Auteur Jacques Denis

Expériences: Raymond Scott, déconstruire le génie


Stan Warnow a finalement terminé le documentaire dédié à son père. Surnommé par certains la « version audio d’Andy Warhol», la carrière de Raymond Scott a les allures du personnage de roman. Une vision monophonique nuancée par son fils dans “Deconstructing Dad: The Music, Machines and Mystery of Raymond Scott”, un portrait intimiste qui révèle les travers humain de cette trajectoire de génie.

Scott a débuté sa carrière musicale au milieu des années 30 par l’entremise de son orchestre. Avec son style rapide et très imagé, The Raymond Scott Quintette connaîtra un succès quasi instantané. Appelé à Hollywood, il est mandaté Warner pour composer des BO de films et de dessins animés classiques tels que Bugs Bunny, Road Runner ou Wily Coyote. Bip bip.

Cette expérience le pousse à s’intéresser de plus en plus aux bruitages. A partir des années 50, Scott fonde le Manhattan Research inc. et profite de ses compétences d’ingénieurs pour développer ou perfectionner des instruments inédits. Qu’il s’agisse de mandats publicitaires ou de compositions électroacoustiques, Scott va composer un univers sonore totalement unique.

Pendant près d’une vingtaine d’années, il va ainsi endosser le rôle de savant fou en créant toute une gamme de nouvelles machines permettant de composer des sons largement en avance sur leur temps. C’est le cas notamment de son Electronium que Berry Gordy s’était procurer pour agrémenter les sessions Motown. Cela a valu à Scott de travailler pour le label pendant plusieurs années en tant que Directeur du département de recherche en musiques électroniques.

FILM

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Club: Ayobaness, les kings des townships


Une compilation célèbre la house sud-africaine

Le succès rencontré par DJ Mujava avait permis un gros coup de projecteur sur les productions house en provenance d’Afrique du Sud. Le label allemand Out | Here profite de l’occasion, ainsi que de la Coupe du Monde imminente, pour sortir une compilation avec quelques-unes des figures marquantes de la scène, telles que Pastor Mbhobho ou DJ Steavy. Une occasion pour revenir sur DJ Mujava dont la percée atypique dans les circuits clubs occidentaux était évoquée dans le numéro 108 du magazine Vibrations.

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Pastor Mbhobho, Ayobaness 01 Pastor Mbhobho - Ayobaness by OuthereRecords

DJ Mujava, Mugwanti, Sgwejegweje, Schlachthofbronx RMX DJ Mujava - Mugwanti / Sgwejegweje Schlachthofbronx RMX by OuthereRecords

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» Lire l’article sur DJ Mujava

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Deux morceaux de Roska en écoute

‘Time Stamp’ et ‘Tomorrow Is Today’ sont extraits du premier album, au titre homonyme, de Roska.

ROSKA TOMORROW IS TODAY by factmag

ROSKA TIME STAMP by factmag

Soul: Gonjasufi, nébulosité mystique


Gonjasufi propose sa relecture chamanique de la pop music aux musiques ethniques

“A Sufi and a Killer” est un album étrangement polymorphe, voire obsédant, qui emprunte à tous les registres musicaux pour se composer une identité propre. Une sorte de testament liturgique d’un gourou repenti, une confusion structurée autour de boucles de sitars ou de choeurs outranciers provenant de confins orientaux. Une délicate ode païenne dans laquelle le rock garage de SuzieQ ou DedNd fait place à des titres proches du boogie funk (Duet) ou de l’electronica minimale (Candylane).

Un cheminement diachronique et mystique qui conserve son homogénéité grâce, d’une part, aux textures analogiques éraillées composées par Mainframe et AJDM et, surtout, la voix de Gonjasufi qui suinte comme autant des susurrements à la limite du plaintif ou de la rupture. Certains titres tels que Ancestors ne sont pas sans rappeler l’ambiance dégagée par Dudley Perkins à l’époque de “A Lil’ Light”. “A Sufi and a Killer” plongent dans les mêmes introspections de l’âme, en y ajoutant quelques traces magico-religieuses.

ALBUM

  • Gonjasufi “A Sufi and a Killer” (Warp) sortie le 08.03.10

Télécharger: Gonjasufi, Ancestors (produit par Flying Lotus)

Gonjasufi, DedNd

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Expériences: The Tapeworm, la musique par la bande


Sculpture de Brian Dettmer

Un label réactive les vertus de la cassette culture

À l’heure de la numérisation à outrance et des discussions sur le futur de la musique, il n’est pas surprenant que les propriétés culturelles et esthétiques de supports de reproduction sonore obsolètes soient remises au goût du jour. Avec la sortie en 2005 de son ouvrage “Mixtape: The Art of the Cassette Culture”, Thurston Moore payait un hommage indexé aux diverses formes culturelles véhiculées grâce à ces petits rectangles de plastique pour bandes magnétiques.

Les cassettes audio (compact cassette) furent lancées sur le marché vers le milieu des années 60 par Philips. Fait rare, c’est la même firme hollandaise qui, 20 ans plus tard, révolutionnera une nouvelle fois les modes d’écoute en inventant le disque compact. Avant ce basculement numérique, les cassettes constituaient le média privilégié pour écouter, et surtout recopier, des productions musicales. Un monopole d’autant plus long que les dispositifs CD-R, qui existaient déjà vers la fin des années 80, sont gardé très longtemps des prix prohibitifs. Du punk au hip-hop, plusieurs générations de courants musicaux ont ainsi profité de ces vertus reproductives pour promouvoir des esthétiques DIY.

Même si le CD et les fichiers Mp3 semblent les avoir rendus caducs dans les habitudes musicales, les cassettes n’ont cependant pas totalement fini de se débobiner. Dans un premier temps, la plupart des zones non occidentales continuent de profiter en masse des avantages apportés par cette technologie analogique. Ensuite, il existe toute une frange d’artistes ou de nostalgiques qui, à l’instar de Thurston Moore avec son livre “Mix Tape: The Art of Cassette Culture”, participent à canoniser les apports culturels et esthétiques déterminants de ce medium.

Enfin, à l’heure actuelle, toute une nouvelle vague d’artistes, de musiciens ou de labels semblent redécouvrir le charme désuet de la bande magnétique sous des formes. C’est le cas notamment de The Tapeworm, un label proche de Touch, dont le catalogue est constitué exclusivement de cassettes audio. Souvent produites en nombre très limité, on y trouve des pièces musicales, mais également des conférences ou des interviews d’artistes et d’intellectuels. À ce titre, la première édition du label fait office de manifeste. Il s’agit l’adaptation d’un texte de Jean Baudrillard, Xerox et l’Infini, dans lequel le philosophe interroge les questions touchant aux technologies de reproduction.

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Soul: Georgia Anne Muldrow, les ballades d’une reine


Georgia Anne Muldrow fait l’étalage de son talent dans un album en hommage à MJ

“Elle est incroyable. Elle est comme Roberta Flack, Nina Simone, elle est quelque chose de différent. Je n’ai jamais entendu quelqu’un chanter comme ça. Elle est une religion”. Voilà le type de compliments quelque peu emphatiques qui font toujours bon entendre lorsqu’on est une chanteuse inscrite dans la tradition soul. Toutefois, quand de telles louanges sont prononcées par Mos Def, dans une interview pour le New York Times, on peut surtout présumer légitimement de l’immense talent de Georgia Anne Muldrow.

Flirtant souvent avec l’expérimentation, elle a su affirmer un style très personnel et autonome en se chargeant notamment de l’intégralité de ses productions. Avec “Kings Ballad”, dont le titre éponyme est inspiré par les derniers jours d’un “ami de la famille” dénommé MJ, elle ne déroge pas à ses habitudes. Ne faisant recours à aucun sample, elle a composé, joué et chanté intégralement chacun des 19 titres qui jalonnent cet album. Nul besoin de se livrer à la surenchère en matière de références. Il ne fait aucun doute que cet album “mo’ fonky” de la compagne de Dudley Perkins, qui l’accompagne sur quelques morceaux, trace de nouvelles orientations en matière de nu soul. A suivre.

ALBUM

  • Georgia Anne Muldrow, “Kings Ballad” (Ubiquity) sortie le 09.02.10

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Hip-hop: Speech Debelle, succès thérapeutiques


A l’heure des hommages de fin d’année, retour sur Speech Debelle qui a gagné le Mercury Prize 2009 grâce à son premier album “Speech Therapy”

Sur son poignet gauche, Speech Debelle s’est tatoué une bandelette de notes musicales dans laquelle est insérée l’intrigante formule « Pain is Love ». Souvenir d’une adolescence exempte de romantisme mièvre, cette phrase caractérise adéquatement une chanteuse ambivalente dont les expériences vécues façonnent chacun des mots. Une posture sans artifice qui lui permet avec « Speech Therapy » de signer un premier album admirable d’authenticité.

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Funk: Pedro Bell, Free your mind les petits


L’illustrateur légendaire des Parliament / Funkadelic met ses originaux en vente

Un article dans le Chicago Sun Times dévoilait cette nouvelle qui ne manquera pas d’interpeller tous les amateurs des cosmographies P-Funk. En effet, même si son nom reste l’apanage des experts, Pedro Bell est l’auteur de près d’une trentaine de pochettes des Parliaments / Funkadelic.

Tout au long des années 70 et 80, sous le pseudonyme de Sir Lleb, il annotait et illustrait les albums avec un style inspiré par les bandes dessinées et d’obscures expressions d’alchimie musicale. L’inquiétante poupée vaudou de “Cosmic Slop”, l’alunissage de “One Nation Under a Groove” ou le fantasme cyberphallique (censuré) de “Electric Spanking War Babies”, il a largement contribué à donner un style à la révolution psychédélique et afrofuturiste emmenée par George Clinton et sa tribu.

Comme le souligne le curateur de l’exposition “Funkaesthetics” qui se tient actuellement à Toronto, “George Clinton a largement profité de la dimension conceptuelle attribuée au P-Funk, mais Pedro Bell y a contribué de manière importante à travers ses textes et son imagerie.” Agé de 59 ans, Bell est omplétement fauché et il s’est décidé à trouver des collectionneurs intéressés à racheter les originaux.

Pedro Bell vivait à 100% la philosophie P-Funk, ce qui nous vaut cette belle leçon en matière de programmes pour enfants. Free your mind les petits! Ça décolle vraiment à partir de la troisième minute…

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Pedro Bell, émission Chic-a-go-go (1997)

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Expériences: Renée Green, expédition au Greenland


Une rétrospective sur l’artiste américaine se tient actuellement au MCBA de Lausanne

Cela fait plus de 20 ans que l’artiste américaine explore les enjeux identitaires contemporains en opérant des va-et-vient entre ses expériences personnelles et des documents de la mémoire collective. “Aux procédés artistiques hérités de l’art conceptuel”, comme le souligne la commissaire de l’exposition Nicole Schweizer, “Renée Green allie des réflexions issues de la critique postcoloniale pour explorer la place du sujet dans l’histoire et aborder la question des identités et de leurs possibles fluctuations”.

En présentant ses allégories du voyage ou ses interrogations taxinomiques, sémantiques ou graphiques, la rétrospective du MCBA de Lausanne présente un panorama exhaustif des axes de recherches à partir desquels Renée Green parvient à construire cette généalogie anachronique.

L’approche de Renée Green, dont le frère Derrick n’est autre que le guitariste et chanteur de Sepultura, est également marquée par la place occupée par la musique et les sons. En particulier, à travers la série de documentaires qui composent “Wavelinks“. Présentée lors des expositions Sonic Process du Centre Pompidou (2002) et au Sonar festival de Barcelone (2004), cette installation est composée de 7 petites unités octogonales munies chacune d’une vidéo sur moniteur et d’écouteurs.

Sur un total de près de 50 heures d’interviews filmés, des artistes, des théoriciens ou des activistes tendent de circonscrire quelle est la portée des sons, organisés ou non, dans notre perception de la réalité. Des personalités comme Christian Marclay, DJ Spooky ou le critique Diedrich Diedrichsen explorent les arcanes de la musique électronique et s’interrrogent sur la capacité du son à créer des “points de contact ” entre des individus ou des lieux.

EXPOSITION

  • Renée Green, “Ongoing Becomings: Rétrospective 1989 - 2009″, jusqu’au 3 janvier 2010

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Label: Kode9, Cinq ans dans l’hyperspace


PHOTO: Joël Vacheron

Hyperdub sort une compilation marquant ses cinq d’activité. Début 2007, Steve Goodman évoquait sa vision du dubstep pour le magazine Vibrations.

Le teint pâle et le regard quelque peu indolent, Steve Goodman, aka Kode9, n’est pas du genre à se soucier de son quotient hebdomadaire de sommeil et d’ensoleillement. Cependant, débarqué le matin même d’une tournée de deux semaines en Chine, le DJ et producteur avoue endurer quelque peu cette interminable journée.

A semi avachi dans son home studio du sud de Londres, il tient à s’excuser pour ses éventuelles inattentions. Une politesse superflue, car on s’apercoit bien vite que les effets pernicieux du jetlag n’ont guère d’impact sur l’esprit pénétrant et original de ce personnage multifacettes. Sa vision “intelligent” du dubstep lui vaut d’être retenu dans le palmarès des meilleurs musiciens 2006 par le magazine d’art contemporain Artforum.

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Dub: King Midas Sound, la face mélancolique


Avec King Midas Sound, Kevin Martin continue à jouer à Dr Jekyll et Mr Hyde

Vétéran de la scène underground londonienne, Kevin Martin n’apprécie être réduits à travers des catégorisations hâtives. A ce titre, le succès rencontré, notamment par son dernier album produit sous le patronyme de The Bug, ne semble pas lui avoir apporté uniquement des expériences bénéfiques. “Dans l’industrie musicale, on est autorisé à n’avoir qu’une seule dimension et j’ai eu l’impression que The Bug devenait une sorte de cliché” déclare-t-il à ce propos. “Mais à mon avis, il est essentiel de proposer quelque chose qui va toujours au-delà des caricatures faciles et King Midas Sound est en quelque sorte l’opposé de The Bug”.

Ce n’est d’ailleurs pas la seule casquette à sa disposition car Martin multiplie depuis de nombreuses années les incorporations les plus diverses. Toutefois, ce projet constitue l’exutoire le plus direct par rapport aux univers sombres promus par “London Zoo” ou “Pressure”. Avec “Waiting For You”, Kevin Martin explore des intensités plus élusives et émotionnelles qui sont largement amplifiées grâce aux voix vaporeuses d’Hitomi et surtout du poète Roger Robinson qui, avec son falsetto quelquefois au bord du murmure, infuse la sensibilité lovers rock de cet album.

À travers cet hommage indirect à des figures tutélaires telles que Gregory Isaacs ou Cornell Campbell, Martin peut surtout faire ressortir les revendications identitaires qui caractérisent ce style hybride né dans le sud de la Grande-Bretagne au début des années 70. “Les chanteurs de lovers rock se différenciaient des chanteurs jamaïcains notamment parce qu’ils se concentraient à faire ressortir une charge émotionnelle. C’était leur manière à eux d’affermir leur identité.” Entre craquements, souffles et réverbérations, King Midas Sound perpétue admirablement cette quête emprunte de mélancolie.

ALBUM

  • King Midas Sound, “Waiting For You” (Hyperdub), sortie le 30.11.09

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CONCERTS

  • 05.11.09 Lausanne / Le Romandie (Les Urbaines)

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Expériences: Phill Niblock, drone à voir


Le compositeur et réalisateur en concert à La Serpentine

Dans le cadre des Park Nights, La Serpentine invitait le compositeur et réalisateur Phill Niblock pour un concert en hommage à Max Neuhaus, décédé en début d’année. Contemporain de Terry Riley, La Monte Young ou Tony Conrad, Niblock est quelquefois considéré comme une des pionniers sous-estimé de la tradition minimale américaine.

Deux pièces étaient au programme de ce concert donné dans le pavillon réverbérant de Kazuyo Sejima & Ryue Nishizawa. 3 to 7 - 196 (1974), samples préenregistrés et violoncelle, et One Large Rose (2008), exécuté par les quatre membres du Nelly Boyd Ensemble. Chaque musicien répétant la même note tout au long du morceau, il en résulte un son continu et dense dont les altérations quasi imperceptibles provoquent des stimuli. Ces longues compositions, Niblock est un des pionniers du drone, génèrent des superpositions de textures sonores très denses dans lesquelles se dessinent furtivement des harmonies, se dégagent progressivement des passages.

Parallèlement, a son activité musicale, Niblock a également été photographe de jazz et réalisateur de nombreux films. Il est notamment l’auteur de “The Magic Sun”, une fantaisie céleste en noir et blanc dédiée à Sun Ra. Son concert londonien était une occasion la projection de deux de ses films. Un court-métrage composé, essentiellement de collage, en hommage à son ami Max Neuhaus, “Max” (1966) ainsi qu’un long extrait tiré de The Movement of People Working (China, 1989).

Débutée en 1973, cette série présente des successions de scène d’ouvriers exerçant des activités manuelles dans différentes parties du globe. Avec leurs répétitions, ces divers mouvements ajoutent une couche de fluctuations cycliques qui amplifie encore l’intensité de la performance. À travers ces structures rythmiques visuelles et auditives, les pièces de Niblock s’apparentent a des mantras profanes aux effets hypnotiques. Une expérience rendu encore plus vibrante grâce à l’excellente sonorisation du lieu.

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Phill Niblock, “The Movement of People Working - China” (1989)

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R&B: Sly Stone, Coming Back For More


Sortie d’un documentaire et d’un livre sur le mythe de Sly Stone

La première du documentaire réalisé par Willem Alkema sur Sylvester Stone aura a lieu le 16.10.09 dans le cadre du Hot Spring Documentary Film Festival. Figure incandescente de la fin des années 60, Sly Stone est également reconnu comme l’un des reclus les plus célèbres de la pop music. À l’instar d’un Howard Hugues ou d’un Axl Rose, son existence est marquée par un retrait à tel point radical que beaucoup le pensaient mort. Des réalisateurs, des journalistes, des musiciens et des amis ont tenté en vain de le retrouver. En 2004, après deux ans de recherches, Willem Alkema a finalement réussi à le localiser dans une petite ville juste en dehors de LA.

Edwin & Arno Konings ont également annoncé qu’un livre “Thank You” The Story of SLy & The Family Stone” est également en cours d’écriture et devrait sortir dans le courant 2010. L’an passé, le retour sur scène de Sly Stone avait fait couler passablement d’encre et ce comeback polémique avait motivé l’écriture de ce petit essai.

Trailer “Coming Back For More”, 2009

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Expériences: Collage, Back in the U.S.S.R.


L’album intrigant d’un groupe estonien refait surface

Avec une pochette à l’esthétique photographique épurée, un titre proche du minimalisme conceptuel et un nom qui ne l’est pas moins, l’album “Forty Seven Minutes Four Seconds” de Collage renvoie immanquablement à quelques clichés véhiculés par des projets électroniques contemporains. Mais les illusions sont trompeuses et on a vite fait de se raviser à l’écoute de cet ovni estonien providentiellement exhumé par le label Wool Recordings.

Formé en 1966 autour de Rivo Dikson, Collage était essentiellement formé par des étudiants du Conservatoire de Tallin qui proposaient un télescopage parfaitement maîtrisé d’influences. Jazz vocal ou polyphonies aux élans liturgiques, répertoires classiques à la tenure rigoureuse, musiques folkloriques ou bossa nova, chaque seconde réserve un air de surprise. Si quelques fredonnements rappellent les trames cinématographiques de Michel Legrand et certains rythmes énergiques le souffle des Doubles Six, on peut se retrouver très vite propulsé vers le groove de Quincy Jones ou des zones oniriques déglinguées proches d’Os Mutantes.

Un cocktail d’influence étonnamment diversifié pour un groupe astreint à se plier au relatif isolement imposé par les diktats du régime communiste. Toutefois, comme le souligne un ancien membre du groupe, Collage profitait à la fois de données géographiques et juridiques. “Les connexions avec l’occident n’étaient pas aussi bonnes qu’aujourd’hui, notamment grâce à Internet, et il fallait quelque temps avant que les productions musicales nous parviennent. Toutefois, l’Estonie se trouvait à la pointe de l’URSS et il nous était capable de capter les programmes de la radio et de la télévision finlandaise.” De plus, l’URSS n’ayant pas encore ratifié les conventions concernant les droits d’auteurs autorisait les musiciens à utiliser les compositions à n’importe quelles fins.

Collage a été actif durant une dizaine d’années durant lesquelles le groupe enregistrera trois albums, un maxi et se produira trois fois hors de l’URSS. En “47′04″ minutes, ce disque offre un testament sonore intrigant en provenance d’un monde évanoui.

ALBUM

  • Collage, “47′04″ (Wool Recordings) 09.11.09

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hip-hop: The Last Poets, il était une fois l’amerikkk


Made in Amerikkka retrace les combats menés par les Last Poets

Parmi les transformations profondes qu’elle a pu engendrer, l’élection d’Obama a surtout permis de mettre en perspective l’évolution de processus variés relatifs à la reconnaissance de droits civiques des communautés afro-américaines. Après la Guerre de Secession, et plus spécifiquement depuis l’instauration de politiques ségrégationnistes, le contexte politique américain est fondamentalement lié à des groupes, à des personnalités et à des idées prônant de manière toujours plus radicale des transformations de la société.

Avec l’appel à un soulèvement révolutionnaire prôné entre autres par le Black Panther Party, le contexte des années 60 marque un moment sans précédent dans le déploiement de telles velléités émancipatoires. C’est un 19 mai 1968, le jour de l’anniversaire de Malcolm X, que les Last Poets donnent leur premier concert au Marcus Garvey Park de New York. Poussés par leurs idéaux, les membres originaux, dénommés Felipe Luciano, Gylan Kain et David Nelson avant d’adopter des patronymes arabes, avaient choisi la musique et le mot comme armes politique.

