Auteur Jacques Denis

Médias: Boombox, une histoire inouïe


Photo: Jamel Shabazz, 1983

Avant que l’iPod n’impose définitivement la prépondérance d’une consommation solitaire des musiques dans les villes, les boombox ou autres Ghetto Blasters étaient les emblèmes ultimes des cultures urbaines. Particulièrement prisés à partir du milieu des années 70, c’est surtout le hip-hop qui a profité de la puissance des ses haut-parleurs pour faire entendre des voix et des sons jusqu’alors dissidents.

À l’instar du break et des graffiti, cela permettait aux franges les plus invisibilisées d’imposer leur présence dans le paysage urbain. Comme le souligne le collectionneur Clive Owerko, il s’agissait de dire aux autres: “Vous allez pouvoir écouter ce que je veux vous dire et je vais vous le dire à travers la musique. Et si vous n’aimez pas cette musique, je vais la jouer encore plus fort”.

Dans ce petit documentaire proposé par NPR Music, Fab 5 Freddy se souvient également que son “box” lui donnait l’impression de voler continuellement en première classe. De LL Cool J, en passant par “Do The Right Thing”, les références à ces totems acoustiques ont parsemé les productions liées aux cultures urbaines de ces trente dernières années.

Parallèlement à ces nouvelles formes de mobilité et d’autonomie, le grand avantage de ces systèmes résidait dans la possibilité de partager quasi instantanément des expériences musicales. Des titres inédits entendus à la radio, des concerts, des sessions d’enregistrements improvisées, tout pouvait être rejoué avec la puissance nécessaire grâce à cet intermédiaire.

Au même moment où la propagande reaganiste prônait les vertus de l’individualisme, des lois furent progressivement ratifiées pour sanctionner sévèrement les nuisances causées par l’usage des Boxes. Cette situation favorisa largement la diffusion du Walkman et allait modifier de manière décisive les expériences musicales en milieu urbain. Avec la généralisation des casques d’écoute, la musique était progressivement dissociée de son support collectif.

The History of the Boombox (NPR Music)

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Livre: Untitled Tracks, un portrait alternatif de Beyrouth


Photos: Tanya Traboulsi

Cela fait trop longtemps que Beyrouth est déchirée par les aberrations hégémoniques qui taraudent le Moyen-Orient. Une chape pesante, obsédante, qui a largement contribué à occulter les diverses mouvances musicales qui, parallèlement aux canons de l’actualité, se sont répandues dans la ville durant ces dernières années. En se concentrant essentiellement sur les dix dernières années, “Untitled Tracks: On Alternative Music in Beirut” constitue une contribution essentielle pour pérenniser ce pan d’histoire interstitiel. On y retrouve toute une gamme d’échappatoires, aussi bien physiques que symboliques, qui ont agis comme des sas de décompression nécessaires pour infléchir l’imminence des diktats géo-politiques.

Cette publication se présente sous la forme d’une collection de textes, réunis par Ziad Nawfal et Ghalya Saadawi, et d’une sélection de photographies de Tanya Traboulsi extraites de son abondante série “Music is Life”. Comme saisie par l’urgence qui guide les situations transitoires, la photographe semble être encouragée par le désir de documenter le plus exhaustivement possible les lieux, les protagonistes et les divers moments qui ont contribué à façonner les scènes de la ville. On y découvre des figures aussi diverses que l’expérimental Tarek Atoui, le rapper RGB, les chanteuses Youmna Saba, Nadie Khouri ou Rima Ksheish.


Une place particulière est accordée au groupe de trip-hop The Soapkills dont les mélodies mélancoliques hantaient le paysage sonore libanais de l’après-guerre. Initié en 1996 autour du producteur Zeid Hamdan et de la chanteuse Yasmine Hamdan, le groupe s’est fait connaître au début des années 2000 grâce aux succès rencontrés par “Bater” et “Cheftak” et s’est rapidement imposé comme une pierre angulaire de la scène alternative. Le groupe se sépare en 2006 après le départ de Yasmine pour la France. Zeid Hamdan participa à la formation de nombreux projets, en particulier de l’influent trio The New Government aux côtés de Jérémie et Timothé Régnier. De son côté, Yasmine a récemment collaboré avec Mirwais sur le projet “Arabölogy” (2009). Toutefois, l’influence de The Soapkills ne cesse de se faire ressentir. En grande partie car, comme le souligne Rayya Badran, “leur musique fluctuait en fonction des perpétuelles destructions et reconstructions, tout en présentant un inévitable sentiment d’étrangeté. Ils captaient dans un même moment les mutations musicales et urbaines, tout en injectant du chaos dans leur console”.

S’il est difficile de ressortir une esthétique spécifique à cette présentation bigarrée, il s’en dégage néanmoins une atmosphère particulière qui retranscrit les expectations et les questions polymorphes qui taraudent cette génération intermédiaire. De manière subtile et intelligente, ces contributions variées se présentent comme autant de réponses aux interrogations posées par Ghalya Saadawi en introduction: “De quelles manières est-il possible de témoigner des guerres et des traumas ? Comment considérer différentes notions associées à des lieux ou à la géographie et qu’est-ce que des terminologies telles que Liban ou Moyen-Orient signifient ?”. Une manière, peut-être, d’entendre sous des formes métaphorisées les échos de la guerre civile. “Untitled Tracks: On Alternative Music in Beirut” constitue ainsi un témoignage particulièrement éloquent du potentiel actuel des sons, organisés ou non, en tant que vecteurs de résistance.

LIVRE

  • Tanya Traboulsi, “Untitled Tracks: On Alternative Music in Beirut”, Edité par Ziad Nawfal et Ghalya Saadawi, Amers Editions

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Jazz: Portico Quartet, au-delà des conventions


Sous la véranda lumineuse, quelques bouteilles résiduelles parsemant une longue table conviviale trahissent une soirée bien animée.« C’était notre première soirée à Londres après plusieurs semaines de tournée, justifie Jack en préparant une solution effervescente, on avait vraiment hâte de pouvoir retrouver nos amis ». Cela fait plusieurs années que Jack Wyllie (saxophone), Duncan Bellamy (batterie), Milo Fitzpatrick (contrebasse) et Nick Mulvey (hang et percussions) vivent sous le même toit.

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hip-hop: Rammellzee, le futur n’attend plus


Né dans le Queens en 1960, Rammellzee s’est tout d’abord fait connaître comme l’un des pionniers du graffiti à New York à partir du milieu des années 70. À l’instar des autres membres du Death Comet Crew, - Dondi, OU3, Doctor Revolt -, il commença rapidement à présenter ses travaux dans des galeries d’art contemporain et des musées. On retrouve également ses dessins sur certaines pochettes du label Mo’Wax.

Sa pratique l’a incité à développer la théorie du Gothic Futurism, à travers laquelle il envisageait l’art du graffiti comme une machine de guerre dans laquelle les lettres et leur force symbolique se battent contre les effets de standardisation. Rammelzee préconisait un programme anarchique, dénommé “Iconic Panzerism”, qui permettait de réformer le rôle et la dispersion du langage dans la société.

Rammellzee prônait des relectures idyosyncratiques qui combinaient aussi bien le dessin, la sculpture, les performances artistiques, la littérature, la poésie, les théoriques scientifiques, etc. Ce fonctionnement chaotique formait des “horreurs intellectuelles”, un horizon schizophrénique qui, selon lui, devait procurer des “stocks de futurs”, largement déterminés par des stratégies militaires.

Dans le film “Wild Style” (1982), il apparaît en tant que MC avec un style nasal, qu’il dénomme le “Gangsta Duck”, qui aurait par la suite inspiré les The Beastie Boys et Cypress Hill. En 1983, il enregistre un maxi intitulé “Beat Bop”, produit par un certain Jean-Michel Basquiat, qui sera largement popularisé à travers le film “Wild Style”.

Rammelzee est décédé le 29 juin 2010, les causes de sa mort ne sont pas encore déterminées.

Rammelzee vs K Rob “beat bop” (1982)

Rammellzee, on the evolution of the letter (Style Wars)


Death Comet Crew au festival Electrochoc
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Interview: T.P. Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou


Photo: Joël Vacheron

Redécouvert en grande partie grâce des compilations, le T. P. Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou s’offre une seconde adolescence avec une tournée mondiale et de nouvelles sorties en préparation. Pierre (Saxophone) et Vincent (Chant) reviennent sur l’épopée du Tout Puissant Orchestre à l’heure des commémorations d’indépendances et du regain d’intérêt sans précédent que connaissent les productions funk en provenance d’Afrique de l’Ouest.

Comment a commencé l’aventure du T.P Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou où vous produisiez-vous?

Vincent: L’histoire a débuté petitement à partir d’un orchestre qui s’appelait Sonny Black’s Band. Son propriétaire, qui était marié à une Française et devait retourner en France, l’avait cédé à un compatriote qui possédait une société dénommée Poly-Disco. Lorsqu’il a renommé l’orchestre, il désirait garder un nom qui soit proche de sa raison sociale. C’est comme ça que le groupe a vu le jour sous le nom de Poly-Rythmo. À l’origine, il était composé de huit personnes et le groupe s’est peu à peu entouré d’autres instrumentistes. Les discothèques sont nées en grande partie grâce à Poly-Rythmo et nous nous produisions un peu partout, mais notre lieu de prédilection était sans conteste le Zénith. Un bar dancing dans lequel nous jouions tous les samedis et dimanches. C’était un lieu sacré qui, aujourd’hui encore, fait la fierté du Bénin. Les gens sont nostalgiques de cet endroit, ils voudraient bien revoir un autre zénith maintenant que le Poly-Rythmo est en train de faire le tour du monde. Il faut qu’on s’y mette vraiment pour le créer notre Zénith… Sinon, on jouait un peu partout pour des mariages, des fêtes diverses, les anniversaires officiels, etc. On était plus avec le gouvernement de l’époque et il n’y avait aucune manifestation pour laquelle nous n’étions pas sollicités. D’ailleurs, on nous appelait orchestre national, alors que nous ne l’étions pas…

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Afrique: Shangaan Electro, Marimba Core


En marge des vuvuzelements de la Coupe du Monde, l’Afrique du Sud a connu quelques courants musicaux flirtant avec les extrêmes en matière de productions sonores. Initié il y a quelques années, le Shangaan Electro s’est rapidement présenté comme le supporter officiel des danseurs les plus frénétiques des townships de Soweto à Limpopo. Shangaan est à l’origine le nom donné à une population, issue de l’Empire de Gaza, répartie entre le Mozambique et certaines régions d’Afrique du Sud.

Tournant quelquefois à plus de 180 bpm, ce style prolonge le Shangaan Disco des années 80 et se revendique comme une musique destinée aussi bien aux populations rurales que celles vivant dans les villes. Une évolution due en grande partie au travail à l’influence du producteur et homme à tout faire dénommé Nozinja. À partir de 2005, c’est lui qui commence à utiliser des marimbas et des sons d’orgues à la place des lignes de guitares et de basses, tout en intégrant des voix samplées et accélérées.

Le résultat se présente sous la forme de bandes-son hypnotiques d’un jeu de Commodore 64 rafistolé pour répondre aux besoins des danseurs les plus frénétiques. Honest Jon’s propose une introduction au Shangaan Electro par l’entremise de Mark Ainley et Mark Ernestus qui, pour l’occasion, s’aventurent dans des univers 8-bit tranchant radicalement avec les productions de Rhythm & Sound.

ALBUM

  • Various, “Shangaan Electro: New Wave Dance Music From South Africa” (Honest Jon’s Records) sortie le 28.06.10

Tshetsha Boys, Nwa Pfundla

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Vidéo: Amen, Au Nom du Break


Quel est le point commun entre ShyFX, NWA, Oasis, Aphex Twin, Luke Vibert, Nine Inch Nails ou une publicité pour une Jeep ? Chacun a construit un morceau fondé sur un même break de 5.2 secondes extrait du Amen Brother de The Winstons. Alors que le titre original, sorti en 1969 sur la face B de leur tube Color Him Father, avait connu un succès très relatif, ce sample de roulements de batteries de G. C. Coleman a été exhumé en 1986 grâce aux compilations “Ultimate Breaks and Beats”, avant d’avoir un impact décisif sur l’évolution des musiques électroniques.

Depuis, le “Amen Break” s’est diffusé telle une trainée de poudre et le retrouve notamment à l’origine du hip-hop new school à travers le titre emblématique Straight Outta Compton, de l’electro avec le Kings of the Beat de Mantonix ou aux la base du breakbeat avec Original Nuttah. A ce titre, la jungle et la drum’n'bass se sont largement construites à partir de la déconstruction et les réarrangements de ce partie syncopée.

The Winstons, Amen Brother (le break commence à 1:27)

Un documentaire de Nate Harrison retrace l’histoire de ces quelques secondes légendaires, en soulevant des questions très intéressantes à propos du statut des transformations de la créativité à l’ère du sampling et des problèmes liés aux droits d’auteur. The Winstons, le groupe existe d’ailleurs toujours, n’ont jamais touché aucun royalties et n’ont jamais entrepris une quelconque démarche juridique pour revendiquer la paternité de ce break. Pour Nate Harrison, Amen est en quelque sorte entré “culturellement” dans le domaine public. À tel point que, comble du paradoxe, certaines firmes ont même été jusqu’à en revendiquer le copyright à des fins commerciales.

Blogs: Dalston Oxfam Shop


Toutes les personnes qui ont cette petite manie d’aller fouiner dans les bacs à disques des magasins de seconde main peuvent en témoigner. On trouve toujours de tout, mais rarement ce que l’on recherche. Chanteurs aux noms inquiétants, groupes aux looks improbables et graphisme ampoulé, toute cette armada de pâles ersatz n’invite, dans son ensemble, guère à l’écoute.

Sous le pseudonyme de Dalston Shopper, Todd Hart ne voit cependant pas le problème sous cet angle. Personnalité incontournable des nuits londoniennes au style pour le moins excentrique, dans ce domaine il rivalise d’audace avec Austin Powers, il collectionne depuis de nombreuses années des disques et des cassettes trouvés dans le Oxfam de Dalston.

Même s’il a étendu ses recherches, ses trouvailles kitsch et hétéroclites sont régulièrement postées sur son blog dalstonoxfamshop. Elles offrent une écoute kaléidoscopique des diverses cultures musicales qui composent cette région particulièrement cosmopolite de l’est londonien. De l’Oriental Disco aux mixtapes de trance obscure, en passant par la secousse ou les Choeurs de l’Armée Soviétique, Todd joue les chiffonniers en accompagnant chacune de ses trouvailles d’une présentation.

Télécharger: Egyptian Lover, Dance, “Street Jams Part.4 - Electric Funk” (1994)

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Médias: M.I.A, un parfum de truffe


Depuis quelques mois, la respectabilité de M.I.A a subi quelques remaniements qui marquent un nouveau cap décisif dans la carrière de la chanteuse. Les débats occasionnés par la sortie du clip “Born Free” ou ce récent article paru dans le New York Times, constituent les témoignages éloquents des paradoxes occasionnés par le nouveau statut de cette braconnière intrépide.

Étudiante en art promue égérie du courant nu rave, l’esthétique DIY et les discours altermondialistes de M.I.A émergeaient de manière particulièrement synchrone avec l’avènement des réseaux sociaux. MySpace, en particulier, lui a servi de terrain de propagation privilégié grâce auquel ses productions ont pu rapidement atteindre une masse critique sans se soucier des courants mainstream. Des budgets limités, une approche intègre et profondément créative, cela laissaient présumer quelques perspectives intéressantes en matière de production et de diffusion musicales. Un parcours de vie atypique, un discours engagé et irrévérencieux, son univers participait encore à nourrir l’intérêt de la voie dissidente ouverte par M.I.A.

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Live: Gil Scott-Heron, l’art de la disparition


L’architecture moderniste austère de L’Aula Magna de Lisbonne constitue un souvenir imposant de la dictature de Salazar. On pourrait imaginer un décor moins connoté pour accueillir un illustre pourfendeur des dérives despotiques. Casquette rivée, silhouette élancée, costume étriqué, Gil Scott-Heron débarque, seul, avec la démarche nonchalante d’un coureur de demi-fond. Avant même d’avoir prononcé le moindre mot, le public est déjà debout, honorant cette apparition longuement espérée.

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Rock: Mama Rosin, Combat Cajun


Les éminents ambassadeurs genevois de la musique cajun Mama Rosin se produiront ce weekend à l’occasion du Blues Rules Festival. Une occasion toute trouvée pour revenir sur leur parcours et sur la sortie de la compilation “Obscure Zydeco”.

Qu’est-ce qui a participé à votre intérêt pour la musique Cajun ?

Mama Rosin: Nous nous sommes aperçus que cette musique, qui semble assez limitée au niveau des instruments ou des histoires évoquées, dissimule en vérité une immense richesse. Un mélange évident de musique noire et blanche, un blues très fort et des textes très directs grâce à l’usage d’un français basique. Puis toute la beauté de son évolution avec le Zydeco et le Cajun, les orchestres de string band. C’est du Texas swing chanté en Français avec la puissance d’un duo mélodéon-frottoir ! Il y a aussi une certaine rareté, car c’est très difficile de trouver des vinyles ! En ce qui nous concerne, on a surtout rapidement associé ça au blues, à la musique africaine et, pour le dire franchement, on a été fasciné par ce côté rock’n’roll!

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Pop: Toro y Moi, et moi et moi


À propos du festival SXSW, qui s’est déroulé en mars dernier à Austin, le New York Times indiquait la recrudescence de groupes dont “les chansons semblent surgir comme dans un rêve de geek. Des chansons de Top 40 ou des tubes dance vaguement remémorés chantés par des jeunes gens trop timides pour quitter leur chambre ”.

Cette tendance, que l’auteur associe au glo-fi ou au chillwave, était significative chez Neon Indian, Washed Out, Small Black, Memory Tapes ou encore Toro y Moi et il s’agit généralement de projets qui n’intègrent qu’une ou deux personnes. Chaz Bundick, sous le nom de Toro Y Moi, cisèle des territoires onirique à coups d’effets spéciaux, de distorsions ou de slaps en portant toujours une attention particulière aux détails.

Un goût pour les collages certainement amplifié à travers son intérêt pour le cinéma et ses études de graphisme. “Je suis particulièrement intéressé dans différents types de médiums qui présentent une esthétique atemporelle. Par exemple, j’apprécie comment notre lecture d’une photographie peut être totalement différente lorsqu’on retire des petits détails. J’essaie d’approcher Toro Y Moi de la même manière, j’aime ajouter des détails qui rattachent la composition à certaines périodes musicales. Ça peut être un coup de batterie sec des 70s ou un effet de reverb dans la voix caractéristique des 80’s”.

Télécharger: Toro Y Moi, Blessa (2010)

Télécharger: Toro Y Moi, Causer of This (2010)

Télécharger: Toro Y Moi, Sad Sams (2010)

ALBUM

  • Toro Y Moi, “Causer of This” (Car Park Records)

Toro Y Moi, Talamak, “Causers of This” (2010)

Toro Y Moi- Talamak from bryan bush on Vimeo.

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Funk: Dâm-Funk, Don’t give up

dam Photo: Joël Vacheron

“Don’t give up your dreams”. Une devise toute trouvée pour celui qui aura attendu près d’une vingtaine d’années avant de sortir son premier album. De toute manière, Damon Riddick n’a jamais mené son existence en étant pressé par les impératifs du moment. Le style impeccable et les bras chargés des pioches de la journée, il arrive avec quelques heures de retard. Dam-Funk n’a pas besoin de feindre la désinvolture pour mériter son titre d’ambassadeur du boogie funk.

