Hier soir, devant une salle comble, Santogold surprend le public au terme d’un concert londonien rondement mené
Difficile de se frayer un chemin dans cette salle surbondée. On trouve tout de même une place de choix en nous encastrant dans un recoin improbable situé entre la sono et le balcon. Par chance, l’amphithéâtre de la Scala est suffisamment pentu pour offrir une vue enviable. Un vaste rideau d’or clôture la scène où un DJ débarque pour entamer un set paramétré, dans lequel les classiques funky sont alignés comme les perles sur un collier. Il sait amadouer le public british en faisant un grand écart scabreux de Dizzee Rascal à The Smiths.
Legging, veste à capuche dorée, lunette de soleil, Santi White allie le retrofuturisme de Barbarella à la prestance décontractée d’une diva soul. Entourée par deux choristes aux chorégraphies robotiques, chaque morceau est impeccablement interprété. Le public est emporté par ces beats lourds, cette présence enthousiaste et par l’atmosphère sereine que dégage cette performance à la fois spatiale et ambrée. L’émotion redouble lorsqu’elle entame Creator. Confettis, effets stroboscopiques et danses toujours plus exaltées, Santi semble à même de nous emmener vers d’autres galaxies.
Toutefois, le morceau à peine terminé, la petite troupe s’éclipse alors que la chanteuse n’a guère passé plus de 40 minutes sur scène. Le public, pris quelque peu au dépourvu, ne réagit pas immédiatement. Quelques acclamations, mêlées de protestations, surviennent, mais la diva ne reviendra pas faire un rappel. La lumière se rallume et, malgré cette prestation convaincante, on reste pantois après le passage de cette météorite qui nous laisse de la poudre dorée plein yeux.
CONCERTS
01/07/08 VisionAire Lacoste / Paris
05/07/08 Les Eurockeenes / Belfort
08/07/08 Montreux Jazz Festival (MDH Club) / Montreux
We Are… nous plonge tous les mois dans des univers où résonnent de vagues grésillements de pellicules
Le collectif WE ARE… présente un aperçu de son approche syncrétique grâce aux deux podcasts postés tous les mois sur leur website. Les deux DJ’s résidents, Paul Camo? et Lukid, et leurs invités composent ainsi des bandes-sons très cinématographiques qui subjugent par leur diversité et leur originalité. Ce mois-ci WE ARE… propose un mix traversé de quiétude de Domu et l’electro habitée de 2tall.
Avec Secousse, le duo de Radioclit dessine les nouvelles couleurs prises par la World music
Secousse est la nom des soirées organisées par Radioclit tous les mois au Notting Hill Arts Club. En proposant une programmation tropicale au sens large, le duo à créé une alternative aux routines de la club culture. En effet, comme le souligne Etienne Tron, “même si on reste fan de musique électronique, on cherchait à renouer avec quelque chose de plus chaleureux, de plus tropical.”
Le résultat se présente sous le forme de soirées dans lesquelles un effort particulier est apporté à la décoration. De plus, Radioclit profite de l’inépuisable réservoir offert par la scène world londonienne pour inviter des musiciens et des groupes généralement cantonnés dans des réseaux parallèles.Les deux Indiana Jones y proposent une sélection transculturelle de rythmes et de sons puisés aux quatre coins du monde ou dans les tréfonds d’internet. A titre d’exemple, ce mix qui donne un avant-goût des mutations qui secouent la world music actuellement.
Le site du trio de DJ’s new yorkais est un passage incontournable pour tout amateurs de old school
Dans la série “Portes ouvertes à Brooklyn”, les quatre membres de The Rub font fort en mettant en écoute une large sélection de leurs mixes. Parmi les différents programmes de leurs shows radiophoniques, on retrouve notamment leur fameuse “History of Hip Hop” qui retrace, chronologiquement et avec les tracklistings, tous les morceaux les plus marquants de 1979 à 1999.
