Auteur Jacques Denis

Herbert

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A l’heure où sort sa relecture de la “10th Symphony de Malher” pour Deutsche Grammophon’s Recomposed, Matthew Herbert présente neuf disques et un livre qu’il emporterait sur son île déserte. Une sélection à l’image de la musique de ce touche-à-tout, un rien bucolique, un brin drôle, souvent minimale, entre tour de piste numérique et culture plus classique, une mise en sons propice aux atmosphères décalées.

John Cage Silence (le livre)
Dans la version anglaise de l’Ile déserte, on est autorisé à désigner un livre. Celui-ci est le bouquin le plus incroyable que j’aie jamais lu! Lisez-le et ne samplez plus jamais un disque de disco.

Sly and Robbie “A Dub Experience”
Tout est excellent dans ce chef-d’œuvre de 1981. Electronique mais encore humain, sombre mais tout de même mélodique, expérimental mais toujours funky.

Mahler “La Cinquième Symphonie”
Oui, l’adagio! C’est un vrai cliché de la musique classique, mais cela reste une immense pièce musicale qui n’a jamais cessé de me toucher ou de m’émerveiller avec sa structure mélodique qui s’effiloche.

Les McCann “Django”
Là encore, aucun des thèmes de ce LP n’est un mauvais compagnon pour cette vie dans le désert. De chaleureux standards jazz interprétés si lentement que vous oubliez quelles notes le guitariste a jouées quatre mesures plus tôt.

Tom Waits “The Ghost Of Saturday Night”
Un prodigieux songwriter avec des textes parmi les plus brillants, les mieux écrits que l’on connaisse. Sa production est toujours originale, généralement parce qu’il fabrique la majeure partie de ses instruments lui-même à partir d’un vieux vélo.

Steve Reich “Come Out”
Minimal, brillant, mystérieux et politique. En somme, beaucoup de choses requises pour créer de la musique. C’est une composition de musique expérimentale écrite dans les années 60 qui dépasse la plupart des choses soi-disant plus actuelles. Et ce n’est pas très long, ce qui est toujours bon signe.

De La Soul “3 Feet High And Rising”
Je prendrai l’album dans son entier parce que je ne peux pas imaginer la plupart de ces sélections sans songer au plaisir que me donnera la suivante. Complètement original, imparfait, drôle, funky et presque sans égal dans le hip hop pour cette excentricité.

Arto Lindsay “O Corpo Subtil”
Ces dernières années, Arto a enregistré quelques disques incroyables. En dépit de ses débuts il y a plus de vingt ans quand il était plutôt versé dans le rock noisy, son nouveau truc est les chansons d’amour brésiliennes produites avec bruits voilés et cœurs brisés.

Bob Dylan “A Simple Twist Of Fate”
C’est triste mais bon.

Une quelconque compilation Ibiza
Cela me rappellera la maison quand on entendait cette merde 24 heures sur 24. Je trouve qu’il est plus facile d’être inspiré par des saloperies que par de bonnes choses. (Ecouter Miles Davis ne vous pousse pas à jouer de la trompette). En outre, j’ai besoin de quelque chose de merdique et qui sonne un peu années 80 pour danser autour de l’île quand je sauterai à pieds joints sur du jus de singe.

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Laurie Anderson

Les disques qui comptent pour Laurie Anderson. Après dix ans de silence, l’artiste publie « Homeland », d’intimes confessions où elle revient sur l’état des Etats-Unis en ce début de millénaire. Pour le coup, elle a même accepté de jouer le jeu de l’île déserte, à condition de pouvoir y mettre quelques musiques associées à des images. « C’est la toute première fois. C’est toujours très drôle et très instructif de voir ce qui est source d’enchantements et d’inspirations pour les musiciens. Ce qu’ils cachent dans leur tête ! »

Chris Marker « la Jetée »
Des images apocalyptiques d’après le grand désastre nucléaire, avec la musique de Trevor Duncan. Et puis, « Sans Soleil », un autre film de Chris Marker tout aussi visionnaire, dont la bande-son repose sur une voix.

Christophe Chassol « Ultra scores »
Un très beau DVD que je viens de découvrir en France. Ce pianiste qui a étudié la musique de Steve Reich et a accompagné un chanteur indien pose sa musique, faite de samples, sur des images incroyables.

Sergueï Rachmaninov « Concerto pour piano n° 3 »
La touche romantique et la plus complexe à la fois par un des compositeurs les plus austères. Pas de show off, tout est intériorisé.

Billie Holiday « Strange Fruit »
Le blues des origines et l’origine du blues. Sans doute ma chanson préférée de tout temps. Vous pouvez l’écouter dans sa première version ou plus tard. Peu importe : elle a chanté ce poème mille fois, et sous sa voix, c’est toujours une nouvelle histoire, le même drame.

Frank Sinatra « April In Paris »
C’est de saison ! Je n’arrête pas de l’écouter dans l’hôtel où je suis. Ça m’a permis de réaliser que Sinatra était un excellent chanteur. Une diction parfaite et un réel sens de l’interprétation. Tant pis pour le cliché : c’est la vérité.

Doveman « The Conformist »
Thomas Bartlett est un pianiste tellement timide et un chanteur à la voix si douce… Chacune de ses prestations en devient un moment en suspension, extraordinaire. Il a joué avec beaucoup de musiciens new-yorkais, d’Antony à David Byrne.

Marc Ribot « Party Intellectual »
Pour « Fuego », une chanson au répertoire de son projet Ceramic Dog : c’est une messe, avec une énergie irradiante.

Lou Reed « Complete Works »
Je pense que j’ai dû tout écouter, mais en même temps, il me faudra toute une vie pour apprécier la portée de chacune de ses chansons. Ecouter Lou Reed de toute façon, ça ne fait jamais de mal.

Astor Piazzolla « Rough Dancer and The Cyclical Night »
Buenos Aires reste une ville à laquelle je suis beaucoup attachée. Et le son du bandonéon de Piazzolla, tout comme l’esprit de ses compositions, me touche d’autant plus qu’il est produit par un ogre new-yorkais.

Fedor Dostoïevski « Crime et châtiment »
L’écriture et la dramaturgie se prêtent à l’écoute d’un livre sonore. C’est même le format parfait pour plonger dans la noirceur de ce roman. Peu importe qui le lit, du moment que c’est en américain.

Recueillis par Jacques Denis

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  • Laurie Anderson « Homeland » (Nonesuch/Warner)

Admiral T

Les disques qui comptent pour le Guadeloupéen Admiral T. Devenu le porte-parole de toute une génération rivée aux minima sociaux et scotchée par les préjugés raciaux, le gamin de Boissard est de retour avec un troisième album qui oscille entre la colère et l’espoir, entre « Enfants du Pays » en hommage aux esprits créoles et « Pété Chènn La », l’hymne écrit lors de la grève de l’hiver 2009.




Michael Jackson « Thriller »
Juste parce que mon titre préféré de Michael Jackson se trouve dessus : « Beat It ».

Sizzla « Black Woman and Child »
Pas de doute : c’est son album le mieux réalisé, et l’un des meilleurs disques de reggae.

Jocelyne Béroard « Siwo »
Cette chanteuse avec qui j’ai eu la chance de travailler est la plus belle voix du zouk. A compléter par le plus récent « Madousinay ».

Kassav « Love and Kadance »
Tout jusqu’à « All We Need Is Zouk ». À l’instar des grands groupes comme les Beatles ou les Wailers, Kassav a marqué le monde de la musique de son empreinte et fait la fierté du peuple antillais.

Bob Marley « Survival »
Je pourrais prendre n’importe lequel de Bob, mais dans cet album se trouve une de mes chansons préférées : « So much trouble in the world ».

Wu Tang Clan « Forever »
Dans cet album, les artistes dégageaient une énergie particulière que je n’ai jamais retrouvée ailleurs.

Mr Vegas « Head High »
Cet album à été sans aucun doute une révolution dans le reggae dancehall : non content d’avoir réalisé un bel album, Mr Vegas a inventé un nouveau style le « singjay » à mi-chemin entre le deejay et le chanteur.

Kolo Barst « Lot Bô So »
A chaque fois que je l’écoute, j’ai des frissons tellement la voix mélangée à la musique de cet artiste martiniquais sont touchants.

Fanswa Ladrezeau « Espwa Kouraj »
Dans le style gwo ka, c’est ce que j’ai entendu de plus fort jusqu’à présent. Et puis, pour être un sacré tambouyé, ce Guadeloupéen a également une voix qui se pose là.

Recueillis par Jacques Denis

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  • Admiral T, “Instinct Admiral” (AZ/Universal)

Christophe

Christophe

Dix disques. Ceux qu’emporterait sur son île déserte Christophe, qui est actuellement en tournée. « Dix, c’est beaucoup et peu à la fois. Dur !». Il aurait bien aimé mettre aussi « Bashung, Bowie, Badalamenti, Brassens… et puis tous mes 78-tours : des objets et du son.»

Elvis Presley, “Louisiana Hay Ride Tapes”
Une œuvre d’art. Un disque de versions bizarres. Elvis, c’est un type dont on voudrait qu’il n’appartienne qu’à soi.

Carla Bruni “Quelqu’un m’a dit”
Une chanteuse de blues qui a les couilles d’y aller. Trop de cons disent qu’elle a du succès parce qu’elle est mannequin !

Suicide “Suicide”
Ça réveille toutes les couleurs qu’on a en soi, les intuitions électro. J’ai été aimanté naturellement.

Lou Reed “Berlin”
Un album que j’écouterai toujours. Avec Transformer, c’est énorme.

Leslie Wilner “Witch”
Grandiose. Une fille qui est mon amie et dont je suis l’ami. C’est rare dans la vie, encore plus dans ce métier.

Björk “Homogenic”
Elle est littéralement extraordinaire. Ce qui la rend belle, attirante, unique, c’est tout ce qu’elle transporte. C’est une icône, irréelle.

Sabri Moudallal “Chants d’Alep”
Un Syrien incroyable qui chante comme un instrument. La musique arabe occupe une place importante dans ma vie. J’ai tous les 45-tours de Mohamed Abdel Wahab.

La Callas “Tristan & Yseult”
C’est un personnage avant d’être de la musique. Elle est tellement dans l’excès. Elle ne peut pas marcher sur le même trottoir que tout le monde.

Trevor Horn “Propaganda”
Plus qu’un simple album de sampling. C’est d’un raffinement dans le son… Comme le plus beau tableau de Clovis Trouille !

Slim Harpo “I’m A King Bee”
Un pur bluesman. C’est le type qui signe Moore sur les premiers Rolling Stones. Il a habité chez moi pendant quinze jours. On regardait la télé : lui à la guitare, moi à l’harmonica. Si je commence avec le blues, il va falloir parler de Son House, Lightnin’ Hopkins…

Propos décryptés par Jacques Denis

CONCERTS

  • 06/05/10 Portes-Les-Valence / Le Train Théâtre

  • 12/05/10 Bourgoin-Jallieu / Théâtre Jean Vilar

  • 12/05/10 Saint-Quentin-Fallavier / Le Médian

  • 23/06/10 au 26/06/10 Orléans / Orléans Jazz Festival

  • 25/07/10 Spa (Belgique) / Francofolies de Spa

  • 20/12/10 Nantes / La Cité des Congrès

Hindi Zahra


Les disques qui comptent pour Hindi Zahra, la chanteuse et compositrice dont l’univers entre chansons enjazzées et coups de blues orientalisants, folk soul et beautiful tango, rythmes gnaoua et swing manouche, a tout pour plaire aux amateurs de musiques au pluriel. Une ouverture esthétique que l’on retrouve dans cette sélection.

Tinariwen « Le Chant des fauves »
Les yeux de celui qui voit, pour faire un clin d’œil à un proverbe touarègue, et pour le guitariste Mohamed « Japonais » Ag Itlal, qui porte bien son surnom.

Staff Benda Billy Band «  Très très fort »
Ceux qui roulent pour ceux qui bougent.

Ebony Bones « Bone of my Bones »
Tribalisme ! Cette Anglaise se situe dans la descendance de Grace Jones et dans la lignée de MIA. L’Afrique, quoi !

Anouar Brahem « Le Pas du chat noir »
Parce que c’est doux, parce que c’est la nuit, parce que c’est être dans un passé proche.

Michael Jackson « Off The Wall »
Pour faire la route à pied, il n’y a rien de tel dans les oreilles !

Group Doueh « Guitar music from the Western Sahara »
La folie douce psychédélique du désert. J’ai joué avec eux, chez eux. Grand moment.

Bob Marley « Exodus »
Le souvenir de la fumée marocaine, mes oncles en train de l’écouter dans la petite piaule, avec des guitares.

Gustavo Santaolalla « Bande Originale de Babel »
Hypnotique, insolent de magie. A la hauteur du film que cette musique porte.

Arno « Dans les yeux de ma mère »
Parce que ça chavire comme un bateau sous la houle. C’est quelqu’un que je connais bien et qui me touche sincèrement.

Fink « Sort of Revolution »
De la folk anglaise, profonde et élégante, très influencé par le blues, sans trop s’y référencer. J’ai découvert sa musique, on s’est rencontrés, et puis on a bossé ensemble.

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Shantel


Les disques qui comptent pour Shantel, le DJ producteur qui signe aussi des mix et remixes à l’énergie turbo-balkanique que des bandes originales plus stratosphériques. Justement, le revoilà qui déboule avec « Planet Paprika », un ovni du genre bien pimenté où les musiques pop se concassent et fracassent aux rythmiques festives. Big bang boom !

Lee Scratch Perry & Dub Syndicate “Time Boom De Devil Dead”
Le son de Lee Perry, le parrain du reggae cosmique, sous acide. Le tout boosté par une production d’Adrian Sherwood on ne peut plus aiguisée. L’electro-dub-reggae-classic à son sommet !

Elvis Presley “In 1956″
Avant que le « King » ne devienne gras, avant que l’armée ne l’ait juste tué mentalement, Elvis a sorti cette première session révolutionnaire. Pure énergie sexuelle et sauvage. Il n’y a plus rien de tel en ce moment !

Taraf De Haidouk “Musique de Tziganes de Roumanie”
Paru en 1991, ce disque est toujours un des meilleurs de la chaude extravagance orientale. Extrêmement libidineux, dure, vif et direct. Ça c’est le truc !

David Bowie “Heroes”
L’unique bande-son de Berlin. Le mur était toujours là et la ville était grise et triste. Une bande d’artistes internationaux comme Bowie vécurent à Berlin-Ouest. C’est une sorte d’album de drogués, mais à la beauté éternelle. Enormes chansons et superbes moments. Merci Monsieur Eno.

Caetano Veloso “Circulado”
Une fois, j’ai vécu un horrible vol transatlantique tandis que j’écoutais écoutant cet album. Caetano a alors sauvé ma vie avec son fabuleux mélange de rythmes brésiliens et son doux chant. Percussions massives et section rythmique par le jeune Carlinhos Brown.

Solomon Schwartz Et Son Orchestra “Yiddish Twist & Shout”
Un pirate russe du légendaire Bat Mitzwa Disko Ensemble. Imaginez secouer des bagels et papirosen toute la nuit. Le meilleur du rock juif.

Bregovic & Alkistis Propopsalti “Partechtika”
J’aime vraiment cet album. Une des voix féminines grecques se mêle à Goran et son orchestre des mariages et enterrements. Faites attention au grand moustachu soufflant son sexyphone !

Sergei Prokoviev “Pierre et le Loup”
Un des albums qui m’inspirent le plus depuis mon enfance. Des mélodies étonnantes et une grande histoire : tout ce dont on a besoin. Mon favori pour la vie.

The Police “Outlandos d’Amour”
Trois jeunes types en colère. Trois grands musiciens avec une fantastique dynamique. La première fois que le reggae et le rock s’unifient ou meurent. Et moi j’essaie toujours de copier drumming de Steward Copeland.

James Brown “Revolution Of The Minds”
Un chef-d’œuvre par l’unique parrain de funk et de la soul. Un concert légendaire avec de superbes versions des plus grands succès de James Brown.

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  • Shantel, « Planet Paprika » (Crammed Discs/Wagram)

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Anouar Brahem


Les disques qui comptent pour Anouar Brahem, le oudiste et compositeur tunisien qui illustre parfaitement l’esthétique du catalogue, dont il est sociétaire depuis bientôt vingt ans. Une ouverture d’esprit et une exigence sonore que l’on retrouve encore une fois sur son dernier album, « The Astounding Eyes Of Rita », dédié à Mahmoud Darwish, que dans cette sélection esthète.

Wadi Al Safi « Inta omri »
Ce très grand chanteur libanais est certainement une des plus grandes voix que le monde arabe ait jamais connue. Il excelle aussi bien dans le genre classique que populaire. Malheureusement il n’est pas toujours très bien servi à cause d’une instrumentation souvent kitsch et des orchestres pléthoriques. Agé aujourd’hui de 88 ans, il continue à se produire régulièrement en public. Ces disques sont très difficiles à trouver en France.

Taksim Trio « Taksim trio »
Je viens de découvrir ce groupe de musiciens turcs. Il y a une cohésion incroyable entre ces trois musiciens magnifiques, un trio dans la grande tradition du takht (l’ensemble réduit de musique savante arabe et ottomane) mais avec un esprit plus libre et une certaine modernité. Enfin une virtuosité qui ne s’exprime pas dans la débauche démonstrative. Ils jouent du silence, de la suggestion et s’appuient sur l’écoute mutuelle. Hüsnü Senlendir, le clarinettiste, est renversant.

Ketil Bjørnstad « The River »
J’aime beaucoup la musique de ce compositeur norvégien qui est aussi écrivain. Je trouve son univers tout a fait envoûtant. C’est le premier disque qu’il à enregistré pour ECM. Une musique intense et apaisante en même temps, des thèmes d’une grande pureté.