Q : Vous vous posez comme un défenseur de l’esprit funk originel, en quoi cela consiste exactement ?
Dâm-Funk : Le funk a trop souvent était regardé comme un style frivole et il est encore fréquent que des personnes se moquent des musiciens. Mon but est de réintroduire le respect dû aux musiciens de funk. Je suis né dans les années 70 et je fais partie de cette génération qui a grandi entre le hip-hop et le funk.

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Hommage: Malcolm McLaren, manager de situations


Styliste d’avant-garde, impresario punk, protorappeur, collectionneur d’art contemporain, Malcolm McLaren a su réinventer continuellement son personnage de rouquin aux comportements hyperactifs. Nourri par un dandysme revendiqué et un intérêt pour les penseurs radicaux, en particulier le situationnisme de Debord et l’esprit contestataire de Mai 68, McLaren n’a jamais cessé de provoquer les catégories rigides de la société britannique. Dans la lignée d’un Beau Brummell, dont on avait coutume de dire que la grandeur n’était fondée sur rien tout, c’est tout d’abord à travers l’habillement qu’il avait trouver le moyen de provoquer l’agitation. Associé à Vivienne Westwood, ils allaient utiliser leur boutique située de King’s Road, laconiquement dénommée SEX, pour lancer une guérilla sans concessions à l’encontre des codes vestimentaires et de l’idéologie hippisante des années soixante-dix.

Largement inspiré par l’esthétique rock’n'roll des années 50, il monte un groupe destiné à porter les étendard aux vêtements vendus dans le magasin. Avec leur attitude d’ados irrévérencieux et insouciant, les Sex Pistols aller générer une insurrection culturelle et médiatique dont l’impact ne cesse de se faire ressentir. Dans son ouvrage essentiel “England’s Dreaming”, Jon Savage pérennise l’influence de McLaren dans ce tournant marquant des cultures populaires. En effet, les premiers chaptitre associent de manière approfondie son parcours biographique avec les orientations musicales, esthétiques, politiques ou commerciales qui ont singularisé l’émergence du mouvement punk. McLaren avait récemment eu droit à un regain d’intérêt médiatique grâce aux commémorations du trentième anniversaire de la sortie du “Never Mind the Bollocks, Here’s the Sex Pistols”.

En revenant sur sa personnalité controversée, Savage relève entre autres à quel point les mythes et les rêves ont joué un rôle central dans la vie de McLaren. Très tôt, son parcours répondait ainsi à la première loi pop édictée par Andrew Loog Oldham, le manager des Rolling Stones. “Je crois que si vous mentez assez, cela devient réalité.” Diagnostiqué d’un cancer rare, le mesothelioma, il s’est éteint subitement le 8 avril dernier à l’âge de 64 ans.

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Hip-hop: Beans, Electronique Pratique

En marge de l’exposition “Galactic Hits” et de la tournée d’Anti Pop Consortium, Beans évoque les différentes relations que le groupe entretient avec la science-fiction.


Q: Quelle est votre définition de l’afrofuturisme et est-ce que cela fait partie de votre univers créatif ?
À vrai dire, je n’ai jamais considéré ma musique sous cet angle. Je nous vois plutôt comme un groupe progressiste qui, en s’inscrivant dans le courant hip-hop, tente d’aller au-delà des canons et des productions traditionnellement réalisées sous cette bannière. Mais si nos cherchons toujours à ouvrir de nouveaux territoires, nous ne l’avons jamais revendiqué comme faisant partie de l’ afrofuturisme. Cela ne signifie pas pour autant que je n’ai pas été influencé par des artistes associés à ce courant.

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Turntablism: The Gaslamp Killer, Freewheelin’ of Steel


Lorsqu’on le voit secoué frénétiquement sa coupe hirsute ou se lancer dans un solo passionné, on se demande bien ce qui a pu détourner The Gaslamp Killer d’une carrière de guitar hero. La réponse est très simple, un décalage de quelques décennies. “J’aurais tellement voulu naître dans les années 40″, avoue-t-il à ce sujet,”cela m’aurait permis de passer mon adolescence pendant les années 60. J’ai toujours été fasciné par cette période et je préfère envisager la musique comme elle se faisait à cette époque, plutôt que pendant les années 2000.”

Avec son air de Freewheelin’ Franklin, William Bensussen se sert de sa technique experte aux platines pour reconfigurer les classiques heavy metal ou les sérénades hippies dans des lives rythmés à coups de Kalachnikov. Après un premier EP sur Brainfeeder, “My Trouble Mind”, GLK travaille sur son premier album qui va sortir sur le même label en début d’année prochaine. Pour l’instant, son actualité se concentre surtout sur “A Sufi and A Killer” de Gonjasufi qu’il a en grande partie produit.

Télécharger: The Gaslamp Killer, “We Make It Good Mix Series Vol. 5″ (sept. 08)

The Gaslamp Killer, Sonar 2009

» TRACKLIST DE LA MIXTAPE

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Expériences: Raymond Scott, déconstruire le génie


Stan Warnow a finalement terminé le documentaire dédié à son père. Surnommé par certains la « version audio d’Andy Warhol», la carrière de Raymond Scott a les allures du personnage de roman. Une vision monophonique nuancée par son fils dans “Deconstructing Dad: The Music, Machines and Mystery of Raymond Scott”, un portrait intimiste qui révèle les travers humain de cette trajectoire de génie.

Scott a débuté sa carrière musicale au milieu des années 30 par l’entremise de son orchestre. Avec son style rapide et très imagé, The Raymond Scott Quintette connaîtra un succès quasi instantané. Appelé à Hollywood, il est mandaté Warner pour composer des BO de films et de dessins animés classiques tels que Bugs Bunny, Road Runner ou Wily Coyote. Bip bip.

Cette expérience le pousse à s’intéresser de plus en plus aux bruitages. A partir des années 50, Scott fonde le Manhattan Research inc. et profite de ses compétences d’ingénieurs pour développer ou perfectionner des instruments inédits. Qu’il s’agisse de mandats publicitaires ou de compositions électroacoustiques, Scott va composer un univers sonore totalement unique.

Pendant près d’une vingtaine d’années, il va ainsi endosser le rôle de savant fou en créant toute une gamme de nouvelles machines permettant de composer des sons largement en avance sur leur temps. C’est le cas notamment de son Electronium que Berry Gordy s’était procurer pour agrémenter les sessions Motown. Cela a valu à Scott de travailler pour le label pendant plusieurs années en tant que Directeur du département de recherche en musiques électroniques.

FILM

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Hip-hop: Miguel Atwood-Ferguson, les bons génies


PHOTO: Grace Oh

Lorsqu’ils ne voguent pas sur leur arche, poussés par les vents du pacifisme, Carlos Niño et Miguel Atwood-Ferguson n’oublient pas de se remémorer leur amour pour le hip-hop. À contre-courant du flot de relectures poussives visant à rendre hommage à Jay Dilla, ils se sont engagés dans un projet qui témoigne d’une réelle déférence à l’oeuvre du producteur.

Initié, en 2007 en l’honneur de sa mère, le projet “Suite for Ma Dukes” se présente sous la forme d’une symphonie écrite intégralement par le duo à partir de boucles extraites d’“Antiquity”, “Nag Champa”, “Fall in Love” de Slum Village et “Find a Way” de A Tribe Called Quest. En février 2008, Carlos et Miguel ont poussé le raffinement jusqu’à organiser un concert unique avec un orchestre de chambre composé de 40 musiciens et les quatre titres, enregistrés en studio, se retrouvent sur un EP sortis chez Stones Throw et, bien que les amateurs connaissent déjà, les autres sauront apprécier.

Ce projet est surtout une belle occasion pour revenir sur l’énorme talent du discret Miguel Atwood-Ferguson. Écrivain, multi instrumentiste et arrangeur, on le retrouve notamment sur le dernier album de Flying Lotus, sa formation classique rigoureuse et son implication précoce dans l’hip-hop et le funk lui permettent de faire le grand écart avec une aisance déconcertante. À propos de “Suite for Ma Dukes”, Niño reconnaît que sa contribution est restée très limitée. “Miguel a mis toute sa vie dans ce projet”, affirme-t-il. On en peut que lui en être reconnaissant.

“Suite For Ma Dukes”, Live at The Luckman 02.2009)

» Miguel Atwood-Ferguson en session avec Pharoahe Monch, Shafiq Husayn, Om’Mas Keith,

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Jazz: Seb Rochford, toujours plus fort


Disons-le franchement, au-delà de toute considérations sur ses talents musicaux, Seb Rochford ne manque pas d’interpeller grâce à cette coupe spongiforme qui fait le connexion entre Robert Smith, le glam metal et Erykah Badu. Nul doute qu’on pourrait disserter longuement sur la symbolique de cette déflagration capillaire surplombant ce visage lunaire.

Heureusement, Seb n’a pas besoin de compter uniquement sur cet bulbe afrofuturiste pour se singulariser et, depuis quelques années, c’est avant tout son appproche éclectique qui lui a permis de se profiler comme l’un des batteurs de jazz britanniques les plus innovants du moment.

Après ses collaborations récentes avec notamment Pete Doherty, Brian Eno et David Byrne ou Herbie Hancock, son actualité se concentre sur son projet Polar Bear dont le nouvel album est sur le point de sortir chez Leaf. Le caractère expansif de Seb Rochford ne s’arrête pas là puisqu’il offre également cette mixtape démontrant qu’il sait aussi se tenir à l’écoute des fréquences urbaines.

Télécharger: 5 titres de Polar Bear

Seb Rochford (Polar Bear) mixtape by theleaflabel

Polar Bear feat. Shlomo (Londres, MTUM 2008)

» Tracklist

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Africa: Zam Rock, Zombie Zambie

nowagain

Now Again réédite deux albums de groupes Zambiens

Vers le milieu des années 70, la Zambie a vu la floraison d’une scène rock particulièrement active à Lusaka et Chingola, les principales villes émergentes. Les groupes rattachés, à ce qui était alors dénommé Zam Rock, puisaient principalement leur inspiration du côté de Jimi Hendrix et de James Brown.

En rééditant les albums de WITCH et Amanaz, le label Now Again et le guitariste Rikki Ililonga remettent au goût du jour cet héritage prolixe et assez distinct des autres pays africains. Les deux titres en écoute offre un aperçu convaincant d’un genre qui fait une place large aux influences psychédéliques et aux zones plus sombres de la tradition rock. Pour preuve, les riffs hendrixiens obsédant de Chrissy Zebby Tembo ou le metal de Paul Ngozi, le zam rock n’a pas fini de révéler ses trésors oubliés.

Une anthologie de Rikki Ililonga, qui est un des pionniers du Zam Rock, est également annoncée dans le courant de cette année.

Télécharger: WITCH, Strange Dreams, “Lazy Bones”

Télécharger: Amanaz, Khala My Friend, “Africa”

Chrissy Zebby Tembo & Ngozi Family, “My Ancestors”

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Club: Ayobaness, les kings des townships


Une compilation célèbre la house sud-africaine

Le succès rencontré par DJ Mujava avait permis un gros coup de projecteur sur les productions house en provenance d’Afrique du Sud. Le label allemand Out | Here profite de l’occasion, ainsi que de la Coupe du Monde imminente, pour sortir une compilation avec quelques-unes des figures marquantes de la scène, telles que Pastor Mbhobho ou DJ Steavy. Une occasion pour revenir sur DJ Mujava dont la percée atypique dans les circuits clubs occidentaux était évoquée dans le numéro 108 du magazine Vibrations.

ECOUTER

Pastor Mbhobho, Ayobaness 01 Pastor Mbhobho - Ayobaness by OuthereRecords

DJ Mujava, Mugwanti, Sgwejegweje, Schlachthofbronx RMX DJ Mujava - Mugwanti / Sgwejegweje Schlachthofbronx RMX by OuthereRecords

SITE

» Lire l’article sur DJ Mujava

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Funk: Brian Eno, Can’t get enough


Strictly Kev mixe les productions funky de Brian Eno

Bien avant de développer des applications pour iPhone ou de faire de la futurologie, Brian Eno a toujours su frayer avec les avant-gardes musicales. Du glam rock à l’ambient, en passant par le punk rock, le sampling voire même le heavy metal , peu de courants ont résisté à l’insatiabilité de ce touche-à-tout.

À partir des années 80, en grande partie influencé par sa collaboration avec David Byrne, Eno s’adonne à la science du groove de manière convaincante. Pour preuve, ce mix rythmé à coups de slaps qui offre un concentré des productions funky de Sir Eno. Une manière de rendre également hommage à DJ Food, et en particulier Strictly Kev, qui démontre une fois de plus sa maîtrise des mix thématiques.

Télécharger: DJ Food aka Strictly Kev, More Volts: The Funky Eno

» Tracklist “Funky Eno”

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Electro: Citinite, boogie to the top


Citinite ravive l’esprit electro boogie originel

Le label anglais Citinite fait partie de la nouvelle génération de producteurs inspirés par les débuts de l’electrofunk. L’italien AD Bourke, les New-Yorkais Her Bad Habit et Dez Dickerson, les sud africains de Sweat X ou la chanteuse de Los Angeles Rozzi Daime sont des émules d’Afrika Bambaataa et d’Egyptian Lover formant le nouveau bastion de l’Internationale du kick & snare.

Un petit aperçu avec ces deux mix. L’un est en grande partie composé de morceaux inédits enregistré en novembre dernier lors d’une soirée à Londres, l’autre est un mix plus ancien de Chicago et d’Acid House sélectionné par Manny Z.

La prochaine sortie du label sera celle de Gosub, un producteur de Miami, qui revient avec un nouvel EP intitulé “The Last Time I Saw You”. Avec des titres tels que Love from Planet X ou Black Nova in G, il continue à afficher le même penchant pour les voyages interstellaires entamés avec ‘Watchers from the Black Universe’ (2007).

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Télécharger: Citinite, Past, Present, Future

Télécharger: Many Z, Dance Hour, Vol 5: Basement Black

» Tracklist Manny Z’s Dance Hour, Vol 5: Basement Black

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Deux morceaux de Roska en écoute

‘Time Stamp’ et ‘Tomorrow Is Today’ sont extraits du premier album, au titre homonyme, de Roska.

ROSKA TOMORROW IS TODAY by factmag

ROSKA TIME STAMP by factmag

Electro: Pantha Du Prince, le même son de cloche


Entre expérimentations et techno minimale, le producteur allemand joue les carillonneurs

Dans une approche qui n’est pas sans rappeler celle de Burial, Hendrik Weber s’est attelé à un travail de réduction radicale en matière de rythmes et de sonorités. Toutefois, plutôt que d’explorer quelques zones sombres de la club culture, le producteur allemand déploie une techno minimale portée par des résonnances de vibraphones ou de cloches, qui semblent émaner de crevasse cristalline ou du firmament.

Pantha Du Prince explique que son style provient d’une certaine nostalgie par rapport aux bruits de cloches qui l’ont poussé à vouloir transformer les soundsystems des clubs en nouvelles variétés de carillons.

Télécharger: Pentha Du Prince, Splendour “Black Noise” (Rough Trade)

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LIVE

  • 06.02.10 La Passerelle / St. Brieux

  • 06.03.10 Rex Club / Paris

  • 03.04.10 Electron Festival / Genève

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Dub: Jahtari, nouveaux territoires


Un petit label de reggae en ligne propose un catalogue à deux vitesses

Parmi les nombreux sites hébergeant de la musique sur le net, certains se distinguent par l’originalité et la cohérence de leur contenu, d’autres proposent uniquement des morceaux inédits, d’autres encore profitent de spécifiés du médium pour ouvrir de nouvelles perspectives.

Lancé à Leipzig il y a près de cinq ans sous l’impulsion de Disrupt, le projet Jahtari a l’avantage d’être tout cela en même temps. Le site fonctionne est spécialisé dans le DLR (Digital Laptop Reggae) et on y trouve ainsi une vingtaine du groupe qui ont tous en commun de produire du dub conçu uniquement à l’aide d’un ordinateur. Par ce biais, comme l’annonce le petit manifeste, l’idée n’est pas de faire du neuf avec du vieux, mais plutôt de favoriser une approche inédite de ce genre.

Fonctionnant comme un label, le site dispose d’un catalogue régulièrement approvisionné par des productions de qualité qu’il est possible d’acquérir selon deux formules. Soit, gratuitement pour la version digitale, soit en payant pour obtenir le support physique. Malgré ses faux air de C64, le mode de diffusion proposé par Jahtari pourrait bien devenir un modèle dominant en matière de diffusion musicale sur Internet.

Télécharger: Zeb & Scotty, Bring Di Sensi “Bits Of Fury” riddim (JTR NET 19)

Télécharger: Dressla, Bomb Their Circles “Bits Of Fury” riddim (JTR NET 19)

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Hip-hop: 2000, the Ultimate Mixtapes


Une mixtape sortie en fin d’année reprend les pulsations des années 2000

“A Boom Bap Continuum” est une compilation, réalisée par Jim 2tall, Kper et DJ Clockwork, qui retrace une décennie musicale en 80 minutes. 2tall explique que l’intention derrière ce projet était de faire ressortir une généalogie en matière de productions hip-hop et de beatmaking depuis le tournant du millénaire jusqu’à aujourd’hui. Une manière de laisser apparaître la révolution silencieuse et influente qui s’est déroulée en dessous des médias mainstream jusqu’au retour triomphant du Boom Bap ces dernière années.

Avec Jim 2tall et Kper aux platines et Clockwork à la postprudction, le but des trois DJ’s était faire ressortir les modulations subtiles d’un son qui continue à être un peacemaker pour les générations à venir. En plus de ce mix peaufiné avec virtuosité, le site A Boom Bap Continuum présente de manière détaillée le projet, en particulier la tracklist et un bel artwork old school.

À noter également dans un registre plus ou moins similaire, le projet Rap History ou The Rub qui proposent tous deux des chronologies annuelles depuis les origines du hip-hop. Cependant, c’est sans aucun doute le mix réalisé en 2004 par Strictly Kev, aka DJ Food, “Raiding The 20th Century” qui constitue la mixtape ultime en matière de cut up et de Djing.

A Boom Bap Continuum… ten years of beats from ‘99 to ‘09 A Boom Bap Continuum… ten years of beats from ‘99 to ‘09 by ABoomBapContinuum

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Jive: Next Stop Soweto, le funk des townships


Strut s’offre un plongeon dans les racines du township jive

À l’heure où toutes les oreilles se tendent vers les fragrances africaines des Vampire Weekend, Next Stop Soweto constitue une très belle occasion pour creuser un peu plus en amont les origines de telles influences. Cette compilation, la première d’une trilogie, regroupe des rares morceaux produits dans les townships de Soweto durant les années 60 et 70. L’âge d’or du township jive, une combinaison de rythmes traditionnels Zulu, de percussions Sotho et d’influences occidentales pour la guitare et la basse. Plus généralement appelé Mbaqanga, il s’agissait d’un courant très populaire dans les townships tout au long de l’apartheid.

En raison de la situation politique et du boycott qui frappait l’Afrique du Sud, cette version antérieure de l’afropop aura mis passablement de temps avant d’attirer l’attention des musiciens occidentaux. Pour l’anectode, Paul Simon a joué un rôle important pour sa diffusion dans les circuits occidentaux, en collaborant avec le groupe vocal Ladysmith Black Mambazo et en s’entourant de musiciens sud-africains pour la tournée qui a suivi la sortie de son album “Graceland”.