En plus, leur site héberge une excellente sélection de remixes originaux qu’il est possible de télécharger. Sésame ouvre toi.
Un cours magistral du légendaire Steinski en download
En 1983, Steven Stein alias Steinski n’était plus un ado lorsqu’il gagna, avec son compère Double Dee, le premier prix d’un concours de remix organisé par le label Tommy Boy. Du jour au lendemain, le duo sera propulsé au statut de légendes locales. Depuis, “Lesson 1: The Payoff Mix”, ainsi que les mixtapes qui suiveront “Lesson 2: The James Brown Mix” ou “Lesson 3: The History Of Hip-Hop” sont devenus des références incontournables de la technique du cut’n'paste.
Plus de 25 après leur enregistrement, ses fameuses leçons n’ont pas été oubliées et ce statut de pionnier lui vaut encore une reconnaissance des plus grands turntablists du moment. À ce titre, Steinski n’en revient toujours pas de ce jour où DJ Shadow et Cut Chemist passèrent dans son studio et “prirent à tour de rôle des photos d’eux-mêmes en train de porter fièrement notre table de mix!”. Désormais, le bonhomme continue à professer ses collages sonores didactiques sur l’excellente station WFMU et un double CD retraçant ses 25 ans de carrière va sortir le 26 mai prochain.
Eli “Paperboy” Reed & The True Loves jouent la carte vintage de manière confondante
Dire que la similitude avec l’original est confondante reste un pléonasme à l’écoute Eli “Paperboy” Reed & The True Loves.
Il faut y regarder à deux fois pour s’assurer que le jeune américain n’est pas un contemporain des Sam Cooke, Otis Redding et autres Syl Johnson. Ce zélig de la soul a poussé le détail jusqu’au graphisme de la pochette qui imite à tel point le design 60’s qu’on a l’impression que même le carton semble d’époque.
Un effet mimétique grandement influencé par le fait que Eli Reed a grandi en écoutant la vaste collection de classiques soul, gospel et R&B de son paternel. Même s’il est loin d’avoir l’étoffe de ces illustres références, il faut avouer qu’on ne peut qu’être surpris par le brio perfectionniste de ce “Paperback” que certains voient déjà comme la version masculine d’Amy Winehouse.
En effet, pour ceux qui l’ignoraient, à la fin des années 90 avec Juan Atkins et Derrick May, ils furent étroitement associés à l’émergence de la première vague de la légendaire scène techno de Detroit en fondant le label KMS Records. Hormis quelques morceaux remarqués c’est surtout grâce à son projet Inner City, et son single Big Fun en 88, que Saunderson va déferler sur l’Europe durant l’effervescence causée par les montées d’acid house.
Des sirènes du succès qui n’ont pas empêché le producteur de continuer de faire évoluer le son qu’il a contribué à créer et diffusé. Pour preuve, ce set tout en basses profondes et enveloppantes proposées dans cet excellent podcast du DJ culte.
En rab, une petite tranche d’histoire sur le rôle décisif de ces quelques pionniers sur l’évolution de la club culture contemporaine. Une saga retracée dans cet excellent documentaire diffusé par Arte il y a plus de 10 ans.
Dans l’intimité de son Hotel Impala, le rappeur belge offre une belle leçon d’authenticité
Initialement membre du groupe Starflam, Baloji avouait suspendu sa carrière musicale il y a quelques années. Conscient que l’inspiration, l’innocence et surtout la passion s’étaient taries, le rapper avait préféré mettre sa carrière entre parenthèses.
Il y a quelques mois, le chanteur sortait un premier album solo hanté par la réapparition inopinée d’une mère perdue depuis l’enfance et le spectre de Marvin Gaye cheminant le long de la digue d’Ostende.
Traversé par des échos d’afro-beat, de soul et de musiques traditionnelles, Hôtel Impala conte les espoirs placés dans le Retour, tout en relevant les craintes de rejoindre sa terre et les siens. Un cheminement autobiographique, sur le fil du rasoir, qui laisse ressortir avec une belle acuité l’émotivité et les entraves d’un déraciné.
