Auteur Vibrations

Now-Again, les rythmes de l’Atlantique noire


Egon met à profit son art de l’archéologie pour ressortir quelques vestiges de son environnement direct. Dans la lignée du label homonyme lancé en 2004 avec Peanut Butter Wolf, “Soul Cal: Funky Disco and Modern Soul, 1971-1982″ présente une anthologie de groupes californiens, généralement obscurs comme Anubis.

Comme Now-Again en a désormais l’habitude, la compilation est accompagnée de note de pochettes remplie d’informations pertinentes sur le contexte les ramifications de la scène californienne 70’s. Un avant-goût est accessible grâce à ce podcast exclusif réalisé pour Radio Nova.

Dans le même temps, Egon n’oublie pas son penchant pour les contrées plus exotiques en rééditant le catalogue complet de WITCH. Un box de cinq albums et une poignées de singles qui permettent de pérenniser l’oeuvre étonnante des précurseurs et légendes du zamrock. Une fois de plus, un livret permet de mieux comprendre le contexte dans lequel une poignée de musiciens sont parvenus à développer cette fusion étonnante de funk et de psychédélisme tout au long des années 70.

On y retrouve notamment une interview du guitariste “Jagari” Chanda qui offre un éclairage très instructif sur les transformations qui ont frappé le pays au moment de l’indépendance. En particulier par rapport à l’influence occidentales dans les diverses formes d’instrumentations traditionnelles.

Miguel Atwood-Ferguson, en attendant la suite


Photos: Joël Vacheron

Build an Ark est un projet initié il y a une dizaine d’années par Miguel Atwood-Ferguson et Carlos Niño. Si le barbu s’est déjà fait connaître en Europe grâce à son imposante discographie, et ses programmes radios, la carrière de Miguel Atwood-Ferguson reste encore relativement discrète. Pourtant, à bien des égards, ses diverses collaborations incarnent parfaitement les aspirations cosmiques qui émaillent de nombreuses productions west coast à l’heure actuelle.

Entre deux prises dans le studio improvisé de son appartement de Silver Lake, Miguel Atwood-Ferguson revient de manière laconique le fait qu’il a toujours été impliqué dans le hip-hop et le funk, tout en suivant un cursus rigoureux en musique classique. “Tout cela s’est imposé très naturellement. C’est certainement dû au fait que je suis à moitié blanc et à moitié noir”. Il ne fait aucun doute qu’il serait un prétendant sérieux pour interprêter le rôle de Joe Grant s’il devait y avoir un remake hollywoodien de “J’irais cracher sur vos tombes”.

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Le Confort Moderne, Poitiers rocks!


En 1983, Glen Branca débarquait à Poitiers accompagné d’un jeune groupe, largement inconnu, qu’il avait signé sur son label Natural Records. Ce concert au Confort Moderne fera date, puisqu’il s’agit de la toute première performance des Sonic Youth en Europe. Près de trente années ont passé, mais les programmateurs du lieu n’ont pas oublié cette filiation avec la scène no wave new-yorkaise. C’est ce que laissait entendre la soirée de vernissage de l’exposition “Le Confort Moderne”, jumelée pour l’occasion avec le festival “Less Playboy is More Cowboy”.

Le but de l’exposition “Le Confort Moderne”, proposée par Yann Chevalier et le commissaire associé Mathieu Copeland, vise précisément à révéler les nombreux points convergence, esthétiques, historiques et même physiques, que le centre d’art a toujours entretenu entre les cultures musicales et l’art contemporain. Le réagencement du studio d’enregistrement de Sympathy for the Devil avec des toiles de Claude Ruthault aux peintures d’Alan Vega ou les bande-sons d’Ikue Mori et d’Alan Licht pour les films de Mai-Thu Perret et Philippe Decrauzat, “Le Confort Moderne” est une exposition entièrement traversée par les rythmes de cette dualité.


Lors du vernissage, plusieurs lieux ont était investis tout au long de la soirée pour appuyer un peu plus la dimension contextuelle des concerts. Comme il se doit, Susan Stenger et F.M. Einheit ont entamé leur dialogue dans le garage, histoire de permettre à l’ancien membre des Einstürzende Neubauten de laisser libre cours à son art consommé de la destruction. Dans une envolée, soudaine et saisissante, les briques éclatent à coup de riffs percutants. Passée la fureur, la suite se présente sous des auspices plus bucoliques grâce aux magnifiques ballades de Laetitia Sadier. Des mathématiques cryptiques aux coups de coeur, elle nous invite à longer sa paisible rivière pour un moment de volupté, à l’heure où le soleil tend à décliner.

Borsalino et costard noir, c’est au tour de Rhys Chatam de venir empiler des couches sur une scène composée de deux oeuvres de l’artiste Olivier Mosset. Jouant sur les effets de démultiplications, Chatam entame un dialogue imaginaire, voire même quelquefois burlesque, avec les entités spectrales qui composent son répertoire. Plus tard, dans la cour, Nico Vascellari et John Duncan donnent une dimension encore plus littérale en jouant littéralement, à coups de massue, une sculpture imposante de l’artiste italien. Une introduction fracassante aux autres coups de boutoir que Martin Rev, dans une forme spectrale, assène sur son clavier. À l’instar des superhéros marveliens qui ornent son t-shirt, il déstructure ses beats techno comme s’il était animé par quelques pouvoirs.

La soirée se termine dans le bar avec un set survolté de James Chance qui, grâce à une sélection de r’n'b precussif et quelques rasades de Baileys, va électrifier la fin de soirée. Agrippant son sax ou plaçant sa voix, il diffuse un peu de sa folie jusqu’à tard dans la nuit. Même Rhys Chatham, qui n’a pas fini d’en découdre avec le dancefloor, vient le rejoindre à la trompette. Moment anthologique, un brin irréel, qui restera sans aucun doute dans toutes les mémoires du public nombreux présent lors de de cette journée hors-normes… et gratuite! Aucun doute, Poitiers rocks!


Einstein on the Beach


Le 25 juillet 1976, lors du Festival d’Avignon, Philip Glass, Robert Wilson et Lucinda Childs créaient la sensation à l’issue de la première de leur opéra Einstein on the Beach. Une fable surréaliste en 4 actes qui prend place dans une succession de décors librement inspirés par la vie du savant et l’univers de Wall Street.

Les créateurs eux-mêmes s’offraient le luxe de la surprise. La longueur de la pièce était telle, environ 4 heures 30, qu’ils n’avaient pas eu l’occasion de la voir sans interruption avant cette première représentation. Les ballets mécaniques de Lucinda Childs, les scansions rythmiques de Christopher Knowles, les musiques sérielles de Glass, le spectacle rompait avec les canons traditionnels de l’opéra grâce à un enchevêtrement d’expressions. Une véritable fission esthétique qui devait permettre aux spectateurs de vivre une expérience hors normes.

À cette époque, leurs productions étaient encore largement cantonnées aux réseaux de la scène downtown new-yorkaise et cet évènement allait leur offrir une visibilité internationale en imposant un jalon décisif en matière de spectacles vivants. Les trois septuagénaires n’ont jamais cessé d’être portés par la marée qu’ils avaient provoquée et, trente-six ans plus tard, ils ont décidé de se retrouver pour remettre à flot, une dernière fois, cet immense vaisseau.

Au complet, l’équipage est composé de près de 150 personnes et il faut compter des mois de répétitions pour parvenir à sertir le flot minutieux de compositions et de chorégraphies qui se greffent dans une succession de décors monumentaux. Après une première série de représentations à Ann Arbor et à Montpellier, “Einstein” faisait une escale au Barbican à Londres dans le cadre d’une tournée de sept dates.

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Fatima, Blue Suede Shoes


De Floating Points à Dâm-Funk, en passant par Shafiq Husayn et ses projets solos, la chanteuse Fatima a placé sa voix nusoul sur de nombreux projets. Petit entretien avec une Suédoise qui n’a pas eu besoin de beaucoup de temps pour prendre l’accent cockney.

La plupart de EP “Follow You” a été enregistré dans votre chambre, pouvez-vous nous en dire un peu plus à propos de votre univers ?

Fatima: Je vis dans l’est de Londres. D’abord à Hackney pendant quelque temps et, à l’heure actuelle, je suis basée à Mile End. En effet, j’enregistre dans ma chambre ou dans mon salon. Qu’est-ce que je peux ajouter à ce sujet… pas grand-chose d’incroyable. Il ne s’agit pas d’un très grand studio, mon matériel est assez élémentaire. En fait, la plupart de “Follow You” a été enregistré dans le home studio de Sam Shepherd (aka Floating Points). Il possède des claviers de malade, quelque 808 et une bonne table de mixage. Si je l’avais voulu, j’aurais pu passer par un studio professionnel, mais je me suis très vite aperçu que ça allait sonner plus juste sans cela. On peut être facilement inspiré lorsqu’on est chez soi, devant son ordinateur. C’est beaucoup plus pratique, car ça permet d’utiliser spontanément les bons outils en fonction de l’inspiration du moment. On a pas besoin d’attendre pendant des lustres avant d’entrer en studio.

À quel moment trouvez-vous l’inspiration ?

Disons que c’est difficile à dire, c’est quelque chose comme une lumière, un éclair (rires). C’est un peu comme une idée subite, on ne sait jamais vraiment d’où ça provient. Ça peut surgir à l’écoute d’un disque, d’une mélodie qui trotte dans la tête ou juste de rester dans le silence. Ça être déclenché par n’importe quoi, ça jaillit souvent de nulle part. Pour être honnête, j’aimerais beaucoup pouvoir trouver une réponse à cette question, mais je dois avouer que j’en suis incapable. C’est trop difficile de pointer du doigt ce qui provoque l’inspiration.

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Hiphop, il était une fois le gangsta rap


La lettre postée récemment sur le site du sérieux Waxpoetics aurait pu faire un excellent poisson d’avril. Malheureusement, il est un peu trop tard pour jouer l’effet d’un gag. À lire les éléments énoncés par un certain John Smith, on pencherait plutôt du côté des théories du complot ou d’un bel exercice d’écriture créative.

Les faits se déroulent début 1991, lorsque l’auteur anonyme, qui travaillait comme “decision maker” dans un gros label, était convié à une discussion très spéciale quant à l’avenir du hip-hop. À tel point que, selon lui, cette rencontre constitue le “plus grand tournant dans les musiques populaires et, en dernière instance, dans l’histoire américaine contemporaine”. Rien que ça.

Le thème, très simple, ne manque en effet pas d’intriguer. Pour faire court, les convives, officiant dans diverses maisons de disques influentes, apprenaient que leurs firmes avaient investi massivement dans des établissements pénitenciers privés. Du même coup, histoire de remplir un peu les cellules et les caisses, ces faiseurs d’opinions auraient été invités à promouvoir des groupes faisant l’apologie des comportements criminels.

Les années qui suivirent, la violence, la drogue et la sexualité hypermachistes devenaient les thèmes de prédilection du gangsta rap, tout en encourageant les antagonismes et les stéréotypes raciaux. Il s’agit très certainement d’un hoax, mais les questions abordées sont suffisamment intriguantes pour alimenter des discussions enflammées. Quoi qu’il en soit, Hollywood possède une scenario parfait pour un futur long métrage agrémenté d’une méchante BO.

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Kenneth Goldsmith, la berlue d’un hurluberlu


Photo: Joel Vacheron

Réalisé sans aucun budget, en solitaire, UbuWeb est exemplaire des énormes potentialités d’Internet en matière d’agrégation et de mise à disposition de production artistique. A l’origine de ce projet Kenneth Goldsmith a suivi un leitmotiv sans équivoque: « Les droits d’auteurs?… On s’en fout ! ». A l’heure de la sortie de son ouvrage “Uncreative Writing“, il revient sur cette saga hors du commun.

Universitaire et poète à la verve truculente, amateur de bourbon et dandy au style impeccable, Kenneth Goldsmith est une belle expression de la prodigalité de New York pour fournir des personnalités hors-norme. Par-delà la finesse de ces vers, ce gentleman quinquagénaire est également le créateur du site légendaire UbuWeb. L’aventure débute en 1996, lorsqu’il décide de mettre en ligne quelques recueils de poésie concrète achetés au kilo dans des brocantes poussièreuses.

Goldsmith a toujours été un collectionneur acharné, notamment de vynils, et le site se transforme progressivement en archive colossale de documents sonores ou visuels introuvables sur Internet. Post après post, UbuWeb.com s’est profilé rapidement comme une référence unique en matière d’avant-gardes artistique. Après plus de 15 ans d’activités, le succès énorme rencontré par cette expérience vaguement déphasée permet de tirer un certain nombre d’enseignements.

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Yung Jake, une carrière à pop up


Il arrive quelquefois qu’un clip reflète à tel point une époque qu’il s’impose comme une sorte d’emblème, de point de ralliement incontournable pour évoquer l’esthétique d’une époque.

Les délires arty new yorkais de David Byrne dans Once in Lifetime, l’arte povera de Sledgehammer, le kitsch des films d’horreur de Thriller, les attitudes postpunks nihilistes de Smells Like Teen Spirit, les détournements de Sabotage, les amours posthumains millénaristes de All is full of Love ou les inventions ludique de Michel Gondry ou de OK Go, les exemples sont légion au point d’exclure toute forme d’exhaustivité.

Avec son projet e.m-bed.de/d/, il ne fait aucun doute que la californien Yung Jake a su crystalliser parfaitement les préoccupations des créateurs contemporains en regard des logiques abyssales offertes web 2.0. Pas nécessaire d’en dire plus, tant cette relecture géniale des obsessions propres au “seeding” parle d’elle-même… Ne craignez rien, cela ne va pas endommager votre ordinateur.


Compilation, Shangaan Express to Graceland


Après la vague d’intérêt provoquée notamment par la sortie de “Shangaan Electro: New Wave Dance Music From South Africa” (Honest Jon’s Records, 2010), ils sont nombreux à avoir plongé toujours plus profonds aux origines de ces rythmes frénétiques.

Télécharger: M.D. Shirinda and the Gaza Sisters, Ha Kune (1977)

À ce titre, Electric Jive apporte une pièce cruciale en exhumant cette compilation, “Nkulungwani Wa Nwalung Vol I” (1977), qui rassemble une brochette d’artistes actifs vers la moitié des années 70. Le terme Shangaan Disco n’était pas encore en usage, il s’agissait plutôt de Tsonga, mais on retrouve les même rythmes syncopés qui seront accélérés et amplifiés tout au long des années 80.

Télécharger: M.D. Shirinda and the Gaza Sisters, Pfuka N’wavolo (1977)

Cette compilation est d’autant plus importante que certains artistes ont également collaboré sur “Graceland” (1986) de Paul Simon ainsi que sur “Zulu Rock” (1984) de Lizzy Mercier Descloux. En particulier M.D. Shirinda et The Gaza Sisters, que l’on retrouve sur plusieurs titres de cette compilation, ont participé de manière plus ou moins directe à l’énorme phénomène world qui allait fleurir pendant les années 80.

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Chief Boima, tamtams et macadam


Emboîtant le pas à Sting, Shinehead et quelques autres, Chief Boima nous invite à découvrir son périple africain dans la Grande Pomme. Originaire de Sierra Leone, il fait partie de la nouvelle génération des passeurs et remixeurs des musiques africaines contemporaines.

Activiste, il n’hésite pas à se positionner sur la tendance des collectionneurs et des labels à aller piocher dans des zones toujours plus reculées d’Afrique pour assouvir notre soif de nouveautés. Dans son article intitulé “The Scramble for Vinyls“, il dresse une carte des différents pays visités par les nouveaux chercheurs de ce nouvel or noir, relevant au passage les parti-pris dans les styles musicaux recherchés.

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Busdriver, en attendant Zappa


Si la France aime Busdriver et que Busdriver aime la France, c’est en partie grâce à TTC qui l’avait invité à participer à la tournée “Dans Ton Club Tour” en 2004. C’est ce que laisse entrevoir la longue liste de concerts que le Californien va enchaîner durant le mois d’avril. Un minimarathon, mené à une cadence presque aussi rapide que son flow, qui suit la sortie de son 9e album.

Toujours autant curieux d’ouvrir de nouvelles voies, certains vont même jusqu’à lui décerner le titre convoité de “Frank Zappa du hip-hop“, “Beaus$Eros” offre un bon exemple de chaos contrôlé. Des discours politisés baignés dans des nappes d’eurotrance, de l’electropop 80’s assumées, rien ne semble limité les extrapolations de ce supergénérateur autoproclamé post-hip-hop. Au détours, on retrouve même quelques phrasés en français, évidemment.

  • 04.04.12 Roubaix, France / Cave Aux Poètes
  • 05.04.12 Brussels / Bar du Matin
  • 06.04.12 Creil / Grange à Musique
  • 07.04.12 Mulhouse / Festival Caméléon
  • 08.04.12 Namur / Le Caprice
  • 11.04.12 Paris / La Belleviloise
  • 12.04.12 Limoges / La Fourmi
  • 13.04.12 Annonay / La Presqu’ile
  • 14.04.12 Vogüé / L’Escargot
  • 16.04.12 Toulouse / Connexion Café
  • 17.04.12 Bordeaux / I Boat
  • 18.04.12 Tours / Temps Machine
  • 03.05.12 Geneve / Usine

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THEESatisfaction, ballades psychédéliques


Stasia Irons et Catherine Harris-White sont basées à Seattle, ce n’est donc pas un hasard si les ballades funky-nusoul de “awE naturalE” ont été signées chez Sub Pop. Leur premier album “officiel” après les quelques mixtapes produites depuis la formation de THEESatisfaction en 2008.

Leur style n’a pourtant rien en commun avec les riffs noisy qui ont participé à construire la légende du label et c’est plutôt du côté des sonorités hybrides et psychédéliques de l’afrofuturisme que le duo puise librement leur inspiration. “On a l’impression de faire partie de cette tradition, comme des extraterrestres, on fait partie de tout et de rien en même temps”, déclarait Cat à propos de cette filiation distante.

D’ailleurs, ce n’est pas un hasard non plus, si leur univers se présente un peu le pendant féministe de Shabazz Palaces. Un autre duo de Seattle, également signé chez Sub Pop, qui collabore régulièrement avec THEESatisfaction. Lazaro apparaît sur le single Enchantruss.

ALBUM

  • THEESatisfaction, “awE naturalE” (Sub Pop), sortie le 27.03.12

CONCERTS

  • 04.04.12 Stereolux / Nantes
  • 05.04.12 La Lune Des Pirates / Amiens
  • 06.04.12 Aeronef / Lille
  • 10.04.12 La Marquise / Lyon
  • 11.04.12 Chabada / Angers
  • 12.04.12 Temps Machine / Tours
  • 13.04.12 Confort Moderne / Poitiers

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Pete Rock, la poigne de james


Celui que J Dilla considérait comme une des ses plus grandes influences revient sur quelques moments de son parcours

Même si vous ne jouez pas nécessairement du reggae, la tradition jamaïcaine est très présente dans vos productions, en particulier à travers la ligne de basse.

Tout le monde sait que le reggae est à l’origine de tout. Kool Herc est jamaïcain et, en répétant certaines séquences d’un disque, c’est lui qui a popularisé l’usage des breaks qui sont à l’origine d’un nouveau mouvement dénommé hip-hop. À mon avis, c’est lui qui a posé la base à partir de laquelle tout à démarrer. Si on regarde mon parcours, il est évident que le reggae a toujours joué une place énorme. Il arrive souvent que les publics veuillent écouter uniquement du hip-hop ou de la soul, je joue donc des sets différents en fonction des lieux.

L’apprentissage occupe une place importante dans votre approche de la musique ?

Cela découle directement de mes parents qui ont toujours été intrigués par le rôle de l’éducation. La première fois que je me souviens avoir écouté de la musique, j’ai tout de suite aimé et quand le hip-hop a commencé j’ai directement voulu faire partie du mouvement. À l’âge de 7 ans, j’appréciais particulièrement écouter Bambaataa ou Mr Magic à la radio. C’était le genre de truc qui te fait penser: “waouh je veux savoir faire ça !”. J’ai rapidement compris que j’apprenais beaucoup plus facilement en regardant et en écoutant d’autres personnes. Il suffit de me dire ou de me montrer quelque chose une seule fois et, quand je vraiment dedans, il n’est plus nécessaire de me le répéter. C’est la méthode que j’ai adopté pour apprendre à utiliser mes équipements. Je jouais avec les boutons, demandais à quoi ils servaient… sans jamais ouvrir un manuel d’utilisateurs.

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Steve Goodman, organisation tripolaire


En marge du Red Bull Music Academy Weekender qui s’est déroulé durant tout le weekend à l’Exil de Zürich, Steve Goodman évoquait quelques unes des directions prises par Hyperdub.

Quelle est votre opinion sur l’évolution de ce qu’on a coutume de placer sous l’appellation générique Dubstep ?

C’est devenu très chaotique et fragmenté. Il y a un nombre toujours plus important de sous-genres et d’influences réciproques avec d’autres scènes. Dès le moment où le dubstep est devenu mainstream, tous les autres genres ont commencé à l’intégrer d’une manière ou d’une autre. C’est devenu une énorme confusion, de DJ’s et de labels, dans laquelle il est plutôt difficile de naviguer.

Votre nouveau website est devenu très fonctionnel pour diffuser les titres de votre catalogue, est-ce une étape nécessaire ?

De cette manière, il est possible d’avoir un peu plus d’indépendance en particulier pour tout ce qui touche à la distribution et à la vente. Désormais, nous pouvons mettre immédiatement un titre en vente et cela nous évite de passer à travers toutes ses étapes intermédiaires qui peuvent rendre le processus très compliqué. Le pressage, les problèmes de distribution, des magasins, etc. on peut contourner toutes ses questions si nécessaire, avancer beaucoup plus rapidement. C’est une manière de s’inscrire dans le prolongement de ce qui a déjà été entamé via les réseaux sociaux durant ces dernières années : communiquer directement avec les publics. Beaucoup de labels fonctionnent désormais de la même manière.

Quelles sont les prochaines sorties du label ?

L’album “Pretty Ugly” de Scratcha DVA va sortir la semaine prochaine, Il y a également un nouveau single de Fhloston Paradigm, le projet de King Britt inspiré par la science-fiction et les BO. Il y a également le premier 12” de Walton, un jeune producteur mancunien, et celui du producteur UK funky Ill Blu. Il va également y avoir un remix de Traxman, un producteur de footwork de Chicago et un nouvel album de Hype Williams et celui de Cooly G ne va pas tarder. Nous sommes actuellement en train de travailler avec des chanteurs sud-africains. Excepté Cooly G, tout cela est prévu pour le mois prochain. Plus tard dans l’année, il va également y avoir les albums de Terror Danjah et de Morgan Zarate. Nous avons décidé de sortir un album par mois pendant tout cette année. Nous cherchons à voir comment le public réagit quand il est continuellement stimulé.

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The Caretaker, la mémoire des lieux


Si les musiques sont des fantômes, les disques que James Kirby produits à travers The Caretaker sont des manoirs hantés. Lancé il y a quelques années avec “Memories from the Haunted Ballroom” (1999), l’impulsion initiale du projet s’inspirait plus précisément des résonances de la salle de bal de l’Overlook Hotel dans «Shining».

Kirby laissait transparaître la face ésotérique de vieilles rengaines des années 20 et 30 en les immergeant dans un bain de réverbérations brumeuses et en enchaînant des titres aux noms évasifs, comme autant d’analogons des radiographies de Wilhelm Röntgen.

Avec “Patience (After Sebald)”, ce sont les spectres de l’écrivain allemand W.G. Sebald qui sont invoqués. Invité par le réalisateur Grant Gee, à qui l’on doit le film Joy Division, Kirby continue de stimuler nos mémoires en accentuant les craquements et les grésillements à l’aide de boucles flottantes.

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Bodyguard, voyage en 2019


Illustration: Syd Mead et Ridley Scott, “Blade Runner Sketchbook

Toujours en mouvement, James Ferraro continue d’avancer sans se soucier de trop savoir s’il est possible de le suivre. Son dernier album “Far Side Virtual” ayant à peine été encensé , notamment meilleur album de l’année 2011 pour le magazine Wire, il décide de poser une nouvelle couche sur son parcours déjà passablement troublé.

Il a en effet annoncé qu’il allait dorénavant se concentrer principalement sur son nouveau groupe dénommé Bodyguard. À travers ce projet, il entend surtout donner une dimension live aux diverses expérimentations sonores entreprises durant ces dernières années. Au moment où Blade Runner fête son 30e anniversaire, il ne fait aucun doute que “Silica Gel” constituerait une nouvelle BO idéale pour évoquer les atmosphères excessives de Los Angeles.

Carl Graig, Detroit Forever


Photo: Nico Nicolino

De Shari Vari à Throbbing Gristle, Carl Graig revient sur les différentes influences qui ont participé à consolider son amour irrépressible pour Detroit et sa découverte des musiques expérimentales européennes.

Interview: Joël Vacheron

On connaît l’extraordinaire patrimoine musical et l’influence de Detroit sur les musiques électroniques. Pouvez-vous revenir sur l’influence de certains programmes de radio et de télévision ?

Aux États-Unis, vers la fin des années 50 et le début des années 60, les programmes centrés sur la danse connaissaient toujours plus de succès. La plupart se limitaient aux danses de salons, mais il existait également des programmes plus spécifiquement réalisés pour les adolescents. Il y avait notamment un show produit à Philadelphie qui avait beaucoup de succès, mais il s’agissait d’un programme destiné aux musiciens et au public blanc. Au début des années 70, Soul Train a apporté quelque chose de nouveau en s’adressant essentiellement aux jeunes Noirs. The Scene était en quelque sorte la version de Soul Train pour Detroit. C’était la période où mon grand frère était au lycée et tout le monde avait un look inspiré par Prince, faisait du roller skate, etc. Nous avions comme habitude d’enregistrer le programme sur des cassettes audio depuis le téléviseur et nous les rejouions durant toute la semaine. En ce qui concerne les programmes de radio, DJ Charles Johnson, plus connu sous le nom de The Electryfing Mojo, a eu un impact crucial. Tout d’abord grâce à ses sélections très éclectiques, mais également pour ses évocations de sujets liés à l’espace, à la conscience intersidérale ou à Star Wars. Son influence a été énorme ! Sous le nom de The Wizard, Jeff Mills proposait également un show. Cependant, il ne parlait pas à l’antenne, il faisait uniquement des scratchs très rapides.

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Poolside, sous les glaçons… la plage!


Histoire de nous faire un peu oublier les frimas, Filip Nikolic et Jeffrey Paradise proposent un programme de réchauffement climatique totalement écologique. Au programme, des mixtapes et quelques singles qui ravivent les spectres languissants du disco et des souvenirs de soirées tropicales moites. Le duo travaille actuellement sur un premier album qui devrait sortir chez Echo Park. D’ici là, ils collectionnent les instagrams d’un périple de jet-setters qui les emmènent de piscine à piscine.

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Blowfly, pervers pépère


Une série de rééditions et un documentaire permettent de revenir sur la trajectoire peu commune de Clarence Reid, chanteur et producteur légendaires de Miami. Tout au long des années 60 et 70, Reid était surtout connu pour avoir composé des titres pour des artistes tels Betty Wright (qu’il a découvert), Sam & Dave, Gwen McCrae ou KC & the Sunshine Band. Grâce aux succès de ces derniers, et à l’influence de TK records vers le milieu des années 70, beaucoup reconnaissant l’impact de Reid dans le “Miami Sound” et, un peu plus tard, l’émergence du disco.

Parallèlement à cette facette professionnelle, Reid s’était rapidement fait une réputation pour son art des pastiches grossiers. Initialement, son répertoire était réservés à des soirées privées, généralement organisées par des labels qui l’employaient. Ce public de profesionnels ne manquait pas d’apprécier le ton irrespectueux et la délicatesses de titres tels que “Shitting on the dock of the bay”, “Suck around the Clock” ou “The Incredible Fulk”.

Il aurait pu en rester là et simplement profiter de son talent pour soigner ses relations publiques dans l’industrie du disque. Mais le destin en a voulu autrement pour diverses raisons. Tout d’abord, Reid a connu les déboires de beaucoup de visionnaires flambeur de l’époque et, peu de temps avant le regain d’intérêt pour le funk et la soul, il avait revendu ses droits d’auteurs pour des sommes dérisoires.

Du même coup, Blowfly a progressivement pris le pas sur Clemence Reid, au point de devenir un projet de vie. Depuis 1969, année bissextile, le superman de la gaudriole a sorti près de 25 albums. Tous classés X. Aucun label ne voulant cautionner ses penchants scatologiques, Reid a été contraint de lancer Weird World et à même réussi à décrocher quelques jackpots. C’est le cas notamment de sa reprise de Rapper’s Delight qui atteindra la 26e position du billboard américain, catégorie black album.

A l’heure où ses contemporains barbotent dans leurs piscines en forme de Les Paul, Reid continue à parcourir le monde cahin-caha . Enroulé dans sa cape de super héros, il vante avec la même fougue son faible pour les turlutes et les chatons.

Dans son documentaire sorti en septembre dernier, Jonathan Furmanski dépeint l’univers baroque et pas toujours ragoûtant de ce Russ Meyer du r’n'b. En suivant Reid au quotidien et en rassemblant les témoignage de fans devenus illustres, de Jello Biaffra à Ice Cube, ce documentaire paye un tribut au clown dirty qui ne peut pas tirer sa révérence.

D’ailleurs, le sort de Blowfly n’est pas au pathétique qu’on pourrait l’imaginer et il connaît même un certain regain d’intérêt ces dernières années. Son rapatriement dans l’écurie Alternative Tentacles de Jello Biaffra y est pour beaucoup. A l’écoute de R. Kelly in Cambodia) on ne manque pas d’être étonné par son étonnante flexibilité en matière de registre musicaux. Dans le même temps, Weird World est sur le point de rééditer une grande partie de son catalogue.

Trailer, “The Weird World of Blowfly”, real. Jonathan Furmanski (2011)

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Listen Whitey!, l’année des panthères


À la fois musicien, journaliste et directeur artistique d’un label, Pat Thomas n’a cessé d’alimenter sa passion pour les musiques afro-américaines et les courants contre-culturels des années 60 et 70. Ces différentes occupations lui ont notamment valu d’interroger Allen Ginsberg ou de rééditer un belle brochette de classiques pour Water Records et 4Men with Beards.

Depuis quelques années, cet intérêt pour la musique et le militantisme s’est progressivement cristallisé dans l’histoire du Black Panthers Party. Après cinq années de recherche, et une relation particulière avec quelques membres historiques du mouvement, il a réussi à amasser une collection unique d’enregistrements dévolus à la cause révolutionnaire.

Sur la base de ce matériel, qui va de l’obscur discours aux grands noms, Thomas tente de formuler une cartographie de l’influence et des liens musicaux durant cette époque mouvementée. Ceci en agrémentant son propos à l’aide de nombreuses photographies inédites et de reproductions de pochettes.

Marlena Shaw, Woman Of The Ghetto (live au Montreux Jazz Festival, 1973)

Bien entendu, cette recherche est accompagnée d’une bande-son. “Listen, Whitey! The Sounds of Black Power 1967-1974″ est produite par Light in the Attic qui l’envisage d’ores et déjà le “document acoustique définitif sur le mouvement du Black Power”. Le festival de Montreux à droit à une petite mention grâce à la légendaire prestation de Marlena Shaw.

LIVRE

  • Pat Thomas, “Listen, Whitey! The Sights and Sounds of Black Power 1965-1975 “, Fantagraphics (date de publication 5 mars 2012)

COMPILATION

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Reggie Watts, comic’s trip


Difficile de savoir exactement dans quel chaudron est tombé Reggie Watts quand il était petit. Un père américain. Une mère française. Une naissance en Allemagne,… une chose est certaine, la mixture devait être largement assaisonnée d’épices dada. Musicien, human beatbox ou humoriste… il est tout cela à la fois et l’encyclopédie Wikipédia permet d’éviter les problèmes de catégorisation en stipulant simplement “artiste multidisciplinaire”.

À vrai dire, pour trouver une définition appropriée, il faudrait plutôt s’inspirer de dispositifs, tels que le collisionneur ou le convertisseur, tant il se montre capable de regurgiter tout ce qui a pu imbiber sa chevelure spongieuse. Couche après couche, il fait preuve d’une habileté sans borne pour faire coexister non-sens et freestyle.


Reggie Watts - Out of Control by Zegoat

Même si Reggie s’est fait connaître principalement grâce à des séries de vidéos publiées sur Youtube, c’est sur scène que l’on peut saisir toute l’originalité de sa démarche. Tour à tour crooner flamboyant, rapper tendance ghetto, midinette r’n'b ou professeur de pataphysique, il s’improvise dans personnages, caricaturant avec précision tous les petits travers de chacun.

Juxtaposant les sons et les accents, les poses et les beats, les gags se se succèdent comme les boucles lancées sur son échantillonneur. Il travaille sans filet et ça ressemble un peu à n’importe quoi. Mais, au final, cela donne toujours quelque chose d’hilarant. Si le postmodernisme devait être exprimé à travers les trips d’un comique, ce serait Reggie Watts.

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Rico Rodriguez, souffle de vie


Une légende sera de passage aux Docks de Lausanne le 03.02.2012 puisqu’à travers Rico Rodriguez, il est possible de ratisser plus d’un demi-siècle de musiques populaires jamaïcaines. Il découvre le trombone lorsqu’il est pensionnaire de la Alpha Boys Catholic school où son professeur, Don Drummond, avait déjà soufflé ses premières notes avant de fonder The Skatalites. Très vite, il écume les dancehalls de Kingston avec les pionniers qui s’attelaient à donner un nouveau souffle aux musiques traditionnelles.

Son influence deviendra encore plus manifeste après son exil sur le Vieux Continent au début des années 60. Selon le sociologue Paul Gilroy, Rico Rodriguez a marqué un tournant décisif dans l’hybridation qui a touché les musiques populaires anglaises durant les années 70. À ce titre, “Rico’s Message (1967) représente une combinaison imprévisible de funk, de dub et de rythm’n’blues uniquement envisageable dans le Londres de cette époque”.

Il deviendra d’ailleurs une figure emblématique du revival ska des années 70 avec The Specials. Ambassadeur honoraire des rythmes à contre-temps, Rico occupe une place de choix le hardcore Continuum, la cartographie que Simon Reynolds propose pour décrire l’évolution des musiques populaires d’après-guerre. Ce passage en Suisse lui permettra de se remémorer quelques souvenirs puisqu’il y a séjourné de nombreuses années durant les années 80 et 90.

Jamal Moss, Mathématiques Cryptiques


Bien qu’il s’inscrive directement dans la tradition house de Chicago, le son de Jamal Moss est particulièrement distinctif. En privilégiant l’expérimentation et une éthique DIY, il ne manque pas d’évoquer un peu les “Sound Sculptures” façonnées par Theo Parish à partir du patrimoine musical de Detroit ou les univers industriels d’Andy Stott. Jamal a d’ailleurs débuté sa carrière en réalisant des environnements sonores lors de raves légendaires organisées dans une usine nucléaire désaffectée.

Hieroglyphic Being - The Garden of Forking Paths (excerpt) by audiomer-music

Par la suite, ce fan de science-fiction est devenu une figure de la scène locale par le biais de différents projets. Aussi bien ses propres productions, notamment sous les pseudonymes de Hieroglyphic Being, IAMTHATIAM, Sun God, de son label Mathematics ou à travers ses nombreuses collaborations, en particulier avec The Dirty Criminals. “Shikaakwa”, qui signifie Chicago en amérindien, constituera la première sortie de The Sound of the Universe, le mythique magasin de Soul Jazz Records sur Broadwick st. Un mix est également disponible à cette adresse.

Hieroglyphic Being, Temple of the Moon (2009)

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Michael Kiwanuka, génération spontanée


Si 2011 a constitué une étape cruciale dans la carrière de Michael Kiwanuka, avec un premier EP encensé et une série de concerts en première partie d’Adele, 2012 débute sous les meilleurs auspices. Alors que le single Home Again sortait le jour de l’an, le songwriter londonien remportait le convoité “BBC Sound Of 2012” qui sanctionne chaque année un talent émergent.

Sans chercher à dénigrer les autres concurrents, on n’a aucune peine à imaginer que ce choix n’a pas été très difficile en regard des qualités de Kiwanuka. Emportés par les courants d’airs nostalgiques qui soufflent en ce moment, ces clips en super 8 jaunis et sa voix profonde ont su forcer les comparaisons les plus élogieuses. Bill Withers, Otis Redding ou Richie Havens, nul doute que son premier album, qui sort le 24 mars, devrait satisfaire les amateurs d’huiles essentielles.