Toutefois, l’urgence et le groove brut qui empreigne “Next Stop Soweto” se situent à des lieues des productions aseptisées qui ont popularisé ce style par la suite et on saisit avec quelle force la musique a pu servir de soupape pour juguler toutes les humiliations subies sous le régime afrikaner.

ALBUM

  • Compilation, “Next Stop Soweto” (Strut) sortie le 16 février

Télécharger: Next Stop Soweto, I Sivenoe Melotone Sisters with Amogola Band

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Soul: Gonjasufi, nébulosité mystique


Gonjasufi propose sa relecture chamanique de la pop music aux musiques ethniques

“A Sufi and a Killer” est un album étrangement polymorphe, voire obsédant, qui emprunte à tous les registres musicaux pour se composer une identité propre. Une sorte de testament liturgique d’un gourou repenti, une confusion structurée autour de boucles de sitars ou de choeurs outranciers provenant de confins orientaux. Une délicate ode païenne dans laquelle le rock garage de SuzieQ ou DedNd fait place à des titres proches du boogie funk (Duet) ou de l’electronica minimale (Candylane).

Un cheminement diachronique et mystique qui conserve son homogénéité grâce, d’une part, aux textures analogiques éraillées composées par Mainframe et AJDM et, surtout, la voix de Gonjasufi qui suinte comme autant des susurrements à la limite du plaintif ou de la rupture. Certains titres tels que Ancestors ne sont pas sans rappeler l’ambiance dégagée par Dudley Perkins à l’époque de “A Lil’ Light”. “A Sufi and a Killer” plongent dans les mêmes introspections de l’âme, en y ajoutant quelques traces magico-religieuses.

ALBUM

  • Gonjasufi “A Sufi and a Killer” (Warp) sortie le 08.03.10

Télécharger: Gonjasufi, Ancestors (produit par Flying Lotus)

Gonjasufi, DedNd

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Club: Roska, Ain’t it (UK) Funky


Un mix de Roska jauge les rythmes des clubs anglais

2009 restera sans aucun doute une année charnière pour Wayne Goodlitt qui, avec quelques autres tels que Donae’o, Cooly G ou Geneeus, s’est retrouvé propulsé comme une des figures emblématiques du Funky sous le pseudonyme Roska. Puisant son inspiration dans la scène garage et house, il est un des premiers à avoir agrémenté ses productions avec de percussions largement inspirées par la soca.

Cet aperçu succinct des orientations actuelles du funky démontre, même si ce n’est pas une surprise, qu’une partie de ce courant se rapproche de plus en plus des productions house traditionnelles…What’s next?

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SITES

Roska, In your Handbag

LIVE

  • 22.01.10 Dub Ex Machina / Zürich

  • 05.02.10 Freaks & Geeks / Bruxelles

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Compilation: Bob Blank, initials B B


Une compilation revient sur la contribution cruciale du producteur new-yorkais

Après avoir tenté de manière infructueuse de lancer une carrière de musicien de studio, c’est en tant qu’ingénieur du son et producteur Bob Blank va réussir à imposer sa patte dans la scène new-yorkaise à partir du milieu des années 70.

Lorsqu’il ouvre en 1973, ce sont surtout les prix très attractifs des sessions qui attirent les premières vagues de musiciens au Blank Tape Studios. Sans se soucier des distinctions de styles, Bob Blank se retrouve d’emblée à enregistrer des artistes issus des diverses scènes bourgeonnantes de la ville.

On retrouve ainsi sa signature sur de nombreuses productions de ZE Records, Salsoul, Prelude ou Arthur Russel, lorsqu’il se produisait sous le nom de Dinosaur L. Un éclectisme présent sur cette compilation dans laquelle Sun Ra et Lydia Lunch y côtoient Gladys Knight ou Debby Blackwell, dont le classique Once You Got Me Going ouvre le CD.

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Sun Ra, Where Pathways Meet

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Hip-hop: Lilea Narrative, prise de contrôle


Des places à gagner pour découvrir l’univers cinématographique du producteur caennais

Avec “Echantillodrome”, Liléa Narrative offre une synergie musicale à l’univers fascinant déployé par David Cronenberg dans son film “Videodrome”. À travers cette mise en abîme, il nous invite ainsi à partager le délire halluciné de Max Renn, le protagoniste principal qui tente de s’affranchir du pouvoir aliénant des médias.

La voix de Napoleon Maddox répond aux voix extraites du film, les crissements du défilement de la bande magnétique se mutent en scratchs incisifs et les effets de neiges de l’écran en autant de petits bruissements qui donnent à cet album une intensité doucement hypnotique.

Même si tous ces échantillonages sont construits autour d’agencements traditionnels en matière de hip-hop, Liléa Narrative pousse souvent les effets de styles jusqu’à leurs limites, comme en témoigne le vicieux Cut Vice dont les breaks semblent sculptés à coups d’effets échoïques. Long live the new flesh !

Liléa Narrative se produira au Glaz’art dans le cadre de la soirée “Novö Hip Hop on Top”, le 11.02.09. Pour gagner des invitations à cette soirée (max. 2 par personne), envoyez-nous un mail à contact@vibrations.ch, en indiquant indiquant “MERCI LILEA” dans le titre avec vos nom et prénom. Il y a 2X5 places à gagner et les cinq premières personnes seront contactées par email.

ALBUM

  • Liléa Narrative, “Echantillodrome” (sortie le 19.01.01)

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Electro: Rita Indiana, le coup de grâce


Rita insuffle son expérience new-yorkaise au merengue

À la fois musicienne et artiste multimédia, Rita Indiana est une géante de 1m90 dont le charisme caribéen n’est pas sans rappeler une certaine Grace Jones. Active aussi bien en solo, en duo avec Miti Miti et encore avec son groupe Los Misteriosos, son adaptation électrifiée du merengue constitue un message prometteur en provenance des clubs de San Juan et de Saint-Domingue. Difficile en tous les cas de ne pas se laisser emballer par son clip pour La Hora de Volve.

Rita Indiana, La Hora de Volve

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Expériences: The Tapeworm, la musique par la bande


Sculpture de Brian Dettmer

Un label réactive les vertus de la cassette culture

À l’heure de la numérisation à outrance et des discussions sur le futur de la musique, il n’est pas surprenant que les propriétés culturelles et esthétiques de supports de reproduction sonore obsolètes soient remises au goût du jour. Avec la sortie en 2005 de son ouvrage “Mixtape: The Art of the Cassette Culture”, Thurston Moore payait un hommage indexé aux diverses formes culturelles véhiculées grâce à ces petits rectangles de plastique pour bandes magnétiques.

Les cassettes audio (compact cassette) furent lancées sur le marché vers le milieu des années 60 par Philips. Fait rare, c’est la même firme hollandaise qui, 20 ans plus tard, révolutionnera une nouvelle fois les modes d’écoute en inventant le disque compact. Avant ce basculement numérique, les cassettes constituaient le média privilégié pour écouter, et surtout recopier, des productions musicales. Un monopole d’autant plus long que les dispositifs CD-R, qui existaient déjà vers la fin des années 80, sont gardé très longtemps des prix prohibitifs. Du punk au hip-hop, plusieurs générations de courants musicaux ont ainsi profité de ces vertus reproductives pour promouvoir des esthétiques DIY.

Même si le CD et les fichiers Mp3 semblent les avoir rendus caducs dans les habitudes musicales, les cassettes n’ont cependant pas totalement fini de se débobiner. Dans un premier temps, la plupart des zones non occidentales continuent de profiter en masse des avantages apportés par cette technologie analogique. Ensuite, il existe toute une frange d’artistes ou de nostalgiques qui, à l’instar de Thurston Moore avec son livre “Mix Tape: The Art of Cassette Culture”, participent à canoniser les apports culturels et esthétiques déterminants de ce medium.

Enfin, à l’heure actuelle, toute une nouvelle vague d’artistes, de musiciens ou de labels semblent redécouvrir le charme désuet de la bande magnétique sous des formes. C’est le cas notamment de The Tapeworm, un label proche de Touch, dont le catalogue est constitué exclusivement de cassettes audio. Souvent produites en nombre très limité, on y trouve des pièces musicales, mais également des conférences ou des interviews d’artistes et d’intellectuels. À ce titre, la première édition du label fait office de manifeste. Il s’agit l’adaptation d’un texte de Jean Baudrillard, Xerox et l’Infini, dans lequel le philosophe interroge les questions touchant aux technologies de reproduction.

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Electro: Oy, comme une grande


Joy Frempong explore le monde de l’enfance pour exprimer sa maturité

On avait déjà pu remarquer Joy Frempong, notamment grâce à ses apparitions aux côtés de Stade et d’Infinite Livez. Pour ce premier projet personnel, la chanteuse tempère ses scats félins afin de présenter un inventaire tout aussi convaincant de l’étendue de son talent.

La chanteuse a composé la trame de “First Box Then Walk” à partir de souvenirs d’enfance glanés auprès de ses amis. On y retrouve ainsi une sélection de situations amusantes et poétiques, par exemple cette petite fille qui avait l’habitude de boxer en arrivant à chaque coin de rue afin d’anticiper toute forme de rencontres malveillantes.

Cet univers cocasse est encore renforcé tout au long des 25 seynettes musicales bricolées intégralement par Joy. Une série de sons, de refrains, des juxtapositions plus ou moins puériles, qui démontrent un talent multifacette et offrent des matrice idéales pour exprimer la créativité et la maturité de son art vocal.

ALBUM

  • Oy, First Box Then Walk (Creaked Records) sortie le 03.02.10

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OY, First Box then Walk, Web Advert from Damien Pascoe on Vimeo.

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Disco: John Morales, bandes originales


Une compilation permet de redécouvrir des versions inédites d’un pionnier du remix

“Tonight, it’s party time, it’s party time tonight”, les voix susurrantes qui introduisent “Weekend” résument bien le parti pris musical de John Morales tout au long des années 80. Porto ricain d’origine, il a grandi dans le Bronx et c’est là qu’il débute en tant que DJ vers le milieu des années 70. Il commence à se professionnaliser dans des conditions assez inhabituelles en étant incorporé en tant que DJ pour l’US Air Force.

Toutefois, c’est surtout grâce à ses talents de producteur que John Morales s’est, dans un premier temps, fait un nom dans la scène underground new-yorkaise. Il fonde M&M en s’associant avec Sergio Munzibai et les deux autodidactes se retrouvent rapidement derrière de nombreux classiques de cette période tels que Axel F d’Harold Faltermeyer ou le Dr Beat de Miami Sound Machine. Ils ont également entamé une longue collaboration avec Salsoul où leur sens des percussions rencontrait un certain succès en matière de club versions.

Morales avait comme habitude de réaliser systématiquement plusieurs versions des morceaux sur lesquels il devait travailler. Il avait conservé les bandes de cette vaste collection de remix inédits qui brosse un des débuts de la house music. Longtemps considérée comme un simple technicien, la reconnaissance actuelle de l’apport artistique des producteurs lui permet de refaire surface sous un nouveau jour.

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Class Action, Weekend (1983)

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hip-hop: Reverse Engineering, compte à rebours


Expéditions dans des univers en haute résolution

Il y a quatre ans, la sortie de leur premier album “Duck & Cover” avait permis une diffusion plus large des beats à la précision millimétrée d’Alain Decrevel et David Pieffet, le duo très discret qui se cache derrière Reverse Engineering.

Largement inspirés par les BO des films de karaté, de science-fiction ou d’horreur, ils ont toujours agrémentés leurs productions et leurs lives de sons et de voix qui donnent cette forte connotation cinématographique à leur abstract hip-hop.

Le deuxième album des représentants romands sortira le 25.01.10 (Jarring Effects). En attendant ce ”Highly Complex Machinery”, voici un single, dans lequel on retrouve M-Sayyid, ainsi qu’un large aperçu des directions prises par RE ces derniers mois.

ALBUM

  • Reverse Engineering, ”Highly Complex Machinery” (Jarring Effects) sortie le 25.01.10

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Soul: Georgia Anne Muldrow, les ballades d’une reine


Georgia Anne Muldrow fait l’étalage de son talent dans un album en hommage à MJ

“Elle est incroyable. Elle est comme Roberta Flack, Nina Simone, elle est quelque chose de différent. Je n’ai jamais entendu quelqu’un chanter comme ça. Elle est une religion”. Voilà le type de compliments quelque peu emphatiques qui font toujours bon entendre lorsqu’on est une chanteuse inscrite dans la tradition soul. Toutefois, quand de telles louanges sont prononcées par Mos Def, dans une interview pour le New York Times, on peut surtout présumer légitimement de l’immense talent de Georgia Anne Muldrow.

Flirtant souvent avec l’expérimentation, elle a su affirmer un style très personnel et autonome en se chargeant notamment de l’intégralité de ses productions. Avec “Kings Ballad”, dont le titre éponyme est inspiré par les derniers jours d’un “ami de la famille” dénommé MJ, elle ne déroge pas à ses habitudes. Ne faisant recours à aucun sample, elle a composé, joué et chanté intégralement chacun des 19 titres qui jalonnent cet album. Nul besoin de se livrer à la surenchère en matière de références. Il ne fait aucun doute que cet album “mo’ fonky” de la compagne de Dudley Perkins, qui l’accompagne sur quelques morceaux, trace de nouvelles orientations en matière de nu soul. A suivre.

ALBUM

  • Georgia Anne Muldrow, “Kings Ballad” (Ubiquity) sortie le 09.02.10

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Hip-hop: Speech Debelle, succès thérapeutiques


A l’heure des hommages de fin d’année, retour sur Speech Debelle qui a gagné le Mercury Prize 2009 grâce à son premier album “Speech Therapy”

Sur son poignet gauche, Speech Debelle s’est tatoué une bandelette de notes musicales dans laquelle est insérée l’intrigante formule « Pain is Love ». Souvenir d’une adolescence exempte de romantisme mièvre, cette phrase caractérise adéquatement une chanteuse ambivalente dont les expériences vécues façonnent chacun des mots. Une posture sans artifice qui lui permet avec « Speech Therapy » de signer un premier album admirable d’authenticité.

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Compilations: Athens, voyage dans l’underworld


Underworld et The Misterons tentent le grand écart avec “Athens”

Après le succès rencontré par la série DJ-Kicks, dont un 30e volume acidulé vient d’être orchestré par Chromeo, le label !K7 prouve qu’il sait toujours faire preuve d’originalité en matière de compilations. Avec “Athens: Underworld vs. The Misterons”, le genre est même poussé vers un certain degré de maîtrise en matière d’assemblage hétéroclite.

Actifs aussi bien dans le domaine de la musique électronique que dans le graphisme, grâce à leur agence Tomato, Karl Hyde et Richard David Smith incarnaient parfaitement l’esprit DIY qui a soufflé tout au long des années 90 dans les domaines créatifs. Leur statut iconique avait été consolidé de manière définitive grâce à Born Slippy, l’hymne de “Trainspotting”.

Accompagnés par leurs collaborateurs Darren Price et Steven Hall, probablement The Misterons, ils offrent un trip d’une fluidité surprenante. Depuis l’introduction de “Journey in Satchidananda” d’Alice Coltrane, jusqu’aux beats appuyés d’un remix afrobeat de Laurent Garnier, en passant par le superbe Rectify de Moodyman, “Athens” se présente comme une montée tout en contrôle depuis les profondeurs du groove électronique.

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COMPILATION

  • V/A, “Athens: Underworld vs. The Misterons” (!K7)

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New Orleans: Galactic, l’esprit de Mardi gras


Galactic s’entoure d’une pléiade d’invités pour fêter la diversité musicale de la NouvelleOrléans

Originaire de la Nouvelle-Orléans, Galactic joue en quelque sorte un rôle de conservateur des différents courants qui traversent cet immense musée musical. Plutôt que de jouer la carte de la duplication, le quintet puise dans l’énorme héritage légués par des monuments tels que les Meters, le Dirty Dozen Brass Band ou Professor Longhair, pour proposer des relectures progressistes fignolées aux détours des nombreuses jams dans les clubs de la ville et de leurs interminables tournées.

Un choix audacieux qui a porté ces fruits en regard des collaborations qui jalonnent ce Ya-Ka-May dans lequel sont réunis quelques trésors locaux comme Big Chief Bo Dollis, Allen Toussaint, Irma Thomas, The Rebirth Brass Band ou Jack Boutte viennent apporter leur tonalité propre à cet hommage pour leur ville. Une belle preuve de reconnaissance pour un groupe qui ne cesse de creuser son chemin.

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Pop: tUnE-yArDs, bricolage sonique


Merrill Gabus touche au bidouillage avec son projet solo

Merrill Gabus navigue dans les mêmes zones que Dirty Projectors, avec qui elle partage d’ailleurs réguliérement l’affiche lors de leurs concerts. À travers son projet tUnE-yArDs, elle partage le même intérêt pour des relectures pop plutôt expérimentales.

Munie d’un ukulélé, d’un dictaphone et d’un programme d’édition, elle a composé une série de collages très lo-fi dont le caractère intimiste est encore accentué par l’intégration de bruits, de voix ou de diverses sonorités ambiantes. Son premier album “BiRd-BrAiNs” rassemble ainsi 13 compositions qui laissent une large place à l’aléatoire et à la voix intense de Merrill.

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- tUnE-yArDs, Sunlight, “BiRd-BrAiNs” (2009)

tUnE-yArDs, Fiya, “BiRd-BrAiNs”

tUnE-yArDs, Hatari, “BiRd-BrAiNs”

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Funk: Funkineven, fréquences acidulées


Le jeune producteur londonien sort un EP aujourd’hui

Quelque part entre le funk clinquant de Prince, la neo-soul et les snares de TR-909 des Belleville Three, Funkineven s’est trouvé un qualificatif personnalisé pour parler de sa musique, le Hip Soul Sonic. À savoir, une fusion de hip-hop, des beats lourds et de lignes futuristes qu’on peut apprécier sur son dernier EP dans lequel on retrouve également la chanteuse Fatima, qui pose sa voix sur Lil’ Gil de Shafiq Husayn. “Kleer” évoque d’ailleurs à certains égards les productions de Sa-Ra ou de Dâm-Funk.

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Funk: Pedro Bell, Free your mind les petits


L’illustrateur légendaire des Parliament / Funkadelic met ses originaux en vente

Un article dans le Chicago Sun Times dévoilait cette nouvelle qui ne manquera pas d’interpeller tous les amateurs des cosmographies P-Funk. En effet, même si son nom reste l’apanage des experts, Pedro Bell est l’auteur de près d’une trentaine de pochettes des Parliaments / Funkadelic.

Tout au long des années 70 et 80, sous le pseudonyme de Sir Lleb, il annotait et illustrait les albums avec un style inspiré par les bandes dessinées et d’obscures expressions d’alchimie musicale. L’inquiétante poupée vaudou de “Cosmic Slop”, l’alunissage de “One Nation Under a Groove” ou le fantasme cyberphallique (censuré) de “Electric Spanking War Babies”, il a largement contribué à donner un style à la révolution psychédélique et afrofuturiste emmenée par George Clinton et sa tribu.

Comme le souligne le curateur de l’exposition “Funkaesthetics” qui se tient actuellement à Toronto, “George Clinton a largement profité de la dimension conceptuelle attribuée au P-Funk, mais Pedro Bell y a contribué de manière importante à travers ses textes et son imagerie.” Agé de 59 ans, Bell est omplétement fauché et il s’est décidé à trouver des collectionneurs intéressés à racheter les originaux.