Bunny Rabbit et Black Cracker reviennent fredonner leurs comptines licencieuses sur fond d’électro
Drainées par le sillon causé par les CocoRosie, avec qui elles ont tourné l’an passé, Melisa Rincon, alias Bunny Rabbit et Celena Glenn, alias Black Cracker, se sont fait surtout connaître pour leurs performances à la fois théatrales et énergiques. Avec son style 50’s et sa peluche à la main, Bunny Rabbit joue les pin-up ingénues tout en martelant ses lyrics hard core. Sa compère, de son côté, incarnerait plutôt le gros nounours gangsta.
Les deux rappeuses se réapproprient certains clichés grâce à cet univers décalé dans lequel genres et couleurs se mélangent de manière plus ou moins harmonieuse. En jouant sur les contrastes, leur démarche est fondamentalement emprunte de revendications identitaires et incarne la direction prise par de nombreux projets musicaux actuels.
Les portugais du Buraka Som Sistema déclinent leur variante explosive du kuduro
Pionnier de la scène hip-hop portugaise, le Buraka Som Sistema a su imposer plus largement sa fusion unique de kuduro, grime et rap. Dans leurs concerts, les danses traditionnelles africaines sont reconsidérées dans une débauche d’énergie. Comme le signale Lil’ John, Buraka Som Sistema entend promulguer un message universaliste: “La seule chose qui nous importe en faisant de la musique est certainement d’éveiller une certaine conscience sur le reste du monde. De montrer que les rythmes les plus forts sont souvent cachés dans des coins reculés de notre planète”.
Le Hip-hop, la techno ou la drum’n'bass c’est très bien, mais cela ne signifie pas qu’il faut s’arrêter là”. Il en va de même pour la danse si on en croit cette vidéo saisissante, dans laquelle figure leur mentor M.I.A, filmée dans les rues de Luanda lors de leur voyage en Angola. A découvrir à Genève dans le cadre de la cinquième édition de Electron Festival où se produiront notamment
Pilooski, Rubin Steiner, Autechre ou Mochipet.
Les figures emblématiques du rock fusion en tournée
Au début des années 80, la scène rock californienne se renouvellait en profondeur grâce à l’émergence de ce qu’on a coutume d’appeler rock fusion ou tout simpement fusion. Intégrant des influences issues aussi bien du blues, du ska, de rap, du hard rock, du punk ou du funk, ce style allait culminer durant les années 90 avec les Red Hot Chili Peppers ou Rage Against The Machine.
Toutefois, durant la période embryonnaire de cette déferlante planétaire, la référence ultime de ce courant restait indiscutablement The Fishbone. Dans les clubs de Los Angeles, des groupes tels que les Red Hot ou No Doubt devaient encore se contenter d’ouvrir pour le charismatique Angelo et sa bande d’allumés.
Malgré un parcours plus qu’honorable, et notamment un gros succès en France, les Fishbone n’ont jamais véritablement abandonné les réseaux underground de leurs débuts. Toutefois, cet ostracisme n’a jamais entraver leur légendaire énergie sur scène. Fiers d’avoir su conserver leur fraîcheur ils n’hésitent pas arborer sur leur MySpace la mention : “Fishbone is Red Hot in 2008″.
Avec son second album, Rollie Pemberton continue son rôle de pionnier
En 2006, avec son premier album “Breaking Kayfabe”, Cadence Weapon créait une surprise ce projet ingénieux situé à mi-chemin entre hip-hop west coast, grime et electro. Une pure réussite qui lui a d’emblée valu une reconnaissance générale.
Rollie Pemberton, qui était notamment rédacteur pour le magazine Pitchfork Media, semble disposer du background suffisant pour pouvoir jouer avec les références en toute aisance. Ceci d’autant plus que son père, qui animait durant les années 80 le show “The Black Sound Experience” sur une station radio, est reconnu pour être un des pionniers de la scène hip-hop d’Edmonton.