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Vidéo de Paul White

Orchestra of Spheres, manuel de bricolage


Il y a quelque mois, avant le concert qui réunissait Otomo Yoshihide et Ikue Mori au café Oto, je me rappelle avoir entamé une conversation très intéressante avec un Néo-Zélandais plutôt réservé. Il m’expliquait notamment son implication dans la scène musicale de Wellington, notamment grâce à la petite salle de concert qu’il avait montée. Seul lieu de la ville entièrement destiné aux musiques expérimentales. Au fil de la discussion, nos intérêts semblant converger, il m’avait offert un CD dont la pochette était richement illustrée à la main.

Un univers graphique DIY qui ne manquait pas de rappeler les modes de productions artisanales que Sun Ra affectionnait de réaliser afin de brouiller les pistes avec son label Saturn. L’analogie ne s’arrêtait pas là tant l’univers que dégageait cette mixtape d’Orchestra of Spheres semblait totalement emprunt du jazzman intergalactique.

Ces derniers temps, Dan Beban est revenu promener sa barbe rousse en Europe. Emmitouflé dans une combinaison retrofuturiste et entouré de quelques affranchis de la cause P-Funk, l’Orchestra of Spheres vient d’entamer une tournée de quelques dates en Europe, en particulier pour répondre à l’invitation de Caribou qui les a inclut à la très belle programmation de Nightmare Before Christmas. Une manièr de marquer le coup après la sortie de leur album, toujours le même, dénommé “Nonagonic Now” (Fire Records)

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Escort, disco re-fever


Depuis les années 90, on a vu refleurir plusieurs générations de groupes produisant des duplicata plus ou moins convaincants inspirés par l’âge d’or du soul ou du funk. Par contre, les formations reproduisant les productions du disco au tournant des années 80, largement à coups de cuivres et de cordes, ne sont pas légion et les passionnés du genre ont vite fait de se tourner vers toutes sortes de déclinaisons.

C’est peut-être grâce à cette relative carence qu’Escort a très rapidement attiré l’attention dès leurs débuts en 2006. Un big bang de 17 musiciens talentueux dévolus à la cause du nu-disco, ça ne court pas les rues. Leur premier album homonyme sort ces jours-ci sur leur propre label.

Escort n’est toutefois pas le seul projet new-yorkais de ce type puisque les neufs membres réguliers de Midnight Magic entretiennent cette même flamme également depuis le milieu des années 2000. Sorti l’an dernier, “Drop me a line” constitue une belle actualisation d’un courant qui s’est très vite retrouvé réduit aux banques de sons et aux visions plus individualisées des producteurs house.

Midnight Magic, Drop me a line (2010)

Joe Strummer revu par Julie Delpy

Cela fait quelque temps que l’on sait que la vie de Joe Strummer va faire l’objet d’un film, par contre le nom de la réalisatrice vient d’être dévoilé. C’est Julie Delpy qui va se charger de la mise en scène de The Right Profile, en référence à l’un des titres de l’album “London Calling”. La date de sortie n’a pas encore été annoncée.

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Cut Chemist, les rythmes de Los Angola


Q: Qu’est-ce qui a déclenché ta passion pour le DJing?

J’ai vu pour la première fois des films de breakdance à l’âge de 9 ou 10 ans et j’ai tout de suite été curieux de découvrir cet univers. Après avoir touché un peu au graffiti, je me suis rapidement intéressé au DJing. Peut-être parce que je possédais déjà une petite collection de disques. À vrai dire, c’était surtout l’idée de manipuler la musique qui m’attirait et j’ai commencé mon apprentissage en m’inspirant des pionniers du genre, comme Grandmaster D.ST, Jam Master Jay, Jazzy Jeff, Afrika Bambaataa.

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Baloji, Ou bien… ou bien


Photo: Nicolas Karaktsanis

Avec “Hôtel Impala”, Baloji surprenait son monde avec un hommage à Marvin Gaye qui reconstituait des liens entre la République démocratique du Congo et la Wallonie. “Là-bas, tu ne te sens pas tout à fait congolais, ici, tu ne te sens pas vraiment belge”, une remarque devenue tellement banale qu’on a fini par ne plus oser l’évoquer. À l’ère des dynamiques globalisées, le problème semble avoir été réglé, sans pour autant que la question n’ai été véritablement traitée.

Si cette histoire postcoloniale de l’Europe continentale reste encore à écrire, Baloji fait sans conteste partie des voix exprimant avec le plus de conviction les ambivalences de cette situation.Avec “Kinshasa Succursale”, il fore toujours plus loin afin de définir les contours identitaires et esthétiques de la bilocation. Farfouillant dans les dialectes et les sonorités, il revisite quelques lieux de sa mémoire tel un Zélig panafricain. Beau gosse dans les clichés de Seydou Keita ou canaille dans les rues de Kinshasa avec Konono N°1, son style s’adapte avec la même justesse.

ALBUM

  • Baloji, “Kinshasa Succursale” (Crammed Discs), sortie le 21.11.11

Julius Eastman, mémoire d’un pas grand chose


À moins de faire preuve d’un intérêt poussé en matière de musique classique contemporaine, le nom de Julius Eastman n’évoque souvent pas grand chose. Tout au long d’une existence tragiquement avortée, il a pourtant frayé avec les figures les plus prospectives de son temps dans la tradition du minimalisme. En 1970, il entame des études au Centre for the Creative and Performing Arts au SUNY de Buffalo et se lie d’amitié avec le chef d’orchestre Petr Kotik. Ensemble, ils fondent le S.E.M Ensemble et, parallèlement à son travail d’instrumentiste et de compositeur, Estman s’adonne progressivement à la danse et au chant.

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Club: Pantha du Prince, un autre son de cloche


Photo: Joël Vacheron

A mi-chemin entre approche expérimentale et dance music, Pantha du Prince offre une analyse avisée des dernières mutations qui affectent les musiques électroniques.

Joël Vacheron: Depuis ses débuts, il y a environ 30 ans, le mouvement techno a pris des formes multiples. Comment définiriez-vous l’actualité de ce courant ?

PDP: Tout d’abord, je considère ce courant avant tout comme une infrastructure. Disons qu’il ne s’agit plus véritablement d’un qualificatif musical direct, comme on parlerait du funk par exemple. À l’heure actuelle, il s’agit surtout d’une palette de rythmes, que l’on peut classer dans la catégorie “techno music”. Cependant, au bout du compte, c’est une infrastructure sociale et économique. Du jazz aux musiques actuelles, en passant par la musique électro-acoustique, la notion de techno n’a plus grand-chose à voir avec le contenu, elle peut être appliquée pour qualifier un peu n’importe quoi. Au final, le terme qui correspond peut-être le mieux à ce courant, c’est probablement dance music.

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Label: Tri Angle, la quadrature du cercle


Avant de lancer le label Tri-Angle records, Robin Carolan était à l’initiateur du site 20jazzfunkgreats qui, comme son nom ne l’indique pas, n’est absolument pas dédié au jazz funk. Il s’agit en fait d’une référence explicite à l’album, et au morceau, de Throbbing Gristle. Une manière pour Carolan de nous faire découvrir une sélection de flux vaporeux oscillant entre le dub, l’ambient et l’industriel. Ces choix subtils, fusionnant de manière confondante des productions anciennes et actuelles, lui ont permis de se construire une solide réputation de dénicheur de groupes obscurs.

BALAM ACAB - Oh, Why by TriAngleRecords

L’année passée, l’Anglais de 24 ans décidait d’élargir un peu son registre en lançant son propre label, Tri-Angle Records. oOoOO, Holy Other, Clams Casino ou Balam Acab, les premiers groupes signés par le label perpétuent à réveiller quelques songes d’une nuit d’été. Voix lointaines et éthérées, superpositions de paysages sonores, phrases obsédantes, c’est un peu comme si Vangelis se retrouvait à jammer avec Coil.

Jazz: BADBADNOTGOOD, des lettres capitales


Il y a quelques mois, le compte YouTube d’un jeune trio de jazz de Toronto bénéficiait d’un net regain de trafic grâce à la mise en ligne de “The Odd Future Sessions”, un hommage au collectif Californien très largement relayé. Un succès tel que le groupe en question, qui s’appelle BADBADNOTGOOD, jouissait déjà d’un buzz conséquent sans jamais avoir joué le moindre concert en public.

Les trois chats canadiens ont poussé la déférence en autoproduisant un premier album totalement dédié à l’oeuvre d’ OFWGKTA. Si les puristes du jazz ont certainement quelques retenues vis-à-vis de cette démarche, les rappers d’Odd Future semblent plutôt avoir apprécié ces relectures. Au point que Tyler s’est récemment prêté au jeu en accompagnant le trio pour un Seven dans lequel le Créateur se montre particulièrement explosif.

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Festival: The Janice Graham Band, reflux d’acid jazz ?


Vers le début des années 90, un son novateur soufflait depuis la Grande-Bretagne avec les premières sorties libellées Acid Jazz. En décidant de faire s’entrechoquer le jazz avec l’énergie héritée des raves parties, Eddie Piller, Gilles Peterson et leur bande invitaient toute une génération de (re)découvrir l’actualité d’un patrimoine qui avait trop rapidement été relégué à la ringardise par un public dévolu aux rythmes synthétiques. De l’autre côté, ils devaient également essuyer les critiques d’un public de spécialistes qui ne voyait pas d’un très bon oeil le traitement auquel les standards étaient soumis. Galiano, Brand New Heavies, Snowboy, Mother Earth ou les compilations “Totally Wired” faisaient s’entrechoquer les traditions musicales et les héritages culturels avec naturel.


Hormis Peterson qui reste un faiseur de goûts hors pair et Jamiroquai qui n’a pas longtemps fait preuve de beaucoup de scrupules, très peu de traces des acteurs de cette période ont profité de cette énergie pour se frayer une place sécure dans les circuits musicaux. Le label Acid Jazz n’a pourtant jamais cessé d’exister et les sorties, plus ou moins discrète, continuent à s’enchaîner ponctuellement. Les choses pourraient changer puisqu’Eddie Piller, seul aux commandes, s’est engagé depuis quelque temps à recruter de nouveaux artistes. C’est le cas notamment des trois Mancuniens de The Janice Graham Band, une formule soluble qu’il sera possible de découvrir bientôt sur scène aux Transmusicales de Rennes.

The Janice Graham Band, Robbery

Funk: Bambara Mystic Soul, l’énergie voltaïque


Entre 1974 et 1979, le Burkina Faso, qui s’appelait encore Haute Volta, se situe à mi-chemin de deux périodes historiques importantes. Quinze ans plus tôt, le pays accédait à l’indépendance et se départissait, officiellement, de l’ingérence française. Quinze ans plus tard, Thomas Sankara prenait le pouvoir et insufflera un élan remarquable pour se distancier de cette domination historique.

Malgré toute une série de réformes cruciales et une énorme popularité, on le surnomme quelquefois le Che Guevara africain, son projet de démocratie participative et égalitaire ne lui attire pas que des amis. Suite à un putsch fratricide, il sera renversé puis exécuté par les hommes de main de son compagnon de route, l’actuel président Blaise Campaoré.

Analog Africa nous permet d’écouter quelques-uns des artistes qui écumaient les maquis de Ouaga durant cette période transitoire. Comme dans toute l’Afrique de l’Ouest, le Burkina développe un son distinctif qui combine les musiques sahéliennes avec le funk et les musiques latines. L’Harmonie Voltaique, Amadou Ballaké et l’Orchestre Super Volta, Volta Jazz ou le Club Voltaique du Disque, les groupes et les labels de l’époque n’avaient pas besoin de chercher trop loin pour se trouver des noms branchés.

ALBUM

  • Compilation, “Bambar Mystic Soul, The Raw Sound of Burkina Faso 1974 – 1979″

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Expériences: Jeff Mills, voyage accompagné


De thèmes cryptiques de Sun Ra jusqu’aux récentes références cybernétiques de Janelle Monáe, en passant par le P-Funk de Parliament/Funkadelic ou les délires DIY de Rammelzee, les métaphores liées à la conquête spatiale restent un des sujets les plus récurrents des musiques afro-américaines.

A ce titre, Detroit a toujours constitué un terreau particulièrement propice pour ce type d’extrapolations. En se réappropriant les discours associés aux rêves technologiques, plusieurs générations de musiciens ont été rechercher dans les tréfonds de l’espace toutes les promesses d’émancipation dont ils étaient dépossédés dans leur vie quotidienne.

Parmi les producteurs de Techno encore en activité, Jeff Mills continue à poursuivre cette quête à travers dans des champs toujours plus reculés. C’était le cas notamment en 2000, lorsqu’il composa une nouvelle BO au classique Metropolis. Un décrochage qui lui permettra de propager son utopisme au-delà des cercles restrictifs de la club culture. Après avoir déjà doublé plusieurs films du cinéaste allemand, il renoue cette année avec l’oeuvre de Fritz Lang en proposant son interprétation de “La Femme sur la lune” (1929).

CONCERT

Reggae: David Rodigan, une flamme éternelle


Le DJ anglais légendaire revient sur quelques événements marquants d’une carrière qui s’étend sur plus de 40 ans. Des premiers contretemps du ska aux récentes controverses touchant certains artistes, il offre un cours accéléré d’histoire des musiques jamaïcaines.

Quand est-ce que vous avez commencé à vous intéresser aux musiques jamaïcaines ?

David Rodigan: Comment beaucoup de monde, je suis tombé amoureux des musiques populaires lorsque j’étais adolescent. À cet âge, la musique prend une place particulièrement importante, car elle permet de découvrir des univers que les parents ne connaissent pas. Vers le milieu des années 60, j’ai entendu pour la première fois du ska et, depuis, je n’ai jamais cessé d’être fasciné par ce rythme à contretemps. C’était quelque chose d’un peu fou, d’énergétique, quelque chose qui vous emporte grâce à son soul. On trouvait toujours des raisons pour aller danser sur cette musique. Même si je ne suis pas le plus grand danseur, j’ai toujours aimé danser et cela nous a beaucoup rapprochés socialement. En plus, durant cette période, il y a eu des changements importants dans les musiques jamaïcaines. Du Ska on est passé au Rock Steady, avant d’évoluer vers un rythme dément, le Reggae. C’est à peu près là que tout a commencé pour moi. Cela fait presque 50 ans est ma passion est restée intacte. Je suis toujours fasciné par les nouvelles formes que peut prendre ce son. Même si la qualité a un peu diminué ces dernières années, il y aura constamment de la bonne musique en provenance de Jamaïque.

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Expériences: James Ferraro, concerto pour iBach


Même s’il est difficile de distinguer s’il s’agit d’une stratégie volontaire ou d’une variante contemporaine d’art brut, la vie et l’oeuvre de James Ferraro ne manquent pas d’intriguer. Dans un premier temps, il envisageait de faire une carrière d’acteur, tout en conservant des ambitions modestes puisqu’il s’imaginait plutôt évoluer dans la gamme des soap operas. Sans avoir véritablement tenté sa chance, il se tourne finalement du côté de la musique suite à une sorte d’apparition mystique à l’écoute d’un concerto de J.-S. Bach en visitant des domaines vinicoles.

James Ferraro - Eco -Tot by Hippos In Tanks

Une anecdote passablement perchée qui correspond assez bien aux différents projets, The Skaters, 90120, Splash, Nirvana axis ou Lamborghini Crystal, que Ferraro a développé à travers son activité prolifique. À l’instar d’Eco-Tot, le résultat sonne un peu comme si Philip Glass, The Alchemist et Pascal Comelade avaient collaboré en 1991 à la réalisation d’une BO de film d’entreprise. Ça peut paraître improbable, mais, de manière assez étonnante, ça marche. Désormais reconnu comme le “Killer Nerd” de la scène expérimentale new yorkaise, il a acquis un statut mythique auprès d’une fan base toujours plus importante. Son prochain album, “Far Side Virtual’ sortira le 25.10.11 chez Hippo in Tanks.

James Ferraro - Text Bubbles by Hippos In Tanks

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Réédition: ATFA, Out of Africa


Initiée en 2006 par Brian Shimkovitz, le site Awesome Tapes From Africa fait partie des petites curiosités qu’on a toujours du plaisir à visiter. Trois ou quatre fois par mois, le New Yorkais poste une cassette dans son intégralité de groupes obscurs issus majoritairement des régions de l’ouest. Du hiplife ghanéen au blues saharien, les territoires couverts sont bigarrés et ATFA est resté au fil des années une source inaltérable de découvertes.

Shimkovitz a récemment donné une nouvelle orientation à son projet en proposant de produire des rééditions de quelques un des artistes présentés sur son site ou joués dans ses sets DJ. Le premier CD du label est “La Grande Cantatrice Malienne Vol. 3″ (1982) de la chanteuse malienne Nâ Hawa Doubia qui, à l’heure actuelle, est très populaire dans son pays.

A ce titre, et afin de clarifier l’arrière-goût de commerce douteux qui accompagne quelquefois ce type d’initiatives, ATFA affiche d’emblée une volonté d’équité. Les musiciens toucheront 50 % des revenus des ventes et Brian envisage de travailler uniquement avec des chanteurs en activité afin de leur permettre, dans le meilleur des cas, de profiter de ce regain de notoriété pour entamer des tournées en Occident.

ALBUM

  • Nâ Hawa Doumbia, “La Grande Cantatrice Malienne Vol. 3″ (Awesome Tapes From Africa), sortie le 18 octobre

Club: Dorian Concept, Wolfgang et moi


Tu as passé quelques années à Slazburg pour y étudier le piano, est-ce que tu avais l’intention de devenir le prochain Mozart ?

À vrai dire, cette histoire n’est pas tout à fait exacte, car j’ai vécu seulement trois ans à Salzburg pour y faire des études. Mais il s’agissait de cours en création multimédia avec une spécialisation dans l’audio. J’ai également suivi quelques cours de composition qui se sont avérés très utiles, mais l’orientation de l’école était plus orientée vers le design sonore et la production. Nous nous concentrions essentiellement sur des questions techniques et cela a largement contribué à aiguiser mon intérêt pour les musiques électroniques. Le piano, c’est quelque chose que j’ai travaillé en autodidacte durant mon adolescence. J’ai longuement cherché un professeur, mais je me suis vite rendu compte que la plupart étaient des musiciens frustrés et cela m’a poussé à apprendre par moi-même. Il m’arrive de dire que je suis un jazzman raté et que la part électronique de mon travail sert en quelque sorte de compensation. C’est en deux mots le chemin que j’ai parcouru jusqu’à aujourd’hui.

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Expériences: PSYOP, Une Anthologie


A l’occasion des célébrations du 11 Septembre, voici un petit florilège de morceaux utilisés par l’armée américaine dans le cadre de tortures psycholologiques.

‘Without the loudspeaker, we would never have conquered Germany’.
- Adolph Hitler, «Manual of German Radio», 1938

Depuis quelques années la musique, en particulier des productions populaires, a été intégrée de manière toujours plus persistant en tant qu’instruments de torture par l’armée américaine. De Panama au Moyen-Orient, ces pratiques s’inscrivent dans un programme plus vaste dénommé “Psychological Operations” dont l’objectif est d’influencer les comportements d’individus ou d’instances d’une culture étrangère.

L’étendue et l’impact de ces pratiques restent encore difficilement mesurables. Certaines initiatives, c’est le cas notamment de l’association Zero dB: Against Music Torture ou de l’ouvrage de Steve Goodman, se sont engagées à alerter l’opinion publique sur ce problème. A travers la sélection des morceaux composant « PSYOP : An Anthology »*, il est possible de revenir sur les diverses procédures qui permettent de transformer une simple comptine en un véritable supplice.

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Réédition: Drexciya, les hommes de l’Atlantide


À partir des années 90, le duo de Drexciya explorait les nouvelles frontières de l’afrofuturisme grâce aux univers fantastiques d’un peuple imaginaire, les Drexciyans.”Deep Sea Dweller”, “Bubble Metropolis”, “Molecular Enhancement”, “The Unknown Aquazone” et “Aquatic Invasion”, les titres d’album, enregistrés dans les conditions du live, narrait un épisode dans la saga de cette Atlantide Noire.

Malgré une reconnaissance très relative durant leur période d’activité, le projet de James Stinson et Gerald Donald, qui lancera par la suite Dopplereffekt, génère actuellement un véritable culte auprès des amateurs de techno. Du Drexciya Research Lab au film de Otolith Group, en passant par plusieurs générations de producteurs et de collectionneurs, le mythe de cette tribu aquatique ne cesse de se perpétuer.

Le label hollandais Clone Records ne va pas manquer d’en rajouter une couche en annonçant la réédition de toute la discographie du duo de Detroit. Les masters sont en cours de restauration et les albums devraient être disponibles d’ici la fin de l’année.

Drexciya, Jazzy Fluids, “Neptune’s Lair” (1999)

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Mixtape: Not Not Fun, les petites bulles de LA


De l’agitation hardcore de No Age aux résurrections de Stones Throw, en passant par les expéditions cosmiques de Flying Lotus ou africaines de Fool’s Gold, les productions en provenance de Los Angeles semblent s’être singulièrement débridées depuis le tournant du millénaire. Cette floraison a contribué à attirer une nouvelle génération de musiciens dans la Cité de Quartz.

Récemment, le label Not Not Fun s’est profilé comme un label particulièrement grâce à un catalogue syncrétique qui délaye les références populaires 90’s, le psychédélisme et le drone dans des bains aux tonalités corrosives et pétillantes. D’ailleurs, Amanda Brown, membre de LA Vampires et co-fondatrice du label avec Britt, relève la nature minérale du label en promouvant ce qu’elle nomme la “Pellegrino dance”.

Les deux fondatrices manient avec brio l’art des descriptions imagées. Les productions de Ducktails sont par exemple décrites comme “des palmiers en plastique, des scènes de plages dans des boules à neige (…). Des arcs-en-ciel de muzak psych-pop lors de tours imaginaires en hélicoptère au-dessus de lagons de crystal et des chutes d’eau perdues“.

- Télécharger la mixtape Not Not Fun

Maria Minerva, Lovecool, “Cabaret Cixous” (Not Not Fun) 2011

Maria Minerva - Lovecool from Not Not Fun on Vimeo.

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Mixtape: Jonti, electronique ludique


Distribués dans un premier temps par le biais d’un podcast sur le site de Stones Throw, Jonti a décidé d’offrir les 13 titres composant “Sine & Moon” sous la forme d’une mixtape. Afin de nous faire découvrir pleinement son univers, le producteur et multiinstrumentaliste a poussé la finesse jusqu’à utiliser son tout premier morceau en guise qu’introduction.

Après quelques collaborations avec Mark Ronson, Santigold, Sean Lennon ou les Dap-Kings, nul doute que cet avant-goût convaincant saura réveiller un intérêt certain avant la sortie de son premier album, “Twirligig”, prévue pour l’automne prochain.

De Madlib à Stereolab, en passant par les Beach Boys les références musicales sont passablement hétéroclites. Mais Jonti avoue une certaine connivence avec le travail de Norman McLaren. Selon lui, les films du réalisateur sont complexes tout en restant amusant. On peut ressentir un certain enthousiasme dans l’approche des techniques et des expérimentations. J’essaie de faire de la pop avec le même type d’enthousiasme”.

Télécharger: Jonti, “Sine And Moon Mix” (2011)

Jonti, Firework Spraying Moon

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Reggae: Dub Vendor, coups de chaleur historiques


L’année 1976 à Londres a largement été marquée par la chaleur et la sécheresse exceptionnelles qui ont provoqué la plus grande canicule de l’histoire britannique. Saisi par cette moiteur inhabituelle, le carnaval de Notting Hill se termine par une énorme émeute suite à une altercation entre des jeunes locaux et des policiers. L’événement, souvent dénommé “Ladbroke Grove Riot”, fera plus de 200 blessés. Parmi les protestataires, on retrouve Joe Strummer et Paul Simonon qui traduiront cet épisode dans White Riot qui invite les jeunes blancs à trouver, tout comme les afro-britannique, une cause commune à leur rébellion. Cette même année, le mouvement punk atteint son apogée, transformant les aspirations musicales situationnistes de McLaren en un véritable phénomène de masse.

C’est dans ce contexte que John MacGillivray et Chris Lane commencent l’épopée Dub Vendor en tenant, tous les samedis, un stand dans un marché de Clapham Junction puis, une année plus tard, en ouvrant leur premier magasin à Peckham. Très vite reconnus comme des spécialistes en matière d’imports jamaïcains, ils proposent très tôt un service de vente par correspondance qui s’imposera comme une référence incontournable. Le duo inaugure Dub Vendor Record Shack sur Ladbroke Grove, lance le label Fashion Records qui connaît d’emblée un très large succès, avant que John, désormais seul aux commandes, installe une autre branche à Clapham Junction en 1982.

Smiley Culture, Police Officer (1984)

Du roots au dancehall, Dub Vendor a évolué au fil des changements rapides des musiques jamaïcaines, produisant dans le même temps un grand nombre d’artistes du cru. En particulier, les hits Cockney Translation et Police Officer de Smiley Culture, deux titres historiques qui sont à l’origine de la scène ragga britannique. À noter que la mort suspecte du chanteur il y a quelques mois, il se serait suicidé lors d’une descente de police à son domicile, a suscité une telle émotion que le cas s’est transformé en un véritable mouvement à l’encontre des violences policières.

Malgré la fermeture de la branche du mythique Record Shack en 2008, Dub Vendor a su conserver son statut de référence 35 ans après sa création. Toutefois, cette année de commémoration a bien failli être rattrapée par l’actualité. En effet, de nombreux magasins de Clapham Junction ont subi des dommages très importants lors de la première nuit des émeutes londoniennes. A la différence de PIAS Distribution, les flammes qui ont ravagé le local adjacent sur Lavender Hill ont miraculeusement épargné le temple du reggae, les dégâts étant minimes. On a vraiment eu chaud et il ne fait aucun doute que la soirée d’anniversaire agendée le 2 septembre aura une saveur toute particulière.

RIP: Joe Arroyo, légende de la salsa


Joe Arroyo, l’une des figures les plus célébrées de la musique colombienne, est décédé à Barranquilla des suites d’une défaillance multifonctionnelle à l’âge de 55 ans.

Cette nouvelle a largement ébranlé le pays et deux jours de deuil national ont été décrétés afin de rendre hommage au chanteur qui avait débuté sa carrière dans des lupanars de Carthagène alors qu’il était encore prépubère. Issu d’une famille de 39 enfants, la musique s’est très vite présentée comme un moyen pour gagner sa vie de manière autonome.

Dans les années 70, il rejoint le groupe Fruko y Sus Tesos, avec qui il tourne dans les circuits salsa d’Amérique du Nord avant de lancer son propre projet, La Verdad, en 1981.Il s’est ainsi retrouvé aux avant-postes lorsque la salsa commençait à toucher des audiences toujours plus larges à travers le monde. Les tournées s’enchaînent à un rythme soutenu, Joe Arroyo y La Verdad jouant près de 200 concerts par année.

Au fil des années, il avait développé son genre, le Joesón, dans lequel le cumbia et le porro étaient relevés avec des influences aussi diverses que le zouk, le merengue ou le reggae. Son morceau “Rebelión”, qui relate un épisode de la traite négrière, était devenu l’étendard de son discours socialement engagé.

La santé d’El Joe a toujours été largement précarisée par sa dépendance aux drogues et il avait déjà frôlé la mort il y a une vingtaine d’années suite à une infection de le thyroïde. Des milliers de personnes se sont pressées dans une ambiance festive lors de son enterrement le 27 juillet dernier à Barranquilla.

Hip-hop: Pigeon John, l’air de rien


Les sourcils en circonflexes et l’air espiègle, John Kenneth Dunkin est à l’image du personnage dont il narre les péripéties dans des albums aux noms explicites, comme « Pigeon John Is Dating Your Sister » ou « Pigeon John Sings the Blues ». Avec « Dragon Slayer », on aurait plutôt quelque chose du type, Pigeon John s’initie à l’art de l’orchestration. En effet, après un premier essait particulièrement convaincant avec sur le titre Before We’re Gone, le rapper de Los Angeles était d’autant plus enthousiaste à déléguer l’intégralité de la production de son album à Hervé. « Jusque-là, j’avais toujours composé mes morceaux moi-même à l’aide d’un échantillonneur, » précise-t-il.

A ce titre, j’ai toujours considéré que le fait de rechercher une boucle sur un disque constitue déjà une forme d’écriture musicale. Du même coup, mon principal instrument c’est mon oreille. C’était donc une expérience magnifique d’entendre les petites mélodies qui traînaient dans le fond de ma tête de prendre forme de cette façon ». Certains titres, comme le bien nommé The Bomb, s’inspirent de l’énergie de Chuck Berry. De manière générale, l’album évoque une version hip-hop de l’insouciance californienne des années 50 et se présente comme un antidote à la morosité. « Brian Wilson, les belles voitures,les jolies filles…. Avec moi ce n’est pas la peine d’aller chercher plus loin », lance-t-il pour exprimer ça vision du hip-hop.

“D’ailleurs, je ne sais pas ce qui rend la côte ouest tellement particulière. Est-ce à cause du climat ? de l’herbe ? des femmes ? Même si j’essaie de faire du Mobb Deep, ça sortira toujours de manière totalement différente.” Une des raisons de ce décalage résulte peut-être également de règles de courtoisie qui ont guidé le parcours de Pigeon John dans l’univers du hip-hop. Après des débuts dans des circuits de groupes chrétiens, il a fréquenté assidûment les soirées du Good Life Café de Los Angeles durant lesquelles il était interdit de jurer ou d’utiliser des formules dégradantes. Même si c’est là que Jurassic 5 et les Black Eyed Peas ont débuté, John reconnaît que ce « n’était pas vraiment la meilleure manière pour faire partie des cool kids dans la cour d’école. » Ce statut de nerd l’a cependant aidé à trouver et assumer ce style singulier qui le démarque de tous les rappers de sa génération.

Extrait d’un article paru dans le magazine Vibrations n° 133 (avril 2011)

CONCERTS

  • 02.07.11 St-Denis de Gastines / Festival Au Foin De La Rue
  • 06.07.11 Paris / La Plage de Glaz’art
  • 07.07.11 Dijon / Festival Dièse
  • 08.07.11 Mulhouse / Bêtes de Scène
  • 09.07.11 Coutras / Festival Confluences
  • 10.07.11 Payzac / Les Quartiers De Lune
  • 16.07.11 Tarnos / Les Océaniques
  • 20.07.11 Arles / Les Escales Du Cargo
  • 21.07.11 Port Grimaud / Plage De Rock
  • 22.07.11 Nyon / Paléo Festival

Pigeon John, The Bomb, “Dragon Slayer” (2010)

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Brésil: Pernambuco, l’autre vague psychédélique


Une compilation revient sur la période psychédélique brésilienne, plus particulièrement à Pernambuco, un état situé dans le Nordeste dont la principale ville est Recife. L’influence des migrations diasporiques a toujours été très présente dans le paysage culturel. Ce n’est peut-être pas une coïncidence si les deux figures majeures du mouvement tropicalisent Caetano Veloso et Gilberto Gil est originaire de Bahia.

Il n’est par conséquent pas surprenant que l’état voisin de Pernambuco vive également sa révolution psychédélique. Vers la fin des années 60 et le début des années 70, Zé Ramalho, Lula Côrtes & Alceu Valença ou Marconi Notaro se sont laissés emporter par la contagion révolutionnaire de cette période en teintant leur musiques de fragrances orientales ou de manipulation originale en matière de postproduction.

En prônant des paroles et des attitudes subversives, ces musiciens ont également subi de manière plus ou moins soutenue les mesures répressives du régime militaire. Lors d’un fameux épisode, Lula Côrtes & Zé Ramalho ont notamment été forcés de se réfugier dans la forêt bordant Récife pour enregistrer leur album “Paebiru”, un classique du courant psychédélique brésilien. Mr Bongo revient sur cette période avec cette vingtaine de titres qui présentent une face beaucoup moins connue du tropicalisme et qui permet surtout de rendre un bel hommage à Lula Côrtes qui est décédé en mars dernier.

Pour les personnes intéressées à découvrir l’actualité de la musique de Pernambuco, cette trilogie de podcast offre un éventail particulièrement représentatif.

COMPILATION

Lula Cortes & Zé Ramalho, “Maracas de Fogo” (1975)

» VOIR LA TRACKLIST

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Rock: WU LYF, Lucifer in the Morning


Pour leur premier album, “Go Tell Fire to the Mountain”, WU LYF (pour World Unite Lucifer Youth Foundation) a inauguré une forme originale d’autopromotion. Très peu d’images, aucune interview jusqu’à récemment, des informations vaguement lacunaires ou contradictoires, des halos de chaos mystiques et élégants, il ne fait aucun doute que l’approche originale du groupe a été particulièrement efficace pour faire monter le buzz.

À tel point que même Michel Gondry aurait contacté le groupe pour en savoir plus et même Jay-Z s’était mis à tweeter à leur sujet. Pour ajouter un peu de mystère, l’album aurait été autoproduit dans une église abandonnée, une manière de donner encore un peu plus de présence aux orgues qui traversent l’album. Il ne fait aucun doute que leur manager, Warren Bramley publicitaire de son état, a apporté une pierre stratégique cruciale à cet édifice en provenance de Manchester.

Toutefois, tout cela n’aurait certainement pas pris avec la même ampleur sans réelles qualités. Avec ces lignes de guitares mélodiques la voix contractée de Robert, c’est apparemment le nom du chanteur, WU LYF échappe difficilement aux comparaisons avec Arcade Fire. Quant à leur imagerie vaguement satanique et leur nom en acronymes, elle évoque le OFWGKTA de la bande à Tyler. Ca se présente plutôt comme un bon départ pour un groupe venu de nulle part.

CONCERTS

  • 29.06.11 Point Ephémère / Paris
  • 01.07.11 Eurockeennes Festival / Belfort
  • 02.07.11 Jazz Café / Montreux Jazz Festival

Télécharger: WU LYF, Heavy Pop (2011)

WU LYF, Dirt, “Go Tell Fire to the Mountain” (2011)

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Film: Arthur Russell, les lois du partage


Kenneth Goldsmith ne cesse décidément pas de nous surprendre à travers son site UbuWeb, le projet altruiste et révolutionnaire incontournable qu’il nourrit patiemment depuis près de 15 ans. Poésie, vidéo, musiques expérimentales, cette zone d’autonomie temporaire ne cesse de s’étoffer, offrant le catalogue le plus exhaustif du net en matière de création expérimentale. En guise d’amuse-bouche, les amateurs de musiques électroniques sauront apprécier cette vaste compilation de près de 500 morceaux mis en ligne il y a quelques jours seulement.

J’ai toujours été un collectionneur“, me confiait-il récemment à propos des motivations qui ont participé au lancement de ce projet. “Je collectionne des livres et toutes sortes de choses différentes… Je suis tout simplement un collectionneur compulsif. Internet s’est d’emblée présenté comme un moyen de partager mes collections avec d’autres personnes, de puiser dans des collections numériques privées pour en partager les contenus avec un plus large public. Si on ne peut pas partager une collection à quoi cela sert-il d’en avoir une ?

Au centre d’une telle posture, on trouve bien entendu un rejet radical en matière de droits d’auteurs. Même si cette situation génère son lot quotidien de lettre d’avocat et de boîtes de production, Kenneth reconnaît qu’il n’a jamais été poursuivi pour héberger et diffuser du matériel. La raison est très simple. “Nous ne sommes pas en train de proposer le dernier album de Lady Gaga, tous ce que nous diffusons à travers UbuWeb n’a aucune valeur financière, c’est avant tout proposé dans un but pédagogique. Qui peut bien s’intéresser à essayer de vendre une conférence de Joseph Beuys. Une fois que je leur explique ma démarche, il est rare que les gens qui me contactent décident d’engager des procédures. Au pire, je retire l’enregistrement incriminé et tout rentre dans l’ordre.”

Phil Niblock, “Arthur Russell: Terrace of Unintelligibility” (Part 1)

En vérité, c’est plutôt le phénomène inverse qui s’opère. UbuWeb est devenu à tel point incontournable que ce sont désormais les artistes eux-mêmes qui le prient de poster leurs oeuvres sur son site. C’est probablement ce qui c’est passé avec ces deux films, disponibles en DVD en série limitée avec la réédition en 2004 de l’album “World of Echo”, que Phil Niblock a réalisé sur Arthur Russel. “Terrace of Unintelligibility” (1985) et “Some Imaginary Far Away Type Things/AKA Lost in the Meshes” (1985) sont construits autour des mêmes procédés.