Pedro Bell vivait à 100% la philosophie P-Funk, ce qui nous vaut cette belle leçon en matière de programmes pour enfants. Free your mind les petits! Ça décolle vraiment à partir de la troisième minute…

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Pedro Bell, émission Chic-a-go-go (1997)

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Expériences: Renée Green, expédition au Greenland


Une rétrospective sur l’artiste américaine se tient actuellement au MCBA de Lausanne

Cela fait plus de 20 ans que l’artiste américaine explore les enjeux identitaires contemporains en opérant des va-et-vient entre ses expériences personnelles et des documents de la mémoire collective. “Aux procédés artistiques hérités de l’art conceptuel”, comme le souligne la commissaire de l’exposition Nicole Schweizer, “Renée Green allie des réflexions issues de la critique postcoloniale pour explorer la place du sujet dans l’histoire et aborder la question des identités et de leurs possibles fluctuations”.

En présentant ses allégories du voyage ou ses interrogations taxinomiques, sémantiques ou graphiques, la rétrospective du MCBA de Lausanne présente un panorama exhaustif des axes de recherches à partir desquels Renée Green parvient à construire cette généalogie anachronique.

L’approche de Renée Green, dont le frère Derrick n’est autre que le guitariste et chanteur de Sepultura, est également marquée par la place occupée par la musique et les sons. En particulier, à travers la série de documentaires qui composent “Wavelinks“. Présentée lors des expositions Sonic Process du Centre Pompidou (2002) et au Sonar festival de Barcelone (2004), cette installation est composée de 7 petites unités octogonales munies chacune d’une vidéo sur moniteur et d’écouteurs.

Sur un total de près de 50 heures d’interviews filmés, des artistes, des théoriciens ou des activistes tendent de circonscrire quelle est la portée des sons, organisés ou non, dans notre perception de la réalité. Des personalités comme Christian Marclay, DJ Spooky ou le critique Diedrich Diedrichsen explorent les arcanes de la musique électronique et s’interrrogent sur la capacité du son à créer des “points de contact ” entre des individus ou des lieux.

EXPOSITION

  • Renée Green, “Ongoing Becomings: Rétrospective 1989 - 2009″, jusqu’au 3 janvier 2010

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Label: Kode9, Cinq ans dans l’hyperspace


PHOTO: Joël Vacheron

Hyperdub sort une compilation marquant ses cinq d’activité. Début 2007, Steve Goodman évoquait sa vision du dubstep pour le magazine Vibrations.

Le teint pâle et le regard quelque peu indolent, Steve Goodman, aka Kode9, n’est pas du genre à se soucier de son quotient hebdomadaire de sommeil et d’ensoleillement. Cependant, débarqué le matin même d’une tournée de deux semaines en Chine, le DJ et producteur avoue endurer quelque peu cette interminable journée.

A semi avachi dans son home studio du sud de Londres, il tient à s’excuser pour ses éventuelles inattentions. Une politesse superflue, car on s’apercoit bien vite que les effets pernicieux du jetlag n’ont guère d’impact sur l’esprit pénétrant et original de ce personnage multifacettes. Sa vision “intelligent” du dubstep lui vaut d’être retenu dans le palmarès des meilleurs musiciens 2006 par le magazine d’art contemporain Artforum.

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Dub: King Midas Sound, la face mélancolique


Avec King Midas Sound, Kevin Martin continue à jouer à Dr Jekyll et Mr Hyde

Vétéran de la scène underground londonienne, Kevin Martin n’apprécie être réduits à travers des catégorisations hâtives. A ce titre, le succès rencontré, notamment par son dernier album produit sous le patronyme de The Bug, ne semble pas lui avoir apporté uniquement des expériences bénéfiques. “Dans l’industrie musicale, on est autorisé à n’avoir qu’une seule dimension et j’ai eu l’impression que The Bug devenait une sorte de cliché” déclare-t-il à ce propos. “Mais à mon avis, il est essentiel de proposer quelque chose qui va toujours au-delà des caricatures faciles et King Midas Sound est en quelque sorte l’opposé de The Bug”.

Ce n’est d’ailleurs pas la seule casquette à sa disposition car Martin multiplie depuis de nombreuses années les incorporations les plus diverses. Toutefois, ce projet constitue l’exutoire le plus direct par rapport aux univers sombres promus par “London Zoo” ou “Pressure”. Avec “Waiting For You”, Kevin Martin explore des intensités plus élusives et émotionnelles qui sont largement amplifiées grâce aux voix vaporeuses d’Hitomi et surtout du poète Roger Robinson qui, avec son falsetto quelquefois au bord du murmure, infuse la sensibilité lovers rock de cet album.

À travers cet hommage indirect à des figures tutélaires telles que Gregory Isaacs ou Cornell Campbell, Martin peut surtout faire ressortir les revendications identitaires qui caractérisent ce style hybride né dans le sud de la Grande-Bretagne au début des années 70. “Les chanteurs de lovers rock se différenciaient des chanteurs jamaïcains notamment parce qu’ils se concentraient à faire ressortir une charge émotionnelle. C’était leur manière à eux d’affermir leur identité.” Entre craquements, souffles et réverbérations, King Midas Sound perpétue admirablement cette quête emprunte de mélancolie.

ALBUM

  • King Midas Sound, “Waiting For You” (Hyperdub), sortie le 30.11.09

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CONCERTS

  • 05.11.09 Lausanne / Le Romandie (Les Urbaines)

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Electro: Jaga Jazzist, groove en suspension


Le premier single du groupe scandinave en téléchargement

Cela fait près de quatre ans, avec la sortie de l’album “What We Must”, que la petite famille norvégienne n’avait plus fait trop parler d’elle. Ensemble depuis 1994, six des membres originaux font toujours partie du groupe, il n’est pas forcément évident de motiver et de réunir 10 personnes avec la même constance. Ceci d’autant plus que, par rapport à “What We Must” Jaga Jazzist a opté pour une approche beaucoup moins spontanée.

Comme le souligne Horntveth, “cette fois-ci, la musique est plutôt complexe et tout était écrit. Cela a toujours été notre but de pouvoir être autant à l’aise dans l’improvisation qu’avec des partitions mais les enregistrements ont été particuliers, car nous étions tenus à suivre nos partitions.”

Une tendance à l’orchestration qui est perceptible dans One-Armed Bandit.Puisant toujours dans des répertoires mouvants inspirés par l’electronica, le jazz, la pop ou le rock, ce single continue à faire l’inventaire des vastes panoplies mélodiques qui font la particularité du groupe. Entre deux montées de cuivres ou de clavecins synthétiques, ce titre synthétise le suspense des polars de l’ère prénumérique.

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  • Jaga Jazzist, One-Armed Bandit

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Expériences: Phill Niblock, drone à voir


Le compositeur et réalisateur en concert à La Serpentine

Dans le cadre des Park Nights, La Serpentine invitait le compositeur et réalisateur Phill Niblock pour un concert en hommage à Max Neuhaus, décédé en début d’année. Contemporain de Terry Riley, La Monte Young ou Tony Conrad, Niblock est quelquefois considéré comme une des pionniers sous-estimé de la tradition minimale américaine.

Deux pièces étaient au programme de ce concert donné dans le pavillon réverbérant de Kazuyo Sejima & Ryue Nishizawa. 3 to 7 - 196 (1974), samples préenregistrés et violoncelle, et One Large Rose (2008), exécuté par les quatre membres du Nelly Boyd Ensemble. Chaque musicien répétant la même note tout au long du morceau, il en résulte un son continu et dense dont les altérations quasi imperceptibles provoquent des stimuli. Ces longues compositions, Niblock est un des pionniers du drone, génèrent des superpositions de textures sonores très denses dans lesquelles se dessinent furtivement des harmonies, se dégagent progressivement des passages.

Parallèlement, a son activité musicale, Niblock a également été photographe de jazz et réalisateur de nombreux films. Il est notamment l’auteur de “The Magic Sun”, une fantaisie céleste en noir et blanc dédiée à Sun Ra. Son concert londonien était une occasion la projection de deux de ses films. Un court-métrage composé, essentiellement de collage, en hommage à son ami Max Neuhaus, “Max” (1966) ainsi qu’un long extrait tiré de The Movement of People Working (China, 1989).

Débutée en 1973, cette série présente des successions de scène d’ouvriers exerçant des activités manuelles dans différentes parties du globe. Avec leurs répétitions, ces divers mouvements ajoutent une couche de fluctuations cycliques qui amplifie encore l’intensité de la performance. À travers ces structures rythmiques visuelles et auditives, les pièces de Niblock s’apparentent a des mantras profanes aux effets hypnotiques. Une expérience rendu encore plus vibrante grâce à l’excellente sonorisation du lieu.

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Phill Niblock, “The Movement of People Working - China” (1989)

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Disco: Al Kent, Disco sucks…sex!


Retour sur une nuit rocambolesque de 1979

En 1979, Steve Dahl animait un show sur une radio de Chicago. Déjà réputé pour avoir une personnalité allumée, ce rocker convaincu ne perdait pas une occasion pour descendre les nouveaux genres musicaux qui fleurissaient sur les ondes de sa ville. Son fait d’armes le plus mémorable a lieu le 12 juillet 1979 lors de la désormais célèbre Disco Demolition Night.

Lors d’un match de baseball des White Sox, Dahl avait invité le public a amené leurs disques de disco pour ce qui devait être la plus grande opération antidisco. Durant la pause, en suivant les exhortations de l’animateur habillé en habit militaire, des centaines de spectateurs envahirent le terrain avec une telle véhémence que la situation devint rapidement incontrôlable. À tel point que le match a dû être annulé.

Même si cette initiative répondait avant tout à des fins promotionnelles, pour l’une des radios dans laquelle Dahl officiait, la fièvre régnant durant cette vendetta ne manque pas de laisser dubitatif. Il démontre à quel point ce genre musical, largement assimilés aux abus de drogues, aux déviances sexuelles et aux minorités ethniques, pouvait susciter comme ressentiments à la fin des années 70. À propos de cet événement, Nile Rodgers déclarait: “Ca nous donnait le même sentiment que les autodafés des nazis. On vivait dans le pays du jazz et du rock et les gens étaient apeurés de dire le mot disco.”

L’écossais Al Kent, un autoproclamé disco-maniaque, officie au sein du Million Dollar Orchestra avec qui il milite depuis plus de vingt ans pour la cause. Avec son morceau, qui détourne le slogan Disco Sucks en Disco Sex, il revient sur cet épisode déroutant. Le titre est tiré de son “Secret Sounds”, un EP récemment sorti chez BBE.

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Extrait télévisés liés à la Disco Demolition Night

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Hip-hop: dÉbruit, musique au sens large


Le DJ et producteur français exilé à Londres n’a pas fini d’en faire

Au côtés de ses compagnons de “Musique Large”, dÉbruit prend toujours plus le large à mesure que s’enchaînent les albums. Homme à tout faire en matière de sons, il avait déjà prouvé son expertise avec le tonifiant “Coupé Décalé”. En début d’année, il confirmait d’une “Clé de Bras” qui témoignait son penchant audacieux pour tailler des compositions bien ciselées. Un approche consolidée encore avec le futuristique maxi “Let’s Post Funk”, dans lequel Om’mas Keith feint parfaitement la fainéantise.

Même si la base reste ancrée dans le hip-hop, dÉbruit admet s’inspirer de genres très divers à la recherche d’énergie originelle. “A la naissance d’un courant, l’énergie de la création est puissante, quand on crée sans copier, tout est permis, car il n’y a pas d’exemple, pas de règle. Récemment j’écoutais de la musique nigériane, tunisienne, perse, pas mal de son roots, rock steady, du hip-hop oldschool 80’s… et tout ce qui me passe dans les mains, je suis assez curieux de nature.” De Kurtis Blow à Konono N°1, en passant par Yo La Tengo, il offre un apercu de son éclectisme et de sa maîtrise des juxtapositions dans ce mix exclusif.

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DÉbruit Feat. Om’Mas Keith & Jamie Woon I’m Goin Wit You

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CONCERTS

  • 21.10.09 Eklektic / Caen

  • 29.10.09 Social Club w/ Benga / Paris ANNULÉ

  • 30.10.09 Le Zoo w/ Lazer Sword et subtitle / Genève

  • 26.11.09 Festival La Superette / La Case à chocs

» VOIR LA TRACKLIST

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R&B: Sly Stone, Coming Back For More


Sortie d’un documentaire et d’un livre sur le mythe de Sly Stone

La première du documentaire réalisé par Willem Alkema sur Sylvester Stone aura a lieu le 16.10.09 dans le cadre du Hot Spring Documentary Film Festival. Figure incandescente de la fin des années 60, Sly Stone est également reconnu comme l’un des reclus les plus célèbres de la pop music. À l’instar d’un Howard Hugues ou d’un Axl Rose, son existence est marquée par un retrait à tel point radical que beaucoup le pensaient mort. Des réalisateurs, des journalistes, des musiciens et des amis ont tenté en vain de le retrouver. En 2004, après deux ans de recherches, Willem Alkema a finalement réussi à le localiser dans une petite ville juste en dehors de LA.

Edwin & Arno Konings ont également annoncé qu’un livre “Thank You” The Story of SLy & The Family Stone” est également en cours d’écriture et devrait sortir dans le courant 2010. L’an passé, le retour sur scène de Sly Stone avait fait couler passablement d’encre et ce comeback polémique avait motivé l’écriture de ce petit essai.

Trailer “Coming Back For More”, 2009

» LIRE L’ESSAI “RETOUR SUR UN COME BACK”

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Expériences: Collage, Back in the U.S.S.R.


L’album intrigant d’un groupe estonien refait surface

Avec une pochette à l’esthétique photographique épurée, un titre proche du minimalisme conceptuel et un nom qui ne l’est pas moins, l’album “Forty Seven Minutes Four Seconds” de Collage renvoie immanquablement à quelques clichés véhiculés par des projets électroniques contemporains. Mais les illusions sont trompeuses et on a vite fait de se raviser à l’écoute de cet ovni estonien providentiellement exhumé par le label Wool Recordings.

Formé en 1966 autour de Rivo Dikson, Collage était essentiellement formé par des étudiants du Conservatoire de Tallin qui proposaient un télescopage parfaitement maîtrisé d’influences. Jazz vocal ou polyphonies aux élans liturgiques, répertoires classiques à la tenure rigoureuse, musiques folkloriques ou bossa nova, chaque seconde réserve un air de surprise. Si quelques fredonnements rappellent les trames cinématographiques de Michel Legrand et certains rythmes énergiques le souffle des Doubles Six, on peut se retrouver très vite propulsé vers le groove de Quincy Jones ou des zones oniriques déglinguées proches d’Os Mutantes.

Un cocktail d’influence étonnamment diversifié pour un groupe astreint à se plier au relatif isolement imposé par les diktats du régime communiste. Toutefois, comme le souligne un ancien membre du groupe, Collage profitait à la fois de données géographiques et juridiques. “Les connexions avec l’occident n’étaient pas aussi bonnes qu’aujourd’hui, notamment grâce à Internet, et il fallait quelque temps avant que les productions musicales nous parviennent. Toutefois, l’Estonie se trouvait à la pointe de l’URSS et il nous était capable de capter les programmes de la radio et de la télévision finlandaise.” De plus, l’URSS n’ayant pas encore ratifié les conventions concernant les droits d’auteurs autorisait les musiciens à utiliser les compositions à n’importe quelles fins.

Collage a été actif durant une dizaine d’années durant lesquelles le groupe enregistrera trois albums, un maxi et se produira trois fois hors de l’URSS. En “47′04″ minutes, ce disque offre un testament sonore intrigant en provenance d’un monde évanoui.

ALBUM

  • Collage, “47′04″ (Wool Recordings) 09.11.09

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hip-hop: The Last Poets, il était une fois l’amerikkk


Made in Amerikkka retrace les combats menés par les Last Poets

Parmi les transformations profondes qu’elle a pu engendrer, l’élection d’Obama a surtout permis de mettre en perspective l’évolution de processus variés relatifs à la reconnaissance de droits civiques des communautés afro-américaines. Après la Guerre de Secession, et plus spécifiquement depuis l’instauration de politiques ségrégationnistes, le contexte politique américain est fondamentalement lié à des groupes, à des personnalités et à des idées prônant de manière toujours plus radicale des transformations de la société.

Avec l’appel à un soulèvement révolutionnaire prôné entre autres par le Black Panther Party, le contexte des années 60 marque un moment sans précédent dans le déploiement de telles velléités émancipatoires. C’est un 19 mai 1968, le jour de l’anniversaire de Malcolm X, que les Last Poets donnent leur premier concert au Marcus Garvey Park de New York. Poussés par leurs idéaux, les membres originaux, dénommés Felipe Luciano, Gylan Kain et David Nelson avant d’adopter des patronymes arabes, avaient choisi la musique et le mot comme armes politique.

En véhiculant leurs revendications à l’aide de percussions africaines, d’envolée free-jazz et de spoken word, ils connurent rapidement un large succès et posèrent les premiers jalons à la culture hip-hop. Après de longues années de séparation, les membres originaux se sont retrouvés en 2008 dans le cadre du Festival des Banlieues Bleues. Avec “Made in Amerikkka, Claude Santiago a profité de cette occasion pour réaliser un film dans lequel les poètes, en retraçant leur histoire, permettent de revenir sur un pan d’histoire crucial de la cause afro-américaine.

DVD

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Rock: The Feelies, des rythmes toujours aussi fous


Réédition des deux premiers albums du groupe mythique

En regard de leurs looks de collégiens propres sur eux, on remarque d’emblée que l’influence de The Feelies sur les hipsters actuels ne se limite pas seulement à leur rock indie énergétique. Qualifié de meilleur groupe underground New Yorkais par le Village Voice en 1976, le groupe obtiendra un énorme succès d’estime à la sortie de leur premier album.

À l’aide de techniques d’enregistrement originales et avec ses longues plages d’improvisation et de drone, “Crazy Rythms” (1980) constitue une référence en matière de rock minimaliste qui renvoie aussi bien au Velvet Undergrund, à l’énergie chaotique de DNA ou aux compositions sérielles de Steve Reich et de Philip Glass. Précises, voire obsessionnelles, leurs compositions conservent leur étonnante charge hypnotique.

En raison de quelques démêlés avec leur label, notamment du fait que le groupe n’aimait pas trop faire de tournées, ils leur faudra six ans pour donner suite à ce coup de maître. Même si l’impact de “The Good Earth” n’a pas été aussi important, ce deuxième album allait définitivement confirmer leur statut mythique. Alors que le groupe s’est récemment reformé, la réédition de ces deux classiques permet d’accentuer le regain d’intérêt.

ALBUM

  • The Feelies, “Crazy Rythms” (Stiff Records / Domino Records) sortie européenne le 26.10.09

  • The Feelies, “The Good Earth” (Domino Records) sortie européenne le 26.10.09

The Feelies, Moscow Nights, “Crazy Rythms” (1980)

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Electro: Hudson Mohawke, hiphop version 3.0


Hudson Mohawke joue aux ambassadeurs galactiques

C’est à travers sa dextérité que Ross Birchard s’est d’abord fait un nom dans la scène turtablist écossaise. Son père, un DJ dilettante originaire de Los Angeles, l’a rapidement approvisionné en import de soul et de funk dans lequel il pouvait puiser. Une bonne base pour faire ses gammes dans le hip-hop. Sous le nom de guerre de Hudson Mohawke, “Butter” pousse cet ancrage jusqu’à ces limites. Guitares stridentes, voix susurrées, basses saturées, Ross s’amuse à flirter avec des points de saturation, d’engorgement ou d’étouffement. “Je ne vois aucune raison de faire quelque chose qui a déjà été fait” déclare-t-il au sujet de cet album.

