Auteur Vibrations

Hommage: John Barry


James Bond lui doit tout. Sans John Barry, 007 ne se serait pas sorti des situations impossibles avec autant d’élégance et d’insolence.

Mondain comme son héros, le compositeur a mené une existence de musicien pop dans le swinging London et écrit le générique d’«Amicalement Vôtre» avant d’être aspiré par Hollywood. Mais à l’image de l’espion de sa gracieuse majesté, il n’a jamais retrouvé la forme qui était la sienne dans les années 60. Cela n’a pas empêché plusieurs génération de mélomanes de vouer un culte au compositeur récemment disparu.

Ce n’est plus de fardeau, ni même de boulet qu’il faut parler. De tatouage plutôt, d’un emblème qui colle à la peau, symbole d’une époque révolue mais ô combien vivace. John Barry est Monsieur «James Bond Theme». Ces quelques trois notes égrenées par une guitare ont fait le tour du monde. Jerry Dammers (The Specials) ou John Zorn, pour ne citer que les plus méritoires, en ont offert leur version. Standard parmi les standards de la musique de film, ce morceau est la pierre de fondation de la carrière de John Barry. Peu importe finalement que l’auteur officiel de ce thème soit un certain Monty Norman. Barry, alors arrangeur dans l’ombre, n’a jamais voulu polémiquer sur ce sujet. Qui a véritablement composé? «Ce n’est pas un hasard si United Artists m’a confié par la suite la bande son de dix films de James Bond.», se contente-t-il de répondre avec malice. De toute façon, c’est bien son nom qu’on identifie immédiatement au fameux thème de Dr No sorti en 1963.

» LIRE LA SUITE DE L’ARTICLE

Festival: Olivier Forest, Filmer La Musique


« Filmer la musique ». Derrière cet intitulé se cache un festival parisien passionné et passionnant sur l’art et la manière de confronter image et son. Documentaires pointus, portraits, archives, captations live, vidéos expérimentales… Des ghettos de Kingston à la no wave new-yorkaise, FLM nous en met plein la vue, loin des clichés du film rock.

Olivier Forest, fondateur du festival avec Eric Daviron, présente cette quatrième édition, organisée au Point FMR du mardi 8 au dimanche 13 juin.

Q : Comment est née l’idée du festival il y a quatre ans ?

Olivier Forest : Le déclic s’est produit à New York, où on est tombé sur un vidéoclub démentiel plein de films pirates, d’émissions TV, de clips, de séries B… On a aussi vu une exposition organisée par Kim Gordon de Sonic Youth qui mêlait la photo, l’art contemporain, les performances musicales. Nous avons voulu faire un festival hybride, décloisonné, qui mélange plein de formes différentes.

» LIRE LA SUITE DE L’INTERVIEW

Tags: , , ,

Foot: RED, une bande-son à contrepied


En plein Mondial, c’est un match de football mythique que l’inclassable RED se propose de rejouer sur scène. Soit « Séville 82 », un TV-concert osé sur cette demi-finale de la Coupe du monde espagnole entre l’Allemagne de Rummenigge et la France de Platini que nombre de quadragénaires évoquent encore aujourd’hui avec nostalgie.

1-1 au bout de 90 minutes, 3-3 après 120 minutes et la RFA qui l’emporte 5-4 aux tirs au but non sans avoir laissé sur le carreau, gisant sur une civière, le défenseur Patrick Battiston. De cette bataille épique, RED, alias Olivier Lambin, a conservé une heure d’images remontées. Dix minutes de chaque mi-temps, puis les prolongations et penalties.

Depuis son hommage hanté à Leonard Cohen (« Songs From a Room »), on savait RED adepte du décalage et de l’artisanat. Entouré de Philippe Tessier (saxophone, machines) et de Tonio Marinescu (batterie), il s’est donc régalé devant ces images rugueuses d’époque, loin des réalisations léchées d’aujourd’hui.

« C’est la télé en 1982, avec quatre caméras seulement, ce qui donne un cachet intéressant, un côté folklore. Mais ce qui m’intéresse le plus, c’est la tragédie du match. Il y a une vraie tension en permanence. » Ce que traduit son blues-folk inquiétant assiégé de sons électroniques. « On a beaucoup travaillé sur les ambiances, les moments de joie, les moments difficiles. Jusqu’à l’accident de Battiston où on bascule dans le free-jazz. »

Le projet, mené parallèlement à la sortie d’un nouvel album chez Clapping Music, voyagera cet été dans une quinzaine de villes.