Pat Metheny « Beyond The Missouri Sky  »
Il n’ y a pas si longtemps en me levant un dimanche matin, j’entends cette musique… Ma femme venait de mettre ce disque. Un vrai bonheur. Un disque que j’avais beaucoup écouté par le passé, qui n’a pas pris une ride. En le réécoutant, l’émotion est encore la même. Le thème d’Ennio Morricone tiré du film Cinéma Paradiso est vraiment touchant.

Keith Jarrett « Personal Mountains »
A mon sens, un des plus beaux live édité chez ECM. Des compositions magnifiques de Jarrett (dommage qu’il ne compose plus) et une interprétation époustouflante. Jarrett, Garbarek, Palle Danielsson et Jon Christensen sont au sommet de leur art.

Jacques Brel « L’Intégrale »
Entre 14 et 17 ans j’écoutais en boucle les quelques disques que j’arrivais à avoir en Tunisie. Brel est avec Brassens et Ferré, les trois monuments inaltérables de la chanson française. Des personnalités artistiques rebelles, aux convictions fortes. A l’opposé du politiquement correct ambiant.

Joni Mitchell « Blue »
J’ai acheté ce disque lors de ma première tournée aux Etats-Unis en 1989. ll m’avait été conseillé par un ami musicien américain. Ce disque m’a vraiment fait craquer. Il est sans doute l’un des plus inspiré de cette figure majeure de la chanson anglo-saxonne.

Anne Queffélec et Catherine Collard « Gnossiennes, Gymnopedies & Oeuvres Pour Piano de Erik Satie »
Satie, un compositeur à part. Une musique que j’ai découvert tardivement. Rarement une musique m’a autant interpellé.

Egberto Gismont « Magico »
Egberto Gismonti est pour moi l’exemple même du musicien qui a assimilé différentes cultures musicales pour en faire l’expression d’une musique hautement personnelle et universelle à la foi. Quel merveilleux talent de mélodiste. Dans ce disque Jan Garbarek et Charlie Haden et bien sûr Gismonti sont d’un lyrisme époustouflant

Philip Glass « Glass work »
Je suis décidément très attaché aux thèmes mélodiques. Si mon île est vraiment déserte cette musique fera écho au silence et suspendra le temps.

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  • Anouar Brahem « The Astounding Eyes Of Rita » (ECM/Universal)

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Zenzile


Les disques qu’emporteraient sur leur île déserte Matthieu et Vince, respectivement bassiste et clavier de Zenzile, tous deux missionnés par leurs complices pour faire ce repérage. Un choix ouvert qui ressemble bien à l’esprit du groupe.

Matthieu :

Lee Perry  ”Arkology”
Parce que les productions de l’”upsetter” sont les plus mystiques, le son du Black Ark studio est unique. Cette musique dépasse la simple appellation “reggae”.

The Clash “London Calling”
Il symbolise à lui tout seul la fin des seventies et les synthétise en même temps. Rock, reggae, ska, pop… C’est le manifeste d’un groupe sans complexe qui représente une forme de “sono mondiale”.

Depeche Mode “Violator”
L’association des mélodies de Martin Gore et de la voix de Dave Gahan a prouvé que la musique électronique pouvait être hautement émotionnelle.

Magazine “Real life”
Il n’a pas quitté ma platine depuis 3 mois : oui, il y a une vie après les Buzzcocks ! Compositions parfaites et textes énormes.

Tikiman & Rythm& Sound “Showcase”
Parce qu’il faut une musique pour les soirs tranquilles. Celle-ci te berce et te “défonce” littéralement.

Vince :

The Beatles “White Album”
Ma première passion en musique, qui m’étonne encore aujourd’hui. Un album qui va dans tous les sens.

Miles Davis “In a silent way”
Une pièce qui est a la base de plein de genres musicaux. Un disque en suspension dans l’espace.

AC\DC “Powerage”
Fela kuti, ça fait danser, James Brown, ça fait danser, AC\DC aussi !

Serge Gainsbourg “Histoire de Melody Nelson”
Grande science de la production, de la musique, de la chanson. Gainsbourg au sommet de son art.

Ali Farka Touré “Niafunke”
Un grand voyage au pays des rêves, en passant par le grand fleuve Niger, aux sources de la musique et frappant en plein coeur.

Recueillis par Jacques Denis

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  • Zenzile “Pawn Shop” (Yotanka / Discograph)

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Jazz Liberatorz


Les disques qui comptent pour les Jazz Liberatorz. Après une palanquée de maxis et un premier album remarqué, Damage, Dusty et Madhi, les trois beatmakers originaires de Meaux, sont de retour avec « Fruit of The Past », une galette bourrée de beaux sons. Comme ceux que chacun a sélectionné pour leur île déserte, avant de conclure par un choix à l’unisson.

Damage

Norman Connors “Love from the sun”
Chef d’oeuvre absolu ! Un disque qui m’a traumatisé depuis tout petit. Je l’ai découvert chez mon oncle, collectionneur de vinyle sixties.

Kool and the gang “Love and understanding”
La version ultime de “Summer madness”. THE disque ad vitam.

Illa J “Yancey boys”
Le frère de J Dilla a sorti cet album à sa mort, en reprenant des chutes du deuxième album des Pharcyde. Il s’agit donc d’un hommage certes, mais surtout c’est l’un des meilleurs LP hip-hop de ces cinq dernières années.

Mahdi

John Coltrane “The Impulse! Albums: Volume 2″
J’écoute Coltrane une heure par jour. Ça me fait du bien. J’aime tellement ce musicien que cette anthologie me permet de mettre plusieurs albums : « A Love Supreme », « Live At Birdland »…

The Descendants Of Mike And Phoebe “A Spirit speaks”
Un album sur Strata East où le père de Spike Lee est à la contrebasse. Jazz spirituel avec entre autres un bel hommage à Coltrane.

Pharoah Sanders “Thembi”
Un album très varié. « Astral Travelling », de la soul, du free… La période Impulse !

Dusty

Eugene Mona “Vol 1 : 1975-1978″
A mon sens, il est le chanteur traditionnel martiniquais. Ecouter cette musique me rappelle mes origines et mes grands-parents en Martinique.

Pharoah Sanders “Izipho zam”
Avant tout pour le morceau “Prince of peace”, « l’apaisance » des plus totale. Tout simplement beau.

Sugar Bear “Don’t Scandalize Mine”
Avec le superbe sample du “Once in a lifetime” des Talking Heads, c’est le morceau de rap que j’aime le plus depuis que j’ai douze ans. Il restera à jamais en haut de la pile.

Tous ensemble

Roy Ayers “Change up the groove”
Feel like makin’ love !!!!! Jazz, disco, funk, soul, great black music… Roy Ayers, c’est la culture de base de nous trois. Question samples, on n’y touche pas trop, d’autres l’ont déjà suffisamment fait avant nous.

Recueillis par Jacques Denis

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  • Jazz Liberatorz : « Fruit Of The Past »

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Anthony Joseph

Les disques qui comptent pour Anthony Joseph, le Trinidadien de Londres dont la verve tropicalisée et le verbe créolisé s’inscrivent dans le tout-monde. Collectionneur de vinyles, le chanteur a la classe de proposer une sélection de classiques, plus que de faire étalage de raretés pour frimer en société.

Recueillis par Jacques Denis

Marvin Gaye “Hear my Dear”
Mon préféré de Marvin, une douce mais grondante lettre d’amour à son ex femme, qui contient quelques joyaux comme “Sparrow”, “I met a little girl”, “You can leave but its going to cost you” et le sci-fi funk de “A funky space reincarnation”.

Nara Leao “Pede Passagem”
C’est en 1994, dans un bac des bonnes affaires à Notting Hill Gate, que j’ai déniché un pressage original de ce vinyle Philips de 1964. Depuis, il est sur ma platine chaque été. De tendres sambas et bossas par la “muse de bossa-nova”, comme la version du classique de Chico Buarque “Ole Ola”, sans doute mon titre préféré de cet album.

Mighty Sparrow “Congo man”
Un des premiers disques que j’ai connu, mon grand-père le jouait à chaque Noël. Quand je suis venu à Londres, il était dans mon porte-document. Du calypso classique avec un groupe qui swingue et des paroles bien relevées, cet album est l’un des tout bons de Sparrow, ne serait-ce que pour “Congo Man”, “Patsy” and “Get to hell out”.

Bob Marley “Exodus”
Le lieu de mes tantes, El Socorro, Trinidad, les block parties, la fumée de l’herbe, les nuits chaudes et pluvieuses en écoutant “Turn your lights down low”.

John Coltrane “A Love Supreme”
Le plus spirituel que le jazz ait pu offrir ! Mon disque du dimanche matin.

The Stooges “Fun House”
Probablement le meilleur album de rock’n'roll de tous les temps. Le funk, le punk et le free jazz y entrent en collision. Inspiration appropriée.

Rashaan Roland Kirk “Volunteered Slavery”
Rashaan en direct et le souffle féroce sur “Three for the Festival”, sans oublier ma version préférée de “Say a little prayer”. Sublime.

Agent K “Feed the Cat”
Quand le broken beat britannique rencontre le jazz, cela donne un disque vraiment profond et spirituel qui sonne de mieux en mieux avec le temps. Mes pistes préférées : “Ladies first” et “Feed the Cat, la bande-son pour faire l’amour.

Aretha Franklin “Young gifted and Black”
Miss Franklin à son excellence, avec Donny Hathaway aux claviers. “First snow in Kokomo” est une merveille, mais “Rock steady” est une des chansons les plus funky qu’elle ait jamais enregistrées, tandis que le thème titre est simplement un cri du coeur déchirant.

D’Angelo “Voodoo”
La définition la plus essentielle de la neo-soul. Un son lourd et un album profondément soulful. Ecoutez “The Line”, “Send it on”.

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  • Anthony Joseph “Bird Head Son” (Heavenly Sweetness/Naïve)

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Saul Williams

Dix disques, ceux qu’emporterait sur son île déserte Saul Williams. Pour cette sélection, le slammer touche-à-tout choisit de prendre un album par genre musical qu’il affectionne.

Mike Ladd Negrophilia“The Album”
Cet album m’aiderait à revoir tous les aspects nécessaires de mon histoire… Mais aussi à penser à son auteur, parce qu’il est mon ami.

Aretha Franklin “The Best Of”
Ça serait cool d’avoir, en un album, tous les univers, du rocksteady au gospel, dans lesquels elle puise son inspiration. Parce qu’elle représente le pouvoir d’une femme.

Sade “The Best Of”
Le pouvoir d’une femme… J’aurais du mal à choisir parmi ses albums. Sade représente la subtile beauté, la subtile essence d’une femme.

Babatunde Olatunji “Drums Of Passion”
La batterie et le beat sont le cœur battant de la création. C’est un disque qui pourrait probablement m’aider sur cette île.

Miles Davis “Sketches Of Spain”
Parce que j’ai besoin des cuivres… Et aussi parce qu’il y a un grand orchestre sur cet album, cela m’apporterait un côté « classique » dont j’ai aussi besoin.

The Mars Volta “Deloused In The Comatorium”
Ils explorent beaucoup de genres : c’est une musique riche, un concentré de rock’n’roll. Le tout résumé en un album.

Ghostface Killah “Supreme Clientele”
Cet album me permettrait de retrouver Public Enemy à travers le Wu Tang… J’ai d’abord songé à « It Takes A Nation To Hold Us Back »…

Mantras By The Tibetan Lamas
Cela me serait d’une grande aide pour la prière et la méditation sur cette île vierge.

Bob Marley “Exodus”
J’ai besoin de ces bases. Bob Marley n’a rien enregistré de mauvais. J’aurais d’ailleurs très bien pu en prendre un autre.

Gilberto Gil & Jorge Ben
Juste au cas où quoique ce soit de sexy arrive sur l’île.

Propos recueillis par Jacques Denis

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Mélissa Laveaux


Les disques qui comptent pour Mélissa Laveaux, l’une des révélations soul-folk de l’année 2008. Une sélection à l’image de la personnalité de la Canadienne aux origines haïtiennes : résolument éclectique, drôlement personnelle, évidemment féminine…

Propos recueillis par Jacques Denis

Will.I.Am “Lost Change”
Toujours un de mes albums hip hop favoris et pourtant je n’ai toujours pas vu le film dont cet album est la B.O. Will.i.am n’a pas fait d’albums aussi bons depuis… Je le place juste à côté de Blackstar, avec Mos Def et Talib Kweli.

Mirah “Advisory Committee”
L’écriture franche et foudroyante de la culture folk indé féminine de la fin des années 90. Avant avoir entendu Cat Power, avant Elliott Smith, j’étais fascinée par son génie. Il s’agit de petites productions faites dans un grenier, une cabane abandonnée. Une voix d’ange, quelque part entre “Kimya Dawson” et “Saltbreakers” de Laura Veirs.

Emiliana Torrini “Fisherman’s Woman”
Un album folk qui paraît tout simple, mais qui cache tellement de couches sonores, l’une délicatement et subtilement posée par-dessus l’autre. La complexité des arrangements reste très modeste, tout sauf tape-à-l’œil. Du coup l’oreille se demande comment un album qui semble si simple peut la garder aussi captive !

Os Mutantes “Os Mutantes”
J’adore leur folie, ce qu’ils ont apporté à la musique brésilienne. C’est coquin mais très mélodique. Une référence dans la musique psychédélique ! Je ne me lasse pas du son crunchy et des harmonies seventies, même si cet album est paru en 1968 !

Ariane Moffatt “Aquanaute”
Son premier album. Tout cru, tout frais. Ma première introduction à un mélange très “seamless” - on dirait qu’elle a même pas fait d’effort! - à mixer l’electro et la piano-folk. C’est grâce à elle que j’ai découvert que le français pouvait sonner et donc que j’ai moi-même écrits quelques morceaux en français.

Sister Rosetta Tharpe “Martin Scorsese Presents…”
Un album classique des années 1950. Des gospels originaux et traditionnels sous des riffs de guitares. Sa voix, sa conviction et son honnêteté rendent cet album incontournable. Pas une semaine sans l’écouter !

Morcheeba “Who Can You Trust”
Un de mes plus grosses claques. La découverte de Bbristol et du trip hop ! Cet album, avec ses asymétries à tous les niveaux, m’a beaucoup appris et m’en apprend encore long. A ranger à côté du “Quixotic” de Martina Topley-Bird et du “Maxinquaye” de Tricky

Lhasa de Sela “Living Road”
J’aurais bien pu bien mettre “La Llorona”, mais je préfère les histoires : les racines, le départ forcé, la remise en question…, l’indépendance et le voyage que fait l’artiste.

Ane Brun “Spending Time With Morgan”
Beaucoup de “open tuning”, un guitariste splendide et une voix qui donne froid comme un bel hiver scandinave. L’écriture en anglais est géniale parce que les idées derrières les métaphores sont ancrées dans le norvégien et le suédois. La transmission du message d’une langue à une autre rafraîchit les paroles.

Martha Jean Claude “Canciones de Haïti”
Créole et espagnol se marient parfaitement sous une voix chaude qui chante les comptines d’enfants des deux côtés de l’île d’Hispaniola. Cet album, je l’ai écouté cent mille fois dans ma jeunesse sans le savoir et encore plus souvent dans mon adolescence. Introuvable dans les bacs et je ne dis pas où j’ai caché mon vinyle !

ALBUM

  • Mélissa Laveaux, “Camphor & Copper” (No Format/Universal)

CONCERTS

  • 24.04.09 Festival NoFormat - Printemps de Bourges / Bourges

  • 06.05.09 TRABENDO! / Paris, Ile-de-France

» VOIR LES DATES DE LA TOURNEE

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CongopunQ


Les disques qui comptent pour CongopunQ, hydre à deux têtes qui produit une espèce de happening musical surréaliste, quelque part entre les délires Funkadelic et les rythmiques Congotronics. Soit, d’un côté, le batteur Cyril Atef, monsieur bum de Bumcello, et de l’autre, le docteur Kong, qui improvise comme bon lui chante. Mais pour cette île déserte, pas question de faire le voyage ensemble : chacun a concocté sa sélection. Du genre bien décoincée, cela va sans rire.

Propos recueillis par Jacques Denis

Dr Kong :

Beethoven “Concertos pour piano et violons”
Pour me mettre dans un état de concentration avant de construire ma cabane en bambous.

Latha Mangeskar “N’importe quel”
La grande diva de ce qu’on décrit comme le Bollywood, histoire de me souvenir de la voix des femmes.

Shantel “Disko Partisany”
Pour la synthèse de cet humour bien particulier de l’Europe de l’est et de sa folie exubérante (je danse).

Kraftwerk “The Man Machine”
Pour vraiment savoir que je ne suis pas une machine et que je viens de la ville.

Miles Davis “Ascenseur pour l’échafaud”
Les notes diaphanes, tragiques et aériennes. La grande pesanteur à laquelle j’ai échappé.

Mr Bum :

Rachmaninov “Piano concerto no.2 in c minor”
Un puritain d’une raideur légendaire qui compose des morceaux à me donner des frissons. comme quoi…

Bad Brains “I Against I”
Ce grand groupe hardcore de D.C., grand souvenir de concert au Perkins Palace en 1983.

Donny Hathaway “Extensions of a Man”
« I love you more then you’ll ever know ». Le blues de ce bonhomme me ronge les os… A fleur de peau. L’ultime, à mon avis.

Alain Péters “Paraboler / rest’la maloya”
Un des grands poètes et mélodistes de La Réunion. J’ai eu la chance de l’y voir chanter juste avant son décès. Emouvant !