Sur une base puisant largement dans le boogie funk et le hip-hop west coast, cet apprenti sorcier de l’acoustique surajoute une artillerie de petits bruitages disruptifs qui intensifient son univers rythmique quelquefois jusqu’au vertige. Odyssée galactique et synthétique, ”Butter” s’inscrit adéquatement dans la tradition des expérimentateurs qui, des Aphex Twin à Tyondai Braxton, ont participé à façonner le son singulier du label de Sheffield. Avec son approche unique et radicale, Ross Birchard accélère même un peu le processus.

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ALBUM

  • Hudson Mohawke, “Butter” (Warp) sortie le 12 octobre

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CONCERTS

  • 22.10.09 Bordeaux

  • 23.10.09 Lille

  • 25.10.09 Nancy / Limousin

Hudson Mohawke, Overnight

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Média: FMA, la musique gratuite de qualité


La radio WFMU a lancé son projet de plateforme d’archivage

Les potentialités de diffusion offertes par les technologies du Web 2.0 ont ouvert de champs totalement inédits en matière de distribution et de consommation des productions musicale. Une abondance sans précédent, aussi bien en terme de quantité que de gratuité, qui pose toute une série de questions qui semblent inexorablement ouvertes.

À travers son slogan “It’s not just free music; it’s good music”, la station new-yorkaise WFMU continue d’emprunter des voies synchrones. Lancée en 1958 comme projet radiophonique communautariste fondé sur des principes libertaires et non-commerciaux, WFMU n’a jamais dérogé à sa réputation d’iconoclaste en matière de programmation. Un anticonformisme prolongé quelques décennies plus tard par le biais d’un website et d’un blog qui ont permis d’accroître aussi bien la couverture que l’offre de la radio.

Lancé officiellement en avril 2009, grâce à un subside du New York Musical Fund, WFMU a fait encore un pas supplémentaire en mettant en place une plateforme de téléchargement accessible gratuitement. Inspirée par Creative Commons et les mouvements rattachés à l’open source, Free Music Archive propose aux artistes et aux labels de diffuser leurs titres ou leurs albums. Derrière le slogan “It’s not just free music; it’s good music”, le site entend offrir une sélection hétéroclite qui ne cesse de s’étoffer au fil des semaines.

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Club: El-B, de la salsa et au-delà


Le producteur londonien revient sur tous les fronts

Légende de la scène UK Garage en tant que DJ, producteur et fondateur du label Ghost Records, El-B a souvent été cité comme une des influences majeures à l’origine du dubstep, notamment auprès d’un certain Burial. Un penchant affirmé pour les ambiances sombres qui ne l’empêche pas d’apprécier également les climats plus tropicaux.

À ce sujet, il admet se rendre régulièrement à des raves de musique latino, affirmant même qu’il s’agit de “la meilleure musique du monde. Même si je garde souvent cela pour moi”. Une passion pas si secrète si l’on en croit ses récentes productions, telles que Son De Cali avec Rossi B et Luca, ou encore cette récente mixtape de salsa.

Parallèlement, la compilation “The Roots of El-B” (Tempa) semble l’avoir également motivé à revenir au temps de Groove Chronicles, lorsqu’il donnait le rythme à l’évolution de la scène club londonienne. Un rôle historique ressuscité dans ce mix où il retrouve Noodles, son compère d’alors.

Fils d’un saxophoniste de jazz, El-B cherchait à insuffler cet héritage dans ses productions. À propos de Stone Cold par exemple, il indique dans une longue interview pour The Wire que leur but était de repousser une sensibilité jazz aussi loin que possible.

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Groove Chronicles, Stone Cold (1997)

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Mixtape: K’naan, hommage à trois messagers


J.Period, K’naan font preuve de largesse à travers un hommage à Fela et les deux Bobs

K’naan n’a pas peur de la confrontation et il le prouve en accolant son phrasé pacifiquement métronomique sur à des monstres tels que Fela, Bob Dylan ou Bob Marley. Épaulé par le producteur J.Period, il excelle à un jeu dans lequel il a déjà démontré à plusieurs reprises son habileté.

Les trois titres présente un aperçu du projet de remixes lancé par le MC et le producteur pour rendre hommage à ses trois figures légendaires, dont l’influence artistique a permis l’ouverture de nouveaux champs musicaux. Après une distribution ponctuelle de singles sur le site de The Messengers, l’album sera disponible dans son intégralité le 22 septembre.

Parallèlement à ces collaborations avec Mary J.Blige, The Roots ou Kanye West, J.Period est souvent mandaté pour la sonorisation de film ou des campagnes de marketing. C’est certainement cette assise financière qui lui permet d’être très généreux en matière de mixtapes. Il s’était récemment déjà pour ses remixes de Q-Tip qui sont également accessible en téléchargement gratuit sur son site.

Sur, Belly Full, l’hommage à Bob Marley, on retrouve également Bajah. Un rapper originaire du Sierra Leone, actuellement résidant à New York, dont la mixtape “Kings of Salone” est également disponible en téléchargement gratuit.

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Expériences: Soundtrack for an Exhibition


Un livre et un CD pour compléter “Soundtrack for an Exhibition”

“Soundtrack for an Exhibition” est une exposition qui s’est déroulée au Musée d’Art Contemporain de Lyon en 2006. Selon le commissaire Mathieu Copeland, la bande-son se prêtait tour à tour, et simultanément, à une exposition de peintures, à un espace vide et à la rencontre impromptue d’événements. L’exposition, articulée autour d’une pièce sonore de 96 jours de la guitariste Susan Stenger, présentait l’intégralité des chutes du film “The King is Alive” du réalisateur Dogme95, Kristian Levring, ainsi que des toiles soumises à des transformations chimiques continuelles réalisées par Steven Parrino et John Armleder. Grâce à cet amalgame mouvant, l’exposition fut ainsi en perpétuelle redéfinition du premier au dernier jour. À travers ses textes, interviews et les photographies, la publication qui accompagne l’exposition du MAC constitue un complément indiqué à ce projet d’”unité fragmentaire”.

Elle est agrémentée par un CD dans lequel on retrouve Kim Gordon, Alan Vega, Jim White ou Spider Stacy dans un florilège de compositions monotonales étirées. Une place particulière est accordée à l’approche musicale de Susan Stenger, qui s’est notamment fait connaître à travers son groupe Band of Susans, dont l’intérêt pour la composition s’accompagne, comme le souligne Mathieu Copeland, «d’un intérêt pour les formes “d’organisation sociale” qui peuvent prendre place à travers ses activités. The Brood, un groupe formé par Stenger à Londres en 1996, est né de son désir pour un “re-groupement” éclectique de musiciens, et associait ainsi Poss, Bruce Thomas du groupe Wire, Justine Frischmann d’Elastica, et David Thomas de Pere Ubu, Pan Sonic, John Tillbury et Gavin Bryars. Ensemble, ils ont renouvelé l’approche de l’exécution de certains “classiques” de la musique expérimentale, notamment des pièces de Cage, La Monte Young, Alvin Lucier et Christian Wolff.”

PUBLICATION

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Rock: The Slew, les fusions d’un koala


Pour son nouveau projet, Kid Koala s’associe à Dynomite D et les ex-membres de Wolfmother

Kid Koala a toujours su employer sa virtuosité aux platines pour monter des collaborations susceptibles d’étendre son spectre d’action. Après Money Mark, Gorillaz ou Dan The Automator, c’est désormais dans l’historique du rock et du blues graisseux que le DJ de Vancouver a décidé de tremper ses mains agiles. Le projet de The Slew est né il y a quelques années, lorsqu’il fut approché, ainsi que Dylan J. Frombach (Dynomite D), pour produire la bande-son d’un documentaire.

Le film n’ayant finalement jamais été achevé, le duo s’est décidé de transposer à la scène l’univers psyché rock sur lequel ils avaient assidument travaillé. La rencontre avec la section rythmique des ex-membres du groupe australien Wolfmother va leur permettre de compléter ce projet. Entre envolées Zeppeliniennes et beats bien balancés, il ne fait aucun doute que les concerts vont amener leur part de transpiration. Selon Kid Koala, The Slew ressemblerait à ”un Nirvana du turntablism. Préparez-vous à l’avènement du grungelism”.

Après quelques singles parsemés ces derniers mois sur le net, le Kid et ses amis rockers font preuve de générosité en offrant l’intégralité de leur album de 10 titres en téléchargement gratuit. Quant au CD et au double LP de l’album, qui est produit par Mario Caldato Jr (Beastie Boys), ils seront disponibles uniquement lors des concerts de la tournée nord-américaine. Pour l’instant aucune date n’est encore annoncée en Europe.

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The Slew, It’s All Over, “100%”

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Electro: Warp, une plage d’histoire


Warp s’apprête à fêter ses 20 ans à la Villette

Cela fait vingt ans que Steve Beckett et Rob Mitchell décidèrent de lancer un label susceptible de pérenniser la déferlante acid house qui égayait le quotidien des ados dans cette ville postindustrielle du Nord de l’Anglettere. Steve Beckett déclarait à ce propos: « Nous voulions prolonger l’esprit des raves, dans lesquelles nous nous rendions tous les week-ends. Nous aimions avant tout faire la fête et les gamins du coin venaient s’échanger des cassettes chez nous. Un jour, nous étions en voiture avec Rob, et il me dit : “Tiens, on devrait lancer un magazine.” Et là, je lui réponds du tac au tac, “Pourquoi pas un label ? ”.

L’idée s’est avérée plus que profitable est, vingt ans plus tard, le label de Sheffield peut s’enorgueillir d’avoir défriché passablement de nouveaux territoires en matière d’esthétique sonores et visuelles. De !!! à Vincent Gallo, en passant par Aphex Twin, Autechre, Jimi Tenor, Tortoise ou Boards of Canada, la discographie du label déborde d’artistes aux approches singulières regroupés dans un coffret commémoratif. Une soirée, en collaboration avec le label Ed Banger, est également agendée dans le courant du mois.

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CONCERT

  • 18.09.09 Warp/Ed Grande Halle de la Villette / Paris

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Rock: Kyp Malone, Alone On The Radio


Kyp Malone offre un nouvel aperçu des orientations prises par Rain Machine

Le chanteur de TV On The Radio vient de sortir un nouveau single du premier album de Rain Machine, son nouveau projet solo. À ce sujet, Malone déclarait: “J’ai commencé à écrire et à enregistrer des morceaux seuls depuis que j’ai bougé sur New York en 2000. Au début, cela était dû avant tout au fait que je ne connaissant personne. Au fil des années, c’est devenu un choix afin de profiter de la liberté que cela procure. Depuis cette période, j’ai joué régulièrement en solo. D’abord sous le nom de Black Lights, jusqu’à ce que des ados du Texas me signalent qu’ils utilisaient déjà ce nom. Ensuite en utilisant mon propre nom. Mais je n’aimais pas voir “Kyp Malone” recopié sur des t-shirts ou des flyers. Puis enfin, Rain Machine.”

Après l’intense Give Blood, Smiling Black Faces accentue l’orientation provocatrice donnée à son projet en ravivant, entre autres, le souvenir délicat de l’exécution de Sean Bell. Un soir de novembre 2006, le jeune homme sortait d’un club de striptease du Queens où il enterrait sa vie de garçon avec deux amis. Poursuivi par une patrouille de la police new-yorkaise, il avait été abattu par 50 balles alors qu’il n’était pas armé. L’affaire avait fait d’autant plus de bruit que les policiers à l’origine de la fusillade ont été acquittés.

ALBUM

  • Kyp Malone, “Kyp Malone” (Anti-) sortie le 22.09.09

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Hip-hop: Thavius Beck, dialogue avec Mush Records


PHOTO: Jessica Miller.

En marge de la sortie de son nouvel album, Mush fête son dixième anniversaire avec un mix de Thavius Beck

Fondé à Cincinnati en 1997 par Robert Curcio et Cindy Roché, cela fait une décennie exactement que le label indie Mush explore les potentialités des sonorités électroniques. D’Aesop Rock à cLOUDDEAD en passant par Jel, Odd Nosdam ou Busdriver, le label s’est taillé un statut à part grâce à des artistes qui ont su rendre poreuses les frontières entre hip-hop, electronica, folk et poésie.

Avec ces compositions éthérées et vaguement abstraites, Thavius Beck s’inscrit parfaitement dans l’univers prospectif promu par ces condisciples. À la fois expert en programmation, multiinstrumentiste et chanteur, il dispose également de cette capacité d’autodétermination qui permet de mener seul des projets à leur terme, sans avoir à quitter son appartement. Cela ne l’a toutefois pas empêché de collaborer récemment avec Nine Inch Nails ou Saul Williams.

Avec son nouvel album “Dialogue”, le producteur de Los Angeles confirme son statut de prospecteur audacieux en naviguant quelque part du côté de Flying Lotus et d’Anti-Pop Consortium. Pour fêter leur dixième anniversaire, Mush offre ce mix de Thavius Beck qui passe à la remixette quelques signatures du label.

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ALBUM

  • Thavius Beck, “Dialogue” (Big Dada) sortie le 05.10.2009

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Antilles: Tumbélé!, mémoires d’outre-mer


Le label de Brighton continue de nous faire redécouvrir des chapitres musicaux de la diaspora africaine

Peu de temps après les sorties de Columbia et de Panama! 2 (voir le mix ci-dessous), et des succès rencontrés par les divers projets liés au Nigeria et au Ghana, Soundway continue de révéler les déclinaisons intercontinentales du panafricanisme. Avec “Tumbélé!”, Miles Cleret nous convie à nous balader du côté des Antilles, plus spécifiquement dans les Départements français d’Amérique durant les années 60 et 70.

Le titre est le nom qui fût donné à un rythme qui influenca de manière décisive l’évolution des la musique martiniquaise avant l’intégration du compas haïtien. Le groupe Ry-Co Jazz, dont les membres étaient originaire de la République démocratique du Congo, joua un rôle déterminant en important la rumba congolaise aux Antilles vers la fin des années 60. Le Tumbélé deviendra emblématique d’un retour aux racines originelles par l’intégration de rythmes africains.

Alternant entre biguine, calypso, influences jazz ou psychédéliques, cette vingtaine de morceaux provenant principalement de La Martinique et de Guadeloupe permet ainsi de dévoiler la richesse d’une tradition qui a été largement occultée dans les pays anglo-saxons en regard d’autres îles des Caraïbes. Soundway offre ainsi une belle occasion de revenir sur des groupes qui, bien que très influents tout au long de cette période, se sont quelque dissolus dans la vague déferlante occasionnée par la zouk dès le début des années 80.

ALBUM

  • Compilation, “Tumbélé! Biguine, afro & latin sounds from the French Caribbean, 1963-74″ (Soundway) Sortie le 05.10.09

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Lola Martin, La Sirène La Sirène

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Club: Shut Up & Dance, histoires de dancefloor


Shut Up & Dance Music, le légendaire label underground londonien, sort une compilation rétrospective qui présente le groupe, le label et l’attitude.

Vers le milieu des années 80, Londres vivait un contexte particulièrement créatif en matière de club culture qui allait servir de rampe de lancement au Second Summer of Love. L’explosion des sous-cultures, la propagation des musiques électronique ou encore la redécouverte du MDMA offrait une configuration particulière pour l’avènement de nouvelles formes musicales.

Dans cette effervescente, l’histoire de Shut Up & Dance est significative. les deux rappers Smiley et PJ, accompagnées par DJ Daddy et DJ Hype étaient actifs dans les réseaux des raves clandestines et des manifestations Reclaim The Streets au sein d’un soundsystem dénommé Heatwave. Ne parvenant pas à intéresser les labels avec leurs productions, ils se décident pour l’autoproduction. Shut Up & Dance, le groupe, sort quelques singles remarqués, le premier est le très snapesque 5,6,7,8 (1989), jusqu’à la sortie de “Dance Before The Police Come!” en 1991.

Malgré une pochette quelque peu alarmante, ce premier album très innovateur sera une influence déterminante qui ouvrira la voie à la jungle. Avec leur fusion de hip-hop et de samples tirés des tubes pop de l’époque, le style breakbeat hautement énergisant de Smiley et PJ deviendra le son incontournable des scènes underground.

Par la suite, Shut Up & Dance, le label, continuera à asseoir son statut culte en signant des artistes comme The Ragga Twins ou Nicolette qui auréolera l’album “Protection” de Massive Attack peu de temps après. La sortie de ce coffret rétrospectif, qui regroupe une bonne partie des titres signés par le label, permet de retracer l’impact de ces productions sur l’évolution de la Drum’n'Bass, du UK Garage ou du dubstep.

ALBUMS

  • Shut Up & Dance “How The East Was Won: 1989 - 2009″ (Shut Up And Dance Music) sortie le 2 Novembre

SITE

Shut Up & Dance, “Dance Before the Police Come”, 5,6,7,8

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Jazz: Stade, toujours en roue libre


Avec “Freewheel”, Christophe Calpini et Pierre Audétat proposent une nouvelle variante de leur projet combinatoire en compagnie d’Erik Truffaz, d’Elliott Sharp et de Grégroire Maret. Une occasion pour revenir sur l’interview qu’ils avaient accordés à Vibrations lors de la sortie de “Art Brut Fe De Yoot”.

La foule se presse devant la scène du Cargo, le club mythique londonien, pour assister au vernissage de Art Brut Fe De Yoot, l’album hip hop le plus audacieux de ce début d’année. Une grande partie de l’écurie Big Dada, Roots Manuva en tête, semble particulierement curieux de voir à l’oeuvre le rappeur local Infinite Livez accompagné de Stade, la dernière recrue du label, projet expérimental polymorphe du pianiste Pierre Audétat et du batteur Christophe Calpini. En passant maître dans l’art de jouer live des sons préenregistrés, ces virtuoses du sampler se sont imposés comme des références majeures dans le domaine de l’improvisation électronique et leur performance est attendue à juste titre avec une certaine impatience.

Fidèle à son habitude, le rapper Infinite Livez joue la carte de l’humour en arrivant sur scène dans un déguisement extravagant. Sa présence scénique punkoïde et ses prouesses vocales délirantes capte d’emblée l’attention d’un public déjà convaincu. De leur côté, le binome Stade, déguisés en morts-vivant, se mélange les presets et compose imperturbablement des rythmes toujours à la limite de la régularité. Ce soir, le trio est accompagné de la chanteuse Joy Frempong, dont les scats électroniques époustoufflants s’accordent à merveille aux exubérances d’Infinite Livez. Il ne faut pas bien longtemps pour être subjugué par la puissance du groove bringuebalant de ces épigones facétieux de Sly Stone et de la Famile Adams.

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Retro: Ben & The Platano Group, aux armes et la salsa


Retour d’un classique obscur du Paris tropical

L’album “Paris Soul” de Ben & The Platano Group, sorti initialement en 1970 chez Barclay, est depuis longtemps vient d’être réédité pour la seconde fois. Cette curiosité jazz funk, très recherchée par les amateurs du genre n’a rien à envier aux formations américaines qui relisaient l’héritage musical issus des pays latins durant la même période. Le groupe emmené par Evaristo Nata était employé par le cabaret parisien “Le Lido”. Peu de temps après la sortie de l’album, Nata était interné en hôpital psychiatrique pour, apparemment, ne plus jamais réapparaître. Il aura tout de même pris le temps de nous laisser cette flamboyante démonstration de groove latino made in France. Quant à la pochette, d’un certain Bonhommo, elle veut à elle seule le détour.