Dans la note accompagnant les vidéos, il est indiqué que seul le premier film est véritablement monté, l’autre se présentant plus comme une succession de rushs. Dans les deux cas, on découvre Russell, en solo, à trace à des plans très rapprochés qui tendent vers le noir en blanc. On entrevoit sporadiquement des contours de son visage et de sa bouche, avant d’être plongé dans une obscurité totale. Au milieu de ses effet de flous intimistes, la voix de Russell se dégage avec une clarté et une qualité surprenante qui accentue ces effets d’alternance entre des atmosphères apaisantes ou claustrophiques.

Quelques séquences intercalées sur ces mains rappellent et son jeu de violoncelle rappellent les prises de vues qui caractérisent également The Magic Sun (1966), le magnifique film que Niblock a consacré à Sun Ra. Aant de devenir un des pionniers en matière de compositions minmale, Niblock a longtemps été photographe de Jazz. Cela explique peut-être cette aptitude à retranscrire avec beaucoup de finesse et de profondeur les atmosphères de Russell. Goldsmith ne se trompe pas en déclarant que ces deux films constituent probablement les plus beaux reliquats audiovisuels laissés par le compositeur décédé sept ans après ces sessions.

Phil Niblock, “Arthur Russell: Terrace of Unintelligibility” (Part 2)

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Album: Thundercat, tendance solidaire


Ce n’est pas un secret, l’entourage de Flying Flotus offre un vivier dans lequel se bousculent quelques-uns des musiciens les plus talentueux et innovants de la côte ouest. Miguel Atwood-Ferguson, Daedelus, The Gaslamp Killer ont déjà largement investi la place avec leurs compositions disloquées. Au milieu de ces freak brothers cartoonesques, Stephen Bruner est resté plutôt discret.

Bassiste attitré du légendaire groupe hardcore Suicidal Tendencies, il sait également relâcher le tempo, quitte à parfois faire le grand écart. On a pu apprécier son influence au milieu des circonvolutions cosmiques de “Cosmogramma” ou sur les derniers albums d’Erikah Badu et de Shafiq Husayn.

Thundercat, Daylight (prod. Flying Lotus)

Avec “The Golden Age of Apocalypse”, il signe son premier album solo et FlyLo semble lui avoir rendu la pareille en produisant l’album sur son label Brainfeeder. Avec For Love I Come, une reprise de George Duke, et Daylight, porté par un beat de FlyLo, les deux premiers singles en circulation sont prometteurs. De plus, après avoir vu le chat sur scène, on peut s’attendre à de très belles performances.

Télécharger: Thundercat, For Love I Come

  • Thundercat, “The Golden Age of Apocalypse” (Brainfeeder), sortie le 28.08.11

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House: DJ Harvey, une vie à facettes


S’il fallait envisager le clubbing comme un grand navire, il ne fait aucun doute que DJ Harvey ferait partie des mercenaires de la timonerie aux côtés de François K ou Andrew Weatherall. Batteur dans un groupe punk à l’âge de 13 ans, il s’offre sa première paire de platines après avoir découvert le hip-hop lors d’un voyage à New York au début des années 80.

Une précocité qui lui a valu d’être considéré comme l’un des pionniers de la scène house garage en Europe, organisant des soirées dans lesquelles on retrouvait régulièrement Larry Levan avec qui il partageait une même passion pour les edits.

Largement reconnu pour les Sarcastic Disco et son label Black Cock, il a également initié un certain nombre de projets. En particulier Locussolus, à travers lequel il compose des univers syncrétiques évoquent les influences multiples qui ont jalonné une existence résolument placée sous le signe de l’hédonisme. Ce n’est donc pas un hasard si on pourra le retrouver sur la riviera cet été dans le cadre du Worldwide Festival.

ALBUM

  • Locussolus, “Locussolus” (International Feel Recordings)

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Gil Scott-Heron (1949 – 2011)


Grâce à son retour inespéré avec “I’m New Here”, Gil Scott-Heron nous avait gratifié d’un des plus beaux albums de l’an dernier, ainsi qu’une démonstration magnifique de son génie inaltéré. Nous allons revenir en détail sur la carrière du poète qui nous a quitté aujourd’hui à l’âge de 62 ans. En attendant revoici la chronique d’un concert donné en mai dernier.

L’architecture moderniste austère de L’Aula Magna de Lisbonne constitue un souvenir imposant de la dictature de Salazar. On pourrait imaginer un décor moins connoté pour accueillir un illustre pourfendeur des dérives despotiques. Casquette rivée, silhouette élancée, costume étriqué, Gil Scott-Heron débarque, seul, avec la démarche nonchalante d’un coureur de demi-fond. Avant même d’avoir prononcé le moindre mot, le public est déjà debout, honorant cette apparition longuement espérée.

Fidèle à son habitude, il entame le concert avec quelques anecdotes pleines d’esprit et de malice. Avec son talent de conteur, il revient en particulier sur les diverses contingences, généralement administratives ou juridiques, qui ont contrarié ses venues en Europe depuis plus d’une quinzaine d’années. “J’ai déjà tout eu, mais cette fois-ci, ils ont fait encore plus fort”, déclare-t-il avec éloquence, “ils m’ont balancé un nuage volcanique!”. Puis il ajoute, à propos de son retour et de l’impact médiatique occasionné par “I’m New Here” . “J’ai appris quelque chose d’essentiel sur moi-même grâce à la sortie de cet album. En vérité pendant toutes ses années, j’avais disparu! C’est incroyable, j’ignorais que je possédais un don de disparition. Je préfère vous prévenir, au cas où vous ne me verriez plus sur scène pendant le concert”. Nul doute, GSH c’est du charisme et de l’intelligence à l’état brut.

Il reste encore à voir si sa voix a conservé la finesse de son esprit. Il s’assied derrière son vieux Fender Rhodes pour entamer Blue Collar, un titre extrait de l’album “Moving Target” (1982). I been down in New York City, that ain’t no place to be down / I have been lookin’ at the faces of children, you see we’re lookin’ for higher ground /You can’t name where I ain’t been down/‘Cause there ain’t no place I ain’t been down. Si quelqu’un devait douter de l’esprit visionnaire du vieux trickster, ce titre prophétique efface tous malentendus. Un groove minimal emplit immédiatement l’espace et sa voix basse semble avoir encore gagné en profondeur, comme bonifiée par les goulées de bourbon, les bouffées de malback et quelques extras moins licites.

Ses musiciens le rejoingnent sur scène pendant le touchant “Winter in America”. On retrouve des vieux compagnons de route du “Amnesia Express” et “The Midnight Band”. Il y a Tony Duncanson au Congas, Glen Astro Turner à l’harmonica qui, pour l’occasion, a cédé sa place à une énergique pianiste, dont le nom m’a échappé, qui nous a gratifié d’un morceau jazz rock bien allumé en milieu de concert. L’absence du saxophoniste Brian Settles constituera le seul petit regret de la soirée. Peu importe, le concert décolle et nous avec. We Almost Lost Detroit, Pieces of a Man, “Be Safe, Be Free, Be Strong”, les titres s’enchaînent avec la même intensité, toujours entrecoupés par des petites histoires dont seul GSH a le secret.

C’est le cas par exemple de son interprétation rocambolesque de l’origine du mot “jazz”, à travers laquelle il introduit un “Is That Jazz” enfiévré dans lequel la pianiste se lâche corps et âme. Unique titre du dernier album, la très belle adaptation de “I’ll Take Care of You” témoigne de l’atemporalité dans son message. Un peu plus tard, il profite d’un long solo de percussion pendant “The Bootle”, pour entamer quelque pas de danse. Souriant et d’une décontraction contagieuse, tout son être laisse transparaître le bonheur que lui procure cette tournée. Après deux rappels providentiels, le public en redemande encore! Trop tard, cette fois-ci, il a bel et bien disparu.

Lire également

Gil Scott-Heron, Me And The Devil, “I’m New Here”

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Folk: Mia Doi Todd, la clique cosmique

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Cela fait près d’une dizaine d’années que Mia Doi Todd louvoie dans les circuits folk pour y professer des messages optimistes, largement empreints de reliquats de philosophie new age caractéristique de la côte californienne.Tout au long de sa carrière discrète, mais très prolifique, elle s’est rapidement profilée comme une des voix du revival cosmic de Los Angeles, ce qui l’a amené à collaborer avec des personnalités aussi inspirées, qu’inspirantes, telles que Flying Lotus, Om’mas Keith, Carlos Niño ou Miguel Atwood-Ferguson qui l’ont érigée au statut d’égérie.

Avec son neuvième album, “Cosmic Ocean Ship” elle continue cette quête à travers des voyages interstellaires ou l’exploration d’environnements naturels ou urbains. Comme c’est le cas dans “All My City”, ode à sa ville natale Los Angeles. Le rendu très lisse de ces compositions surprend d’autant plus lorsqu’on sait qu’elles ont été enregistrées en 4 jours à partir d’un enregistreur 2 pistes analogiques. Une manière de démontrer la spontanéité et le talent de cette artiste unique.

ALBUM

  • “Cosmic Ocean Ship” (City Zen Records/Virtual Label)

Mia Doi Todd, All My City, “Cosmic Ocean Ship”

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Dub: Hype Williams, la valse des fantômes


La russe Inga Copeland et le londonien Dean Blunt aime cultiver le mystère, tout en construisant depuis quelques mois un univers lo-fi vaguement psychédélique qui ne manque pas d’intriguer. “Find out what happens when people stop being polite, and start gettin reel” (de Stilj), leur premier LP sorti en fin d’année passée imposait leur compositions distendues ou fragmentées par différents extraits de dialogues, l’intégration coupures qui densifient les procédés narratifs, au point de créer des petits scénarios.

Hype Williams, Your Girl Smells Chung When She Wears Dior, “One Nation” (2011)

Le clips du duo sont tout autant minimaux et radicaux. Généralement générés grâce à l’application astucieuse du stop & motion sur des images trouvées, ils s’enlisent dans des séquences aux langueurs léthargiques. Un phrasé nonchalant et fantomatique sur des productions bidouillées, les concerts de Hype Williams s’apparentent toujours à des formes d’expérimentations qui exacerbent le caractère aléatoire de la production artistique.

Hype Williams, The sweetest taboo (Sade cover) Hype Williams-The sweetest taboo (Sade cover) by andreizato

Un cocktail de tournoiements lointains de drones, sonorités étirées ou étouffées, l’univers de Hype n’est jamais très loin des relectures claustrophobiques de Burial ou des montages de Mount Kimbie. De manière assez judicieuse le prochain EP “Kelly Price W8 Gain Vol.II” est sur le point de sortir chez Hyperdub. Quant à l’album “One Nation”, limité à 1000 copies et déjà épuisé, il est sur le point d’être réédité.

Hype Williams - One Nation by Hippos In Tanks

CONCERT

  • 29.05.11 Paris / RBMA Stage Parc de la Villette -Jardin des Iles (14H30, gratuit)

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Live: Mama Rosin, rock en stock


Mama Rosin vient déverser son énergie cajun au CCS de Paris. À découvrir absolument!

Mama Rosin continue de faire son chemin en générant toujours la même énergie contagieuse à chacune de leurs apparitions. Fait assez rare pour un groupe helvétique, le trio s’est offert le luxe d’être invité en l’espace de quelques mois à deux des rendez-vous musicaux les plus prisés de Grande-Bretagne. D’une part, en octobre passé, il prenait place dans le carrousel télévisuel de Joss Holland. Un show qui constitue certainement la référence ultime pour acquérir une légitimité sur le territoire britannique. D’autre part, vers la fin du mois juin, ils prendront part au non moins prestigieux festival de Glastonbury.

Cette mini tournée anglaise se présentait ainsi comme une excellente prise de température. Parmi ces sept dates, deux concerts étaient organisés au Slaughtered Lamb de Londres. Une petite salle, munie d’une sono bringuebalante, située dans le sous-sol d’un pub de Farringdon. Lors de la deuxième soirée, les Mama Rosin avait invité The Hipbone Slim & The Knee Tremblers, avec qui ils ont collaboré sur “Louisiana Sun”, la dernière sortie de leur label Voodoo Rythm Records.

La pochette, très didactique, raconte comment les deux groupes se sont rencontrés lors du Festival Autour du Zinc de Beauvais et se sont rapidement qu’ils partageaient une même sensibilité pour les musiques en provenance de Louisiane, au point de se retrouver ponctuellement pour faire quelques sessions de studios. Une énergie que l’on retrouve sur scène lorsque Mama Rosin enchaîne son répertoire où les morceaux de cajun, de zydeco et les valses se succèdent avec la même patine, le même entrain contagieux. Difficile de ne pas être conquis par cette débauche de générosité spontanée qui rappelle à bien des égards à la Mano Negra, à John Spencer Blues Explosion et à tous ses projets qui ont su insuffler une nouvelle vitalité à des styles traditionnels, tout en préservant leur substance, leurs entrailles.

Dans une interview accordée il y a quelques mois, il précisait comment cette inclination les a poussés à s’intéresser en particulier à la musiquqe cajun: “Nous nous sommes aperçus que cette musique, qui semble assez limitée au niveau des instruments ou des histoires évoquées, dissimule en vérité une immense richesse. Un mélange évident de musique noire et blanche, un blues très fort et des textes très directs grâce à l’usage d’un français basique. Puis toute la beauté de son évolution avec le Zydeco et le Cajun, les orchestres de string band. C’est du Texas swing chanté en Français avec la puissance d’un duo mélodéon-frottoir ! Il y a aussi une certaine rareté, car c’est très difficile de trouver des vinyles ! En ce qui nous concerne, on a surtout rapidement associé ça au blues, à la musique africaine et, pour le dire franchement, on a été fasciné par ce côté rock’n’roll!

Une ambiance rock’n'roll qui prend encore une forme plus distincte lorsque les deux groupes se retrouvent ensemble sur scène. Même s’ils semblent appréhender quelque peu cette première confrontation devant un public, et l’apport d’un contrebassiste flambant neuf, le courant passe immédiatement. Un avant-goût très prometteur du prochain Paléo festival où les Mama Rosin seront accompagnés de The Hipbone Slim & The Knee Tremblers. Mais avant cela, le trio se produira au CCS de Paris la semaine prochaine à l’occasion de la sortie française de “Black Robert” et pour de nombreuses dates durant tout l’été. A ne pas manquer!

CONCOURS

A cette occasion, nous vous offrons quelques places. Pour gagner des invitations au concert du 25.05.11 au Centre Culturel Suisse de Paris (CCS), envoyez-nous un mail à contact@vibrations.ch, en indiquant “MERCI MAMA” dans le titre et avec vos nom et prénom dans le message. Il y a 2×5 places à gagner et les gagnants seront contactés par email.

CONCERTS

  • 25.05.11 Paris / CCS
  • 02.06.11 Lausanne / Les Docks, (en ouverture de JSBX)
  • 16.06.11 Belfort / La Poudrière
  • 28.06.11 Lausanne / Festival de la cité
  • 13.07.11 La Rochelle / Francofolies
  • 21.07.11 Nyon / Paléo Festival (avec Hipbone Slim)
  • 23.07.11 Taninges / Festigrat’s
  • 06.08.11 Crozon / Festival du Bout du Monde
  • 18.08.11 Genève / Festival de la Voile
  • 20.08.11 Yvoire / Les Mouettes Guincheuses
  • 19.11.11 Lyon / Festival Nouvelle Voix

Mama Rosin ‘Le Pistolet’, dans l’émission Later… With Jools Holland (01.10.10)

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Compilation: Perou - Colombie en première classe


Au moment où les premiers coups de chaleur nous font regretter, une série de compilations offrent des éclairages très instructifs sur quelques tendances qui ont bercé certaines parties du continent tout au long des années 60 et 70. Dans le même esprit que les compilations “The Roots of Chicha”, le quatrième volume de “¡Gózalo!: Bugalú Tropical” (Vampisoul) exhume l’influence de styles tels que le mambo, le Guaracha, la descarga et, comme son nom l’indique, le boogaloo dans la culture populaire péruvienne. On y retrouve entre autres Pedro Miguel Y Sus Maracaibos et la qualité d’ensemble de ces productions témoigne que les groupes de cette période n’avaient rien à envier à ceux de la Havanne ou de New York.

Miles Cleret (Soundway) explore quant à lui l’héritage colombien avec deux sorties successives se concentrant sur des légendes de cette période. Tout d’abord, “Cartagena!: Curro Fuentes and the Big Band Cumbia and Descarga Sound of Colombia 1962-72’ propose une plongée en 19 morceaux dans l’univers du musicien décédé l’an passé. Fuentes était une personnalité incontournable de cette période. Tout d’abord, il était le fils cadet de la famille propriétaire du label Discos Fuentes, qui avait déjà été l’objet d’une compilation soundway intitulée “Colombia!”.

Toutefois, il décide très tôt de faire cavalier seul en fondant son propre label, Discos Curro. Sa grande force avait été de réussir à reproduire le son puissant et brut des concerts de cumbia dans ses studios. Grâce à son indépendance et un esprit entrepreneurial digne de Berry Gordy, il n’a pas tardé d’accumuler les hits comme des patacones, tout en participant activement aux nouvelles orientations de la musique colombienne.

Cartagena! Curro Fuentes & The Big Band Cumbia and Descarga Sound of Colombia 1962 - 1972 by Soundway

Enfin, c’est au tour de Michi Sarmiento Y Bravos de bénéficier d’un coup de projecteur rétrospectif. Michi était un enfant prodige et il n’a pas attendu longtemps pour se faire un nom dans les cabarets et les bars de Carthagène des Indes. À partir des années 50, on le retrouve dans différentes formations avant de devenir un des caïds de l’écurie Discos Fuentes. “Aqui Los Bravos!:The Best of Michi Sarmiento y su Combo Bravo 1967-77″ offre une idée de l’énergie contagieuse qui régnait durant cet âge d’or de la musique colombienne.

Aqui Los Bravos! The Best of Michi Sarmiento y su Combo Bravo 1967 - 77 by Soundway

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Hip-hop: Tyler, Sous le soleil du Creator

tyler

Avec ses débuts tonitruants grâce à “Bastard”, Tyler The Creator offrait une vitrine inespérée pour les frasques narcotiques de son crew OFWGKA (le blog de Odd Future Wolf Gang Kill Them All qui regorge de mixtaptes à télécharger) ou, plus simplement, Odd Future. Quelques vidéos plutôt écoeurantes (on vous laisse les trouver), des flows englués par des gorgées généreuses de sirop, quelques provocations sataniques, des rimes mysogines, une esthétique aussi flippante qu’un mauvais trip, les nouveaux bad boys du hip-hop ont parfaitement su choqués les bienpensants, tout en s’attirant la bienveillance de leurs aînés.

Une récente collaboration avec les Neptunes ou Lil B qui avoue être un fan, Wiz Khalifa admettant qu’il faut vraiment en avoir pour faire ce qu’ils font ou Diddy proférant qu’ils sont le futur de l’industrie musicale, tout le monde semble s’emballer pour cette frénésie adolescente. “Je viens d’avoir 20 ans, mais j’ai l’impression d’en avoir toujours 15.” Ceci excuse peut-être que Tyler reconnaissance son admiration Justin Bieber, au point de le rencontrer.

Le regard toujours aussi désespérément opaque, Tyler Okonma, reste l’incontestable leader, au point de se pavaner avec une couronne sur la tête en couverture du NME la semaine passée et d’être l’objet d’un long article paru hier dans le NYT. De manière quelque peu troublante, il adment “ressentir une tendance suicidaire. Même si l’échéance est toutefois retardée étant donné que ma vie se déroule pas trop mal en ce moment”

Dans un registre moins lugubre, le portrait de Buffalo Bill sur Goblin ne manque pas de surprendre. “C’est une photographie de lui prise à 19 ans. C’est l’âge auquel j’ai terminé mon album”, précise-t-il à propos de cette référence surprenante dans un article de Pitchfork. “Buffalo was a real nigga”. Aussi irresponsables que talentueux, il ne fait aucun doute que leur humour jackass n’a pas fini de se déverser pour faire grossir leur hype.

ALBUM

  • Tyler “Goblin” (XL Records), sortie le 10 mai

Odd Future au Woodie Awards (16.03.2011)

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Expériences: Helado Negro, sculptures tropicales


Furetant dans les mêmes univers que la chillwave bricolée de Toro Y Moi ou les extrapolations bossa-nova d’Arto Lindsay, les compositions de Helado Negro s’apparentent plus à des sculptures sonores. Roberto Carlos Lange, qui est à l’origine de ce projet solo, a d’ailleurs été passablement impliqué en matière d’installations. On lui doit notamment une pièce composée de machines à écrire qui tape dans les rythmes les paroles de The Message.

Pour son dernier album “Canta Lechuza (Sing Owl)” (en écoute intégrale) il a néanmoins choisi un mode un peu plus conventionnel en allant s’isoler dans une cabane dans le Connecticut avec son home studio. Bien qu’il se retrouve perdu milieu des US, c’est bien l’Amérique latine que ce fils d’immigrés équatoriens vise à retranscrire à travers ce projet.

Même si certaines références sont explicites, comme la reprise du classique Celia de Leo Dan, les ambiances dégagées se rapprochent de bribes sonores qu’on entendrait comme si l’on se trouvait dans un état proche de l’hibernation ou quelques part sous une étendue d’eau.

Télécharger: Helado Negro, Regresa, “Canta Lechuza (Sing Owl)” (Asthmatic Kitty), sortie le 10.05.11

Télécharger: Helado Negro, Deja

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Film: The Black Power Mixtape, 1967-1975


L’histoire des revendications afro-américaines des années 60 et 70 a déjà fait l’objet d’un certain nombre de documentaires et, après l’élection d’Obama notamment, la radicalité de cette cause tendrait facilement à se diluer dans les routines langagières de l’idéal démocratique. Ce n’est pas le moindre des qualités de “The Black Power Mixtape 1967-1975″ de rappeler l’intensité et les paradoxes de cette période cruciale pour l’évolution des questions de races aux Etats-Unis.

On y retrouve la verve et le style des grandes figures de l’époque. En particulier le charismatique Stokely Carmichael qui en 1967, avait apporté une pièce importante à la cause en écrivant l’ouvrage Black Power avec Charles V. Hamilton. C’est à lui qu’on doit l’idée de racisme institutionnel et il poursuivra son positionnement pan-africaniste radical en se réfugiant en Guinée avec son épouse de l’époque, Miriam Makeba. Bobby Seale, Huey P. Newton et Eldridge Cleaver, tous les piliers des Blacks Panthers sont aussi présents pour nous rappeler la rhétorique militariste radicale qui avait cours durant cette période.Dans une interview poignante, l’impériale Angela Davis raconte son enfance dans l’Alabama et la peur constante d’être la cible d’aggressions verbales ou physiques. À travers les différentes péripéties qui ont jalonné son inculpation, on comprend très vite l’hermétisme coupable des instances étatiques.

Cet aide-mémoire chronologique aborde également les répercussions tragiques qui ont suivi les vagues de répression. Les assassinats, l’afflux d’héroïne de nombreuses séquences témoignent, quelquefois de manière cruelle, de l’érosion progressive des espoirs et des solidarités tout au long de cette décennie capitale. La grande originalité de ce documentaire tient au fait que l’intégralité des images qui le constituent ont été produites par des journalistes rattachés à la chaîne de télévision nationale Suédoise. Ce regard externe témoigne à quel point la cause des Black Panthers connaissait un écho favorable auprès des certaines franges progressistes européennes et on ne manque pas d’être surpris par ce ton résolument partisan. Si l’ensemble du documentaire de Goran Hugo Olsson est parfaitement réalisé, il faut également noter l’excellente BO signée par Guestlove et Om’mas Keith.

Même si ces extraits télévisés sont exclusivement d’époque, le producteur de ce docuementaire, qui n’est autre que Danny Glover, a demandé à certains porte-paroles actuels de la cause afro-américaine d’émettre des commentaires. Erykah Badu, ?uestlove ou Talib Kweli, donnent ainsi des éclairages extrèmement enrichissant sur l’actualité des questions de race aux Etat-Unis. A ce titre, Talib Kweli révèle cette anectode inquiétante survenue il y a quelques mois. Peu de temps après avoir visionné un discours de Stokely Carmichael sur Internet, il a été arrêté à l’aéroport de Los Angeles par toute une troupe d’agents en costume noir qui l’ont interrogé sur les raisons de cet intérêt pour le leader subversif. Une manière de rappeler que, quarante ans plus tard, il subsiste quelques tabous au pays de la libre-expression.

FILM

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Film: Genesis Breyer P-Orridge, la mélodie du bonheur


Inaugurée le 18 octobre 1976 au ICA, une exposition intitulée “Prostitution” est rentrée dans les annales à cause du tollé qu’elle avait suscité en Grande-Bretagne. La présentation d’images pornographiques, de chaînes, de seringues ou de tampons usagés heurta à tel point les sensibilités que le centre d’art fut contraint de retirer les pièces incriminées. Un député conservateur, présent lors du vernissage, s’insurgea dans la presse people contre cet “outrage maladif, sadique, obscène et diabolique”. Des compliments s’adressaient à Genesis P-Orridge et son collectif COUM Transmissions. Une bande d’agitateurs radicaux qui poseront les jalons de la musique industrielle sous le nom de Throbbing Gristle.

Cet épisode permet de revenir sur l’inclination de P-Orridge pour la performance et l’art contemporain comme des supports pour diffuser son goût prononcé pour explorer les paliers de la déviance. Le documentaire “The Ballad Of Genesis And Lady Jaye”, réalisé par Marie Losier, revient sur le parcours d’un iconoclaste né Neil Andrew Megson en 1950, depuis son enfance à Manchester jusqu’à son projet de fusion “pandogynique” avec Lady Jaye. Alter ego et compagne, subitement décédée en 2007.

Une ballade étonnante dans le quotidien d’une personnalité baroque et subersive qui, depuis plus de 30 ans, a toujours su bousculer les principes du “bon sens” et de la morale avec une remarquable perspicacité. À noter que cette ballade offre également une occasion pour retrouver Peter “Sleazy” Christopherson décédé en novembre dernier. Parallèlement à son projet avec Coil, il était également à l’origine de TB et de Psychic TV.

Marie Losier, “The Ballad of Genesis and Lady Jaye” (2011)

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Expérience: Alice Coltrane, fragrances indiennes


La musique divine possède des vertus curatives, c’est un don de dieu qui apporte chaleur et réconfort à l’âme. Cette musique peut élever l’esprit vers une dimension supérieure d’être qui est empli de paix et de joie. La musique divine restitue le son de la vie authentique, la sagesse et la félicité. Cette musique transcende les frontières géographiques et linguistiques, les distinctions d’âge ou d’éducation. Elle pénètre profondément dans les coeurs et l’âme. Elle est sacrée comme un son glorieux infini s’infiltrant dans le tombeau du Seigneur

Peu de temps après le décès de John Coltrane, Alice a entamé une quête mystique qui l’a amené a transformé radicalement son mode de vie. Suite à une révélation, elle adopte le nom de Swamini Turiyasangitananda (du sanskrit “la chanson la plus élevée de Dieu”) et commence à suivre les préceptes du gourou Sathya Sai Baba. Ce penchant pour les puissances cosmiques fait l’objet de quelques sorties entre la fin des années 60 et les années 70 chez Impulse! et Warner.

On lui doit une dizaine d’albums, dont le classique “Journey in Satchidananda” (1970), qui transfert les explorations cosmiques dans le registre de la philosophie orientale. Une émission entière de Spaceways, le programme de Carlos Nino sur dublab, est d’ailleurs consacrée à cette période de sa vie. Sa discographie officielle s’arrête en 1983, lorsqu’elle se retire dans un ashram qu’elle contribue à fonder dans les montagnes bordant Los Angeles.

Cela ne signifie pas pour autant que son activité musicale était totalement terminée puisqu’elle a continué à enregistrer des chants de dévotion et de prières disponibles uniquement à travers le catalogue du Vedantic Center Sai Anantam Ashram. Les quatre albums, “Turiya Sings” (1982), “Divine Songs” (1987), “Infinite Chants” (1990), “Glorious Chants” (1995) ont été réalisés par Alice Coltrane durant sa retraite, jusqu’à la sortie de “Translinear Light” en 2004.

Des incantations à l’exaltation, percussions cristallines, harpes kaléidoscopiques et drones à cordes, le mix concocté par Frosty, le fondateur du site Dublab, offre un aperçu très planant de la bande-son cosmique de cette quête. Cette philosophie visionnaire est d’ailleurs aujourd’hui largement perpétuée par toute une génération néo-new-age californienne. Son fils Ravi Coltrane et son neveu Flying Lotus occupent une place particulière dans la canonisation de cette grande dame décédée en 2007.

ECOUTER

Télécharger: Frosty, Alice Ashram Tape Mix (”Save from the Fire” Series - RBMA Radio)

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Hip-hop: Shabazz Palaces, échos d’ancêtres


Des rythmes aux pulsations expansives, des poèmes déclamés sur un timbre reverbérant, le tout entrecoupé par une séquence de mbira. On ne tarde pas à être saisis par les densités spectrales qui hantent “An Echo from the Hosts That Profess Infinitum”. Ce premier single intriguant de Shabazz Palaces, dont le premier album “Black Up” est annoncé pour mai chez Sub Pop, continue de professer un discours orientalisant, largement imprégné de mysticisme.

Une atmosphère énigmatique que cultive également Ishmael “Butterfly” Butler, ex-Digable Planet et figure centrale du projet sous le nom de Palaceer Lazaro. Avec un peu de chance, “Black Up” pourrait bien être le même type d’ovnis messianique que “A Sufi and a Killer” de Gonjasufi ou de “Shafiq En A-Free-Ka” de Shafiq Husayn.

Télécharger: Shabazz Palaces, An Echo from the Hosts That Profess Infinitum, “Black Up”, 2011 (Sub Pop)

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Joy Orbison, émetteur d’ondes de chocs


Que chaque jour dévoile une nouvelle sensation musicale, c’est presque devenu anecdotique depuis l’avènement des sites de partage et des blogs. Pour certains, le fameux « buzz » part aussi vite qu’il est venu, l’histoire de quelques semaines au mieux. Joy Orbison, quant à lui, maintient ce bourdonnement depuis plus d’un an, au gré de sorties et de remixes attendus comme les premières hirondelles du printemps. Ses productions sont pourtant rares, seulement quatre maxis, mais le jeune producteur londonien provoque une onde de choc qui se ressent bien au-delà de sa chapelle dubstep, sur l’ensemble du territoire électronique.

Malgré un premier maxi tellurique sorti en 2009 chez Hotflush (dont un Hyph Mngo sélectionné par Pitchfork comme l’un des meilleurs morceaux de l’année) , Peter O’Grady de son vrai nom, n’était pour certains que « le neveu de ». En l’occurrence Ray Keith, une ancienne gloire de la jungle dans les 90’s. Sa meilleure réponse à ses détracteurs, Joy Orbison l’a apporté via des productions novatrices inspirées des rythmiques dansantes du 2-step renforcées d’un travail sur les atmosphères plutôt house.

Au moment où le dubstep s’ennuie des wobbles, ces basses assourdissantes, et s’enferme dans des ambiances trop sombres, sa déclinaison plus légère s’accorde avec l’air du temps. Le jeune prodige se produira jeudi 10 mars, à la Machine du Moulin Rouge à Paris. Il figure à l’affiche de la soirée parisienne aux côtés de Lone (Magic Wire Recordings), Boxcutter (Planet Mu/Hotflush) et Max Cooper (Traum).

Par Damien Baumal

CONCERT

  • 10.04.11 Moulin Rouge / Paris

Joy Orbison, Wade In radio snippet, (Hotflush)

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Brésil: Ô Abre Alas


Comme chaque année, le carnaval de Rio marque le climax de la frénésie qui touche le Brésil pendant cette période où tout coule à flot. Musiques, boissons et liquidités, le carnaval faisant affluer près de 900 millions de dollars dans la ville.

Parallèlement à la partie officielle se déroulant au Sambodromo, où les 12 grandes écoles de samba rivalisent pour obtenir le titre de championne du carnaval, l’énergie est avant tout concentrée dans les rues grâce aux blocos de carnaval. A savoir, les groupes qui organisent des parades avant le carnaval dans les différents quartiers de la ville, drainant aux rythmes de vieilles sambas la majorité des quelques 800′000 fêtards. Après une baisse d’intérêt des durant les années 90, en grande partie due aux violences souvent associées à ses parades, une nouvelle génération de Cariocas semble avoir redonner un second souffle à cette tradition. Certains risquent d’être particulièrement épuisés après avoir été contraints de rattraper les outrages causés par l’énorme incendie qui a ravagé le mois dernier les entrepôts dans lesquels la plupart des chars étaient stationnés.

Même s’il ne traite pas exclusivement des sambas percussives et des clichés carnavalesques, cet excellent article de Boebis dans la revue Interlignage offre une survol très instructif de l’histoire de la musique brésilienne. On y apprend notamment que “les premiers carnavals brésiliens ont lieu en 1840. Ils n’avaient au départ aucun lien avec la samba ; on y jouait des polkas et des valses. C’est seulement à la fin du XIXe siècle avec les migrations d’esclaves bahianais affranchis vers Rio que les percussions font leur entrée.“. Composée en 1899 par Chiquinha Gonzaga, Ô Abre Alas est à ce titre reconnue comme étant le premier morceau écrit spécifiquement pour le carnaval. Les deux parties de ce texte sont accompagnée d’une sélection de titres qui, des choros du début du XXe siècle au bailé funk, couvre un spectre très large des courants qui ont traversé le pays.

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Portico Quartet: fusion communautaire


Les quatres jeunes Londoniens du Portico Quartet continue a dispenser leur jazz ascensionnel aux quatre coins du globe. Leur premier album, “Knee-Deep in the North See”, fait l’objet d’une réédition française et ils se produiront lors de cette édition du Cully Jazz Festival

Sous la véranda lumineuse, quelques bouteilles résiduelles parsemant une longue table conviviale trahissent une soirée bien animée.« C’était notre première soirée à Londres après plusieurs semaines de tournée, justifie Jack en préparant une solution effervescente, on avait vraiment hâte de pouvoir retrouver nos amis ». Cela fait plusieurs années que Jack Wyllie (saxophone), Duncan Bellamy (batterie), Milo Fitzpatrick (contrebasse) et Nick Mulvey (hang et percussions) vivent sous le même toit.

Au-delà des fêtes, que l’on devine très animées, cette promiscuité a largement participé à forger l’amitié fraternelle qui a toujours porté le groupe, en particulier leur motivation à se produire dans les rues. « Pendant plusieurs mois, nous jouions chaque samedi après-midi aux abords du National Theatre. C’était un peu comme d’enchaîner 5 à 6 concerts à la suite et cela nous a donné beaucoup de liberté pour explorer devant un public ».

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Livre: Vocoder, une histoire secrète du XXe siècle


Quel est le point commun entre Alexandre Soljenitsyne et les Daleks de Dr Who, Winston Churchill et le Pack Jam’s des Jonzun Crew ou encore Joseph Staline et Milli Vanilli ? Le journaliste Dave Tompkins répond à la question dans un livre au titre crypté

Du discours politique à la rengaine disco, ils ont tous eu recours à un moment ou l’autre à un vocodeur pour diffuser leurs messages. C’est en grande partie ces relations insoupçonnées que Dave Tompkins s’est employé à relever dans son ouvrage “How to Wreck a Nice Beach : The Vocoder from World War II to Hip-hop“. Bien avant de permettre aux chanteurs d’avoir une voix machinique, le vocodeur répondait à des finalités beaucoup plus prosaïques. Lancée sur le marché en 1939 par la firme AT&T, cette technologie de synthèse vocale visait à optimiser les conversations téléphoniques. En partie pour réduire le coût des appels longue distance, mais surtout pour offrir un mode de télécommunications suffisamment cryptées, le nom est une contraction de voice coder, pour ne pas être interceptées par les forces ennemies.

Invité par le magazine Wire pour faire une conférence au mythique Café Oto de Dalston, une foule compacte s’est déplacée pour suivre ce cours magistral d’histoire contemporaine. Sourcils fournis et la répartie aussi précise que son écriture, il impose d’emblée le style fresh qui colle à son sujet fondamentalement oblique. En s’appuyant sur de nombreuses sources sonores et visuelles, le journaliste américain fait ressurgir toute une pluralité de voix synthétiques qui nous permettent de porter un regard rafraîchissant sur des courants plutôt obscurs du XXe siècle. L’origine de cette nouvelle forme d’élocution découle du désir de pouvoir réduire, et recomposer, la parole à ses composants élémentaires. Cette voix robotique triturée était qualifiée comme une “distorsion acceptable pour assurer la sécurité” par un des ingénieurs à l’origine du projet.