En véhiculant leurs revendications à l’aide de percussions africaines, d’envolée free-jazz et de spoken word, ils connurent rapidement un large succès et posèrent les premiers jalons à la culture hip-hop. Après de longues années de séparation, les membres originaux se sont retrouvés en 2008 dans le cadre du Festival des Banlieues Bleues. Avec “Made in Amerikkka, Claude Santiago a profité de cette occasion pour réaliser un film dans lequel les poètes, en retraçant leur histoire, permettent de revenir sur un pan d’histoire crucial de la cause afro-américaine.

DVD

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Média: FMA, la musique gratuite de qualité


La radio WFMU a lancé son projet de plateforme d’archivage

Les potentialités de diffusion offertes par les technologies du Web 2.0 ont ouvert de champs totalement inédits en matière de distribution et de consommation des productions musicale. Une abondance sans précédent, aussi bien en terme de quantité que de gratuité, qui pose toute une série de questions qui semblent inexorablement ouvertes.

À travers son slogan “It’s not just free music; it’s good music”, la station new-yorkaise WFMU continue d’emprunter des voies synchrones. Lancée en 1958 comme projet radiophonique communautariste fondé sur des principes libertaires et non-commerciaux, WFMU n’a jamais dérogé à sa réputation d’iconoclaste en matière de programmation. Un anticonformisme prolongé quelques décennies plus tard par le biais d’un website et d’un blog qui ont permis d’accroître aussi bien la couverture que l’offre de la radio.

Lancé officiellement en avril 2009, grâce à un subside du New York Musical Fund, WFMU a fait encore un pas supplémentaire en mettant en place une plateforme de téléchargement accessible gratuitement. Inspirée par Creative Commons et les mouvements rattachés à l’open source, Free Music Archive propose aux artistes et aux labels de diffuser leurs titres ou leurs albums. Derrière le slogan “It’s not just free music; it’s good music”, le site entend offrir une sélection hétéroclite qui ne cesse de s’étoffer au fil des semaines.

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Antilles: Tumbélé!, mémoires d’outre-mer


Le label de Brighton continue de nous faire redécouvrir des chapitres musicaux de la diaspora africaine

Peu de temps après les sorties de Columbia et de Panama! 2 (voir le mix ci-dessous), et des succès rencontrés par les divers projets liés au Nigeria et au Ghana, Soundway continue de révéler les déclinaisons intercontinentales du panafricanisme. Avec “Tumbélé!”, Miles Cleret nous convie à nous balader du côté des Antilles, plus spécifiquement dans les Départements français d’Amérique durant les années 60 et 70.

Le titre est le nom qui fût donné à un rythme qui influenca de manière décisive l’évolution des la musique martiniquaise avant l’intégration du compas haïtien. Le groupe Ry-Co Jazz, dont les membres étaient originaire de la République démocratique du Congo, joua un rôle déterminant en important la rumba congolaise aux Antilles vers la fin des années 60. Le Tumbélé deviendra emblématique d’un retour aux racines originelles par l’intégration de rythmes africains.

Alternant entre biguine, calypso, influences jazz ou psychédéliques, cette vingtaine de morceaux provenant principalement de La Martinique et de Guadeloupe permet ainsi de dévoiler la richesse d’une tradition qui a été largement occultée dans les pays anglo-saxons en regard d’autres îles des Caraïbes. Soundway offre ainsi une belle occasion de revenir sur des groupes qui, bien que très influents tout au long de cette période, se sont quelque dissolus dans la vague déferlante occasionnée par la zouk dès le début des années 80.

ALBUM

  • Compilation, “Tumbélé! Biguine, afro & latin sounds from the French Caribbean, 1963-74″ (Soundway) Sortie le 05.10.09

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Lola Martin, La Sirène La Sirène

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Club: Shut Up & Dance, histoires de dancefloor


Shut Up & Dance Music, le légendaire label underground londonien, sort une compilation rétrospective qui présente le groupe, le label et l’attitude.

Vers le milieu des années 80, Londres vivait un contexte particulièrement créatif en matière de club culture qui allait servir de rampe de lancement au Second Summer of Love. L’explosion des sous-cultures, la propagation des musiques électronique ou encore la redécouverte du MDMA offrait une configuration particulière pour l’avènement de nouvelles formes musicales.

Dans cette effervescente, l’histoire de Shut Up & Dance est significative. les deux rappers Smiley et PJ, accompagnées par DJ Daddy et DJ Hype étaient actifs dans les réseaux des raves clandestines et des manifestations Reclaim The Streets au sein d’un soundsystem dénommé Heatwave. Ne parvenant pas à intéresser les labels avec leurs productions, ils se décident pour l’autoproduction. Shut Up & Dance, le groupe, sort quelques singles remarqués, le premier est le très snapesque 5,6,7,8 (1989), jusqu’à la sortie de “Dance Before The Police Come!” en 1991.

Malgré une pochette quelque peu alarmante, ce premier album très innovateur sera une influence déterminante qui ouvrira la voie à la jungle. Avec leur fusion de hip-hop et de samples tirés des tubes pop de l’époque, le style breakbeat hautement énergisant de Smiley et PJ deviendra le son incontournable des scènes underground.

Par la suite, Shut Up & Dance, le label, continuera à asseoir son statut culte en signant des artistes comme The Ragga Twins ou Nicolette qui auréolera l’album “Protection” de Massive Attack peu de temps après. La sortie de ce coffret rétrospectif, qui regroupe une bonne partie des titres signés par le label, permet de retracer l’impact de ces productions sur l’évolution de la Drum’n'Bass, du UK Garage ou du dubstep.

ALBUMS

  • Shut Up & Dance “How The East Was Won: 1989 - 2009″ (Shut Up And Dance Music) sortie le 2 Novembre

SITE

Shut Up & Dance, “Dance Before the Police Come”, 5,6,7,8

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Jazz: Stade, toujours en roue libre


Avec “Freewheel”, Christophe Calpini et Pierre Audétat proposent une nouvelle variante de leur projet combinatoire en compagnie d’Erik Truffaz, d’Elliott Sharp et de Grégroire Maret. Une occasion pour revenir sur l’interview qu’ils avaient accordés à Vibrations lors de la sortie de “Art Brut Fe De Yoot”.

La foule se presse devant la scène du Cargo, le club mythique londonien, pour assister au vernissage de Art Brut Fe De Yoot, l’album hip hop le plus audacieux de ce début d’année. Une grande partie de l’écurie Big Dada, Roots Manuva en tête, semble particulierement curieux de voir à l’oeuvre le rappeur local Infinite Livez accompagné de Stade, la dernière recrue du label, projet expérimental polymorphe du pianiste Pierre Audétat et du batteur Christophe Calpini. En passant maître dans l’art de jouer live des sons préenregistrés, ces virtuoses du sampler se sont imposés comme des références majeures dans le domaine de l’improvisation électronique et leur performance est attendue à juste titre avec une certaine impatience.

Fidèle à son habitude, le rapper Infinite Livez joue la carte de l’humour en arrivant sur scène dans un déguisement extravagant. Sa présence scénique punkoïde et ses prouesses vocales délirantes capte d’emblée l’attention d’un public déjà convaincu. De leur côté, le binome Stade, déguisés en morts-vivant, se mélange les presets et compose imperturbablement des rythmes toujours à la limite de la régularité. Ce soir, le trio est accompagné de la chanteuse Joy Frempong, dont les scats électroniques époustoufflants s’accordent à merveille aux exubérances d’Infinite Livez. Il ne faut pas bien longtemps pour être subjugué par la puissance du groove bringuebalant de ces épigones facétieux de Sly Stone et de la Famile Adams.

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Rétro: Rapper’s Delight, le feu aux poudres


Pour fêter les 30 ans de Rapper’s Delight, Dan the Automator propose un concours de remix

L’histoire du hip-hop a généré passablement de légendes, mais l’épopée de Rapper’s Delight constitue sans conteste le mythe originel qui inaugure les premières querelles en matière de street credibility et de droits d’auteur. En effet, The Sugarhill Gang fût monté par une productrice, Sylvia Robinson, qui s’était déjà largement rôdée dans le r’n'b. Convaincue du potentiel commercial de ce courant, elle préfère éviter les acteurs de la scène et recrute Wonder Mike, Big Bank Hank et Master Gee. Trois novices qui jouaient alors les troisièmes couteaux dans une petite ville du New Jersey.

Construit sur un break de Good Times et scandé par des onomatopées écrites par Grandmaster Caz, le trio n’avait pas grand-chose à revendiquer. Même si cette “fabrication” a d’emblée discrédité le groupe auprès des puristes, cette situation n’a pas empêché le Rapper’s Delight de suivre une trajectoire exceptionnelle. En devenant le premier enregistrement libellé hip-hop, il ouvrait la voie à une nouvelle phase de l’industrie musicale et permettait au label Sugarhill Records de devenir un pièce centrale dans l’histoire du mouvement.

Afin de fêter ce 30e anniversaire, Dan the Automator est sur le point de sortir une nouvelle version du Rapper’s Delight et à cette occasion il propose à tous les amateurs de plancher sur un remix. Toutes les infos sont accessibles sur le site du concours. Date limite: 14 juin 09.

The Sugarhill Gang, Rapper’s Delight (1979)

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Pop: Chris Blackwell, le magnat rasta


La commémoration du cinquantième anniversaire de Island Records permet de revenir sur l’influence de cette figure majeure de la musique anglo-saxonne

Situés à quelques pas de la station de métro de Notting Hill Gate, les bureaux d’Island records ont su conserver une ambiance tropicale singulière. Mobilier de bois, poster de Bob Marley, gros coussins, deux djembés et une fragrance agréable de fumée, la réception active d’emblée une imagination toute insulaire. Même s’il a vendu ses parts il y a près de vingt ans, il ne fait aucun doute que l’empreinte décontractée du fondateur Chris Blackwell continue de souffler sur la destinée du label.

2009 est sans conteste l’année de la reconnaissance pour ce septuagénaire qui a veillé à la destinée d’artistes aussi hétéroclites que Nick Drake, Grace Jones, Roxy Music et, bien sûr, d’un certain Bob Marley. Passionné de musique et homme d’affaires visionnaire, Blackwell a été consacré récemment comme la personnalité qui a eu le plus d’influence sur les musiques populaires anglaises durant ces cinquante dernières années. Il nous reçoit, en compagnie de son ami de longue date Baaba Mal, pour évoquer quelques épisodes de son parcours singulier. Même s’il avoue ne pas aimer ressasser le passé, les anecdotes reviennent facilement en surface. Elles sont souvent assez cocasses. Comme ce concert à Kinshasa de Millie Small, dont le titre “My Boy Lollipop” (1964) fût le premier succès commercial du label.

En arrivant sur le site deux heures avant le concert, il constate que rien n’avait été préparé. “Nous sommes tout de même parvenus à monter la scène”, se souvient-il, ” et le concert à pu se dérouler devant un stade archibondé. Le problème c’est que seulement 10% du public avait payé son billet. L’autre chose intéressante”, ajoute-t-il, “c’est que Fela, qui était encore inconnu, se trouvait dans le groupe qui accompagnait Millie sur scène”. Il revient également sur sa découverte des musiques africaines grâce aux connaissances expertes de Robert Palmer, sur l’impact des musiques jamaïcaines sur la culture britannique ou encore sur les principaux fondements à partir desquels il a façonné une approche si singulière dans l’industrie musicale. Happy Birthday Sir Blackwell!

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Club: Radioclit, le nouveau monde de la world music


L’univers sonique du collectif Radioclit est un vaste laboratoire d’échanges où l’on puise dans une banque intarissable de sons et de rythmes pour composer des sélections transculturelles

Texte: Joël Vacheron

Au milieu du XVIIIe siècle, Horace Walpole faisait référence à un vieux conte persan, Les Trois Princes de Serendip. Selon ce récit, trois hommes partent pour une mission et, en chemin, ils ne cessent de tomber sur des indices en apparence sans rapport avec leur objectif. Grâce à leur sagacité, ces événements fortuits leur permettront de découvrir des réalités qu’ils n’auraient jamais pu connaître autrement. Suite à cet épisode littéraire, le terme serendipity est fréquemment utilisé en anglais lorsque des situations intéressantes ou plaisantes arrivent de façon imprévue.

Un avion de papier

Cette définition s’applique à la saga de Johan Karlberg et Étienne Tron, le duo formant Radioclit, avec le chanteur Esau Mwamwaya. Évoluant dans des mondes a priori différents, leur rencontre est d’emblée marquée, comme le souligne Étienne, par une suite « d’enchaînements involontaires, mais totalement naturels ». Formé en 2003, Radioclit a participé activement au bouillonnement universaliste qui a singularisé la club culture londonienne durant ces dernières années. Après avoir enchaînés les collaborations avec des artistes tels que M.I.A, Bonde do Rolle ou Santogold, rien ne prédestinait le duo de s’associer à un chanteur inconnu pour produire un premier album. Ceci d’autant plus qu’au moment de leur rencontre, l’activité musicale principale d’Esau Mwamwaya se résumait encore à jouer de la batterie dans une église locale.

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Jazz: Hypnotic Brass Ensemble, un réconfort pour l’âme


Le brass band exceptionnel de Chicago sera de passage au New Morning pour une date unique. 10 places à gagner!

Au commencement, on trouve Phil Cohran. Trompettiste génial et multi-instrumentaliste cosmique de Sun Ra dans les 70’s, il sera également le mentor des Earth Wind and Fire. Quelques années plus tard, il s’occupe de l’éducation musicale de ses enfants et neveux en fondant le Phil Cohran Youth Ensemble. Une fanfare de cuivre qui deviendra par la suite, avec l’introduction d’un batteur, l’Hypnotic Brass Ensemble.

Biberonnés au jazz, funk et hip-hop depuis leur premier souffle, les membres de l’Hypnotic Brass Ensemble ont placé la virtuosité en matière de fanfare dans des sphères dans lesquelles peu de groupes peuvent rivaliser. Ce n’est par conséquent pas une surprise si des personalités telles que Damon Albarn, David Byrne, Q-Tip, Madlib, Jay-Z, Erykah Badu ou Mos Def ont été décoiffé par la force unique des HBE. Barack Obama aurait même déclaré “Je ne peux plus me passer de ces gars, ils sont un réconfort pour l’âme”.

Pour gagner des invitations pour le concert du Hypnotic Brass Ensemble, envoyez-nous un mail avec vos nom, prénom et adresse postale à concours@vibrations.ch Merci d’indiquer “HYPNOTIC” dans l’intitulé du message.

Il y a 5 x 2 places à gagner et les gagnants seront avertis par email

CONCERT

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Rétro: Hip-house, période de réhabilitation


Il y a 20 ans, la fusion de la house et du hip-hop jouait les météorites

Au tournant des années 90, Snap! , Technotronic ou Reel 2 Real larguaient quelques bombes qui allaient instantanément propulser la hip-house comme le style de prédilection des fêtes foraines. Cette fusion de hip-hop et de dance restera ainsi le genre hybride douteux que les puristes de tous bords se plaisent à dénigrer. Une situation rendue d’autant plus facile que durant la même période, NWA radicalisait le hip-hop dans sa déclinaision gangsta et que les envolées introspectives de l’acid rendait le flot des mc’s superflu.

Entre surexposition commerciale et disparition instantanée, les ramifications rattachées à ce courant ont trop vite été occultées. De Rob Base et DJ EZ Rock aux Jungle Brothers, en passant par Fast Eddie ou Tyree, de nombreux artistes explorèrent de manière plus ou moins prononcée les différents points de convergence d’un style trop rapidement enterré. Ce n’est donc pas une surprise de voir un revival de ce style qui rythmait les warehouses de Chicago dès les premiers soubressauts de la house music.

Kanye West ouvrait les vannes avec Stronger. Plus récemment, le Day’n'Nite de Kid Cudi ou la reprise par Kid Sister de I’ll House You, qui découlait de la collaboration en 1988 des Jungle Brothers et de Todd Terry, marque un virage encore plus marqué. Plus surprenant encore, la récente association de Dizzee Rascal et d’Armand Van Helden pour Bonkers scelle le phénomène. DJ Alexander ‘Full Nelson’ Waldron a senti le vent tourner et propose son top 20 ainsi qu’un mix qui participent à la réhabilitation de ce courant. On y retrouve notamment une étonnante reprise du Once in a Lifetime de Talking Heads par KC Flightt (7:45). A voir également, ce documentaire surgissant de nulle part et qui est largement diffusé sur Internet depuis quelque temps.

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  • Documentaire sur la Chicago Hip-House (1989)

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    Club: Donae’o, toujours de la partie


    Le chanteur surfe sur la vague funky house

    Agé de 25, Donae’o endosse déjà le statut de vétéran du UK Garage. MC alternant sensibilité soul et patwa jamaïcain, Danae’o s’est profilé comme une des voix attitrées de la vague UK funky qui déferle actuellement dans la club culture londonienne. Avec Devil in a Blue Dress, African Warrior et Party Hard, dans lequel résonne le “Day O (Banana Boat Song” de Harry Bellafonte, ce Londonien d’origine ghanéenne a enchaîné une succession de singles très remarqués et s’apprête à sortir son premier album intitulé “Party Hard”.

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    Donae’o, Devil in a Blue Dress

    Donae’o, African Warrior

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    Livre: Paul Gilroy, Darker than Blue


    PHOTO: Joël Vacheron

    Le sociologue Paul Gilroy vient de sortir un nouveau livre intitulé “Darker than Blue: On the Moral Economies of Black Atlantic Culture“. A travers une relecture de l’oeuvre de W. E. B. Du Bois, il interroge divers processus à travers lesquels les aspirations politiques et sociales afro-américaines ont été subverties par la société consumériste. Une occasion pour publier l’interview qu’il avait accordée à Vibrations

    Par Joël Vacheron

    Ecrire un article sur Paul Gilroy n’est pas chose facile. Comment souligner l’incroyable richesse d’une réflexion entamée il y a près de trente ans et dont l’onde de choc semble loin de s’arrêter ? Lorsqu’on écoute le sociologue parler de sa passion inaltérable pour la musique, on est emporté dans un tourbillon d’intelligence qui force l’admiration. Au fil de l’entretien, il fait s’entrechoquer le dub minimal et vaporeux de Tikiman et le broken beat débridé de jazzmen japonais. Il se rappelle Bob Marley redescendant Piccadilly Circus en chantant « Midnight Ravers », un voyage à Seattle sur la tombe de Jimi Hendrix en compagnie d’un GI. Gilroy fait soudain ressortir les liens insoupçonnés qui relient le rapper Kurtis Blow au philosophe allemand Theodore Adorno. Quelques péripéties d’une expédition musicale sans pareille à travers l’espace et le temps, où se retrouvent pêle-mêle des musiciens, des écrivains, des sons, des images et des lieux.

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    Expériences: Altin Mikrofon, entre deux mondes


    Üç Hürel

    Retour sur l’âge d’or de la musique turque contemporaine. Deux mixes de funk turc en download

    Lorsqu’on doit imaginer à quoi ressemblent les productions musicales turques des années 70, ce ne sont pas directement les influences du funk et du rock psychédéliques qui viennent directement à l’esprit. Toutefois, comme certaines compilations telles que “Bosporus Bridges” ou la réédition de “Genclik Ile Elele” de Mustafa Ozkent, un courant fort de modernisation musicale a soufflé sur le pays à partir des années 60.

    À mesure que des groupes comme Black Sabbath, Ten Years After, les Beatles, The Who ou James Brown étaient distribués à Ankara et Istanbul, le quotidien national Hürriyet mis en place un concours qui invitait les participants à réarranger des chansons traditionnelles turques à la sauce occidentale. Le Altin Mikrofon, le micro d’or qui débuta en 1965, connut un succès exponentiel jusqu’à la fin des années 70 et contribua à l’avènement d’une scène très originale qui établissait des ponts entre traditions Arabes et innovations technologiques occidentales.

    Deux mixes, l’un du DJ Onur Engin et l’autre d’un (in)certain Zanda Mann, présentent quelques exemples des directions prises par la musique contemporaine turque durant cette période fascinante.

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    Mustafa Ozkent, Lorke

    Üç Hürel (1974)

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    Pop: Brian Eno joue au docteur


    Brian Eno et Jon Hassel conversent. Pénible.

    Dans le cadre du festival de musique électronique Ether, Brian Eno et le trompettiste Jon Hassel ont offert un bien curieux récital dans le Queen Elizabeth Hall. Le titre de l’événement, intitulé “A Conversation Piece”, ainsi que le prix des places, £12, laissaient planer le doute que les deux compères allaient jouer ensemble. Quoi qu’il en soit, lorsque deux musiciens historiques sont invités à se retrouver dans une salle de concert prestigieuse, on peut légitimement espérer qu’il y sera question de musique.

    “Nous nous connaissons depuis très longtemps et partageons les mêmes points de vue”, lance Eno pour expliquer l’intention de leur performance. “Lorsque nous nous sommes rendu compte récemment que nous projetions tous les deux d’écrire un livre, nous avons décidé de nous retrouver régulièrement pour en discuter”. Installés bien confortablement dans leurs fauteuils, une rangée de feuilles alignée devant eux, le public très nombreux comprend vite qu’il va en réalité assister à une séance de brainstorming improvisée.