Killing Joke “Night Time”
Post-punk dans ma piaule du Jura, bien perdu dans les années quatre-vingt.

ALBUM

  • CongopunQ, “Candy Godess” (Underdog/La Baleine)

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Omar Sosa


Dix disques. Ceux qu’emporterait sur son île déserte le pianiste et globe-trotter cubain Omar Sosa. Son dernier album “Afreecanos”, qui est dédié aux percussionnistes Pancho Quinto et Angá Diaz, fait des ponts entre les musiques africaines et latines.

Compilation Rapsodia Rumbera
C’est un de ces disques où l’on comprend la complexité rythmique de la rumba : une musique qui groove tout le temps !

Ruben Gonzales Introducing
Un piano-book cubain. Des classiques, mais avec un son spécifique, une approche très sensible, libre, et surtout l’envie de raconter des histoires.

Sakamoto & Alva Noto Isen
Un disque d’une beauté minérale. Avec un sens de l’espace et une respiration interne qui fait que cela pulse, malgré le minimalisme.

Nguyen Le Maghreb And Friends
Le mix parfait de toutes les scènes musicales que j’aime : l’Afrique, l’Algérie, les Gnawas…

Miles Davis Tutu
Ce disque a pour moi une valeur toute particulière : ce fut comme une bible quand je l’ai découvert à Cuba. Gonzalo Rubalcaba Cuban Quartet Antigo
Un disque puissant, surprenant et personnel : l’une de mes principales références. Un héritage de la grande tradition afro-cubaine, mais avec un véritable point de vue avant-gardiste.

Erik Satie Complete Piano Works
Un mentor. Impossible de jouer du piano sans passer par lui. Des climats uniques, familiers mais décalés.

Herbie Hancock Inventions And Dimensions
Un autre maître du piano qui donne une belle leçon dans cet album, il joue du pur latin jazz afro-cubain. La classe !

Steve Coleman & Mystic Rhythm Society The Sign And The Seal
Plusieurs lignes et niveaux de langages s’entremêlent, sans jamais perdre le rythme. L’Afrique, c’est une question de groove et non de notes.

Thelonious Monk et John Coltrane Live At Carnegie Hall
Deux génies, un chef-d’œuvre !

CONCERTS

  • 31.01.09 Les Arcades / Faches Thumesnil

  • 07.03.09 Temple du Bas / Neuchatel

  • 16.04.09 Le Petit Faucheux / Tours

  • 05.05.09 Théâtre Duchamp-Villon - Hangar 23 / Rouen

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Daniel Melingo


PHOTO: Youri Lenquete

Les disques qui comptent pour Daniel Melingo, trouble-fête d’un nuevo tango un peu trop poli. Lui a plongé dans les tréfonds de la bande-son de Buenos Aires dès sa naissance : « Ma mère a ouvert les jambes et ma grand-mère a sifflé un tango ! » Un demi-siècle plus tard, il le reprend plutôt en version originelle, pour en donner une vision originale, mots dits et notes habitées des multiples vies qu’a vécues ce personnage au regard aussi profond que sa voix.

The Beatles “Abbey Road”
Pour le modèle de chaussures de Paul.

Rolling Stones “Majestic Satanic”
Tout juste le meilleur album de Brian Jones.

King Crimson “Island”
La meilleure tribu de Robert Fripp. Adapté pour la circonstance.

Pink Floyd “Dark Side of the Moon”
Mon premier trip psychédélique.

Jimi Hendrix “Experience”
Une autre expérience inoubliable.

Emerson, Lake & Palmer “Brain Salade Surgely”
Enorme version d’Alberto Ginastera !

Vinicius y Toquinho “En la Fusa”
Un inoubliable moment de musique brésilienne à Buenos Aires.

Pappos Blues “Vol 1″
Le point de départ du rock argentin…

Los Twist “La Dicha en Movimiento”
Mon meilleur disque de rock.

Igor Stravinsky & Benny Goodman “Concerto Ebony”
Ecriture sublime, magnifique performance.

ALBUM:

  • Melingo, “Maldito Tango” (Manana/Naïve)

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$olal

Les disques qui comptent pour $olal. Après avoir mis à l’envers la piste de tango avec Gotan Project, l’homme machine a enfourché une six-cordes pour suivre le sillon de Nashville. Résultat : une heure de musiques à la campagne, tout cool et tout soul… Comme cette sélection «concoctée sous moonshine»

Neil Young, “Harvest”
Son chef-d’œuvre. Point barre.

Bonnie “Prince” Billy “Master & Everyone”
Minimal, économe et inspiré. Comme un Joao Gilberto du Kentucky.

Bob Dylan “Blonde On Blonde”
J’ai longtemps tourné autour de l’œuvre de Dylan sans vraiment y rentrer jusqu’à l’acquisition de ce disque et de “Blood on the Tracks”. Maintenant je suis addict. Bob Dylan est notre Shakespeare. Bucky Baxter, mon complice sur « Moonshine Sessions », me raconte toujours plein de super anecdotes de tournées avec Bob. Donc plus près de toi, mon Bob.

Lambchop “Is A Woman”
Encore un album dépouillé et magnifique. D’une douceur féminine. On peut penser à Léonard Cohen ou là aussi à un Joao Gilberto hillbilly. Je viens de rencontrer Kurt Wagner à Paris. Je ne l’avais jamais croisé malgré tous mes voyages à Nashville où il réside. Un grand songwriter.

Hank Williams “Alone and Forsaken”
Cette compilation a été réalisée par Matt Johnson de The The. La voix de Hank et ses chansons simples et directes me font toujours un effet électrique, car de grande modernité. C’est mon Elvis à moi.

Thomas Dybdhal “One Day You’ll Dance For Me, New York City”
Il y a 5 ans, j’ai découvert Dybdahl à Oslo en posant autour de moi la question qui tue : quel est votre artiste norvégien préféré? Depuis Thomas est devenu un copain. Je ne me lasse pas de cet album intimiste entre jazz et country… Tout ça très tard la nuit.

Johnny Cash “The Man Comes Around”
Parce que même si on adore la période Folsom Prison ou San Quentin du Man in black, on ne peut que méditer sur l’avantage de l’âge et admirer la beauté du crépuscule… Merci Rick Rubin.

Granddady “The Sophtware Slump”
Mon album préféré d’un de mes groupes préférés. Lyrique, électrorganique et rock barbu J’espère qu’ils se reformeront !

Patsy Cline “The Definitive Collection”
Car pas question de partir sur une île déserte sans une voix féminine. Celle-là vous fend le cœur et vous réchauffe la nuit tout à la fois.

The Sex Pistols “Never Mind The Bollocks”
Parce qu’à force d’écouter en boucle les 9 albums précédents et vu que je serais parfois énervé grave d’être sur une île déserte, je ne vois que cet album pour pogoter seul sur la plage.

ALBUM

  • $olal “Moonshine Sessions” (Ya Basta/Discograph)

SITE

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Leon Ware


Les disques qui comptent pour Leon Ware, figure mythique de la soul music depuis plus de quarante ans qui est cité comme influence par les cadets de la nu soul et du rap. Après avoir participé à la grande épopée du label Motown, l’étalon de Detroit est de retour sur Stax, l’écurie concurrente, avec un nouvel album, « Moon Ride », aux climats toujours aussi sensuels, limite humides.

Erroll Garner “Concert By The Sea”

 Le premier disque que j’ai acheté. Le style de ce pianiste m’a illico hypnotisé et cela dure toujours. C’est comme s’il y avait trois mains posées sur le clavier !

Joe Sample “Invitation”

 Un album auquel je suis fidèle depuis sa sortie : je l’ai dans ma voiture, dans mon i-pod et sur mon ordinateur … La virtuosité de Joe et les arrangements sont impeccables. Je rêverais de faire quelques “duos” avec lui… En fait, nous nous connaissions depuis 1968, lors d’une session à Los Angeles où tenait le premier rôle.

Marvin Gaye “What’s Goin’ On”

 Un concept album qui tant musicalement que spirituellement résiste à l’épreuve du temps et continue d’inspirer les nouvelles générations. Que dire de plus d’un disque unique !

Stevie Wonder “Songs In The Key Of Life/Innervisions/Talking Book”…

 Impossible de choisir : toute l’œuvre de Stevie a été une source de joie et d’inspiration. Ses mélodies et ses textes sont des trésors musicaux et devraient être appréciés comme le sont ceux des Beatles.

Jobim/Morelenbaum/Ryuichi Sakamoto “Casa”

 Les compositions de Tom Jobim ont toujours été une source d’inspiration. Là, ses chansons sont même rejouées, sur son piano, dans sa maison : une manière d’entrer dans son univers, dans son intimité mais avec révérence.

Miles Davis “Kind of Blue”

 Il y a tant à absorber dans sa musique : « Kind Of Blue » dont l’aura vous enveloppe sans cesse, mais aussi les faces des années 50, ou encore la bande originale d’Ascenseur pour l’échafaud, dont je suis tombé amoureux.

Maxwell “Urban Hang Suite”

 Un total rafraîchissement qui happe pleinement l’auditeur et le “grooveur”. Je suis fier d’avoir fait partie de ses inspirations revendiquées et donc d’avoir été par la suite impliqué dans l’éclosion de cet artiste, désormais très populaire.

D’Angelo “Brown Sugar”/ “Voodoo”

 Un artiste très doué et irrésistible qui a commencé à exposer son âme dans ces albums. Je continue de trouver son expression unique, une des rares qui construise à partir de la tradition. Il y a pas mal d’années, nous nous sommes vraiment assis pour écrire, mais la distance et le temps ne nous ont pas donné d’occasion d’achever cette expérience. Je le souhaite, tout comme j’espère qu’un jour cet artiste au sens le plus noble du terme revienne sur scène.

Sade “Love Deluxe”/”Lovers Rock”

Son interprétation, subtile et hypnotique, est tout à fait singulière, une ambiance dans laquelle je me retrouve aisément. Ces albums ressemblent à des peintures musicales avec tout un art des nuances que l’on ressent dans ses yeux et ses textes, sensuels et poétiques.

LangLang  “Memory”
J’aime la musique classique et en écoute souvent en conduisant. C’est comme ça que j’ai découvert cet artiste sur un programme radio. Une belle révélation ! Il a donné “aux classiques” une nouvelle lumière, qui m’a permis de les redécouvrir.

ALBUM

  • Leon Ware « Moon Ride » (Stax/Universal)

SITE

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Leila


Les disques qui comptent pour l’Iranienne Leila, qui vient de publier “Bloods, Looms and Blooms”. Huit ans après son dernier recueil, l’ex-fidèle complice de Björk revient avec un disque toujours sous la haute bénédiction d’Aphex Twin, et avec pour invités Terry Hall et de nombreuses voix amies. D’où cette sélection , “sans ordre particulier, certains pour la vie, d’autres juste pour le moment présent.”

Jonn Coltrane “Olé”
Coltrane, Eric Dolphy, le 3/4, le modal… Que voulez-vous de plus ?

Prince “1999/Sign Of The Times”
Ses deux albums pour les mots, les sons, les performances, la variété, et l’opiniâtreté.

Stevie Wonder “Don’t Know Why I Love You”
Sur ce maxi, Stevie élabore un style à la manière d’Otis en construisant implacablement une superbe ballade.

AFX “Vordboshn Off Drukqs”
De belles mélodies, une programmation stupéfiante et je pense que c’est sorti à la fausse vitesse - il faut le jouer en mode 33-tours -, ce qui fait que la plupart des personnes ne se rendent pas même compte de tout ce qui y a là !

Stravinsky “Sacre du printemps”
La version d’Ansermet. Il y a là une section de deux minutes qui restera pour la vie un de mes moments favoris dans la musique.

Eddie Holman “I LoveYou”
Pour les deux ballades “Four Walls” et “I Love You”, des compositions magnifiques avec une orchestration luxuriante et cet étrange hybride entre soul et country dans la voix.

CCC Boriki “Endo Shabass”
Une superbe petite piste électronique qu’un ami m’a donnée et il semble que nous ne pouvons pas trouver quoi que ce soit à propos de cet artiste ! Si quelqu’un le débusque, qu’il fasse suivre…

Autechre “VLTT mix”
Joliment contrôlé et appuyé.

The Stooges “I Wanna be your Dog”
Sur le côté gauche Nirvana ; sur le côté droit Motown… Un plaisir acoustique si vous gardez la bonne balance entre les deux enceintes de votre Hi-Fi.

Shangri-La’s “Walking in the Sand”
Les vers, tous irritables et dramatiques, un choeur avec le claquement des doigts et les mouettes… Ces deux sections sont complètement différentes et pourtant, c’était aussi ça la musique pop.

ALBUM

  • Leila “Bloods, Looms and Blooms” (WARP/Discograph)

CONCERT

  • 11/10/08 La Factory, La Cigale / Paris

Recueillis par Jacques Denis

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DJ Spooky


Dix disques. Ceux qu’emporterait sur son île déserte le New-Yorkais DJ Spooky. «Une bande originale pour quand je serais loin, très très très loin, des routes normales de la culture globale. C’est-à-dire une musique pour s’asseoir et patauger dans l’eau…». En attendant, Paul D. Miller vient d’éditer un livre intitulé “Sound Unbound: Sampling Digital Music and Culture” chez MIT Press, dans lequel on trouve notamment des textes de Pierre Boulez, Chuck D, Saul Williams, Brian Eno ou Moby. Il sera également présent à Jazz à La Villette le 13 septembre prochain pour un hommage à Jackson Pollock

Bad Brains “Rock for Light”
Pour la décharge d’adrénaline! Aucune tempête, aucun éclair, aucune mer déchaînée ne pourrait sonner pareil sans cela. Bad Brains était venu à mon lycée, et je pense qu’ils ont eu une influence déterminante sur la suite de tout ce que j’ai eu besoin de réaliser. Tout le reste peut couler avec le bateau.

Jimi Hendrix “Electric Ladyland”
Quand je voudrais me reposer avant d’essayer d’aller dormir. Je devrais penser à tout ce qui est arrivé dans la civilisation, mais cela me permettrait de faire décoller ma pensée au-delà de ces choses. Je devrais déployer mon «drapeau freak» suffisamment haut, comme un signal de SOS!

Ella Fitzgerald & Louis Armstrong “Best of”
Ce duo a toujours apporté quelque chose de nouveau à mes oreilles, et je ne peux jamais vraiment l’entendre de la même manière. Si je devais m’asseoir et me reposer face à l’océan pour méditer, c’est ce que je voudrais pour m’accompagner en regardant l’eau s’écouler.

Rage Against The Machine “Evil Empire”
C’est l’un des classiques de ces dix dernières années. Il n’y a pas grand-chose à ajouter après cela. Cela me ferait me souvenir de toutes ces soirées de slam que j’ai vécues… Et parler en me promenant au fil de l’eau.

Mad Professor “The African Connection”
C’est un album qui englobe le son de l’eau. C’est le parfait antidote à beaucoup trop de musiques qui existent désormais sur la planète… Je me réveillerais avec celui-là.

Eric Satie “Gymnopedie”
Une autre musique pour le matin… Le son pour regarder les oiseaux voler dans le ciel.

John Coltrane “A Love Supreme”
Pour les moments où je penserais à ma maman et à la femme que j’aime. Il serait celui de ces disques à jouer quand je voudrais prendre le temps de m’échapper ailleurs… Et quand vous êtes dans une île, il n’y a plus de temps, donc ce serait une méditation sur l’infini scintillement qui se réfléchit sur l’eau.

Cesoria Evora “Miss Perfumado”
Il y a quelque chose dans la voix de Cesaria qui me fait penser au bonheur dans ce monde, même dans les pires moments, et il faut le garder précieusement. Sa voix me fait songer au Paris des années vingt ou à la digestion, après un bon repas dans un magnifique pays tropical, loin des préoccupations de ce monde.

DJ Spooky “Modern Mantra”
C’est un mix que j’ai fait du catalogue Instinct Records/Shadow Records avec toutes sortes de choses. Il y a DJ Krush, DJ Goo, Amon Tobin sous son pseudonyme de Cujo, Sussan Deyhim et même Moby… Beaucoup d’atmosphères différentes et cela permettrait de faire passer les soirées plus vite…

Sun Ra “Space is the Place”
C’est l’album à écouter très très tard dans la nuit, quand vous regardez en vous émerveillant les étoiles – sont-ce des satellites ou des comètes, ou juste des fragments d’autres planètes qui ont explosé il y a des millions d’années. la réponse est, bien sûr, que vous n’en saurez jamais rien, et c’est ce dont parle cet album: l’infinie supposition…

Propos recueillis par Jacques Denis

CONCERT

  • 13/09/08 Paris/Jazz à la Villette

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Arthur H


Les disques qui comptent pour Arthur H qui vient de publier “L’Homme du monde”, un disque fait pour danser et pour chanter. « Une liste qui forcément ne serait pas la même si tu me la demandais demain. Entre le passé et le présent, ce n’est pas ce qui manque les bons albums. »

Gnarls Barkley “The Odd Couple”
Un album très étonnant : à la fois très groovy, très mélancolique et très chaotique. Il y a un désespoir transcendé par une inventivité dingue. Comme un magnifique blues, très dur.

Cocorosie “The Adevntures Of Ghoshorse And Stillborn”
C’est la famille des Brigitte Fontaine et Brazilian Girls, c’est-à-dire du hors-norme qui aère le cerveau. Ces gens n’ont pas peur de vivre dans plusieurs dimensions à la fois, source de folle fraîcheur !