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Dubsteb: James Blake, basses fréquences acidulées


Le propre du dubstep, en tous les cas ce qui a participé à son essor, aura certainement été sa porosité vis-à-vis de genres musicaux très différents. Le reggae, bien sûr, mais aussi la trance, la house ou les musiques expérimentales, tout peut potentiellement être dilué dans cette potion de basses fréquences. Dans le domaine, James Blake amène une touche lyrique et dépouillée qui s’éloigne des ambiances enfumées et pesantes qui définissaient le genre initialement.

Après une formation académique de pianiste, ce londonien de 22 ans s’est peu à peu fait connaître grâce à une série de EP, ainsi que ses collaborations sur scène avec Mount Kimbie. Tout comme le duo, ou comme Burial, Blake approche le dubstep en attachant une attention particulière dépecer les sons afin d’en extraire des textures raffinées. Déjà repéré avant son EP Klavierwerke (2010), notamment par Gilles Petterson, il acquiert une reconnaissance plus large grâce à sa reprise entêtante des quelques du “The Limit to Your Love” de Feist.

Avec la sortie imminente de son premier album éponyme, dans lequel on retrouve également Mount Kimbie, Blawan, Klaus, Catherine Okada et The Tallest Earth Man On Earth, il ne fait aucun doute que 2011 va constituer une année charnière pour le musicien et son label R&S Records.

ALBUM

  • James Blake, “James Blake” (R&S Records), sortie le 07.02.11

James Blake, The Wilhelm Scream (2011)

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Expérience: The Dirtbombs, il était une fois Detroit


Dans le registre des commémorations, 2011 marque un anniversaire particulier pour les musiques électroniques. En effet, il y a 30 ans trois lycéens de Detroit, Paul Lesley, Roderick Simpson, Sterling Jones qui devaient par la suite être retenus sous le nom de A Number Of Names, produisaient un premier, et unique, morceau qui est reconnu comme le jalon initial de l’ère Techno. Ceci en grande partie grâce à un repressage du titre en 2001.

Sharevari était largement inspiré par les pratiques de DJ’s de cette période, notamment en intégrant des effets de superpositions donnant l’impression que deux disques étaient joués simultanément. Le morceau s’insérait parfaitement dans l’attirance des clubs de Detroit pour reproduire le glamour sophistiqué des productions européennes de Moroder, de Kraftwerk ou de la new wave. Une ambiance particulièrement bien retranscrite dans le programme TV The Scene, qui participera à populariser le morceau.

Également originaire de Detroit, The Dirtbombs revisite cet héritage à travers leur nouvel album “Party Store”. En rejouant avec des instruments les beats et les boucles originellement produits avec des ordinateurs, ils se rapprochent des ambiances qui rappellent Liquid Liquid ou ESG. Parallèlement au séminal Sharevari, on retrouve également des reprises du Good Life de Kevin Saunderson ou du Jaguar de DJ Rolando ou de Carl Craig.

ALBUM

The Dirtbombs - Jaguar (Ectomorph Remix) by ScionAV

The Dirtbombs, Sharevari, “Party Store” (2011)

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Exposition: EUROPUNK, la révolution graphique


Illustration: “Asphalt Jungle” (Skydog Records) par Loulou Picasso

EUROPUNK présente une sélection d’objets qui, d’une manière ou d’une autre, cristallisent le zeitgeist du mouvement punk européen

Dans la culture anglophone, les qualités esthétiques et culturelles des mods, punks et autres gothiques sont depuis longtemps des indicateurs indispensables dès qu’on traite des mutations touchant les franges juvéniles.Dès le milieu des années 70, une génération de jeunes sociologues, rattachés au CCCS de Birmingham, posaient les jalons de ce qui allait devenir les cultural studies. A l’origine, leurs travaux visaient essentiellement à démystifier des pratiques sociales qui tendaient à être de plus en plus fréquemment stigmatisées, voire même diabolisées, par les médias et l’opinion publique.

Posée sommairement, la fonction des sous-cultures visait avant tout à compenser des lacunes ou à résoudre certaines contradictions héritées de la génération précédente. Ces diverses formes de rituels se présentaient comme des réponses pour gagner de l’espace, se construire une relative autonomie. Les musiques populaires, ainsi que les différents lieux, les médias et les vêtements qui leur étaient associés, devenaient des marqueurs privilégier pour affirmer des identités et des styles de vie alternatifs et spectaculaires.

Plus de trente ans après son apogée, les procédures de canonisation des formes d’expressions propres aux sous-cultures semblent timidement se mettre en place dans le monde francophone. Par exemple, il aura fallu plus de trente ans pour que l’étude sémiologique de Dick Hebdige sur le mouvement punk, “Subculture: The Meaning of Style”, fasse enfin l’objet d’une traduction.

Cet univers constitue le thème d’”EUROPUNK, la culture visuelle punk en Europe, 1976-1980″, une exposition proposée par Éric de Chassey et Fabrice Stroun à la Villa Médicis de Rome. Cette exploration des franges indignes de l’histoire de l’art, permet de (re)découvrir notamment l’approche radicale des membres légendaires Bazooka. Portés par un goût pour la subversion hérité du situationnisme, les membres de ce collectif parisiens ont hardiment sabordé les normes et les conventions graphiques de cette période.

De Actuel à Metal Hurlant, en passant par des pochettes pour Elvis Costello ou Starshooter, on retrouve leurs collages DIY dans une bonne partie de la presse alternative française de la deuxième moitié des années 70. Leur sens de l’activisme proche du commando a pris une dimension particulière en 1977. Suite à une requête de Serge July, Bazooka avait été convié à réorganiser à leur guise le contenu du journal avant que les épreuves ne partent à l’impression.

EXPOSITION

  • Villa Médicis / Rome du 21 janvier au 20 mars 2011
  • Mamco / Genève du 8 juin au 18 septembre.

SITES

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Expérience: Girl Talk, l’ordinateur en sueur


En offrant une nouvelle série de mashups avec “All Day”, Girl Talk mettait un terme à une décennie décisive en matière de propriétés intellectuelles et de droits d’auteurs

Le 15 novembre dernier, le label Illegal Records marquait un grand coup en offrant “All Day”, le cinquième album de Gregg Gillis, aka Girl Talk, en téléchargement gratuit. Assailli par des dizaines de milliers de fans, leur serveur a même fini par crashé, amplifiant encore un peu plus la légende du producteur de Pittsburgh dans les différentes arcanes du Web 2.0. Une reconnaissance telle que la ville de Pennsylvanie, où batifolait également le jeune Andy Warhol, a même décrété le 7 décembre comme étant le “Gregg Gillis Day”.

Une manière involontaire de nous rappeler le Grey Tuesday, lorsque The Grey Album de Danger Mouse avait été mis en ligne par des centaines de fans à travers le monde suite à son interdiction par EMI. C’était le 24 février 2004 et grâce à cette combinaison de la voix du rapper de Marcy et des mélodies des icônes de Liverpool, le grand public découvrait les nivellements apportés à la pop music par les bootlegs et autres mashups. De plus, l’abandon des poursuites judiciaires par les maisons de disques avait officieusement contribué à la reconnaissance de pratiques déjà exploitées depuis quelques années à travers les remixes ou les versions.

Un mashup consiste à utiliser deux, ou plusieurs morceaux, afin de composer un morceau inédit. Le vieux et l’actuel, le kitsch et le sérieux, le riffs et les kicks, le folk, le hip-hop, la house, etc., peu importe les époques ou les genres, tout est potentiellement apte à être combiné afin d’offrir de nouvelles directions esthétiques. Tournant définitivement le dos à quelques idéaux artistiques telles que l’authenticité ou l’unicité, Girl Talk est probablement le personnage le plus emblématique de cette tendance. Chacun de ses albums ou de ses lives est ainsi submergé par des essaims d’extraits, “All Day” en compte 373 au total, qui se fondent et s’entrechoquent les uns avec les autres avec un entrain frénétique.

AIMER TOUT, A PRIORI

De plus, pour parfaire ce plaisir échangiste, il opère ces citations en toute illégalité, mettant le doigt sur les problèmes de désynchronisations qui touchent l’industrie musicale à l’ère de la reproductivité numérique. En effet, dans “Good Copy Bad Copy“, il explique que cela prendrait tellement de temps et d’argent pour obtenir les droits sur tous les morceaux, que cela rendait l’opération totalement impossible. Plutôt que de se sentir brider face à toutes ces tracasseries, Gillis a choisi un credo très simple: “Rien à cirer”.

A l’écoute de ces cultes du syncrétisme et de la transpiration, on peine à imaginer que c’est dans les atmosphères flegmatiques de la musique expérimentale et bruitiste que Gregg Gillis a fait ses premiers pas. Comme il l’explique dans un article du New York Times, il s’est peu à peu ouvert en suivant un principe du type. “Plutôt que de partir que je n’aime pas a priori, j’ai préféré partir du principe que j’aimais tout, jusqu’au moment où je suis convaincu que non“. Devenant en quelque sorte fan de toutes les musiques, il s’est engagé à traduire cette curiosité gourmande à travers ces productions “Je me suis simplement dit que si tout cela pouvait partager le même toit, ça pourrait donner une pagaille plutôt intéressante“.

Collecter, échantillonner, combiner, archiver, etc. les nouveaux logiciels lui ont permis de transformer l’art du sampling en une véritable procédure scientifique. Le résultat est plus que satisfaisant, en particulier lors de ses performances live qui semblent tendre vers une sorte de climax perpétuel. Tel un nerd sorti de sa boîte, les exultations de Gillis parviennent même à donner à l’ordinateur une aura toute rock’n'roll. Décidement, quelque chose a bel et bien changé durant cette décennie…

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Club: Chase & Status, une réalité augmentée


En décembre dernier, une vidéo créait un buzz conséquent sur Internet. On peut y suivre les pérégrinations d’un groupe de jeunes mancuniens dans une rave party au début des années 90. Grâce à un style home video très réaliste, on est rapidement plongé dans l’authenticité de ces fêtards à l’accent tranché au point de se laisser emporter par quelques remontées d’empathie.

La préparation du matos, les coups de fil agités, les virées en voitures, la communion extatique et quelques grincements de dents dans les brumes matinales, on ne manque pas d’être impressionné par l’éventail et la précision des détails de ces escapades historiques. Pour un peu, on ne prête pas vraiment attention à la superposition d’une bande-son aux relents d’acid-house quelque peu anachronique.

Le titre du morceau, intitulé “Blind Faith” de Chase & Status avec Liam Bailey, donne pourtant un indice de lecture précieux. En effet, ce que l’on prend aveuglément comme une vidéo d’époque authentique consiste en réalité en une reconstitution parfaitement orchestrée par Daniel Wolfe. Le réalisateur et son équipe avaient déjà démontré un certain talent pour les faux-semblants accompagnant Life Goes Down de Plan B. Avec cette recomposition plus intimiste et confondante, ils atteignent encore un niveau de perfection supplémentaire.

Chase & Status, Blind Faith, feat. Liam Bailey (Dir. Daniel Wolfe)

Chase & Status ‘Blind Faith’ Directors Cut from Trim Editing on Vimeo.

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Expérience: Pierre Schaeffer, une réflexion visionnaire


Photo: Pierre Schaeffer au GRM (1967), Laszlo Ruszka ©ina

“En rencontrant Pierre Schaeffer, j’ai eu immédiatement le sentiment d’avoir trouvé ce que serait le sens de ma vie de musicien: l’excitation toujours intacte de fabriquer des objets sonores que ce soit devant un magnétophone, avec de la bande magnétique, des ciseaux et du scotch, devant un synthétiseur analogique ou enfin devant un ordinateur aujourd’hui, grâce aux logiciels numériques”. C’est ainsi que que Jean-Michel Jarre évoque l’influence décisive de Schaeffer alors qu’il suivait des cours au GRM (Groupe de Recherches Musicales) au tournant des années 60.

En prônant une approche expérimentale de la musique fondée avant tout sur les sons, les objets sonores, plutôt que sur les notes ou les harmonies, il a participé de manière décisive à faire concorder l’expérience musicale avec les avancées technologiques de son temps. À ce titre, c’est en grande partie grâce à des différents mandats au sein des départements de recherche des services de radio et de télédiffusion que Schaeffer peut opérer ses manipulations hors-norme de la matière sonore. C’est là notammentqu’il développe certains outils inédits par exemple le loop qui avec l’avènement des techniques d’échantillonnage dans les musiques populaires.

Pour fêter le 100e anniversaire de sa naissance, les Disques Dreyfus ont édité un vinyle en série limitée. Grâce à “5 études de bruits” (1948) et « Études d’objets” (1956), cet hommage offre un aperçu synthétique des origines de la musique concrète. A savoir, cette aptitude à créer de la musique avec n’importe quel son. Les énoncés scientifiques des morceaux, du séminal Études aux chemins de fer aux Objets rassemblés, témoignent de cette mise à distance des normes de la tradition musicale.

Une belle manière de relever l’influence déterminante que les visions du père de la musique concrète a pu avoir dans l’histoire de la musique électronique. En effet, comme le souligne Jean-Michel Jarre, “de Pierre Henry à Daft Punk, de Pink Floyd à Aphex Twin, de tous les styles de compositions contemporaines au travail des DJ’s, la musique telle qu’on la conçoit aujourd’hui n’existerait pas sans l’extraordinaire réflexion visionnaire de Schaeffer”.

ALBUM

  • Pierre Schaeffer, “5 études de bruits 5 études aux objets” (Disques Dreyfus)

Pierre Schaeffer, “etude aux chemins de fer” (1948)

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Expérience: Chris Strachwitz, Arhoolie fête ses 50 ans


Du jazz traditionnel au hillbilly, en passant par le gospel le cajun ou le blues, Chris Strachwitz s’est découvert une passion pour diverses formes de musiques vernaculaires américaines alors qu’il n’était encore qu’un adolescent tout juste débarqué d’Allemagne après la guerre. “Ces rythmes me hantaient” déclare-t-il à ce propos de ce choc esthétique. “J’avais entendu toutes ces productions à la radio qui m’avaient littéralement renversé. Je me suis dit que c’était les plus belles choses que je n’avais jamais entendues ”. Il entama aussitôt sa collection frénétique de 78t et commença à vouer une admiration sans limites au guitariste Lightnin’ Hopkins.

Pendant les années 60, deux voyages dans les sud des États-Unis vont constituer des étapes importantes pour le regain d’intérêt en matière de blues et de folk durant cette période. C’est dans un esprit de sauvegarde et de connaissance du patrimoine que le label a été inauguré en 1960 grâce à la sortie du “Texas Sharecropper and Songster” de Mance Lipscomb, suivi aussitôt par le “Tough Times” de Big Joe Williams. Par la suite le duo Strachwitz-Oliver continua à faire des expéditions, principalement au Texas, dans le Mississippi et en Louisiane, pour enregistrer les musiciens dans leurs environnements familiers.

Strachwitz collaborait fréquemment avec des historiens et des ethnomusicologues, en particulier Paul Oliver et Mack McCormick, qui s’activaient à retracer les origines de ces différents courants musicaux. À l’aide d’enregistrements, d’interviews et de photographies, ils vont permettre la découverte de musiciens qui deviendront des influences marquantes. Bukka White, Lightnin’ Hopkins, Lipscomb, Mississippi Fred McDowell ou encore Clifton Chenier, toute une nouvelle génération allait s’inspirer de ces compositions profondes et irrémédiablement nouées à l’histoire de leur pays. Bob Dylan, Ry Cooder, les Rolling Stones et tant d’autres reconnaissent l’impact majeur d’Arhoolie sur leur parcours.

Chris Strachwitz s’est également intéressé très tôt aux traditions musicales mexicaines et a amassé au fil des décennies une collection coquette de près de 50′000 disques qu’il a récemment légué au Chicano Studies Research Center de l’Université de Los Angeles. Une passion retranscrite également à travers le film “Chulas Fronteras” (1976) qui retrace l’histoire de la musique Norteña aux abords de la frontière entre le Mexique et les USA. On le retrouve également dans le documentaire “J’ai été au bal” (1989) sur le zydeco.

Qu’il s’agisse du label Arhoolie ou de son engagement personnel, l’influence de Chris Strachwitz pour la pérennisation des musiques vernaculaires américaines est unique. De plus, et ce n’est la moindre des qualités dans ce domaine, ce visionnaire est toujours resté un modèle d’intégrité dans son rapport avec les artistes qu’il a produit ou soutenu à travers la Arhoolie Foundation.Afin de fêter les 50 ans du label, Arhoolie va sortir un coffret de 4 CD, retraçant les principaux moments du label et accompagné d’un livret largement documenté qui sera disponible dans un premier temps sur le site du label.

Archivage des musiques mexicaines et chicano par l’UCLA

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Livre: Psychedelic Vinyls, des pochettes au goût acide


Depuis quelques années Philippe Thieyre met à profit son érudition en matière d’art psychédélique et sa vaste collection de disque à travers des expositions, des publications ou des contributions journalistiques dans Rock & Folk ou pour l’émission Alternatives sur France Inter. Cette fois-ci, il revient grâce cette impressionnante anthologie de pochettes de disques vinyles produites principalement aux États-Unis entre 1965 et 1973.

Comme le précise l’auteur, “tout bascule à partir de 1965 et surtout de 1966, année de l’ouverture de deux salles de concert mythiques à San Francisco : le Fillmore Auditorium et l’Avallon Ballroom. C’est pour ces lieux, sous l’égide de promoteurs légendaires, Bill Graham pour le premier, Chet Helms pour le second, que des graphistes sont invités à concevoir et à réaliser, avec une liberté absolue, des affiches de concerts originales et personnalisées“.

Cette floraison s’étendra logiquement à l’objet-disque dont le graphisme va se parer des circonvolutions et juxtapositions inspirées par l’expérience hallucinogène, générant esthétique dont l’influence est encore énormément présente à l’heure actuelle. C’est en tous les cas le sentiment qui prédomine lorsqu’on se plonge dans le foisonnement créatif déployé sur chacune des pages de cet ouvrage.

Au total, 1350 pochettes légendées avec mention du titre, du groupe ou du musicien, du label avec l’année de parution et le nom de l’artiste ou du graphiste. Parallèlement à cet inventaire méthodique, le livre est agrémenté d’une introduction présentant l’histoire du psychédélisme, ainsi que d’ouvertures de chapitres qui se focalisent sur les déclinaisons locales de ce courant.

Grateful Dead, Frank Zappa ou Jefferson Airplane, les grands noms balisent bien évidemment ce trip. Toutefois, même les amateurs éclairés ne manqueront pas d’être impressionnés par le fourmillement de groupes obscurs qui jalonnent l’ouvrage et qui nous plongent littéralement dans cet univers parallèle. Seul petit bémol à cette somme, des images quelquefois un peu trop petites et un layout redondant.

LIVRE

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Expérience: Tradi-Mods vs Rockers, tribalisations sans frontière


On sait à quel point la découverte des rythmes amplifiés de Konono N°1 a eu un impact particulièrement puissant sur toute une génération de musiciens, séduits par ces atmosphères de transe finement ciselées à l’aide de likembés amplifiés. Quarante ans après leurs débuts dans les faubourgs de Kinshasa, l’empreinte sonore tradi-moderne du groupe semblait en parfaite adéquation avec certaines orientations récentes, en particulier lorsqu’on touche aux relectures des musiques traditionnelles africaines, à l’usage d’instruments bricolés ou à certaines orientations en matière de drones.

En grande partie grâce à la visibilité acquise par Konono N° 1, toute une scène congolaise se faisait connaître du public occidental par le biais de la série Congotronics. Ces différents aspects prennent des tonalités particulières à travers le projet “Tradi-Mods vs Rockers” dans lequel un éventail très large d’artistes ont été invités à retravailler le répertoire de Congotronics. Vingt-six titres qui témoignent de l’engouement unanime pour cet avatar électronique en provenance d’Afrique de l’Ouest.

Qu’il s’agisse des violons aériens d’Andrew Bird ou de la techno hypnotique de Mark Ernestus, en passant par les incantations dissonantes de Shackleton ou le radicalisme formel d’Oneida, ces relectures disparates conservent une étonnante cohésion d’ensemble et participent à faire ressortir les relations entre des traditions musicales trop souvent dissociées. Loin de figer l’Afrique dans une sorte d’invariant analogique, les fusions de “Tradi-Mods vs Rockers” démontrent une fois de plus à quel point le continent à bénéficier d’une évolution synchrone en matière de prospections électroniques.

ALBUM

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  • Deerhoof vs Kasaï Allstars, Travel Broadens The Mind, “Tradi-Mods vs Rockers: Alternative Takes on Congotronics” (2010)

Konono No.1 - “YAYA MIKOLO” (live in St. Nazaire) from Crammed Discs on Vimeo.

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Art: Francis Baudevin, jouer des aires


Le Montreux Jazz Festival a mandaté l’artiste Francis Baudevin pour réaliser l’affiche de sa 45e édition. Un nombre particulièrement évocateur pour ce collectionneur de vinyles invétéré qui s’est directement inspiré de l’objet 45 tours pour composer cette oeuvre intitulée “45 éditions, 45 tours, 45 degrés”. En parallèle à ses recherches formelles sur les pochettes, Francis Baudevin opère également un renvoi sur l’histoire du festival. Cette abstraction en quatre plans géométriques faisant explicitement référence à l’affiche de Max Bill pour la 25e édition.

Francis Baudevin, en collaboration avec le journaliste Emmanuel Grandjean, officie de longue date au magazine Vibrations à travers sa rubrique un Disque par sa pochette. Chaque mois, il puise dans sa vaste collection afin de faire ressortir les innombrables associations qui s’établissent entre des musiques et leurs transcriptions graphiques. Selon lui, “la musique est avant tout une source d’information. À travers elle, je m’intéresse à certaines évolutions esthétiques et réalise que mes intuitions me guident vers des univers qui ont encore un pouvoir attractif d’inventivité. Je me tourne naturellement vers des musiques qui innovent.”

À ce titre, la chronique publiée dans la dernière édition semble également fournir quelques indices sur les origines de sa réalisation pour le MJF. Il s’agit d’une oeuvre de Roy Lichtenstein utilisée pour illustrer un enregistrement de “The Four Sections” de Steve Reich interprétée par le London Symphony orchestra. Celle-ci se présente sous la forme de quatre carrés représentant, “les quatre sections instrumentales d’un orchestre symphonique”. A savoir, un procédé graphique qui permet de distinguer facilement les cordes, les cuivres, les bois et les percussions”. L’affiche de ce 45e est moins littérale mais, certains y voyant même des trous de fromage, il semblerait que chacun pourra y trouver un air à sa mesure.

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Afrobeat: Ebo Taylor, tout vient à point


Figure emblématique du highlife ghanéen, Ebo Taylor profite de l’engouement actuel pour remettre au goût du jour les précurseurs des grooves africains. Musicien prolifique dans son pays depuis la fin des années 50, c’est surtout après un séjour à Londres que Ebo peaufine un style hybride, puisant largement dans les standards jazz. De retour au Ghana, il met à profit son expérience en tant qu’arrangeur et producteur au sein du label Essiebons et travaille également au service de musiciens locaux.

Par la suite, à partir de la fin des années 70, il sort quelques projets solos qui constituent, encore à l’heure actuelle, des références majeures dans l’histoire de l’afrobeat. Après des apparitions dans les compilations de Soundway et d’Analog Africa, ou encore un improbable sample de Usher pour son morceau She Don’t Know, c’est au tour du label Strut de sortir un nouvel album du guitariste septuagénaire.

Ebo Taylor- Love And Death by Strut

Accompagné par le collectif berlinois Afrobeat Academy, une dream team de militants issus de Poets of Rythm, de Kabu Kabu et Marijata, Ebo Taylor continue brillamment à promouvoir son catéchisme funky. Comme il le précise: “Pour le nouvel album, j’ai voulu promouvoir la cause de la musique Afrobeat. Fela l’a commencé et nous ne devrions pas juste l’abandonner. Nous devrions la pousser ainsi c’est une forme standard de musique.” Un projet qui aura demandé une certaine persévérance puisque, après plus de 60 ans de carrière, c’est la première fois qu’Ebo Taylor profite d’une diffusion internationale de son travail.

ALBUM

  • Ebo Taylor, “Love & Death” (Strut Records)

CONCERT

  • 04.02.2011 Festival Sons d’Hiver Paris France

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Radio: Radiodiffusion Internasionaal, ondes militantes


Le site Radiodiffusion Internasionaal propose un voyage fascinant dans les zones les plus obscures de la sono mondiale à travers à une présentation cartographique de sonorités oubliées, en provenance d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Inde et d’Asie. À travers son blog et sa radio, Radiodiffusion Internasionaal forme un maillage unique sur les retranscriptions locales du rock’n'roll entre 1965 et 1975. Dans un style vaguement désuet, ce projet propose ainsi un découpage par pays grâce à des titres téléchargeables, de pochettes originales et de textes d’une étonnante fécondité pour des artistes littéralement underground.

Comme le précise Stuart Ellis, un américain passionné qui officie en tant que contributeur unique à ce projet: “Il s’agit juste d’une obsession”, avoue-t-il. “J’ai toujours été le genre de mec qui donne des mixtapes bizarres que vous allez écouter certainement une seule fois”. À ce titre, Ellis relève également quelques points de convergences insoupçonnés qui se tissent entre les divers bloggers passionnés qui alimentent cette World Web Music.

Son parcours musical est à ce titre particuliérement éloquent: “Au début des années 80 et 90, j’organisais des concerts punks, je produisais un fanzine et je travaillais dans une station radio. Il y avait tout un réseau de groupes, de labels indépendants et d’organisateurs de concerts… Je pense que ce n’est pas une coïncidence si une grande partie des personnes impliquées proviennent de la scène punk.”

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Photo: Glen Friedman, beautiful losers


PHOTOS: Glen Friedman

Le photographe Glen Friedman a été un témoin privilégié de l’émergence des sous-cultures liées au skate, au punk et au rap en Californie durant les années 70 et 80. Impossible de passer à côté d’un de ses clichés dès qu’il s’agit d’évoquer les épopées de groupes tels que les Dead Kennedys, le Z-boys ou Black Flag. Tout cet univers et retranscris dans l’exposition itinérante “Fuck You All”, présentée actuellement à la galerie 941 Greary de San Francisco, qui retrace cette génération dont les codes et l’attitude désinvolte constituent des balises capitales en matière de cultures populaires. Au point d’être même l’objet d’un revival qui semble interminable.


Est-ce que cet intérêt est lié aux conditions particulières durant laquelle le D.I.Y, des premiers skates ou flyers photocopiés, s’était imposé comme des styles de survie dans un univers particulièrement hostile pour les kids issus des zones périphériques du rêve américain. Cette énergie créatrice est largement retranscrite dans les photographies en noir et blanc de Glen Friedman. Les Bad Brains, Run DMC ou les Beastie Boys, on y retrouve également de nombreux cousins de la côte ouest immortalisés lors de leur passage dans les clubs locaux. Parallèlement à ses photographies, Friedman a également été un acteur très influent au début du skateboard lorsqu’il vivait à Dogtown. Il a également été producteur, en particulier du premier album éponyme des Suicidal Tendencies. L’exposition va peut-être tourner en Europe dans le courant de l’année prochaine.

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House: Lil Louis, frime et halètement


Porté par un tempo s’essoufflant et les râles de plaisir de Shawn Christopher, le nom de Lil’ Louis restera rattaché à jamais à l’une des productions les plus orgasmiques des années 80. Avec French Kiss (1989), toute une génération était invitée à s’interroger sur les formes aguicheuses de cette esthétique synthétique en provenance de Chicago.

“Est-ce que tu aimes ?”, s’enquéraient quelques audacieux emballés, “Moi non plus”, répondaient les sceptiques, troublés par cette météorite qui, malgré ses allures languissantes, allait prendre tout le monde de vitesse. A noter que Louis Burns a également sorti un livre cette année, “A Man’s Diary” narre les tourments d’un homme à la poursuite de l’amour.

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Latin: Chicha, retour en force


A l’heure des compte-rendu de cette décennie finissante, on se souviendra certainement longtemps que les 00 auront marqué la résurgence d’une multitude de scènes et d’époques muicales. Après le succès rencontré par son premier volet sorti en 2007, Barbès records continue un peu plus loin son exploration des origines de la chica qui, jusqu’à sa redécouverte récente, était largement dénigrée.

À travers une sélection de 16 titres, “The Roots Of Chicha 2: Psychedelic Cumbias from Peru” offre s’intéresse aux variantes plus urbaines du courant. On y retrouve des groupes importants, tels que Grupo Celeste, Chacalon ou Los Destellos, qui donne une touche particulière à ce regain d’intérêt.

The Roots Of Chicha 2, Barbès Records (Streaming) The Roots Of Chicha 2 (Sampler) by pressjunkiepr

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Expériences: Audium, un espèce d’espace


Photos: Joël Vacheron

20h30, comme chaque vendredi et samedi soir depuis 35 ans, Stan Schaff surgit sur le pas de la porte et, avec le timbre d’un vieil enchanteur, invite le petit groupe d’audiophiles à pénétrer dans son antre acoustique. Après avoir passé un étroit couloir labyrinthique, on se retrouve dans un auditoire circulaire de taille moyenne, dont le plafond et entièrement constitué de speakers et de surfaces insonorisantes disposés de manière concentrique. Au coeur du cette orbite, une sorte de chaudron noir sert de foyer amplificateur autour duquel le public est invité à s’asseoir. Schaff prend place derrière le lutrin de son cockpit, et la salle est progressivement plongée dans l’obscurité totale. Il n’y a plus rien à voir, le spectacle peut commencer.


Les compositions, qui datent du début des années 70, accentuent encore un peu la désuétude de cette expérience étrange. On est loin des créations de Xenakis mais on finit par être saisi par les différentes réverbérations qui modifient notre perception de l’espace. Motifs sautillants ou longues plages de vagues déferlantes, Schaff optimise les effets de cette autorité acoustique. Même si l’Audium n’est pas un spectacle inoubliable, ce plongeon dans cet univers audiophile décalé ravive le souvenir des expérimentateurs californiens, tout en offrant une bonne manière de reconsidérer notre rapport à notre environnement acoustique.

Des premiers dioramas aux récentes découvertes en matière d’hologrammes, une bonne partie de la Modernité aura consisté à développer et à perfectionner des dispositifs toujours plus sophistiqués pour mettre en scène des expériences visuelles. Moins spectaculaire, et généralement considérée comme un sens subalterne, l’écoute n’a pas véritablement bénéficié des mêmes avancées. Même dans les lieux traditionnellement destinés à la diffusion de performances musicales, il est rare de trouver des endroits publics consacrés uniquement à la stimulation d’expériences auditives.


L’Audium, ouvert en 1975 à San Francisco, constitue à ce titre un exemple assez singulier dans ce domaine. Son créateur, le compositeur Stan Schaff, affirme d’ailleurs que son lieu est unique en son genre. La particularité de son soundsystem tient au fait qu’il peut agir de manière assez précise sur chacun des 169 haut-parleurs répartis dans un espace qui prend des formes particulière au gré de son inspiration. C’est pourquoi, plus qu’un simple auditorium ou une salle de concert, il considère son invention avant tout comme un instrument. Cette expérience immersive doit rester exclusive et Schaff n’a jamais sorti aucun disque, ni joué ses pièces autrement qu’à partir de sa propre installation sonore. L’Audium se présente comme un environnement interactif à partir duquel il est possible d’expérimenter des rapports littéralement inouïs entre le son et l’espace.

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Le pouvoir de Bob Marley

Michael Jackson ressuscité

On le croyait mort, d’autres l’ont toujours annoncé vivant, en tous les cas Jacko est de retour sous la forme d’un nouvel album sobrement intitulé “Michael”. Un des titres, Breaking News, sera très prochainement est disponible sur le site michaeljackson.com.

Expériences: Walkman, trente années de ballade


Après avoir été décrié comme un vecteur d’anomie sociale, de ruiner l’industrie discographique ou de rendre sourd, le nombre d’articles traitant de l’arrêt de la production du Walkman témoignent de l’affection portée à ce petit objet. Retour sur les origines d’une légende.

Par Joël Vacheron

En matière de musique, il n’est pas fréquent de rendre hommage à la disparition d’acteurs non humains. Bien qu’il était à peine trentenaire, on pouvait s’attendre à voir rapidement disparaître le Walkman. Compagnon privilégié, le lecteur mobile avait déjà dû affronter quelques bourrasques avec l’arrivée successive des Discmans et du Mini Disc. Il aura tout de même résisté plusieurs décennies avant de succomber au coup de grâce assené par le mp3 et les divers supports de lecture numériques.

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Hommage: Ari-Up, impératrice Punky Reggae


Photos: Joël Vacheron

Petite-fille d’un magnat de la presse allemande, belle-fille de John Lydon et rastafari de la scène punk rock, Arianna Foster incarnait plus que quiconque l’esprit impertinent de cette nouvelle caste d’aristocrates. L’amazone est décédée le 20 octobre des suites d’un cancer, elle était âgée de 48 ans.

Pas facile de trouver cette impasse étroite qui s’infiltre entre deux immeubles sur Denmark St. Le lieu de pèlerinage des amoureux de guitares qui transitent par Londres. Ari Up, la chanteuse emblématique des Slits, déboule en trombe dans l’escalier. Dreadlocks en pagaille, lunettes vintage et jupette fluorescente… Avec son accent inimitable, un mélange improbable d’allemand et de patois jamaïcain, elle ne fait pas mentir sa réputation d’impératrice punky reggae.

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Expériences: Music From Saharan Cellphones


Christopher Kirkley est un ethnomusicologue qui a passé plus de deux années en Afrique de l’Ouest avec, comme principal passe-temps, l’observation et l’enregistrement des pratiques musicales de cette région. Cette recherche lui a notamment permis de constater les transformations générées pas l’usage de plus en plus fréquent de téléphones portables.

Samsong ou Sqny, ces appareils aux noms bâtards sont importés de Chine et servent avant tout utilisés à prendre des photographies ou écouter de la musique. La fonction “téléphone” est généralement superflue, ceci d’autant plus que ces appareils sont souvent distribués dans des zones reculées qui ne disposent pas d’une couverture de réseau. Ce sont en grande partie les échanges de fichiers via bluetooth qui prédominent et le téléphone s’est largement substitué aux lecteur-cassettes comme un moyen de prédilection pour écouter de la musique.

A ce titre, Kirkley constate que “ce nouveau media place la technologie dans les mains des Africains et, dans le même temps questionne le rôle du collectionneur, du réalisateur, de l’anthropologue ou du photographe. L’Occidental qui se rendait en Afrique durant les siècles passés a toujours profité du déséquilibre technologique pour devenir la voix, le conduit”.

En facilitant l’enregistrement et la diffusion des morceaux dépourvus de support matériel, l’avènement du numérique semble modifie de manière significative ce rapport de force. A ce titre, le rêgne des cassette audio sur l’Afrique semble bientôt révolu. Un signe d’autant plus significatif à l’heure où la firme Sony annonce qu’elle va cesser la fabrication du Walkman.

Parallèlement à ces réflexions, il s’est tout de même plié aux coutumes locales en échangeant et en accumulant des mp3 sur des carte-mémoires. Du raï algérien ou Kuduro, en passant par le hip-hop, la chanson française ou le Bollywood, ces “cellphones mixtapes”, dans la lignée de Sublime Frequencies, donnent un superbe aperçu de la sono mondiale telle qu’elle est vécue dans cette région du monde. Une bonne partie de son périple est accessible sur son website intitulé Sahelsound.com.

Télécharger: Christopher Kirkley, “Music from Saharan Cellphones” (sahelsound.com) 2010

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Art: The Otolith Group, retour à Drexciya


The Otolith Group, Hydra Decapita, 2010

Figure majeure de l’afrofuturisme grâce à son ouvrage “More Brilliant Than the Sun: Adventures in Sonic Fiction” (1998), Kodwo Eshun révèle une autre facette de sa trajectoire hybridée au sein du projet artistique The Otolith Group. Aux côtés d’Anjalika Sagar, ils se sont engagés depuis une dizaine d’années dans l’exploration des potentialités de la pratique documentaire, des films d’art et d’essai, des archives postcoloniales, du modernisme urbain et des narrations de la science-fiction.