    Même si quelque personnes quittent déjà la salle, à ce stade on pense encore que l’exercice sera centré autour de leurs expériences artistiques communes. Mais, tout ceci c’est de l’histoire ancienne. Plutôt que de ressasser les vieux souvenirs, les deux sexagénaires entendent bien démontrer la perspicacité et l’entendue de leurs connaissances en matière d’actualité et profitent de l’occasion pour passer en revue une succession de thèmes d’une banalité affligeante.

    Tels deux acolytes qui s’enthousiasment dans une discussion de pub, ils abordent la manipulation des médias, la politique étrangère américaine, la crise financière avec un manque de distance et une assurance presque inquiétant. Pour appuyer son propos, Eno extrait au hasard quelques feuilles libellées par des séries de concepts de son cru à partir desquels il fait l’étalage de ses connaissances sur un ton résolument professoral.

    Bien qu’il confirmait leur intérêt pour les journaux et les longues sessions sur internet, ce cours ex cathedra dégageait une suffisance qui frôlait quelquefois l’arrogance. On peut comprendre que Brian Peter George St. John le Baptiste de la Salle Eno, qui écrit régulièrement dans les colonnes de The Observer, puisse se targuer d’avoir un statut à part dans le monde de la pop music. Toutefois, s’il souhaite continuer à impressionner, il lui faudrait peut-être se concentrer sur son expertise musicale, ou préparer ses interventions publiques, ou peut-être même se taire.

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    Pop: Antony, danse avec la lumière


    PHOTO: Don Felix Cervantes

    Le chanteur new-yorkais Antony évoque les thèmes paganistes présents au cœur de son nouvel album et l’importance de la danse butô dans son art

    Interview menée par Joël Vacheron

    La pochette du mini-album Another World présente une étonnante photographie de Kazuo Ohno prise par Pierre-Olivier Deschamps en 1984 au Théâtre du Châtelet. Le danseur porte un chapeau orné d’un arrangement floral et ses doigts sont gainés dans une paire de gants finement dentelés. Son visage fardé et sa bouche entrouverte traduisent l’expression d’une aristocrate chimérique frappée par une stupeur pétrifiante. Conçue dans le Japon d’après-guerre par Tatsumi Hijikata et Kazuo Ohno, la danse butô se présentait comme une relecture subversive des danses traditionnelles. Largement influencés par les écrits de Yukio Mishima, l’expressionnisme allemand et l’ardeur contreculturelle de cette période, ces hérétiques visaient à proposer une réponse forte à l’occidentalisation forcée du pays.

    On retrouve le charme funeste d’Ohno sur la couverture du nouvel album d’Antony and The Johnsons “The Crying Light”. Une récurrence qui témoigne de l’attachement indissociable qu’Antony Hegarty entretient avec cette délicate danse des ténèbres. Il revient ici sur cette influence, tout en expliquant les diverses conditions qui ont participé à l’avènement de ce nouvel album. Avec une éloquence et une franchise touchantes, le chanteur présente les fondements d’une philosophie paganiste et dissidente. Loin des idées convenues, ce Ziggy Stardust contemporain est parvenu à construire un monde à son image, dans lequel ses fissures et ses rêves peuvent s’exprimer en toute liberté.

    Entre votre projet avec Hercules & Love Affair et vos différents concerts accompagnés d’orchestres philharmoniques, vous avez fait preuve cette année d’une étonnante aptitude à lancer des ponts entre musique savante et populaire. Etait-ce quelque chose de planifié ?

    Antony: Cela s’opère de manière assez naturelle. Je n’ai jamais véritablement dû faire de distinctions entre ces deux niveaux. Je suis un chanteur pop issu d’un milieu underground et ce serait absurde de vouloir endosser les habits d’un chanteur classique. Je n’ai aucune formation dans ce domaine. Les seuls rapprochements possibles avec la musique savante touchent aux arrangements de mes compositions. Celles-ci glissent quelquefois vers des structures ou des registres dramatiques. Mais 90% des influences classiques sont amenées par les musiciens qui m’accompagnent.

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    Art: Alan Vega, la face plastique


    Alan Vega, Cadillac Christ, Mixed Media, 1997

    L’oeuvre plastique d’Alan Vega exposée à Lyon

    Alan Vega est surtout connu comme l’un des pionniers du rock électronique minimaliste en tant que cofondateur, avec Martin Rev, du groupe mythique « Suicide ». Cependant, au début des années 70, il est surtout actif dans la scène artistique new-yorkaise en tant que plasticien et c’est cette face méconnue que Mathieu Copeland, le commissaire de l’exposition, présent au MAC Lyon.

    Alan Vega a fait ses études au Brooklyn College et il s’intéressa dans un premier temps à la peinture. À partir de la fin des années 60, son intérêt se porte sur la lumière et il crée ses premières « light sculptures ». Celles-ci se présentent comme des assemblages d’objets divers à partir d’ampoules, de lampes, de télévisions et de néons aux formes et aux couleurs diverses. Anti-esthétique, anti-formelle, son oeuvre plastique suit les même influences que celle qui vont caractériser sa musique.

    En 1968, il fonda le « Projet des Artistes Vivants » (Project of Living Artists). Ce loft de Manhattan, ouvert 24h/24, devenait un des premiers lieux alternatifs New-Yorkais tenu par des artistes. Dédié à toutes les formes artistiques, le lieu constitua rapidement un tremplin pour de artistes et des musiciens tels que les New York Dolls, Television ou Blondie.

    EXPO

    • Alan Vega, “Infinite Mercy”, MAC Lyon, du 15.05.09 au 02.08.09

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    Funk: Withefield Brothers, un passé jamais révolu


    Les frères Weissenfeldt continuent à décliner le groove sous toutes ses formes

    Au sein du revival funk qui souffle depuis quelques années, autour notamment de Daptones Records, Jan and Max Weissenfeldt jouent le rôle des héros discrets. La réédition de “In The Raw” par Stones Throw devrait participer à donner un peu plus de visibilité aux deux frères originaires de Hambourg.

    Avec leur projet principal The Poets of Rythm, ainsi que sous de nombreuses autres étiquettes comme les Whitefield Brothers, Syrup, ou Bus People Express, cela fait déjà prêt de 15 ans qu’ils rallument les flammes d’un spectre musical qui passe en revue toutes les déclinaisons du funk originel.

    Un nouvel album, sous le nom des Whitefield Brothers, vient d’être terminé et devrait sortir dans le courant de l’année. Les deux frangins prospectent du côté de sonorités plus exotiques puisqu’on y trouvera beaucoup d’influences éthiopiennes, mais également japonaises et turques. “Le terme World Funk serait une bonne description pour le définir” précise Jan à ce sujet.

    Whitefield Brothers, EJI, “In The Raw”, 2001 (Now Again)

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    Jazz: Kouyaté et Neerman, vibrations power


    Photo: Manuel Lagos Cid

    Kouyaté et Neerman seront à l’affiche de Vibrations Mali au Cully Jazz Festival

    Kouyaté et Neerman consacre la rencontre entre le balafon et le vibraphone. À travers cette collaboration, Lansiné Kouyaté et David Neerman explorent les moyens de faire sonner de façon collective ces deux instruments à la fois si proches et si lointains aussi bien dans leur tessiture, leurs sonorités, leur matériau, leurs techniques de jeu que dans l’histoire et les imaginaires qu’ils véhiculent.

    Une réciprocité qui a permis aux deux musiciens d’enrichir leurs approches respectives. D’une part, Lansiné sort des schémas traditionnels mandingues en acceptant d’intégrer à son langage de longues plages de silence. David, quant à lui, à réenvisagé en profondeur son approche en retranscrivant pour le vibraphone certains modes de jeu du balafon, notamment l’indépendance rythmique des deux mains.

    Cette rencontre, finalisée sous la forme d’un quartet, a débouché sur la sortie l’an passé d’un premier album intitulé “Kangaba”. Une relecture de langages musicaux variés qui dessinent les contours d’un “ambient post exotique”. Kouyaté et Neerman partageront l’affiche avec Oumou Sangaré lors de la soirée “Vibrations Mali”, le vendredi 3 avril au Cully Jazz Festival ainsi que le 30 mars au festival NøF à au Théâtre de l’atelier.

    SITE

    CONCERTS

    • 30.03.09 Théâtre de l’Atelier / Paris

    • 03.04.09 Festival de Cully (Suisse) / Cully

    • 16.04.09 Espace Vauban / Brest

    • 17.04.09 Pannonica / Nantes

    • 24.04.09 Printemps de Bourges / Bourges

    KOUYATE NEERMAN, Le Destin, “Kangaba”, 2008 (NØ FØRMAT!)

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    Blues: Snooks Eaglin, requiem bis


    Une autre légende de la Nouvelle-Orléans s’en est allé

    Le 18 février, 2009, soit un mois avant Eddie Bo, c’est le guitariste et chanteur Snooks Eaglin qui s’en allait à l’âge de 73 ans. Tous deux originaires de la Nouvelle-Orléans, il leur arrivait encore réguliérement de jouer ensemble dans les bars de la ville. Après avoir reçu une guitare à l’âge de cinq ans, Eaglin avait développé son jeu exceptionnel en écoutant la radio et les quelques disques de son père. Il abandonne l’école pour entamer sa carrière à l’âge de 14 ans en intégrant The Flamingoes, le groupe de R&B d’Allen Toussaint qui, cela dit en passant, était d’un an son cadet.

    Après la dissolution du groupe, il enregistra ses premiers albums solos de manière un peu hasardeuse, après avoir été repéré par un ethnomusicologue lorsqu’il jouait de la rue. Son jeu et sa voie exceptionnels feront l’objet de sessions folk blues qui seront éditées sur différents labels comme Folkways et Prestige/Bluesville. Malgré ses compétences hors du commun, Eaglin produira très peu d’albums tout au long d’une carrière plutôt vertueuse.

    Sa méfiance des labels le poussa à ne signer aucun contrat de 1963 à 1987 et il gérait ses apparitions publiques de manière parcimonieuse. Même s’il se produisait régulièrement dans le bars de la Nouvelle-Orléans, au Jazz Fest ou en tournée aux côtés de George Porter Jr, Snooks restait fidèle à ses convictions religieuses en faisant sabbat du vendredi au samedi soir.

    Sa capacité de mémorisation hors du commun et son vaste répertoire, qu’il estimait à plus de 2500 morceaux, lui ont valu le surnom de “human jukebox”. Pour Ron Levy, Eaglin était le musicien le plus talentueux qu’il ait connu car “il était capable de littéralement répliquer tous les morceaux qu’il écoutait.” Bien qu’Eaglin avait perdu la vue à l’âge d’un an, il affirma à un journaliste d’Offbeat Magazine qu’il avait un jour ramené sain et sauf tous les membres des Flamingoes au volant d’une Studebaker. Les gravillons sur le bord de la route l’avertissant lorsqu’il fallait recentrer se conduite. “That’s the true story, baby”, ajouta-t-il.

    Snooks Eaglin, St. James Infirmary

    Snooks Eaglin with George Porter Jr., Red Beans

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    Funk: Eddie Bo, requiem pour un funkster


    Photo: Divan du Monde / Glaz’art

    Il était un des derniers pianistes à incarner l’esprit funk originel de la Nouvelle-Orléans

    Eddie Bo est décédé d’une attaque quartier la semaine dernière à l’âge de 79 ans. Né Edwin Bocage, il a été une des figures musicales influentes de la Nouvelle-Orléans aux côtés des Neville Brothers, Dr John ou ou Fats Domino. Son premier single sortait chez Ace Records en 1955 et connaîtra son premier succès six en plus tard avec Check Mr Popeye. Cela marquait le début d’une carrière extrêmement prolifique de plus de cinquante ans, Bo est souvent considéré comme l’inventeur du funk.

    Depuis cette période, Bo a travaillé pour plus de quarante labels différents et deviendra une sorte de gourou en incarnant le groove funky qui baignait la ville tout au long des années 60 et 70. Selon lui, la Nouvelle-Orléans qu”constituait l’épicentre d’une énergie mystérieuse qui guide la création musicale” et il restera durant toute sa vie un ambassadeur privilégié. Plus récemment, il collaborait régulièrement avec The Dirty Dozen Brass Band.

    Déjà largement plébiscités à l’époque de la Northern Soul, de nombreux morceaux d’Eddie Bo, tel que Check Your Bucket ou Hook & Sling, seront réactualisés en Europe au début des années nonante grâces aux scènes rare groove et acid jazz. Certains de ses morceaux avaient récemment été réédités sur les compilations “New Orleans Funk” et “Saturday Night Fish Fry” (Soul Jazz). Malgré cette reconnaissance tardive, Eddie Bo a toujours trainer la réputation du génie dont l’oeuvre avait été curieusement sous-estimée par l’industrie musicale.

    Eddie Bo, Live au Divan du Monde (2007)

    Eddie Bo, Check Your Bucket

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    Art: Francis Baudevin, entre son et vision


    Francis Baudevin poursuit ses investigations sur l’objet disque

    La démarche de Francis Baudevin a toujours été étroitement liée au domaine musical. Mélomane passionné, il s’est constitué au fil du temps une large collection de disques et la musique l’accompagne au quotidien. Depuis de nombreuses années, en compagnie d’Emmanuel Grandjean, il propose dans Vibrations des éclairages originaux sur les liens entre images et musique à travers la rubrique “un disque par sa pochette”. Il propose également une sélection mensuelle pour la Listening Gallery.

    Dans le cadre de l’exposition “Earthbound”, en parallèle au Cully Jazz Festival, il présente une série inédite de photographies qui mettent en scène l’objet disque, sa pochette et son intérieur. Il obtient un nouveau cadrage de l’image imprimée de la pochette, en utilisant la perforation du papier de protection du vinyle comme un chablon, focalisant ainsi le centre de l’image.

    EXPOSITION

    • 27.03.09 au 04.04.09 Galerie Davel/ Cully (15h - 23h)

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    Jazz: Carlos Niño, les étoffes solaires


    Niño poursuit ses escapades cosmiques avec l’aide de quelques amis

    Producteur, DJ, compositeur, musicien, écrivain, arrangeur, Carlos Niño fait preuve d’une boulimie proactive lorsqu’il s’agit de produire des vibrations musicales. Personnalité incontournable de la scène jazz expérimentale de Los Angeles, il est à l’origine notamment de projets tels que AmmonContact, Living Room ou Build an Ark et collabore fréquemment avec Dwight Trible, Deadelus ou Madlib. Il présente également le show radiophonique hebdomadaire Spaceways sur KPFK, dont l’une des sessions “special 1968″ est proposée en téléchargement ci-dessous.

    Son nouvel album “High With A Little Help From” lui permet d’organiser une synthèse originale de ces différents projets. En effet, l’album est en grande partie composé de samples enregistrés lors de sessions live. Tel un chiffonnier, Niño a recomposé à partir de ses rebuts une collection d’ambiances vaporeuses d’une surprenante homogénéité. Ces collages sont habités par les aspirations cosmiques de Sun Ra, entrecoupés quelquefois par l’éveil lointain de percussions africaines hypnotiques.

    À noter que le label prospecteur Kindred Spirits vient également de sortir “When Planets Explode” de Dorian Concept, ainsi que le premier album de HEAVy, le projet nu soul de Nicky Guiland et Casey Benjamin qui a ouvert pour quelques dates lors de la tournée européenne de Q-Tip.

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    ALBUM

    • Carlos Niño & Friends, “High With A Little Help From” (Kindred Spirits) Cat. No: KS 027 CD/LP Release date: 12th March 2009

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    » VOIR LA TRACKLIST “MY FAVORITE MUSIC FROM 1968″

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    World: Kasaï Allstars, visa délivré


    Le groupe Congolais peut enfin faire sa tournée européenne

    Il ne fait pas toujours bon être originaires d’Afrique lorsqu’il s’agit de venir se produire en Europe. On se souvient des déboires rencontrés par de nombreux groupes qui, ces dernières années, se sont heurtés à des décisions discriminatoires toujours plus flagrantes pour obtenir leurs visas.

    Les Kasaï Allstars, tout comme Konono N°1, en ont fait les frais en étant contraints d’annuler l’intégralité de leur tournée européenne l’été passé. Une situation abusive qui, outre de contrecarrer les activités des organisateurs, à priver de nombreux artistes d’une source de revenu essentielle pour la poursuite de leurs activités.

    Porte-paroles de la diversité culturelle dans leur pays, ce groupe formé autour Hubert Mputu rassemble une vingt-cinq musiciens provenant de la province multiethnique du Kasaï. Une région au centre de la République démocratique du Congo qui souffre de pauvreté endémique malgré les nombreuses concessions diamantifères.

    Inspiré par les musiques rituelles traditionnelles, le Kasaï Allstars propose une musique polyrythmiques amplifiée à l’énergie brute. Leur premier album, “In the 7th moon, the chief turned into a swimming fish and ate the head of his enemy by magic” (2008), a constitué une véritable révélation.

    Kasai Allstars, MPofu

    Kasai Allstars Session d’enregistrement de l’album “In the 7th moon, the chief turned into a swimming fish and ate the head of his enemy by magic” (2008)

    SITE

    CONCERTS

    • 19.03.09 AGEN - LE FLORIDA

    • 20.03.09 MASSY - CENTRE CULTUREL PAUL BAILLIART

    • 21.03.09 AULNAY SOUS BOIS - LE CAP

    • 22.03.09 CARHAIX - ESPACE GLEN MOR

    • 24.03.09 BOURGES - MAISON DE LA CULTURE

    • 25.03.09 TOURCOING - LE GRAND MIX

    • 26.03.09 AMIENS - FESTIVAL DU TEMPS DU JAZZ

    • 27.03.09 AMIENS - FESTIVAL DU TEMPS DU JAZZ

    • 28.03.09 AMIENS - FESTIVAL DU TEMPS DU JAZZ

    • 30.03.09 BREST - LE QUARTZ

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    Expériences: Kutiman, Jams dans le cyberspace


    Le jeune producteur joue le chef d’orchestre du XXIe siècle

    Tout le monde le sait, YouTube a permis à toutes les sensibilités musicales, de toutes les contrées, de s’offrir une petite lucarne pour exprimer leurs talents au reste du monde. Le résultat prend la forme d’un univers exagérément détonant. Sans surprise cette explosion visiophonique devait rapidement faire le bonheur des bidouilleurs de toutes sortes en mal de matériel brute.

    L’expérience élémentaire du bootleg s’est largement démocratisée grâce à certains sites spécialisés dans le brassage. C’est par exemple le cas de TubeDubber qui permet à quiconque de faire des juxtapositions entre sons et images. Un manière de s’essayer à l’art d’un Christian Marclay qui, dans “UP and OUT“, superposait les sons de “Blow Out” de de Palma avec les images du “Blow Up” d’Antonioni.

    Dans un registre un peu plus élaboré, et surtout caustique, l’artiste multimédia Oliver Laric interroge le satut des fans en présentant différents épigones de 50 Cent qui s’essaient à l’art du vidéo-clip sur In Da Club. On lui doit aussi une série cette série de duos improbables dans lesquels claviers et vocaux sont superposés pour interpréter des chansons de Stevie Wonder.

    Dans le domaine, la palme revient certainement à Kutiman, de son vrai nom Ophir Kutiel, qui nous livre des remixes assez bluffants composés exclusivement à partir des parties sonores, et visuelles, extraites de YouTube. Son site Thru You recèle ainsi d’une dizaine de morceaux à travers lesquels il parvient à créer ces rencontres improbables entre des musiciens disséminés dans le cyberspace. Un lien permet de voir également les morceaux originaux sur le net. Très instructif.

    Kutiman, qui jusqu’ici était surtout connu pour son groupe de funk teinté d’afrobeat, démontre une étonnante maîtrise. Son projet se démarque également par l’efficacité de sa promotion virale. Après les trois mois de travail nécessaires pour produire les sept morceaux, seuls une vingtaine de mails ont été envoyés pour annoncer leur mise en ligne. Une semaine plus tard, apparemment grâce à Twitter, le site comptait plus d’un million de visites et le phénomène ne cesse de s’accroître. Il ne fait aucun que Kutiman pourrait bien devenir le prochain “Danger Mouse” à s’imposer dans l’art du bootleg via Internet.

    Récemment, YouTube UK annonçait qu’il allait cesser de diffuser des musiques sous copyright. Une situation qui risque de s’étendre et qui marque un tournant significatif dans la bataille entre les plateformes de partage et droits d’auteurs. Ces bootlegs dessineraient-ils l’avenir de la musique sur YouTube?

    SITE

    Kutiman, “Just a Lady”

    Kutiman, “Mother of All Funk Chords”

    Oliver Laric, 5050

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    Folk: Sophie Hunger, une force irrésistible


    Avec la sortie de son “premier” album, Sophie Hunger poursuit sereinement son cheminement

    Plébiscitée comme peu d’artistes autochtones l’avaient été avant elle, l’engouement suscité par la chanteuse zurichoise ne cesse de s’étendre. Avec “Monday’s Ghost”, Sophie Hunger confirmait le début d’une carrière aux attraits irrésistibles. Depuis quelques mois, Sophie Hunger profite en effet d’un aptitude à captiver les personnes qui croisent fortuitement son chemin.

    Le charme de sa voix opérait déjà sur “Sketches on Sea”, une première collection de morceaux autoproduits qui a rapidement séduit les oreilles averties. Ensuite, c’est surtout sa présence magnétique lors de ses différentes prestations en première partie de Stefan Eicher, de Camille ou des Young Gods qui ont séduit un public pris au dépourvu. Il ne fait nul doute que sa “résidence” à la Boule Noire, du 23 au 28 mars risque bien d’amplifier ce talent endémique.