Le rapper, âgé de 22 ans, revient cette année avec “Afterparty Babies” qui est directement inspiré par un été dilettante passé à Edmonton, la ville dont il est originaire. Entre quelques confidences, il propose son point de vue cinglant sur quelques excès de la culture contemporaine. Bien qu’il continue de tendre du côté de l’electro et de la techno, le single In the research of youth crew renverrait plutôt au discoïde Roller Skating Jam de De La Soul.
Les mélopées de la nueva cumbia débarquent de Buenos Aires
Une poignée de jeunes producteurs latinos ont exhumé des chants traditionnels cumbia, un genre musical et une danse né au XVIIe siècle en Colombie, pour leur insuffler des pulsations électroniques. Désormais labellisé “nueva cumbia”, ou plus spécifiquement Zizek (le nom des premières soirées), ce courant s’inscrit comme la dernière découverte issue des clubs de Buenos Aires. Bien qu’elles s’inscrivent aux carrefours d’influences musicales hétéroclites, avec des artistes tels que Chancha Vía Circuito, El Remolon, El hijo de la cumbia ou Axel Krygier (photo), ces productions conservent généralement les rythmiques lentes et répétitives des morceaux traditionels.
Oro11 et Disco Shawn sont deux DJ’s américains passionnés de cumbia basés à Buenos Aires. Conscients que de nombreux groupes locaux n’avaient encore jamais eu l’occasion de produire d’album, ils décidèrent de remédier à cette lacune en fondant Bersa Discos. Ce label récent se veut une plateforme pour promouvoir les variantes les plus expérimentales du genre. Pour preuve ce mix emprunt d’influences dub et de psychédélisme.
Toujours à l’affût de nouveaux sons, Diplo n’est pas resté indifférent en proposant récemment un podcast 100% nueva cumbia. En bonus, le single aux sons infectieux “Que Calor” de Pibes Chorros et Dj Unh.
Un ouvrage ravive l’esprit et l’esthétique no wave
Durant la fin des années 70, des groupes tels que The Contorsions, Lydia Lunch, DNA, Mars ou Teenage Jesus & the Jerks bourgeonnaient dans un Lower East Side en pleine décrépitude. Un ouvrage paru récemment offre un portrait remarquable de l’esprit sans compromis qui animait cette scène iconoclaste et quelque peu dissonante. Empruntant aussi bien à la poésie, la performance, le funk ou le punk rock, le no wave reste en effet l’archétype d’un antimouvement irréductible à un genre ou un style défini.
En focalisant son attention principalement sur l’album-manifeste “No New York”, Marc Masters revient sur ce moment décisif pour la culture new-yorkaise avec son ouvrage intitulé No Wave. Richement documentée, illustrée avec une superbe sélection de flyers et de photos (notamment celles de Catherine Ceresole), cette publication traduit parfaitement l’esthétique de cette époque. De toute évidence une référence incontournable sur le sujet.
En bon militant du gros son, voici le producteur québécois dans un set qui donne le ton
Bien qu’il soit adepte des sons bien lourds, Ghislain Poirier est incontestablement devenu un orfèvre lorsqu’il s’agit de faire décoller un dancefloor. Naviguant entre abstract hip-hop, ragga et grime, il a pu affiner son style grâce à des collaborations prolixes aussi bien en tant que MC avec Beans, DJ Rupture, TTC ou London’s Lotek Hi-Fi. Ou en tant que remixeur pour Lady Sovereign, The Editors, Champion, Bassnectar ou Pole.
Bref, la bonne école pour apprendre à provoquer les ondes telluriques nécessaires pour faire vibrer les corps à l’unisson. Un talent de sismographe confirmé par ce “Bastard Bass”. Un set truffé de ses propres remixes, avec lequel le québécois offre une idée de la condensation qui va envahir la Flèche d’Or le 16 février. Et si vous appréciez, voici encore une autre occasion pour bouger le popotin.