ALBUM

  • Ben & The Platano Group, “Paris Soul”, 1970 (Barclay)

Ben & The Platano Group, “Platano Split” (1970)

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Latin: Quantic and his Combo Bárbaro, code quantum


Will Holland s’entoure de barbares pour un nouvel épisode de Quantic

Musicien, DJ et producteur d’origine anglaise, William Holland s’est exilé en Colombie en 2007 pour satisfaire un penchant marqué pour les musiques latino-américaines. Avec Quantic, un nom qu’il a choisi alors qu’il étudiait les mathématiques, il poursuit une carrière protéiforme qui se décline variablement en fonction de rencontres ou de l’orientation donnée à ses explorations. En 2007, il sortait “Tropedelico” avec The Quantic Soul Orchestra, puis un projet conceptuel orienté dub, “Quantic Presenta Flowering Inferno” (2008). Deux albums qui réunissent quelques musiciens incontournables de Cali.

Cette année, c’est sous le nom du Quantic and his Combo Bárbaro que Holland a décidé de fusionner son approche amalgamée et prolifique. “Tradition In Transition” continue l’exploration de paysages variés dans lesquels résonne conjointement l’héritage du rare groove, de Fania ou de Fela. Quantic and his Combo Bárbaro se produiront en France dans le cadre du Festival de l’Erdre, ainsi qu’au Bataclan.

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SITES

CONCERTS

Quantic & His Combo Barbaro, Linda Morena, “Tradition In Transition”

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Club: Major Lazer, la guerre du son


Diplo et Switch de passage à Paris pour mener le combat du guérillero au laser

Selon une biographie autoproduite, Major Lazer serait le nom d’un guérillero jamaïcain sauvé par l’armée américaine pendant la mystérieuse guerre des Zombies. En guise de dédommagement, les services secrets américains demandèrent au soldat d’accepter quelques expérimentations chirurgicales. C’est ainsi que le bras droit du Major Lazer a été augmenté par une prothèse hi-tech munie d’une arme à rayon laser.

Afin de passer incognito, le cobaye a dû endossé une identité de substitution et travaille en tant qu’organisateur de soirée dans un dancehall. Sa mission ultime: combattre les forces diaboliques. C’est dans le but de remplir ce dessein qu’il a fait appel à deux superhéros de la new world: Diplo et Switch.

Ce mix offre un exemple tangible de leur force de frappe grâce à ce mix, quant au clip burlesque de Pon de Floor, inspiré par les figures toujours plus spectaculaires opérées par certains cascadeurs du dancefloor, il confirme un peu plus l’imagination délirante, et lubrique, qui anime le duo.

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SITE

CONCERT

  • 03.09.09 Social Club / Paris

Major Lazer (ft. Vybz Kartel), Pon de floor

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Pop: Noisettes, la piste aux étoiles

Le groupe Noisettes se produira gratuitement au Jazz Café

Plus jeune, Shingai Shoniwa ambitionnait de faire du cirque. A défaut de jouer les funambules ou les dresseuses de lion, elle se retrouve chanteuse des Noisettes. “L’univers du cirque partage le même esprit rebelle que le rock” déclare-t-elle à ce sujet. “Il promeut un mode de vie à travers le monde qui est à la fois inspirant et choquant.” Même si les Noisettes, littéralement les petits bruits, puisent quelquefois dans l’énergie brute du rock garage et du punk rock, le choc est surtout engendré par le charisme de Shingai. C’est en tous les cas ce que semble confirmer le quelque peu formaté “Wild Young Hearts” (2009), lorsque la ballade d’Atticus ou le retro Never Forget You laissent plus d’espace d’expression à la jeune divette.

Formé en 2003, le trio s’oriente rapidement vers un style indie, largement dilué à coups d’arrangements synth pop ou de quelques mélodies rétro. Après avoir acquis une réputation dans les circuits des warehouses parties londoniennes, ils obtiendront une reconnaissance nationale en ouvrant pour les Babyshambles. Dans un style crossover, auquel de nombreux groupes anglais ont recours actuellement, les morceaux ravivant le r’n'b ou le blues retiennent particuliérement l’attention. Récemment invitée à collaborer avec The Heavy, Buck 65 et Olivia Ruiz, il ne fait aucun doute que Shingai Shoniwa, qui est âgée de 24, devrait faire encore quelques tours de piste.

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CONCERTS

  • 03.07.09 Les Eurockéennes festival / Belfort

  • 08.07.09 Montreux Jazz Festival / Jazz Cafe (gratuit)

The Noisettes ‘When You Were Young’ (reprise de The Killers), BBC Radio 1, Live Lounge

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hip-hop: Lushlife, surfin’ the city

Le rapper dilettante est de retour avec “Cassette City”

Il y a quatre ans, Raj Haldar s’était signalé en autoproduisant un album de bootleg dans lequel il mariait “The College Dropout” et “Last Registration” de Kanye West avec le “Pet Sounds” des Beach Boys. Le remixer ajoutait sa touche personnelle en y intégrant également des beats et des phrasés de son cru et “West Sound”, qui pouvait être téléchargé gratuitement, a très rapidement connu un large succès. Le producteur originaire de Philadelphie enchaînait avec “Order of Operations”, un premier album jazzy qui a connu un accueil chaleureux malgré une diffusion plutôt confidentielle. Après un tel take-off, on aurait pu supposer que Lushlife allait surfer la vague.

Il lui aura tout de même fallu près de quatre à pour donner une suite à ces coups d’essai remarqués et, à l’écoute de “Cassette City”, on peut vite comprendre pourquoi. Raj Haldar, qui dispose d’une formation poussée en piano et en composition de jazz, a pris le temps nécessaire pour fignoler les moindres détails. Même si les emprunts ne sont pas aussi directs et la démarche moins spontanée que dans “West Sound”, “Cassette City” propose des productions très orchestrées qui infusent aussi bien les embruns iodés des Beach Boys, les bidouillages de Four Tet ou les références aux classiques hip-hop des 90s. Un projet particulièrement abouti auquel ont participé également Camp Lo, Ariel Pink, Greg Saunier et Ezra Koenig de Vampire Weekend.

SITE

ALBUM

  • Lushlife, “Cassette City” (!K7/Rapster), sortie le 23 juin 2009


Lushlife Cassette City Feature (Rapster)

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Rétro: Rapper’s Delight, le feu aux poudres


Pour fêter les 30 ans de Rapper’s Delight, Dan the Automator propose un concours de remix

L’histoire du hip-hop a généré passablement de légendes, mais l’épopée de Rapper’s Delight constitue sans conteste le mythe originel qui inaugure les premières querelles en matière de street credibility et de droits d’auteur. En effet, The Sugarhill Gang fût monté par une productrice, Sylvia Robinson, qui s’était déjà largement rôdée dans le r’n'b. Convaincue du potentiel commercial de ce courant, elle préfère éviter les acteurs de la scène et recrute Wonder Mike, Big Bank Hank et Master Gee. Trois novices qui jouaient alors les troisièmes couteaux dans une petite ville du New Jersey.

Construit sur un break de Good Times et scandé par des onomatopées écrites par Grandmaster Caz, le trio n’avait pas grand-chose à revendiquer. Même si cette “fabrication” a d’emblée discrédité le groupe auprès des puristes, cette situation n’a pas empêché le Rapper’s Delight de suivre une trajectoire exceptionnelle. En devenant le premier enregistrement libellé hip-hop, il ouvrait la voie à une nouvelle phase de l’industrie musicale et permettait au label Sugarhill Records de devenir un pièce centrale dans l’histoire du mouvement.

Afin de fêter ce 30e anniversaire, Dan the Automator est sur le point de sortir une nouvelle version du Rapper’s Delight et à cette occasion il propose à tous les amateurs de plancher sur un remix. Toutes les infos sont accessibles sur le site du concours. Date limite: 14 juin 09.

The Sugarhill Gang, Rapper’s Delight (1979)

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Pop: Chris Blackwell, le magnat rasta


La commémoration du cinquantième anniversaire de Island Records permet de revenir sur l’influence de cette figure majeure de la musique anglo-saxonne

Situés à quelques pas de la station de métro de Notting Hill Gate, les bureaux d’Island records ont su conserver une ambiance tropicale singulière. Mobilier de bois, poster de Bob Marley, gros coussins, deux djembés et une fragrance agréable de fumée, la réception active d’emblée une imagination toute insulaire. Même s’il a vendu ses parts il y a près de vingt ans, il ne fait aucun doute que l’empreinte décontractée du fondateur Chris Blackwell continue de souffler sur la destinée du label.

2009 est sans conteste l’année de la reconnaissance pour ce septuagénaire qui a veillé à la destinée d’artistes aussi hétéroclites que Nick Drake, Grace Jones, Roxy Music et, bien sûr, d’un certain Bob Marley. Passionné de musique et homme d’affaires visionnaire, Blackwell a été consacré récemment comme la personnalité qui a eu le plus d’influence sur les musiques populaires anglaises durant ces cinquante dernières années. Il nous reçoit, en compagnie de son ami de longue date Baaba Mal, pour évoquer quelques épisodes de son parcours singulier. Même s’il avoue ne pas aimer ressasser le passé, les anecdotes reviennent facilement en surface. Elles sont souvent assez cocasses. Comme ce concert à Kinshasa de Millie Small, dont le titre “My Boy Lollipop” (1964) fût le premier succès commercial du label.

En arrivant sur le site deux heures avant le concert, il constate que rien n’avait été préparé. “Nous sommes tout de même parvenus à monter la scène”, se souvient-il, ” et le concert à pu se dérouler devant un stade archibondé. Le problème c’est que seulement 10% du public avait payé son billet. L’autre chose intéressante”, ajoute-t-il, “c’est que Fela, qui était encore inconnu, se trouvait dans le groupe qui accompagnait Millie sur scène”. Il revient également sur sa découverte des musiques africaines grâce aux connaissances expertes de Robert Palmer, sur l’impact des musiques jamaïcaines sur la culture britannique ou encore sur les principaux fondements à partir desquels il a façonné une approche si singulière dans l’industrie musicale. Happy Birthday Sir Blackwell!

LIRE L’INTERVIEW DANS LE PROCHAIN NUMERO DE VIBRATIONS

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Club: Radioclit, le nouveau monde de la world music


L’univers sonique du collectif Radioclit est un vaste laboratoire d’échanges où l’on puise dans une banque intarissable de sons et de rythmes pour composer des sélections transculturelles

Texte: Joël Vacheron

Au milieu du XVIIIe siècle, Horace Walpole faisait référence à un vieux conte persan, Les Trois Princes de Serendip. Selon ce récit, trois hommes partent pour une mission et, en chemin, ils ne cessent de tomber sur des indices en apparence sans rapport avec leur objectif. Grâce à leur sagacité, ces événements fortuits leur permettront de découvrir des réalités qu’ils n’auraient jamais pu connaître autrement. Suite à cet épisode littéraire, le terme serendipity est fréquemment utilisé en anglais lorsque des situations intéressantes ou plaisantes arrivent de façon imprévue.

Un avion de papier

Cette définition s’applique à la saga de Johan Karlberg et Étienne Tron, le duo formant Radioclit, avec le chanteur Esau Mwamwaya. Évoluant dans des mondes a priori différents, leur rencontre est d’emblée marquée, comme le souligne Étienne, par une suite « d’enchaînements involontaires, mais totalement naturels ». Formé en 2003, Radioclit a participé activement au bouillonnement universaliste qui a singularisé la club culture londonienne durant ces dernières années. Après avoir enchaînés les collaborations avec des artistes tels que M.I.A, Bonde do Rolle ou Santogold, rien ne prédestinait le duo de s’associer à un chanteur inconnu pour produire un premier album. Ceci d’autant plus qu’au moment de leur rencontre, l’activité musicale principale d’Esau Mwamwaya se résumait encore à jouer de la batterie dans une église locale.

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Pop: Dirty Sound System, Psychedelic sharp


ILLUSTRATION: Yves Dumont

Dirty Sounds System explore les influences psychédéliques dans la pop française

Un mouvement de redécouverte du patrimoine psychédélique français a été engagé ces derniers mois avec la sortie de “Voyage: Facing The History Of French Modern Psychedelic Music” ou l’exposition “Explorations psychédéliques en France” qui vient de se terminer au CAPC Bordeaux. Avec leur nouvelle compilation qui sort officilellement aujourd’hui, Clovis Goux et Guillaume Sorge ont consciemment opté pour ne pas s’inscrire dans l’historiographie traditionnelle.

Le duo de Dirty Sound System propose ainsi une sélection d’artistes qui ne sont généralement pas associés à ce courant. Avec une sélection de de titres incluant Bernard Laviliers, Nino Ferrer, Brigitte Fontaine, Christophe ou François de Roubaix (souvenez-vous de vos premiers trips en écoutant le générique halluciné de Chapi Chapo), “Dirty French Psychedelics” témoigne plutôt à quel point la chanson française était largement soumise à des impulsions psychédélisantes tout au long des années 70. Un aperçu de ses fantasmes dirty est retranscrit dans ce mix du duo proposé sur le site fluokids.

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Pop: Micachu, la culture de haut en bas


La protégée de Matthew Herbert de passage aux Nuits Sonores

La vingtaine tout juste entamée, Mica Levi peut se targuer d’avoir réussi un début de carrière prometteur. Sous le nom de Micachu and The Shapes, elle propose un son bricolé très cru qui tranche radicalement avec sa formation musicale très classique. Son premier album “Jewellery” a en effet été produit par Matthew Herbert himself qui semble avoir été séduit par ce mélange cette pop iconoclaste empruntant aussi bien au grime et à l’electronica.

Formée au violon dans des écoles prestigieuses, elle a d’ailleurs été commissionnée pour composer un morceau qui a été exécuté récemment par le London Philharmonic Orchestra. Toutefois, elle préfère utiliser des instruments beaucoup moins orthodoxes, dans la plupart du temps trafiqués ou fabriqués de toutes pièces. C’est le cas de cette guitare gratouillée à l’aide d’un marteau ou d’une roue à plectre.

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CONCERTS

Micachu & The Shapes, Lips

SITE

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Jazz: Hypnotic Brass Ensemble, un réconfort pour l’âme


Le brass band exceptionnel de Chicago sera de passage au New Morning pour une date unique. 10 places à gagner!

Au commencement, on trouve Phil Cohran. Trompettiste génial et multi-instrumentaliste cosmique de Sun Ra dans les 70’s, il sera également le mentor des Earth Wind and Fire. Quelques années plus tard, il s’occupe de l’éducation musicale de ses enfants et neveux en fondant le Phil Cohran Youth Ensemble. Une fanfare de cuivre qui deviendra par la suite, avec l’introduction d’un batteur, l’Hypnotic Brass Ensemble.

Biberonnés au jazz, funk et hip-hop depuis leur premier souffle, les membres de l’Hypnotic Brass Ensemble ont placé la virtuosité en matière de fanfare dans des sphères dans lesquelles peu de groupes peuvent rivaliser. Ce n’est par conséquent pas une surprise si des personalités telles que Damon Albarn, David Byrne, Q-Tip, Madlib, Jay-Z, Erykah Badu ou Mos Def ont été décoiffé par la force unique des HBE. Barack Obama aurait même déclaré “Je ne peux plus me passer de ces gars, ils sont un réconfort pour l’âme”.

Pour gagner des invitations pour le concert du Hypnotic Brass Ensemble, envoyez-nous un mail avec vos nom, prénom et adresse postale à concours@vibrations.ch Merci d’indiquer “HYPNOTIC” dans l’intitulé du message.

Il y a 5 x 2 places à gagner et les gagnants seront avertis par email

CONCERT

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Rétro: Hip-house, période de réhabilitation


Il y a 20 ans, la fusion de la house et du hip-hop jouait les météorites

Au tournant des années 90, Snap! , Technotronic ou Reel 2 Real larguaient quelques bombes qui allaient instantanément propulser la hip-house comme le style de prédilection des fêtes foraines. Cette fusion de hip-hop et de dance restera ainsi le genre hybride douteux que les puristes de tous bords se plaisent à dénigrer. Une situation rendue d’autant plus facile que durant la même période, NWA radicalisait le hip-hop dans sa déclinaision gangsta et que les envolées introspectives de l’acid rendait le flot des mc’s superflu.

Entre surexposition commerciale et disparition instantanée, les ramifications rattachées à ce courant ont trop vite été occultées. De Rob Base et DJ EZ Rock aux Jungle Brothers, en passant par Fast Eddie ou Tyree, de nombreux artistes explorèrent de manière plus ou moins prononcée les différents points de convergence d’un style trop rapidement enterré. Ce n’est donc pas une surprise de voir un revival de ce style qui rythmait les warehouses de Chicago dès les premiers soubressauts de la house music.

Kanye West ouvrait les vannes avec Stronger. Plus récemment, le Day’n'Nite de Kid Cudi ou la reprise par Kid Sister de I’ll House You, qui découlait de la collaboration en 1988 des Jungle Brothers et de Todd Terry, marque un virage encore plus marqué. Plus surprenant encore, la récente association de Dizzee Rascal et d’Armand Van Helden pour Bonkers scelle le phénomène. DJ Alexander ‘Full Nelson’ Waldron a senti le vent tourner et propose son top 20 ainsi qu’un mix qui participent à la réhabilitation de ce courant. On y retrouve notamment une étonnante reprise du Once in a Lifetime de Talking Heads par KC Flightt (7:45). A voir également, ce documentaire surgissant de nulle part et qui est largement diffusé sur Internet depuis quelque temps.

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  • Documentaire sur la Chicago Hip-House (1989)

  • » VOIR LA TRACKLIST DU MIX DE FULL NELSON

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    Expériences: Dirty Projectors, Björk la joue Dirty


    PHOTO: Ryan Muir

    Björk interprète une suite composée spécialement pour elle

    Les Dirty Projectors, le groupe polyrythmique arty new-yorkais, continue de s’attirer les faveurs de parrains prestigieux. Après David Byrne en début d’année, Björk rejoignait le groupe la semaine passée afin de participer à un concert de charité dans une librairie de SoHo. Elle a ainsi pu interpréter une suite de six chansons composées spécialement pour elle par David Longstreth.

    Le compte-rendu et les photographies de cette rencontre intimiste est accessible sur le site de Stereogum. Deux ans après “Rise Above”, les Dirty Projectors viennent de sortir une cassette chez Domino intitulée “Bitte Orca”. En download, la reprise de Hyperballad sortie sur la compilation de reprises de “Post”, ainsi que le titre issu de la récente collaboration avec David Byrne dans le cadre du projet “Dark was the Night”.

    Dirty Projectors, Stillness Is The Move, “Bitte Ocra” (Domino), 2009

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    Club: Donae’o, toujours de la partie


    Le chanteur surfe sur la vague funky house

    Agé de 25, Donae’o endosse déjà le statut de vétéran du UK Garage. MC alternant sensibilité soul et patwa jamaïcain, Danae’o s’est profilé comme une des voix attitrées de la vague UK funky qui déferle actuellement dans la club culture londonienne. Avec Devil in a Blue Dress, African Warrior et Party Hard, dans lequel résonne le “Day O (Banana Boat Song” de Harry Bellafonte, ce Londonien d’origine ghanéenne a enchaîné une succession de singles très remarqués et s’apprête à sortir son premier album intitulé “Party Hard”.