Le programme artistique syncrétique et exigeant d’Otolith Group, qui se revendique quelque part entre l’herméneutisme et l’hermétisme, est récompensé à travers leur récente nomination pour le Turner Prize. À ce titre, le film présenté renvoie à des questions que Kodwo Eshun abordait déjà il y a une dizaine d’années en tant que journaliste pour The Wire. En effet, “Hydra Decapita” se fonde sur les chroniques du légendaire duo techno Drexciya.

Illustration: Abdul Qadim Haqq

Issus de l’imagination des producteurs James Stinson et Gerald Donald, qui sera par la suite à l’origine du groupe Dopplereffekt, les Drexciyans constituent une descendance mutante et amphibienne qui se serait extraite de la voracité humaine. En effet, le projet s’inspire des récits et des peintures évoquant la traite négrière, selon lesquels il arrivait fréquemment que des mutins soient jetés vivant par-dessus bord durant leur transfert vers le Nouveau Continent.

Cependant, leur destin ne s’arrêtait pas là. La mémoire collective, afin de raviver un peu l’espoir des déportés, postulait en effet que ceux-ci avaient survécu dans le milieu aquatique. De “Drexciya 4: The Unknown Aquazone” à “Grava 4″, qui évoque l’exode vers une planète promise, les cinq albums qui composent cette saga posent chacun les jalons d’un mythe de l’Atlantide Noire. Outre la force narrative des compositions et leurs titres évocateurs, ces chroniques “aquatopiques ” ont acquis une identité visuelle particulière grâce aux illustrations d’Abdul Qadim Haqq.

L’approche d’Otolith Group est toutefois beaucoup moins littérale et explore plutôt la puissance symbolique de l’océan. Comme le souligne Anjalika Sagar dans l’excellent dossier proposé dans la dernière édition de The Wire, “le culte de Drexcyia a atteint ses limites et le but de ce film est de redécouvrir cette mythologie en l’amenant un pas plus loin”. La métaphore de l’eau permet, d’une part, de prospecter des problématiques touchant à l’écologie, aux catastrophes naturelles ou à certains conflits. D’autre part, elle offre également un prétexte pour créer une passerelle entre l’univers des musiques électroniques et le monde de l’art contemporain.

PROJECTION

  • The Otolith Group, “Otolith III” (2009) est projetté dans le cadre de l’exposition du Turner Prize 2010 qui se tient du 05.10.2010 au 03.01.2010 à la Tate Britain de Londres.

Drexciya, Hydro Theory, 1995

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Radio: Pan African Space Station


The Pan African Space Station (PASS) est un projet d’un mois diffusé dont la plupart des événements sont diffusés sont diffusés à travers le site du projet. Initié à Cape Town par le journaliste Ntone Edjabe et le musicien Neo Muyanga, le PASS entend explorer le futur de la diaspora africaine en matière de créations.

En réactivant la thématique du l’exode chère au mouvement panafricain, c’est dans un vaisseau spatial inspiré par les visions interstellaires de Sun Ra que les deux capitaines nous embarquent. Au fil des enregistrements, on retrouvera ainsi des invités aussi divers que le chorégraphe Faustin Linyekula, Xuly Bët ou le poète Antoine Vumilia Muhindo se succéderont dans un programme de tables rondes ou de conférences.

La musique occupe une place prépondérante dans cette mission et le PASS entend proposer une programmation qui offre un aperçu global des dernières tendances prospectives dans le domaine. On peut ainsi entendre Doctor Philip Tabane & Malombo, Kyle Sheperd Trio, Brice Wassy, Georgia Anne Muldrow et Declaime, Theo Parrish et Mbuso T, même la Suisse est du voyage avec Imperial Tiger Orchestra qui collabore pour l’occasion avec la chanteuse Endress Hassen.

En guise d’avant-goût, une compilation de titres enregistrés lors des sessions précédentes dans laquelle on retrouve Bibi Tanga et le Professeur Inclassable, Blk Jks ou le Hypnotic Brass Ensemble,

SITE

Télécharger: PASS MIX 2008-2009

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Expériences: Bachar Mar-Khalifé, les marées de l’âme


Né à Beyrouth dans une famille de musiciens, Bachar Mar-Khalifé vit en France depuis l’âge de six ans. Après une formation classique au Conservatoire de Boulogne, il a enchaîné diverses collaborations oscillant entre le jazz, la world musique et les expérimentations électroniques. De l’Orchestre National de France à Bojan Z, en passant par les projets live expérimentaux de Francesco Tristano, on retrouve ces influences multiples dans son premier album, “Oil Slick”

Entre la relecture d’une comptine d’enfance ou la récitation métallique d’une lettre de repentance, Bachar Mar-Khalifé explore les flux et les reflux de l’âme, sans chercher à en esquiver les plus sombres. Six petites chroniques délicates qui déroulent une narration à tel point homogène qu’il est difficile d’en distinguer les parties. On repense à “L’Homme à Tête de Choux” ou à d’autres projets qui possèdent un pouvoir d’évocation à tel point remarquable qu’ils troublent en permanence les barrières entre le conte, le film et la résurgence de souvenirs très personnels.

ALBUM

  • Bachar Mar-Khalifé, Distance, “Oil Slick” (2010)

Bachar Mar-Khalifé, Distance, “Oil Slick” (2010)

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Club: Technobrega, le cheap c’est chic


Si vous avez vu le documentaire Good Copy Bad Copy, qui retrace les transfigurations des droits d’auteur à l’heure des réseaux P2P, il ne fait aucun doute que vous vous souvenez de la Tecnobrega. Après les interviews de quelques rois du bootleg, tels que Girl Talk ou Danger Mouse, on est soudainement plongé dans l’univers de ce genre sans prétention, issus des quartiers populaires de Belèm, une ville estuaire situées au nord du Brésil.

Au milieu de gerbes de fumigènes et des effets pyrotechniques, les DJ’s balancent des relectures clinquantes de rythmes techno frelatés. Dans la plupart des cas, ceux-ci ont été enregistrées le jour même sur un CD gravable par quelques producteurs locaux. En règle générale, toutes les parties d’instruments acoustiques sont supprimées afin de conserver uniquement les voix et des orchestrations électroniques aux effets de sonneries perçantes. Le tout emporté par quelques rythmes inspirés par les musiques populaires caribéennes. Un ensemble au kitsch revendiqué puisque Tecnobrega signifie littéralement cheesy techno.

Blitzkrieg Bop (Dj Cremoso Remix) by Dj Cremoso

A propos de son activité DJ Cremoso ne manque d’ailleurs pas d’humilité: “C’est très facile de produire une chanson. Il n’est pas nécessaire de savoir comment jouer d’un instrument ni même de savoir commment chanter et il est déjà possible de mettre tout ensemble pour finir avec un morceau. La Technobrega est facile et bon marché à produire et c’est pourquoi, il y autant de nouvelle chanson chaque jour”. Evidemment, tous les morceaux sont composés à partir de fichiers puisés illégalement sur le net.

Apparemment, ce n’est pas grâce à leur dexterité à la table de mixage que les producteurs de Technobrega se retrouve à évoquer leurs pratiques. L’intérêt découle surtout de l’industrie qu’ils ont participés à mettre en place. En effet, l’une des particularités de ce courant tient surtout au fait que les producteurs ne gagnent rien de leur remix. Ils les offrent à des vendeurs de rues qui se chargent eux-mêmes de faire de copies destinées à la revente. Dans la logique commerciale de la technobrega, les producteurs sont avant tout des promoteurs de soirées. Comme l’explique l’interviewé de ce petit extrait, les personnes impliquées dans cette scène ont déjà compris que le CD n’était pas un bon modèle économique et ils s’en servent uniquement pour promouvoir leurs soirées qui rassemblent près de 5000 personnes.

Extrait du documentaire, Good Copy Bad Copy, Andreas Johnsen, Ralf Christensen et Henrik Moltke (2007)

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Hip-hop: Das Racist, Mixtape Academy


Das Racist est un projet initié en 2008 par Himanshu Suri et Victor Vazquez, deux anciens étudiants de la Wesleyan University, rejoints un peu plus tard par Ashok Kondabolu. Le groupe a provoqué un petit buzz avec la sortie du single, “Combination Pizza Hut and Taco Bell”, encensé par de nombreux blogs.

Outre quelques vagues résonances orientales, l’approche de Das Racist nous informe également sur le recours désormais inévitable à la mixtape pour se faire remarquer. Après “Shut Up, Dude” sorti en début d’année, il enchaîne aussitôt avec un “Sit Down, Man” derrière lequel on retrouve le label Mad Decent qui se positionne de plus en plus comme un mécène en matière de mixtapes.

En plus de Diplo, Das Racist s’est entouré de Vijay Iyer, Boi-1da, Scoop DeVille, Teengirl Fantasy, Keepaway et Sabzi à la production ainsi que de El-P et Despot de Chairlift aux voix. Le résultat se présente comme un hip-hop périphérique et cultivé qui s’adapte parfaitement aux préoccupations des hipsters de Brooklyn. Même si la forme et le fond diffèrent totalement, leur approche très smart ne manque pas d’établir quelques parallèles avec un groupe tel quel les Vampire Weekend qui avaient maîtriser à merveille l’art promotionnel fondé sur d’une mixtape.

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Das Racist, “Shut Up, Man”, Mixtape (2010) Das Racist - Sit Down, Man Mixtape by Hypetrak

Das Racist - Rainbow in the Dark, “Sit Down, Man” (2010)

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Expérience: Martin Rev, de Vega à M.I.A


Un jour après son concert aux Docks de Lausanne, lors d’une petite discussion informelle dans les locaux de Circuit, Martin Rev revenait sur quelques passages marquants de sa carrière. Lunettes de soleil profilées et chemise sans manche, le sexagénaire sort en parfaite condition de sa longue pérégrination dans les marges de l’industrie musicale.

En particulier, il évoque quelques souvenirs liés à son premier voyage en Europe. C’était l’été 1978, peu de temps après la sortie du premier album de Suicide. The Clash, au sommet de l’aristocratie punk britannique, les avait invités à faire la première partie de leur tournée. “Tous ces kids étaient totalement déments”, se souvient Martin. Après chaque concert les salles étaient détruites.” Puis il ajoute, avec le ton nostalgique de l’ancien combattant, “On devait amener nos vêtements tous les jours au pressing… Car ils étaient recouverts de crachats!”.

Si les témoignages de gratitude du public ont quelque peu changé avec les années, la réputation sulfureuse de Suicide continue à générer des émules au sein des nouvelles générations. La dernière en date reste sans aucun doute M.I.A qui s’est largement inspiré sur Ghost Rider pour apporter du contenu au single Born Free.

“Je n’avais jamais entendu parler d’elle quand elle m’a contacté pour la première fois”, précise-t-il à propos de son passage dans le show de David Letterman. C’est quelqu’un de très intelligent, qui sait exactement où elle veut aller et j’ai été vraiment très impressionné par sa décontraction et celle de son entourage. Tout s’est passé de manière très naturelle. Je lui suis reconnaissant de m’avoir invité, car je n’aurais jamais imaginé me retrouver un jour dans ce show!”. Même si on aurait bien aimé voir également son compère Vega, la présence bruitiste du clavier de Suicide est un vrai plaisir.

M.I.A feat. Martin Rev, David Letterman (13.07.10)

Expérience: Chris Watson, voyage au bout de l’ouïe


Depuis quelques années, Chris Watson est plongé dans des environnements qui tranchent radicalement avec les ambiances enfumées des salles de concert de Manchester au temps où il opérait encore au sein de Cabaret Voltaire. Reconverti dans les installations sonores et la sonorisation de documentaires, en particulier pour la série magistrale de Sir David Attenborough, ce sont désormais les sons naturels les plus inouïs qu’il traque aux quatre coins du globe. Son but consiste en effet de placer son micro là où les oreilles ne peuvent pas aller.

Avec son installation “Whispering in the Leaves”, il s’offrait un décor acoustique particulièrement adapté à son activité de chasseurs de sons. Plantée au milieu du Royal Botanic Garden de Kew , la Palm House se profile à l’horizon tel un immense sous-marin futuriste. Au-delà du spectacle de cette construction historique, c’est surtout le choc thermique qui frappe d’emblée les visiteurs une fois le seuil franchi. Bouffées d’air saturées d’humidité, il est nécessaire de marquer un petit temps d’acclimatation, en particulier de nettoyer la buée recouvrant les lunettes, avant de pouvoir pleinement se plonger dans la végétation luxuriante qui submerge cet univers de verres et de fer forgé.


La pièce n’a pas encore commencé et l’attention ne manque pas d’être attirée par les différents bruits occasionnés par les visiteurs déambulant dans les allées, les cris d’enfants ou les directives de quelques employés. Le sifflement lointain d’un oiseau s’élève. D’abord presque imperceptible, il se fait toujours plus animé. La serre est progressivement envahie par un bouillonnement invisible composé de bruissements de feuilles, de piaillements ou de bourdonnements qui semblent surgir de toutes parts.

Comme un réflexe, on scrute les arbres et les recoins pour tenter de découvrir d’où peuvent provenir ces signes de vie animale d’une qualité exceptionnelle. Une situation incertaine qui génère un regard totalement différent de cet environnement. Les sons furtifs se répartissent de manière particulièrement harmonieuse. Ils soumettent le lieu tout en entier aux battements impromptus de la jungle. Un orage menaçant éclate, et même encapsulé et ordonné dans cette serre, l’imminence des pluies tropicales s’impose avec un réalisme confondant.

Après une vingtaine de minutes, le brouhaha se fait moindre. On entend encore quelques bourdonnements d’insectes, toujours plus épars, avant d’être replonger l’espace acoustique routinier de cet endroit qui, d’un seul coup, apparaît beaucoup plus terne.

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Hip-hop: Jay Electronica, le succès peut attendre


Photo: Dan Wilton

Avant tout connu comme le compagnon d’Erykah Badu et quelques titres épars, notamment The Pledge pour la BO du film “Eternal Sunshine” (2007) et Queens Get the Money pour le “Untitled” de Nas (2008), il n’aura fallu que quelques mois pour que le nom de Jay Electronica devienne synonyme de renouveau en matière de hip-hop. C’est surtout grâce à “Exhibit C”, réalisé en collaboration avec le producteur Just Blaze, que le chanteur originaire de la Nouvelle-Orléans devait imposer son style fluide et ses textes sincères.

Signe des temps appréciable, il n’aura jamais eu à compter sur les grosses machines promotionnelles pour s’imposer et, au contraire, c’est certainement sa présence extrêmement furtive qui a contribué à accroître le crédit accordé à sa démarche. Plus récemment, la sortie de “The Ghost of Christopher Wallace” où on retrouve son pote P. Diddy, démontrait qu’en plus du succès d’estime, il pouvait toujours compter sur des appuis solides pour continuer une carrière à retardement.

A l’occasion du concert de Bilal le 08.08.10 au Casino de Paris, nous vous offrons quelques places. Pour gagner des invitations à cette soirée, envoyez-nous un mail à contact@vibrations.ch, en indiquant “MERCI JAY” dans le titre et avec vos nom et prénom dans le message. Il y a 4 places à gagner et les gagnants seront contactés par email.

CONCERT

  • 08.08.10 Nouveau Casino / Paris

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Expériences: Oval, Popp ne tourne pas rond


Au début des années 90, un groupe signé sur le label expérimental mille plateaux se distinguait par une approche radicale du médium CD. Markus Popp, Sebastian Oschatz et Frank Metzger, ces derniers quittèrent le groupe en 1995, proposaient d’explorer les potentialités esthétiques des bruits, fragmentation et autres formes de disruptions sonores rattachées aux équipements électroniques, et plus particulièrement des disques compact. Photo: Sebastian Mayer

Quelquefois à l’aide d’un simple lecteur comme instrument, ils ont contribué à repousser les frontières esthétiques de l’electronica et contribuèrent à façonner le courant glitch. Une variante contemporaine des traditions initiées par les bruitistes et la musique concrète.

Neuf ans après leur dernier album d’Oval, Markus Popp a annoncé la sortie imminente de “O”. Dans une interview pour le magazine Fact, il déclare que cet album devrait se distinguer quelque peu des productions des années 90. Même s’il continue à offrir un regard vis-à-vis des musiques électroniques, Popp y propose 70 productions finement ciselées qui reposent plus sur des harmonies et des mélodies que sur les discours théoriques qui nourrissaient leur approche auparavant.

Après des années de dissection et de déni, je voulais essayer de faire de la « vraie» musique pour changer. Mes objectifs pour les courtes de la face B étaient de m’approcher des sons familiers et des sonneries de téléphone.”

Télécharger: Oval, Ah!, «O» (2010)

ALBUM

  • Oval, “O” (Thrill Jockey) 07.09.10

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Médias: Boombox, une histoire inouïe


Photo: Jamel Shabazz, 1983

Avant que l’iPod n’impose définitivement la prépondérance d’une consommation solitaire des musiques dans les villes, les boombox ou autres Ghetto Blasters étaient les emblèmes ultimes des cultures urbaines. Particulièrement prisés à partir du milieu des années 70, c’est surtout le hip-hop qui a profité de la puissance des ses haut-parleurs pour faire entendre des voix et des sons jusqu’alors dissidents.

À l’instar du break et des graffiti, cela permettait aux franges les plus invisibilisées d’imposer leur présence dans le paysage urbain. Comme le souligne le collectionneur Clive Owerko, il s’agissait de dire aux autres: “Vous allez pouvoir écouter ce que je veux vous dire et je vais vous le dire à travers la musique. Et si vous n’aimez pas cette musique, je vais la jouer encore plus fort”.

Dans ce petit documentaire proposé par NPR Music, Fab 5 Freddy se souvient également que son “box” lui donnait l’impression de voler continuellement en première classe. De LL Cool J, en passant par “Do The Right Thing”, les références à ces totems acoustiques ont parsemé les productions liées aux cultures urbaines de ces trente dernières années.

Parallèlement à ces nouvelles formes de mobilité et d’autonomie, le grand avantage de ces systèmes résidait dans la possibilité de partager quasi instantanément des expériences musicales. Des titres inédits entendus à la radio, des concerts, des sessions d’enregistrements improvisées, tout pouvait être rejoué avec la puissance nécessaire grâce à cet intermédiaire.

Au même moment où la propagande reaganiste prônait les vertus de l’individualisme, des lois furent progressivement ratifiées pour sanctionner sévèrement les nuisances causées par l’usage des Boxes. Cette situation favorisa largement la diffusion du Walkman et allait modifier de manière décisive les expériences musicales en milieu urbain. Avec la généralisation des casques d’écoute, la musique était progressivement dissociée de son support collectif.

The History of the Boombox (NPR Music)

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Livre: Untitled Tracks, un portrait alternatif de Beyrouth


Photos: Tanya Traboulsi

Cela fait trop longtemps que Beyrouth est déchirée par les aberrations hégémoniques qui taraudent le Moyen-Orient. Une chape pesante, obsédante, qui a largement contribué à occulter les diverses mouvances musicales qui, parallèlement aux canons de l’actualité, se sont répandues dans la ville durant ces dernières années. En se concentrant essentiellement sur les dix dernières années, “Untitled Tracks: On Alternative Music in Beirut” constitue une contribution essentielle pour pérenniser ce pan d’histoire interstitiel. On y retrouve toute une gamme d’échappatoires, aussi bien physiques que symboliques, qui ont agis comme des sas de décompression nécessaires pour infléchir l’imminence des diktats géo-politiques.

Cette publication se présente sous la forme d’une collection de textes, réunis par Ziad Nawfal et Ghalya Saadawi, et d’une sélection de photographies de Tanya Traboulsi extraites de son abondante série “Music is Life”. Comme saisie par l’urgence qui guide les situations transitoires, la photographe semble être encouragée par le désir de documenter le plus exhaustivement possible les lieux, les protagonistes et les divers moments qui ont contribué à façonner les scènes de la ville. On y découvre des figures aussi diverses que l’expérimental Tarek Atoui, le rapper RGB, les chanteuses Youmna Saba, Nadie Khouri ou Rima Ksheish.


Une place particulière est accordée au groupe de trip-hop The Soapkills dont les mélodies mélancoliques hantaient le paysage sonore libanais de l’après-guerre. Initié en 1996 autour du producteur Zeid Hamdan et de la chanteuse Yasmine Hamdan, le groupe s’est fait connaître au début des années 2000 grâce aux succès rencontrés par “Bater” et “Cheftak” et s’est rapidement imposé comme une pierre angulaire de la scène alternative. Le groupe se sépare en 2006 après le départ de Yasmine pour la France. Zeid Hamdan participa à la formation de nombreux projets, en particulier de l’influent trio The New Government aux côtés de Jérémie et Timothé Régnier. De son côté, Yasmine a récemment collaboré avec Mirwais sur le projet “Arabölogy” (2009). Toutefois, l’influence de The Soapkills ne cesse de se faire ressentir. En grande partie car, comme le souligne Rayya Badran, “leur musique fluctuait en fonction des perpétuelles destructions et reconstructions, tout en présentant un inévitable sentiment d’étrangeté. Ils captaient dans un même moment les mutations musicales et urbaines, tout en injectant du chaos dans leur console”.

S’il est difficile de ressortir une esthétique spécifique à cette présentation bigarrée, il s’en dégage néanmoins une atmosphère particulière qui retranscrit les expectations et les questions polymorphes qui taraudent cette génération intermédiaire. De manière subtile et intelligente, ces contributions variées se présentent comme autant de réponses aux interrogations posées par Ghalya Saadawi en introduction: “De quelles manières est-il possible de témoigner des guerres et des traumas ? Comment considérer différentes notions associées à des lieux ou à la géographie et qu’est-ce que des terminologies telles que Liban ou Moyen-Orient signifient ?”. Une manière, peut-être, d’entendre sous des formes métaphorisées les échos de la guerre civile. “Untitled Tracks: On Alternative Music in Beirut” constitue ainsi un témoignage particulièrement éloquent du potentiel actuel des sons, organisés ou non, en tant que vecteurs de résistance.

LIVRE

  • Tanya Traboulsi, “Untitled Tracks: On Alternative Music in Beirut”, Edité par Ziad Nawfal et Ghalya Saadawi, Amers Editions

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Jazz: Portico Quartet, au-delà des conventions


Sous la véranda lumineuse, quelques bouteilles résiduelles parsemant une longue table conviviale trahissent une soirée bien animée.« C’était notre première soirée à Londres après plusieurs semaines de tournée, justifie Jack en préparant une solution effervescente, on avait vraiment hâte de pouvoir retrouver nos amis ». Cela fait plusieurs années que Jack Wyllie (saxophone), Duncan Bellamy (batterie), Milo Fitzpatrick (contrebasse) et Nick Mulvey (hang et percussions) vivent sous le même toit.

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hip-hop: Rammellzee, le futur n’attend plus


Né dans le Queens en 1960, Rammellzee s’est tout d’abord fait connaître comme l’un des pionniers du graffiti à New York à partir du milieu des années 70. À l’instar des autres membres du Death Comet Crew, - Dondi, OU3, Doctor Revolt -, il commença rapidement à présenter ses travaux dans des galeries d’art contemporain et des musées. On retrouve également ses dessins sur certaines pochettes du label Mo’Wax.

Sa pratique l’a incité à développer la théorie du Gothic Futurism, à travers laquelle il envisageait l’art du graffiti comme une machine de guerre dans laquelle les lettres et leur force symbolique se battent contre les effets de standardisation. Rammelzee préconisait un programme anarchique, dénommé “Iconic Panzerism”, qui permettait de réformer le rôle et la dispersion du langage dans la société.

Rammellzee prônait des relectures idyosyncratiques qui combinaient aussi bien le dessin, la sculpture, les performances artistiques, la littérature, la poésie, les théoriques scientifiques, etc. Ce fonctionnement chaotique formait des “horreurs intellectuelles”, un horizon schizophrénique qui, selon lui, devait procurer des “stocks de futurs”, largement déterminés par des stratégies militaires.

Dans le film “Wild Style” (1982), il apparaît en tant que MC avec un style nasal, qu’il dénomme le “Gangsta Duck”, qui aurait par la suite inspiré les The Beastie Boys et Cypress Hill. En 1983, il enregistre un maxi intitulé “Beat Bop”, produit par un certain Jean-Michel Basquiat, qui sera largement popularisé à travers le film “Wild Style”.

Rammelzee est décédé le 29 juin 2010, les causes de sa mort ne sont pas encore déterminées.

Rammelzee vs K Rob “beat bop” (1982)

Rammellzee, on the evolution of the letter (Style Wars)


Death Comet Crew au festival Electrochoc
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Interview: T.P. Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou


Photos: Joël Vacheron

Redécouvert en grande partie grâce des compilations, le T. P. Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou s’offre une seconde adolescence avec une tournée mondiale et de nouvelles sorties en préparation. Pierre (Saxophone) et Vincent (Chant) reviennent sur l’épopée du Tout Puissant Orchestre à l’heure des commémorations d’indépendances et du regain d’intérêt sans précédent que connaissent les productions funk en provenance d’Afrique de l’Ouest.

Comment a commencé l’aventure du T.P Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou où vous produisiez-vous?

Vincent: L’histoire a débuté petitement à partir d’un orchestre qui s’appelait Sonny Black’s Band. Son propriétaire, qui était marié à une Française et devait retourner en France, l’avait cédé à un compatriote qui possédait une société dénommée Poly-Disco. Lorsqu’il a renommé l’orchestre, il désirait garder un nom qui soit proche de sa raison sociale. C’est comme ça que le groupe a vu le jour sous le nom de Poly-Rythmo. À l’origine, il était composé de huit personnes et le groupe s’est peu à peu entouré d’autres instrumentistes. Les discothèques sont nées en grande partie grâce à Poly-Rythmo et nous nous produisions un peu partout, mais notre lieu de prédilection était sans conteste le Zénith. Un bar dancing dans lequel nous jouions tous les samedis et dimanches. C’était un lieu sacré qui, aujourd’hui encore, fait la fierté du Bénin. Les gens sont nostalgiques de cet endroit, ils voudraient bien revoir un autre zénith maintenant que le Poly-Rythmo est en train de faire le tour du monde. Il faut qu’on s’y mette vraiment pour le créer notre Zénith… Sinon, on jouait un peu partout pour des mariages, des fêtes diverses, les anniversaires officiels, etc. On était plus avec le gouvernement de l’époque et il n’y avait aucune manifestation pour laquelle nous n’étions pas sollicités. D’ailleurs, on nous appelait orchestre national, alors que nous ne l’étions pas…

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Techno: The Scene, les premiers pas de Detroit


The Scene était diffusé de 1975 à 1981 sur WGPR-TV, une chaîne de télévision de Detroit qui a fût la première intégralement contrôlée par des Afro-Américains. Le show est resté célèbre pour avoir reformulé le format de l’émission musicale, notamment en invitant le public à danser, et en jouant un rôle majeur dans la popularisation de la musique Techno dans la ville.

Présenté par Nat Morris et diffusé juste après les cours, toute l’attention des téléspectateurs était concentrée sur les danseurs qui, en l’espace d’une émission, pouvaient accéder au statut de véritables stars locales. Malgré son énorme succès dans la ville, l’émission n’a jamais été diffusée sur d’autres canaux. Certains artistes, comme Juan Atkins sous le nom de Model 500, ou certains titres, comme le Sharevari, qui servait de générique à l’émission, sont par la suite devenus des classiques.

A Number of Names, Sharevari (The Scene, 1981)

Jesse “The Body”, Scene Mix (The Scene, 1981)

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Afrique: Shangaan Electro, Marimba Core


En marge des vuvuzelements de la Coupe du Monde, l’Afrique du Sud a connu quelques courants musicaux flirtant avec les extrêmes en matière de productions sonores. Initié il y a quelques années, le Shangaan Electro s’est rapidement présenté comme le supporter officiel des danseurs les plus frénétiques des townships de Soweto à Limpopo. Shangaan est à l’origine le nom donné à une population, issue de l’Empire de Gaza, répartie entre le Mozambique et certaines régions d’Afrique du Sud.

Tournant quelquefois à plus de 180 bpm, ce style prolonge le Shangaan Disco des années 80 et se revendique comme une musique destinée aussi bien aux populations rurales que celles vivant dans les villes. Une évolution due en grande partie au travail à l’influence du producteur et homme à tout faire dénommé Nozinja. À partir de 2005, c’est lui qui commence à utiliser des marimbas et des sons d’orgues à la place des lignes de guitares et de basses, tout en intégrant des voix samplées et accélérées.

Le résultat se présente sous la forme de bandes-son hypnotiques d’un jeu de Commodore 64 rafistolé pour répondre aux besoins des danseurs les plus frénétiques. Honest Jon’s propose une introduction au Shangaan Electro par l’entremise de Mark Ainley et Mark Ernestus qui, pour l’occasion, s’aventurent dans des univers 8-bit tranchant radicalement avec les productions de Rhythm & Sound.

ALBUM

  • Various, “Shangaan Electro: New Wave Dance Music From South Africa” (Honest Jon’s Records) sortie le 28.06.10

Tshetsha Boys, Nwa Pfundla

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Reggae: Wingless Angels, le coeur de la Jamaïque


Fin 1972, les Stones passent deux semaines en Jamaïque pour effectuer quelques sessions d’enregistrement au Dynamic Sound Studios, le studio du producteur Byron Lee. Dans une interview accordée en 2003, Keith Richards revenait sur le contexte particulier ayant présidé à cette expérience : “À cette époque, neuf pays m’avaient expulsé et le seul endroit dans lequel je pouvais vivre était la Suisse. C’était vraiment trop ennuyeux pour moi, surtout la première année parce que je n’aimais pas le ski. La Jamaïque était l’un des seuls endroits qui nous nous laissaient tous rentrés! C’était l’île de la musique, un endroit magnifique, à la fois libre et facile. On entendait des choses très intéressantes qui venaient de là-bas et en plus les tarifs de studios étaient très bon marché. Dynamic Sound était un endroit incroyable. Les éléments de la batterie et les amplis étaient visés au sol. “.

Le résultat de cette collaboration se retrouvera dans l’album “Goats Head Soup”, dans lequel on retrouve notamment Angie et marquera le début de la relation particulière que le groupe entretient l’ìle des Grandes Antilles: “Je m’y rendais régulièrement pour des courtes visites depuis les années 60. Depuis “Goats Head Soup”, je vis là-bas dès que je le peux. J’ai de la famille, là-bas et dans les villages on m’accueille avec les bras ouverts”. Parmi ses lieux de prédilection, Steer Town occupe une place privilégiée. C’est là que Keith Richards rencontre Justin Hinds, un jeune rasta qui avait notamment officiait comme toaster auprès de Duke Reid durant les années 60’s. Lors de ses séjours, Richards avaient l’habitude de s’entourer de musiciens locaux pour organiser des jams informelles, auxquelles Hinds prenait régulièrement part.

En 1995, c’est un peu par hasard que Richards décide de produire le premier album de son groupe Wingless Angels en 1995. Hinds est accompagné par Winston “Black Skull” Thomas (qui avait collaboré notamment avec les Talking Heads et Bad Brains), Milton “Bongo Neville” Beckerd, “Bongo” Locksey Whitlock, Warrin Williamson, Maureen “Sister Maureen” Fremantle, Vincent “Jackie” Ellis et Bongo “Iron Lion” Jackie. Depuis ce premier enregistrement trois membres du groupe original ont succombé dont Hinds, ont succombé. Mais Richards possédait encore quelques enregistrements effectués de son vivant et ce deuxième album se présente ainsi comme une forme d’hommage à son ami Justin Hinds et à la fascination exercée par la musique jamaïcaine depuis les années 70.

Télécharger: Justin Hinds, Oh What A Joy, “Wingless Angels II (2010)

ALBUM

  • Wingless Angels II, Wingless Angels, (Mindless Records) sortie le 23.10.10

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Vidéo: Amen, Au Nom du Break


Quel est le point commun entre ShyFX, NWA, Oasis, Aphex Twin, Luke Vibert, Nine Inch Nails ou une publicité pour une Jeep ? Chacun a construit un morceau fondé sur un même break de 5.2 secondes extrait du Amen Brother de The Winstons. Alors que le titre original, sorti en 1969 sur la face B de leur tube Color Him Father, avait connu un succès très relatif, ce sample de roulements de batteries de G. C. Coleman a été exhumé en 1986 grâce aux compilations “Ultimate Breaks and Beats”, avant d’avoir un impact décisif sur l’évolution des musiques électroniques.

Depuis, le “Amen Break” s’est diffusé telle une trainée de poudre et le retrouve notamment à l’origine du hip-hop new school à travers le titre emblématique Straight Outta Compton, de l’electro avec le Kings of the Beat de Mantonix ou aux la base du breakbeat avec Original Nuttah. A ce titre, la jungle et la drum’n'bass se sont largement construites à partir de la déconstruction et les réarrangements de ce partie syncopée.

The Winstons, Amen Brother (le break commence à 1:27)

Un documentaire de Nate Harrison retrace l’histoire de ces quelques secondes légendaires, en soulevant des questions très intéressantes à propos du statut des transformations de la créativité à l’ère du sampling et des problèmes liés aux droits d’auteur. The Winstons, le groupe existe d’ailleurs toujours, n’ont jamais touché aucun royalties et n’ont jamais entrepris une quelconque démarche juridique pour revendiquer la paternité de ce break. Pour Nate Harrison, Amen est en quelque sorte entré “culturellement” dans le domaine public. À tel point que, comble du paradoxe, certaines firmes ont même été jusqu’à en revendiquer le copyright à des fins commerciales.

Blogs: Dalston Oxfam Shop


Toutes les personnes qui ont cette petite manie d’aller fouiner dans les bacs à disques des magasins de seconde main peuvent en témoigner. On trouve toujours de tout, mais rarement ce que l’on recherche. Chanteurs aux noms inquiétants, groupes aux looks improbables et graphisme ampoulé, toute cette armada de pâles ersatz n’invite, dans son ensemble, guère à l’écoute.

Sous le pseudonyme de Dalston Shopper, Todd Hart ne voit cependant pas le problème sous cet angle. Personnalité incontournable des nuits londoniennes au style pour le moins excentrique, dans ce domaine il rivalise d’audace avec Austin Powers, il collectionne depuis de nombreuses années des disques et des cassettes trouvés dans le Oxfam de Dalston.

Même s’il a étendu ses recherches, ses trouvailles kitsch et hétéroclites sont régulièrement postées sur son blog dalstonoxfamshop. Elles offrent une écoute kaléidoscopique des diverses cultures musicales qui composent cette région particulièrement cosmopolite de l’est londonien. De l’Oriental Disco aux mixtapes de trance obscure, en passant par la secousse ou les Choeurs de l’Armée Soviétique, Todd joue les chiffonniers en accompagnant chacune de ses trouvailles d’une présentation.

Télécharger: Egyptian Lover, Dance, “Street Jams Part.4 - Electric Funk” (1994)

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Médias: M.I.A, un parfum de truffe


Depuis quelques mois, la respectabilité de M.I.A a subi quelques remaniements qui marquent un nouveau cap décisif dans la carrière de la chanteuse. Les débats occasionnés par la sortie du clip “Born Free” ou ce récent article paru dans le New York Times, constituent les témoignages éloquents des paradoxes occasionnés par le nouveau statut de cette braconnière intrépide.

Étudiante en art promue égérie du courant nu rave, l’esthétique DIY et les discours altermondialistes de M.I.A émergeaient de manière particulièrement synchrone avec l’avènement des réseaux sociaux. MySpace, en particulier, lui a servi de terrain de propagation privilégié grâce auquel ses productions ont pu rapidement atteindre une masse critique sans se soucier des courants mainstream. Des budgets limités, une approche intègre et profondément créative, cela laissaient présumer quelques perspectives intéressantes en matière de production et de diffusion musicales. Un parcours de vie atypique, un discours engagé et irrévérencieux, son univers participait encore à nourrir l’intérêt de la voie dissidente ouverte par M.I.A.

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House: Virgo, sous le signe de la vierge


Le label hollandais Rush Hour compense une lacune importante dans l’anthologie des musiques électroniques grâce à la réédition d’un album essentiel de Virgo (également appelé Virgo Four ou M.E). Sorti initialement en 1989 de manière confidentielle, leur style se distinguait de la chicago house de cette époque du fait qu’il est intégralement joué. “Excepté pour une partie d’un morceau dans laquelle il y a une boîte à rythmes, nous n’avons jamais utilisé le TR-808 ou TR-909″, précise Merwyn à ce propos. “Nous jouions depuis tellement longtemps ensemble que nous savions intuitivement comment l’autre allait enchaîner. C’est pour cela que chacune de nos compositions commence par un son de kick. Cela nous permettait de marquer la mesure, comme si nous étions en train de faire une jam, rien n’a été édité après coup. Les morceaux sont tels que nous les avions joués sur le moment.”