Le site Ubu Web s’engage à regrouper et à pérenniser des oeuvres difficilement accessibles
Vous est-il déjà arrivé de vouloir voir Pull My Daisy de Robert Frank, d’entendre des morceaux historiques de Luigi Russolo, 4′33 de John Cage, de rencontrer Raashan Roland Kirk dans “Sound??”, d’assister à un cours de Marcel Duchamp ou de Roland Barthes, de découvrir des sessions inédites de John Lennonou un set étonnant de DJ Food. Il s’agit là d’une sélection inexhaustive des innombrables découvertes accessibles depuis l’excellent site Ubu Web. Une adresse qui héberge une quantité exponentielle de perles obscures appartenant aussi bien à la vidéo, la musique ou l’écriture expérimentale.
Ce projet bénévole qui, comme le stipule son manifeste, vise à insuffler un élan poétique dans les limbes numériques de l’information:”Essentiellement un cadeau de l’économie, la poésie est le lieu idéal pour une action politique utopique. Libérée des contraintes imposées par le profit ou des considérations purement matérielles concernant le produit et sa fabrication, l’information devient littéralement « libre » : sur UbuWeb, nous fournissons de l’information et nous le faisons depuis 1996. Nous éditons en couleur pour quelques centimes seulement. Nous recevons des documents le lundi matin et nous les publions le lundi après-midi.UbuWeb n’est jamais « en rupture de stock ». UbuWeb n’est jamais en fin de course puisque de nombreuses personnes de bonne volonté participent à sa consolidation sur de multiples plateformes“ .
VIDEO: John Cage, 4′33, Live at the Barbican, 2004
Avec son single Night, le producteur de Croydon confirme son statut d’instigateur de la scène dubstep
Bien qu’il ait décidé de se retirer pendant quelque temps de la scène musicale pour terminer ses études, Benga a eu le bon sens de se remettre activement aux platines et à la production durant le courant de l’année écoulée. Une décision largement confirmée en regard du plébiscite enregistré par son récent single Night, qu’il a cosigné avec Coki. Sorti en novembre dernier, ce titre a été unanimement qualifié comme le single dubstep de 2007. Pour de nombreux commentateurs, il succéderait même au Midnight Line Request de son vieil amis Skream comme l’hymne du courant.
Autant dire que “Diary of An Afro Warrior”, son deuxième LP, qui doit sortir dans le courant de l’année chez Tempa est attendu avec impatience. Âgé d’à peine 21 ans, celui que Mala des DMZ considère comme “l’un des producteurs le plus doué et le plus influent de la scène dubstep”, bénéficie encore d’une bonne marge de progression. En écoute, un set enregistré en octobre 2007 lors d’un show à San Francisco lors duquel Benga était accompagné par Hatcha.
Le rapper vient décliner ses vers sombres à Paris et à Lausanne, deux morceaux en download
Cela fait déjà près de dix ans que Aesop Rock a émergé de la scène hip-hop underground new-yorkaise. Avec son attitude trash et ses narrations paranoïaques, il a rapidement acquis le statut du héraut borderline. Dix ans plus tard, pour son quatrième album, Ian Bavitz prouve qu’il a su garder toute son originalité. Avec “None Shall Pass”, sa verve, toujours plus cryptique, s’est quelque peu ralentie mais en diversifiant ses productions Aesop Rock continue à étoffer son style.
La mise en ligne de l’enregistrement d’une session live de Jamie Lidell réactive son inclination pour l’electro funk
Bien qu’aucune indication ne l’accompagne, cette vidéo postée récemment sur le site de Jamie Lidell semble confirmer que le chanteur poursuit son immersion éclairée et audacieuse dans l’héritage de la soul music. Si “Multiply”, avec un son plutôt “vintage”, renvoyait indirectement à des ténors tels que Curtis Mayfield ou Al Green, cette chanson semble indiquer que Jamie Lidell n’est pas sur le point de délaisser les contrées psychédéliques du P-Funk.