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    Donae’o, Devil in a Blue Dress

    Donae’o, African Warrior

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    Hip hop: Calle 13, satire et engagement


    Le clip de La Perla avec Rubèn Blades

    René “Residente” Pérez et Eduardo “Visitante” Cabra, les deux demi-frères formant le duo Calle 13, continuent de rythmer leurs portraits satiriques de la société portoricaine à coup de reggaeton, de hip-hop ou de salsa. Comme le souligne Yannis Ruel dans le numéro 113 de Vibrations: “Joyeux lurons adeptes de la satire sociale, le tandem perfectionne son rôle de bouffon au sens noble du terme, avec une conscience politique aussi aiguisée que son humour noir, sans précédent dans la cour de la musique latine.”

    Pour leur dernier single intitulé La Perla, ils se joignent au chanteur et politicien panaméen Rubén Blades pour narrer le quotidien de ce barrio de San Juan. “Il y a encore dix ans”, précisait Residente, “La Perla était un territoire indépendant du reste de Porto Rico: Les autorités et la plupart des gens ne pouvait pas y descendre. En même temps, ses habitants conservent un mode de vie plus portoricain que celui de toutes ces urbanisations qui détruisent le pays. Il y a une sorte de mysticisme, quelque chose de magique qui fait que La Perla est un barrio légendaire.

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    Afropop: L.B.G.B, Brazzaville am Berlin


    A Berlin, les beaux gosses jouent de la rumba congolaise

    Les Beaux Gosses de Berlin regroupe une vingtaine de musiciens, danseurs et chanteurs originaires du Congo, d’Angola, du Mozambique et de Grande-Bretagne répétant dans un local au sous-sol d’un magasin africain d’articles de mariage de Berlin.

    Le groupe propose une rumba congolaise actuelle et festive. En véritables ambianceurs, ils savent impressionner leur public grâce à toute une gamme de chorégraphies. A. J. Holmes, un des membres fondateurs du groupe vivant à Londres et autoproclamé “The King of the New Electric Hi-Life”, propose son mix d’Afropop.

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    Soul: Naomi Shelton, le prix de l’authenticité


    Naomi Shelton and the Gospel Queens continuent de propager la flamme Daptone

    L’authenticité n’a pas de prix et cela peut engendrer des situations particulièrement malencontreuses en matière de musique. C’est en tous les cas ce que nous rappelle la malheureuse aventure survenue à Gang Gang Dance qui, il y a quelque semaines, devait annuler sa tournée européenne suite à un incendie dans lequel a brûlé l’ensemble de leur matériel. Presque en même temps, le mythique label Daptone Records qui était victime d’un casse dans leur studio de Bushwick. Quelques amplis Fender, un orgue Baldwin, des guitares Harmony Rocket font parties de la longue liste d’instruments, souvent rares, qui participait à produire cette identité vintage si particulière.

    Alors que la situation semble lentement s’arranger du côté du label, une chose est néanmoins certaine: Naomi Shelton, accompagnée par ses Gospel Queens, a profité d’un équipement originel pour la production de leur album. “What Have You Done my Brother” est à tel point un concentré R’n'B pur qu’il donne le sentiment d’avoir été cryogéniser en 1957. Espérons que la sortie de cet superbe album permettra à Daptone de retrouver tous les instruments nécessaires pour continuer leur projet de restauration du groove antique.

    ALBUM

    • Naomi Shelton and the Gospel Queens, “What Have You Done my Brother” (Daptones Records), Sortie le 26 mai 2009

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    Naomi Shelton en interview

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    Livre: Paul Gilroy, Darker than Blue


    PHOTO: Joël Vacheron

    Le sociologue Paul Gilroy vient de sortir un nouveau livre intitulé “Darker than Blue: On the Moral Economies of Black Atlantic Culture“. A travers une relecture de l’oeuvre de W. E. B. Du Bois, il interroge divers processus à travers lesquels les aspirations politiques et sociales afro-américaines ont été subverties par la société consumériste. Une occasion pour publier l’interview qu’il avait accordée à Vibrations

    Par Joël Vacheron

    Ecrire un article sur Paul Gilroy n’est pas chose facile. Comment souligner l’incroyable richesse d’une réflexion entamée il y a près de trente ans et dont l’onde de choc semble loin de s’arrêter ? Lorsqu’on écoute le sociologue parler de sa passion inaltérable pour la musique, on est emporté dans un tourbillon d’intelligence qui force l’admiration. Au fil de l’entretien, il fait s’entrechoquer le dub minimal et vaporeux de Tikiman et le broken beat débridé de jazzmen japonais. Il se rappelle Bob Marley redescendant Piccadilly Circus en chantant « Midnight Ravers », un voyage à Seattle sur la tombe de Jimi Hendrix en compagnie d’un GI. Gilroy fait soudain ressortir les liens insoupçonnés qui relient le rapper Kurtis Blow au philosophe allemand Theodore Adorno. Quelques péripéties d’une expédition musicale sans pareille à travers l’espace et le temps, où se retrouvent pêle-mêle des musiciens, des écrivains, des sons, des images et des lieux.

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    Jazz: Jackie Paris, retrouver la voix


    Jackie Paris et Charlie Parker dans “Tis Autumn: the search for Jackie Paris.”

    Vibrations rend hommage au chanteur qui a traversé le siècle dans l’ombre des grands noms du jazz

    Jackie Paris a chanté avec Charlie Parker ou Dizzy Gillespie. Les écrivains Nick Tosches et Harlan Ellison sont des fans affirmés, Vibrations ressort, “Skylark”, l’album culte d’un chanteur de jazz oublié.

    Né dans le New Jersey en 1926, Paris commence à chanter et à danser à l’âge de trois ans et débute sa carrière dans le sillon du bepop. Il se fera tout d’abord remarqué pour ses talents de danseur durant les quelques mois qu’il passa sous les drapeaux.

    Après l’armée, cet Italo-Américain deviendra le premier chanteur blanc à intégrer l’orchestre de Lionel Hampton. Pour l’anecdote, il enchaînera avec ce dernier 78 concerts d’affilée et conserve l’honneur d’avoir été l’unique chanteur à joindre le quintette de Charlie Parker lorsque aux côtés de Miles Davis et Max Roach.

    Enregistré en 1947,  ”Skylark” et la première chanson que Paris enregistre sous son nom et restera, jusqu’à son décès en 2004, le morceau le plus représentatif de son oeuvre.

    Le documentaire “Tis Autumn: the search for Jackie Paris” retrace sous le mode de l’investigation, le cheminement effectué par le réalisateur Raymond De Felitta pour retrouver Jackie Paris.

    Sur le même sujet, lire également l’interview de Billy Taylor

    Dans le même temps, le numéro la deuxième mouture de “J’adore” vient de sortir. Imaginée comme la sélection radiophonique idéale, on retrouve une brochette de petites perles qui vous feront sans aucun doute vibrer. Pour plus d’infos, c’est ici


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    Trailer de “Tis Autumn: the search for Jackie Paris”

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    Expériences: Altin Mikrofon, entre deux mondes


    Üç Hürel

    Retour sur l’âge d’or de la musique turque contemporaine. Deux mixes de funk turc en download

    Lorsqu’on doit imaginer à quoi ressemblent les productions musicales turques des années 70, ce ne sont pas directement les influences du funk et du rock psychédéliques qui viennent directement à l’esprit. Toutefois, comme certaines compilations telles que “Bosporus Bridges” ou la réédition de “Genclik Ile Elele” de Mustafa Ozkent, un courant fort de modernisation musicale a soufflé sur le pays à partir des années 60.

    À mesure que des groupes comme Black Sabbath, Ten Years After, les Beatles, The Who ou James Brown étaient distribués à Ankara et Istanbul, le quotidien national Hürriyet mis en place un concours qui invitait les participants à réarranger des chansons traditionnelles turques à la sauce occidentale. Le Altin Mikrofon, le micro d’or qui débuta en 1965, connut un succès exponentiel jusqu’à la fin des années 70 et contribua à l’avènement d’une scène très originale qui établissait des ponts entre traditions Arabes et innovations technologiques occidentales.

    Deux mixes, l’un du DJ Onur Engin et l’autre d’un (in)certain Zanda Mann, présentent quelques exemples des directions prises par la musique contemporaine turque durant cette période fascinante.

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    Mustafa Ozkent, Lorke

    Üç Hürel (1974)

    » VOIR LA TRACKLIST DE TURKISH FUNK

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    Pop: Brian Eno joue au docteur


    Brian Eno et Jon Hassel conversent. Pénible.

    Dans le cadre du festival de musique électronique Ether, Brian Eno et le trompettiste Jon Hassel ont offert un bien curieux récital dans le Queen Elizabeth Hall. Le titre de l’événement, intitulé “A Conversation Piece”, ainsi que le prix des places, £12, laissaient planer le doute que les deux compères allaient jouer ensemble. Quoi qu’il en soit, lorsque deux musiciens historiques sont invités à se retrouver dans une salle de concert prestigieuse, on peut légitimement espérer qu’il y sera question de musique.

    “Nous nous connaissons depuis très longtemps et partageons les mêmes points de vue”, lance Eno pour expliquer l’intention de leur performance. “Lorsque nous nous sommes rendu compte récemment que nous projetions tous les deux d’écrire un livre, nous avons décidé de nous retrouver régulièrement pour en discuter”. Installés bien confortablement dans leurs fauteuils, une rangée de feuilles alignée devant eux, le public très nombreux comprend vite qu’il va en réalité assister à une séance de brainstorming improvisée.

    Même si quelque personnes quittent déjà la salle, à ce stade on pense encore que l’exercice sera centré autour de leurs expériences artistiques communes. Mais, tout ceci c’est de l’histoire ancienne. Plutôt que de ressasser les vieux souvenirs, les deux sexagénaires entendent bien démontrer la perspicacité et l’entendue de leurs connaissances en matière d’actualité et profitent de l’occasion pour passer en revue une succession de thèmes d’une banalité affligeante.

    Tels deux acolytes qui s’enthousiasment dans une discussion de pub, ils abordent la manipulation des médias, la politique étrangère américaine, la crise financière avec un manque de distance et une assurance presque inquiétant. Pour appuyer son propos, Eno extrait au hasard quelques feuilles libellées par des séries de concepts de son cru à partir desquels il fait l’étalage de ses connaissances sur un ton résolument professoral.

    Bien qu’il confirmait leur intérêt pour les journaux et les longues sessions sur internet, ce cours ex cathedra dégageait une suffisance qui frôlait quelquefois l’arrogance. On peut comprendre que Brian Peter George St. John le Baptiste de la Salle Eno, qui écrit régulièrement dans les colonnes de The Observer, puisse se targuer d’avoir un statut à part dans le monde de la pop music. Toutefois, s’il souhaite continuer à impressionner, il lui faudrait peut-être se concentrer sur son expertise musicale, ou préparer ses interventions publiques, ou peut-être même se taire.

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    Pop: Antony, danse avec la lumière


    PHOTO: Don Felix Cervantes

    Le chanteur new-yorkais Antony évoque les thèmes paganistes présents au cœur de son nouvel album et l’importance de la danse butô dans son art

    Interview menée par Joël Vacheron

    La pochette du mini-album Another World présente une étonnante photographie de Kazuo Ohno prise par Pierre-Olivier Deschamps en 1984 au Théâtre du Châtelet. Le danseur porte un chapeau orné d’un arrangement floral et ses doigts sont gainés dans une paire de gants finement dentelés. Son visage fardé et sa bouche entrouverte traduisent l’expression d’une aristocrate chimérique frappée par une stupeur pétrifiante. Conçue dans le Japon d’après-guerre par Tatsumi Hijikata et Kazuo Ohno, la danse butô se présentait comme une relecture subversive des danses traditionnelles. Largement influencés par les écrits de Yukio Mishima, l’expressionnisme allemand et l’ardeur contreculturelle de cette période, ces hérétiques visaient à proposer une réponse forte à l’occidentalisation forcée du pays.

    On retrouve le charme funeste d’Ohno sur la couverture du nouvel album d’Antony and The Johnsons “The Crying Light”. Une récurrence qui témoigne de l’attachement indissociable qu’Antony Hegarty entretient avec cette délicate danse des ténèbres. Il revient ici sur cette influence, tout en expliquant les diverses conditions qui ont participé à l’avènement de ce nouvel album. Avec une éloquence et une franchise touchantes, le chanteur présente les fondements d’une philosophie paganiste et dissidente. Loin des idées convenues, ce Ziggy Stardust contemporain est parvenu à construire un monde à son image, dans lequel ses fissures et ses rêves peuvent s’exprimer en toute liberté.

    Entre votre projet avec Hercules & Love Affair et vos différents concerts accompagnés d’orchestres philharmoniques, vous avez fait preuve cette année d’une étonnante aptitude à lancer des ponts entre musique savante et populaire. Etait-ce quelque chose de planifié ?

    Antony: Cela s’opère de manière assez naturelle. Je n’ai jamais véritablement dû faire de distinctions entre ces deux niveaux. Je suis un chanteur pop issu d’un milieu underground et ce serait absurde de vouloir endosser les habits d’un chanteur classique. Je n’ai aucune formation dans ce domaine. Les seuls rapprochements possibles avec la musique savante touchent aux arrangements de mes compositions. Celles-ci glissent quelquefois vers des structures ou des registres dramatiques. Mais 90% des influences classiques sont amenées par les musiciens qui m’accompagnent.

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    Mardi Gras: The Wild Magnolias, belles retrouvailles


    En guise de clôture des soirées dédiées à la Nouvelle-Orléans, The Wild Magnolias n’hésiteront pas à mettre le feux aux Banlieues Bleues.

    Par Catia Bellini

    Les Grands Chefs Bo Dollis et Monk Boudreaux appartiennent tous deux à la tradition des Mardi Gras Indians, bouillonnant héritage des transes carnavalesques de la Nouvelle-Orléans. L’origine de ce mouvement reste, aujourd’hui encore, plutôt obscure. Ce qui est certain, c’est qu’une fois le temps du carnaval venu, les rues du sud de la Louisiane regorgent de costumes bigarrés et de coiffes de plumes plus spectaculaires les unes que les autres.

    Le courant musical qui se rattache au mouvement distille une musique aux percussions incandescentes et à l’énergie contagieuse. Formés dans les années 70, The Wild Magnolias ont été parmi les premiers à graver ce style bien particulier sur les sillons du vinyle. Leur premier single, Handa Wanda, suivi du mythique « (Somebody Got) Soul Soul Soul » les ont directement propulsés sur les ondes radiophoniques. Après des années de séparation, les deux grands chefs scellent pour la première fois d’émouvantes retrouvailles sur la scène des Banlieues Bleues. A noter aussi, la sortie de “They Call Us Wild”, magnifique coffret qui regroupe les deux premiers albums de l’infatigable combo.

    CONCERT

    • 10.04.09 Les Banlieues Bleues / Paris - Bobigny

    TELECHARGER

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    Art: Alan Vega, la face plastique


    Alan Vega, Cadillac Christ, Mixed Media, 1997

    L’oeuvre plastique d’Alan Vega exposée à Lyon

    Alan Vega est surtout connu comme l’un des pionniers du rock électronique minimaliste en tant que cofondateur, avec Martin Rev, du groupe mythique « Suicide ». Cependant, au début des années 70, il est surtout actif dans la scène artistique new-yorkaise en tant que plasticien et c’est cette face méconnue que Mathieu Copeland, le commissaire de l’exposition, présent au MAC Lyon.

    Alan Vega a fait ses études au Brooklyn College et il s’intéressa dans un premier temps à la peinture. À partir de la fin des années 60, son intérêt se porte sur la lumière et il crée ses premières « light sculptures ». Celles-ci se présentent comme des assemblages d’objets divers à partir d’ampoules, de lampes, de télévisions et de néons aux formes et aux couleurs diverses. Anti-esthétique, anti-formelle, son oeuvre plastique suit les même influences que celle qui vont caractériser sa musique.

    En 1968, il fonda le « Projet des Artistes Vivants » (Project of Living Artists). Ce loft de Manhattan, ouvert 24h/24, devenait un des premiers lieux alternatifs New-Yorkais tenu par des artistes. Dédié à toutes les formes artistiques, le lieu constitua rapidement un tremplin pour de artistes et des musiciens tels que les New York Dolls, Television ou Blondie.

    EXPO

    • Alan Vega, “Infinite Mercy”, MAC Lyon, du 15.05.09 au 02.08.09

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    Funk: Withefield Brothers, un passé jamais révolu


    Les frères Weissenfeldt continuent à décliner le groove sous toutes ses formes

    Au sein du revival funk qui souffle depuis quelques années, autour notamment de Daptones Records, Jan and Max Weissenfeldt jouent le rôle des héros discrets. La réédition de “In The Raw” par Stones Throw devrait participer à donner un peu plus de visibilité aux deux frères originaires de Hambourg.

    Avec leur projet principal The Poets of Rythm, ainsi que sous de nombreuses autres étiquettes comme les Whitefield Brothers, Syrup, ou Bus People Express, cela fait déjà prêt de 15 ans qu’ils rallument les flammes d’un spectre musical qui passe en revue toutes les déclinaisons du funk originel.

    Un nouvel album, sous le nom des Whitefield Brothers, vient d’être terminé et devrait sortir dans le courant de l’année. Les deux frangins prospectent du côté de sonorités plus exotiques puisqu’on y trouvera beaucoup d’influences éthiopiennes, mais également japonaises et turques. “Le terme World Funk serait une bonne description pour le définir” précise Jan à ce sujet.

    Whitefield Brothers, EJI, “In The Raw”, 2001 (Now Again)

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    Jazz: Kouyaté et Neerman, vibrations power


    Photo: Manuel Lagos Cid

    Kouyaté et Neerman seront à l’affiche de Vibrations Mali au Cully Jazz Festival

    Kouyaté et Neerman consacre la rencontre entre le balafon et le vibraphone. À travers cette collaboration, Lansiné Kouyaté et David Neerman explorent les moyens de faire sonner de façon collective ces deux instruments à la fois si proches et si lointains aussi bien dans leur tessiture, leurs sonorités, leur matériau, leurs techniques de jeu que dans l’histoire et les imaginaires qu’ils véhiculent.

    Une réciprocité qui a permis aux deux musiciens d’enrichir leurs approches respectives. D’une part, Lansiné sort des schémas traditionnels mandingues en acceptant d’intégrer à son langage de longues plages de silence. David, quant à lui, à réenvisagé en profondeur son approche en retranscrivant pour le vibraphone certains modes de jeu du balafon, notamment l’indépendance rythmique des deux mains.

    Cette rencontre, finalisée sous la forme d’un quartet, a débouché sur la sortie l’an passé d’un premier album intitulé “Kangaba”. Une relecture de langages musicaux variés qui dessinent les contours d’un “ambient post exotique”. Kouyaté et Neerman partageront l’affiche avec Oumou Sangaré lors de la soirée “Vibrations Mali”, le vendredi 3 avril au Cully Jazz Festival ainsi que le 30 mars au festival NøF à au Théâtre de l’atelier.

    SITE

    CONCERTS

    • 30.03.09 Théâtre de l’Atelier / Paris

    • 03.04.09 Festival de Cully (Suisse) / Cully

    • 16.04.09 Espace Vauban / Brest

    • 17.04.09 Pannonica / Nantes

    • 24.04.09 Printemps de Bourges / Bourges

    KOUYATE NEERMAN, Le Destin, “Kangaba”, 2008 (NØ FØRMAT!)