Radiohead “In Rainbows”
Ils ont mis beaucoup de lumière dans leur lyrisme, et comme Gnarls Barkley, ils ont musicalement un sens du chaos : soit tu tombes, soit tu t’élèves en spirale vers plein de sons pas harmonisés. Avec eux, tu as le sentiment d’entendre les sons de la planète. Et puis il y a la voix de Thom Yorke qui plane au-dessus, très inspirant. Je pourrais dire la même chose de Björk.

Camille “Music Hole”
Aujourd’hui, on a besoin de retrouver notre créativité dans quelque chose de vraiment organique. Ce que j’aime aussi chez Katerine, en se foutant à moitié à poil. Quelque chose à la fois de primitif et de futuriste. Juste histoire de dire fuck off au catastrophisme ambiant : oui, la vie st aussi un phénomène joyeux !

Hariprasad Chaurasia “Daylight Raga”
Dès que j’ai besoin de me recentrer, de me reconcentrer, ce disque a un effet immédiat. Ça charge l’atmosphère d’une vibration super calme et énergisante. Essentiel.

Missy Elliott “This Is Not A Test”, “Under Construction”…
En fait tous ses disques. Pour moi, elle est la continuité de Monk et James Brown dans le sens où elle est complètement américaine et complètement africaine. Sa fantastique collaboration avec Timbaland accouche d’une musique tellurique.

Nicolas Repac “Swing Swing”
Mon cher ami qui autant dans ses chansons que dans ses musiques instrumentales, autant avec moi-même qu’avec Mamani Keita, apporte une magnifique créativité. Ce disque a fait le tour de la planète et a ouvert des portes pour l’approche organique des samples.

Pauline Croze “Un bruit qui court”
Elle a amené du groove, du 6/8, de l’afro dans ses chansons. Ce qui créé une originalité très touchante. J’adore quand la chanson française est ouverte sur le monde sans perdre une once de son identité. En plus, Pauline a une voix qui te traverse et t’emporte. De la bonne nourriture émotionnelle.

Thomas Dybdahl “Science”
Un disque extrêmement doux. Tu te perds dans une espèce de forêt merveilleuse. Dedans, il y a des trouvailles harmoniques incroyables et une légèreté très sophistiquée qui te font juste du bien.

Justin Timberlake “Future Sex/Love Sounds”
Il y a quelques morceaux qui sont vraiment sensuels. Quelque chose de très fort, qui dans une fête fout inévitablement le feu pour tout le monde. Comme une décharge d’énergie qui fait que tu as un énorme plaisir à danser. Ces morceaux-là ont été une vraie inspiration pour mon dernier disque.

Propos recueillis par Jacques Denis

ALBUM

  • Arthur H, “L’homme du monde” (Mercury/Universal)

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Alain Bashung

Dix disques. Ceux qu’emporterait sur son île déserte Alain Bashung, en marge de ces deux dates à l’Olympia. «Il y a aussi Marianne Faithfull, Dusty Springfield, Marvin Gaye. C’est un jeu cruel….» Une sélection inspirée, histoire de bien repartir sur la route après des années d’abstinence.

Righteous Brothers “Soul And Inspiration”
Un duo très complémentaire: les premiers Blancs à chanter comme des Noirs, avec des modulations incroyables. Un mec avec une voix dans les aigus et l’autre plus proche du timbre de Ray Charles. La magie totale! On découvrait aussi le son de Phil Spector, ce mélange de rock et de Wagner.

Serge Gainsbourg
Tous les disques où il y a le guitariste Elek Bacsik et des percussions. Sur l’île, ça me rappellerait l’époque où je suis arrivé à Paris, j’avais une dizaine d’années. J’avais rencontré un couple qui peignait des poulbots à Montmartre et se marrait bien. Ils avaient une pile de disques de jazz: Miles Davis, Art Blakey… Et Gainsbourg.

Françoise Hardy une compilation
Pour son timbre, naturel et charmant. Ce n’est pas étonnant qu’elle ait séduit des pays étrangers, avec le son de sa voix qui racontait la fragilité. Je sais qu’elle ne me lassera jamais.

Pia Colombo “Chante Kurt Weil”
Sans doute la chanteuse la plus authentique sur ce répertoire. Kurt Weil, j’écoutais ça gamin. Ses dissonances, les mélodies pas si simples, ont fait le tour du monde. C’est le premier rockeur européen.

Léo Ferré “Et basta”
Un disque où il n’y a qu’une chanson. Un exercice de liberté assez sérieux. Avec lui, il y avait du piano, puis ça se cassait, puis il criait. Ça continue de me hanter!

Brigitte Fontaine “Comme à la radio”
Je l’ai réécouté récemment, j’ai trouvé ça terriblement bien foutu… Un grain, authentique. Très très en avance…

Michel Polnareff Un best of
Là encore, une histoire de timbre, quelque chose d’essentiel. C’est peut-être le premier à s’être lancé dans la musique et avoir réussi comme compositeur, mais en chantant.

Mark Hollis “Mark Hollis”
Peut-être le plus beau disque de pop. L’enregistrement a duré un an, il y avait des chandeliers, toute une ambiance… Certains musiciens sont partis avant la fin. Il paraît qu’il y a 25 bandes par titre, pour saisir l’instant magique. Un truc tout en retenue. Le silence, c’est l’inverse du punk, mais peut-être encore plus violent, plus mental.

Scott Walker Scott “1″
Je l’ai découvert quand j’ai fait un des premiers concerts pop en France, au Palais de Sports. J’étais en lever de torchon d’une pléiade d’artistes anglo-saxons, les Pretty Things, Cream, Ronnie Byrd… Et les Walker Brothers, qui avaient un mur du son comme Spector. Plus tard, j’ai découvert les «Scott 1, 2, 3»… des trucs avec des cordes, des reprises de Brel. La new wave s’est inspiré de cette espèce de grandiloquence.

Nina Simone Un best of
Son timbre, superbe. Elle n’a pas le côté fatigant de la chanteuse de jazz qui fait plein de notes, dans la démonstration. Là, c’est plus brutal, et en même temps très doux.

Propos recueillis par Jacques Denis

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Martina Topley Bird

Dix disques. Plus un onzième : la bande-son d’“Oh Brother Where Art Thou”. Ceux qu’emporterait sur son île Martina Topley Bird, ex muse de Tricky qui a pris depuis son indépendance de style. Comme sur son nouvel “The Blue God”, produit par Danger Mouse, où elle glisse sa gorge profonde sur des climats qui flirtent sensuellement avec la pop made in USA.

Beastie Boys “Check Your Head”

Un album chaud et fluide aux allures de film domestique, qui monte à ébullition avec “Whatcha Want?”, l’un des titres les plus terrible et les plus désagréable du hip-hop.

Tom Waits “Mule Variations”

Je suis une vraie fan de production “chaude” et ce disque a cette qualité, mais aussi une fermeté de caractère, une texture et par-dessus tout, un personnage. J’aime comment il utilise la technologie dans une voie qui permet de compléter et render accessible son son, sans compromis. Il le rend encore plus riche et sinistre.

Serge Gainsbourg “Melody Nelson”

Je suis venue sur le tard à Serge. Mieux vaut tard que jamais. Mais là, je suis tombée à la renverse, avec cette production, tout d’abord par le traitement sonore de la batterie, et ensuite celui de la basse. Et bien sûr la voix. Naughty Serge!

The Pharcyde “Bizarre Ride 2”

Le meilleur show de hip-hop, cette manière de s’entrelacer les uns et les autres, à la fois dedans et dehors, comme s’ils constituaient un organisme, juste beau à contempler. Cela m’a vraiment impressionnée de voir un groupe aussi lié, comme par télépathie, mais capable de se délier pour faire jaillir une énergie magique.

Cesaria Evora “Sodade”

J’ai un réel intérêt pour les voix androgynes. C’est fascinant de ne pas savoir si vous écoutez un homme ou une femme. Cette femme a une incroyable profondeur de chant et avec, ses chansons ont la capacité de me transporter juqu’aux larmes. Magique.

Oumou Sangare “Worotan”

Certainement une expérience de saut vers l’inconnu. J’ai été saisie et hypnotisée par ces chants, de nouveau androgynes, ces rythmes et ces mélodies, et puis par la production, simplement brute. Et quand j’ai lu la traduction des paroles, j’ai encore été frappée!

The Strokes “Is This It”

Cet album a provoqué une addiction, à la fois inquiétante et irritante. Je l’aime et je le déteste.

RHCP “Blood Sugar Sex Magic”

Cet album m’a vraiment marquée. Quoi, j’avais 16 ans!

Joanna Newsom “Ys”

Pour la simple raison que vous n’entendrez probablement jamais rien de la sorte. Une sophistication incroyable et une dextérité dans le jeu, avec de sublimes et assez non conventionnels arrangements de cordes face au diamant brut qu’est cette voix.

Patience and Prudence

Quand je les ai découverts avec la chanson “Tonight You Belong To Me” au générique du film “Birth”, j’ai été foudroyée. Ils viennent d’une ère si différente d’aujourd’hui, ils pourraient aussi venir de Mars. Cela me donne envie de porter de bonnes vieilles chemises hawaïennes.

Propos recueillis par Jacques Denis

ALBUM

  • Martina Topley Bird “The Blue God” (PIAS)

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Stéphane et Lionel Belmondo

PHOTO: Yan Orhan

Cinq disques. Ceux qu’emporterait sur son île déserte chacun des deux frères Belmondo. Pour Stéphane, «à tout prendre dans l’idéal, je préfèrerais partir avec cinq gonzesses et aucun disque». «Moi, je prendrais plutôt une corde, je trouverais un palmier et voilà, c’est fait !», rétorque Lionel. En tout cas, tous deux viennent de cosigner un album autour de l’univers de Milton Nascimento, avec le sieur lui-même.

Stéphane :

Ravel “Concerto en sol” La version de Samson François. Dans la musique de Ravel, il y a toutes les mélodies et toute l’harmonie de la planète, toutes les orchestrations du monde, du rock à la musique traditionnelle.

Elis Regina “Chante Milton Nascimento” C’est ma chanteuse préférée. Et la thématique de Milton est taillée pour elle. Elle me fait penser à Piaf : à la fois destroy et pure… Toujours à la limite de basculer.

John Coltrane Toute la période du quartet Dans ce groupe, rien à jeter. C’est un bloc indissociable.

Musique traditionnelle de Guinée” Compilation Quand je suis parti en Afrique, j’ai acheté beaucoup de disques. Dont celui-là qui regroupe toutes les générations, du gamin au pépé. Harmoniquement et rythmiquement, la Guinée est la grande centrifugeuse d’Afrique de l’Ouest.

Maurice Duruflé “Requiem” Ce n’est pas sans me faire songer à la collaboration entre Milton Nascimento et Nana Vasconcelos. Et puis, il y a un son spectral qui me touche plus que n’importe quelle symphonie.

Lionel :

Yusef Lateef “Jazz Moods” Gamin, alors que mon père avait tout donné ses disques, j’en avais récupéré quelques-uns dont celui-ci : impressionnant ! La rythmique sonne bizarre, le climat est étrange, le son du groupe incroyable.

Gerry Mulligan “Original Jazz Quartet” Pas de piano, beaucoup de contre-chant, ce disque fut ma porte d’entrée vers le classique et le contrepoint.

John Coltrane “Love Supreme” Quand tu as 16 ans, quand tu joues du sax, eh bien tu te dis que c’est ça ! Tu es en face d’une montagne de spiritualité, et toi tu es au pied, à essayer de monter. Du coup, je suis allé chez Dexter Gordon pour commencer…

Dexter Gordon “A Day In Copenhagen” De superbes arrangements comme la version de “You Don’t Know What Love Is”, qui me poursuit toujours. Il y a Slide Hampton au trombone, Dizzy Reece à la trompette, qui va nous diriger vers Woody Shaw…

Count Basie “Atomic Basie” En 1977, mon père a la bonne idée de nous emmener à Juan-les-Pins écouter le big band de Basie. Et là, on découvre en première partie Woody Shaw. On ne pige rien ! Quelques années plus tard, je revois le même concert à la télé. Et là, tout s’éclaire ! Entre-temps, Basie nous a donné l’envie de monter un big band, avec un certain Christophe Dal Sasso à la trompette, à 12 ans.

Propos recueillis par Jacques Denis

ALBUM

  • “Belmondo & Milton Nascimento” (B-Flat/Discograph)

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Jamie Lidell

Dix disques. Ceux qu’emporteraient sur son île le chantre so british Jamie Lidell. L’électron libre de la galaxie Warp publie un nouvel ovni rétrofuturiste qui oscille entre soul-funk vintage et connexions plus pop…

Sly and the Family Stone “There’s a riot going on” L’idée de paranoïa massive, le sexe miteux, la guerre, tout cela, cette folie qui ronge, a présidé à ce disque de funk. Le funk comme je le connais : brut, désagréable, anguleux. Sly y est à son top, le plus nu et le plus cassé.

Raymond Scott “Manhattan research” Une compilation des travaux des années 50 et 60 de l’immense M. Scott. Un pionnier électronique, qui a inventé des machines, pour leur donner une âme et en tirer de la belle musique. Ce génie n’était pas qu’un doux dingue : il fut aussi un sérieux businessman, plaçant ses incroyables bandes-son sur nombre de supports.

Prince “Sign ‘O’ the times” Pourquoi embarquer celui-là ? Parce que c’est un double, qui aurait même dû être triple. Parce que j’ai eu ma phase Prince, l’idolâtrant comme un gamin, au point de porter le pourpre comme lui, de pousser des petits cris… Parce que cet album, vingt ans après, sonne toujours autant : rien à jeter, que du funk, racé, élégant, synthétique. Aujourd’hui encore, ce disque est un défi d’un total génie.

Marvin Gaye “What’s going on” Comment oublier la première fois que j’ai entendu “What’s Goin On”. Je me lavais les mains, ma mère préparait le déjeuner. Le soleil coulait dans la cuisine et j’ai mis la radio. Aussitôt, Marvin a hurlé aussi fort que le soleil. Les deux feux se sont combinés et l’eau est devenue froide. J’ai fixé le mur, en transe, et des larmes ont coulé. Cette voix. A vous faire croire en dieu !

Michael Jackson “Off the wall” Les bons vieux classiques, rien tel quand vous avez le blues, seul sur une île. Si “Don’t stop till you get enough” ne vous secoue pas, c’est que vous êtes morts ou trop partis trop loin pour que l’on soit ami. J’ai toujours préféré ce disque à “Thriller”. Une irruption de joie dont j’aurais besoin dans l’île. Apportez-moi mike !

Minnie Ripperton “Perfect Angel” La couverture en dit déjà long. Minnie fait partie de cette série d’artistes décédés trop tôt. Alors, il vous reste à l’imaginer. Comment était-elle ? Comment son âme devait-elle être si douce ? J’ai reçu cet album comme un cadeau d’amour adressé au monde entier.

Parliament “Osmium” Le seul disque de ma collection avec de la cornemuse. Quelle puissance ! Du genre capable d’irradier les habitants de toutes les galaxies, pourvu qu’ils aient des oreilles. Moi, avec ça, je pourrais fumer une banane en pensant que c’est sacrément funky! Le genre de truc à vous bouger le cul par-dessus tête !

Can “Tago Mago” J’ai grandi en voulant fumer de l’herbe comme les grands garçons. Tout ça n’allait pas vraiment si bien jusqu’à ce que je tombe sur ce disque. Ce monde parallèle m’a foutu la trouille ! Des fantômes nageant dans une brume de champignons jaunes. Et puis à peu j’ai samplé cette musique et ma crainte s’en est allée.

Sun Ra “Singles collection” Encore un paquet de bonnes ondes pour l’île. L’histoire du Ra à travers ses antiques singles, qui enjambent de long en large son univers. Ou au moins du système solaire. Fletcher Henderson y croise Batman, sur le spacefloor avec de la disco 3000. Quelle joie !

Brian Eno “Apollo” Comme la vie sur Terre peut parfois vous sembler lourde, il me faut aussi empaqueter quelques gemmes musicales. Idéales pour les nuits étoilées et opiacées où il est temps d’abandonner son corps derrière… Eno connaît mieux que nul autre les bienfaits de l’ambiant. Et dans cette île, il deviendra un bon compagnon.