    SITE

    Sophie Hunger,Blues

    Sophie Hunger, Ne me quitte pas (Concerts à Emporter)

    CONCERTS

    • 19.02.09 Bierhübeli / Berne

    • 20.02.09 Volkshaus / Bâle

    • 23.03.09 La Boule Noire / Paris

    • 24.03.09 La Boule Noire / Paris

    • 25.03.09 La Boule Noire / Paris

    • 26.03.09 La Boule Noire / Paris

    • 27.03.09 La Boule Noire / Paris

    • 28.03.09 La Boule Noire / Paris

    • 30.03.09 Cully Jazz / Cully

    • 06.05.09 La Luciole / Alençon

    • 07.05.09 L’EMB Sannois

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    Electro: Filastine, Black Block System


    Deux mixes de Filastine à télécharger

    Qu’il s’agisse d’une manif Anti-G8 à Seattle, d’un concert chez des zappatistes à Mexico ou dans une performance digne de KLF, Filastine parcourt le monde et semble être sur tous les fronts. Porte-voix de causes sonores dissidentes s’exprimant aussi bien en anglais, en japonais ou en arabe, ses compositions brutes recouvrent un spectre large de sensibilités altermondialistes déterminées.

    Après “Burn It”, un album convaincant sorti il y a deux ans, Filastine revient déployer son militantisme avec un “Dirty Bomb” explosif. Un cocktail de collages hétérogènes, entre dubstep et réminiscences industrielles, qui brossent un portrait post-exotique des musiques du monde tout en pointant les fondements d’un universalisme musical.

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    SITE

    Filastine (live à Ninkasi Kao, février 2008)

    CONCERTS

    10.02.09 Olympic / Nantes

    11.02.09 La Laiterie / Strasbourg

    13.02.09 Fleury Goutte d’or / Paris

    14.02.09 Run ar Puns / Chateaulin

    22.02.09 La Plateforme / Lyon

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    Club: Dubstep, vous avez dit Funky?


    Le funky est l’une des mutations entamée par la scène dubstep

    Un changement significatif s’est produit l’an passé dans la scène dubstep qui a progressivement évolué vers une sorte d’amalgame entre le UK Garage et la Chicago House dopé aux rythmes tropicaux, plus particulièrement la soca. Il y a seulement une année, cette variation dansante du dubstep, popularisé avec le remix de Do You Mind par DJ Paleface, suscitait l’ironie des amateurs de son lourd.

    Cette situation n’a cependant pas duré très longtemps puisque le funky, également dénommé 4/4 ou funky house, n’a pas tardé à faire des émules auprès des représentants les plus emblématiques de la scène club anglaise. C’est le cas notamment de l’incontournable radio Rinse FM qui propose un show animé par Marcus Nasty et Mak 10. Il en va de même pour de nombreux producteurs tels que Kode9 qui mixe régulièrement dans les soirées Beyond et a produit des morceaux funky sous le pseudonyme de Frankee Solar.

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    Do You Mind,DJ Paleface ft. Kyla

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    Classique: Marian Anderson, l’autre commémoration


    Il y a 70 ans, la chanteuse afro-américaine marquait l’histoire

    Barack Obama a donné hier le coup d’envoi des festivités liées à son investiture. Des centaines de milliers de personnes se sont pressées devant le Lincoln Memorial. Un lieu hautement symbolique pour la cause afro-américaine puisque c’est là que Martin Luther King, le 28 août 1963, prononçait son discours légendaire “I have a dream”. Cependant un autre événement musical tout aussi capital se déroula exactement au même endroit, il y a 70 ans à quelques jour près.

    En effet, un dimanche de Pâques 1939, la cantatrice Marian Anderson se produisait lors d’un concert exceptionnel sur les marches du même bâtiment. Quelque temps auparavant les Filles de la Révolution Américaine avaient fait pression afin d’interdire son concert dans la salle du Constitution Hall de Washington pour l’unique raison qu’elle était noire. Une autre performance agendée à Columbia dans une école publique blanche avait également été annulée sous le même prétexte.

    Des personnalités influentes, dont l’épouse du Président Roosevelt, persuadèrent le ministre de l’Intérieur de l’époque d’organiser un concert en guise de soutien. L’événement, qui faisait l’objet d’une retransmission radiophonique, attira plus de 75′000 spectateurs et il constitue un moment crucial dans les débats sur les discriminations raciales aux Etat-Unis.

    Marian Anderson avait débuté en 1926 au New York Philharmonic et a toujours bénéficié d’une très grande renommée tout au long de sa carrière. Le chef d’orchestre Arturo Toscanini avait notamment déclaré à son propos qu’elle possédait une voix “comme on en entend qu’une seule fois en cent ans”. Marian Anderson est décédée le 8 avril 1993 à l’âge de 96 ans.

    Marian Anderson, Lincoln Memorial, 1939.

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    Live: Animal Collective, un concert tripal


    Animal Collective vernissait la sortie de “Merriweather Post Pavilion” hier soir à Londres (Koko, 12.01.09)

    2009 restera sans conteste une période charnière dans la biographie d’Animal Collective. Quelquefois comparés aux Beach Boys, les commentaires élogieux ne cessent de pleuvoir au point de prendre des tournures plutôt inattendues. Comme par exemple l’annonce faite, deux mois avant sa sortie, que leur dernier album pouvait d’ores et déjà être qualifié de disque de l’année 2009. Après un tel engouement, on comprend que le concert londonien, agendé le jour du lancement officiel de “Merriweather Post Pavilion”, avait des attraits commémoratifs.

    Les trois musiciens entament d’ailleurs leur concert avec les flux et reflux de “In The Flowers”, le premier morceau de l’album. Des projections op’art tapissent le fond de la scène, les colonnes de LED commencent leurs saccades stroboscopiques. Le dispositif sonore et visuel est planté et, emportés par un essaim de nappes mélodiques, on ne tarde pas à flotter dans le royaume de Psychedelia. A savoir un univers bruitiste composé de couches épaisses et intenses, continuellement traversé par des mélodies finement ciselées ou par les chants quasi liturgiques de Panda Bear et de Avey Tare. La lampe frontale rivée, Geologist reste quant à lui pleinement concentré sur ces consoles. Ensembles, ils produisent ce déferlement kaléidoscopique, ce chaos fractal à partir duquel de dessinent un fourmillement de formes et d’harmonies.

    Une fois n’est pas coutume, ce concert n’intégrait qu’un seul morceau inédit (probablement dénommé Blue Sky). En effet, pour cette tournée, le groupe a décidé de jouer à parts égales des titres anciens avec ceux issus du dernier album. Slippi, Peacebone ou My Girls, les morceaux s’enchaînent les uns aux autres comme les parties indissociables d’une longue procession. Une formule qui atteint son climax avec Brother Sport, une samba chimérique qui transporte (enfin) toute la salle aux frontières de la transe. Au terme de cette odyssée proprement “tripale”, il ne fait aucun doute qu’Animal Collective, au sommet de son art, consolide son statut de groupe pop phénoménal.

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    CONCERT

    • 16.01.09 Bataclan / Paris

    ALBUM

    • Animal Collective, “Merriweather Post Pavilion” (Domino)

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    Club: Toddla T, Sheffield is still calling


    Le nouvelle vague électronique de Sheffield est arrivée, un mix de Toddla T à télécharger

    Depuis quelque temps, la ville de Sheffield se taille une place à part dans la scène musicale anglaise. Ce lieu, qui a été épargné par les logiques de gentrification de ces dernières années, s’est déjà distingué pour avoir généré quelques balises pop depuis les eighties. Human League, Cabaret Voltaire, Pulp, Add N to X ou Moloko ont déjà pu accroché leurs noms sur le Wall of Fame local, mais c’est surtout le label Warp qui a associé le destin de Sheffield à l’évolution des musiques électroniques.

    Par un concours de circonstances Toddla T, l’un des porte-voix les plus représentatifs de la nouvelle génération, a d’ailleurs grandi dans la même rue que Rob Gordon. Un des fondateurs du “label de Sheffield”. Toutefois, c’est plutôt dans une réactualisation du dancehall et du UK Garage que s’inscrivent les influences du jeune DJ qui s’est notamment fait remarqué grâce à sa mixtape “Ghettoblaster”.

    Outre une bonne dose d’humour, Toddla T se distingue également pour ses incursions dans l’univers des la gastronomie. On retrouve ainsi sa patte de chef derrière les tribulations du vendeur de glace lubrique interprété par Roots Manuva dans Buff Nuff ou dans cette collaboration avec Mr Versatile dans laquelle il est plutôt question de fish & chips.

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    SITES

    CONCERT

    • 15.01.09 Social Club / Paris

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    Punk rock: A Certain Ratio, un certain temps


    Le groupe de Manchester ressort un album qui coïncide avec le 30e anniversaire du label Factory Records

    Issu directement de la mouvance punk rock, A Certain Ratio s’est rapidement singularisé par une approche très influencée par le funk, disco et expérimentations. Une orientation qui incitera le groupe à intégrer très rapidement l’émergence de la house music. Bien que le groupe a toujours bénéficié d’une certaine actualité grâce à des rééditions et des compilations, la sortie récente de leur dixième album “Mind Made Up” marque le retour de ce groupe influent.

    Aux côtés des Joy Division, Durutti Column et les Happy Mondays, A Certain Ration fait partie des pionniers de la prolifiique scène de Manchester des années 80 et reste surtout le premier groupe à avoir sorti un disque sur Factory Records. Le 45 tours d’All Night Party date de mai 1979 et auparavant seules quelques cassettes de Joy Division avaient été éditées.

    Pour marquer ce 30e anniversaire, un coffret de 4 CD’s intitulé “Communications (1978-92)” dans lequel on retrouve tous les groupes qui ont marqués l’histoire du label de Tony Wilson.

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    Découvrez A Certain Ratio!


    - A Certain Ratio “Shack Up”

    SITES

    ALBUM

    • A Certain Ration, “Mind Made Up” (Le Son du Maquis)

    • Factory Records “Communications (1978-92)” (Rhino, sortie le 12 janvier)

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    Punk rock: Ebony Bones, la virevolte d’une starlette

    Ebony Bones continue de faire parler d’elle sans pour autant avoir sorti son premier album.

    Après un début des débuts remarqués en tant qu’actrice dans des séries télévisées britanniques, Ebony Thomas réoriente radicalement sa carrière en 2005 en entamant une carrière de chanteuse sous le pseudonyme de Ebony Bones.

    Elle parvient rapidement à s’affranchir de son rôle de starlette en imposant une exubérance iconoclaste. Même si son style bigarré et ses compositions punk tribalisantes ont d’emblée générés des associations avec M.I.A, Miss Bones se situe plutôt du côté de Grace Jones, des Funkadelic et du punk rock.

    Cette Beyoncé trash revendique d’ailleurs clairement cette filiation. Elle s’est d’abord associée à Rat Scabies, l’ancien batteur de The Damned, pour s’occuper des arrangements et de la production. Ensuite, elle a pu affirmé son penchant punkoïde en débutant sur scène en première partie de The Slits. Même si sa performance enfiévrée lors des 30e Transmusicales confirme ses prédispositions pour le live, son premier album ne semble toujours pas être sur le point de sortir.

    SITE

    CONCERT

    • 12.04.09 Festival Electron / Genève

    • Ebony Bones, Don’t Fart On My Heart

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    Hip-hop: Roxanne Shante, la revanche des Fly Girls

    PHOTO: Jespers Kouboelling

    Soul Jazz propose une anthologie du hip-hop au féminin

    Entre credos misogynes et mentalité belliqueuse, il a fallu une bonne dose de volonté et d’intelligence aux femmes MC qui sont parvenues à imposer leurs voix dans l’univers du hip-hop. De Nikki Giovanni en 1969 à Missy Elliot, en passant par Queen Latifah ou Camille Yarborough, “Fly Girls!…” retrace une évolution large du hip-hop féminin en compilant une sorte d’anthologie qui s’étale sur près de quarante ans et qui, dans certains cas, ne se s’épargne pas de tailler les hommes en pièces.

    On y retrouve également l’incontournable Roxanne Shante, dont la trajectoire est plutôt étonnante. En effet, elle débute sa carrière à l’âge de 14 ans après avoir été repérée par le producteur Marley Marl. Par la suite, elle enregistrera de nombreux titres avec le Juice Crew, deux albums solo, “Bad Sister” (1989) et “The Bitch Is Back” (1992), et fera une apparition remarquée sur le “Loosey’s Rap” de Rick James.

    Malgré un avenir prometteur en tant que chanteuse, elle décide à 25 ans de mettre un terme à sa carrière pour entamer des études en psychologie. Elle parvient à obtenir un arrangement avec sa maison de disque qui accepte de lui financer sa formation contre des apparences occasionnelles et le soutien des jeunes rappeuses du label. Roxanne Shante a ainsi pu obtenir un doctorat en psychologie et a ouvrir son propre cabinet dans le Queens.

    ALBUM

    • “Fly Girls! B-Boys Beware : Revenge of The Super Female Rappers!” (Soul Jazz Records), Sortie le 26.01.09

    Roxanne Shante, Roxanne’s Revenge

    Camille Yarborough, Take Yo’ Praise

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    Folk: Odetta, une voix du siècle

    Quelques jours après Miriam Makeba, une autre grande dame s’éteint

    Odetta, dont la voix puissante a constitué une des références majeures de la scène folk américaine, est décédée à Manhattan mardi dernier. Elle était âgée de 77 ans.

    Odetta débuta sa carrière à l’âge de 14 ans au sein de la troupe de marionnettes Turnabout Puppet Theatre, avant de rejoindre en 1949 la comédie musicale Finian’s Rainbow. A partir du début des années 50, elle se lance en solo, largement inspirée par le negro spiritual et le blues. Son premier album “Odetta Sings Ballads and Blues” sort en 1956, il est rapidement suivi par “At the Gate of Horn (1957). Plus tard, “Odetta Sings Folk Songs” (1963) deviendra un album emblématique du revival folk. Bob Dylan Joan Baez ou Janis Joplin, toute une génération de chanteurs a un jour ou l’autre avoué l’influence prépondérante d’Odetta dans leur carrière.

    Surnommée “The Voice of the Civil Rights Movement”, Odetta devint un personnage emblématique du mouvement des Droits civiques, en particulier lors des différentes marches organisées pour mettre un terme aux discriminations raciales. Elle a ainsi toujours revendiqué le caractère profondément émancipatoire de ses chansons. “Tu es en train de longer la route de la vie et le pied de la société est posé sur ta gorge. Chaque chemin que tu souhaites prendre, il est impossible de s’en débarrasser. Puis tu arrives à une bifurcation. Là, il est possible de capituler et de mourir ou d’insister au nom de ta vie” avance-t-elle dans une interview où elle revient sur cette période de lutte, “il s’agissait de chansons libératrices”.

    Après l’assassinat de Martin Luther King Jr., sa réputation déclina sensiblement à mesure que le Mouvement des Droits Civiques perdait de son ampleur. Sur le tard, elle aura tout de même eu droit aux distinctions honorifiques les plus prestigieuses aussi bien pour son accomplissement artistique que pour son engagement politique. Malgré les années sa voix de contralto puissante et habitée était restée inchangée. La chanteuse se produisait encore réguliérement sur scène et elle était d’ailleurs agendée au gala d’investiture du Président Obama. Il ne fait aucun doute que l’aura de cette artiste exceptionnelle va résonner pendant cet événement.

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    Pop: Lykke Li, la bonne trajectoire

    La chanteuse présente un show londonien parfaitement maîtrisé

    La Koko était bondé pour la seconde venue de Lykke Li cette année dans cette magnifique salle de l’Est londonien. Un intervalle de quelques mois pendant lesquels la chanteuse suédoise a su affiner une démarche subtilement singulière et un caractère trempé. Agée d’à peine 22 ans, son assurance éclipse tous les clichés qui, de prime abord, auraient pu trop facilement être accolés à sa pop vaporeuse.

    Surgissant telle une Cat Woman qui aurait endossé une parure de diva, elle marque d’emblée sa présence en entamant un Dance Dance Dance persuasif. Dès les premières notes, la chanteuse au charisme indéniable parviendra à maintenir la même intensité jusqu’au terme de sa performance.

    Même si ses pieds évoquent quelquefois la position du chasse-neige, elle glisse dans son show avec aisance, assurant quelques belles surprises aux moments opportuns. A l’instar de ces passages teintés d’afrobeat ou l’arrivée d’un sample de Sound of the Police qui transforme Complaint Department en un medley électrisant. Lykke Li profite de ces envolées pour entamer des chorégraphies qui déclenchent les cris du public.

    Dans un registre plus calme, elle offre également une reprise du After Laughter (Comes Tears) de Wendy Rene qui convainc avec tout autant d’efficacité. Lors des rappels, elle reviendra encore proposer trois morceaux dont, petite fraise sur la charlotte, une interprétation édulcorée du Can I Kick it? de A Tribe Called Quest. Un morceau qu’elle a d’ailleurs récemment pu chanter sur scène en duo avec Q-Tip.

    CONCERT

    • 09.12.08 Le Trabendo / Paris

    SUR VIBRATIONSMUSIC.COM

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    Grime: Les archives d’un son présent

    Skepta dans les studios de Rinse FM

    Le site Grimetapes archive des sessions enregistrées sur diverses radios pirates

    Le grime a constitué une étape importante dans la manière de produire et de diffuser la musique électronique. Sons bruts, flows surexcités, sessions surchauffées, le site Grimetapes permet de revenir sur cette période, pas si lointaine, quand l’intimité et le caractère local des radios pirates étaient privilégiés par rapport à MySpace ou YouTube. Ce site constitue une mine incontournable pour tous les amateurs du genre et une archive exceptionnelle pour saisir l’intensité urbaine de Londres au tournant du millénaire. Pour l’occasion, cet article, initialement publié il y a quatre ans, dresse le tableau d’une scène hypersensible qui, à de rares exceptions près, s’est consumée comme une trainée de poudre lorsqu’elle a été effleurée par le mainstream.

    Par Joël Vacheron

    Bow, East London: Un quartier d’habitation populaire qui constitue l’épicentre d’un séisme musical particulier. Habitant dans les nombreux « estates » de cette zone, les membres de Roll Deep, N.A.S.T.Y, More Fire ou Boyz in da Hood sont autant de superstars embryonnaires du grime. Une appartenance géographique commune centrale dans l’identité de ce courant. Fidèles à une rigoureuse street mentality, les membres de cette scène se revendiquent plus facilement des quartiers, des écoles ou des raves qu’ils ont fréquentés plutôt qu’à leurs origines ethniques ou leur religion.

    Wot do u call it ?

    Avec ce titre interrogateur sorti en 2003 sur XL records, Wiley se moquait des dj’s, journalistes et autres commentateurs qui cherchaient absolument à donner un nom au dernier courant qui secoue la scène underground londonienne. Entre substep, sublow ou eski, c’est finalement l’appellation grime qui s’est imposé pour définir cette dernière mutation du breakbeat et de la drum’n’bass. Un choix largement influencé par le succès des soirées mensuelles du même nom organisées par le label Rephlex d’Aphex Twin. Le grime reflète les nuisances sonores de l’environnement urbain. Sonneries de natel, bruits de playstation, klaxons et sirènes sont juxtaposés pour former un univers low tech dissonant et menaçant.

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    World: Miriam Makeba, Adieu Mama Africa

    La chanteuse quitte la scène lors d’un concert en Italie

    La chanteuse sud-africaine est décédée dimanche soir à l’issue d’un concert à Castel Volturno, une petite ville à quelques kilomètres de Naples. Elle était âgée de 76 ans. Elle avait débuté sa carrière dans les années 50 avec The Skylarks, un groupe qui proposait un mélange original de folk, de jazz et de rythmes issus des townships. Ce style sera par la suite communément dénommé Township Jive.

    Son engagement politique à l’encontre de l’apartheid lui vaudra rapidement d’être dans la mire du gouvernement sud-africain. Au début des années 60, lors d’un retour dans son pays d’origine, elle apprend que sa nationalité lui a été retirée. Une suspension qui durera près de 30 ans. Cette situation ne l’empêchera cependant pas de continuer à mener sa carrière internationale. Notamment en compagnie de son premier mari, Hugh Masekela, avec qui elle partage l’affiche de la comédie musicale “King Kong” qui va lui permettre de se produire dans le monde entier.

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    Interview: Q-Tip, he kicked it !

    En marge de la sortie de son nouvel album, Q-Tip revient sur le tournant historique de la semaine passée dans une interview exclusive, qui sent la friture…

    Tout au long de la phase finale des élections présidentielles, il était difficile de ne pas repenser au refrain de Can I Kick I ?, un des trois singles figurant sur le premier album de A Tribe Called Quest en 1991. Une requête à laquelle les acolytes de Q-Tip répondaient en chœur par un fameux, “Yes, You Can” ! Volontaire ou non, le Yes, We Can de la campagne d’obama a indéniablement participer à raviver cette période old school dans l’esprit de nombreux électeurs.

    L’analogie ne s’arrête pas là puisqu’avec “The Renaissance” le rapper retranscrit de manière exemplaire le vent de confiance et les espoirs qui dopent l’Amérique actuellement. Cette interview prenant place trois jours après les élections, l’occasion était trop belle pour connaître l’opinion de Q-Tip sur le rôle joué par les musiques populaires et sur les processus de redéfinitions identitaires des Afro-Américains. La voix douce et singulièrement nasillarde de Q-Tip se détache des grésillements qui parasitent notre conversation téléphonique…

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    Expériences: Gang Gang Dance, la sainte des outsiders


    Figure de proue des hipsters de Brooklyn, Gang Gang Dance revient trois ans après la sortie du très remarqué “God’s Money”

    Nourrissant les mêmes aspirations néotribalistes que des groupes comme Yeasayer ou MGMT, Lizzi Bougatsos, Brian Degraw, Tim Dewit et Josh Diamond proposent avec “Saint Dymphna” une version un peu plus accessible de leurs explorations référencées.