Le groupe ne connût pas véritablement de succès et, l’un devenant professeur de mathématiques et l’autre artiste plasticien, ils suivirent des carrières détachées de leurs passions pour la musique. Laissant derrière eux quelques classiques atemporels tels “Do You Know Who You Are” ou “In a Vision”. Largement inspirées par la scène club de Chicago, leurs compositions n’abordaient aucun thème particulier. “Chaque thème arrivait de manière imprévue et il s’agissait plus d’une collection. Nous voulions que notre musique serve d’échappatoire à la routine quotidienne, au même titre que ça l’était pour nous lorsque nous produisions nos morceaux”. Toujours actif, le duo envisage de sortir prochainement quelques morceaux inédits de leurs débuts, ainsi que des productions plus actuelles.

ALBUM

  • Virgo, “Virgo” (Rush Hour)

Virgo Four, Do you know who you are?

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Live: Gil Scott-Heron, l’art de la disparition


L’architecture moderniste austère de L’Aula Magna de Lisbonne constitue un souvenir imposant de la dictature de Salazar. On pourrait imaginer un décor moins connoté pour accueillir un illustre pourfendeur des dérives despotiques. Casquette rivée, silhouette élancée, costume étriqué, Gil Scott-Heron débarque, seul, avec la démarche nonchalante d’un coureur de demi-fond. Avant même d’avoir prononcé le moindre mot, le public est déjà debout, honorant cette apparition longuement espérée.

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Rock: Mama Rosin, Combat Cajun


Les éminents ambassadeurs genevois de la musique cajun Mama Rosin se produiront ce weekend à l’occasion du Blues Rules Festival. Une occasion toute trouvée pour revenir sur leur parcours et sur la sortie de la compilation “Obscure Zydeco”.

Qu’est-ce qui a participé à votre intérêt pour la musique Cajun ?

Mama Rosin: Nous nous sommes aperçus que cette musique, qui semble assez limitée au niveau des instruments ou des histoires évoquées, dissimule en vérité une immense richesse. Un mélange évident de musique noire et blanche, un blues très fort et des textes très directs grâce à l’usage d’un français basique. Puis toute la beauté de son évolution avec le Zydeco et le Cajun, les orchestres de string band. C’est du Texas swing chanté en Français avec la puissance d’un duo mélodéon-frottoir ! Il y a aussi une certaine rareté, car c’est très difficile de trouver des vinyles ! En ce qui nous concerne, on a surtout rapidement associé ça au blues, à la musique africaine et, pour le dire franchement, on a été fasciné par ce côté rock’n’roll!

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Pop: Toro y Moi, et moi et moi


À propos du festival SXSW, qui s’est déroulé en mars dernier à Austin, le New York Times indiquait la recrudescence de groupes dont “les chansons semblent surgir comme dans un rêve de geek. Des chansons de Top 40 ou des tubes dance vaguement remémorés chantés par des jeunes gens trop timides pour quitter leur chambre ”.

Cette tendance, que l’auteur associe au glo-fi ou au chillwave, était significative chez Neon Indian, Washed Out, Small Black, Memory Tapes ou encore Toro y Moi et il s’agit généralement de projets qui n’intègrent qu’une ou deux personnes. Chaz Bundick, sous le nom de Toro Y Moi, cisèle des territoires onirique à coups d’effets spéciaux, de distorsions ou de slaps en portant toujours une attention particulière aux détails.

Un goût pour les collages certainement amplifié à travers son intérêt pour le cinéma et ses études de graphisme. “Je suis particulièrement intéressé dans différents types de médiums qui présentent une esthétique atemporelle. Par exemple, j’apprécie comment notre lecture d’une photographie peut être totalement différente lorsqu’on retire des petits détails. J’essaie d’approcher Toro Y Moi de la même manière, j’aime ajouter des détails qui rattachent la composition à certaines périodes musicales. Ça peut être un coup de batterie sec des 70s ou un effet de reverb dans la voix caractéristique des 80’s”.

Télécharger: Toro Y Moi, Blessa (2010)

Télécharger: Toro Y Moi, Causer of This (2010)

Télécharger: Toro Y Moi, Sad Sams (2010)

ALBUM

  • Toro Y Moi, “Causer of This” (Car Park Records)

Toro Y Moi, Talamak, “Causers of This” (2010)

Toro Y Moi- Talamak from bryan bush on Vimeo.

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Dub: Bassnectar, le maximalisme du tempo

Bassnectar_2007-Joshua-Bro

À son origine, vers le milieu des années 90, Bassnectar se présente comme un projet expérimental et militant initié dans la baie de San Francisco par Lorin Ashton. Un jeune geek chevelu qui se passionnait pour les groupes de grindcore, de doom ou de black metal qui fleurissaient durant cette période. Toutefois, en découvrant les des séquenceurs numériques, il ne tarde pas à adopter une approche tout azimutée, ce qu’il nomme l’”Omnitempo maximalism”, qui transpose son penchant pour l’anarchisme dans des formes plus mélodiques. Selon Asthon, au coeur de la philosophie de Bassnectar, il n’y a aucune règle, aucune limitation et aucune hésitation.

A ce sujet, il avance que “les humains bougent en suivant des vitesses et des rythmes différentes. Je préférerais me détruire plutôt que de me résigner à apprécier ou à jouer un seul style de musique. Le son de basses massives et des nappes de synthé, combinés avec des mélodies émotionnelles et des voix originales, tout cela dois se superposer avec des tempos différents”. Le résultat se présente toutefois comme une variante dub assez proche des productions dubstep orginales et des incursions ethniques de Filastine. Le tout servi avec un art du headbanging hérité de Beavis & Butt-head.

Télécharger: Bassnectar, Magical World (feat. Nelly Furtado)

Bassnectar, Kingston (2009)

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Jazz: Portico Quartet, hang out

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Après s’être longuement frotté à des publics hétéroclites lorsqu’ils se produisaient sur les quais de la Tamise, le Portico Quartet n’a pas mis bien longtemps avant d’être invité dans des structures plus institutionnelles. C’est tout d’abord le Vortex, célèbre club de jazz londonien, qui leur a proposé une résidence avant d’assurer la production de “Knee-Deep in the North Sea” (2007). Depuis, les quatre musiciens n’ont quasi plus cessé de se produire à travers toute l’Europe, suscitant une foule grandissante d’admirateurs séduits par l’originalité de leur approche. Parmi eux, on retrouve un certain Peter Gabriel qui, bien qu’il ne soit pas spécialement tourné vers le jazz, s’est empressé de signer le groupe sur son label Real World.

La particularité du son du Portico Quartet, qui renvoie entre autres à des atmosphères ethniques et à la musique sérielle, tient surtout dans la place prédominante du hang dans la plupart de leurs compositions. Inventé il y a une dizaine d’années par deux Suisses allemands, cet instrument de percussion ne se distingue pas uniquement par la texture enveloppante de ses sonorités. En effet, en suivant des préceptes qualitatifs, ses géniteurs ont limité son acquisition de manière passablement drastique. Ce caractère inédit et cette situation de rareté ont constitué un moteur important pour les quatres Anglais qui ont pu se sentir d’emblée affranchis de toutes traditions musicales.

CONCERTS

  • 06.05.10 Paris / Studios SFR
  • 22.05.10 Paris / Hôtel Lutetia - Festival de Saint-Germain-des-Prés
  • 23.05.10 Paris / Hôtel Lutetia - Festival de Saint-Germain-des-Prés

Portico Quartet, Line, “Isla” (2009)

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Funk: Dâm-Funk, Don’t give up

dam Photo: Joël Vacheron

“Don’t give up your dreams”. Une devise toute trouvée pour celui qui aura attendu près d’une vingtaine d’années avant de sortir son premier album. De toute manière, Damon Riddick n’a jamais mené son existence en étant pressé par les impératifs du moment. Le style impeccable et les bras chargés des pioches de la journée, il arrive avec quelques heures de retard. Dam-Funk n’a pas besoin de feindre la désinvolture pour mériter son titre d’ambassadeur du boogie funk.

Q : Vous vous posez comme un défenseur de l’esprit funk originel, en quoi cela consiste exactement ?
Dâm-Funk : Le funk a trop souvent était regardé comme un style frivole et il est encore fréquent que des personnes se moquent des musiciens. Mon but est de réintroduire le respect dû aux musiciens de funk. Je suis né dans les années 70 et je fais partie de cette génération qui a grandi entre le hip-hop et le funk.

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Hommage: Malcolm McLaren, manager de situations


Styliste d’avant-garde, impresario punk, protorappeur, collectionneur d’art contemporain, Malcolm McLaren a su réinventer continuellement son personnage de rouquin aux comportements hyperactifs. Nourri par un dandysme revendiqué et un intérêt pour les penseurs radicaux, en particulier le situationnisme de Debord et l’esprit contestataire de Mai 68, McLaren n’a jamais cessé de provoquer les catégories rigides de la société britannique. Dans la lignée d’un Beau Brummell, dont on avait coutume de dire que la grandeur n’était fondée sur rien tout, c’est tout d’abord à travers l’habillement qu’il avait trouver le moyen de provoquer l’agitation. Associé à Vivienne Westwood, ils allaient utiliser leur boutique située de King’s Road, laconiquement dénommée SEX, pour lancer une guérilla sans concessions à l’encontre des codes vestimentaires et de l’idéologie hippisante des années soixante-dix.

Largement inspiré par l’esthétique rock’n'roll des années 50, il monte un groupe destiné à porter les étendard aux vêtements vendus dans le magasin. Avec leur attitude d’ados irrévérencieux et insouciant, les Sex Pistols aller générer une insurrection culturelle et médiatique dont l’impact ne cesse de se faire ressentir. Dans son ouvrage essentiel “England’s Dreaming”, Jon Savage pérennise l’influence de McLaren dans ce tournant marquant des cultures populaires. En effet, les premiers chaptitre associent de manière approfondie son parcours biographique avec les orientations musicales, esthétiques, politiques ou commerciales qui ont singularisé l’émergence du mouvement punk. McLaren avait récemment eu droit à un regain d’intérêt médiatique grâce aux commémorations du trentième anniversaire de la sortie du “Never Mind the Bollocks, Here’s the Sex Pistols”.

En revenant sur sa personnalité controversée, Savage relève entre autres à quel point les mythes et les rêves ont joué un rôle central dans la vie de McLaren. Très tôt, son parcours répondait ainsi à la première loi pop édictée par Andrew Loog Oldham, le manager des Rolling Stones. “Je crois que si vous mentez assez, cela devient réalité.” Diagnostiqué d’un cancer rare, le mesothelioma, il s’est éteint subitement le 8 avril dernier à l’âge de 64 ans.

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Hip-hop: Beans, Electronique Pratique

En marge de l’exposition “Galactic Hits” et de la tournée d’Anti Pop Consortium, Beans évoque les différentes relations que le groupe entretient avec la science-fiction.


Q: Quelle est votre définition de l’afrofuturisme et est-ce que cela fait partie de votre univers créatif ?
À vrai dire, je n’ai jamais considéré ma musique sous cet angle. Je nous vois plutôt comme un groupe progressiste qui, en s’inscrivant dans le courant hip-hop, tente d’aller au-delà des canons et des productions traditionnellement réalisées sous cette bannière. Mais si nos cherchons toujours à ouvrir de nouveaux territoires, nous ne l’avons jamais revendiqué comme faisant partie de l’ afrofuturisme. Cela ne signifie pas pour autant que je n’ai pas été influencé par des artistes associés à ce courant.

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RBMA: Steve Reich, music is music


Organisée cette année à Londres, la Red Bull Music Academy a, une fois de plus, mis en place une programmation hors du commun. Tout au long des deux sessions de deux semaines, les événements se sont succédés à un rythme soutenu dans les quatre coins de la ville afin d’offrir une vitrine des diverses scènes qui distinguent l’underground londonien d’hier et d’aujourd’hui.

Toutefois, cette cuvée 2010 restera particulièrement remarquable grâce à la présence de Steve Reich. De sa découverte de la musique ghanéenne à l’influence de Pro Tools dans son processus créatif, le compositeur est venu présenter les différentes étapes de cette trajectoire historique avec une éloquence et un entrain étonnant. Parallèlement à ses descriptions détaillées des différentes influences et techniques qui ont nourris son processus créatif, le septuagénaire est également revenu sur des passages plus méconnus de son existence qui donnent toutefois des éclairages intéressants sur sa démarche.

Souhaitant garder, dès le début de sa carrière, une certaine autonomie par rapport au monde académique, il a par exemple travaillé pendant de nombreuses années comme chauffeur de taxi à New York. Une proximité des rythmes et des ambiances urbaines qui a, comme il le reconnaît dans cette présentation, laissé une empreinte perceptible des ses compositions. Les amateurs apprécieront également l’interview publiée par le magazine Fact.

Steve Reich,(RBMA London, février 2010)

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Turntablism: The Gaslamp Killer, Freewheelin’ of Steel


Lorsqu’on le voit secoué frénétiquement sa coupe hirsute ou se lancer dans un solo passionné, on se demande bien ce qui a pu détourner The Gaslamp Killer d’une carrière de guitar hero. La réponse est très simple, un décalage de quelques décennies. “J’aurais tellement voulu naître dans les années 40″, avoue-t-il à ce sujet,”cela m’aurait permis de passer mon adolescence pendant les années 60. J’ai toujours été fasciné par cette période et je préfère envisager la musique comme elle se faisait à cette époque, plutôt que pendant les années 2000.”

Avec son air de Freewheelin’ Franklin, William Bensussen se sert de sa technique experte aux platines pour reconfigurer les classiques heavy metal ou les sérénades hippies dans des lives rythmés à coups de Kalachnikov. Après un premier EP sur Brainfeeder, “My Trouble Mind”, GLK travaille sur son premier album qui va sortir sur le même label en début d’année prochaine. Pour l’instant, son actualité se concentre surtout sur “A Sufi and A Killer” de Gonjasufi qu’il a en grande partie produit.

Télécharger: The Gaslamp Killer, “We Make It Good Mix Series Vol. 5″ (sept. 08)

The Gaslamp Killer, Sonar 2009

» TRACKLIST DE LA MIXTAPE

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Expériences: Florian Hecker, estimation de magnitudes


Jusqu’au 28 mars, le white cube de la Chisenhale Gallery accueillent les travaux récents de Florian Hecker. Les long tubes noirs tombant du plafond à hauteur variable, et auxquels sont accrochés les hauts-parleurs, constituent les seuls éléments visibles. Tout le le reste est du domaine de l’écoute.

Avec Magnitude Estimation, 2X3 Kanal, Untitled, Auditory Scene, le compositeur allemand présente quatre nouvelles installations qui lui permettent d’approfondir son approche des relations existantes entre le corps, l’espace et les objets sonores. Mouvements rotatifs, fréquences zigzaguantes, effets d’échos ou d’oscillations, chaque pièce invite à expérimenter les modalités subtiles qu’acquièrent les sons en fonction du positionnement occupé dans l’espace.

A l’aide de ses installation et ses compositions électro-acoustiques, Hecker construit une architecture quasi invisible à partir de laquelle on peut interroger les limitations de nos perceptions spatiales.

EXPOSITION

12.02.10 - 28.03.10 Florian Hecker at Chisendale / London

Installation de Florian Hecker à Sadie Coles (Novembre 2008)

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Expériences: Raymond Scott, déconstruire le génie


Stan Warnow a finalement terminé le documentaire dédié à son père. Surnommé par certains la « version audio d’Andy Warhol», la carrière de Raymond Scott a les allures du personnage de roman. Une vision monophonique nuancée par son fils dans “Deconstructing Dad: The Music, Machines and Mystery of Raymond Scott”, un portrait intimiste qui révèle les travers humain de cette trajectoire de génie.

Scott a débuté sa carrière musicale au milieu des années 30 par l’entremise de son orchestre. Avec son style rapide et très imagé, The Raymond Scott Quintette connaîtra un succès quasi instantané. Appelé à Hollywood, il est mandaté Warner pour composer des BO de films et de dessins animés classiques tels que Bugs Bunny, Road Runner ou Wily Coyote. Bip bip.

Cette expérience le pousse à s’intéresser de plus en plus aux bruitages. A partir des années 50, Scott fonde le Manhattan Research inc. et profite de ses compétences d’ingénieurs pour développer ou perfectionner des instruments inédits. Qu’il s’agisse de mandats publicitaires ou de compositions électroacoustiques, Scott va composer un univers sonore totalement unique.

Pendant près d’une vingtaine d’années, il va ainsi endosser le rôle de savant fou en créant toute une gamme de nouvelles machines permettant de composer des sons largement en avance sur leur temps. C’est le cas notamment de son Electronium que Berry Gordy s’était procurer pour agrémenter les sessions Motown. Cela a valu à Scott de travailler pour le label pendant plusieurs années en tant que Directeur du département de recherche en musiques électroniques.

FILM

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Punk: Liliput, derrière mon Kleenex


Au tournant des années 70 et 80, Kleenex / LiLiPUT faisait partie d’une dynastie punk rock déclinée au féminin aux côtés de The Slits et The Raincoats. C’est l’incontournable John Peel qui, après être tombé sous le charme de ces “Swiss Slits”, avait largement contribué à lancer leur carrière en Grande-Bretagne.

Après avoir déjà sorti un double album rétrospectif, le label Kill Rock Stars permet de revenir sur ce moment important de la scène musicale helvétique en annonçant la sortie d’un album de 24 titres enregistrés live. Il s’agit du regroupement de deux concerts. L’un de Kleenex, enregistré à Bienne en 1979, et l’autre de LiLiPut, enregistré à Zurich en 1983.

Cette période recouvre les années d’activité du groupe qui avait changé de nom suite à une plainte déposée par Kimberly-Clark Corporation, qui avait manacé leur label de l’époque de détruire tous les disques produits sous le noms Kleenex. Il y de quoi se sentir un peu liliputienne.

Télécharger: Liliput, In a Mess

Télécharger: Liliput, Ain’t You

Kleenex / LiLiPUT various footages

» TRACKLIST

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Graphisme: Emory Douglas, Panther Power


Le clip récemment réalisé par Doctor L pour le morceau Africa de David Murray & The Gwo-ka est composé intégralement à partir des dessins de Emory Douglas. Une occasion pour revenir sur l’oeuvre révolutionnaire de celui qui, un temps, portait le titre de Ministre de la Culture du Black Panther Party.

Dans les faits, ce poste a consisté à assurer l’intégralité des orientations esthétiques du parti jusqu’à sa dissolution à la fin des années 70. Pendant près d’une vingtaine d’années, Douglas a ainsi produit une vaste quantité d’illustrations qui, de la carte postale aux sculptures, servaient de supports de propagande variés.

Les travaux de Douglas ont récemment fait l’objet de rétrospectives à Los Angeles et au New Museum de New York. Son imagerie accompagnera également “Tongues on Fires” dans le cadre de Jazz à la Villette le 12 septembre 2010. Un spectacle musical autour des Panthers monté par David Murray et dans lequel on retrouvera The Roots et The Last Poets.

CONCERT

  • 06.04.10 David Murray & The Gwo-ka au Banlieues Bleues - Espace 1789 / Saint-Ouen

David Murray & The Gwo Ka Masters, Africa, feat. Taj Mahal (David Murray / Emory Douglas / Doctor L)

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Hip-hop: Miguel Atwood-Ferguson, les bons génies


PHOTO: Grace Oh

Lorsqu’ils ne voguent pas sur leur arche, poussés par les vents du pacifisme, Carlos Niño et Miguel Atwood-Ferguson n’oublient pas de se remémorer leur amour pour le hip-hop. À contre-courant du flot de relectures poussives visant à rendre hommage à Jay Dilla, ils se sont engagés dans un projet qui témoigne d’une réelle déférence à l’oeuvre du producteur.

Initié, en 2007 en l’honneur de sa mère, le projet “Suite for Ma Dukes” se présente sous la forme d’une symphonie écrite intégralement par le duo à partir de boucles extraites d’“Antiquity”, “Nag Champa”, “Fall in Love” de Slum Village et “Find a Way” de A Tribe Called Quest. En février 2008, Carlos et Miguel ont poussé le raffinement jusqu’à organiser un concert unique avec un orchestre de chambre composé de 40 musiciens et les quatre titres, enregistrés en studio, se retrouvent sur un EP sortis chez Stones Throw et, bien que les amateurs connaissent déjà, les autres sauront apprécier.

Ce projet est surtout une belle occasion pour revenir sur l’énorme talent du discret Miguel Atwood-Ferguson. Écrivain, multi instrumentiste et arrangeur, on le retrouve notamment sur le dernier album de Flying Lotus, sa formation classique rigoureuse et son implication précoce dans l’hip-hop et le funk lui permettent de faire le grand écart avec une aisance déconcertante. À propos de “Suite for Ma Dukes”, Niño reconnaît que sa contribution est restée très limitée. “Miguel a mis toute sa vie dans ce projet”, affirme-t-il. On en peut que lui en être reconnaissant.

“Suite For Ma Dukes”, Live at The Luckman 02.2009)

» Miguel Atwood-Ferguson en session avec Pharoahe Monch, Shafiq Husayn, Om’Mas Keith,

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Jazz: Seb Rochford, toujours plus fort


Disons-le franchement, au-delà de toute considérations sur ses talents musicaux, Seb Rochford ne manque pas d’interpeller grâce à cette coupe spongiforme qui fait le connexion entre Robert Smith, le glam metal et Erykah Badu. Nul doute qu’on pourrait disserter longuement sur la symbolique de cette déflagration capillaire surplombant ce visage lunaire.

Heureusement, Seb n’a pas besoin de compter uniquement sur cet bulbe afrofuturiste pour se singulariser et, depuis quelques années, c’est avant tout son appproche éclectique qui lui a permis de se profiler comme l’un des batteurs de jazz britanniques les plus innovants du moment.

Après ses collaborations récentes avec notamment Pete Doherty, Brian Eno et David Byrne ou Herbie Hancock, son actualité se concentre sur son projet Polar Bear dont le nouvel album est sur le point de sortir chez Leaf. Le caractère expansif de Seb Rochford ne s’arrête pas là puisqu’il offre également cette mixtape démontrant qu’il sait aussi se tenir à l’écoute des fréquences urbaines.

Télécharger: 5 titres de Polar Bear

Seb Rochford (Polar Bear) mixtape by theleaflabel

Polar Bear feat. Shlomo (Londres, MTUM 2008)

» Tracklist

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Africa: Zam Rock, Zombie Zambie

nowagain

Now Again réédite deux albums de groupes Zambiens

Vers le milieu des années 70, la Zambie a vu la floraison d’une scène rock particulièrement active à Lusaka et Chingola, les principales villes émergentes. Les groupes rattachés, à ce qui était alors dénommé Zam Rock, puisaient principalement leur inspiration du côté de Jimi Hendrix et de James Brown.

En rééditant les albums de WITCH et Amanaz, le label Now Again et le guitariste Rikki Ililonga remettent au goût du jour cet héritage prolixe et assez distinct des autres pays africains. Les deux titres en écoute offre un aperçu convaincant d’un genre qui fait une place large aux influences psychédéliques et aux zones plus sombres de la tradition rock. Pour preuve, les riffs hendrixiens obsédant de Chrissy Zebby Tembo ou le metal de Paul Ngozi, le zam rock n’a pas fini de révéler ses trésors oubliés.

Une anthologie de Rikki Ililonga, qui est un des pionniers du Zam Rock, est également annoncée dans le courant de cette année.

Télécharger: WITCH, Strange Dreams, “Lazy Bones”

Télécharger: Amanaz, Khala My Friend, “Africa”

Chrissy Zebby Tembo & Ngozi Family, “My Ancestors”

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Club: Ayobaness, les kings des townships


Une compilation célèbre la house sud-africaine

Le succès rencontré par DJ Mujava avait permis un gros coup de projecteur sur les productions house en provenance d’Afrique du Sud. Le label allemand Out | Here profite de l’occasion, ainsi que de la Coupe du Monde imminente, pour sortir une compilation avec quelques-unes des figures marquantes de la scène, telles que Pastor Mbhobho ou DJ Steavy. Une occasion pour revenir sur DJ Mujava dont la percée atypique dans les circuits clubs occidentaux était évoquée dans le numéro 108 du magazine Vibrations.

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Pastor Mbhobho, Ayobaness 01 Pastor Mbhobho - Ayobaness by OuthereRecords

DJ Mujava, Mugwanti, Sgwejegweje, Schlachthofbronx RMX DJ Mujava - Mugwanti / Sgwejegweje Schlachthofbronx RMX by OuthereRecords

SITE

» Lire l’article sur DJ Mujava

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Funk: Brian Eno, Can’t get enough


Strictly Kev mixe les productions funky de Brian Eno

Bien avant de développer des applications pour iPhone ou de faire de la futurologie, Brian Eno a toujours su frayer avec les avant-gardes musicales. Du glam rock à l’ambient, en passant par le punk rock, le sampling voire même le heavy metal , peu de courants ont résisté à l’insatiabilité de ce touche-à-tout.

À partir des années 80, en grande partie influencé par sa collaboration avec David Byrne, Eno s’adonne à la science du groove de manière convaincante. Pour preuve, ce mix rythmé à coups de slaps qui offre un concentré des productions funky de Sir Eno. Une manière de rendre également hommage à DJ Food, et en particulier Strictly Kev, qui démontre une fois de plus sa maîtrise des mix thématiques.

Télécharger: DJ Food aka Strictly Kev, More Volts: The Funky Eno

» Tracklist “Funky Eno”

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Electro: Citinite, boogie to the top


Citinite ravive l’esprit electro boogie originel

Le label anglais Citinite fait partie de la nouvelle génération de producteurs inspirés par les débuts de l’electrofunk. L’italien AD Bourke, les New-Yorkais Her Bad Habit et Dez Dickerson, les sud africains de Sweat X ou la chanteuse de Los Angeles Rozzi Daime sont des émules d’Afrika Bambaataa et d’Egyptian Lover formant le nouveau bastion de l’Internationale du kick & snare.

Un petit aperçu avec ces deux mix. L’un est en grande partie composé de morceaux inédits enregistré en novembre dernier lors d’une soirée à Londres, l’autre est un mix plus ancien de Chicago et d’Acid House sélectionné par Manny Z.

La prochaine sortie du label sera celle de Gosub, un producteur de Miami, qui revient avec un nouvel EP intitulé “The Last Time I Saw You”. Avec des titres tels que Love from Planet X ou Black Nova in G, il continue à afficher le même penchant pour les voyages interstellaires entamés avec ‘Watchers from the Black Universe’ (2007).

SITE

Télécharger: Citinite, Past, Present, Future

Télécharger: Many Z, Dance Hour, Vol 5: Basement Black

» Tracklist Manny Z’s Dance Hour, Vol 5: Basement Black

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Deux morceaux de Roska en écoute

‘Time Stamp’ et ‘Tomorrow Is Today’ sont extraits du premier album, au titre homonyme, de Roska.

ROSKA TOMORROW IS TODAY by factmag

ROSKA TIME STAMP by factmag

Electro: Pantha Du Prince, le même son de cloche


Entre expérimentations et techno minimale, le producteur allemand joue les carillonneurs

Dans une approche qui n’est pas sans rappeler celle de Burial, Hendrik Weber s’est attelé à un travail de réduction radicale en matière de rythmes et de sonorités. Toutefois, plutôt que d’explorer quelques zones sombres de la club culture, le producteur allemand déploie une techno minimale portée par des résonnances de vibraphones ou de cloches, qui semblent émaner de crevasse cristalline ou du firmament.

Pantha Du Prince explique que son style provient d’une certaine nostalgie par rapport aux bruits de cloches qui l’ont poussé à vouloir transformer les soundsystems des clubs en nouvelles variétés de carillons.

Télécharger: Pentha Du Prince, Splendour “Black Noise” (Rough Trade)

SITE

LIVE

  • 06.02.10 La Passerelle / St. Brieux

  • 06.03.10 Rex Club / Paris

  • 03.04.10 Electron Festival / Genève

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Dub: Jahtari, nouveaux territoires


Un petit label de reggae en ligne propose un catalogue à deux vitesses

Parmi les nombreux sites hébergeant de la musique sur le net, certains se distinguent par l’originalité et la cohérence de leur contenu, d’autres proposent uniquement des morceaux inédits, d’autres encore profitent de spécifiés du médium pour ouvrir de nouvelles perspectives.

Lancé à Leipzig il y a près de cinq ans sous l’impulsion de Disrupt, le projet Jahtari a l’avantage d’être tout cela en même temps. Le site fonctionne est spécialisé dans le DLR (Digital Laptop Reggae) et on y trouve ainsi une vingtaine du groupe qui ont tous en commun de produire du dub conçu uniquement à l’aide d’un ordinateur. Par ce biais, comme l’annonce le petit manifeste, l’idée n’est pas de faire du neuf avec du vieux, mais plutôt de favoriser une approche inédite de ce genre.

Fonctionnant comme un label, le site dispose d’un catalogue régulièrement approvisionné par des productions de qualité qu’il est possible d’acquérir selon deux formules. Soit, gratuitement pour la version digitale, soit en payant pour obtenir le support physique. Malgré ses faux air de C64, le mode de diffusion proposé par Jahtari pourrait bien devenir un modèle dominant en matière de diffusion musicale sur Internet.

Télécharger: Zeb & Scotty, Bring Di Sensi “Bits Of Fury” riddim (JTR NET 19)

Télécharger: Dressla, Bomb Their Circles “Bits Of Fury” riddim (JTR NET 19)

SITE

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Hip-hop: 2000, the Ultimate Mixtapes


Une mixtape sortie en fin d’année reprend les pulsations des années 2000

“A Boom Bap Continuum” est une compilation, réalisée par Jim 2tall, Kper et DJ Clockwork, qui retrace une décennie musicale en 80 minutes. 2tall explique que l’intention derrière ce projet était de faire ressortir une généalogie en matière de productions hip-hop et de beatmaking depuis le tournant du millénaire jusqu’à aujourd’hui. Une manière de laisser apparaître la révolution silencieuse et influente qui s’est déroulée en dessous des médias mainstream jusqu’au retour triomphant du Boom Bap ces dernière années.

Avec Jim 2tall et Kper aux platines et Clockwork à la postprudction, le but des trois DJ’s était faire ressortir les modulations subtiles d’un son qui continue à être un peacemaker pour les générations à venir. En plus de ce mix peaufiné avec virtuosité, le site A Boom Bap Continuum présente de manière détaillée le projet, en particulier la tracklist et un bel artwork old school.

À noter également dans un registre plus ou moins similaire, le projet Rap History ou The Rub qui proposent tous deux des chronologies annuelles depuis les origines du hip-hop. Cependant, c’est sans aucun doute le mix réalisé en 2004 par Strictly Kev, aka DJ Food, “Raiding The 20th Century” qui constitue la mixtape ultime en matière de cut up et de Djing.

A Boom Bap Continuum… ten years of beats from ‘99 to ‘09 A Boom Bap Continuum… ten years of beats from ‘99 to ‘09 by ABoomBapContinuum

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Jive: Next Stop Soweto, le funk des townships


Strut s’offre un plongeon dans les racines du township jive

À l’heure où toutes les oreilles se tendent vers les fragrances africaines des Vampire Weekend, Next Stop Soweto constitue une très belle occasion pour creuser un peu plus en amont les origines de telles influences. Cette compilation, la première d’une trilogie, regroupe des rares morceaux produits dans les townships de Soweto durant les années 60 et 70. L’âge d’or du township jive, une combinaison de rythmes traditionnels Zulu, de percussions Sotho et d’influences occidentales pour la guitare et la basse. Plus généralement appelé Mbaqanga, il s’agissait d’un courant très populaire dans les townships tout au long de l’apartheid.

En raison de la situation politique et du boycott qui frappait l’Afrique du Sud, cette version antérieure de l’afropop aura mis passablement de temps avant d’attirer l’attention des musiciens occidentaux. Pour l’anectode, Paul Simon a joué un rôle important pour sa diffusion dans les circuits occidentaux, en collaborant avec le groupe vocal Ladysmith Black Mambazo et en s’entourant de musiciens sud-africains pour la tournée qui a suivi la sortie de son album “Graceland”.

Toutefois, l’urgence et le groove brut qui empreigne “Next Stop Soweto” se situent à des lieues des productions aseptisées qui ont popularisé ce style par la suite et on saisit avec quelle force la musique a pu servir de soupape pour juguler toutes les humiliations subies sous le régime afrikaner.

ALBUM

  • Compilation, “Next Stop Soweto” (Strut) sortie le 16 février

Télécharger: Next Stop Soweto, I Sivenoe Melotone Sisters with Amogola Band

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Soul: Gonjasufi, nébulosité mystique


Gonjasufi propose sa relecture chamanique de la pop music aux musiques ethniques

“A Sufi and a Killer” est un album étrangement polymorphe, voire obsédant, qui emprunte à tous les registres musicaux pour se composer une identité propre. Une sorte de testament liturgique d’un gourou repenti, une confusion structurée autour de boucles de sitars ou de choeurs outranciers provenant de confins orientaux. Une délicate ode païenne dans laquelle le rock garage de SuzieQ ou DedNd fait place à des titres proches du boogie funk (Duet) ou de l’electronica minimale (Candylane).

Un cheminement diachronique et mystique qui conserve son homogénéité grâce, d’une part, aux textures analogiques éraillées composées par Mainframe et AJDM et, surtout, la voix de Gonjasufi qui suinte comme autant des susurrements à la limite du plaintif ou de la rupture. Certains titres tels que Ancestors ne sont pas sans rappeler l’ambiance dégagée par Dudley Perkins à l’époque de “A Lil’ Light”. “A Sufi and a Killer” plongent dans les mêmes introspections de l’âme, en y ajoutant quelques traces magico-religieuses.

ALBUM

  • Gonjasufi “A Sufi and a Killer” (Warp) sortie le 08.03.10

Télécharger: Gonjasufi, Ancestors (produit par Flying Lotus)

Gonjasufi, DedNd

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Club: Roska, Ain’t it (UK) Funky


Un mix de Roska jauge les rythmes des clubs anglais

2009 restera sans aucun doute une année charnière pour Wayne Goodlitt qui, avec quelques autres tels que Donae’o, Cooly G ou Geneeus, s’est retrouvé propulsé comme une des figures emblématiques du Funky sous le pseudonyme Roska. Puisant son inspiration dans la scène garage et house, il est un des premiers à avoir agrémenté ses productions avec de percussions largement inspirées par la soca.

Cet aperçu succinct des orientations actuelles du funky démontre, même si ce n’est pas une surprise, qu’une partie de ce courant se rapproche de plus en plus des productions house traditionnelles…What’s next?

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SITES

Roska, In your Handbag

LIVE

  • 22.01.10 Dub Ex Machina / Zürich

  • 05.02.10 Freaks & Geeks / Bruxelles

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Compilation: Bob Blank, initials B B


Une compilation revient sur la contribution cruciale du producteur new-yorkais

Après avoir tenté de manière infructueuse de lancer une carrière de musicien de studio, c’est en tant qu’ingénieur du son et producteur Bob Blank va réussir à imposer sa patte dans la scène new-yorkaise à partir du milieu des années 70.

Lorsqu’il ouvre en 1973, ce sont surtout les prix très attractifs des sessions qui attirent les premières vagues de musiciens au Blank Tape Studios. Sans se soucier des distinctions de styles, Bob Blank se retrouve d’emblée à enregistrer des artistes issus des diverses scènes bourgeonnantes de la ville.

On retrouve ainsi sa signature sur de nombreuses productions de ZE Records, Salsoul, Prelude ou Arthur Russel, lorsqu’il se produisait sous le nom de Dinosaur L. Un éclectisme présent sur cette compilation dans laquelle Sun Ra et Lydia Lunch y côtoient Gladys Knight ou Debby Blackwell, dont le classique Once You Got Me Going ouvre le CD.

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SITE

Sun Ra, Where Pathways Meet

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Hip-hop: Lilea Narrative, prise de contrôle


Des places à gagner pour découvrir l’univers cinématographique du producteur caennais

Avec “Echantillodrome”, Liléa Narrative offre une synergie musicale à l’univers fascinant déployé par David Cronenberg dans son film “Videodrome”. À travers cette mise en abîme, il nous invite ainsi à partager le délire halluciné de Max Renn, le protagoniste principal qui tente de s’affranchir du pouvoir aliénant des médias.

La voix de Napoleon Maddox répond aux voix extraites du film, les crissements du défilement de la bande magnétique se mutent en scratchs incisifs et les effets de neiges de l’écran en autant de petits bruissements qui donnent à cet album une intensité doucement hypnotique.