ALBUM

  • Jamie Lidell “JIM” (WARP/Discograph) (sortie le 28/04/08)

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Expériences: Noel Akchoté, le casting du cabaret

PHOTO: Magdalena Blaszczuk

Le guitariste convie une pléiade d’invités dans le cadre de la 25e édition des Banlieues Bleues

Le temps d’un week-end baptisé “Toi-Même”, le guitariste pluridisciplinaire se présente en tant que metteur en sons, ou plutôt réalisateur d’audio-films en direct, histoire d’inviter une galaxie d’artistes proches de son univers. Ce casting polyglotte ouvre grand les horizons, large les oreilles, afin de pouvoir faire raisonner la pensée oblique de celui qui a joué avec Fred Frith et Philippe Katerine, David Grubbs et Matmos, Luc Ferrari et Dylan Carson… « Le principe de ce projet Toi-Même demande une certaine intimité, directe ou indirecte, mais bien réelle. Souvent, il me suffit de savoir comment est une personne, par exemple par l’intermédiaire d’un ami, pour me décider à la contacter sur un tel projet… A partir de là, ce ne sont là que des pistes, certainement pas des certitudes, mais des intuitions, des liens qui se font dans ma tête. »

Kevin Blechdom : voix, guitare, banjo (USA) Kristin Erickson pour l’état-civil s’est révélée avec Blectum From Blechdom, tendance electronica, tout en pratiquant en famille le terrain du rock arty avec Adult Rodeo. « J’ai vu une photo d’elle avec Eugene Chadbourne, et à la limite je ne veux pas en savoir plus. »

Red : voix, guitare (FR) Olivier Lambin, de son vrai nom, s’est retrouvé sur Rectangle, avec “Felk”, une espèce de blues-folk qui ne ressemble qu’au bonhomme qui l’habite. « J’entends depuis longtemps quelque chose de très « roots », de très basique et fort, assez nu, avec Red. »

Laetitia Sheriff : voix, guitare baryton, basse (FR) Une douce voix, de belles mélodies traversées de bruits, des ambiances entêtantes aussi, et puis des textes qui tranchent, sur le vif. « J’ai dû la rencontrer deux heures en tout dans ma vie, mais on a de tels amis communs : Régis Boulard, Red… »

Jean-Louis Costes : voix, piano, objets (FR) Provocateur ? Peut-être. Iconoclaste ? Sans doute. Multimédia ? Pour sûr. Ce « pianiste classique et jazz fan de Cecil Taylor » trace sa route depuis des lustres. Avec lui, Akchoté a multiplié les projets sur tout support. « Jean-Louis me surprend totalement à chaque fois. »

John Giorno : voix, poésie (USA) Intime d’Andy Warhol, il a fondé Giorno Poetry Systems, un collectif où l’on croise Patti Smith et Philip Glass, Robert Rauschenberg et Robert Mapplethorpe, William Burroughs et John Cage… « Nous avons déjà joué en duo, et c’était toujours limpide, naturel. »

Fritz Ostermayer : voix, claviers, électronique, modération (AUT) C’est le « Monsieur Musique, Culture et Politique » sur la radio nationale autrichienne. Un John Peel, qui a signé un album sur Mego, entre électronique et chanson. « En tournée avec lui, les gens venaient parler au type qui tous les dimanches soirs change leur vie. »

Otto Lechner : accordéon, piano (AUT) Qui a vu l’une des performances de cet accordéoniste aveugle s’en souvient. Complice de Joe Zawinul et compère de Max Nagl, Otto Lechner a signé quelques disques terribles. « J’ai enregistré avec lui sur les albums de Max Nagl. Je l’adore. »

Brad Jones : contrebasse (USA) Cet ex Jazz Passenger s’est fait apprécié pour sa versatilité qui lui a permis de jouer avec Elvis Costello et Elvin Jones, entre multiples autres… Mais aussi le Big Four, qui l’associe à Noël Akchoté. « Jazz, chanson, rock, soul ou free, tout lui est simple et naturel. »

Han Bennink : batterie (HOL) Depuis quarante ans, ce batteur est l’un des piliers de la riche scène free néerlandaise, tel un modèle de libertés contrôlées. « Je l’écoute depuis toujours. J’adore quand Bennink joue des choses simples, des blues ou des chansons. »

Andrew Sharpley : voix, claviers, électronique (UK) Ce bricoleur de génie fut à la fondation de Stock, Hausen & Walkman. Depuis une dizaine d’années, il a beaucoup joué avec Noël Akchoté. « J’imagine personne d’autres pouvant faire ça et depuis toutes ces années on redémarre à zéro sur chaque projet. »

Sebastian Reier : platines, électronique (ALL) Fondateur des éditions Stora, DJ-programmateur du club Pudel et chroniqueur pour “Die Ziet”, cet Allemand s’est illustré dans le groupe Augsburger Tafelconfect. « Je le connais depuis son adolescence : il était stagiaire chez Winter et s’occupait du publishing de Zorn… »

Pakito Bolino (FR) & Hendrik Hegray (FR/BE) Le premier a cofondé des éditions Le Dernier Cri, et fut associé à Akchoté sur le disque “J’en doute encore”. Le second est connu pour Superkärsher, entre autres « tripatouillages » graphiques. « L’un et l’autre sont des amis. Ils vont réaliser des œuvres originales qui seront utilisées comme décor de Toi-même. »

Magdalena Blaszczuk (POL/AUT) Cette photographe a fondé au début des années 90 “Skug” (Sub-Kultur-Underground), une revue à laquelle participe Noël Akchoté. « Magdalena, qui est ma femme, fera un reportage sur le projet : de notre arrivée aux shows, des répétitions aux repas. »

SITE

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Sébastien Tellier

Dix disques. Ceux qu’emporterait sur son île déserte Sébastien Tellier, qui vient de publier “Sexuality”, une galette qu’il faut avant tout écouter par les deux bouts : “Roche”, digne du meilleur d’Alain Chamfort, et “L’Amour et la Violence”, non loin des sommets de William Sheller.

Luccio Battisti “Encora Tu”
Un chanteur italien incroyable, sa musique est la plus sincère de toutes.

Gene Clark “No Other”
Guy-Man me l’a fait écouter au tout début de notre collaboration et ce fût un coup de foudre

Wendy Carlos “Orange Mécanique”
Sur cette bande originale, probablement le meilleur son de synthé que j’ai entendu… en plus j’adore le parcours de wendy : homme puis femme

Robert Wyatt “Rock bottom”
C’est un album profond, magnifique. Robert Wyatt est un maître pour moi.

Bryan Ferry “Dylanesque”
Un album parfait pour écouter en week-end à la campagne. Ferry+Dylan=fantastique !

Brothers Johnson “Light Up The Night”
Encore un truc que m’a fait découvrir Guy-Man. Ce disque, c’est la culture du beau son à l’ancienne.

Sebastian “Victimo”
Sebastian est un surdoué de la musique électronique, j’adore quand il est triste.

Kavinsky “Testarrossa Autodrive”
Tes bon style, l’énergie est parfaitement dosée. Kavinsky, c’est trop bon.

The Beatles “White Album“
Génial. Comment faire mieux ???

The Mamas and the Papas “California Dreamin’”
The Mamas and the Papas reste mon groupe préféré. C’est celui que j’écoute le plus. L’imperfection parfaite…

Recueillis par Jacques Denis

ALBUM

  • Sébastien Tellier “Sexuality” (Record Makers/Discograph)

CONCERTS

  • 29/02 Paris, Centre Georges Pompidou

  • 01/03 Besançon, Le Cylindre

  • 06/03 Dijon, L’Atheneum

  • 13/03 Meylan, Maison de la Musique

  • 14/03 Marseille, Le Cabaret Aleatoire

  • 15/03 Arles, Cargo de Nuit

  • 20/03 Genève, Festival Electron

  • 22/03 Le Havre, Cabaret Electrique

  • 28/03 Nancy, L’Autre Canal

  • 29/03 Metz, Chapelle des Trinitaires

  • 04/04 Evreux, L’Abordage

  • 06/04 Morlaix, Festival Panorama

  • 18/04 Printemps de Bourges

  • 24/04 Montpellier, Le Rockstore

  • 25/04 Lyon, La Plateforme

  • 26/04 Strasbourg, La Laiterie

  • 30/04 Paris, La Cigale

  • 12/05 Tourcoing, Le Grand Mix

  • 13/05 Bruxelles, Le Botanique

  • 16/05 Massy, CC Paul Bailliart

  • 17/05 Sannois, EMB

VIDEO

  • Sexual Sportswear

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Hommage à Henri Salvador

SON RIRE A FAIT LE TOUR DE LA PLANETE

Un truc énorme qui rendit baba le clown Rhum au tournant des années 30. Une truculence de bon vivant qui lui collera à sa peau métisse. On avait oublié de se rappeler d’autres bons souvenirs, moins versés dans l’humour des shows télévisés et autres tranches de rire. On avait oublié le chanteur à la voix de velours qui créa « Dans mon île » de retour du Brésil pour qu’on y soit toujours bien. Toutes ces chansons douces, parfois amères, jamais sucrées que nous ont chantées nos mamans, que depuis nous avons chanté à nos enfants. Le guitariste de jazz qui apprit ses bonnes notes tout seul dans la chambre de son adolescence. Celui qui accompagna Django au Jimmy’s Bar. On avait oublié l’éternel collégien, le petit Indien de Guyane qui tourna dans toute l’Amérique du Sud avec l’orchestre de Ray Ventura. Celui qui joua tout en second degré avec Boris Vian. Qui fit débuter Quincy Jones, un ami de plus de trente ans. On avait oublié le joueur de blues. Et puis est arrivée la nouvelle d’un nouveau disque. Une histoire rocambolesque à l’initiative d’une amie, Corine Joubard, qui ne voulait pas qu’Henri reste sur de fausses notes. Une collection de treize chansons, des classiques à l’ancienne, pour la vie. Il y est question de jazz, de Méditerranée, de bossa à la coule, de cordes sensibles, de petits bémols entre les lignes, d’inventaire pour ne rien oublier. Histoire de refaire l’histoire là où elle n’aurait jamais dû s’arrêter. Histoire de dire sans forcer sur la voix, toujours juste dans le ton, que le meilleur de nos crooners est bel et bien émouvant. Pourvu que ça swingue ! Pourvu que ça dure !
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Harold Lopez Nussa

Les disques qui comptent pour Harold Lopez-Nussa. A 24 ans, ce pur produit de l’école cubaine publie un premier solo, suite à sa prestation au festival de Montreux en 2005 où il avait gagné le concours de piano solo. Un album qui révèle ce talent à multiples facettes

Keith Jarrett “Melody At Night With You” Un album en solo, qu’il a enregistré après une année sabbatique. Du coup, il revient encore plus profond, plus spontané.

Keith Jarrett Trio “Tokyo 96” Ce que je retiens d’un trio majuscule de l’histoire du jazz. Gary Peacock, Jack DeJohnette et Keith Jarrett ne forment qu’un seul être.

Herbie Hancock “New Standards” Une série de classiques de la pop actuelle revisités de main de maître. Des interprétations très originales. C’est mon père qui m’a biberonné depuis tout petit d’Herbie Hancock.

Arthur Rubinstein “Œuvres pour piano” de Chopin Le meilleur interprète de Chopin, dont il retranscrit à merveille la sensibilité, ce goût pour les “Esquisses”.

Claudio Arrau “Intégrale des sonates” de Beethoven Enregistrée dans les années 60, cela demeure pour moi la vision la plus juste de la force de caractère, de la puissance unique, de Beethoven, un compositeur que j’ai pratiqué au conservatoire Amadeo Roldan de La Havane.

Sting “All This Time” J’adore Sting depuis mon enfance, avec ou sans Police.

Juan Luis Guerra “Grandes Exitos” Un Dominicain formé au jazz mais extraordinaire sur le merengue. Pour la qualité de ses poésies, pour sa voix, un mariage juste parfait.

Los Van Van “Llego Van Van” Le plus sûr orchestre de musique populaire à Cuba. Un classique de la danse, idéal pour sortir accompagné.

Yoruba Andabo “Yoruba Andabo” De la rumba primitive, qui traduit l’esprit des orishas. D’une force incroyable ! Tout Cubain se doit de connaître la rumba, une musique dont j’ai un peu tâté au piano.

Frank Emilio Flynn “Los Amigos” Un des pianistes fondamentaux de Cuba, au même titre que Lecuona ou Bola de Nieve. Tous ceux-là font partie de mon répertoire.

Recueillis par Jacques Denis

ALBUM

  • Harold Lopez Nussa, “Sobre El Atelier” (Planète Aurora/Cristal Records/Harmonia Mundi)

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Calexico

Dix chansons. Celles qu’emporterait sur son île déserte Calexico, combo d’Arizona. «Elles sont à relier au film de Tony Gatlif, Latcho Drom, qui va du désert indien aux banlieues espagnoles.»

Koen de Cauter And Romani, “Me hum Matto”. Cet enregistrement évoque l’univers de Django en développant le pouvoir d’évocation de la langue rom.

Lhasa, “Anywhere On This Road”. Ce thème confronte son esthétique pour les mélodies orientales au pouvoir d’envoûtement des drones.

Amparanoia “Dolor, Dolor”. Avec une voix si riche et enfumée, Amparo Sanchez évoque le feu du flamenco, l’agilité du hip hop et les boucles elliptiques du reggae.

Taraf de Haïdouks, “Balada Conducatorolui”. Extrait du film de Gatlif, cette chanson capture l’intensité de cette image : un arbre squelettique au milieu d’un champ vide.

Coco Rosie, “Noah’s Ark”. Un voyage étrange au travers de petites mélodies, des beats hypnotiques du hip hop et des vocaux aussi calmes que hantés…

Devotchka, “Such A Lovely Thing”. Une chanson emblématique de la fluidité de leur sens musical, de leur amour pour les blues mineurs, l’esprit gitan…

Amadou & Mariam, “Coulibaly”. Les fans du global folk-punk-reggae gitan de Manu Chao ne seront pas déçus par ces plaisirs émouvants.

Think Of One, “Coco Medley”. Un projet qui a amené ce groupe belge à Recife, le lieu idéal pour les combinaisons des brass bands gitans et de la transe marocaine avec des traditions brésiliennes.

Amalia Rodrigues, “Alfama”. L’album Songs In An Ancient Tongue capture sa voix et son âme. Si le film de Gatlif était allé au-delà du flamenco, il serait passé par Lisbonne, le Cap-Vert, le Nord de l’Afrique…

A Hawk And A Hacksaw, “The Moon Under Water”. Un style unique, quelque part entre les folklores de l’Europe de l’Est, le jazz libre, les Appalaches, le mariachi et le klezmer.

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Vincent Ségal

Dix disques. Ceux qu’emporterait dans son île Vincent Ségal, moitié de Bumcello, qui vient de sortir un double vinyle de violoncelle solo, conçu comme une suite d’instantanés où il revisite certains des lieux qui l’ont habité, de Pigalle à Oakland, où il se souvient aussi d’amis comme Nana Vasconcelos ou Bébé Vampire. « Un peu à la manière de Bach, mais avec le groove… »

Novos Baianos “Acabou Chorare”
Sur une île, il vaut mieux emmener des disques que tu as écoutés des centaines de fois. Et puis c’est la synthèse parfaite de tout ce que j’aime au Brésil : spontanéité, musicalité, belles chansons, superbes voix…

Booker Little “Out Front”
Avant tout pour le thème “Man Of Words”, comme du hip-hop avant l’heure, sans parole mais avec mélancolie. Un disque fait pour l’éternité, mon préféré en jazz.

Ferenc Fricsay “Musique pour percussions et celesta”
Par le symphonique de Berlin. Un vinyle que j’ai écouté depuis tout petit. Je ne peux pas écouter d’autres versions. Surtout le troisième mouvement : un modèle !

Muddy Watters “Louisiana Blues”
1950, sur Chess. Juste pour sa voix, parmi les plus graves et les plus chaudes. Du pur velours capitonné. Normal que les filles craquaient.

Les Beatniks “Les Beatniks”
Mes guitariste de compa haïtien, juste trouvable en vinyle. Ce pourrait être aussi Robert Martino dans Scorpio ou les Gypsies de Petionville. Impossible de ne pas danser.

T-Rex “Unicorn”
Mon album préféré de pop-folk, avec le son extraordinaire de Tony Visconti. Une liberté extrême, une étrangeté et un laisser-aller qu’on ne trouve pas aujourd’hui. Ceux qui écoutent Devranda Banhart devraient se pencher sur cet album. La version vraiment originale.

Magic Malik “OO-237 XP1”
Un jour, j’ai mis le thème “Alti-Plan” en boucle sur ma platine, sans le savoir. J’ai dû l’écouter des heures sans m’en rendre compte, sans que ça me choque. Un type capable de ça est un génie. Malik est de toute façon le meilleur musicien français.

Xenakis “Nomos Alpha”
Une œuvre qui explose, fortissimo. Et la version par Pierre Penassou au violoncelle. Il fut mon premier professeur et sur une île, j’aurai besoin de lui. Forcément. Avec ce disque, même s’il est mort, il sera toujours à mes côtés. Là, vibrant.

Johnny Guitar Watson “Listen”
Surtout si ma femme est avec moi sur l’île… Mais sans les enfants.

Bumdu Khan “Bhairavi”
Une pièce de 1948. Quel récital ! Soixante après, seul le sarangi de Ram Narayan peut rivaliser avec ce sorcier. Ce disque m’encourage à persévérer.

Recueillis par Jacques Denis

ALBUM

  • Vincent Ségal “Cello” (Label Bleu)

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Pascal Comelade

PHOTO: CLAUDE GASSIAN

Dix disques. Ceux qu’emporterait sur son île déserte le Catalan. Le musicien à rouflaquettes nous envoie justement un nouvel album au titre des plus explicites : “Mètode de Rocanrol”. Interview vidéo en ligne demain.

Banda Inonica “Passionne”
Un orchestre de musiques de processions de la semaine sainte en Sicile, dirigé par l’incommensurable Roy Paci, sa trompette télescopique, son filet d’anchois et ses costards pur fil…

Bola De Nieve “Las grandes canciones del genial artista cubano”
L’élévation apostolique et cubaine du piano-bar sentimental.

Bambino “Canciones de amor prohibido”
Les 40 plus grands succès de Miguel Vargas Jimenez « Bambino » et ses chansons définitivement positives comme “Procure olvidarte”, “Soy lo prohibido”… « Je te déteste tellement que je suis moi-même étonné de ma manière de te haïr. »

Nick Cave “Grinderman”
C’est pas pour les majorettes.

Eugene Chadbourne et Jimmy Carl Black “Pachuco cadaver”
Manuel de reprises du Captain Beefheart par l’Indien du groupe, Jimmy Carl Black, premier batteur des Mothers of Invention et son collègue aux trois mains triphasées.

Fats Domino L’intégrale à discrétion
Avec, en lecture parallèle, la fameuse bande dessinée de Joost Swarte, « une expérience amusante de la carrière de Monsieur Domino ».

Gabriella Ferri “I grandi successi originali”
Avec Pasolini en chanteur masqué, les tripes sur la table, elle vous mange toutes. Ecoutez “Dove sta zaza”.