    Le titre de l’album renvoie aux cultes paganistes et plus précisément à la protectrice des laissés pour compte. Certainement une manière de faire référence aux divers rebuts avec lesquels ces chiffonniers parviennent à composer leur esthétique cinématographique et expérimentale.

    Même si la nostalgie avouée aux sons synthétiques des 80’s reste de mise, Gang Gang Dance nous emmène synchroniquement du côté du trip hop, de la bossa-nova, d’Aphex Twin, de Timbaland, de My Bloody Valentine ou du grime, comme avec ce morceau disruptif intitulé “Princes” où l’on retrouve la phrasé british du MC Tinchy Stryder.

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    SITES

    ALBUM

    • Gang Gang Dance, “Saint Dymphna” (The Social Registry, 21.10.08)

    • Gang Gang Dance en interview à propos de leur participation à la Whitney Biennial

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    Drum & Bass: Goldie, le jour et la nuit


    La figure emblématique de la drum’n'bass montre ses deux visages lors de son apparition au Red Bull Music Adacemy de Barcelone

    Un public nombreux se presse devant la scène apprêtée spécialement pour l’occasion sur la place de L’Arc de Triomphe à Barcelone. Au programme ce soir-là, on attend avec impatience d’assister au choc intergénérationel entre la légende de la drum & bass et les nouveaux tenants de la scène dubstep. Sans aucune surprise, Goldie entame un set dans la plus pure tradition Metalheadz. En enchaînant les classiques, il nous ramène instantanément à l’époque où les Doc Scott, Grooverider, Kemistry & Storm ou Ed Rush réformaient en profondeur la dance culture à coup de rythmiques syncopées et de basses profondes.

    Malgré un set plus qu’honorable, le son proposé par Goldie ne manque pas d’être frappé d’obsolescence lorsque se soulèvent les basses puissantes de Skream et Benga. D’ailleurs, il semble être le premier réjoui par ce renouveau, au point de ne plus quitter la scène jusqu’à la fin du set des deux dauphins. Il danse et s’agite avec un rare enthousiasme, s’enquérant systématiquement sur les noms des morceaux joués. La nuit se poursuit dans un club bondé des Ramblas avec un Goldie toujours plus galvanisé qui, debout sur le bar, harangue la foule avec une énergie presque inquiétante. Une chose est sûre, au terme de cette nuit déchaînée, l’homme aux dents dorées ne renvoit pas directement une image de quiétude propice au raisonnement.

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    Krautrock: Can, un concert charnière


    Un concert du groupe enregistré en 1975 en download

    Les fouilles archéologiques d’Internet réservent quelques bonnes surprises, comme par exemple l’exhumation de ce live de Can datant de 1975, l’année de la sortie “Limited Edition” et de “Landed”. Cette période marque un tournant dans l’histoire du groupe qui vient de signer chez Virgin, se sépare du chanteur charismatique Damo Suzuki et passse à l’enregistrement multipiste.

    A ce sujet, Liebezeit avouera que ces changements ont eu une influence sur la spontanéité et la cohésion du groupe: “Au début, lorsqu’on utilisait un deux-pistes, on était forçé d’être tous présents en même temps lors des sessions d’enregistrements. Par la suite, avec le multipiste on était moins régulièrement ensemble dans le studio. Certains venaient un moment pour faire un mixage, pendant que les autres restaient à la maison. Je ne pense pas que cela a été bénéfique pour le groupe.”

    Du même coup, bien que Michael Karoli et Irmin Schmidt posent les vocaux sur certains morceaux, ce concert est en grande partie instrumental et anticipe l’orientation ambient prise par le groupe à partir du milieu des années 70. Deux ans plus tard, le départ de Holger Czukay allait marquer la dissolution officieuse du groupe.

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    Dubstep: Benga, le guerrier afro


    Benga, Barcelone, 1er octobre, 2008
    PHOTO: Joël Vacheron

    Un des pionniers du dubstep présente sa vision de la scène

    Vous avez mis le DJing entre parenthèses pendant une période relativement longue. Quelle en était la raison ?

    La production a toujours été mon activité principale et je cherchais à me concentrer surtout dans ce domaine. Comme tous producteurs, j’ai toujours mixé dans des soirées parce que je désire faire la promotion de ma musique moi-même et cela me permet de montrer dans quels types d’enchaînements j’imagine mes morceaux. D’un autre côté, le fait que la scène dubstep devenait toujours plus importante, il était important pour moi que le gens puissent mettre un visage sur mon nom.

    Vous vous êtes retrouvé impliqué très jeune dans le dubstep, quelle est votre impression sur l’orientation prise par cette scène ?

    Ce n’était absolument pas du tout prévisible. De nombreuses personnes nous disaient que notre son avait beaucoup de potentiel, que ça rappelait les débuts de la drum’n'bass, etc. Mais en ce qui nous concerne, on faisait ça de manière très instinctive, sans jamais imaginer que ça prendrait une telle ampleur. J’avais 11 ou 12 ans, lorsque j’ai commencé à me lancer dans la musique sous l’influence de mes grands frères et des radios pirates. C’est un âge où on est encore très loin de comprendre ce que cela implique de jouer dans un club, encore moins de lancer un courant musical.
    » Lire la suite de l’interview

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    Expériences: Charlemagne Palestine, au-delà du minimalisme


    Le compositeur culte présente son projet Radio Palestine dans le cadre d’une exposition

    Personnage polymorphe et atypique, le compositeur Charlemagne Palestine offre une œuvre emprunte de mysticisme qui touche aussi bien à la musique contemporaine qu’à la performance ou les arts plastiques. Depuis le début des années 70, il développe une approche conceptuelle qu’il qualifie de “maximaliste”. Une manière de se distancier des connotations minimalistes fréquemment mobilisées pour qualifier son œuvre.

    “Je n’ai jamais considéré que ma musique était minimale. Il arrive quelquefois que des personnes n’entendent pas grand chose dans ma musique. D’autres, par contre, reconnaissent entendre beaucoup. Pour moi, cela renvoie plutôt à la transe… Ou en tous les cas à quelque chose susceptible d’engendrer des états proches de la transe.”

    Pendant de longues années, les enregistrements de ses performances rituelles sont restés cantonnés dans des circuits très restreints. Une situation qui s’est peu à peu modifiée grâce à la redécouverte de son univers et à la sortie de plusieurs albums dans lesquels on retrouve notamment Pan Sonic, Tony Conrad ou Rhys Chatham. Charlemagne Palestine présentera son projet Radio Palestine dans le cadre de “L’exposition continue”, qui se déroulera du 4 octobre au 22 novembre à Lausanne. Il se produira également en concert à deux reprises, en solo et accompagné par David Cunningham et Mika Vainio.

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    Jazz: Gary Bartz, un blues toujours aussi céleste


    PHOTO: Joël Vacheron

    Le saxophoniste légendaire explique pourquoi il n’aime pas l’appellation Jazz et dispense une belle leçon d’humanisme

    “Le terme jazz a toujours été associé aux bas-fonds, à une certaine dépravation. Cette image dégage une mauvaise énergie et je n’aime pas vraiment que ma musique soit considérée comme étant du jazz. Le jazz est mort et je préfère nettement parler de blues. Cela nous renvoie directement aux origines. En vérité, tout vient du blues”. C’est à partir de cette définition liminaire essentielle que Gary Bartz entame sa conférence dans le cadre de la 10e édition du Red Bull Music Academy qui se déroule actuellement à Barcelone. Âgé de 68 ans, il revient sur son enfance passée à Baltimore qui, à cette période, était encore divisé par un régime fortement ségrégationniste. “Même si j’étais très jeune, je me rendais compte que quelque chose d’anormal se passait”.

    Avec une affabilité et une gentillesse d’un autre âge, le saxophoniste évoque quelques-unes des anecdotes et des rencontres qui ont jalonné sa riche carrière. Notamment, la période passée à New York durant laquelle il a pu collaborer avec Miles Davis, Max Roach, Mingus, ou Art Blakey. La liste des différents coachs qui ont participé à son apprentissage musical est impressionnante.

    “Chacun à sa manière m’a apporté des indications sur la manière de mener un groupe. À ce titre, Miles était un leader formidable. À aucun moment il ne nous imposait d’être présent aux concerts, ce qui provoquait inévitablement un sentiment profond de liberté. Il lui arrivait également de me dire qu’il aimait mes erreurs. Max Roach, quant à lui, m’a surtout appris le caractère sérieux de la musique. Art Blakey fonctionnait de manière tout à fait différente, il créait souvent une dynamique en provoquant des conflits.”

    Il pose un regard amusé sur cette période glorieuse et s’amuse à relever la pérennité, grâce notamment aux nombreux emprunts effectués par des groupes de rap, de nombreuses de ses productions. “Les choses ont beaucoup changé de nos jours. Même si je regarde toujours avec intérêt les productions actuelles, il est dommage que l’esprit communautaire dans lequel j’ai évolué ait quelque peu disparu.” En aparté, il m’avoue que l’idée de voir Obama prendre la tête des États-Unis le réjouit moyennement. “C’est incroyable que les États-Unis soient passés en si peu de temps d’un régime ouvertement raciste à la potentielle élection d’un président afro-américain. Toutefois, je ne pense pas que cela corresponde réellement aux attentes des musiciens de ma génération. Lorsque je l’écoute, je me rends compte à quel point on est loin des solidarités et des revendications de l’époque”.

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    Electro: Larytta, particules électroniques


    Trois morceaux du prochain album de Larytta en écoute

    Larytta est le projet entamé il y a quatre ans par Christian Pahud et Guy Meldem. Pour leur premier LP, “Difficult Fun”, les deux bidouilleurs continuent de promouvoir une electro ludique et kaléidoscopique dans où chaque son claque avec une telle clarté qu’ils semblent avoir été minutieusement découpés au scalpel.

    Entre refrains accrocheurs et expérimentations audacieuses, Larytta utilise cette collection de particules électroniques pour composer une esthétique composite qui oscille entre pop, r’n'b ou hip-hop.

    ECOUTER

    • Larytta, Wonder Vendor, “Difficult Fun” (Creaked Records, sortie octobre 2008)

    • Larytta, Ya-Ya-Ya, “Difficult Fun”

    • Larytta, Bauch Amp, “Difficult Fun”

    VIDEO

    • Larytta, live at Dollhouse, Môtiers 2007

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    Hip hop: Roots Manuva, l’éloge du bouffon


    PHOTO: Joël Vacheron Roots Manuva, Londres, 11 juillet 2008

    Avec “Slime & Reason”, Roots Manuva tourne la tête aux clichés du rapper endurci

    “Je suis à une période de ma vie qui m’a permis d’aborder cet album avec moins de vanité”. Âgé de 35 ans, Roots Manuva semble retrouver un élan de candeur spontanée et d’humour loufoque avec ce nouvel album intitulé “Slime & Reason”. Un clin d’oeil à la matière verdâtre et gluante qui sert de prétexte pour révéler la beauté potentielle de choses a priori dégoutantes.

    Instrumentaux percutants et verve rabelaisienne, cet équilibriste à la rime métronomique maîtrise avec brio cet exercice délicat qui consiste à toucher l’essentiel à partir d’observations triviales. Entre les résonances lointaines des musiques d’églises, le bricolage musical jamaïcain et les ice-creams de son grand-père, Rodney nous invite dans un univers où il ne craint pas de jouer au bouffon. Une manière de prendre à contre-pied l’aspiration au sérieux qui frappe le hip hip contemporain.

    Roots Manuva, Again & Again, “Slime and Reason”

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    Ghettopop: Radioclit, la maîtrise du concept


    Fidèle à sa réputation d’Indiana Jones sonique, le duo de Radioclit nous rapporte une session de coupé décalé

    Le coupé décalé est apparu simultanément en Côte d’Ivoire et dans la Jet-Set, du nom que s’est donné une partie de la communauté ivoirienne de Paris. Initialement rattaché à une danse, le coupé décalé s’inscrit dans un mouvement culturel plus général dénommé Sagacité ou Concept. Depuis sa création en 2002, le phénomène a pris une ampleur énorme en un temps record.

    Basés sur des basses lourdes et répétitives, ces arrangements minimalistes et percussifs permettent d’accompagner toute une gamme de chorégraphies aux noms évocateurs. “Guantanamo”, “colgate”, “caméra”, “grippe aviaire”, “le petit vélo” ou le “fatigué fatigué”, il n’existe pas moins d’une quarantaine de mouvements.

    Radioclit nous propose un survol musical du genre qui permettra peut-être à certains de s’essayer à quelques pas avant la soirée vibrations du 2 septembre prochain au Festival de la Bâtie.

    A ECOUTER

    SORTIR

    • 02/09/08 Festival de la Bâtie / Soirée Vibrations: Infinite Livez vs Stade + Radioclit (Soirée Secousse)

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    Hip hop: EPMD, partenaires en affaires


    Des places à gagner pour aller voir les deux rappers légendaires

    À la différence du militantisme des Public Enemy ou de la provocation gangsta de NWA, Erick Sermon et Parrish Smith inauguraient une posture qui allait participer à singulariser le courant hip-hop ultérieurement. En effet, en s’appelant EPMD, pour Erick and Parrish Making Dollars, les deux natifs de Long Islands affichaient d’emblée leur prédilection pour les filles faciles et la réussite financière.

    Des impératifs prosaïques qui n’ont cependant pas empêché Erick Sermon, Parrish Smith et le DJ K La Boss, d’imposer leurs beats funky dès la sortie, en 1987, du très influent “Strictly Business”. Leur premier album dans lequel se trouve le fameux morceau éponyme construit à partir d’un sample de I shot the Sheriff de Bob Marley. Par la suite, les deux rappers vont enchaîner les titres de qualité avec une constance indéniable.

    Après deux interruptions, quelques disputes, des projets solos et une conversion au christianisme, les deux rappers sont toujours dans les affaires. Associés depuis quelques années à DJ Scratch, leur huitième album, “We Mean Business”, sortira le mois prochain, soit peu de temps avant leur concert à Montreux.

    CONCOURS

    Pour gagner une invitation pour le concert de EPMD le 19 juillet au Montreux Jazz Festival, envoyez-nous un mail avec vos nom, prénom et adresse postale à concours@vibrations.ch Merci d’indiquer EPMD dans l’intitulé du message.

    Les gagnants seront avertis par email.

    SITE

    CONCERTS

    • 19/07/08 Montreux Jazz Festival / Miles Davis Hall

    VIDEO: EPMD, Strictly Business, “Strictly Business”, 1988

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    Live: Santogold joue les météorites

    Hier soir, devant une salle comble, Santogold surprend le public au terme d’un concert londonien rondement mené

    Difficile de se frayer un chemin dans cette salle surbondée. On trouve tout de même une place de choix en nous encastrant dans un recoin improbable situé entre la sono et le balcon. Par chance, l’amphithéâtre de la Scala est suffisamment pentu pour offrir une vue enviable. Un vaste rideau d’or clôture la scène où un DJ débarque pour entamer un set paramétré, dans lequel les classiques funky sont alignés comme les perles sur un collier. Il sait amadouer le public british en faisant un grand écart scabreux de Dizzee Rascal à The Smiths.

    Legging, veste à capuche dorée, lunette de soleil, Santi White allie le retrofuturisme de Barbarella à la prestance décontractée d’une diva soul. Entourée par deux choristes aux chorégraphies robotiques, chaque morceau est impeccablement interprété. Le public est emporté par ces beats lourds, cette présence enthousiaste et par l’atmosphère sereine que dégage cette performance à la fois spatiale et ambrée. L’émotion redouble lorsqu’elle entame Creator. Confettis, effets stroboscopiques et danses toujours plus exaltées, Santi semble à même de nous emmener vers d’autres galaxies.

    Toutefois, le morceau à peine terminé, la petite troupe s’éclipse alors que la chanteuse n’a guère passé plus de 40 minutes sur scène. Le public, pris quelque peu au dépourvu, ne réagit pas immédiatement. Quelques acclamations, mêlées de protestations, surviennent, mais la diva ne reviendra pas faire un rappel. La lumière se rallume et, malgré cette prestation convaincante, on reste pantois après le passage de cette météorite qui nous laisse de la poudre dorée plein yeux.

    CONCERTS

    • 01/07/08 VisionAire Lacoste / Paris

    • 05/07/08 Les Eurockeenes / Belfort

    • 08/07/08 Montreux Jazz Festival (MDH Club) / Montreux

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    Expérience: Sonic Boom, héraut d’une pop cinétique

    ILLUSTRATION: Ivan Liechti, +41

    Avec ses différents projets, l’ex-Spacemen 3 n’a pas fini d’affiner ses explorations soniques

    Peter Kember s’est fait connaître sous le pseudonyme de Sonic Boom au début des années 80 en tant que chanteur et guitariste des Spacemen 3. Un groupe qu’il avait formé en 1982 avec Jason Peirce et qui était une synthèse sonore de leur passion pour les formes graphiques aux vertus hypnotiques et les substances aux propriétés hallucinogènes. Un attirance pour les distorsions qui permettra aux Spacemen 3 de faire en quelque sorte le joint entre les percées électroniques du post-punk et le déferlement de l’acid house.

    Au passage des années 90, après de sérieuses dissensions entre les deux acolytes, Peter continuera ses expérimentations bruitistes en menant conjointement deux nouveaux projets. Spectrum et E.A.R. (Experimental Audio Research) lui permettront notamment d’entamer des collaborations avec Stereolab et Yo La Tengo.

    Avec cette tournée, Sonic Boom présente un inventaire du travail qu’il a accompli tout au long de ces 20 dernières années de carrière.

    SITES

    CONCERT

    • 23/05/08 Le Bourg / Lausanne

    VIDEO: Sonic Boom, Hall of Mirrors(Kraftwerk)

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    Podcast: WE ARE…, des séquences curieuses

    We Are… nous plonge tous les mois dans des univers où résonnent de vagues grésillements de pellicules

    Le collectif WE ARE… présente un aperçu de son approche syncrétique grâce aux deux podcasts postés tous les mois sur leur website. Les deux DJ’s résidents, Paul Camo? et Lukid, et leurs invités composent ainsi des bandes-sons très cinématographiques qui subjugent par leur diversité et leur originalité. Ce mois-ci WE ARE… propose un mix traversé de quiétude de Domu et l’electro habitée de 2tall.

    SITES

    DOWNLOAD

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    World: Radioclit, welcome in the brand new world


    PHOTO: Tim & Barry

    Avec Secousse, le duo de Radioclit dessine les nouvelles couleurs prises par la World music

    Secousse est la nom des soirées organisées par Radioclit tous les mois au Notting Hill Arts Club. En proposant une programmation tropicale au sens large, le duo à créé une alternative aux routines de la club culture. En effet, comme le souligne Etienne Tron, “même si on reste fan de musique électronique, on cherchait à renouer avec quelque chose de plus chaleureux, de plus tropical.”

    Le résultat se présente sous le forme de soirées dans lesquelles un effort particulier est apporté à la décoration. De plus, Radioclit profite de l’inépuisable réservoir offert par la scène world londonienne pour inviter des musiciens et des groupes généralement cantonnés dans des réseaux parallèles.Les deux Indiana Jones y proposent une sélection transculturelle de rythmes et de sons puisés aux quatre coins du monde ou dans les tréfonds d’internet. A titre d’exemple, ce mix qui donne un avant-goût des mutations qui secouent la world music actuellement.

    A ECOUTER

    télécharger (click droit)

    SITES

    SOIREES SECOUSSE

    • 09/05/08 Londres / Notting Hill Arts Club

    • 13/06/08 Londres / Notting Hill Arts Club

    • 11/07/08 Londres / Notting Hill Arts Club

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    Hip-hop: The Rub, la caverne d’Ali B-Boy

    Le site du trio de DJ’s new yorkais est un passage incontournable pour tout amateurs de old school

    Dans la série “Portes ouvertes à Brooklyn”, les quatre membres de The Rub font fort en mettant en écoute une large sélection de leurs mixes. Parmi les différents programmes de leurs shows radiophoniques, on retrouve notamment leur fameuse “History of Hip Hop” qui retrace, chronologiquement et avec les tracklistings, tous les morceaux les plus marquants de 1979 à 1999.

    En plus, leur site héberge une excellente sélection de remixes originaux qu’il est possible de télécharger. Sésame ouvre toi.

    A ECOUTER

    SITES

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    Hip Hop: Steinski, les leçons du professeur

    Un cours magistral du légendaire Steinski en download

    En 1983, Steven Stein alias Steinski n’était plus un ado lorsqu’il gagna, avec son compère Double Dee, le premier prix d’un concours de remix organisé par le label Tommy Boy. Du jour au lendemain, le duo sera propulsé au statut de légendes locales. Depuis, “Lesson 1: The Payoff Mix”, ainsi que les mixtapes qui suiveront “Lesson 2: The James Brown Mix” ou “Lesson 3: The History Of Hip-Hop” sont devenus des références incontournables de la technique du cut’n'paste.

    Plus de 25 après leur enregistrement, ses fameuses leçons n’ont pas été oubliées et ce statut de pionnier lui vaut encore une reconnaissance des plus grands turntablists du moment. À ce titre, Steinski n’en revient toujours pas de ce jour où DJ Shadow et Cut Chemist passèrent dans son studio et “prirent à tour de rôle des photos d’eux-mêmes en train de porter fièrement notre table de mix!”. Désormais, le bonhomme continue à professer ses collages sonores didactiques sur l’excellente station WFMU et un double CD retraçant ses 25 ans de carrière va sortir le 26 mai prochain.

