rumeur, Du cœur à L’outrage (La Rumeur Records/Discograph)

CONCERTS

  • 6/7: Clermont-Ferrand, La Coopérative de Mai
  • 20/7: Caen, Le Cargo
  • 27/7: Longwy, Festival de Longwy

SITES

SUR VIBRATIONSMUSIC.COM

  • News: un rapper de La Rumeur devant la Cour de cassation

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Rachid Taha

Il aimerait ajouter à une liste aux couleurs de plaisirs parlants Joe Turner et T-Bone Walker, Arkology de Lee Perry et ce bon vieux James Brown… L’ancien porte-parole de Carte de Séjour est en live demain sur Taratata (France 2), et plus live encore, au Domaine d’O à Montpellier…

T-Rex Electric Warrior. Le côté glamour et une vraie poésie toute en retenue. Une invitation au délire. Du pur rock’n’roll, avec l’élégance british. Et quelle voix !

Johnny Cash Unearthed. Il trace le tableau de l’Amérique comme un vrai mec du peuple… Il prend sa voiture, veut partir très loin, oublie de faire le plein, s’arrête au milieu du désert et écrit une chanson au bord de la route.

Burt Bacharach Best Of. Que dire ? Quand il fait chaud, on a envie de se rafraîchir.

Dahmane Elharrachi Anthologie. Mon préféré dans le chââbi. Le Jack Kerouac de l’immigration, qui jouait de bar en bar. Un bluesman, un vrai.

Kraftwerk Computer World. Le groupe le plus moderne et le plus traditionnel à la fois. Ce côté transe, très sorcier. Quand j’étais DJ, un de mes disques préférés.

Léo Ferré La Compile. Je l’écoute de plus en plus. Il a une écriture d’une modernité inégalée. Dans le genre chanson française, c’est le maître.

Georges Brassens L’intégrale. Le plus punk de tous. Ses textes sont d’une méchanceté et d’une justesse… Affolant!

Marvin Gaye What’s Goin’ On. Pour la classe. Comment veux-tu habiller un mec qui est déjà si bien costumé? Pas besoin de nœud pap’, ce type, c’est un smoking!

The Clash L’Essentiel. Mes premières vacances? Les Clash, c’est tout ça et bien plus. Joe Strummer est resté un type avec la rage et sans concession, malgré les dangers du métier.

Jimi Hendrix Are You Experienced? L’équivalent de Shakespeare! Il est même au-dessus de Mozart. Hendrix, c’est la terre, le feu et l’eau… Et s’il y en a un pas loin, c’est Django.

Paru en 2004 dans Vibrations

ALBUM

Rachid Taha, Diwan 2 (Barclay/Universal)

SITES

CONCERTS

  • 25/5: Montpellier
  • 26/5: Villenave d’Oron
  • 9/6: Grenoble
  • 15/6: Port de Bouc
  • 30/6: Bruxelles
  • 24/7: Nyon (Suisse)
  • 25/7: Lure
  • 3/8: Port Leucate
  • 1/9: Charleville Mezière
  • 2/11: Saint Lo
  • 9/11: Strasbourg
  • 14/11: Paris, Olympia
  • 20/11: Rennes

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reggae: Manjul, un long fleuve tranquille

C’est au cœur de Bamako que l’enfant de Barbès et du dub a installé son studio. Le reggaeman est en concert en France: cinq fois deux places à gagner pour sa prestation à Paris

“Il y a un tas de signes biologiques qui devaient m’emmener au Mali, de Marcus Garvey à ma femme.” Avec ses enfants, Manjul s’est installé dans l’ocre capitale en 2001. “Si l’on considère la culture musicale africaine comme un long fleuve, le reggae est un bras qui s’est écarté. Moi, je représente un cours d’eau qui retrouve plus loin le lit du fleuve. Je suis désormais à la confluence.”

Aux murs de sa maison qui abrite son studio bibliquement baptisé Humble Ark trônent les psaumes et icônes rastafari. Lui avoue un culte au Dub To Africa de Prince Far I. Voilà pourquoi il a dénommé ses disques enregistrés ici Dub To Mali. “Le premier témoignait de la rencontre avec l’empire des sons mandingues. Le second navigue dans des eaux plus profondes. Je ne veux ni faire de la musique malienne ni du reggae roots, juste créer une nouvelle forme.” Sur ses riddims, il invite quelques belles voix du coin, dont Adama Yalomba, pour valoriser des textes “conscients”: “Jahtiguiya, le titre de l’album, évoque la grande tradition de l’hospitalité malienne, de la vie sociale et de la responsabilité collective.”

Manjul a développé son propre label, peuplé des nombreux artistes du giron reggae qui viennent de toute l’Afrique de l’Ouest pour vivre plus à la coule dans la rurale Bamako. Deux de ses protégés, Bishop et Takana Zion, présents sur son disque, sont d’ores et déjà annoncés pour ce printemps sur Makasound.

ALBUM

  • Manjul, Jahtiguiya (Humble Arc)

CONCERTS

SITE

CONCOURS

Pour gagner une fois deux invitations pour le concert de Manjul le 30 mai au Glaz’art de Paris, envoyez-nous un mail avec vos nom, prénom et adresse postale à concours@vibrations.ch. Merci de rappeler “Manjul” dans l’intitulé du message.

Les gagnants seront avertis par email.

Le concours est fermé

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Pharoah Sanders

Depuis plus de quarante ans, le saxophoniste biberonné à “Love Supreme” est l’icône ultime du jazz spirituel. “C’est une sélection pour me relaxer pendant mes vacances sur mon île déserte…” Jazz, soul, funk, rap et alentours


Carlos Salzedo Variations On A Theme In The Ancient Style. De la harpe italienne. Cela me repose l’esprit et me fait souvent planer.

Thelonious Monk Monk’s Music. Je choisis ce disque, mais j’aurais pu en prendre bien d’autres. C’est le pianiste le plus détendu que j’aie eu l’occasion d’entendre.

James Brown Soul On Top.
Histoire de ne pas oublier que celui que l’on appelle le parrain de la soul fut aussi un homme du jazz.

Hampton Hawes All Night Session! Une série de séances d’anthologie de ce pianiste, juste avant sa descente aux enfers.

Sonny Rollins Way Out West. Voilà un monsieur essentiel pour qui aime le jazz et le saxophone. Pourquoi cet album ? Pour le chapeau de cow-boy de la pochette!

McCoy Tyner Sahara. Le plus bel album du pianiste de John Coltrane. De la musique dans chaque doigt!

Nat King Cole N’importe quel disque. Comme beaucoup de gens de ma génération, j’ai grandi avec lui. Assis au piano ou derrière le micro, c’est toujours une source d’émerveillement.

Prince Sign O The Times. Un très grand musicien qui a réussi à réaliser une synthèse extravagante de toutes les musiques noires-américaines.

Snoop Doggy Dogg. Je ne sais pas quel disque, mais tout ce que je sais, c’est qu’il peut vraiment me faire rire!

Kenny Baron Invitation. Un pianiste discret, mais un accompagnateur essentiel. J’aurais pu aussi mentionner William Henderson.

SITE

ALBUM

  • Kenny Garrett (avec Pharoah Sanders), Beyond The Wall (Nonesuch)

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