CONCERTS

  • 25.06.10 Festival Les Art Borescences / Mayenne
  • 26.06.10 Les Excentriques / Mainvilliers
  • 27.06.10 Festival National de Bellac / Bellac
  • 05.07.10 Dynamo des Banlieues Bleues / Pantin
  • 08.07.10 Les Tombées de la Nuit /Rennes
  • 09.07.10 Les Tombées de la Nuit / Rennes
  • 16.07.10 Festival Natala / Colmar
  • 17.07.10 Scènes Occupation / Dijon
  • 21.07.10 Festival Cabaret Frappé / Grenoble
  • 25.07.10 Esplanade /Cap breton
  • 28.08.10 Festiv’Halles / Questembert
  • 10.09.10 Festival Radar - Le Grand Mix / Tourcoing
  • 25.09.10 L’Ile D’Yeu / L’Ile D’Yeu
  • 17.12.10 Le Florida / Agen, Aquitaine

Tags: , ,

vidéo: Nortec Collective, Tijuana beat

La bande mexicaine envisage les cuivres et l’accordéon norteno à l’aune de l’électro minimale: une redoutable machine dancefloor

Le mix nortec prend de l’ampleur. Croisés au Batofar de Paris il y a cinq ans, les agitateurs techno-trad de Tijuana, (musiciens, DJs, graphistes) proposaient un mélange inédit d’électro et de musique traditionnelle du nord du Mexique dans leur Tijuana Sessions, Vol 1. C’était une bonne idée, festive dans son essence, mais qui péchait encore par un côté artificiel et emprunté.

Cinq ans plus tard, digérant ses allers-retours constants avec le sud de la Californie (Beck leur a commandé un remix), le Nortec Collective est devenu une redoutable machine de dancefloor comme l’atteste le vol. 3. Le mix est plus sûr, les cuivres de la banda et l’accordéon du norteno s’intègrent mieux et forment même l’ossature du travail des Fussible, Bostich et autres Panoptica. Pepe Mogt, Ramon Amezcua ou Roberto Mendoza ont grandi avec l’électronique de Kraftwerk ou la new wave de Cabaret Voltaire. Ils avouent toujours aujourd’hui lorgner du côté de la scène minimale allemande. Ce n’est pas forcément évident à l’écoute des Tijuana Sessions Vol. 3 qui rappellent davantage le mix balkan-beat concocté par des DJ comme Shantel.

Leurs projets parallèles, en revanche, balayés de toute influence traditionnelle, s’avèrent plus décharnés, à l’instar des travaux d’un Murcof (alias Fernando Corona ou Terrestre chez le Nortec). Et valent pareillement le détour.

VIDEO (taille du fichier: 38 Mo)

  • “Tijuana Makes Me Happy”

ALBUM

  • Tijuana Sessions Vol. 3 (Nacional/Because)

SITE

Tags: , , ,

funk: James Chance, tranchant et sexuel

PHOTO: BENOÎT PEVERELLI

En concert hier à Paris et en tournée ces prochains jours, le James Brown blanc fait revivre le New York punk-funk débridé du début des années 80. Toujours d’actualité.

James Chance à Paris, c’est un peu l’occasion unique qui fait un peu peur. Qu’attendre aujourd’hui du héros du punk-funk new-yorkais, près de trente ans après la sortie de son incontournable manifeste Buy, qui porte si bien son nom? Héroïnomane notoire, James tiendra-t-il la distance, au tiers d’une tournée européenne qui l’a déjà conduit à Amsterdam ou Glasgow grâce à Disco Babel, une poignée de passionnés du vrai rock plantée à cheval entre Paris et Londres?

Ce soir, au Tryptique, devant 300 personnes, il a le visage un peu bouffi par les ans, les cheveux teints, mais le vilain de la no-wave porte beau, avec sa chemise à jabots et sa veste lamée or. Derrière, trois musiciens costauds, des Rennais qui font sonner impeccablement le groove atypique du James Brown blanc. Pas besoin d’intro, le set débute par une série de clusters sur un orgue criard. Verre d’alcool à la main, James est agité, “pas 100% bio”, constate un ami à mes côtés. Il ne saute plus en plein morceau sur une gueule dans le public qui ne lui revient pas, ou sur une fille qui lui plaît. Il ne se lance plus dans des impros longues et débridées sur son saxophone. De ce côté-là, c’est plutôt service minimum. Juste un “Shut up and let me work” balancé à un spectateur qui réclame son morceau.

Mais qu’importe, car il y a ce son, toujours aussi incroyable et novateur. Et cette voix, intacte après tant d’années, toujours aussi tranchante et sexuelle. Et le plaisir d’entendre des hymnes comme “Design To Kill” ou “Contort Yourself” en VO, entrecoupé d’un extrait d’un nouvel album, car James a de l’adrénaline en réserve. Le concert est court, cinquante minutes, mais le public, des ados rock fashion aux quinquas un brin nostalgiques (Agnes B est dans la salle…), partage le même sentiment satisfait d’avoir vu passer un phénomène.

ALBUMS

  • James Chance, Buy (Ze Records)
  • James Chance, Irresistible Impulse (Tiger Style)

SITES

CONCERTS

  • 4/5: Allaire, Salle du Temps Libre
  • 5/5: Brest, La Carène
  • 6/5: Langonnet, La Grande Boutique
  • 8/5: Genève, La Cave 12
  • 9/5: Marseille, Montevideo

VIDEO

Back in the 80’s: James Chance interprète “I Can’t Stand Myself” dans un petit club new-yorkais

Tags: , , ,





Archives