    A ECOUTER

    SITES

    ALBUM

    • Steinski, “What Does It All Mean?: 1983-2006″, Illegal art, sortie le 26 mai

    CONCERT

    11/04/08 Lausanne / Le Romandie

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    Soul: Eli “Paperboy” Reed, un travail de reconstitution

    Eli “Paperboy” Reed & The True Loves jouent la carte vintage de manière confondante

    Dire que la similitude avec l’original est confondante reste un pléonasme à l’écoute Eli “Paperboy” Reed & The True Loves. Il faut y regarder à deux fois pour s’assurer que le jeune américain n’est pas un contemporain des Sam Cooke, Otis Redding et autres Syl Johnson. Ce zélig de la soul a poussé le détail jusqu’au graphisme de la pochette qui imite à tel point le design 60’s qu’on a l’impression que même le carton semble d’époque.

    Un effet mimétique grandement influencé par le fait que Eli Reed a grandi en écoutant la vaste collection de classiques soul, gospel et R&B de son paternel. Même s’il est loin d’avoir l’étoffe de ces illustres références, il faut avouer qu’on ne peut qu’être surpris par le brio perfectionniste de ce “Paperback” que certains voient déjà comme la version masculine d’Amy Winehouse.

    SITE

    A ECOUTER

    VIDEO: Eli “Paperboy” Reed & The True Loves, Am I Wasting My Time

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    Techno: Kevin Saunderson, l’origine du groove minimal

    Un set envoûtant de l’un des Fathers of Techno

    En effet, pour ceux qui l’ignoraient, à la fin des années 90 avec Juan Atkins et Derrick May, ils furent étroitement associés à l’émergence de la première vague de la légendaire scène techno de Detroit en fondant le label KMS Records. Hormis quelques morceaux remarqués c’est surtout grâce à son projet Inner City, et son single Big Fun en 88, que Saunderson va déferler sur l’Europe durant l’effervescence causée par les montées d’acid house.

    Des sirènes du succès qui n’ont pas empêché le producteur de continuer de faire évoluer le son qu’il a contribué à créer et diffusé. Pour preuve, ce set tout en basses profondes et enveloppantes proposées dans cet excellent podcast du DJ culte.

    En rab, une petite tranche d’histoire sur le rôle décisif de ces quelques pionniers sur l’évolution de la club culture contemporaine. Une saga retracée dans cet excellent documentaire diffusé par Arte il y a plus de 10 ans.

    A ECOUTER

    A VOIR : Universal Techno, (La Sept Arte / Les Films à Lou 1996)

    SITES

    CONCERTS (Kevin Saunderson)

    • 04/04/08 Lyon / Echo Sonores

    • 23/05/08 Paris / La Scala

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    Hip-hop: Baloji, le parcours d’un résilient

    Dans l’intimité de son Hotel Impala, le rappeur belge offre une belle leçon d’authenticité

    Initialement membre du groupe Starflam, Baloji avouait suspendu sa carrière musicale il y a quelques années. Conscient que l’inspiration, l’innocence et surtout la passion s’étaient taries, le rapper avait préféré mettre sa carrière entre parenthèses.

    Il y a quelques mois, le chanteur sortait un premier album solo hanté par la réapparition inopinée d’une mère perdue depuis l’enfance et le spectre de Marvin Gaye cheminant le long de la digue d’Ostende.

    Traversé par des échos d’afro-beat, de soul et de musiques traditionnelles, Hôtel Impala conte les espoirs placés dans le Retour, tout en relevant les craintes de rejoindre sa terre et les siens. Un cheminement autobiographique, sur le fil du rasoir, qui laisse ressortir avec une belle acuité l’émotivité et les entraves d’un déraciné.

    A VOIR: Baloji, Coup de gaz

    Baloji, De l’autre côté de la mère

    SITES

    CONCERTS

    • 28/03/08 StuBru Punt Uit / Gand

    • 29/03/08 Cabaret Electric / Le Havre, + James Deano

    • 01/04/08 L’Autre Canal /Nancy, + Beat Assaillant

    • 03/04/08 Ninkasi Kao / Lyon, + Hollie Smith

    • 04/04/08 L’Atelier / Cluses

    • 05/04/08 La Cigale / Festival Blue Note - Paris, + Spleen & Alice Russell

    • 09/04/08 Cully Jazz Festival - Next Step / Cully

    • 10/04/08 La Défense / Festival Chorus des Hauts de Seine -Paris, + David Walters

    • 11/04/08 Le Plan / Ris Orangis

    • 18/04/08 Plateau NRJ / Bruxelles

    • 25/04/08 Het Depot / Louvain

    • 26/04/08 Cactus / Bruges

    • 02/05/08 La Vapeur / Dijon

    • 09/05/08 Festival Paroles et Musiques / Saint-Etienne

    • 10/05/08 Le Noumatrouff / Mulhouse

    • 11/05/08 Mano Mundo Festival / Belgique

    • 24/05/08 Canal 93 / Bobigny

    • 30/05/08 Festival Europavox / Vichy, + Hocus Pocus

    • 07/06/08 Festival des Solidarités et des Arts d’Afrique / Saint-Brieuc

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    Electro: Bunny Rabbit, Alice au pays du gangsta

    Bunny Rabbit et Black Cracker reviennent fredonner leurs comptines licencieuses sur fond d’électro

    Drainées par le sillon causé par les CocoRosie, avec qui elles ont tourné l’an passé, Melisa Rincon, alias Bunny Rabbit et Celena Glenn, alias Black Cracker, se sont fait surtout connaître pour leurs performances à la fois théatrales et énergiques. Avec son style 50’s et sa peluche à la main, Bunny Rabbit joue les pin-up ingénues tout en martelant ses lyrics hard core. Sa compère, de son côté, incarnerait plutôt le gros nounours gangsta.

    Les deux rappeuses se réapproprient certains clichés grâce à cet univers décalé dans lequel genres et couleurs se mélangent de manière plus ou moins harmonieuse. En jouant sur les contrastes, leur démarche est fondamentalement emprunte de revendications identitaires et incarne la direction prise par de nombreux projets musicaux actuels.

    CONCERTS

    • 28/04/08 Hirscheneck / Bâle

    • 29/04/08 Kraftfeld / Winterthour

    • 30/04/08 Stall 6 / Zürich

    • 01/05/08 Case A Chocs / Neuchâtel

    • 03/05/08 Elektro Circus Festival / Carpentras

    • 07/05/08 Cabaret Aleatoire / Marseille

    • 09/05/08 La Maroquinerie / Paris

    • 13/05/08 Les Nuits de Botanique / Bruxelles

    A VOIR: Bunny Rabbit, Lovers and Crypts

    Bunny Rabbit, I Ain’t Your Girlfriend No More

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    Hip-hop: Le ping-pong de DJ Shadow & Cut Chemist

    Les deux turntablists légendaires viennent présenter leur fameux show

    A l’origine, le projet “The Hard Sell” a été motivé par une invitation faite à DJ Shadow et à Cut Chemist de se produire aux Hollywood Bowl de Los Angeles l’an passé. Pour la première fois, des turntablists étaient conviés à se produire dans cette salle de concert légendaire devant plus de 15′000 personnes. Comme le signale Cut Chemist dans le bref documentaire ci-dessous, c’était en quelque sorte “comme si un rêve se réalisait ”.

    Basée essentiellement sur une sélection de 45 tours, cette performance est jouée à huit platines et deux pédales d’effets. Un dispositif original qui permet aux deux virtuoses de s’essayer à toute une gamme de manipulations inédites. Outre les mélanges de styles les plus improbables, certains classiques hip-hop sont décomposés et reconstruits durant le live. Au vu du succès énorme rencontré par ce show, ainsi que par le CD qui lui était associé, les deux DJ’s ont décidé de poursuivre l’aventure, notamment à travers la réédition de l’album agrémenté de morceaux inédits, ainsi que par une tournée en Europe. Une bonne occasion pour voir ce ping-pong rare entre deux figures centrales du turntablism.

    SITES

    VIDEO: Dj Shadow & Cut Chemist @ Hollywood Bowl, Los Angeles

    CONCERTS : Tournée “The Hard Sell” avec Cut Chemist

    • 19/03/08 Den Atelier / Luxembourg

    • 20/03/08 Ancienne Belgique / Bruxelles

    • 26/03/08 Le Moulin / Marseille

    • 27/03/08 Caprices Festival / Crans Montana

    • 29/03/08 Grand Rex Théâtre / Paris COMPLET

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    Electro: Buraka Som Sistema, un break par Luanda


    Les portugais du Buraka Som Sistema déclinent leur variante explosive du kuduro

    Pionnier de la scène hip-hop portugaise, le Buraka Som Sistema a su imposer plus largement sa fusion unique de kuduro, grime et rap. Dans leurs concerts, les danses traditionnelles africaines sont reconsidérées dans une débauche d’énergie. Comme le signale Lil’ John, Buraka Som Sistema entend promulguer un message universaliste: “La seule chose qui nous importe en faisant de la musique est certainement d’éveiller une certaine conscience sur le reste du monde. De montrer que les rythmes les plus forts sont souvent cachés dans des coins reculés de notre planète”.

    Le Hip-hop, la techno ou la drum’n'bass c’est très bien, mais cela ne signifie pas qu’il faut s’arrêter là”. Il en va de même pour la danse si on en croit cette vidéo saisissante, dans laquelle figure leur mentor M.I.A, filmée dans les rues de Luanda lors de leur voyage en Angola. A découvrir à Genève dans le cadre de la cinquième édition de Electron Festival où se produiront notamment Pilooski, Rubin Steiner, Autechre ou Mochipet.

    VIDEO: Buraka Som Sistema, “Sound of Kuduro”

    CONCERTS

    • 23/03/08 Genève / Electron Festival (DJ set)

    • 05/03/08 Morlaix / Panoramas Festival (DJ set)

    • 08/06/08 Paris / Villette Sonique (Live)

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    Fusion: Fishbone, rien ne les arrête


    Les figures emblématiques du rock fusion en tournée

    Au début des années 80, la scène rock californienne se renouvellait en profondeur grâce à l’émergence de ce qu’on a coutume d’appeler rock fusion ou tout simpement fusion. Intégrant des influences issues aussi bien du blues, du ska, de rap, du hard rock, du punk ou du funk, ce style allait culminer durant les années 90 avec les Red Hot Chili Peppers ou Rage Against The Machine.

    Toutefois, durant la période embryonnaire de cette déferlante planétaire, la référence ultime de ce courant restait indiscutablement The Fishbone. Dans les clubs de Los Angeles, des groupes tels que les Red Hot ou No Doubt devaient encore se contenter d’ouvrir pour le charismatique Angelo et sa bande d’allumés.

    Malgré un parcours plus qu’honorable, et notamment un gros succès en France, les Fishbone n’ont jamais véritablement abandonné les réseaux underground de leurs débuts. Toutefois, cet ostracisme n’a jamais entraver leur légendaire énergie sur scène. Fiers d’avoir su conserver leur fraîcheur ils n’hésitent pas arborer sur leur MySpace la mention : “Fishbone is Red Hot in 2008″.

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    CONCERTS

    • 12/04/08 Festival Roots / La Vallée Sallanches

    • 15/04/08 Spirit of 66 / Verviers

    • 23/04/08 Rock School Barbey / Bordeaux

    • 24/04/08 El Mediator / Perpignan

    • 25/04/08 Reperkusound Festival / Chassieu

    • 26/04/08 Elysée Montmartre / Paris

    • 29/04/08 VIP / Saint-Nazaire

    • 30/04/08 Atabal / Biarritz

    VIDEO: Fishbone, Freddie’s Dead, “Reality of my Surroundings” (1991)

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    Hip-hop: Cadence Weapon, Keep it unreal


    Avec son second album, Rollie Pemberton continue son rôle de pionnier

    En 2006, avec son premier album “Breaking Kayfabe”, Cadence Weapon créait une surprise ce projet ingénieux situé à mi-chemin entre hip-hop west coast, grime et electro. Une pure réussite qui lui a d’emblée valu une reconnaissance générale.

    Rollie Pemberton, qui était notamment rédacteur pour le magazine Pitchfork Media, semble disposer du background suffisant pour pouvoir jouer avec les références en toute aisance. Ceci d’autant plus que son père, qui animait durant les années 80 le show “The Black Sound Experience” sur une station radio, est reconnu pour être un des pionniers de la scène hip-hop d’Edmonton.

    Le rapper, âgé de 22 ans, revient cette année avec “Afterparty Babies” qui est directement inspiré par un été dilettante passé à Edmonton, la ville dont il est originaire. Entre quelques confidences, il propose son point de vue cinglant sur quelques excès de la culture contemporaine. Bien qu’il continue de tendre du côté de l’electro et de la techno, le single In the research of youth crew renverrait plutôt au discoïde Roller Skating Jam de De La Soul.

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    ALBUM

    • “Afterparty Babies” (Anti / Big Dada), Sortie le 4 mars

    VIDEO: Cadence Weapon, Sharks, “Breaking Kayfabe”

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    World: Nueva Cumbia, le dub tropical


    Les mélopées de la nueva cumbia débarquent de Buenos Aires

    Une poignée de jeunes producteurs latinos ont exhumé des chants traditionnels cumbia, un genre musical et une danse né au XVIIe siècle en Colombie, pour leur insuffler des pulsations électroniques. Désormais labellisé “nueva cumbia”, ou plus spécifiquement Zizek (le nom des premières soirées), ce courant s’inscrit comme la dernière découverte issue des clubs de Buenos Aires. Bien qu’elles s’inscrivent aux carrefours d’influences musicales hétéroclites, avec des artistes tels que Chancha Vía Circuito, El Remolon, El hijo de la cumbia ou Axel Krygier (photo), ces productions conservent généralement les rythmiques lentes et répétitives des morceaux traditionels.

    Oro11 et Disco Shawn sont deux DJ’s américains passionnés de cumbia basés à Buenos Aires. Conscients que de nombreux groupes locaux n’avaient encore jamais eu l’occasion de produire d’album, ils décidèrent de remédier à cette lacune en fondant Bersa Discos. Ce label récent se veut une plateforme pour promouvoir les variantes les plus expérimentales du genre. Pour preuve ce mix emprunt d’influences dub et de psychédélisme.

    Toujours à l’affût de nouveaux sons, Diplo n’est pas resté indifférent en proposant récemment un podcast 100% nueva cumbia. En bonus, le single aux sons infectieux “Que Calor” de Pibes Chorros et Dj Unh.

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    Livre: No Wave, retour sur un antimouvement


    Bowery, été 1978. De gauche à droite: Harold, Kristian Hoffman, Diego Cortez, Anya Phillips, Lydia Lunch, James Chance, Jim Sclavunos, Bradley Field, Liz Seidman.
    © GODLIS

    Un ouvrage ravive l’esprit et l’esthétique no wave

    Durant la fin des années 70, des groupes tels que The Contorsions, Lydia Lunch, DNA, Mars ou Teenage Jesus & the Jerks bourgeonnaient dans un Lower East Side en pleine décrépitude. Un ouvrage paru récemment offre un portrait remarquable de l’esprit sans compromis qui animait cette scène iconoclaste et quelque peu dissonante. Empruntant aussi bien à la poésie, la performance, le funk ou le punk rock, le no wave reste en effet l’archétype d’un antimouvement irréductible à un genre ou un style défini.

    En focalisant son attention principalement sur l’album-manifeste “No New York”, Marc Masters revient sur ce moment décisif pour la culture new-yorkaise avec son ouvrage intitulé No Wave. Richement documentée, illustrée avec une superbe sélection de flyers et de photos (notamment celles de Catherine Ceresole), cette publication traduit parfaitement l’esthétique de cette époque. De toute évidence une référence incontournable sur le sujet.

    LIVRE

    • Marc Masters, No Wave, Black Dog Publishing

    SITE

    VIDEO:

    • DNA, live au MUDD club

    • James Chance and The Contortions - I Can’t Stand Myself

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    Folk: Neil Young enflamme le Grand Rex


    Cinq ans après son concert au Palais des Congrès, Neil Young était de retour à Paris pour deux dates sublimes

    Bien qu’elle accueille une légende, la scène du Grand Rex a su garder une certaine simplicité. Les coulisses sont apparentes et des éléments de sonorisation, deux pianos, des lettrages et un totem parsèment une scène sur laquelle flotte un étendard de pirate. Au centre, un cercle est composé de sept guitares acoustiques et d’un banjo qui focalisent le lieu protocolaire à partir duquel Neil Young va entamer seul la première partie du concert. Vétu d’un costume blanc, il construit une ambiance très intimiste au gré d’un répertoire résolument sixties où classiques et morceaux moins connus s’enchaînent, pour le plus grand plaisir d’un public ému. L’attitude profondément recueillie du Loner et les lentes mélopées à l’harmonica contrastent avec le ton badin qu’il adopte entre chaque morceau.

    Pour la seconde partie du concert l’atmosphère change pour prendre une teinte résolument rock. Neil Young s’entoure de sa femme Pegi, de ses musiciens habituels Ben Keith (steel guitar), Rick Rosas (basse) et Ralf Molinas (batterie), de deux choristes ainsi que d’un peintre. Faisant preuve d’une énergie rare, le sexagénaire attise le public à l’unisson. Le concert se termine sur un Like a Huricane déchaîné sur lequel Neil finira par casser toutes les six cordes de sa fameuse Les Paul Noire.

    Interviewé lors de la récente Berlinale à propos de son projet cinématographique “CSNY: Déjà Vu”, le Canadien avouait, “l’époque où la musique pouvait changer le monde, c’est du passé. Je doute vraiment qu’une chanson puisse changer quoi que ce soit. Toutefois, j’éprouve encore naïvement le besoin de provoquer une réflexion du public”. Mission accomplie, l’authenticité et l’énergie dégagées par de telles performances valent tous les discours.

    VIDEO: Interview à propos “CSNY: Déjà Vu” lors de la dernière Berlinale

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    World: Yeasayer au Casino de Paris


    5 places à gagner pour le concert de Yeasayer au Casino de Paris

    Après le succès rencontré par leur premier album “All Hour Cimbals”, est une tournée reportée, le groupe de Brooklyn est finalement de passage en Europe pour quelques dates. Pour cette occasion, vibrationsmusic.com offre cinq places pour découvrir une performance réputée décapante.

    Et pour celles et ceux qui ne pourraient se rendre à l’une de ces dates, tout n’est pas perdu grâce à ce podcast, entrecoupé d’une interview, d’un concert radiophonique enregistré le 18 novembre 2007 à New York.

    ECOUTER

    CONCERTS

    20/02/08 Ancienne Belgique / Bruxelles
    21/02/08 Nouveau Casino / Paris
    22/02/08 Route du Rock, Omnibus / St-Malo

    CONCOURS

    - Pour gagner une invitation pour le concert de Yeasayer le jeudi 21 février au Nouveau Casino à Paris, envoyez-nous un mail avec vos nom, prénom et adresse postale à concours@vibrations.ch. Merci de rappeler “Yeasayer” dans l’intitulé du message.
    5 places à gagner, les gagnants seront avertis par email.

    VIDEO: Wait for the Summer, 2007

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    Expériences: Otomo Yoshihide, quelque part au milieu

    Pour sa 25e édition le festival Musique Action continue sa mission de promouvoir les musiques de création

    Toute l’oeuvre d’Otomo Yoshihide vise à explorer la nature du son. Aussi bien à travers le jazz, les musiques traditionnelles, les BO, le turntablism ou le punk rock il conserve toujours une même posture expérimentale. Parmi les nombreux projets radicaux auxquels il a participé, son groupe Ground Zero a été particulièrement influent tout au long des années nonante. Parlant de cette inlassable quête sonique, Otomo Yoshihide déclare ” je suis toujours à mi-chemin entre le cinéma et la musique, entre la musique et le bruit, entre la composition et l’improvisation. Je flotte quelque part au milieu de tout cela, sans jamais savoir où me situer exactement. C’est peut-être ce qui me définit le mieux”

    Une approche singulière qu’il sera possible de (re)découvrir lors de la 25e édition du festival Musique Action qui, pour l’occasion, retrouve les locaux rénovés du Centre Culturel André Malraux de Vandoeuvre-les-Nancy. Un programme très hétéroclite réunira des artistes tels que Fred Frith, les Pascals, Albert Marcoeur, The Ex ou Noël Akchoté. Comme le dit justement Dominique Répécaud, le directeur de ce festival autoproclamé inclassable, il ne fait aucun doute que “les vibrations seront au rendez-vous…”

    SITES

    VIDEO: The Many Moods Of Otomo Yoshihide, concert enregistré au Festival What is Music, Melbourne, 2002

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    Electro: Ghislain Poirier, la preuve par le son


    PHOTO: Muriel Rochat

    En bon militant du gros son, voici le producteur québécois dans un set qui donne le ton

    Bien qu’il soit adepte des sons bien lourds, Ghislain Poirier est incontestablement devenu un orfèvre lorsqu’il s’agit de faire décoller un dancefloor. Naviguant entre abstract hip-hop, ragga et grime, il a pu affiner son style grâce à des collaborations prolixes aussi bien en tant que MC avec Beans, DJ Rupture, TTC ou London’s Lotek Hi-Fi. Ou en tant que remixeur pour Lady Sovereign, The Editors, Champion, Bassnectar ou Pole.

    Bref, la bonne école pour apprendre à provoquer les ondes telluriques nécessaires pour faire vibrer les corps à l’unisson. Un talent de sismographe confirmé par ce “Bastard Bass”. Un set truffé de ses propres remixes, avec lequel le québécois offre une idée de la condensation qui va envahir la Flèche d’Or le 16 février. Et si vous appréciez, voici encore une autre occasion pour bouger le popotin.