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    Blues: Snooks Eaglin, requiem bis


    Une autre légende de la Nouvelle-Orléans s’en est allé

    Le 18 février, 2009, soit un mois avant Eddie Bo, c’est le guitariste et chanteur Snooks Eaglin qui s’en allait à l’âge de 73 ans. Tous deux originaires de la Nouvelle-Orléans, il leur arrivait encore réguliérement de jouer ensemble dans les bars de la ville. Après avoir reçu une guitare à l’âge de cinq ans, Eaglin avait développé son jeu exceptionnel en écoutant la radio et les quelques disques de son père. Il abandonne l’école pour entamer sa carrière à l’âge de 14 ans en intégrant The Flamingoes, le groupe de R&B d’Allen Toussaint qui, cela dit en passant, était d’un an son cadet.

    Après la dissolution du groupe, il enregistra ses premiers albums solos de manière un peu hasardeuse, après avoir été repéré par un ethnomusicologue lorsqu’il jouait de la rue. Son jeu et sa voie exceptionnels feront l’objet de sessions folk blues qui seront éditées sur différents labels comme Folkways et Prestige/Bluesville. Malgré ses compétences hors du commun, Eaglin produira très peu d’albums tout au long d’une carrière plutôt vertueuse.

    Sa méfiance des labels le poussa à ne signer aucun contrat de 1963 à 1987 et il gérait ses apparitions publiques de manière parcimonieuse. Même s’il se produisait régulièrement dans le bars de la Nouvelle-Orléans, au Jazz Fest ou en tournée aux côtés de George Porter Jr, Snooks restait fidèle à ses convictions religieuses en faisant sabbat du vendredi au samedi soir.

    Sa capacité de mémorisation hors du commun et son vaste répertoire, qu’il estimait à plus de 2500 morceaux, lui ont valu le surnom de “human jukebox”. Pour Ron Levy, Eaglin était le musicien le plus talentueux qu’il ait connu car “il était capable de littéralement répliquer tous les morceaux qu’il écoutait.” Bien qu’Eaglin avait perdu la vue à l’âge d’un an, il affirma à un journaliste d’Offbeat Magazine qu’il avait un jour ramené sain et sauf tous les membres des Flamingoes au volant d’une Studebaker. Les gravillons sur le bord de la route l’avertissant lorsqu’il fallait recentrer se conduite. “That’s the true story, baby”, ajouta-t-il.

    Snooks Eaglin, St. James Infirmary

    Snooks Eaglin with George Porter Jr., Red Beans

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    Funk: Eddie Bo, requiem pour un funkster


    Photo: Divan du Monde / Glaz’art

    Il était un des derniers pianistes à incarner l’esprit funk originel de la Nouvelle-Orléans

    Eddie Bo est décédé d’une attaque quartier la semaine dernière à l’âge de 79 ans. Né Edwin Bocage, il a été une des figures musicales influentes de la Nouvelle-Orléans aux côtés des Neville Brothers, Dr John ou ou Fats Domino. Son premier single sortait chez Ace Records en 1955 et connaîtra son premier succès six en plus tard avec Check Mr Popeye. Cela marquait le début d’une carrière extrêmement prolifique de plus de cinquante ans, Bo est souvent considéré comme l’inventeur du funk.

    Depuis cette période, Bo a travaillé pour plus de quarante labels différents et deviendra une sorte de gourou en incarnant le groove funky qui baignait la ville tout au long des années 60 et 70. Selon lui, la Nouvelle-Orléans qu”constituait l’épicentre d’une énergie mystérieuse qui guide la création musicale” et il restera durant toute sa vie un ambassadeur privilégié. Plus récemment, il collaborait régulièrement avec The Dirty Dozen Brass Band.

    Déjà largement plébiscités à l’époque de la Northern Soul, de nombreux morceaux d’Eddie Bo, tel que Check Your Bucket ou Hook & Sling, seront réactualisés en Europe au début des années nonante grâces aux scènes rare groove et acid jazz. Certains de ses morceaux avaient récemment été réédités sur les compilations “New Orleans Funk” et “Saturday Night Fish Fry” (Soul Jazz). Malgré cette reconnaissance tardive, Eddie Bo a toujours trainer la réputation du génie dont l’oeuvre avait été curieusement sous-estimée par l’industrie musicale.

    Eddie Bo, Live au Divan du Monde (2007)

    Eddie Bo, Check Your Bucket

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    Art: Francis Baudevin, entre son et vision


    Francis Baudevin poursuit ses investigations sur l’objet disque

    La démarche de Francis Baudevin a toujours été étroitement liée au domaine musical. Mélomane passionné, il s’est constitué au fil du temps une large collection de disques et la musique l’accompagne au quotidien. Depuis de nombreuses années, en compagnie d’Emmanuel Grandjean, il propose dans Vibrations des éclairages originaux sur les liens entre images et musique à travers la rubrique “un disque par sa pochette”. Il propose également une sélection mensuelle pour la Listening Gallery.

    Dans le cadre de l’exposition “Earthbound”, en parallèle au Cully Jazz Festival, il présente une série inédite de photographies qui mettent en scène l’objet disque, sa pochette et son intérieur. Il obtient un nouveau cadrage de l’image imprimée de la pochette, en utilisant la perforation du papier de protection du vinyle comme un chablon, focalisant ainsi le centre de l’image.

    EXPOSITION

    • 27.03.09 au 04.04.09 Galerie Davel/ Cully (15h - 23h)

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    SITE

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    Jazz: Carlos Niño, les étoffes solaires


    Niño poursuit ses escapades cosmiques avec l’aide de quelques amis

    Producteur, DJ, compositeur, musicien, écrivain, arrangeur, Carlos Niño fait preuve d’une boulimie proactive lorsqu’il s’agit de produire des vibrations musicales. Personnalité incontournable de la scène jazz expérimentale de Los Angeles, il est à l’origine notamment de projets tels que AmmonContact, Living Room ou Build an Ark et collabore fréquemment avec Dwight Trible, Deadelus ou Madlib. Il présente également le show radiophonique hebdomadaire Spaceways sur KPFK, dont l’une des sessions “special 1968″ est proposée en téléchargement ci-dessous.

    Son nouvel album “High With A Little Help From” lui permet d’organiser une synthèse originale de ces différents projets. En effet, l’album est en grande partie composé de samples enregistrés lors de sessions live. Tel un chiffonnier, Niño a recomposé à partir de ses rebuts une collection d’ambiances vaporeuses d’une surprenante homogénéité. Ces collages sont habités par les aspirations cosmiques de Sun Ra, entrecoupés quelquefois par l’éveil lointain de percussions africaines hypnotiques.

    À noter que le label prospecteur Kindred Spirits vient également de sortir “When Planets Explode” de Dorian Concept, ainsi que le premier album de HEAVy, le projet nu soul de Nicky Guiland et Casey Benjamin qui a ouvert pour quelques dates lors de la tournée européenne de Q-Tip.

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    ALBUM

    • Carlos Niño & Friends, “High With A Little Help From” (Kindred Spirits) Cat. No: KS 027 CD/LP Release date: 12th March 2009

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    » VOIR LA TRACKLIST “MY FAVORITE MUSIC FROM 1968″

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    Reggae: Jahdan Blakkamoore, l’hymne de Brooklyn


    Un mix du MC new yorkais en download

    Évoluant dans la même galaxie que DJ Rupture, le trio Noble Society et les soirées de Dutty Goodz, Jahdan affiche également un penchant marqué pour les basses cosmopolites explosives. Chef de file des dernières déclinaisons reggaeisantes de Brooklyn, le MC s’était déjà fait remarquer grâce à son EP “We Are Raiders” dans lequel il rehaussait sa fibre roots de cadences empruntées à la Cumbia ou au Dubstep. On le retrouve notamment dans le titre “Brooklyn Anthem”, qui représente bien l’incorporation du dubstep dans les productions urban new yorkaise.

    Autant d’influences que l’on retrouve dans ce mix réalisé pour XL8R. Associé au DJ et producteur Matt Shadetek, Jahdan propose un enchaînement hétéroclite qui donne une bonne idée des diverses orientations adoptées actuellement par le New York tropical.

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    Brooklyn Anthem, Jahdan & 77Klash (Craziest Riddim)

    » VOIR LA TRACKLIST

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    World: Kasaï Allstars, visa délivré


    Le groupe Congolais peut enfin faire sa tournée européenne

    Il ne fait pas toujours bon être originaires d’Afrique lorsqu’il s’agit de venir se produire en Europe. On se souvient des déboires rencontrés par de nombreux groupes qui, ces dernières années, se sont heurtés à des décisions discriminatoires toujours plus flagrantes pour obtenir leurs visas.

    Les Kasaï Allstars, tout comme Konono N°1, en ont fait les frais en étant contraints d’annuler l’intégralité de leur tournée européenne l’été passé. Une situation abusive qui, outre de contrecarrer les activités des organisateurs, à priver de nombreux artistes d’une source de revenu essentielle pour la poursuite de leurs activités.

    Porte-paroles de la diversité culturelle dans leur pays, ce groupe formé autour Hubert Mputu rassemble une vingt-cinq musiciens provenant de la province multiethnique du Kasaï. Une région au centre de la République démocratique du Congo qui souffre de pauvreté endémique malgré les nombreuses concessions diamantifères.

    Inspiré par les musiques rituelles traditionnelles, le Kasaï Allstars propose une musique polyrythmiques amplifiée à l’énergie brute. Leur premier album, “In the 7th moon, the chief turned into a swimming fish and ate the head of his enemy by magic” (2008), a constitué une véritable révélation.

    Kasai Allstars, MPofu

    Kasai Allstars Session d’enregistrement de l’album “In the 7th moon, the chief turned into a swimming fish and ate the head of his enemy by magic” (2008)

    SITE

    CONCERTS

    • 19.03.09 AGEN - LE FLORIDA

    • 20.03.09 MASSY - CENTRE CULTUREL PAUL BAILLIART

    • 21.03.09 AULNAY SOUS BOIS - LE CAP

    • 22.03.09 CARHAIX - ESPACE GLEN MOR

    • 24.03.09 BOURGES - MAISON DE LA CULTURE

    • 25.03.09 TOURCOING - LE GRAND MIX

    • 26.03.09 AMIENS - FESTIVAL DU TEMPS DU JAZZ

    • 27.03.09 AMIENS - FESTIVAL DU TEMPS DU JAZZ

    • 28.03.09 AMIENS - FESTIVAL DU TEMPS DU JAZZ

    • 30.03.09 BREST - LE QUARTZ

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    Expériences: Kutiman, Jams dans le cyberspace


    Le jeune producteur joue le chef d’orchestre du XXIe siècle

    Tout le monde le sait, YouTube a permis à toutes les sensibilités musicales, de toutes les contrées, de s’offrir une petite lucarne pour exprimer leurs talents au reste du monde. Le résultat prend la forme d’un univers exagérément détonant. Sans surprise cette explosion visiophonique devait rapidement faire le bonheur des bidouilleurs de toutes sortes en mal de matériel brute.

    L’expérience élémentaire du bootleg s’est largement démocratisée grâce à certains sites spécialisés dans le brassage. C’est par exemple le cas de TubeDubber qui permet à quiconque de faire des juxtapositions entre sons et images. Un manière de s’essayer à l’art d’un Christian Marclay qui, dans “UP and OUT“, superposait les sons de “Blow Out” de de Palma avec les images du “Blow Up” d’Antonioni.

    Dans un registre un peu plus élaboré, et surtout caustique, l’artiste multimédia Oliver Laric interroge le satut des fans en présentant différents épigones de 50 Cent qui s’essaient à l’art du vidéo-clip sur In Da Club. On lui doit aussi une série cette série de duos improbables dans lesquels claviers et vocaux sont superposés pour interpréter des chansons de Stevie Wonder.

    Dans le domaine, la palme revient certainement à Kutiman, de son vrai nom Ophir Kutiel, qui nous livre des remixes assez bluffants composés exclusivement à partir des parties sonores, et visuelles, extraites de YouTube. Son site Thru You recèle ainsi d’une dizaine de morceaux à travers lesquels il parvient à créer ces rencontres improbables entre des musiciens disséminés dans le cyberspace. Un lien permet de voir également les morceaux originaux sur le net. Très instructif.

    Kutiman, qui jusqu’ici était surtout connu pour son groupe de funk teinté d’afrobeat, démontre une étonnante maîtrise. Son projet se démarque également par l’efficacité de sa promotion virale. Après les trois mois de travail nécessaires pour produire les sept morceaux, seuls une vingtaine de mails ont été envoyés pour annoncer leur mise en ligne. Une semaine plus tard, apparemment grâce à Twitter, le site comptait plus d’un million de visites et le phénomène ne cesse de s’accroître. Il ne fait aucun que Kutiman pourrait bien devenir le prochain “Danger Mouse” à s’imposer dans l’art du bootleg via Internet.

    Récemment, YouTube UK annonçait qu’il allait cesser de diffuser des musiques sous copyright. Une situation qui risque de s’étendre et qui marque un tournant significatif dans la bataille entre les plateformes de partage et droits d’auteurs. Ces bootlegs dessineraient-ils l’avenir de la musique sur YouTube?

    SITE

    Kutiman, “Just a Lady”

    Kutiman, “Mother of All Funk Chords”

    Oliver Laric, 5050

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    Jazz: Imperial Tiger Orchestra, des faux faussaires


    Illustration: Benoît Guillaume

    Deux morceaux des tigres impériaux en écoute

    Même s’il existe une région en Éthiopie du nom de Tigré, les genevois de Imperial Tiger Orchestra clarifient d’emblée tout quiproquo, il n’y a pas de tigre en Afrique. “Nous nous sentons un peu comme des faussaires puisque nous ne sommes pas du tout Éthiopiens, nous sommes donc un peu comme des tigres. De plus, il y a aussi cette phrase dans un film des Monthy Python qui dit “No tiger in Africa”.

    A l’heure où les compilations déferlent de toutes parts pour exhumer l’héritage musical éthiopiens, ces talentueux faussaires proposent des contrefaçons originales grâce à leurs reprises finement ciselées de thèmes de Getatchew Mekurya, Mulatu Astaqe ou de Mahmoud Ahmed.

    Après avoir déjà partagé l’affiche avec des groupes tels que The Ex ou Tinariwen, l’Imperial Tiger Orchestra a récemment été invité à se produire dans le cadre du Festival des Musiques éthiopiennes, qui se déroulera du 15 au 24 mai 2009, à Addis-Abeba. Qui a dit qu’il n’y avait pas de tigre en Afrique ?

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    • Imperial Tiger Orchestra, Djemeregne

    • Imperial Tiger Orchestra, Bati

    Imperial Tiger Orchestra, Aynotche Terabu/Tezeta

    CONCERTS

    • 21.03.09 Le Bourg / Lausanne

    • 17.04.09 La Meson / Marseille

    • 18.04.09 Le Paradox / + Marabout Fonk System / Marseille

    • 06.06.09 Festival Mai au Parc / Genève

    SITES

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    Jazz: Soil & “Pimp” Sessions, une énergie débridée


    Le sextet déjanté continue à promouvoir son Death Jazz

    Les membres de Soil & “Pimp” Sessions se sont rencontrés au début de la décennie autour de Tabu Zombie, un DJ de Tokyo qui avait l’habitude de s’entourer de musiciens pour l’accompagner lors de ses sets. Avec leur présence scénique explosive et leur jazz déjanté, le groupe acquiert progressivement plus de succès que le DJ et cristallisent leur association en 2005 dans un premier album intitulé “Pimp Master”.

    Soil & “Pimp” Sessions c’est un peu Bootsy Collins, Rahsaan Roland Kirk et Roger Rabbit se retrouvant pour faire des jams dans un accélérateur de particules. Le résultat se décline dans une fusion de jazz anarcho-punk que leur mentor Gilles Peterson, qui est intarissable lorsqu’il s’agit d’être élogieux à leur propos, a surnommé death jazz. Selon lui, “Miles Davis avait raison de dire que le jazz était mort. Cependant Soil & “Pimp” Sessions l’a ressuscité et ils s’apprêtent à déverser ce death jazz de part le monde”.

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    Leur dernier single intitulé SATSURIKU Rejects est téléchargeable ici.

    SITES

    Soil & “Pimp” Sessions, Storm, “Planet Pimp” (Brownswood Records)

    Soil & “Pimp” Sessions, Crush

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    House: DJ Clock, l’Afrique du Sud à l’heure house


    Une mixtape d’un DJ berlinois présente un aperçu de la scène house sud-africaine

    Après avoir exploré quelques déclinaisons contemporaines du hip-hop et du dancehall à travers le monde (mix 1), puis présenté l’influence des structures rythmiques africaines et latines (mix 2), le dernier mixe de la série NGoma continue d’examiner les nouveaux contours de la world music contours de la

    Avec cette nouvelle mouture, le DJ berlinois Zhao se plonge dans l’actualité de la scène house sud-africaine et des pays voisins. Black Coffee, Ossie ou Manya perpétuent l’héritage syncopé du kwaito funk avec cette palette de productions caractérisées par des rythmes “drums”, entrecoupés de poussées acidifées, largement popularisés par DJ Mujava.

    A ce titre, DJ Clock présente un profil passablement similaire. Issu d’un township de Durban, son premier album “The First Tick”, disponible uniquement en format mp3, ravive immanquablement l’univers synthétique de la house originelle.

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    DJ Clock, Dusk’n Dawn

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    Reggae: David Rodigan, le réél authentique


    Sir Rodigan offre une nouvelle sélection de reggae authenthique

    Après avoir abandonné ses études d’économie, le jeune David Rodigan se destinait à devenir comédien. Toutefois, c’est finalement grâce à sa passion pour le reggae qu’il est dévenu un des sélecteurs les plus atypiques du reggae. Lorsqu’on voit ce sexagénaire “so british” s’agiter comme un damné sur les morceaux qu’il joue, il ne fait aucun doute que Sir Rodigan a su se construire avec brio une place à part.

    Une réputation construite également en grande partie grâce à sa collection légendaire de dublates, de ses sets fougueux et des programmes radiophoniques qu’il dispense depuis la fin des années 70. A partir des années 90, c’est surtout en matière de sound clash que Rodigan a pu imposer ses sélections aux quatre coins du monde. Avec “Real Authentic Reggae Volume 2″, il propose une sélection de morceaux qui nous plongent au coeur du reggae roots d’hier et d’aujourd’hui.

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    ALBUM

    • Real Authentic Reggae Vol.2 (Compiled By David Rodigan), (BBE), sortie le 31.03.09

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    Folk: Sophie Hunger, une force irrésistible


    Avec la sortie de son “premier” album, Sophie Hunger poursuit sereinement son cheminement

    Plébiscitée comme peu d’artistes autochtones l’avaient été avant elle, l’engouement suscité par la chanteuse zurichoise ne cesse de s’étendre. Avec “Monday’s Ghost”, Sophie Hunger confirmait le début d’une carrière aux attraits irrésistibles. Depuis quelques mois, Sophie Hunger profite en effet d’un aptitude à captiver les personnes qui croisent fortuitement son chemin.

    Le charme de sa voix opérait déjà sur “Sketches on Sea”, une première collection de morceaux autoproduits qui a rapidement séduit les oreilles averties. Ensuite, c’est surtout sa présence magnétique lors de ses différentes prestations en première partie de Stefan Eicher, de Camille ou des Young Gods qui ont séduit un public pris au dépourvu. Il ne fait nul doute que sa “résidence” à la Boule Noire, du 23 au 28 mars risque bien d’amplifier ce talent endémique.

    SITE

    Sophie Hunger,Blues