Norman Carl Adam “The Legendary Stardust Cow-boy”
Réédition des deux albums classiques du cow-boy de l’espace. La grande famille des martiens à masque de catcheurs crypto- situationnistes : Daniel Johnston, Asil Hadkins, Mandrake le magicien, Akim…

Los Salvajes “1965-1968”
Le plus grand groupe de rocanrol espagnol du monde. Adaptations des Troggs ou du Spencer Davis Group en espagnol et, pour l’extase vibrationniste, leur sublime hymne : “Soy Asi” : « Avec mes larges rouflaquettes et mes pantalons étroits,je suis comme ça. » Aaargh !!!!

Adriano Celentano “Le origini di Adriano”
J’étais à la terrasse du Zermati, via Veneto, avec Marino Marini et Fred Buscaglione à siffloter “Azzuro” et à rien faire de spécial. Passe un jeune gommeux en mocassins 2 tons qui se permet une réflexion sur ma gourmette en plaqué-zinc (un cadeau de ma mère ,vous pensez). Ni une ni deux, j’y fracasse la fiole de Martini sur la tronche. C’est comme ça que j’ai connu Adriano.

A écouter

  • Pascal Comelade :“Mètode de Rocanrol” (Because)

En ligne

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chanson: Mouss & Hakim, question d’identité

Dans le sillage d’un mouvement qui vise à réexaminer la part algérienne de l’histoire de France, les Toulousains relient des chansons d’antan à l’actualité. 10 invitations pour leur concert parisien

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Brigitte Fontaine

Dix disques, ceux qu’emporterait sur son île déserte Brigitte Fontaine

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Bertrand Cantat

Dix disques, ceux qu’emporterait sur son île déserte Bertrand Cantat. «En admettant un départ en urgence, j’essaierais d’abord d’emmener une guitare et un petit engin pour enregistrer. La voix, elle, se transporte facilement, papier, crayon, on ne sait jamais ça peut servir.» Et de conclure cette «fin du jeu cruel» par: «Dix minutes de plus et je fais une toute autre liste.»

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Feist

Dix disques. Ceux qu’emporterait sur son île déserte la Canadienne Leslie Feist, qui n’en finit pas de séduire avec sa collection de chansons tout doucement fêlées, subtilement brisées

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Robert Wyatt

Dix disques. Ceux qu’emporterait Robert Wyatt, œil espiègle et sourire vif, comme le prouve son drôle de “Comicopera”, où il invite quelques vieux complices dont Brian Eno, « essentiel dans sa discrétion». « Je n’ai pas mis un de ses disques. Il est trop proche. »

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Jazz: Les goûts de la Villette

Lionel Loueke

Le festival de jazz à La Villette vient de se terminer. Morceaux choisis parmi les plateaux concoctés par les trois invités d’honneur : Julien Lourau, Wayne Shorter et Steve Coleman. A boire, à manger et à déglutir

“C’est quand Steve Coleman se met à jouer que ça merde… c’est con à dire !”. Oui, effectivement… cette remarque d’une spectatrice résume à merveille le paradoxe de la situation ce soir-là. L’un des trois saxophonistes à l’honneur du festival rejouait au Trabendo avec son fidèle tambour de bouche Kokayi et le batteur Tyshawn Sorey. Le Pro-Verb Trio ne nous aura rien appris de plus que ce que l’on savait en matière de jazz et de rap, où le saxophoniste excellait il y a plus dix ans déjà. De même lorsque l’héritier de Parker convoque une poignée de saxophonistes à ses côtés, cela tourne vite dans le vide, en un concert insipide que l’on attendait mieux inspiré. Reste son disque en solo, à écouter d’urgence !

En solo, c’était le propos de Lionel Loueke, protégé de l’éminent Wayne Shorter. Juste choix quand l’esthète de la guitare se montre à la hauteur de ses perles gravées en solitaire, quand il va au fond de la mélodie, la creuse comme ce “Body And Soul”. Mais, le Béninois aura aussi revêtu le costard étriqué des surdoués et autres académiciens, renvoyant alors l’image caricaturale d’un bon technicien de surface. Rien à voir avec Jim Hall, 80 ans au compteur, et toujours capable de suspendre l’écoute et surprendre l’oreille, d’un accent détonant, d’une phrase pas banale sur un répertoire jonché de classiques, de “Alone Together” à “In A sentimental Mood”… Sans oublier un curieux détour par la samba “Beija Flor”, où son partenaire en ce duo, l’immense Ron Carter, montra de quel bois était faite sa contrebasse.

C’est aussi du côté du Brésil que les frères Belmondo ont posé les bases de leur nouveau projet, avec cuivres et cordes, tous ici pour saluer le compositeur Milton Nascimento. Lequel sur scène, visiblement fatigué et malgré de vrais problèmes de sons, eut quand même quelques pures fulgurances, dont un “Ponte de Area” en guise de conclusion pour laisser espérer des lendemains qui chantent autrement pour cette création, enregistrée dans la foulée à Paris.
Enfin, autre projet qui devrait un jour ou l’autre atterrir sur la pile des disques, le nouveau quartet Saïgon de Julien Lourau, codirigé avec le pianiste Laurent Coq. Au soprano puis au ténor, le maître de céans s’y montra capable de belles envolées sur un répertoire original qui gagnera en souplesse et cohésion avec les heures de vol. En attendant, le Français honorait déjà la notion de liberté contrôlée, chère à Wayne Shorter.

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hommage: Jean-François Bizot

bizot

PHOTO: DANIEL LAINE ©Actuel

Le fondateur d’Actuel et de Radio Nova, l’infatiguable défenseur de tous les undergrounds, est décédé samedi 8 septembre d’un cancer

C’était un dimanche soir de mi-juillet, au téléphone. Jean-François était à l’hôpital. Il avait relu toutes les pages de son dernier livre, enfin un bouquin collectif autour de la new-wave, enfin autour de son idée forcément plus large que convenue de la new-wave, un foutu remixe qu’il avait chapeauté, dans tous les sens du terme. Malgré tout, malgré ce petit moment de faiblesse qui revenait par-derrière, il tenait à tout vérifier, tout améliorer, toujours.

Des tas de papiers étalés sur une table, des tonnes de souvenirs dans la tête, ce fut la dernière image de Jean-François. Comme la première fois, où l’on débarquait à Actuel, forcément impressionné. Comme à New York, milieu des années 90, au sortir du Carnegie Hall, au bras de deux superbes nanas. Comme lors de bouclages à Nova Mag, où il passait sa tête entre deux bons mots balancés en direct à la radio. Comme quand il me convainc d’aller voter. Comme quand on discuta des heures du jazz, et puis du reste, sans compter. « Attends, j’vais fumer une clope… je reviens. » Début 2007, plus le droit de fumer. Un temps. Ce jour-là, on devait se parler du coffret que Nova venait de publier, histoire d’honorer les vingt-cinq ans de sa radio libre. Radio Nova, une petite radio aux oreilles grandes ouvertes. Un bâtiment connu dans le monde entier. Toute la planète de la musique y est venue. Et puis tout le reste.

Début février 2007, il avait dans l’idée de faire une suite, un Nova Roots sur les vingt-cinq ans qui ont précédé. Il avait toujours de la suite dans les idées, qu’il lançait et qu’il fallait attraper. L’ex DJ de Nancy, des surprises parties millésimées 1965, voulait monter une petite bande de sélectionneurs, fouiller dans les tréfonds de sa discothèque, ses disques empilés pas compressés, pour en sortir les 5000 incunables des amis de Nova, des classiques rares et perles atemporelles (voir ici sa playlist). « Avec Nova, j’ai appris l’anti-mode. Les disques qui ne s’usent pas. Tu commences à le savoir à 35 ans. En littérature, c’est plus rapide. »

Avec Jean-François Bizot, très grand reporter, co-fondateur de l’écologie politique, chantre du journalisme Actuel, catalyseur de la presse souterraine, accoucheur de l’underground, auteur de films peu vus, romancier à ses heures, essayiste à la plume aiguisée, compilateur de l’extrême et rare amateur de musiques, nous avions tous appris. Un peu, beaucoup, passionnément. Ah! la folie. La vie par tous les bouts. Merci, à tout de suite.

LIVRES

  • Vaudou & Compagnies, Histoires noires de Abidjan à Zombies, Editions du Panama, 2005

  • Underground, L’histoire, Denoël, 2001

  • Free Press, La contre-culture vue par la presse underground, Editions du Panama, 2006

  • Un moment de faiblesse, Le livre de poche, 2005

SITE

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Jean-François Bizot

Face au jeu de l’île déserte où l’on n’emmènerait que dix CD, je ne peux vous donner qu’un conseil préliminaire : enculez la règle du jeu. Voici les climats, les dieux et les démons, les poètes et les chamans, les clubs qui transpirent du plafond et les chill out, les move your ass et les blues gospel pour rêver sur la plage une main indolente dans le pagne.

1/ J’emmènerais la beauté poignante du “Kindertoten Lieder” de Gustav Mahler pour me dire qu’en écoutant Katleen Ferrier chanter vingt minutes je saurais, bien consolé, que je ne pleure pas sur moi, là-bas tout seul, tout comme cet hymne du bord de plage où l’on traîne à regretter l’humanité en écoutant Billie Holiday chanter “I cover the waterfont” (Verve).

2/ Je convoquerais les tambours hypnotiques de Satan avec Sister Ray du Velvet Underground, un mix des trois premiers Led Zeppelin et Their Satanic Majesties Request des Rolling Stones.

3/ Je ferais mon plein de lyrisme avec “Gipsy Queen Woman” de Tim Buckley (Straight Warner), dont la voix écorchée permet de sauter un repas, “I love you Porgy” de James Brown (Capitol), où le roi du mashed potatoes livre la plus belle des purées et “Misty”, en version live in the club, de Sarah Vaughan (Emarcy / Universal Jazz).

4/ Je me malaxerais un bon mental avec Poppy No Good de Terry Riley (CBS) maître de la répétition à l’orgue accompagné par Phaedra de Tangerine Dream (Virgin) dont les nappes enveloppent les soucis et les “Gymnopédies” d’Erik Satie jouées par Aldo Ciccolini.

5/ Je saurais conjurer les orages électriques du climat imprévisible en mixant Ummagumma de Pink Floyd (EMI), leur premier double album, White Noise numéro un ou deux (Virgin) avec ses fulgurances de cinéma sonore, et va savoir quel trash à la Sonic Youth ou quel pirate de Hendrix ou le coffret des trois CD inédits des Doors chez Rhino (Warner) avec une version live définitive de “The End”.

6/ Je m’emballerais encore tout chaud et toujours énervé sur “International Thief Thief” de Fela Ransome Kuti, cet afrobeat qui l’a mené en prison pendant que tout le Shrine dansait. Un album de cuban world comme Conjure de Kip Hanrahan, ce collector où tout New York soufflait, il y a vingt ans, d’Ishmaël Reed le poète pré-rap à Elysee Pyronneau, le guitariste haïtien couturier dentellier du Compas, etc.

7/ Je ne me priverais surtout pas de ces maîtres du désert-groove que furent les Ambassadeurs avec Salif Keita et Kante Manfila à l’époque de Mandjou et je les mettrais en écho avec une de nos compiles Nova, Deep Orient, où voyagent soufis, gnawas, original raï et Dissidenten (ça doit se trouver sur le Net).

8/ Pour entretenir mon cerveau face à l’intelligence vitale mais limitée des noix de coco, j’embarquerais le coffret In a Silent Way de Miles Davis, magnifiques versions inédites à la modernité si stupéfiante qu’échappant aux modes, il fallait vingt ans pour qu’on s’aperçoive de leurs sonorités inusables mélangées avec des imprécations amphétaminées des discours d’André Malraux (Frémeaux et Associés) et, à défaut, les Last Poets, maîtres du spoken word sur le label Douglas, juste à la fin des sixties.

9/ Comme rien ne tient mieux compagnie qu’un solitaire, ce diamant qui ne se livre jamais complètement, j’embarquerais un Brad Meldhau bien stoned, ce pianiste capable du meilleur XXIème siècle et un Arthur H récent combiné à un Gonzalez piano solo sur le label No Format.

10/ Et pour s’endormir en rêvant, j’irais télécharger (entre autres) sur le Net quelques mixes cultes de Nova de Laurent Garnier, Lord Zeljko, Gilb’R et Loïk, le concert de Manu le Malin… J’emmènerais Olé de John Coltrane (Atlantic), chef d’œuvre de vingt-six minutes et l’album de Damon Albarn enregistré au Mali.

Vous avez compris : on ne vit pas sur une île déserte si on y perd la mémoire du monde. Je vous parlerai dans quelques années des boléros et saudade, des musiques chamaniques introuvables, de ces blues du jeune John Lee Hooker dans années 1930 et de ces improvisations Magic Malikiennes qui sont à votre portée dès que vous aurez taillé une flûte en bambou.

Jean-François Bizot

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hip hop: à nouveau devant la justice, réaction de Hamé

La Rumeur

Il est question de diffamation contre les forces de police… Après avoir gagné devant le tribunal correctionnel, puis en appel le 22 juin 2007, la Cour de cassation vient d’annuler les précédentes décisions de justice, et renvoie Hamé de La Rumeur et le ministère public pour un nouveau procès, devant la Cour de Versailles, sans doute en 2008. Trois questions à Hamé

Comment avez-vous pris cette décision?
C’est une très mauvais surprise. Je n’osais pas y croire, pas penser qu’il y aurait une ingérence du politique dans le système judiciaire. Il existe des rapports de force internes qui visiblement nous échappent. C’est comme s’il avait été décidé que nos propos seraient dénaturés pour permettre la cassation des deux relaxes exemplaires et instruire ainsi en diffamation. En clair, il s’agit de réduire mon propos à deux lignes, balayant d’un trait tout le travail historique.

Cinq ans depuis le début de cette affaire. Fatigué?
Oui, bien sûr. Mais un tel acharnement veut bien dire qu’au fond, il y a une histoire qu’on ne veut pas sortir du placard. C’est là-dessus qu’on va désormais mettre le paquet: avoir le droit de parler sur la place publique du passif de la police depuis cinquante ans. Le prochain procès sera l’occasion d’éclaircir les pages sombres de la police française. Et tant mieux si ça dure une semaine. Nous appellerons à témoigner des historiens, des intellectuels, des familles de victimes. Manifestement, c’est à cette hauteur-là, et non sur le terrain de la liberté d’expression, que l’on nous attend. Ok, on assume.

Ça ne se réduit évidemment pas un duel, certes médiatique, Sarkozy/La Rumeur?
C’est l’enjeu depuis le début. On n’est pas Monsieur R, Ministère AMER ou Alibi Montana. Notre affaire n’est pas caricaturale. C’est pas les méchants avec des gros mots à la bouche. On est sur un autre terrain que la guignolade. On souhaite argumenter nos partis-pris. Parler des grilles de lecture policières qui normalisent de plus en plus l’ensemble de la vie publique, de la culture à l’économie. Cette affaire n’est le révélateur que d’un problème bien plus profond. Mais bon, soyons binaires: il va falloir être pour ou contre la Rumeur.

ALBUM

  • La Rumeur, Du cœur à l’outrage (La Rumeur Records/Discograph)

CONCERTS

  • 20/7: Caen, Le Cargo
  • 27/7: Longwy, Festival de Longwy
  • 28/7: Saint Martin Boulogne, Centre culturel Georges Brassens
  • 16/10: Nancy, Nancy Jazz Pulsations

SITES

SUR VIBRATIONSMUSIC.COM

  • La playlist de La Rumeur
  • News: un rapper de La Rumeur devant la Cour de cassation

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La Rumeur

La Rumeur, groupe emblème d’un rap français engagé et radical depuis leurs premiers opus, et comme le prouve le procès intenté par Sarkozy contre un de ses rappers, s’engage en faveur des marges. Ses goûts musicaux vont au contraire plutôt aux tout-puissants: des classiques parmi les classiques

John Coltrane Love Supreme. Tous les instants de la vie sont célébrés dans ce disque. Comment naître, vivre, grandir, atteindre l’amour suprême et survivre à sa mort.

Bob Marley Burnin’ And Lootin’. Chant de lutte et d’espérance comme une survivance des premières communautés de nègres marrons jamaïcains. Impérissable.

Prince Sign O’ The Times. Peut-être le plus grand album du soliste funk rock planétaire le plus indépendant.

Muddy Waters Oochie Coochie Man. Un immense parrain dont la trajectoire personnelle se confond avec l’histoire générale du blues, du delta du Mississippi à Chicago.

Jimi Hendrix Live At Woodstock. Quand la puissance du blues électrifié d’un génie de la gratte défonce le stupide patriotisme guerrier des “napalmisateurs” du Viêtnam martyrisé.

Public Enemy Public Enemy. La technique du sampling poussée jusqu’à la virtuosité, combinée à la verve du plus contestataire de tous les groupes de rap.

Mobb Deep The Infamous. Ce que les artères des ghettos du Queens ont poussé de plus sombre. Quand le “rap game” décrivait le “crack game”.

Nas Illmatic. Une des plus parfaites définitions de l’ascèse et du minimalisme new-yorkais. dix titres, dix classiques. Un flow qui n’a pas pris une ride en 15 ans. Rare.

Léo Ferré L’opéra du pauvre. Une œuvre immense de plus de quatre heures, qui raconte le procès de la nuit.