    DOWNLOAD

    SITES

    CONCERT

    • 16/02/08 La Flèche d’or / Paris

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    Expérience: Ubu Web, l’ilot poétique d’Internet


    Peter Orlovsky, Gregory Corso et Allen Ginsberg lors du tournage de “Pull My Daisy”
    © Free Software Foundation, Inc.

    Le site Ubu Web s’engage à regrouper et à pérenniser des oeuvres difficilement accessibles

    Vous est-il déjà arrivé de vouloir voir Pull My Daisy de Robert Frank, d’entendre des morceaux historiques de Luigi Russolo, 4′33 de John Cage, de rencontrer Raashan Roland Kirk dans “Sound??”, d’assister à un cours de Marcel Duchamp ou de Roland Barthes, de découvrir des sessions inédites de John Lennonou un set étonnant de DJ Food. Il s’agit là d’une sélection inexhaustive des innombrables découvertes accessibles depuis l’excellent site Ubu Web. Une adresse qui héberge une quantité exponentielle de perles obscures appartenant aussi bien à la vidéo, la musique ou l’écriture expérimentale.

    Ce projet bénévole qui, comme le stipule son manifeste, vise à insuffler un élan poétique dans les limbes numériques de l’information:”Essentiellement un cadeau de l’économie, la poésie est le lieu idéal pour une action politique utopique. Libérée des contraintes imposées par le profit ou des considérations purement matérielles concernant le produit et sa fabrication, l’information devient littéralement « libre » : sur UbuWeb, nous fournissons de l’information et nous le faisons depuis 1996. Nous éditons en couleur pour quelques centimes seulement. Nous recevons des documents le lundi matin et nous les publions le lundi après-midi.UbuWeb n’est jamais « en rupture de stock ». UbuWeb n’est jamais en fin de course puisque de nombreuses personnes de bonne volonté participent à sa consolidation sur de multiples plateformes
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    VIDEO: John Cage, 4′33, Live at the Barbican, 2004

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    Dubstep: Benga, un meneur discret

    Avec son single Night, le producteur de Croydon confirme son statut d’instigateur de la scène dubstep

    Bien qu’il ait décidé de se retirer pendant quelque temps de la scène musicale pour terminer ses études, Benga a eu le bon sens de se remettre activement aux platines et à la production durant le courant de l’année écoulée. Une décision largement confirmée en regard du plébiscite enregistré par son récent single Night, qu’il a cosigné avec Coki. Sorti en novembre dernier, ce titre a été unanimement qualifié comme le single dubstep de 2007. Pour de nombreux commentateurs, il succéderait même au Midnight Line Request de son vieil amis Skream comme l’hymne du courant.

    Autant dire que “Diary of An Afro Warrior”, son deuxième LP, qui doit sortir dans le courant de l’année chez Tempa est attendu avec impatience. Âgé d’à peine 21 ans, celui que Mala des DMZ considère comme “l’un des producteurs le plus doué et le plus influent de la scène dubstep”, bénéficie encore d’une bonne marge de progression. En écoute, un set enregistré en octobre 2007 lors d’un show à San Francisco lors duquel Benga était accompagné par Hatcha.

    PODCAST

    SITE

    CONCERT

    • 07/02/08 Nouveau Casino / Paris

    VIDEO: Benga & Coki, Night

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    Hip-hop: Aesop Rock, affabulations rythmées

    Le rapper vient décliner ses vers sombres à Paris et à Lausanne, deux morceaux en download

    Cela fait déjà près de dix ans que Aesop Rock a émergé de la scène hip-hop underground new-yorkaise. Avec son attitude trash et ses narrations paranoïaques, il a rapidement acquis le statut du héraut borderline. Dix ans plus tard, pour son quatrième album, Ian Bavitz prouve qu’il a su garder toute son originalité. Avec “None Shall Pass”, sa verve, toujours plus cryptique, s’est quelque peu ralentie mais en diversifiant ses productions Aesop Rock continue à étoffer son style.

    VIDEO Aesop Rock, “None Shall Pass”

    DOWNLOAD

    SITES

    CONCERTS

    • 06/02/08 Le Batofar / Paris

    • 08/02/08 Le Romandie / Lausanne

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    Funk: Jamie Lidell, P-Funk que jamais

    La mise en ligne de l’enregistrement d’une session live de Jamie Lidell réactive son inclination pour l’electro funk

    Bien qu’aucune indication ne l’accompagne, cette vidéo postée récemment sur le site de Jamie Lidell semble confirmer que le chanteur poursuit son immersion éclairée et audacieuse dans l’héritage de la soul music. Si “Multiply”, avec un son plutôt “vintage”, renvoyait indirectement à des ténors tels que Curtis Mayfield ou Al Green, cette chanson semble indiquer que Jamie Lidell n’est pas sur le point de délaisser les contrées psychédéliques du P-Funk.

    SITES

    VIDEO

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    Nu Rave: Santogold, une touche de syncrétisme

    La chanteuse new yorkaise veut proposer un style idéal qui fusionnerait le Reggae des années 70, le new wave des années 80 et le hip hop des années 90

    Originaire de Philadelphie, Santi White vit depuis plusieurs années à Brooklyn. Il y a environ deux ans, elle entame une carrière solo après le clash de son groupe Stiffed. En adoptant le pseudonyme de Santogold, Santi se fit rapidement remarqué grâce à sa voix intense et son approche syncrétique. En effet, en affichant des références aussi diverses que les Bad Brains, DEVO, Nina Simone, Tina Turner, The Smiths ou Lee Perry, Santogold propose de créer une fusion particulièrement originale et on attend avec impatience la sortie du premier album de Santogold prévue dans le courant l’année. Il ne fait aucun doute qu’on aura l’occasion d’en reparler.

    SITE

    LIVE
    - Santogold, LES Artistes, Festival Artscape 2007 / Baltimore

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    Nu Soul: Les tempos raffinés d’Aaron Jerome

    Avec son premier album, le jeune producteur londonien offre la première découverte de l’année

    Aaron Jerome est un jeune producteur, musicien et DJ qui travaille durant ses heures perdues chez un disquaire londonien réputé. Jusqu’à présent, c’est principalement en tant que remixeur pour des artistes tels que Roy Ayers, Bugz in The Attic, Zap Mama, Nicole Willis ou son ami Nitin Sawhney que cette personnalité au tempérament discret avait reservé ses arrangements minutieux.

    Le jeune batteur sort de l’ombre avec le très élégant “Time to Rearrange”. Un album oscillant entre nu soul, downbeat et abstract hip-hop particulièrement bien mis en valeur par un panel éclairé de guests imposants. On y retrouve notamment Kathrin deBoer de Belleruche, Mozez de Zero 7 ou encore la chanteuse sud-africaine Simphiwe Dana. Un premier essai parfaitement maîtrisé et il ne fait aucun doute que 2008 constituera une année décisive dans la carrière de ce producteur talentueux.

    SITE

    ALBUM

    • “Time To Rearrange” (BBE), sortie le 18 janvier

    ECOUTER

    Playlist:
    Corinne Bailey Rae, Enchantment remix
    Bonobo, Ketto (Feat. Kathrin deBoer) remix
    Nitin Sawhney, The River remix
    Dnell, This Thing remix
    Sway, Products remix
    Richard E, Comin A Find Ya remix
    Daisuke Tanabe, Station remix
    Bugz In The Attic, Move Aside remix
    Fertile Ground, Another Day remix
    Nicole Willis, Feeling Free remix
    Nitin Sawhney Feat. Vikter Duplaix, Journey remix
    Oi Va Voi, Black Sheep remix
    Pete Rodriguez,I Like It Like That remix

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    Hip hop: Vers la libération de Niggy Tardust?

    Saul Williams s’est associé à Trent Reznor pour un album-concept diffusé uniquement sur Internet

    Lorsque Saul Williams laisse exploser son versant rock et que Trent Reznor se frotte au hip-hop expérimental, cela donne “The Inevitable Rise and Liberation of NiggyTardust!”. Un album situé à la frontière des genres qui, sous un mode foisonnant et engagé, a pour but d’examiner certaines mutations de la répression.

    Dans une petite présentation, qui reflète le style corrosif et poétique de cet album, Saul Williams n’hésite pas à comparer les artistes à des “nègres” au service des labels. Il y déclare notamment: “ comme pour l’apartheid, chaque label cherche à nous démultiplier en accentuant nos différences et en nous étrillant jusqu’à nous réduire à des modèles inférieurs. Il en résulte qu’un amas de disques, produits par des talents anonymes, finissent par passer à la trappe“.

    Hommage aux pérégrinations de Bowie, “The Inevitable Rise and Liberation of NiggyTardust!” en constitue une réinterprétation politisée qui mène un héros imaginaire dans une odysée révolutionnaire. Outre ce positionnement militant, cet album est surtout l’histoire d’une heureuse rencontre, à travers laquelle Williams et Reznor font preuve d’une impressionnante complémentarité.

    Il existe deux manières de se procurer l’album sur le site Niggytardust.com. Soit en obtenant gratuitement une version mp3. Soit en payant environ 4 euros pour une version de très haute qualité, et du même coup soutenir le cause de Saul en rendant notamment “plus pauvres les intermédiaires“.

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    Blues: Son of Dave, le blues du XXIe siècle

    Benjamin Darvill, un ex-Crash Test Dummies, décline le blues dans de nouvelles gammes

    Avec son complet trois-pièces, ses bretelles et son chapeau borsalino, Son of Dave semble sortir tout droit de l’arrière-salle enfumée d’un bar clandestin durant la prohibition. Armé d’une harmonica, d’un micro vintage, de quelques samples et autres babioles, on imagine difficilement que ce rouquin, aux allures de Joseph Beuys inhibé, produise ce blues intense et authentique. A mi-chemin entre beat-boxing, bricolage sonore et références cinématographiques, on ne peut résister à l’univers rétro de ce gentleman au style impeccable.

    CONCERTS

    • 12/12/07 Les Docks / Lausanne
    • 13/12/07 Les Caves / Martigny

    VIDEO

    • Son of Dave, “Devil Takes My Soul”

    • Son of Dave, “How We Met” (clip inspiré par la chanson)


    DOCUMENTAIRE

    SITES

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    Expérience: Les rafraîchissements de Hermeto Pascoal

    “Música da Lagoa”, une expérience immersive du compositeur brésilien audacieux

    Le compositeur et multi instrumentiste brésilien Hermeto Pascoal n’a cessé de proposer des approches défiant les idées préconçues, afin d’ouvrir de nouvelles voies et de révéler la musicalité du monde. Après un début précoce, il commence à se produire avec des formations du nordeste avant de débuter véritablement une carrière internationale après suite à sa collaboration avec Miles Davis pour l’enregistrement de Live-Evil. Entre ses mains, les objets les plus banals peuvent potentiellement se transformer en instruments. Toute une partie de son oeuvre vise également à intégrer les éléments naturels. Avec “Música da Lagoa”, il plonge littéralement son orchestre dans un lagon pour produire ses compositions anticoformistes vaguement édeniques et surtout très rafraîchissantes.

    VIDEO

    • “Música da Lagoa”, Hermeto Pascoal

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    Podcast: DJ Vadim, chasseur de bon son


    120 minutes de mix lowtempo dispensé par le Sound Catcher N°1

    Voix soul chaleureuses ou raps enfiévrés, percussions indiennes, cordes japonaises, mélopées brésiliennes ou riddims jamaïcains, DJ Vadim n’a pas son pareil pour sélectionner des pépites hétéroclites et composer des atmosphères veloutées.

    Il nous offre ici un de ses sets à la fois varié et ambitieux. Un pur régal!

    PODCAST

    • DJ Vadim

    SITES

    ALBUM

    • The Soundcatcher, (BBE Music)

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    Hip hop: Sole, le poète exalté


    ILLUSTRATION: Ravi Zupa

    Le rapper de Flagstaff s’entoure d’un groupe pour un sixième album et une tournée aux teintes post-rock

    Tim Holland, outre sa prolixité intarissable et ses textes ciselés lorsqu’il rappe sous le nom de Sole, est également le co-fondateur de l’incontournable label Anticon. Une institution déterminante de la scène hip-hop américaine, qui a largement participé à en décloisonner les routines uniformisantes. Ainsi, depuis plus de dix ans, il a participé à faire ressortir la charge poétique et innovante d’un courant qui s’enlise facilement dans ses propres clichés. Collaborant habituellement avec Odd Nosdam ou Jel, Sole s’est entouré du Skyrider Band pour ce nouveau projet. Un trio d’obédience post-rock qui permet au rappeur d’insuffler encore un peu plus d’éclectisme et d’improvisation à son répertoire.

    DOWNLOAD

    ALBUM

    • Sole & The Skyrider Band (Anticon)

    SITE

    TOUR

    • 01/12/07 Fri-son / Fribourg
    • 02/12/07 L’Usine / Genève
    • 03/12/07 Grrrnd Zero, Rail Théâtre / Lyon
    • 04/12/07 Glaz’Art / Paris
    • 06/12/07 Molodoi Strasbourg
    • 08/12/07 Botanique, Witloof Bar / Brussles

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    Soul: The Dynamites et Charlie Walker

    Un groupe de Nashville redécouvre une vielle gloire de la soul pour produire une association détonante

    Pour ce premier album intitulé Kaboom!, The Dynamites se fait plaisir en s’associant avec le chanteur Charlie Walker. Un vétéran de la scène soul qui connut son heure de gloire durant les années 60 et 70, lorsqu’il enchaînait les sorties avec des labels tels que Decca, Champion ou Chess. Même s’il n’a pas été très actif depuis cette période, l’intéressé avouait récemment se sentir un meilleur chanteur qu’à l’époque. Une chance pour le groupe originaire de Nashville, Tennessee, qui peut ainsi agrémenter son rythm’n'blues explosif avec une voix à l’authenticité intacte. Pour preuve, “Slinky”, un titre extrait de Kaboom!, en téléchargement gratuit.

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    • “Slinky”, Kaboom! (Ter à Terre / Discograph)

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    VIDEO

    • The Dynamites & Charlie Walker (Live)

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    Electro: Ghislain Poirier à la sauce berlinoise

    Blazin’ de Ghislain Poirier remixé par Modeselektor en download

    Le rapper québécois s’associe au duo berlinois pour un remix du titre d’inspiration dancehall Blazin‘, tiré de son dernier album “No Ground Under”. La voix de Face-T se réduit à un simple “we keep it” et le reste du morceau propose une relecture aux basses profondes, parsemée de quelques sons de sirènes lointains, qui fait écho à certaines productions rattachées à la scène dubstep.

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    • Ghislain Poirier, Blazin’ (Modeselektor Remix)

    SITE

    CONCERTS DE MODESELEKTOR

    • 06/12/07 Das Schiff / Bâle

    • 07/12/07 The Hive / Zürich

    • 08/12/07 Les Transmusicales / Rennes

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    Hip hop: Un soir chez Big Dada

    Blackitude, Juice Aleem, Busdriver devant l’Elektrowerks, Londres, 16/11/07

    PHOTOS: Romain Jeantet

    Le label passe le cap des 10 ans en s’offrant une compilation et une soirée londonienne mémorable

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    Download: Yeasayer, un groupe paradoxal

    Avec ce premier album, le groupe de Brooklyn promeut une approche foncièrement expérimentale, en toute simplicité

    À la première écoute, on peut facilement être quelque peu dérouté par les sonorités vaguement soft rock et worldisante qui émanent de certains morceaux. Des passages évoquent quelques résurgences de pop eighties plus ou moins douteuse où Talk Talk, Gary Numan ou Peter Gabriel semblent s’être acoquinés à des percussions traditionnelles africaines ou à des guitares manouches. De plus, bien que Anand Wilder, Chris Keating, Ira Wolf Tuton et Luke Fasano affichent une déférence pour les Dead Kennedys ou Leonard Cohen, le quatuor définit son style comme étant de la musique world. On dira plutôt qu’avec leur aptitude à se jouer des contradictions, Yeasayer est l’archétype du groupe paradoxal.

    Avec sa succession d’enchevêtrements parfaitement maîtrisés, “All Hour Cymbals” est une forme de tourbillon qui transfigure des sources éclectiques dans une vision résolument fraîche et inédite. Ils conditionnent l’imprédictible, tout en atteignant cet équilibre difficile qui permet de rendre familiers les arrangements les plus incongrus. Dans la veine de groupes tels que TV On The Radio ou d’Animal Collective, Yeasayer régate à contre-courant, avec aisance et indifférence, pour proposer un projet original parfaitement abouti.

    ALBUM

    • Yeasayer, “All Hour Cymbals”, (We Are Free / Differ-ant)

    DOWNLOAD

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    CONCERT

    • Le concert prévu à la Maroquinerie le 25/11 est annulé.

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    Download: Hypnotic Brass Ensemble, le groove des cuivres

    Un ensemble de Chicago perpétue l’esprit du Brass Band en y insufflant une bonne dose de groove

    Originaire de Chicago, le Hypnotic Brass Ensemble est un brass band composé de huit cuivres et d’une batterie qui, à l’instar du Youngblood Brass Band, propose une approche réactualisée du brass band. Tous les membres de cet orchestre partagent des liens de parenté étroits et désirent perpétuer la philosophie de Kelan Philip Cohran. Un compositeur qui débuta sa carrière en tant que trompettiste et cornettiste au sein du Sun Ra Arkestra et qui, par la suite, participa à la mise en place de l’AACM avant de créer le légendaire Artistic Heritage Ensemble.

    Fort de cet illustre héritage, le HBE s’est fait progressivement connaître en multipliant les ponts entre le passé et le futur de la black music et par ses concerts improvisés dans l’espace public. Les collaborations récentes avec Mos Def, le soutien de Gilles Peterson ou encore ce documentaire réalisé par le New York Times, ont notamment contribué à asseoir la renommée de ce projet cuivré.

    Un certain nombre de morceaux et de vidéos peuvent être téléchargés directement ici.

    ECOUTER

    • Hypnotic Brass Ensemble, Funky Drummer (live avec Mos Def)

    • Hypnotic Brass Ensemble, Brass in Africa

    VIDEO

    “War”

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    Download: Prince, toujours plus invisible








    THIS PHOTO IS CURRENTLY UNAVAILABLE






    PHOTO: Inconnu

    Après les majors, c’est au tour des sites de fans de subir l’attitude sans compromis de la star pour contrôler son image

    Depuis quelques jours, les services de relations publiques de Prince ont engagé des actions d’envergure à l’encontre des responsables de trois sites de fans non officiels. Ceux-ci ont été invités à retirer toutes les photographies, les paroles, les couvertures d’album qui pouvaient, de près ou de loin, se rapporter à la star. Selon les déclarations d’un des sites de fans incriminés, les mandataires au service de Prince auraient été jusqu’à demander que soit enlevées des photographies de tatouages le représentant. Ces sites sont également accusés d’affirmer à tort d’être représentatifs de millions de fans.

    Princefams, Housequake et Prince.org ont réagi la semaine passée en s’alliant sous le nom de Prince Fans United pour défendre leurs droits. De son côté, la star furtive a donné son point de vue sur ce litige en proposant un morceau inédit sur son site officiel. Dans PFUnk, Prince ironise, avec une voix étonnament haute, sur la situation. Le chanteur y déclare notamment:” La seule raison qui vous fait dire mon nom / c’est pour avoir vos 15 secondes de gloire / Personne ne sait vraiment ce que vous faites / Je me fiche de ce que les gens vont dire / Je laisserai pas ça gâcher ma journée / Le meilleur remède à un panier plein de mensonges / C’est le funk”. Puis plus tard, “Je vous aime tous, ne revenez plus me causer des problèmes”

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    Folk: Okkervil River en tournée

    okketchupriver PHOTO: Travis Nelsen

    Tournée européenne d’une des références majeures de la scène indie américaine

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    Afro Beat: The Souljazz Orchestra en tournée

    Les Canadiens du Souljazz Orchestra débarquent en France pour distiller leur afro beat hautement énergétique

    Le Souljazz Orchestra perpétue une tradition d’afro beat énergétique, dans le droite ligne des Fela Kuti, Tony Allen ou Orlando Julius. Toutefois, en ouvrant leur style à d’autres inspirations musicales, telles que le boogaloo, la soul ou le jazz, ce groupe canadien propose un funk original qui leur a déjà valu de tourner avec des musiciens tels que Femi Kuti, Sharon Jones ou Etta James. Leur titre Mista President a notamment été classé dans les 10 meilleurs morceaux de l’année par les auditeurs du show de Gilles Peterson. Avec ses cuivres enflammés et son groove polyrythmique, le Souljazz Orchestra distille un savant mélange qui va enthousiasmer les amateurs d’afro beat les plus exigeants. En écoute, Freedom No Go Die, extrait de l’album éponyme sorti l’an passé.

    EN ECOUTE

    Freedom No Go Die , “Freedom No Go Die” (SOCAN/BMI)

    SITE

    Site du groupe

    CONCERT

    23/11 Jam/Montpellier
    24/11 Poste a Gallene/Marseille
    27/11 Batofar/Paris
    28/11 Havana Café/Toulouse
    29/11 Jam/Nantes
    30/11 Radio Nova Live/Belleviloise/Paris

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    Soul: Asa, comme un cri d’espoir

    PHOTO: Benoit Peverelli

    Bien qu’elle soit née à Paris, Asa (prononcé Asha) a passé la majeure partie de sa vie à Lagos City, la chaotique capitale nigériane, avant de revenir en France. En se nourrissant aussi bien des standards de la soul, du reggae, du r’n'b ou des musiques traditionnelles, Asa a su forger son style original. Elle apporte notamment un soin particulier aux mélodies et ses textes, en anglais ou en yoruba, expriment les choses simples de la vie avec une candeur insidieuse, un peu d’ironie et beaucoup d’esprit.