Même si tous ces échantillonages sont construits autour d’agencements traditionnels en matière de hip-hop, Liléa Narrative pousse souvent les effets de styles jusqu’à leurs limites, comme en témoigne le vicieux Cut Vice dont les breaks semblent sculptés à coups d’effets échoïques. Long live the new flesh !

Liléa Narrative se produira au Glaz’art dans le cadre de la soirée “Novö Hip Hop on Top”, le 11.02.09. Pour gagner des invitations à cette soirée (max. 2 par personne), envoyez-nous un mail à contact@vibrations.ch, en indiquant indiquant “MERCI LILEA” dans le titre avec vos nom et prénom. Il y a 2X5 places à gagner et les cinq premières personnes seront contactées par email.

ALBUM

  • Liléa Narrative, “Echantillodrome” (sortie le 19.01.01)

SITES

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Electro: Rita Indiana, le coup de grâce


Rita insuffle son expérience new-yorkaise au merengue

À la fois musicienne et artiste multimédia, Rita Indiana est une géante de 1m90 dont le charisme caribéen n’est pas sans rappeler une certaine Grace Jones. Active aussi bien en solo, en duo avec Miti Miti et encore avec son groupe Los Misteriosos, son adaptation électrifiée du merengue constitue un message prometteur en provenance des clubs de San Juan et de Saint-Domingue. Difficile en tous les cas de ne pas se laisser emballer par son clip pour La Hora de Volve.

Rita Indiana, La Hora de Volve

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Expériences: The Tapeworm, la musique par la bande


Sculpture de Brian Dettmer

Un label réactive les vertus de la cassette culture

À l’heure de la numérisation à outrance et des discussions sur le futur de la musique, il n’est pas surprenant que les propriétés culturelles et esthétiques de supports de reproduction sonore obsolètes soient remises au goût du jour. Avec la sortie en 2005 de son ouvrage “Mixtape: The Art of the Cassette Culture”, Thurston Moore payait un hommage indexé aux diverses formes culturelles véhiculées grâce à ces petits rectangles de plastique pour bandes magnétiques.

Les cassettes audio (compact cassette) furent lancées sur le marché vers le milieu des années 60 par Philips. Fait rare, c’est la même firme hollandaise qui, 20 ans plus tard, révolutionnera une nouvelle fois les modes d’écoute en inventant le disque compact. Avant ce basculement numérique, les cassettes constituaient le média privilégié pour écouter, et surtout recopier, des productions musicales. Un monopole d’autant plus long que les dispositifs CD-R, qui existaient déjà vers la fin des années 80, sont gardé très longtemps des prix prohibitifs. Du punk au hip-hop, plusieurs générations de courants musicaux ont ainsi profité de ces vertus reproductives pour promouvoir des esthétiques DIY.

Même si le CD et les fichiers Mp3 semblent les avoir rendus caducs dans les habitudes musicales, les cassettes n’ont cependant pas totalement fini de se débobiner. Dans un premier temps, la plupart des zones non occidentales continuent de profiter en masse des avantages apportés par cette technologie analogique. Ensuite, il existe toute une frange d’artistes ou de nostalgiques qui, à l’instar de Thurston Moore avec son livre “Mix Tape: The Art of Cassette Culture”, participent à canoniser les apports culturels et esthétiques déterminants de ce medium.

Enfin, à l’heure actuelle, toute une nouvelle vague d’artistes, de musiciens ou de labels semblent redécouvrir le charme désuet de la bande magnétique sous des formes. C’est le cas notamment de The Tapeworm, un label proche de Touch, dont le catalogue est constitué exclusivement de cassettes audio. Souvent produites en nombre très limité, on y trouve des pièces musicales, mais également des conférences ou des interviews d’artistes et d’intellectuels. À ce titre, la première édition du label fait office de manifeste. Il s’agit l’adaptation d’un texte de Jean Baudrillard, Xerox et l’Infini, dans lequel le philosophe interroge les questions touchant aux technologies de reproduction.

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Electro: Oy, comme une grande


Joy Frempong explore le monde de l’enfance pour exprimer sa maturité

On avait déjà pu remarquer Joy Frempong, notamment grâce à ses apparitions aux côtés de Stade et d’Infinite Livez. Pour ce premier projet personnel, la chanteuse tempère ses scats félins afin de présenter un inventaire tout aussi convaincant de l’étendue de son talent.

La chanteuse a composé la trame de “First Box Then Walk” à partir de souvenirs d’enfance glanés auprès de ses amis. On y retrouve ainsi une sélection de situations amusantes et poétiques, par exemple cette petite fille qui avait l’habitude de boxer en arrivant à chaque coin de rue afin d’anticiper toute forme de rencontres malveillantes.

Cet univers cocasse est encore renforcé tout au long des 25 seynettes musicales bricolées intégralement par Joy. Une série de sons, de refrains, des juxtapositions plus ou moins puériles, qui démontrent un talent multifacette et offrent des matrice idéales pour exprimer la créativité et la maturité de son art vocal.

ALBUM

  • Oy, First Box Then Walk (Creaked Records) sortie le 03.02.10

SITE

OY, First Box then Walk, Web Advert from Damien Pascoe on Vimeo.

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Hommage: Vic Chesnutt, life is a time machine

vic

Vic Chesnutt rejoint cette mort qui n’a jamais été très loin

James Victor Chesnutt s’est donné la mort le 25 décembre 2009 à Athens (Géorgie, États-Unis). Parmi ses nombreuses collaborations, on compte R.E.M., Laura Nyro, Patti Smith, Lou Reed, John Cale, Mo Tucker, The Jayhawks, Allen Toussaint, P.J. Harvey, Wilco, Fugazi, Godspeed You! Black Emperor, Giant Sand, Calexico ou encore Jonathan Richman.

De son sud natal, Vic Chesnutt avait hérité sa passion pour la musique ainsi qu’une aversion profonde pour les mentalités véhiculées au sein des classes moyennes blanches. “Vers l’âge de 14 ans, ma vie est devenue intenable”, déclarait-il dans une interview accordée en 1994 à Emmanuel Tellier. “Je ne supportais plus les gens avec qui je devais vivre. Ils étaient mauvais, racistes, sexistes… Je me sentais exclu. Les filles ne s’intéressaient pas à moi - elles préféraient les costauds qui me tapaient dessus - et les mecs me crachaient au visage. Ce qui m’a sauvé, c’est cette conviction profonde que je pouvais trouver des gens différents, des gens comme moi, ailleurs, plus loin.”

A 18 ans, un accident de voiture le laisse partiellement paralysé, mais il continue à jouer de la guitare. En 1990, c’est Michael Stipe, le chanteur de R.E.M qui avait produit le premier des quinze albums de Chesnutt. Dans une interview accordée l’an passé durant sa tournée européenne, il déclarait à ce propos, “avant de faire mon premier album, j’étais dépressif et Michael voulait enregistrer mes chansons avant que je meurs. Car il pensait que cela pouvait arriver à tous moments. De cette manière, il m’a sauvé la vie”.

Vic Chesnutt, Yesterday, Tomorrow and Today

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Disco: John Morales, bandes originales


Une compilation permet de redécouvrir des versions inédites d’un pionnier du remix

“Tonight, it’s party time, it’s party time tonight”, les voix susurrantes qui introduisent “Weekend” résument bien le parti pris musical de John Morales tout au long des années 80. Porto ricain d’origine, il a grandi dans le Bronx et c’est là qu’il débute en tant que DJ vers le milieu des années 70. Il commence à se professionnaliser dans des conditions assez inhabituelles en étant incorporé en tant que DJ pour l’US Air Force.

Toutefois, c’est surtout grâce à ses talents de producteur que John Morales s’est, dans un premier temps, fait un nom dans la scène underground new-yorkaise. Il fonde M&M en s’associant avec Sergio Munzibai et les deux autodidactes se retrouvent rapidement derrière de nombreux classiques de cette période tels que Axel F d’Harold Faltermeyer ou le Dr Beat de Miami Sound Machine. Ils ont également entamé une longue collaboration avec Salsoul où leur sens des percussions rencontrait un certain succès en matière de club versions.

Morales avait comme habitude de réaliser systématiquement plusieurs versions des morceaux sur lesquels il devait travailler. Il avait conservé les bandes de cette vaste collection de remix inédits qui brosse un des débuts de la house music. Longtemps considérée comme un simple technicien, la reconnaissance actuelle de l’apport artistique des producteurs lui permet de refaire surface sous un nouveau jour.

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Class Action, Weekend (1983)

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hip-hop: Reverse Engineering, compte à rebours


Expéditions dans des univers en haute résolution

Il y a quatre ans, la sortie de leur premier album “Duck & Cover” avait permis une diffusion plus large des beats à la précision millimétrée d’Alain Decrevel et David Pieffet, le duo très discret qui se cache derrière Reverse Engineering.

Largement inspirés par les BO des films de karaté, de science-fiction ou d’horreur, ils ont toujours agrémentés leurs productions et leurs lives de sons et de voix qui donnent cette forte connotation cinématographique à leur abstract hip-hop.

Le deuxième album des représentants romands sortira le 25.01.10 (Jarring Effects). En attendant ce ”Highly Complex Machinery”, voici un single, dans lequel on retrouve M-Sayyid, ainsi qu’un large aperçu des directions prises par RE ces derniers mois.

ALBUM

  • Reverse Engineering, ”Highly Complex Machinery” (Jarring Effects) sortie le 25.01.10

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Soul: Georgia Anne Muldrow, les ballades d’une reine


Georgia Anne Muldrow fait l’étalage de son talent dans un album en hommage à MJ

“Elle est incroyable. Elle est comme Roberta Flack, Nina Simone, elle est quelque chose de différent. Je n’ai jamais entendu quelqu’un chanter comme ça. Elle est une religion”. Voilà le type de compliments quelque peu emphatiques qui font toujours bon entendre lorsqu’on est une chanteuse inscrite dans la tradition soul. Toutefois, quand de telles louanges sont prononcées par Mos Def, dans une interview pour le New York Times, on peut surtout présumer légitimement de l’immense talent de Georgia Anne Muldrow.

Flirtant souvent avec l’expérimentation, elle a su affirmer un style très personnel et autonome en se chargeant notamment de l’intégralité de ses productions. Avec “Kings Ballad”, dont le titre éponyme est inspiré par les derniers jours d’un “ami de la famille” dénommé MJ, elle ne déroge pas à ses habitudes. Ne faisant recours à aucun sample, elle a composé, joué et chanté intégralement chacun des 19 titres qui jalonnent cet album. Nul besoin de se livrer à la surenchère en matière de références. Il ne fait aucun doute que cet album “mo’ fonky” de la compagne de Dudley Perkins, qui l’accompagne sur quelques morceaux, trace de nouvelles orientations en matière de nu soul. A suivre.

ALBUM

  • Georgia Anne Muldrow, “Kings Ballad” (Ubiquity) sortie le 09.02.10

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Hip-hop: Speech Debelle, succès thérapeutiques


A l’heure des hommages de fin d’année, retour sur Speech Debelle qui a gagné le Mercury Prize 2009 grâce à son premier album “Speech Therapy”

Sur son poignet gauche, Speech Debelle s’est tatoué une bandelette de notes musicales dans laquelle est insérée l’intrigante formule « Pain is Love ». Souvenir d’une adolescence exempte de romantisme mièvre, cette phrase caractérise adéquatement une chanteuse ambivalente dont les expériences vécues façonnent chacun des mots. Une posture sans artifice qui lui permet avec « Speech Therapy » de signer un premier album admirable d’authenticité.

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Compilations: Athens, voyage dans l’underworld


Underworld et The Misterons tentent le grand écart avec “Athens”

Après le succès rencontré par la série DJ-Kicks, dont un 30e volume acidulé vient d’être orchestré par Chromeo, le label !K7 prouve qu’il sait toujours faire preuve d’originalité en matière de compilations. Avec “Athens: Underworld vs. The Misterons”, le genre est même poussé vers un certain degré de maîtrise en matière d’assemblage hétéroclite.

Actifs aussi bien dans le domaine de la musique électronique que dans le graphisme, grâce à leur agence Tomato, Karl Hyde et Richard David Smith incarnaient parfaitement l’esprit DIY qui a soufflé tout au long des années 90 dans les domaines créatifs. Leur statut iconique avait été consolidé de manière définitive grâce à Born Slippy, l’hymne de “Trainspotting”.

Accompagnés par leurs collaborateurs Darren Price et Steven Hall, probablement The Misterons, ils offrent un trip d’une fluidité surprenante. Depuis l’introduction de “Journey in Satchidananda” d’Alice Coltrane, jusqu’aux beats appuyés d’un remix afrobeat de Laurent Garnier, en passant par le superbe Rectify de Moodyman, “Athens” se présente comme une montée tout en contrôle depuis les profondeurs du groove électronique.

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COMPILATION

  • V/A, “Athens: Underworld vs. The Misterons” (!K7)

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New Orleans: Galactic, l’esprit de Mardi gras


Galactic s’entoure d’une pléiade d’invités pour fêter la diversité musicale de la NouvelleOrléans

Originaire de la Nouvelle-Orléans, Galactic joue en quelque sorte un rôle de conservateur des différents courants qui traversent cet immense musée musical. Plutôt que de jouer la carte de la duplication, le quintet puise dans l’énorme héritage légués par des monuments tels que les Meters, le Dirty Dozen Brass Band ou Professor Longhair, pour proposer des relectures progressistes fignolées aux détours des nombreuses jams dans les clubs de la ville et de leurs interminables tournées.

Un choix audacieux qui a porté ces fruits en regard des collaborations qui jalonnent ce Ya-Ka-May dans lequel sont réunis quelques trésors locaux comme Big Chief Bo Dollis, Allen Toussaint, Irma Thomas, The Rebirth Brass Band ou Jack Boutte viennent apporter leur tonalité propre à cet hommage pour leur ville. Une belle preuve de reconnaissance pour un groupe qui ne cesse de creuser son chemin.

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Pop: tUnE-yArDs, bricolage sonique


Merrill Gabus touche au bidouillage avec son projet solo

Merrill Gabus navigue dans les mêmes zones que Dirty Projectors, avec qui elle partage d’ailleurs réguliérement l’affiche lors de leurs concerts. À travers son projet tUnE-yArDs, elle partage le même intérêt pour des relectures pop plutôt expérimentales.

Munie d’un ukulélé, d’un dictaphone et d’un programme d’édition, elle a composé une série de collages très lo-fi dont le caractère intimiste est encore accentué par l’intégration de bruits, de voix ou de diverses sonorités ambiantes. Son premier album “BiRd-BrAiNs” rassemble ainsi 13 compositions qui laissent une large place à l’aléatoire et à la voix intense de Merrill.

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- tUnE-yArDs, Sunlight, “BiRd-BrAiNs” (2009)

tUnE-yArDs, Fiya, “BiRd-BrAiNs”

tUnE-yArDs, Hatari, “BiRd-BrAiNs”

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Funk: Funkineven, fréquences acidulées


Le jeune producteur londonien sort un EP aujourd’hui

Quelque part entre le funk clinquant de Prince, la neo-soul et les snares de TR-909 des Belleville Three, Funkineven s’est trouvé un qualificatif personnalisé pour parler de sa musique, le Hip Soul Sonic. À savoir, une fusion de hip-hop, des beats lourds et de lignes futuristes qu’on peut apprécier sur son dernier EP dans lequel on retrouve également la chanteuse Fatima, qui pose sa voix sur Lil’ Gil de Shafiq Husayn. “Kleer” évoque d’ailleurs à certains égards les productions de Sa-Ra ou de Dâm-Funk.

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Expériences: Monotonix, Ubu Rock


A travers leur garage burlesque, Monotonix malmène le mythe de la rock star

En introduisant le jeté de guitare, le tourniquet de micro, le plongeon dans la foule, l’escalade d’enceintes, toute une succession de rock stars ont joués dans la surenchère olympique en matière de performances scéniques. On croyait ces exubérances physiques désormais cantonnées à quelques grabataires récalcitrants, toujours prêts à singer leurs déhanchements fatigués.

Heureusement, grâce à quelques rasades de potion magique, Monotonix s’est engagé à redresser au plus haut la fierté déchue de la Rock Star. Ces freak brothers exacerbent les complaisances rock’n'roll dans des performances ubuesques qui ressemblent à Spinal Tap avec un épigone chevelu de Borat au micro et aux cascades.

En le voyant s’exhiber, s’élancer ou grimper, on retient son souffle de peur de le voir lamentablement s’éclater. Toutefois, en revoyant le concert de Villette Sonique, on s’aperçoit que Levi “Ha Haziz” (Yomtov) Elvis sait être roublard lorsqu’il s’agit de s’attirer les faveurs d’un directeur de festival. Monotonix offre une nouvelle occasion de répéter que Chic-a-Go-Go est définitivement une émission pour enfants très rock’n'roll.

CONCERTS

  • 24.11.09 Rennes / Antipode

  • 08.12.09 Paris / Point Ephemere (avec Neon Indian et Bonjour Afrique)

  • 09.12.09 Reims / La Cartonnerie

  • 10.12.09 Fribourg / La Transformateur

  • 15.12.09 L’usine (Kab) / Genève

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Monotonix dans l’émission Chic-a-Go-Go

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Funk: Pedro Bell, Free your mind les petits


L’illustrateur légendaire des Parliament / Funkadelic met ses originaux en vente

Un article dans le Chicago Sun Times dévoilait cette nouvelle qui ne manquera pas d’interpeller tous les amateurs des cosmographies P-Funk. En effet, même si son nom reste l’apanage des experts, Pedro Bell est l’auteur de près d’une trentaine de pochettes des Parliaments / Funkadelic.

Tout au long des années 70 et 80, sous le pseudonyme de Sir Lleb, il annotait et illustrait les albums avec un style inspiré par les bandes dessinées et d’obscures expressions d’alchimie musicale. L’inquiétante poupée vaudou de “Cosmic Slop”, l’alunissage de “One Nation Under a Groove” ou le fantasme cyberphallique (censuré) de “Electric Spanking War Babies”, il a largement contribué à donner un style à la révolution psychédélique et afrofuturiste emmenée par George Clinton et sa tribu.

Comme le souligne le curateur de l’exposition “Funkaesthetics” qui se tient actuellement à Toronto, “George Clinton a largement profité de la dimension conceptuelle attribuée au P-Funk, mais Pedro Bell y a contribué de manière importante à travers ses textes et son imagerie.” Agé de 59 ans, Bell est omplétement fauché et il s’est décidé à trouver des collectionneurs intéressés à racheter les originaux.

Pedro Bell vivait à 100% la philosophie P-Funk, ce qui nous vaut cette belle leçon en matière de programmes pour enfants. Free your mind les petits! Ça décolle vraiment à partir de la troisième minute…

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Pedro Bell, émission Chic-a-go-go (1997)

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Expériences: Renée Green, expédition au Greenland


Une rétrospective sur l’artiste américaine se tient actuellement au MCBA de Lausanne

Cela fait plus de 20 ans que l’artiste américaine explore les enjeux identitaires contemporains en opérant des va-et-vient entre ses expériences personnelles et des documents de la mémoire collective. “Aux procédés artistiques hérités de l’art conceptuel”, comme le souligne la commissaire de l’exposition Nicole Schweizer, “Renée Green allie des réflexions issues de la critique postcoloniale pour explorer la place du sujet dans l’histoire et aborder la question des identités et de leurs possibles fluctuations”.

En présentant ses allégories du voyage ou ses interrogations taxinomiques, sémantiques ou graphiques, la rétrospective du MCBA de Lausanne présente un panorama exhaustif des axes de recherches à partir desquels Renée Green parvient à construire cette généalogie anachronique.

L’approche de Renée Green, dont le frère Derrick n’est autre que le guitariste et chanteur de Sepultura, est également marquée par la place occupée par la musique et les sons. En particulier, à travers la série de documentaires qui composent “Wavelinks“. Présentée lors des expositions Sonic Process du Centre Pompidou (2002) et au Sonar festival de Barcelone (2004), cette installation est composée de 7 petites unités octogonales munies chacune d’une vidéo sur moniteur et d’écouteurs.

Sur un total de près de 50 heures d’interviews filmés, des artistes, des théoriciens ou des activistes tendent de circonscrire quelle est la portée des sons, organisés ou non, dans notre perception de la réalité. Des personalités comme Christian Marclay, DJ Spooky ou le critique Diedrich Diedrichsen explorent les arcanes de la musique électronique et s’interrrogent sur la capacité du son à créer des “points de contact ” entre des individus ou des lieux.

EXPOSITION

  • Renée Green, “Ongoing Becomings: Rétrospective 1989 - 2009″, jusqu’au 3 janvier 2010

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Label: Kode9, Cinq ans dans l’hyperspace


PHOTO: Joël Vacheron

Hyperdub sort une compilation marquant ses cinq d’activité. Début 2007, Steve Goodman évoquait sa vision du dubstep pour le magazine Vibrations.

Le teint pâle et le regard quelque peu indolent, Steve Goodman, aka Kode9, n’est pas du genre à se soucier de son quotient hebdomadaire de sommeil et d’ensoleillement. Cependant, débarqué le matin même d’une tournée de deux semaines en Chine, le DJ et producteur avoue endurer quelque peu cette interminable journée.

A semi avachi dans son home studio du sud de Londres, il tient à s’excuser pour ses éventuelles inattentions. Une politesse superflue, car on s’apercoit bien vite que les effets pernicieux du jetlag n’ont guère d’impact sur l’esprit pénétrant et original de ce personnage multifacettes. Sa vision “intelligent” du dubstep lui vaut d’être retenu dans le palmarès des meilleurs musiciens 2006 par le magazine d’art contemporain Artforum.

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Jazz: Build an Ark, Love is the message


Le groupe californien sort un nouvel album remarquable

Les années passent, mais l’arche continue à voguer au gré des vents et des marées avec le même esprit d’autonomie. Porté par l’improvisation et quelques idéaux sociétaux communs, Build an Ark est composé d’un équipage à géométrie variable, de pirates d’âges et d’horizons totalement différents. Les influences de Neil Young et Joni Mitchell, d’Alice et de John Coltrane, de Michael White ou encore d’un Pharoah Sanders se cristallisent dans une collection d’albums remarquables.

À chaque fois, on retrouve cette même volonté d’utiliser la musique comme un médium pour toucher ou communiquer l’essentiel. Avec sa suite de titres exhalant le flower power, “LOVE, part 1″ ne déroge pas à ce projet ouvertement philanthropique. “Nous n’avons pas besoin de rendre les choses plus compliquées”, déclare Carlos Niño en se référant à All You Need is Love, “il suffit simplement d’ouvrir son coeur. Notre for intérieur nous informe toujours que l’important, c’est l’amour”.

Sous des airs faussement candides, Build an Ark démontre surtout à quel point les traditions musicales auxquelles ils se réfèrent, ainsi que les projets sociaux qu’elles participaient à véhiculer, sont loin d’être obsolètes. C’est en tous les cas ce que prouve, une fois de plus, cette expédition sincère à bord du vaisseau du capitaine Niño.

ALBUM

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Dub: King Midas Sound, la face mélancolique


Avec King Midas Sound, Kevin Martin continue à jouer à Dr Jekyll et Mr Hyde

Vétéran de la scène underground londonienne, Kevin Martin n’apprécie être réduits à travers des catégorisations hâtives. A ce titre, le succès rencontré, notamment par son dernier album produit sous le patronyme de The Bug, ne semble pas lui avoir apporté uniquement des expériences bénéfiques. “Dans l’industrie musicale, on est autorisé à n’avoir qu’une seule dimension et j’ai eu l’impression que The Bug devenait une sorte de cliché” déclare-t-il à ce propos. “Mais à mon avis, il est essentiel de proposer quelque chose qui va toujours au-delà des caricatures faciles et King Midas Sound est en quelque sorte l’opposé de The Bug”.

Ce n’est d’ailleurs pas la seule casquette à sa disposition car Martin multiplie depuis de nombreuses années les incorporations les plus diverses. Toutefois, ce projet constitue l’exutoire le plus direct par rapport aux univers sombres promus par “London Zoo” ou “Pressure”. Avec “Waiting For You”, Kevin Martin explore des intensités plus élusives et émotionnelles qui sont largement amplifiées grâce aux voix vaporeuses d’Hitomi et surtout du poète Roger Robinson qui, avec son falsetto quelquefois au bord du murmure, infuse la sensibilité lovers rock de cet album.

À travers cet hommage indirect à des figures tutélaires telles que Gregory Isaacs ou Cornell Campbell, Martin peut surtout faire ressortir les revendications identitaires qui caractérisent ce style hybride né dans le sud de la Grande-Bretagne au début des années 70. “Les chanteurs de lovers rock se différenciaient des chanteurs jamaïcains notamment parce qu’ils se concentraient à faire ressortir une charge émotionnelle. C’était leur manière à eux d’affermir leur identité.” Entre craquements, souffles et réverbérations, King Midas Sound perpétue admirablement cette quête emprunte de mélancolie.

ALBUM

  • King Midas Sound, “Waiting For You” (Hyperdub), sortie le 30.11.09

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CONCERTS

  • 05.11.09 Lausanne / Le Romandie (Les Urbaines)

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Electro: Jaga Jazzist, groove en suspension


Le premier single du groupe scandinave en téléchargement

Cela fait près de quatre ans, avec la sortie de l’album “What We Must”, que la petite famille norvégienne n’avait plus fait trop parler d’elle. Ensemble depuis 1994, six des membres originaux font toujours partie du groupe, il n’est pas forcément évident de motiver et de réunir 10 personnes avec la même constance. Ceci d’autant plus que, par rapport à “What We Must” Jaga Jazzist a opté pour une approche beaucoup moins spontanée.

Comme le souligne Horntveth, “cette fois-ci, la musique est plutôt complexe et tout était écrit. Cela a toujours été notre but de pouvoir être autant à l’aise dans l’improvisation qu’avec des partitions mais les enregistrements ont été particuliers, car nous étions tenus à suivre nos partitions.”

Une tendance à l’orchestration qui est perceptible dans One-Armed Bandit.Puisant toujours dans des répertoires mouvants inspirés par l’electronica, le jazz, la pop ou le rock, ce single continue à faire l’inventaire des vastes panoplies mélodiques qui font la particularité du groupe. Entre deux montées de cuivres ou de clavecins synthétiques, ce titre synthétise le suspense des polars de l’ère prénumérique.

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  • Jaga Jazzist, One-Armed Bandit

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Expériences: Phill Niblock, drone à voir


Le compositeur et réalisateur en concert à La Serpentine

Dans le cadre des Park Nights, La Serpentine invitait le compositeur et réalisateur Phill Niblock pour un concert en hommage à Max Neuhaus, décédé en début d’année. Contemporain de Terry Riley, La Monte Young ou Tony Conrad, Niblock est quelquefois considéré comme une des pionniers sous-estimé de la tradition minimale américaine.

Deux pièces étaient au programme de ce concert donné dans le pavillon réverbérant de Kazuyo Sejima & Ryue Nishizawa. 3 to 7 - 196 (1974), samples préenregistrés et violoncelle, et One Large Rose (2008), exécuté par les quatre membres du Nelly Boyd Ensemble. Chaque musicien répétant la même note tout au long du morceau, il en résulte un son continu et dense dont les altérations quasi imperceptibles provoquent des stimuli. Ces longues compositions, Niblock est un des pionniers du drone, génèrent des superpositions de textures sonores très denses dans lesquelles se dessinent furtivement des harmonies, se dégagent progressivement des passages.

Parallèlement, a son activité musicale, Niblock a également été photographe de jazz et réalisateur de nombreux films. Il est notamment l’auteur de “The Magic Sun”, une fantaisie céleste en noir et blanc dédiée à Sun Ra. Son concert londonien était une occasion la projection de deux de ses films. Un court-métrage composé, essentiellement de collage, en hommage à son ami Max Neuhaus, “Max” (1966) ainsi qu’un long extrait tiré de The Movement of People Working (China, 1989).

Débutée en 1973, cette série présente des successions de scène d’ouvriers exerçant des activités manuelles dans différentes parties du globe. Avec leurs répétitions, ces divers mouvements ajoutent une couche de fluctuations cycliques qui amplifie encore l’intensité de la performance. À travers ces structures rythmiques visuelles et auditives, les pièces de Niblock s’apparentent a des mantras profanes aux effets hypnotiques. Une expérience rendu encore plus vibrante grâce à l’excellente sonorisation du lieu.

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Phill Niblock, “The Movement of People Working - China” (1989)

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Disco: Al Kent, Disco sucks…sex!


Retour sur une nuit rocambolesque de 1979

En 1979, Steve Dahl animait un show sur une radio de Chicago. Déjà réputé pour avoir une personnalité allumée, ce rocker convaincu ne perdait pas une occasion pour descendre les nouveaux genres musicaux qui fleurissaient sur les ondes de sa ville. Son fait d’armes le plus mémorable a lieu le 12 juillet 1979 lors de la désormais célèbre Disco Demolition Night.

Lors d’un match de baseball des White Sox, Dahl avait invité le public a amené leurs disques de disco pour ce qui devait être la plus grande opération antidisco. Durant la pause, en suivant les exhortations de l’animateur habillé en habit militaire, des centaines de spectateurs envahirent le terrain avec une telle véhémence que la situation devint rapidement incontrôlable. À tel point que le match a dû être annulé.

Même si cette initiative répondait avant tout à des fins promotionnelles, pour l’une des radios dans laquelle Dahl officiait, la fièvre régnant durant cette vendetta ne manque pas de laisser dubitatif. Il démontre à quel point ce genre musical, largement assimilés aux abus de drogues, aux déviances sexuelles et aux minorités ethniques, pouvait susciter comme ressentiments à la fin des années 70. À propos de cet événement, Nile Rodgers déclarait: “Ca nous donnait le même sentiment que les autodafés des nazis. On vivait dans le pays du jazz et du rock et les gens étaient apeurés de dire le mot disco.”

L’écossais Al Kent, un autoproclamé disco-maniaque, officie au sein du Million Dollar Orchestra avec qui il milite depuis plus de vingt ans pour la cause. Avec son morceau, qui détourne le slogan Disco Sucks en Disco Sex, il revient sur cet épisode déroutant. Le titre est tiré de son “Secret Sounds”, un EP récemment sorti chez BBE.

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Extrait télévisés liés à la Disco Demolition Night

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Hip-hop: dÉbruit, musique au sens large


Le DJ et producteur français exilé à Londres n’a pas fini d’en faire

Au côtés de ses compagnons de “Musique Large”, dÉbruit prend toujours plus le large à mesure que s’enchaînent les albums. Homme à tout faire en matière de sons, il avait déjà prouvé son expertise avec le tonifiant “Coupé Décalé”. En début d’année, il confirmait d’une “Clé de Bras” qui témoignait son penchant audacieux pour tailler des compositions bien ciselées. Un approche consolidée encore avec le futuristique maxi “Let’s Post Funk”, dans lequel Om’mas Keith feint parfaitement la fainéantise.

Même si la base reste ancrée dans le hip-hop, dÉbruit admet s’inspirer de genres très divers à la recherche d’énergie originelle. “A la naissance d’un courant, l’énergie de la création est puissante, quand on crée sans copier, tout est permis, car il n’y a pas d’exemple, pas de règle. Récemment j’écoutais de la musique nigériane, tunisienne, perse, pas mal de son roots, rock steady, du hip-hop oldschool 80’s… et tout ce qui me passe dans les mains, je suis assez curieux de nature.” De Kurtis Blow à Konono N°1, en passant par Yo La Tengo, il offre un apercu de son éclectisme et de sa maîtrise des juxtapositions dans ce mix exclusif.

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DÉbruit Feat. Om’Mas Keith & Jamie Woon I’m Goin Wit You

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CONCERTS

  • 21.10.09 Eklektic / Caen

  • 29.10.09 Social Club w/ Benga / Paris ANNULÉ

  • 30.10.09 Le Zoo w/ Lazer Sword et subtitle / Genève

  • 26.11.09 Festival La Superette / La Case à chocs

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R&B: Sly Stone, Coming Back For More


Sortie d’un documentaire et d’un livre sur le mythe de Sly Stone

La première du documentaire réalisé par Willem Alkema sur Sylvester Stone aura a lieu le 16.10.09 dans le cadre du Hot Spring Documentary Film Festival. Figure incandescente de la fin des années 60, Sly Stone est également reconnu comme l’un des reclus les plus célèbres de la pop music. À l’instar d’un Howard Hugues ou d’un Axl Rose, son existence est marquée par un retrait à tel point radical que beaucoup le pensaient mort. Des réalisateurs, des journalistes, des musiciens et des amis ont tenté en vain de le retrouver. En 2004, après deux ans de recherches, Willem Alkema a finalement réussi à le localiser dans une petite ville juste en dehors de LA.

Edwin & Arno Konings ont également annoncé qu’un livre “Thank You” The Story of SLy & The Family Stone” est également en cours d’écriture et devrait sortir dans le courant 2010. L’an passé, le retour sur scène de Sly Stone avait fait couler passablement d’encre et ce comeback polémique avait motivé l’écriture de ce petit essai.

Trailer “Coming Back For More”, 2009

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Expériences: Collage, Back in the U.S.S.R.


L’album intrigant d’un groupe estonien refait surface

Avec une pochette à l’esthétique photographique épurée, un titre proche du minimalisme conceptuel et un nom qui ne l’est pas moins, l’album “Forty Seven Minutes Four Seconds” de Collage renvoie immanquablement à quelques clichés véhiculés par des projets électroniques contemporains. Mais les illusions sont trompeuses et on a vite fait de se raviser à l’écoute de cet ovni estonien providentiellement exhumé par le label Wool Recordings.

Formé en 1966 autour de Rivo Dikson, Collage était essentiellement formé par des étudiants du Conservatoire de Tallin qui proposaient un télescopage parfaitement maîtrisé d’influences. Jazz vocal ou polyphonies aux élans liturgiques, répertoires classiques à la tenure rigoureuse, musiques folkloriques ou bossa nova, chaque seconde réserve un air de surprise. Si quelques fredonnements rappellent les trames cinématographiques de Michel Legrand et certains rythmes énergiques le souffle des Doubles Six, on peut se retrouver très vite propulsé vers le groove de Quincy Jones ou des zones oniriques déglinguées proches d’Os Mutantes.

Un cocktail d’influence étonnamment diversifié pour un groupe astreint à se plier au relatif isolement imposé par les diktats du régime communiste. Toutefois, comme le souligne un ancien membre du groupe, Collage profitait à la fois de données géographiques et juridiques. “Les connexions avec l’occident n’étaient pas aussi bonnes qu’aujourd’hui, notamment grâce à Internet, et il fallait quelque temps avant que les productions musicales nous parviennent. Toutefois, l’Estonie se trouvait à la pointe de l’URSS et il nous était capable de capter les programmes de la radio et de la télévision finlandaise.” De plus, l’URSS n’ayant pas encore ratifié les conventions concernant les droits d’auteurs autorisait les musiciens à utiliser les compositions à n’importe quelles fins.

Collage a été actif durant une dizaine d’années durant lesquelles le groupe enregistrera trois albums, un maxi et se produira trois fois hors de l’URSS. En “47′04″ minutes, ce disque offre un testament sonore intrigant en provenance d’un monde évanoui.

ALBUM

  • Collage, “47′04″ (Wool Recordings) 09.11.09

SITE

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hip-hop: The Last Poets, il était une fois l’amerikkk


Made in Amerikkka retrace les combats menés par les Last Poets

Parmi les transformations profondes qu’elle a pu engendrer, l’élection d’Obama a surtout permis de mettre en perspective l’évolution de processus variés relatifs à la reconnaissance de droits civiques des communautés afro-américaines. Après la Guerre de Secession, et plus spécifiquement depuis l’instauration de politiques ségrégationnistes, le contexte politique américain est fondamentalement lié à des groupes, à des personnalités et à des idées prônant de manière toujours plus radicale des transformations de la société.

Avec l’appel à un soulèvement révolutionnaire prôné entre autres par le Black Panther Party, le contexte des années 60 marque un moment sans précédent dans le déploiement de telles velléités émancipatoires. C’est un 19 mai 1968, le jour de l’anniversaire de Malcolm X, que les Last Poets donnent leur premier concert au Marcus Garvey Park de New York. Poussés par leurs idéaux, les membres originaux, dénommés Felipe Luciano, Gylan Kain et David Nelson avant d’adopter des patronymes arabes, avaient choisi la musique et le mot comme armes politique.