La chanteuse new yorkaise veut proposer un style idéal qui fusionnerait le Reggae des années 70, le new wave des années 80 et le hip hop des années 90
Originaire de Philadelphie, Santi White vit depuis plusieurs années à Brooklyn. Il y a environ deux ans, elle entame une carrière solo après le clash de son groupe Stiffed. En adoptant le pseudonyme de Santogold, Santi se fit rapidement remarqué grâce à sa voix intense et son approche syncrétique. En effet, en affichant des références aussi diverses que les Bad Brains, DEVO, Nina Simone, Tina Turner, The Smiths ou Lee Perry, Santogold propose de créer une fusion particulièrement originale et on attend avec impatience la sortie du premier album de Santogold prévue dans le courant l’année. Il ne fait aucun doute qu’on aura l’occasion d’en reparler.
Avec son premier album, le jeune producteur londonien offre la première découverte de l’année
Aaron Jerome est un jeune producteur, musicien et DJ qui travaille durant ses heures perdues chez un disquaire londonien réputé. Jusqu’à présent, c’est principalement en tant que remixeur pour des artistes tels que Roy Ayers, Bugz in The Attic, Zap Mama, Nicole Willis ou son ami Nitin Sawhney que cette personnalité au tempérament discret avait reservé ses arrangements minutieux.
Le jeune batteur sort de l’ombre avec le très élégant “Time to Rearrange”. Un album oscillant entre nu soul, downbeat et abstract hip-hop particulièrement bien mis en valeur par un panel éclairé de guests imposants. On y retrouve notamment Kathrin deBoer de Belleruche, Mozez de Zero 7 ou encore la chanteuse sud-africaine Simphiwe Dana. Un premier essai parfaitement maîtrisé et il ne fait aucun doute que 2008 constituera une année décisive dans la carrière de ce producteur talentueux.
Remixes 04-07. Une sélection de remixes d’Aaron Jerome
Playlist:
Corinne Bailey Rae, Enchantment remix
Bonobo, Ketto (Feat. Kathrin deBoer) remix
Nitin Sawhney, The River remix
Dnell, This Thing remix
Sway, Products remix
Richard E, Comin A Find Ya remix
Daisuke Tanabe, Station remix
Bugz In The Attic, Move Aside remix
Fertile Ground, Another Day remix
Nicole Willis, Feeling Free remix
Nitin Sawhney Feat. Vikter Duplaix, Journey remix
Oi Va Voi, Black Sheep remix
Pete Rodriguez,I Like It Like That remix
Saul Williams s’est associé à Trent Reznor pour un album-concept diffusé uniquement sur Internet
Lorsque Saul Williams laisse exploser son versant rock et que Trent Reznor se frotte au hip-hop expérimental, cela donne “The Inevitable Rise and Liberation of NiggyTardust!”. Un album situé à la frontière des genres qui, sous un mode foisonnant et engagé, a pour but d’examiner certaines mutations de la répression.
Dans une petite présentation, qui reflète le style corrosif et poétique de cet album, Saul Williams n’hésite pas à comparer les artistes à des “nègres” au service des labels. Il y déclare notamment: “ comme pour l’apartheid, chaque label cherche à nous démultiplier en accentuant nos différences et en nous étrillant jusqu’à nous réduire à des modèles inférieurs. Il en résulte qu’un amas de disques, produits par des talents anonymes, finissent par passer à la trappe“.
Hommage aux pérégrinations de Bowie, “The Inevitable Rise and Liberation of NiggyTardust!” en constitue une réinterprétation politisée qui mène un héros imaginaire dans une odysée révolutionnaire. Outre ce positionnement militant, cet album est surtout l’histoire d’une heureuse rencontre, à travers laquelle Williams et Reznor font preuve d’une impressionnante complémentarité.