    Avec Fire On The Mountain, extrait de son premier album, elle dresse un constat ironique sur la passivité occidentale face aux malheurs qui frappent le continent Africain. «Je veux que ma musique touche les gens. En tant qu’africaine, je veux redonner espoir aux miens, mais aussi plaider en leur nom. Je veux montrer à la face du monde que quelque chose de beau et de positif peut venir du continent noir et inspirer les jeunes du monde entier.». Un message volontariste, porté par une voix exceptionnelle, à découvrir prochainement sur scène.

    SITES

    CONCERTS

    23/10 Virgin Megastore/Bordeaux 18:00
    27/10 Docks des Suds/Marseille
    05/11 La Boule Noire/Paris
    06/11 La Boule Noire/Paris

    VIDEO:

    • Fire On The Mountain

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    Expériences: Redonner du souffle au gramophone

    Un projet artistique redonne une seconde vie à de vieux morceaux tombés dans le domaine public

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    The Heavy: Vaudou Rock

    the heavy PHOTO: Joshua Bradley

    Avec leur premier single sorti en juillet dernier, The Heavy affichait d’emblée une prédilection affirmée pour exhumer les sons du passé. Soul, R’n'B, blues ou rock psychédélique sont convoquer pour façonner des incantations à la fois mélancoliques et puissantes.

    Avec sa voix haute et doucement envoûtante, le chanteur Swaby délivre une soul habitée qui, à l’instar de That Kind of Man, réveille immanquablement quelques spectres. Une version cyclique et enivrante de Freedie’s dead de Curtis Mayfield, dont les résonances lointaines semblent distordre le temps au point de réveiller les morts.

    Leur premier album “Great Vengeance & Furious Fire” sort le 23 octobre

    VIDEO: That Kind of Man, “Great Vengeance & Furious Fire” (Ninja Tune/Ping Pong)

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    Arts plastiques ou Musique: Je me tate…

    tatetrack

    Dans le cadre du projet Tate Tracks, des groupes sont invités à mettre en musique certaines oeuvres de la Tate Modern.

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    Jazz: Quand Sun Ra jouait à Batman

    batman

    Un projet obscur de Sun Ra refait surface grâce à Internet et la radio WFMU

    En 1966, un fabricant de jouet de Newark, dans le New Jersey, enregistrait un disque pour enfants inspiré par la série à succès Batman et Robin. Le groupe s’appellait The Sensational Guitars of Dan and Dale et il aura fallu quelques années avant de découvrir la véritable identité des musiciens. En réalité, derrière ce sobriquet se cache la réunion exceptionnelle de Sun Ra et son Arkestra, ainsi que des membres du groupe de rock psychédélique The Blues Project.

    Afin de réduire les frais de production au minimum, toutes les chansons sont basées sur des morceaux qui étaient déjà dans le domaine public. On y trouve notamment des thèmes empruntés à Chopin ou à Tchaikovsky. Tout l’album est instrumental excepté le Batman Theme et le superbe Robin’s Theme, dont l’interprète non crédité pourrait être June Tyson.

    DOWNLOAD

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    Grime: Lethal Bizzle chez les indies

    lethal bizzle

    Avec son excellent Back To The Bizznizz sorti récemment, le rapper londonien Lethal Bizzle se singularisait par une étonnante collaboration avec les Babyshambles sur le titre “Boy”. Après une tournée aux côtés Jack Penate, l’enregistrement du morceau ‘Staring At The Rudeboys’ avec le groupe punk rock The Gallows et des projets avec The Enemy, Lethal Bizzle consolide son statut de rapper le plus indie de la scène hip-hop britannique.

    Une posture symbiotique confirmée dans le clip vintage “Police On My Back”, construit autour d’un sample du morceau éponyme des Clash. Bien qu’il y conte sa mésaventure lors d’un vol de voiture, le rapper se dissocie ironiquement des poncifs collant traditionellement à la scène grime: ampli Marshall, guitares élimées, bruits de disto et complets sixties.

    Ici ce sont même les rockers qui se font malmenés par des policiers malveillants, laissant du même coup Lethal quelque peu désarçonné au milieu de cet environnement de reliques indie.

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    Anthony Joseph: Lâché de lion à la Villette

    Anthony Joseph

    PHOTOS: JOEL VACHERON

    Le poète Anthony Joseph et son Spasm Band viennent proposer leur free jazz insulaire dans le cadre du Festival de la Villette.

    10 invitations à gagner pour ce décollage assuré

    Dès son arrivée en Angleterre, au début des années 90, Anthony Joseph se distingue tout d’abord au sein de la scène “black rock” londonienne. Toutefois, c’est dans les circuits de la scène spoken word que le jeune poète, originaire de Trindidad, a progressivement pu affiner sa vision artistique syncrétique et originale. À ce titre, les circonstances qui ont concouru à la production de son premier album sont assez singulières. En effet, le groupe qui l’accompagne, The Spasm Band, est initialement conçu comme une figure narrative idéale, présente dans l’univers littéraire de son dernier ouvrage intitulé “The African origins of UFO’s”. Anthony Joseph y postule que les ovnis seraient en fait habités par des descendants d’Africains à la recherche de la terre de leurs ancêtres. Dans ce roman poétique, The Spasm Band constituerait une sorte de projet musical utopique qui regrouperait des rythmes séculaires, hérités des chants baptistes de son enfance, avec les visions extraterrestres de Sun Ra, les grooves entêtants de Fela Kuti, les envolées d’Albert Ayler ou la poésie de Gil Scot Heron.

    Fidèle à sa conviction que “l’univers finit toujours par assembler de manière harmonieuse les choses qui doivent être réunies”, Anthony Joseph n’a pas eu trop à forcer le destin pour matérialiser ce fantasme de “jazz insulaire sauvage”. Sans véritable planification, l’esprit du Spasm Band s’est progressivement concrétisé sous la forme de ce quintette retrofuturiste propulsé au jazz, au funk et une relecture transgressive des musiques religieuses de Trinidad. En patois caribéen, Leggo de Lion signifie littéralement “lâcher le lion”. Un titre bien trouvé pour leur premier album, tant il semble évident que le groove irrésistible du Spasm Band et le charisme d’Anthony Joseph possèdent une véhémence féline. En s’inspirant des échos du passé, tout en présumant des rythmes à venir, l’incarnation tangible d’Anthony Joseph & The Spasm Band nous embarque dans une odyssée musicale aux rencontres et aux résonances fantastiques.

    Article déjà paru dans Vibrations magazine

    SITES

    ALBUM

    CONCERTS

    07/09 Anthony Joseph & The Spasm Band + Tikiman (Paul St-Hillaire) & invités.
    Point Ephémère, 190-206, quai de Valmy, Jazz à la Villette Paris, 22h
    Info et réservations

    10/10 Anthony Joseph & The Spasm Band, Nancy Jazz Pulsations, au Hublot

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    Jazz: Youngblood Brass Band, rafales de vent en prévision

    YBB

    La tornade Youngblood Brass Band va souffler sur la Suisse et la France dès la fin du mois. Une bonne occasion pour (re)découvrir un brass band réputé pour ses concerts enfiévrés.

    Composée quasi exclusivement de cuivres et de percussions, le Youngblood Brass Band est une “fanfare” qui s’inspire du jazz de la nouvelle Orléans pour proposer une fusion particulièrement originale oscillant entre experimentation, hip hop, spoken word et funk. Le premier album des YBB, sorti en 2000, intégrait des rappeurs tels que Talib Kweli, Mike Ladd, DJ Skooly, ou encore le chanteur Ike Willis. Une approche originale qui permis au groupe d’être repéré par le label new-yorkais Ozone Music. Une collaboration qui débouchera sur le l’album remarquable Center:Level:Roar. Portés par des lignes de sousaphone sourdes et profondes, des morceaux tels que “The Movement” ou “Brooklyn” sont des hymnes d’une puissance vivifiante contagieuse. De retour sur leur propre label avec Is That a Riot?, le YBB n’a rien perdu de sa fougue. Grâce à cet équilibre entre expérimentations et émulations festives, le YBB se distingue par ses concerts explosifs.

    Le groupe est également actif dans la vie culturelle de Madison, leur ville d’origine, grâce à leur association Layered Arts Collective. Outre le lancement de leur propre label et d’une maison d’édition de partitions musicales, ils dispensent également des cours et des workshops relatifs à l’histoire du jazz. Un cocktail original qu’il sera possible d’apprécier prochainement en concert grâce à leur tournée en France et en Suisse. Quatre places à gagner pour la soirée du 29/9 au Festival Marsatac de Marseille, où le YBB partagera notamment l’affiche avec Mos Def, Rakim, le Cinematic Orchestra, Le Peuple de l’Herbe, TY, Herbaliser, etc.

    CONCERTS

    28/09 Caves du Manoir/Martigny

    29/09 Marsatac/Marseille

    02/10 Maison de Folies/Lille

    03/10 Le Chabade/Angers

    04/10 Le Fuzz’yon/La Roche Sur Yon

    05/10 Salle Daniel Fery/Nanterre

    06/10 La Cartonnerie/Reims

    07/10 Festival Musique de Rue/Besançon

    CONCOURS

    Pour gagner des invitations pour le festival Marsatac à Marseille, envoyez-nous un mail avec vos nom, prénom et adresse postale à concours@vibrations.ch. 4 invitations pour la soirée du 29/09 au Festival Marsatac, (Merci de rappeler “Marsatac 29″ dans l’intitulé du message).

    En plus, nous offrons également 4 invitations pour la soirée du 28/9 au Festival Marsatac qui propose un line up composé de The Divine Comedy, Nathan Fake, GusGus, The Dead 60’s, Modeselektor, Young Gods, etc. Envoyez-nous un mail avec vos nom, prénom et adresse postale à concours@vibrations.ch. (Merci de rappeler “Marsatac 28″ dans l’intitulé du message).

    Les gagnants seront avertis par email.

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    Grime: Wiley, la récréation est terminée

    wiley

    PHOTO: PER CREPIN

    Le MC et producteur londonien Wiley est considéré, à juste titre, comme l’un des pères fondateurs de la scène grime. Toutefois, avec son dernier album “The Recreation is Over”, Wiley annonce qu’il se retire du jeu

    En 2003, Wiley, ancien membre de Pay as U Go, et grand frère du Roll Deep Entourage, sort le morceau emblématique “Wot do u call it?”. Un titre interrogateur à travers lequel il se moquait des dj’s, journalistes et autres commentateurs qui cherchaient absolument à donner un nom au dernier courant qui secouait la scène underground londonienne. Entre substep, sublow ou eski, c’est finalement l’appellation grime qui s’était imposée pour définir cette mutation dark de breakbeat et drum’n’bass, essentiellement produites par des MC’s. Reflets des nuisances sonores de l’environnement urbain, sonneries de natel, bruits de playstation, klaxons et sirènes juxtaposées pour composer des univers low-tech dissonant et menaçant. À cette époque Wiley, alors âgé d’à peine 24 ans, était déjà considéré comme un vétéran au milieu de tous ses collégiens. Une année plus tard, son premier album, l’excellent “Treddin On Thin Ice” (XL Recordings) allait s’imposer comme une référence incontournable.

    Aujourd’hui, alors même que le grime est retourné dans l’underground, Wiley reste plus que jamais une figure majeure. Son second album “Playtime Is Over” (Big Dada) prouve une nouvelle fois tout le talent du MC dissident. Pour l’occasion, à l’aide de sons bruts et d’un flow saccadé caractéristique, il est revenu au style initial du courant. Ceci pour la dernière fois. En effet, “la récréation est terminée!”, scande Wiley dans un titre éponyme. Même s’il compte continuer à faire des productions et à s’occuper de son label Eskibeat, Wiley affirme qu’il n’officiera plus en tant que MC. Une décision qui n’est pas totalement surprenante dans une scène qui s’est autojugulée et ne cesse de se rajeunir. Face à ce renouvellement perpétuel, et ces duels fratricides, on comprend que Wiley, même pas trentenaire, se sente vieillir précocement. Il quitte la scène avec l’honneur d’avoir influencé plusieurs générations de MC’s, dont un certain Dizzee Rascal.

    SITE

    CONCERT

    ALBUM

    • “Playtime Is Over” (Big Dada)

    VIDEO

    • “50/50″

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    Live: Les Caraïbes via Notting Hill

    notting hill 2006 Notting Hill, 2006

    Le weekend prochain, comme chaque année depuis 1965, Londres va vibrer à l’heure caribéenne à l’occasion du traditionnel carnaval de Notting Hill.

    Dimanche et lundi prochain, tandis que les écoles de danse défilent, tout ce que la ville compte de steel band, de brass brand, et autres sound systems monumentaux vont s’ameuter pendant deux jours pour faire vibrer les bâtiments de l’ouest de Londres. Un spectacle bigarré et chaloupant radicalement dépaysant!

    Du calypso au dubstep en passant par le funk, la soca, la drum’n'bass ou le reggae, près d’une cinquantaine de sound systems vont rivaliser de puissance sonique et d’originalité pour faire danser le million de personnes attendu. Une fréquentation exceptionnelle qui impose depuis longtemps le carnaval de Notting Hill comme l’une des plus importantes manifestations de rue en Europe. On est bien loin des émeutes de 1976, qui ont longtemps servi à stigmatiser l’événement. Plus que jamais, et pour autant qu’on ne soit pas trop agoraphobe, le carnaval de Notting Hill est un pélerinage qui s’effectue généralement en famille. Bien que la manifestation officielle se termine en début de soirée, la fête est loin d’être terminée. Un éventail impressionnant d’after-parties permetteront de satisfaire tous les appétits musicaux. À ce titre, il est conseillé de s’organiser un minimum pour éviter certaines déconvenues à l’entrée des clubs.

    Une manière également de raviver l’identité d’un quartier qui, après-guerre, était l’un des principaux points de chute des migrants en provenance des Caraïbes. Une page d’histoire définitivement revisée suite, notamment, aux vagues de spéculation immobilière abusives qui ont suivi un fameux coup de foudre cinématographique.

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    Jazz: Mort de Max Roach

    max roach

    Le batteur Max Roach est mort dans son sommeil mercredi à New York, à l’âge de 83 ans. Compositeur et improvisateur hors pair, il lègue une oeuvre monumentale, caractérisée par des remises en question continuelles et une volonté affirmée d’ouvrir constamment de nouvelles voies.

    Max Roach est encore adolescent lorsqu’il débute au côté de Charlie Parker et Duke Ellington dans les bouges de Harlem. En peu de temps, il parvient à imposer son talent et les plus grands jazzmen de l’époque connaissaient son nom avant même qu’il ait fini sa scolarité. Il devînt ainsi l’une des figures pionnières d’un jazz sophistiqué et affranchi qu’on appellera le be-bop. Durant les années 40, il est une figure incontournable de la 52nd Street et on le retrouve également aux côtés de Miles Davis dans les sessions d’enregistrement de “Birth of Cool” en 1949 et 1950.

    En 1954, il entame une collaboration mémorable avec Clifford Brown qui marque le point d’origine du hard bop. Le quintette est brutalement disloqué suite à la disparition accidentelle du trompettiste deux ans plus tard. Un choc énorme que Max Roach met plusieurs années à surmonter. Il y parvient notamment grâce au soutien de son épouse de l’époque, la chanteuse Abbey Lincoln.

    Il milita aux côtés de Martin Luther King ou de Malcolm X et son oeuvre est indissociable de son engagement politique pour les droits civiques. En 1952 1960, il enregistre “We Insist! Freedom Now Suite”, déclarant dans le même temps qu’il ne jouerait plus jamais quoi que ce soit qui ne recouvre pas une signification socio-politique. Il sera encore impliqué dans l’émergence du free jazz et plus tard dans divers types d’expérimentations, notamment avec des disc jockeys ou des artistes vidéos.

    Au début des années 70, il entama une carrière d’enseignant et devînt l’un des premiers jazzmen à être nommé Professeur dans une université. En 1988, il est honoré de la prestigieuse distinction de la MacArthur Fondation. Revenant sur sa carrière avant-gardiste, il déclarait en 1990 au New York Times: “Il n’est pas possible d’écrire deux fois le même livre, malgré le fait que j’ai été impliqué dans de nombreux tournants historiques, je ne peux pas retourner en arrière. Même si je traverse des crises artistiques, celles-ci rendent ma vie intéressante“.

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    funk: Sly & The Family Stone, l’esprit de famille

    PHOTOS: 2007 © Lionel Flusin - Montreux Jazz Festival Foundation

    Vendredi passé, la légende du funk faisait au Montreux Jazz Festival une apparition devant une foule partagée: révérence pour les uns, gêne pour les autres

    Il est déjà 1h15 du matin et une indéniable tension se dégage, au Montreux Jazz Festival, de l’auditorium Stravinsky, dans l’attente de voir enfin apparaître Sly Stone & The Family Stone. Ceci d’autant plus que les rumeurs allaient bon train. Le jour précédent, lors d’un concert à Rome, le spectre funky ne s’était acquitté que d’une seule chanson.

    Soudain, Claude Nobs, grand prêtre du festival, surgit sur scène tel un messie excité et s’exclame “c’est un rêve qui devient réalité”. Les membres du groupe débarquent sur scène et entament un “Dance To The Music”, distillant d’emblée le pouvoir libérateur d’un groove hybride et familial qui a su rester implacable à travers les décennies. Même si la trompettiste Cynthia Robinson est la seule rescapée de la formation originale, l’attitude canaille et l’esprit visionnaire des 70’s soufflent pour un temps dans l’auditorium.

    La famille continue à chauffer la salle en enchaînant sur “Everyday People” et “Somebody’s Watching You”, puis s’arrête. De manière emblématique, Sly Stone sort de sa longue réclusion en entamant “Stand” a cappella. Sa voix rocailleuse et chevrotante se déroule telle une sourde incantation, un écho lointain de sa période incandescente.

    En archéologie, lorsqu’on découvre des trésors enfouis depuis des lustres, peu importe si ces objets ont perdu leur éclat initial. Témoignages, plus ou moins bien conservés, de la splendeur d’une époque, ces reliques restent néanmoins admirables. C’est un peu l’impression qui subsiste lorsqu’on a été confronté à ce dieu du groove quasi momifié. En dévoilant les signes patents de sa décrépitude, Sly Stone offre une tournée d’adieux qui va bouleverser ses admirateurs et profondément embarrasser les autres.

    SITES

    CONCERTS

    • 19/7: Nice, Nice Jazz Festival
    • 23/7: Paris, Olympia (avec Martha High et les Shaolin Temple Defenders)
    • 27/7: San Sebastian, Square Trinidad

    SUR VIBRATIONSMUSIC.COM

    • News: Sly Stone sort de son mutisme, rencontre avec Vanity Fair

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    punk: The Slits, une brèche toujours d’actualité

    PHOTO: JOEL VACHERON, The Slits, Denmark St., Londres, avril 2007

    Figure du proue de la scène punk des années 70, le groupe féminin s’est reformé récemment autour de deux membres originaux, la bassiste Tessa Pollitt et Ari Up. Rencontre avec la chanteuse au dreadlocks, accompagnée par deux nouvelles recrues, avant leur tournée française

    Comment avez-vous occupé votre temps depuis la séparation du groupe en 1981?
    Ari Up: En ce qui me concerne, je désirais avant tout quitter Londres et l’Europe pour retrouver un style de vie véritablement tribal. Avec les Slits, nous vivions vraiment comme une tribu et je pense, de manière générale, que cet état d’esprit s’est largement perdu tout au long des années 90. Dans un premier temps, je suis partie vivre au Belize, puis dans la jungle de Bornéo. Actuellement, je vis entre la Jamaïque et New York.
    Trente ans après le début des Slits, comment parvenez-vous à conserver l’énergie punk des débuts?
    Anna Schulte: Même s’il n’est généralement pas présenté comme tel, The Slits a toujours été un groupe à géométrie variable. Du même coup, il ne s’agit pas uniquement d’un comeback, à travers lequel on rejouerait simplement les anciens morceaux, mais il s’agit plutôt de continuer dans le même esprit en produisant de nouvelles compositions.
    Ari Up: Les Slits, c’est une révolution qui doit être continuée.
    Vous sentez-vous partie prenante du revival punk rock qui secoue l’Angleterre en ce moment?
    Nadiya: Je pense que nous n’avons rien à voir avec ce revival qui est, en grande partie, essentiellement esthétique. Loin des codes vestimentaires uniformisés et des clichés en tous genres, on essaie de privilégier une approche véritablement créative.
    Ari Up: Notre public est très hétéroclite et recouvre plusieurs générations. Il ne s’agit pas nécessairement d’amateurs de punk rock. De plus, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, l’accueil qu’on nous a réservé en Angleterre est beaucoup moins chaleureux qu’en Australie, aux États-Unis ou au Japon. Ici, du côté de l’industrie et des médias, on ne reconnaît pas vraiment notre contribution. Je pense qu’on devrait directement miser sur Hollywood!

    DISQUE

    • The Slits, Revenge Of The Killer Slits (maxi single) (S.A.F.)

    SITE

    A VOIR

    Aujourd’hui: un live donné pour Fox Rox en 2006, “Kill Em With Love”, tiré du maxi single Revenge Of The Killer Slits.

    Hier: les Slits se reformaient déjà, pour “Earthbeat”, single paru sur l’album de 1981 Return Of The Giant Slits.

    CONCERTS

    • 24/4: Brest, La Carène
    • 25/4: Nantes, L’Olympic
    • 26/4: Paris, La Maroquinerie
    • 27/4: Tourcoing, Le Grand Mixe

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