Oum Kalthoum N’importe quel disque. Sans commentaire

ALBUM

  • La Rumeur, Du cœur à L’outrage (La Rumeur Records/Discograph)

CONCERTS

  • 6/7: Clermont-Ferrand, La Coopérative de Mai
  • 20/7: Caen, Le Cargo
  • 27/7: Longwy, Festival de Longwy

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SUR VIBRATIONSMUSIC.COM

  • News: un rapper de La Rumeur devant la Cour de cassation

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Rachid Taha

Il aimerait ajouter à une liste aux couleurs de plaisirs parlants Joe Turner et T-Bone Walker, Arkology de Lee Perry et ce bon vieux James Brown… L’ancien porte-parole de Carte de Séjour est en live demain sur Taratata (France 2), et plus live encore, au Domaine d’O à Montpellier…

T-Rex Electric Warrior. Le côté glamour et une vraie poésie toute en retenue. Une invitation au délire. Du pur rock’n’roll, avec l’élégance british. Et quelle voix !

Johnny Cash Unearthed. Il trace le tableau de l’Amérique comme un vrai mec du peuple… Il prend sa voiture, veut partir très loin, oublie de faire le plein, s’arrête au milieu du désert et écrit une chanson au bord de la route.

Burt Bacharach Best Of. Que dire ? Quand il fait chaud, on a envie de se rafraîchir.

Dahmane Elharrachi Anthologie. Mon préféré dans le chââbi. Le Jack Kerouac de l’immigration, qui jouait de bar en bar. Un bluesman, un vrai.

Kraftwerk Computer World. Le groupe le plus moderne et le plus traditionnel à la fois. Ce côté transe, très sorcier. Quand j’étais DJ, un de mes disques préférés.

Léo Ferré La Compile. Je l’écoute de plus en plus. Il a une écriture d’une modernité inégalée. Dans le genre chanson française, c’est le maître.

Georges Brassens L’intégrale. Le plus punk de tous. Ses textes sont d’une méchanceté et d’une justesse… Affolant!

Marvin Gaye What’s Goin’ On. Pour la classe. Comment veux-tu habiller un mec qui est déjà si bien costumé? Pas besoin de nœud pap’, ce type, c’est un smoking!

The Clash L’Essentiel. Mes premières vacances? Les Clash, c’est tout ça et bien plus. Joe Strummer est resté un type avec la rage et sans concession, malgré les dangers du métier.

Jimi Hendrix Are You Experienced? L’équivalent de Shakespeare! Il est même au-dessus de Mozart. Hendrix, c’est la terre, le feu et l’eau… Et s’il y en a un pas loin, c’est Django.

Paru en 2004 dans Vibrations

ALBUM

Rachid Taha, Diwan 2 (Barclay/Universal)

SITES

CONCERTS

  • 25/5: Montpellier
  • 26/5: Villenave d’Oron
  • 9/6: Grenoble
  • 15/6: Port de Bouc
  • 30/6: Bruxelles
  • 24/7: Nyon (Suisse)
  • 25/7: Lure
  • 3/8: Port Leucate
  • 1/9: Charleville Mezière
  • 2/11: Saint Lo
  • 9/11: Strasbourg
  • 14/11: Paris, Olympia
  • 20/11: Rennes

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reggae: Manjul, un long fleuve tranquille

C’est au cœur de Bamako que l’enfant de Barbès et du dub a installé son studio. Le reggaeman est en concert en France: cinq fois deux places à gagner pour sa prestation à Paris

“Il y a un tas de signes biologiques qui devaient m’emmener au Mali, de Marcus Garvey à ma femme.” Avec ses enfants, Manjul s’est installé dans l’ocre capitale en 2001. “Si l’on considère la culture musicale africaine comme un long fleuve, le reggae est un bras qui s’est écarté. Moi, je représente un cours d’eau qui retrouve plus loin le lit du fleuve. Je suis désormais à la confluence.”

Aux murs de sa maison qui abrite son studio bibliquement baptisé Humble Ark trônent les psaumes et icônes rastafari. Lui avoue un culte au Dub To Africa de Prince Far I. Voilà pourquoi il a dénommé ses disques enregistrés ici Dub To Mali. “Le premier témoignait de la rencontre avec l’empire des sons mandingues. Le second navigue dans des eaux plus profondes. Je ne veux ni faire de la musique malienne ni du reggae roots, juste créer une nouvelle forme.” Sur ses riddims, il invite quelques belles voix du coin, dont Adama Yalomba, pour valoriser des textes “conscients”: “Jahtiguiya, le titre de l’album, évoque la grande tradition de l’hospitalité malienne, de la vie sociale et de la responsabilité collective.”

Manjul a développé son propre label, peuplé des nombreux artistes du giron reggae qui viennent de toute l’Afrique de l’Ouest pour vivre plus à la coule dans la rurale Bamako. Deux de ses protégés, Bishop et Takana Zion, présents sur son disque, sont d’ores et déjà annoncés pour ce printemps sur Makasound.

ALBUM

  • Manjul, Jahtiguiya (Humble Arc)

CONCERTS

SITE

CONCOURS

Pour gagner une fois deux invitations pour le concert de Manjul le 30 mai au Glaz’art de Paris, envoyez-nous un mail avec vos nom, prénom et adresse postale à concours@vibrations.ch. Merci de rappeler “Manjul” dans l’intitulé du message.

Les gagnants seront avertis par email.

Le concours est fermé

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Pharoah Sanders

Depuis plus de quarante ans, le saxophoniste biberonné à “Love Supreme” est l’icône ultime du jazz spirituel. “C’est une sélection pour me relaxer pendant mes vacances sur mon île déserte…” Jazz, soul, funk, rap et alentours


Carlos Salzedo Variations On A Theme In The Ancient Style. De la harpe italienne. Cela me repose l’esprit et me fait souvent planer.

Thelonious Monk Monk’s Music. Je choisis ce disque, mais j’aurais pu en prendre bien d’autres. C’est le pianiste le plus détendu que j’aie eu l’occasion d’entendre.

James Brown Soul On Top.
Histoire de ne pas oublier que celui que l’on appelle le parrain de la soul fut aussi un homme du jazz.

Hampton Hawes All Night Session! Une série de séances d’anthologie de ce pianiste, juste avant sa descente aux enfers.

Sonny Rollins Way Out West. Voilà un monsieur essentiel pour qui aime le jazz et le saxophone. Pourquoi cet album ? Pour le chapeau de cow-boy de la pochette!

McCoy Tyner Sahara. Le plus bel album du pianiste de John Coltrane. De la musique dans chaque doigt!

Nat King Cole N’importe quel disque. Comme beaucoup de gens de ma génération, j’ai grandi avec lui. Assis au piano ou derrière le micro, c’est toujours une source d’émerveillement.

Prince Sign O The Times. Un très grand musicien qui a réussi à réaliser une synthèse extravagante de toutes les musiques noires-américaines.

Snoop Doggy Dogg. Je ne sais pas quel disque, mais tout ce que je sais, c’est qu’il peut vraiment me faire rire!

Kenny Baron Invitation. Un pianiste discret, mais un accompagnateur essentiel. J’aurais pu aussi mentionner William Henderson.

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ALBUM

  • Kenny Garrett (avec Pharoah Sanders), Beyond The Wall (Nonesuch)

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festival: “La voix est libre” sur le bel archipel de la créolisation

EDOUARD GLISSANT PHOTO: J SASSIER

L’événement parisien, avant la musique de David Murray et Nathalie Natiembé, invite, demain, celle des mots du chantre du Tout-Monde, Edouard Glissant

Après une interruption de deux ans, Jazz Nomades réinvestit les Bouffes du Nord, cadre idéal pour ce festival qui affiche ses ambitions dès les intitulés des trois soirées: Archipels, L’heure des contes et Hors-chant.

Les premiers ébats devraient d’emblée mettre tout le monde raccord pour la suite de cette programmation où se mêleront mots dits et élans instantanés, furieux tambours de bouche et bonnes prises de tête. Qui mieux que le chantre du Tout-Monde, Edouard Glissant, pour entrer dans le vif du sujet en invitant à entendre la parole de l’autre dans toutes ses différences et connivences? C’est à lui que l’on doit la “créolisation”, vision du monde qui renvoie à leurs chères études les prophètes de la mondialisation. “La totalité n’est pas ce qu’on a dit être l’universel. Elle est la quantité finie et réalisée de l’infini détail du réel. Et qui, d’être au détail, n’est pas totalitaire.” Point d’uniformité à l’horizon, mais bel et bien un réseau de rhizomes où s’épanouissent des idées multiples. “La pensée archipélique convient à l’allure de nos mondes. Elle en emprunte l’ambigu, le fragile, le dérivé. Elle consent à la pratique du détour, qui n’est pas fuite ni renoncement.”

A partir du grand livre publié chez Gallimard, passons donc aux travaux pratiques, en musique. Soit un quartet qui unit le temps de l’inouï inédit les pleurs cadencés de la chanteuse réunionnaise Nathalie Nathiembé et le cri du saxophoniste américain David Murray, boostées par la batterie d’ustensiles de Denis Charolles et les percussions à vif de Sammy Pageaux. On ne pouvait rêver meilleure mise en bouche pour enjamber les œillères.

FESTIVAL

  • La voix est libre, 5, 7-8/5: Paris, Théâtre des Bouffes du Nord

  • 5/5: Edouard Glissant; Nathalie Natiembé en création avec David Murray, Denis Charolles, Sammy Pageaux; Daniel Waro & Titi Robin (…).

  • 7/5: Grand Corps Malade & Hocine Ben; Serge Teyssot-Gay et Fred Nevchehirlian; André Minvielle et Lionel Suarez; Assif Tsahar, Cooper Moore, Chad Taylor (…).

  • 8/5: Bernard Lubat, Benat Achiary, Médéric Collignon, Ramon Lopez; Fred Le Junter; Le Cabaret des musiques à ouïre (…).

LIVRE

  • Edouard Glissant, Une nouvelle région du monde (Esthétique 1), Gallimard, Paris, 2006.

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Angélique Kidjo

La chanteuse Béninoise est de retour avec Djin Djin, où, entre reprises et originaux, elle multiplie des invitations, aussi variées que sa playlist: de Carlos Santana à Ziggy Marley, de Joss Stone à Peter Gabriel, d’Alicia Keys associée à Branford Marsalis à Amadou et Mariam

Salif Keita Soro. Ce disque est magnifique car il arrive à marier la tradition et la modernité autour de la voix de Salif.

Youssou N’Dour Set. C’est mon album de Youssou préféré : on y trouve tellement de couleurs différentes mais aussi une énergie incroyable.

Monte, Antunes et Brown Tribalistas. Cette collaboration de trois grands artistes brésiliens a produit des chansons si simples et si mélodiques. Leurs talents ne s’additionnent pas: ils se multiplient!

Celia Cruz-Johnny Pacheco Celia & Johnny. Celia Cruz utilisait sa voix comme un instrument, comme un instrument de percussion. Elle reste l’une de mes influences principales.

Stevie Wonder Songs In The Key Of Life. Chaque chanson est un bijou. Combien d’albums contiennent autant de chansons qui ont changé la musique de leur temps?

James Brown Star Time. Il y a dans cette compilation tous mes morceaux favoris de James Brown: je ne peux pas vivre sans sa musique!

Miriam Makeba Africa. Ces enregistrements datent des années 60: ils sont si dépouillés et si puissants. C’est en écoutant Miriam que j’ai décidé de devenir chanteuse.

Miles Davis Kind Of Blue. Je connais par coeur toutes les notes de ce disque! Les personnalités de chaque musicien s’expriment pleinement et créent une atmosphère et un son unique.

Antonio Carlos Jobim - Elis Regina Elis & Tom. Elis est une de mes chanteuses favorites et Carlos Jobim un de mes compositeurs préférés. Leur collaboration est si touchante, leur musique est si sophistiquée mais si émouvante.

Bob Marley Legend Bob Marley a accompli ce miracle: marier une chanson politique et poétique en même temps. Chaque arrangement est un chef-d’oeuvre!

ALBUM

  • Angélique Kidjo, Djin Djin (EMI)

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Feist

PHOTO: MARY ROZZI

La Canadienne revient cette semaine avec un deuxième album, The Reminder, qui fait honneur à une patte personnelle autant qu’à des goûts sûrs. Ses dix disques favoris rendent compte d’un univers qui trouve sa cohérence entre douceur soul et envies d’ailleurs


The Cure Kiss Me Kiss Me Kiss Me. Je l’ai volé à la bibliothèque municipale quand j’avais douze ans et je n’ai pas arrêté de l’écouter pendant dix ans. Un torrent de souvenirs d’enfance très importants pour moi en surgit.

Mocky Are And Be. C’est un appel venu de l’underground qui fait du plein avec le vide et pousse à danser et à se réunir.

Marvin Gaye Here, My Dear. C’est l’ultime album sur les relations amoureuses. Aussi doux que la première fois que tu rencontres l’amour, aussi amer que la dernière.

Etta James The Sweetest Peach. Elle débute seule pour déchirer cette ballade, puis invite tout le monde sur les tables. On croit à la moindre de ses syllabes.

The Apostle Of Hustle Gleaning. Mon disque préféré depuis longtemps, sorte de rencontre entre Barcelone et La Havane. Comme quelque chose venant du plus profond de ton corps, suivant le rythme du pouls quand tu dors ou quand tu te bats.

The American Folk Anthology Des photographies sonores… Après une dure journée de travail, des chaises qui grincent et des vieux qui chantent et jouent sur des instruments faits maison.

Pretenders The Best Of. Chrissie Hynde n’a pas besoin d’explication.

The Constantines Shine A Light. Bry Webb est le meilleur chanteur sur terre. J’ai écrit la chanson “Let It Die” en songeant à un duo avec lui qui ne s’est malheureusement pas fait.

Gonzales Solo Piano. C’est le croisement entre les compositeurs français impressionnistes (Ravel), la soul du piano américain (Nina Simone) et le piano désaccordé des films muets.

Juana Molina Segundo. Comment sonne une fille avec un quatre-pistes en Amérique du Sud.

Publié en 2004 dans le magazine Vibrations

A LIRE

ALBUM

  • Feist, The Reminder (Polydor/Universal)

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Amon Tobin

Le plus brésilien des producteurs londoniens vient de signer un nouvel ovni, qui survole le bruitisme. L’occasion de vérifier quelles influences planent au-dessus de lui: de l’électro, un peu, mais aussi du très bon hip hop, et des ambiances…

Shalimar Bollywood Soundtrack. Pour moi, ce n’est pas du tout kitsch. Je préfère ces musiques de film à pas mal de productions asian-beat, prétendument plus créatives.

Duke Ellington Caravan. Toute la classe du jazz tient dans ce titre et dans ce musicien. Une source de jouvence et l’occasion de voyager dans le temps et dans l’espace en restant chez soi. A la fois terriblement moderne et tellement classique.

Funki Porcini Headphone Sex. J’aime tout de Funki Porcini, mais ce disque-là est pour moi un classique, un truc de dingue que je joue régulièrement, même en fonds sonore. Fantastique.

Scott Walker Scott 4. Tout spécialement pour le thème «Old’s Man Back Again». Juste pour me faire sourire, pour ce côté légèrement déglingué. Mais aussi pour la qualité de la production, massive et subtile à l’image des cordes.

Ennio Morricone The Good, The Bad & The Ugly. J’adore l’univers ouvert des bandes originales et dans le style, celle-ci est un monument. La mélodie entêtante «The Ecstasy Of Gold», la petite musique qui accompagne la formidable scène finale… Un grand moment de cinéma et de musique.

Public Enemy It Takes A Nation Of Millions To Hold Us Back. Leur deuxième album, mon préféré. Il y a une dynamique, un mur du son impressionnant. Chuck D et Flavor Flav, une union incroyable! C’est une galette de ma collection qui a beaucoup tourné quand j’avais 15-20 ans. Mais je prends encore du plaisir à l’écouter aujourd’hui.

EPMD Stricktly Business. Un disque de chevet, qui à mon sens résume tout ce qu’est le hip hop. EPMD, c’est la prééminence du style… La classe.

Al Nafish Hamish. Un titre électro des années 80. Un simple synthé, un rythme basique, un son pas très élaboré, une musique très brute, mais quel résultat!

Batucada Fantastica. J’aurais pu choisir des albums de Jobim. Mais ce vieux disque consacré aux écoles de samba est une leçon de musiques, où chaque titre met l’accent sur un instrument, et par dessus, il y a toujours un son puissant, une lame de fond à laquelle tu ne peux échapper.

Bogdan Rozavski The Wild Bull. Un inconnu, mais un visionnaire des années 70. Toute la musique électronique est là. Mais pour le trouver…

Publié en novembre 2002 dans le numéro 48 de Vibrations.

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ALBUM

  • Amon Tobin, The Foley Room (Ninja Tune)

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Troublemakers

troublemakers

La paire de DJ marseillais sort ces jours sa playlist rêvée sur CD: l’occasion de revenir à celle qui était proposée en 2003 à Vibrations… Une sélection contrastée qui va plus chercher du côté des essentiels que des plaisirs que retracent leur nouvelle apparition discographique

Moondog The Story Of Moondog. Electron libre, extraterrestre et initiateur de mouvements tels que le minimalisme. Et en plus il a croisé Charlie Parker, John Coltrane et Charles Mingus. On a eu la chance d’assister à son dernier concert, à Arles.

Dr John The Night Tripper Gris-Gris. Encore un iconoclaste. Un des rares musiciens blancs de blues qui ressemblent à ses pères noirs. On aime son mysticisme vaudou que l’on retrouve sur un autre album, Babylon.

Gill Scott-Heron/Brian Jackson First Minute In A New Day. Un personnage sulfureux, des textes engagés… Gill Scott-Heron est le père du mouvement hip hop avec les Last Poets. On pourrait aussi saluer son investissement pour le label Flying Dutchman.