Il existe deux manières de se procurer l’album sur le site Niggytardust.com. Soit en obtenant gratuitement une version mp3. Soit en payant environ 4 euros pour une version de très haute qualité, et du même coup soutenir le cause de Saul en rendant notamment “plus pauvres les intermédiaires“.
Benjamin Darvill, un ex-Crash Test Dummies, décline le blues dans de nouvelles gammes
Avec son complet trois-pièces, ses bretelles et son chapeau borsalino, Son of Dave semble sortir tout droit de l’arrière-salle enfumée d’un bar clandestin durant la prohibition. Armé d’une harmonica, d’un micro vintage, de quelques samples et autres babioles, on imagine difficilement que ce rouquin, aux allures de Joseph Beuys inhibé, produise ce blues intense et authentique. A mi-chemin entre beat-boxing, bricolage sonore et références cinématographiques, on ne peut résister à l’univers rétro de ce gentleman au style impeccable.
CONCERTS
12/12/07 Les Docks / Lausanne
13/12/07 Les Caves / Martigny
VIDEO
Son of Dave, “Devil Takes My Soul”
Son of Dave, “How We Met” (clip inspiré par la chanson)
“Música da Lagoa”, une expérience immersive du compositeur brésilien audacieux
Le compositeur et multi instrumentiste brésilien Hermeto Pascoal n’a cessé de proposer des approches défiant les idées préconçues, afin d’ouvrir de nouvelles voies et de révéler la musicalité du monde. Après un début précoce, il commence à se produire avec des formations du nordeste avant de débuter véritablement une carrière internationale après suite à sa collaboration avec Miles Davis pour l’enregistrement de Live-Evil. Entre ses mains, les objets les plus banals peuvent potentiellement se transformer en instruments. Toute une partie de son oeuvre vise également à intégrer les éléments naturels. Avec “Música da Lagoa”, il plonge littéralement son orchestre dans un lagon pour produire ses compositions anticoformistes vaguement édeniques et surtout très rafraîchissantes.
120 minutes de mix lowtempo dispensé par le Sound Catcher N°1
Voix soul chaleureuses ou raps enfiévrés, percussions indiennes, cordes japonaises, mélopées brésiliennes ou riddims jamaïcains, DJ Vadim n’a pas son pareil pour sélectionner des pépites hétéroclites et composer des atmosphères veloutées.
Il nous offre ici un de ses sets à la fois varié et ambitieux. Un pur régal!
Le rapper de Flagstaff s’entoure d’un groupe pour un sixième album et une tournée aux teintes post-rock
Tim Holland, outre sa prolixité intarissable et ses textes ciselés lorsqu’il rappe sous le nom de Sole, est également le co-fondateur de l’incontournable label Anticon. Une institution déterminante de la scène hip-hop américaine, qui a largement participé à en décloisonner les routines uniformisantes. Ainsi, depuis plus de dix ans, il a participé à faire ressortir la charge poétique et innovante d’un courant qui s’enlise facilement dans ses propres clichés. Collaborant habituellement avec Odd Nosdam ou Jel, Sole s’est entouré du Skyrider Band pour ce nouveau projet. Un trio d’obédience post-rock qui permet au rappeur d’insuffler encore un peu plus d’éclectisme et d’improvisation à son répertoire.
Un groupe de Nashville redécouvre une vielle gloire de la soul pour produire une association détonante
Pour ce premier album intitulé Kaboom!, The Dynamites se fait plaisir en s’associant avec le chanteur Charlie Walker. Un vétéran de la scène soul qui connut son heure de gloire durant les années 60 et 70, lorsqu’il enchaînait les sorties avec des labels tels que Decca, Champion ou Chess. Même s’il n’a pas été très actif depuis cette période, l’intéressé avouait récemment se sentir un meilleur chanteur qu’à l’époque. Une chance pour le groupe originaire de Nashville, Tennessee, qui peut ainsi agrémenter son rythm’n'blues explosif avec une voix à l’authenticité intacte. Pour preuve, “Slinky”, un titre extrait de Kaboom!, en téléchargement gratuit.