James Brown The Payback Presents Mind Power. Même si les textes sont moins engagés, la transe funky qui se dégage de cet album est imparable. Avec George Clinton et Sly Stone, ils forment la pierre angulaire du funk.

Ennio Morricone Una Lucertola Con la Pelle Di Dona. Un savant mélange de musiques atonales et de swing binaire. Morricone est un bourreau de travail… Rien à jeter, avec une préférence pour la période 68/73.

Ultra Magnetic MC’s Critical Beatdown. Un obsédé sexuel prolixe aux commandes. C’est le groupe référent de Public Enemy et autres Gangstarr (ou gangsters).

François de Roubaix Musiques de films Vol 1/2/3. Une étoile filante, sous-estimée, dont les quelques rééditions ne donnent pas la pleine mesure de l’œuvre de ce génie.

Thelonious Monk Straight No Chaser Live In Amsterdam 1966. La folie au service de la création d’un chef-d’œuvre intemporel. Et quel jeu, unique !

The Beatles Abbey Road. La modernité du son, les mélodies: comme pour la nouvelle vague, il y a une idée par plan.

DJ Shadow Entroducing. L’âge d’or de la musique électronique avec le label Mo’wax et la regrettée Funk Mob. Une musicalité rarement égalée, ou comment faire groover un sampleur.

Publié en février 2003 dans le numéro 50 de Vibrations.

ALBUM

  • Troublemakers, My Playlist (Wagram)

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John Scofield

john scofield

PHOTO: JASON TANAKA BLANEY

Dix ans après A Gogo, le guitariste repart avec le trio Martin Medeski & Wood pour l’album Out Louder, jazz mâtiné de soul et funk épicé de reprises. Un régal pour les amateurs de galettes groove

Igor Stravinsky Le Sacre du printemps. N’importe quelle version. Le zénith de la musique orchestrale occidentale.

John Coltrane Coltrane. Ce quartet-là est mon groupe favori. Le meilleur de tous les temps, tout comme cette musique représente bien plus que simplement le jazz…

James Brown Star Time.
C’est la bombe, avec monsieur Dynamite à son sommet!

Miles Davis Sorcerer. Je pense que cet album est le point culminant de l’évolution du jazz swing. Une histoire qui commence dans les années 1920 et se termine ici.

BB King Live At The Regal. Voilà ce qui m’a fait commencé à vouloir devenir un guitariste soliste. Je l’ai écouté pour la première fois à treize ans, et aujourd’hui il sonne encore mieux qu’à l’époque.

Jim Hall et Bill Evans Intermodulation. J’avais quinze ans quand je suis tombé dessus. Cela pourrait sembler totalement à l’opposé de BB King, mais moi je les aime tout autant. Plus que le jeu formidable qui est déployé, ce disque parvient à retranscrire une atmosphère qui dépasse les mots, même si beaucoup ont essayé de la nommer…

Bud Powell The Bud Powell Trio. J’aime Charlie Parker et Dizzy Gillespie, mais dernièrement Bud Powell est le musicien de bebop qui m’intéresse le plus.

Compilation When Gospel Was Gospel Si vous aimez la soul, tout est là… et même plus. C’est vraiment le truc! Le gospel est à la base de tout et cette fantastique sélection de Shanachie Records propose des versions mortelles avec la plupart des meilleurs artistes du genre.

George Jones Greatest Hits. La country peut être une musique très profonde. Vraiment. Ecoutez-ça.

The Beatles Revolver. Souvenirs d’adolescence. La bande-son de ma jeunesse… Un classique.

ALBUM

  • Medeski, Scofield, Martin & Wood, Out Louder (Indirecto Records/Universal)

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world: Rachid Taha, l’ultime rocker de France

Hier soir, premier concert de la tournée de Rachid Taha. Vibrations y était.

“Voilà, voilà que ça recommence… Je croyais que c’était fini, mais non, non, ce n’était qu’un répit”. Tout a débuté pied au plancher. Pas de retard ni de première partie. “Ecoute-moi Camarade” sonne rauque, tout d’un bloc. Suivi de tous les autres classiques de son répertoire, de “Barbès” à “Douce France”, où le chanteur s’étonne encore de voir le public français ne pas connaître ses classiques. “Rock El Casbah” survolté comme un bon vieux pogo et “Ya Rayah” font chalouper les pieds et chavirer les têtes ; Tékitoi ?” est expédié en duo, et “Agatha” rend un hommage appuyé au signataire Francis Bebey.

Un bon tour de chauffe avant de faire tourner du Nord au Sud sa douce transe, deux heures de show bouillant devant un Bataclan qui affiche complet. Entouré de ses fidèles acolytes, tous de noir vêtus, Rachid Taha bombe le torse, tombe la veste et mouille la chemise, motivé ça va sans dire, non sans rire. Vanne entre deux titres sur Faudel, saillie sur les sanglantes infos, quelques non dits aussi entre les lignes.

Il peut sourire. Le public est à l’image de ses rêves créolisés: de toutes les couleurs et origines sociales. Des filles délurées et des dames de bonne famille, des bientôt retraités et des futurs jeunes premiers, tous unis autour d’un son qui un jour fera masse. Classe intégrale et respect total pour l’ultime rocker de France. A l’heure du rappel, un virage relevé de beats technoïdes sur fond de senteurs épicées. Avant qu’un ami dans la confidence ne me glisse : “En ce moment, Rachid bosse sur du rockabilly version Françarabe.”

VIDEO

  • “Ecoute-moi Camarade”, version scopitone

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world: le folklore imaginaire de Hradcãny & Bijan Chemirani

Hradcany

PHOTO BRICE PELLESCHI

Trois chercheurs de sons invitent l’un des grands héritiers de la tradition iranienne. Un grand disque.

Créé il y a quatre ans, Hradcãny est constitué du trompettiste Serge Adam, fondateur du Label Quoi de Neuf Docteur connecté aux nouvelles technologies, du saxophoniste Philippe Botta, dont le travail et la carrière sont à la croisée des musiques improvisées européennes et des traditions plus au sud, et David Venitucci, surdoué de l’accordéon qu’il pratique en tout type de contextes.

A ce trio viennent désormais s’ajouter les percussions de Bijan Chemirani, porteur d’un legs séculaire mais toujours prompt à mener des expériences et rencontres. C’est tous ces patrimoines qu’ils mêlent et projettent dans un ensemble de mélodies qui cheminent du côté des danses et musiques d’Europe de l’Est et de Turquie. Pour concocter un folklore imaginaire aussi inventif que festif, avec quelques pointes de mélancolie et beaucoup de notes d’humour entre les lignes virtuoses.

DOWNLOAD

  • “Trifonov Markets Place”

REFERENCE

  • Hradcãny & Bijan Chemirani, Balkanic Jazz (Buda Musique)

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Erik Truffaz

erik truffaz

Le trompettiste sort ces jours Arkangelsk, son premier album avec des chanteurs. Son choix de disques? une sélection «entre les couleurs du silence et l’énergie du son».

Anja Garbarek Smiling And Waving. Sur le cul! Des rythmes électroniques filtrés, un orchestre de chambre qui intervient avec parcimonie, Robert Wyatt sur un morceau, tout est beau. Le genre d’album que j’aurais rêvé de faire.

Jon Hassell Fascinoma. Il y a une ambiance merveilleuse: les arrangements de Ry Cooder, la version de «Caravan», l’intro en duo avec le flûtiste. On confond leurs sons tellement Hassell joue épais, mais fluide.

Anouar Brahem Contes de l’incroyable amour. L’un de mes disques de chevet, de ceux qui colorent le silence. Il l’a fait dans la douleur, ne comprenant rien à ce que disait le clarinettiste turc et [le producteur Manfred] Eicher ne favorisant pas l’ambiance.

Hariprasad Chaurasia Ragga de nuit. Jon Hassell a dû écouter ce genre de choses. Il y a aussi des live fantastiques de Chaurasia. Voilà le genre de musique que je prends lorsque je suis en tournée.

Peter Gabriel So. De la chanson pop, avec un énorme son, beaucoup d’énergie et de sensibilité, des thèmes merveilleux… La classe, quoi!

Stevie Wonder Songs In The Key Of My Life. Pour les mélodies, les arrangements, la fraîcheur trente ans après. Un classique d’un type de musique.

D’Angelo Voodoo. Dans le style funk et R’n'B, basé sur l’énergie et la recherche de son. Des grooves décalés, une référence au gospel, un disque très noir, «black religieux».

Miles Davis Milestone. Energie et magie, dans un style hard bop. Avec les deux plus grands saxophonistes de l’histoire du jazz: Coltrane au ténor et Cannonball Adderley à l’alto. Rythmique impeccable, avec parfois cinq solos à la suite où tu ne t’emmerdes jamais.

Charles Mingus Ah Um. Un des albums de jazz où l’idée de composition est la plus aboutie. Ce pourrait être de la pop: tous les thèmes sont parfaitement écrits. D’ailleurs, Nougaro a racheté les droits d’une chanson.

Jimi Hendrix Electric Ladyland. Pour le son très brut, la matière des années rock. Un disque qui décape!

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REFERENCE

  • Erik Truffaz 4tet, Arkhangelsk (Blue Note)

Publié en décembre 2001 dans le numéro 40 de Vibrations

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Beans

IMageBeansIle

Le rapper new-yorkais, cofondateur de la confrérie Anti-pop Consortium, célèbre ses classiques jazz, funk, hip hop et électro.

Sun Ra Cosmic Tones For Mental Therapy. Un personnage unique qui m’a beaucoup influencé. Je vois un parallèle entre ce qu’il a apporté au jazz et ce que j’essaie de proposer au hip hop.

Public Enemy It Takes A Nation Of Millions To Hold Us Back. Le disque le plus expérimental du hip hop. Dans le fond mais aussi dans la forme, tout est visionnaire.

Miles Davis Get Up With It. Phénoménal. Miles a rencontré le succès sans céder une once de sa personnalité. C’est ce que j’appelle un classique définitif: un artiste capable de réunir sous son nom les avant-garde et la tradition.

Raekwon Only Built For Cuban Links. Avec le premier opus de GhostFace Killah, le meilleur disque du Wu-Tang Clan. Des textes extrêmement abstraits sur des beats puissamment hardcore. L’objet idéal pour toucher à la fois la base et l’avant-garde.

Add N To X Avant Hard. Avant de devenir leur ami, j’étais fan de leurs productions. Une musique électronique reste un véritable phare, éclairant tous les autres artistes.

Autechre Draft 7.30. Le mix ultime entre l’électronique et le hip hop, sur Warp, label étendard. Imparable !

Just Ice Cold Gettin Dumb. L’un des rois des beats, en lien avec Mantronix. Le son à l’état brut et un pur objet de collection.

Freestyle Fellowship To Whom It May Concern et Innercity Griots. Ces deux albums m’ont ouvert la tête, j’y ai entrevu d’énormes possibilités pour le traitement des voix. Leurs textes étaient spécifiques, très ancrés dans la réalités, et leurs phrasés improvisés. Des modèles.

Lambert Hendrix Ross Compilation. Les mêmes qualités que les Freestyle Fellowship, mais cette fois dans le jazz. On appelle leur style le vocalese. Une manière de faire swinguer le verbe au service de superbes chansons.

Funkadelic Maggot Brain. La première période ce groupe dirigé par George Clinton est celle que je préfère. Ils sont déjà un peu déjantés, mais encore totalement en place.

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www.adoredandexploited.com

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  • Beans, Shock City Maverick (Warp)

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Philippe Katerine

PhotoPhKaterine

L’artiste le plus rock’n'roll de la chanson française nous livre «plutôt des disques du moment».

Volume Courbe I Killed My Best Friend. Il y a de plus en plus d’enregistrements bruts alors que les moyens sont de plus en plus sophistiqués. C’est une idée qui me plaît.

Bix Beiderbecke Best Of.

Suite à une blessure, je me suis retrouvé dans une maison de repos. Quand je contemplais les déambulations des pensionnaires, j’écoutais ce sale type, et ça me faisait le plus grand bien.

Charlotte Gainsbourg 5.55. Je suis fan de Air… Il leur manquait une présence permanente. Là ils ont trouvé la chanteuse qui colle parfaitement.

Damien La mort du disque. En écoutant des disques avec Pierre Bondu, celui-ci nous a mis en joie. C’est très osé : il chante en japonais, il imite Gainsbourg…

Outkast Idlewild. La B.O. du film dans lequel ces nouveaux Beatles jouent. Un heureux mélange des années 30 et du hip hop.

Mikado Best Of. Un duo des années 80, avec des chansons qui ressemblent aux faux coquillages que l’on pose au bord de la baignoire.

Mr Oizo Moustache (Half A Scissor). Un disque de machines, très extrême. Comme une musique de jeux vidéo qui ne propose jamais de solution. Une vision unique.

Satyajit Ray B.O. de Visiteur. Cette musique est très liée à mon appartement. Comme si elle avait été conçue pour que je puisse y circuler toute la journée.

Les Double Six Double Six. La musique comme un sport. Chez eux, cela devient une activité saine : un entretien physique et cérébral. De la belle hygiène.

Pharell In My Mind. La voix rappelle Michael Jackson, en plus rude. Et moi, cela me rappelle ma fille avec laquelle j’ai su apprécier cette musique. Il faut toujours trouver la bonne personne. Sauf pour Sardou.

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  • Philippe Katerine, Robots après tout (Rosebud/Barclay)

Publié en octobre 2006 dans le numéro 87 de Vibrations

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M

M

PHOTO: CLAUDE GASSIAN

Des classique, des belles pochettes, ses parrains, des guitaristes: les albums préférés de Mathieu Chedid

Jimi Hendrix Are You Experienced ? Ce n’est sans doute pas mon album préféré d’Hendrix - j’écoute aujourd’hui les faces plus mélodiques -, mais c’est celui qui est le plus important dans mon histoire personnelle.

The Beatles Sergeant Pepper’s. Avec son côté psyché et circus, sa pochette m’a vraiment nourri : cela a inspiré mon costume et mon personnage. C’est un disque symbole pour moi et en même temps, là encore, je préfère aujourd’hui Revolver

Paul McCartney Ram. Le deuxième disque solo, que j’ai découvert grâce à mon père qui est très «beatlesifié». Le comble de la mélodie et des arrangements.

Serge Gainsbourg Aux armes et caetera. Pour la production, fascinante. Un tel aboutissement est très rare en France. Gainsbourg est une référence récurrente, j’admire et j’écoute toutes les époques, même les années 80.

Louis Chedid Balbutiements. Son premier album. Le public connaît mal cette époque de mon père, très marquée par les seventies où il a une voix très aigüe.

Django Reinhardt Pêche à la mouche. Le jour, la nuit, l’humeur est toujours là… Cette musique m’a beaucoup accompagné. La vieille école du jazz, une certaine générosité et un vrai sens de la mélodie.

Charlie Christian Swing To Bop. Le guitariste à la racine de beaucoup de choses.

David Bowie Aladdin Sane. Un personnage, un univers. C’est comme Gainsbourg : il s’inspire des autres pour synthétiser une idée et l’amener vraiment plus loin. En plus, il a plutôt bien vieilli et continue malgré tout de chercher.

White Stripes Elephant. On pressent une vraie nouveauté dans ce côté passéiste, et puis j’aime bien l’idée des règles du jeu qu’ils se sont imposées. Ils sont deux, ils enregistrent sur un huit-pistes, à l’ancienne, sans re-re.

Radiohead Kid A. Je suis à la fois très impressionné et très dérouté par cette faculté de mêler le gracieux et l’expérimental. Mais surtout il y a une voix derrière tout ça, il y a une âme qui, comme toujours en musique, fait la différence.

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  • M, Qui de nous deux (Delabel/EMI)

Publié en mars 2004 dans le numéro 61 de Vibrations

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Juliette Gréco

Juliette Gréco

Ses voix, ses amis, ses amours, ses classiques…

Maria Callas La Traviata. Elle me bouleverse tout simplement. Sur disques et sur scène, moi qui ai eu la chance de la voir de nombreuses fois.

Miles Davis Sketches Of Spain. Parce que Miles. Nous étions tous les deux dans nos vingt ans et l’on a vécu quelque chose d’extraordinaire.

Jacques Brel Mathilde. Une des plus belles chansons d’amour qui soit. Dans toute son horreur. C’est donc superbe !

Serge Gainsbourg Tout. Comment choisir dans une telle oeuvre ? ! Il m’a écrit quelques fameux textes dont «La Javanaise», mais aussi «La Chanson de Prévert». Serge avait tous les talents.

Billie Holiday Tout. Quelques mots d’elle suffisent à changer la vie. L’icône de la femme : elle est morte comme ceux qui donnent tout jusqu’à se déposséder eux-mêmes.

Maurice Ravel Valse. Il a fait un pied de nez très drôle aux gens de son époque qu’il jugeait trop grandiloquents. Ah, ce nécessaire humour !

Claude Debussy La Mer. La magie faite musique. Il a beaucoup écrit de pièces magnifiques, mais celle-ci touche à l’essence de son auteur.

Wolfgang Amadeus Mozart Concertos pour piano. L’oeuvre tout entière de Mozart est passionnante. Mais j’ai un faible pour ces concertos qui peuvent sembler plus «légers».

Léo Ferré C’est extra. Quand on est dans l’état de la recevoir. C’est quand même une chanson d’une sensualité assez brûlante… «Cette touffe de noir, Jésus !»

Charles Trénet Tout. Notre papa à tous ! Quel sacré bonhomme. «J’ai ta main dans ma main», «Y a d’la joie», tout cela est sublime.

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Juliette Gréco, Le Temps D’une Chanson (Polydor/Universal)

Publié en décembre 2006 dans le numéro 89 de Vibrations

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