En véhiculant leurs revendications à l’aide de percussions africaines, d’envolée free-jazz et de spoken word, ils connurent rapidement un large succès et posèrent les premiers jalons à la culture hip-hop. Après de longues années de séparation, les membres originaux se sont retrouvés en 2008 dans le cadre du Festival des Banlieues Bleues. Avec “Made in Amerikkka, Claude Santiago a profité de cette occasion pour réaliser un film dans lequel les poètes, en retraçant leur histoire, permettent de revenir sur un pan d’histoire crucial de la cause afro-américaine.

DVD

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Rock: The Feelies, des rythmes toujours aussi fous


Réédition des deux premiers albums du groupe mythique

En regard de leurs looks de collégiens propres sur eux, on remarque d’emblée que l’influence de The Feelies sur les hipsters actuels ne se limite pas seulement à leur rock indie énergétique. Qualifié de meilleur groupe underground New Yorkais par le Village Voice en 1976, le groupe obtiendra un énorme succès d’estime à la sortie de leur premier album.

À l’aide de techniques d’enregistrement originales et avec ses longues plages d’improvisation et de drone, “Crazy Rythms” (1980) constitue une référence en matière de rock minimaliste qui renvoie aussi bien au Velvet Undergrund, à l’énergie chaotique de DNA ou aux compositions sérielles de Steve Reich et de Philip Glass. Précises, voire obsessionnelles, leurs compositions conservent leur étonnante charge hypnotique.

En raison de quelques démêlés avec leur label, notamment du fait que le groupe n’aimait pas trop faire de tournées, ils leur faudra six ans pour donner suite à ce coup de maître. Même si l’impact de “The Good Earth” n’a pas été aussi important, ce deuxième album allait définitivement confirmer leur statut mythique. Alors que le groupe s’est récemment reformé, la réédition de ces deux classiques permet d’accentuer le regain d’intérêt.

ALBUM

  • The Feelies, “Crazy Rythms” (Stiff Records / Domino Records) sortie européenne le 26.10.09

  • The Feelies, “The Good Earth” (Domino Records) sortie européenne le 26.10.09

The Feelies, Moscow Nights, “Crazy Rythms” (1980)

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Electro: Hudson Mohawke, hiphop version 3.0


Hudson Mohawke joue aux ambassadeurs galactiques

C’est à travers sa dextérité que Ross Birchard s’est d’abord fait un nom dans la scène turtablist écossaise. Son père, un DJ dilettante originaire de Los Angeles, l’a rapidement approvisionné en import de soul et de funk dans lequel il pouvait puiser. Une bonne base pour faire ses gammes dans le hip-hop. Sous le nom de guerre de Hudson Mohawke, “Butter” pousse cet ancrage jusqu’à ces limites. Guitares stridentes, voix susurrées, basses saturées, Ross s’amuse à flirter avec des points de saturation, d’engorgement ou d’étouffement. “Je ne vois aucune raison de faire quelque chose qui a déjà été fait” déclare-t-il au sujet de cet album.

Sur une base puisant largement dans le boogie funk et le hip-hop west coast, cet apprenti sorcier de l’acoustique surajoute une artillerie de petits bruitages disruptifs qui intensifient son univers rythmique quelquefois jusqu’au vertige. Odyssée galactique et synthétique, ”Butter” s’inscrit adéquatement dans la tradition des expérimentateurs qui, des Aphex Twin à Tyondai Braxton, ont participé à façonner le son singulier du label de Sheffield. Avec son approche unique et radicale, Ross Birchard accélère même un peu le processus.

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ALBUM

  • Hudson Mohawke, “Butter” (Warp) sortie le 12 octobre

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CONCERTS

  • 22.10.09 Bordeaux

  • 23.10.09 Lille

  • 25.10.09 Nancy / Limousin

Hudson Mohawke, Overnight

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Média: FMA, la musique gratuite de qualité


La radio WFMU a lancé son projet de plateforme d’archivage

Les potentialités de diffusion offertes par les technologies du Web 2.0 ont ouvert de champs totalement inédits en matière de distribution et de consommation des productions musicale. Une abondance sans précédent, aussi bien en terme de quantité que de gratuité, qui pose toute une série de questions qui semblent inexorablement ouvertes.

À travers son slogan “It’s not just free music; it’s good music”, la station new-yorkaise WFMU continue d’emprunter des voies synchrones. Lancée en 1958 comme projet radiophonique communautariste fondé sur des principes libertaires et non-commerciaux, WFMU n’a jamais dérogé à sa réputation d’iconoclaste en matière de programmation. Un anticonformisme prolongé quelques décennies plus tard par le biais d’un website et d’un blog qui ont permis d’accroître aussi bien la couverture que l’offre de la radio.

Lancé officiellement en avril 2009, grâce à un subside du New York Musical Fund, WFMU a fait encore un pas supplémentaire en mettant en place une plateforme de téléchargement accessible gratuitement. Inspirée par Creative Commons et les mouvements rattachés à l’open source, Free Music Archive propose aux artistes et aux labels de diffuser leurs titres ou leurs albums. Derrière le slogan “It’s not just free music; it’s good music”, le site entend offrir une sélection hétéroclite qui ne cesse de s’étoffer au fil des semaines.

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Club: El-B, de la salsa et au-delà


Le producteur londonien revient sur tous les fronts

Légende de la scène UK Garage en tant que DJ, producteur et fondateur du label Ghost Records, El-B a souvent été cité comme une des influences majeures à l’origine du dubstep, notamment auprès d’un certain Burial. Un penchant affirmé pour les ambiances sombres qui ne l’empêche pas d’apprécier également les climats plus tropicaux.

À ce sujet, il admet se rendre régulièrement à des raves de musique latino, affirmant même qu’il s’agit de “la meilleure musique du monde. Même si je garde souvent cela pour moi”. Une passion pas si secrète si l’on en croit ses récentes productions, telles que Son De Cali avec Rossi B et Luca, ou encore cette récente mixtape de salsa.

Parallèlement, la compilation “The Roots of El-B” (Tempa) semble l’avoir également motivé à revenir au temps de Groove Chronicles, lorsqu’il donnait le rythme à l’évolution de la scène club londonienne. Un rôle historique ressuscité dans ce mix où il retrouve Noodles, son compère d’alors.

Fils d’un saxophoniste de jazz, El-B cherchait à insuffler cet héritage dans ses productions. À propos de Stone Cold par exemple, il indique dans une longue interview pour The Wire que leur but était de repousser une sensibilité jazz aussi loin que possible.

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Groove Chronicles, Stone Cold (1997)

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Mixtape: K’naan, hommage à trois messagers


J.Period, K’naan font preuve de largesse à travers un hommage à Fela et les deux Bobs

K’naan n’a pas peur de la confrontation et il le prouve en accolant son phrasé pacifiquement métronomique sur à des monstres tels que Fela, Bob Dylan ou Bob Marley. Épaulé par le producteur J.Period, il excelle à un jeu dans lequel il a déjà démontré à plusieurs reprises son habileté.

Les trois titres présente un aperçu du projet de remixes lancé par le MC et le producteur pour rendre hommage à ses trois figures légendaires, dont l’influence artistique a permis l’ouverture de nouveaux champs musicaux. Après une distribution ponctuelle de singles sur le site de The Messengers, l’album sera disponible dans son intégralité le 22 septembre.

Parallèlement à ces collaborations avec Mary J.Blige, The Roots ou Kanye West, J.Period est souvent mandaté pour la sonorisation de film ou des campagnes de marketing. C’est certainement cette assise financière qui lui permet d’être très généreux en matière de mixtapes. Il s’était récemment déjà pour ses remixes de Q-Tip qui sont également accessible en téléchargement gratuit sur son site.

Sur, Belly Full, l’hommage à Bob Marley, on retrouve également Bajah. Un rapper originaire du Sierra Leone, actuellement résidant à New York, dont la mixtape “Kings of Salone” est également disponible en téléchargement gratuit.

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Expériences: Soundtrack for an Exhibition


Un livre et un CD pour compléter “Soundtrack for an Exhibition”

“Soundtrack for an Exhibition” est une exposition qui s’est déroulée au Musée d’Art Contemporain de Lyon en 2006. Selon le commissaire Mathieu Copeland, la bande-son se prêtait tour à tour, et simultanément, à une exposition de peintures, à un espace vide et à la rencontre impromptue d’événements. L’exposition, articulée autour d’une pièce sonore de 96 jours de la guitariste Susan Stenger, présentait l’intégralité des chutes du film “The King is Alive” du réalisateur Dogme95, Kristian Levring, ainsi que des toiles soumises à des transformations chimiques continuelles réalisées par Steven Parrino et John Armleder. Grâce à cet amalgame mouvant, l’exposition fut ainsi en perpétuelle redéfinition du premier au dernier jour. À travers ses textes, interviews et les photographies, la publication qui accompagne l’exposition du MAC constitue un complément indiqué à ce projet d’”unité fragmentaire”.

Elle est agrémentée par un CD dans lequel on retrouve Kim Gordon, Alan Vega, Jim White ou Spider Stacy dans un florilège de compositions monotonales étirées. Une place particulière est accordée à l’approche musicale de Susan Stenger, qui s’est notamment fait connaître à travers son groupe Band of Susans, dont l’intérêt pour la composition s’accompagne, comme le souligne Mathieu Copeland, «d’un intérêt pour les formes “d’organisation sociale” qui peuvent prendre place à travers ses activités. The Brood, un groupe formé par Stenger à Londres en 1996, est né de son désir pour un “re-groupement” éclectique de musiciens, et associait ainsi Poss, Bruce Thomas du groupe Wire, Justine Frischmann d’Elastica, et David Thomas de Pere Ubu, Pan Sonic, John Tillbury et Gavin Bryars. Ensemble, ils ont renouvelé l’approche de l’exécution de certains “classiques” de la musique expérimentale, notamment des pièces de Cage, La Monte Young, Alvin Lucier et Christian Wolff.”

PUBLICATION

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Rock: The Slew, les fusions d’un koala


Pour son nouveau projet, Kid Koala s’associe à Dynomite D et les ex-membres de Wolfmother

Kid Koala a toujours su employer sa virtuosité aux platines pour monter des collaborations susceptibles d’étendre son spectre d’action. Après Money Mark, Gorillaz ou Dan The Automator, c’est désormais dans l’historique du rock et du blues graisseux que le DJ de Vancouver a décidé de tremper ses mains agiles. Le projet de The Slew est né il y a quelques années, lorsqu’il fut approché, ainsi que Dylan J. Frombach (Dynomite D), pour produire la bande-son d’un documentaire.

Le film n’ayant finalement jamais été achevé, le duo s’est décidé de transposer à la scène l’univers psyché rock sur lequel ils avaient assidument travaillé. La rencontre avec la section rythmique des ex-membres du groupe australien Wolfmother va leur permettre de compléter ce projet. Entre envolées Zeppeliniennes et beats bien balancés, il ne fait aucun doute que les concerts vont amener leur part de transpiration. Selon Kid Koala, The Slew ressemblerait à ”un Nirvana du turntablism. Préparez-vous à l’avènement du grungelism”.

Après quelques singles parsemés ces derniers mois sur le net, le Kid et ses amis rockers font preuve de générosité en offrant l’intégralité de leur album de 10 titres en téléchargement gratuit. Quant au CD et au double LP de l’album, qui est produit par Mario Caldato Jr (Beastie Boys), ils seront disponibles uniquement lors des concerts de la tournée nord-américaine. Pour l’instant aucune date n’est encore annoncée en Europe.

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The Slew, It’s All Over, “100%”

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Electro: Warp, une plage d’histoire


Warp s’apprête à fêter ses 20 ans à la Villette

Cela fait vingt ans que Steve Beckett et Rob Mitchell décidèrent de lancer un label susceptible de pérenniser la déferlante acid house qui égayait le quotidien des ados dans cette ville postindustrielle du Nord de l’Anglettere. Steve Beckett déclarait à ce propos: « Nous voulions prolonger l’esprit des raves, dans lesquelles nous nous rendions tous les week-ends. Nous aimions avant tout faire la fête et les gamins du coin venaient s’échanger des cassettes chez nous. Un jour, nous étions en voiture avec Rob, et il me dit : “Tiens, on devrait lancer un magazine.” Et là, je lui réponds du tac au tac, “Pourquoi pas un label ? ”.

L’idée s’est avérée plus que profitable est, vingt ans plus tard, le label de Sheffield peut s’enorgueillir d’avoir défriché passablement de nouveaux territoires en matière d’esthétique sonores et visuelles. De !!! à Vincent Gallo, en passant par Aphex Twin, Autechre, Jimi Tenor, Tortoise ou Boards of Canada, la discographie du label déborde d’artistes aux approches singulières regroupés dans un coffret commémoratif. Une soirée, en collaboration avec le label Ed Banger, est également agendée dans le courant du mois.

ECOUTER (par tranches)

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CONCERT

  • 18.09.09 Warp/Ed Grande Halle de la Villette / Paris

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Rock: Kyp Malone, Alone On The Radio


Kyp Malone offre un nouvel aperçu des orientations prises par Rain Machine

Le chanteur de TV On The Radio vient de sortir un nouveau single du premier album de Rain Machine, son nouveau projet solo. À ce sujet, Malone déclarait: “J’ai commencé à écrire et à enregistrer des morceaux seuls depuis que j’ai bougé sur New York en 2000. Au début, cela était dû avant tout au fait que je ne connaissant personne. Au fil des années, c’est devenu un choix afin de profiter de la liberté que cela procure. Depuis cette période, j’ai joué régulièrement en solo. D’abord sous le nom de Black Lights, jusqu’à ce que des ados du Texas me signalent qu’ils utilisaient déjà ce nom. Ensuite en utilisant mon propre nom. Mais je n’aimais pas voir “Kyp Malone” recopié sur des t-shirts ou des flyers. Puis enfin, Rain Machine.”

Après l’intense Give Blood, Smiling Black Faces accentue l’orientation provocatrice donnée à son projet en ravivant, entre autres, le souvenir délicat de l’exécution de Sean Bell. Un soir de novembre 2006, le jeune homme sortait d’un club de striptease du Queens où il enterrait sa vie de garçon avec deux amis. Poursuivi par une patrouille de la police new-yorkaise, il avait été abattu par 50 balles alors qu’il n’était pas armé. L’affaire avait fait d’autant plus de bruit que les policiers à l’origine de la fusillade ont été acquittés.

ALBUM

  • Kyp Malone, “Kyp Malone” (Anti-) sortie le 22.09.09

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Hip-hop: Thavius Beck, dialogue avec Mush Records


PHOTO: Jessica Miller.

En marge de la sortie de son nouvel album, Mush fête son dixième anniversaire avec un mix de Thavius Beck

Fondé à Cincinnati en 1997 par Robert Curcio et Cindy Roché, cela fait une décennie exactement que le label indie Mush explore les potentialités des sonorités électroniques. D’Aesop Rock à cLOUDDEAD en passant par Jel, Odd Nosdam ou Busdriver, le label s’est taillé un statut à part grâce à des artistes qui ont su rendre poreuses les frontières entre hip-hop, electronica, folk et poésie.

Avec ces compositions éthérées et vaguement abstraites, Thavius Beck s’inscrit parfaitement dans l’univers prospectif promu par ces condisciples. À la fois expert en programmation, multiinstrumentiste et chanteur, il dispose également de cette capacité d’autodétermination qui permet de mener seul des projets à leur terme, sans avoir à quitter son appartement. Cela ne l’a toutefois pas empêché de collaborer récemment avec Nine Inch Nails ou Saul Williams.

Avec son nouvel album “Dialogue”, le producteur de Los Angeles confirme son statut de prospecteur audacieux en naviguant quelque part du côté de Flying Lotus et d’Anti-Pop Consortium. Pour fêter leur dixième anniversaire, Mush offre ce mix de Thavius Beck qui passe à la remixette quelques signatures du label.

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ALBUM

  • Thavius Beck, “Dialogue” (Big Dada) sortie le 05.10.2009

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Antilles: Tumbélé!, mémoires d’outre-mer


Le label de Brighton continue de nous faire redécouvrir des chapitres musicaux de la diaspora africaine

Peu de temps après les sorties de Columbia et de Panama! 2 (voir le mix ci-dessous), et des succès rencontrés par les divers projets liés au Nigeria et au Ghana, Soundway continue de révéler les déclinaisons intercontinentales du panafricanisme. Avec “Tumbélé!”, Miles Cleret nous convie à nous balader du côté des Antilles, plus spécifiquement dans les Départements français d’Amérique durant les années 60 et 70.

Le titre est le nom qui fût donné à un rythme qui influenca de manière décisive l’évolution des la musique martiniquaise avant l’intégration du compas haïtien. Le groupe Ry-Co Jazz, dont les membres étaient originaire de la République démocratique du Congo, joua un rôle déterminant en important la rumba congolaise aux Antilles vers la fin des années 60. Le Tumbélé deviendra emblématique d’un retour aux racines originelles par l’intégration de rythmes africains.

Alternant entre biguine, calypso, influences jazz ou psychédéliques, cette vingtaine de morceaux provenant principalement de La Martinique et de Guadeloupe permet ainsi de dévoiler la richesse d’une tradition qui a été largement occultée dans les pays anglo-saxons en regard d’autres îles des Caraïbes. Soundway offre ainsi une belle occasion de revenir sur des groupes qui, bien que très influents tout au long de cette période, se sont quelque dissolus dans la vague déferlante occasionnée par la zouk dès le début des années 80.

ALBUM

  • Compilation, “Tumbélé! Biguine, afro & latin sounds from the French Caribbean, 1963-74″ (Soundway) Sortie le 05.10.09

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Lola Martin, La Sirène La Sirène

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Club: Shut Up & Dance, histoires de dancefloor


Shut Up & Dance Music, le légendaire label underground londonien, sort une compilation rétrospective qui présente le groupe, le label et l’attitude.

Vers le milieu des années 80, Londres vivait un contexte particulièrement créatif en matière de club culture qui allait servir de rampe de lancement au Second Summer of Love. L’explosion des sous-cultures, la propagation des musiques électronique ou encore la redécouverte du MDMA offrait une configuration particulière pour l’avènement de nouvelles formes musicales.

Dans cette effervescente, l’histoire de Shut Up & Dance est significative. les deux rappers Smiley et PJ, accompagnées par DJ Daddy et DJ Hype étaient actifs dans les réseaux des raves clandestines et des manifestations Reclaim The Streets au sein d’un soundsystem dénommé Heatwave. Ne parvenant pas à intéresser les labels avec leurs productions, ils se décident pour l’autoproduction. Shut Up & Dance, le groupe, sort quelques singles remarqués, le premier est le très snapesque 5,6,7,8 (1989), jusqu’à la sortie de “Dance Before The Police Come!” en 1991.

Malgré une pochette quelque peu alarmante, ce premier album très innovateur sera une influence déterminante qui ouvrira la voie à la jungle. Avec leur fusion de hip-hop et de samples tirés des tubes pop de l’époque, le style breakbeat hautement énergisant de Smiley et PJ deviendra le son incontournable des scènes underground.

Par la suite, Shut Up & Dance, le label, continuera à asseoir son statut culte en signant des artistes comme The Ragga Twins ou Nicolette qui auréolera l’album “Protection” de Massive Attack peu de temps après. La sortie de ce coffret rétrospectif, qui regroupe une bonne partie des titres signés par le label, permet de retracer l’impact de ces productions sur l’évolution de la Drum’n'Bass, du UK Garage ou du dubstep.

ALBUMS

  • Shut Up & Dance “How The East Was Won: 1989 - 2009″ (Shut Up And Dance Music) sortie le 2 Novembre

SITE

Shut Up & Dance, “Dance Before the Police Come”, 5,6,7,8

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Jazz: Stade, toujours en roue libre


Avec “Freewheel”, Christophe Calpini et Pierre Audétat proposent une nouvelle variante de leur projet combinatoire en compagnie d’Erik Truffaz, d’Elliott Sharp et de Grégroire Maret. Une occasion pour revenir sur l’interview qu’ils avaient accordés à Vibrations lors de la sortie de “Art Brut Fe De Yoot”.

La foule se presse devant la scène du Cargo, le club mythique londonien, pour assister au vernissage de Art Brut Fe De Yoot, l’album hip hop le plus audacieux de ce début d’année. Une grande partie de l’écurie Big Dada, Roots Manuva en tête, semble particulierement curieux de voir à l’oeuvre le rappeur local Infinite Livez accompagné de Stade, la dernière recrue du label, projet expérimental polymorphe du pianiste Pierre Audétat et du batteur Christophe Calpini. En passant maître dans l’art de jouer live des sons préenregistrés, ces virtuoses du sampler se sont imposés comme des références majeures dans le domaine de l’improvisation électronique et leur performance est attendue à juste titre avec une certaine impatience.

Fidèle à son habitude, le rapper Infinite Livez joue la carte de l’humour en arrivant sur scène dans un déguisement extravagant. Sa présence scénique punkoïde et ses prouesses vocales délirantes capte d’emblée l’attention d’un public déjà convaincu. De leur côté, le binome Stade, déguisés en morts-vivant, se mélange les presets et compose imperturbablement des rythmes toujours à la limite de la régularité. Ce soir, le trio est accompagné de la chanteuse Joy Frempong, dont les scats électroniques époustoufflants s’accordent à merveille aux exubérances d’Infinite Livez. Il ne faut pas bien longtemps pour être subjugué par la puissance du groove bringuebalant de ces épigones facétieux de Sly Stone et de la Famile Adams.

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Retro: Ben & The Platano Group, aux armes et la salsa


Retour d’un classique obscur du Paris tropical

L’album “Paris Soul” de Ben & The Platano Group, sorti initialement en 1970 chez Barclay, est depuis longtemps vient d’être réédité pour la seconde fois. Cette curiosité jazz funk, très recherchée par les amateurs du genre n’a rien à envier aux formations américaines qui relisaient l’héritage musical issus des pays latins durant la même période. Le groupe emmené par Evaristo Nata était employé par le cabaret parisien “Le Lido”. Peu de temps après la sortie de l’album, Nata était interné en hôpital psychiatrique pour, apparemment, ne plus jamais réapparaître. Il aura tout de même pris le temps de nous laisser cette flamboyante démonstration de groove latino made in France. Quant à la pochette, d’un certain Bonhommo, elle veut à elle seule le détour.

ALBUM

  • Ben & The Platano Group, “Paris Soul”, 1970 (Barclay)

Ben & The Platano Group, “Platano Split” (1970)

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Latin: Quantic and his Combo Bárbaro, code quantum


Will Holland s’entoure de barbares pour un nouvel épisode de Quantic

Musicien, DJ et producteur d’origine anglaise, William Holland s’est exilé en Colombie en 2007 pour satisfaire un penchant marqué pour les musiques latino-américaines. Avec Quantic, un nom qu’il a choisi alors qu’il étudiait les mathématiques, il poursuit une carrière protéiforme qui se décline variablement en fonction de rencontres ou de l’orientation donnée à ses explorations. En 2007, il sortait “Tropedelico” avec The Quantic Soul Orchestra, puis un projet conceptuel orienté dub, “Quantic Presenta Flowering Inferno” (2008). Deux albums qui réunissent quelques musiciens incontournables de Cali.

Cette année, c’est sous le nom du Quantic and his Combo Bárbaro que Holland a décidé de fusionner son approche amalgamée et prolifique. “Tradition In Transition” continue l’exploration de paysages variés dans lesquels résonne conjointement l’héritage du rare groove, de Fania ou de Fela. Quantic and his Combo Bárbaro se produiront en France dans le cadre du Festival de l’Erdre, ainsi qu’au Bataclan.

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SITES

CONCERTS

Quantic & His Combo Barbaro, Linda Morena, “Tradition In Transition”

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Club: Major Lazer, la guerre du son


Diplo et Switch de passage à Paris pour mener le combat du guérillero au laser

Selon une biographie autoproduite, Major Lazer serait le nom d’un guérillero jamaïcain sauvé par l’armée américaine pendant la mystérieuse guerre des Zombies. En guise de dédommagement, les services secrets américains demandèrent au soldat d’accepter quelques expérimentations chirurgicales. C’est ainsi que le bras droit du Major Lazer a été augmenté par une prothèse hi-tech munie d’une arme à rayon laser.

Afin de passer incognito, le cobaye a dû endossé une identité de substitution et travaille en tant qu’organisateur de soirée dans un dancehall. Sa mission ultime: combattre les forces diaboliques. C’est dans le but de remplir ce dessein qu’il a fait appel à deux superhéros de la new world: Diplo et Switch.

Ce mix offre un exemple tangible de leur force de frappe grâce à ce mix, quant au clip burlesque de Pon de Floor, inspiré par les figures toujours plus spectaculaires opérées par certains cascadeurs du dancefloor, il confirme un peu plus l’imagination délirante, et lubrique, qui anime le duo.

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CONCERT

  • 03.09.09 Social Club / Paris

Major Lazer (ft. Vybz Kartel), Pon de floor

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Pop: Noisettes, la piste aux étoiles

Le groupe Noisettes se produira gratuitement au Jazz Café

Plus jeune, Shingai Shoniwa ambitionnait de faire du cirque. A défaut de jouer les funambules ou les dresseuses de lion, elle se retrouve chanteuse des Noisettes. “L’univers du cirque partage le même esprit rebelle que le rock” déclare-t-elle à ce sujet. “Il promeut un mode de vie à travers le monde qui est à la fois inspirant et choquant.” Même si les Noisettes, littéralement les petits bruits, puisent quelquefois dans l’énergie brute du rock garage et du punk rock, le choc est surtout engendré par le charisme de Shingai. C’est en tous les cas ce que semble confirmer le quelque peu formaté “Wild Young Hearts” (2009), lorsque la ballade d’Atticus ou le retro Never Forget You laissent plus d’espace d’expression à la jeune divette.

Formé en 2003, le trio s’oriente rapidement vers un style indie, largement dilué à coups d’arrangements synth pop ou de quelques mélodies rétro. Après avoir acquis une réputation dans les circuits des warehouses parties londoniennes, ils obtiendront une reconnaissance nationale en ouvrant pour les Babyshambles. Dans un style crossover, auquel de nombreux groupes anglais ont recours actuellement, les morceaux ravivant le r’n'b ou le blues retiennent particuliérement l’attention. Récemment invitée à collaborer avec The Heavy, Buck 65 et Olivia Ruiz, il ne fait aucun doute que Shingai Shoniwa, qui est âgée de 24, devrait faire encore quelques tours de piste.

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CONCERTS

  • 03.07.09 Les Eurockéennes festival / Belfort

  • 08.07.09 Montreux Jazz Festival / Jazz Cafe (gratuit)

The Noisettes ‘When You Were Young’ (reprise de The Killers), BBC Radio 1, Live Lounge

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hip-hop: Lushlife, surfin’ the city

Le rapper dilettante est de retour avec “Cassette City”

Il y a quatre ans, Raj Haldar s’était signalé en autoproduisant un album de bootleg dans lequel il mariait “The College Dropout” et “Last Registration” de Kanye West avec le “Pet Sounds” des Beach Boys. Le remixer ajoutait sa touche personnelle en y intégrant également des beats et des phrasés de son cru et “West Sound”, qui pouvait être téléchargé gratuitement, a très rapidement connu un large succès. Le producteur originaire de Philadelphie enchaînait avec “Order of Operations”, un premier album jazzy qui a connu un accueil chaleureux malgré une diffusion plutôt confidentielle. Après un tel take-off, on aurait pu supposer que Lushlife allait surfer la vague.

Il lui aura tout de même fallu près de quatre à pour donner une suite à ces coups d’essai remarqués et, à l’écoute de “Cassette City”, on peut vite comprendre pourquoi. Raj Haldar, qui dispose d’une formation poussée en piano et en composition de jazz, a pris le temps nécessaire pour fignoler les moindres détails. Même si les emprunts ne sont pas aussi directs et la démarche moins spontanée que dans “West Sound”, “Cassette City” propose des productions très orchestrées qui infusent aussi bien les embruns iodés des Beach Boys, les bidouillages de Four Tet ou les références aux classiques hip-hop des 90s. Un projet particulièrement abouti auquel ont participé également Camp Lo, Ariel Pink, Greg Saunier et Ezra Koenig de Vampire Weekend.

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ALBUM

  • Lushlife, “Cassette City” (!K7/Rapster), sortie le 23 juin 2009


Lushlife Cassette City Feature (Rapster)

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Rétro: Rapper’s Delight, le feu aux poudres


Pour fêter les 30 ans de Rapper’s Delight, Dan the Automator propose un concours de remix

L’histoire du hip-hop a généré passablement de légendes, mais l’épopée de Rapper’s Delight constitue sans conteste le mythe originel qui inaugure les premières querelles en matière de street credibility et de droits d’auteur. En effet, The Sugarhill Gang fût monté par une productrice, Sylvia Robinson, qui s’était déjà largement rôdée dans le r’n'b. Convaincue du potentiel commercial de ce courant, elle préfère éviter les acteurs de la scène et recrute Wonder Mike, Big Bank Hank et Master Gee. Trois novices qui jouaient alors les troisièmes couteaux dans une petite ville du New Jersey.

Construit sur un break de Good Times et scandé par des onomatopées écrites par Grandmaster Caz, le trio n’avait pas grand-chose à revendiquer. Même si cette “fabrication” a d’emblée discrédité le groupe auprès des puristes, cette situation n’a pas empêché le Rapper’s Delight de suivre une trajectoire exceptionnelle. En devenant le premier enregistrement libellé hip-hop, il ouvrait la voie à une nouvelle phase de l’industrie musicale et permettait au label Sugarhill Records de devenir un pièce centrale dans l’histoire du mouvement.

Afin de fêter ce 30e anniversaire, Dan the Automator est sur le point de sortir une nouvelle version du Rapper’s Delight et à cette occasion il propose à tous les amateurs de plancher sur un remix. Toutes les infos sont accessibles sur le site du concours. Date limite: 14 juin 09.

The Sugarhill Gang, Rapper’s Delight (1979)

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Pop: Chris Blackwell, le magnat rasta


La commémoration du cinquantième anniversaire de Island Records permet de revenir sur l’influence de cette figure majeure de la musique anglo-saxonne

Situés à quelques pas de la station de métro de Notting Hill Gate, les bureaux d’Island records ont su conserver une ambiance tropicale singulière. Mobilier de bois, poster de Bob Marley, gros coussins, deux djembés et une fragrance agréable de fumée, la réception active d’emblée une imagination toute insulaire. Même s’il a vendu ses parts il y a près de vingt ans, il ne fait aucun doute que l’empreinte décontractée du fondateur Chris Blackwell continue de souffler sur la destinée du label.

2009 est sans conteste l’année de la reconnaissance pour ce septuagénaire qui a veillé à la destinée d’artistes aussi hétéroclites que Nick Drake, Grace Jones, Roxy Music et, bien sûr, d’un certain Bob Marley. Passionné de musique et homme d’affaires visionnaire, Blackwell a été consacré récemment comme la personnalité qui a eu le plus d’influence sur les musiques populaires anglaises durant ces cinquante dernières années. Il nous reçoit, en compagnie de son ami de longue date Baaba Mal, pour évoquer quelques épisodes de son parcours singulier. Même s’il avoue ne pas aimer ressasser le passé, les anecdotes reviennent facilement en surface. Elles sont souvent assez cocasses. Comme ce concert à Kinshasa de Millie Small, dont le titre “My Boy Lollipop” (1964) fût le premier succès commercial du label.

En arrivant sur le site deux heures avant le concert, il constate que rien n’avait été préparé. “Nous sommes tout de même parvenus à monter la scène”, se souvient-il, ” et le concert à pu se dérouler devant un stade archibondé. Le problème c’est que seulement 10% du public avait payé son billet. L’autre chose intéressante”, ajoute-t-il, “c’est que Fela, qui était encore inconnu, se trouvait dans le groupe qui accompagnait Millie sur scène”. Il revient également sur sa découverte des musiques africaines grâce aux connaissances expertes de Robert Palmer, sur l’impact des musiques jamaïcaines sur la culture britannique ou encore sur les principaux fondements à partir desquels il a façonné une approche si singulière dans l’industrie musicale. Happy Birthday Sir Blackwell!

LIRE L’INTERVIEW DANS LE PROCHAIN NUMERO DE VIBRATIONS

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Club: Radioclit, le nouveau monde de la world music


L’univers sonique du collectif Radioclit est un vaste laboratoire d’échanges où l’on puise dans une banque intarissable de sons et de rythmes pour composer des sélections transculturelles

Texte: Joël Vacheron

Au milieu du XVIIIe siècle, Horace Walpole faisait référence à un vieux conte persan, Les Trois Princes de Serendip. Selon ce récit, trois hommes partent pour une mission et, en chemin, ils ne cessent de tomber sur des indices en apparence sans rapport avec leur objectif. Grâce à leur sagacité, ces événements fortuits leur permettront de découvrir des réalités qu’ils n’auraient jamais pu connaître autrement. Suite à cet épisode littéraire, le terme serendipity est fréquemment utilisé en anglais lorsque des situations intéressantes ou plaisantes arrivent de façon imprévue.

Un avion de papier

Cette définition s’applique à la saga de Johan Karlberg et Étienne Tron, le duo formant Radioclit, avec le chanteur Esau Mwamwaya. Évoluant dans des mondes a priori différents, leur rencontre est d’emblée marquée, comme le souligne Étienne, par une suite « d’enchaînements involontaires, mais totalement naturels ». Formé en 2003, Radioclit a participé activement au bouillonnement universaliste qui a singularisé la club culture londonienne durant ces dernières années. Après avoir enchaînés les collaborations avec des artistes tels que M.I.A, Bonde do Rolle ou Santogold, rien ne prédestinait le duo de s’associer à un chanteur inconnu pour produire un premier album. Ceci d’autant plus qu’au moment de leur rencontre, l’activité musicale principale d’Esau Mwamwaya se résumait encore à jouer de la batterie dans une église locale.

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Pop: Dirty Sound System, Psychedelic sharp


ILLUSTRATION: Yves Dumont

Dirty Sounds System explore les influences psychédéliques dans la pop française

Un mouvement de redécouverte du patrimoine psychédélique français a été engagé ces derniers mois avec la sortie de “Voyage: Facing The History Of French Modern Psychedelic Music” ou l’exposition “Explorations psychédéliques en France” qui vient de se terminer au CAPC Bordeaux. Avec leur nouvelle compilation qui sort officilellement aujourd’hui, Clovis Goux et Guillaume Sorge ont consciemment opté pour ne pas s’inscrire dans l’historiographie traditionnelle.

Le duo de Dirty Sound System propose ainsi une sélection d’artistes qui ne sont généralement pas associés à ce courant. Avec une sélection de de titres incluant Bernard Laviliers, Nino Ferrer, Brigitte Fontaine, Christophe ou François de Roubaix (souvenez-vous de vos premiers trips en écoutant le générique halluciné de Chapi Chapo), “Dirty French Psychedelics” témoigne plutôt à quel point la chanson française était largement soumise à des impulsions psychédélisantes tout au long des années 70. Un aperçu de ses fantasmes dirty est retranscrit dans ce mix du duo proposé sur le site fluokids.

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Pop: Micachu, la culture de haut en bas


La protégée de Matthew Herbert de passage aux Nuits Sonores

La vingtaine tout juste entamée, Mica Levi peut se targuer d’avoir réussi un début de carrière prometteur. Sous le nom de Micachu and The Shapes, elle propose un son bricolé très cru qui tranche radicalement avec sa formation musicale très classique. Son premier album “Jewellery” a en effet été produit par Matthew Herbert himself qui semble avoir été séduit par ce mélange cette pop iconoclaste empruntant aussi bien au grime et à l’electronica.

Formée au violon dans des écoles prestigieuses, elle a d’ailleurs été commissionnée pour composer un morceau qui a été exécuté récemment par le London Philharmonic Orchestra. Toutefois, elle préfère utiliser des instruments beaucoup moins orthodoxes, dans la plupart du temps trafiqués ou fabriqués de toutes pièces. C’est le cas de cette guitare gratouillée à l’aide d’un marteau ou d’une roue à plectre.

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CONCERTS

Micachu & The Shapes, Lips

SITE

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Jazz: Hypnotic Brass Ensemble, un réconfort pour l’âme


Le brass band exceptionnel de Chicago sera de passage au New Morning pour une date unique. 10 places à gagner!

Au commencement, on trouve Phil Cohran. Trompettiste génial et multi-instrumentaliste cosmique de Sun Ra dans les 70’s, il sera également le mentor des Earth Wind and Fire. Quelques années plus tard, il s’occupe de l’éducation musicale de ses enfants et neveux en fondant le Phil Cohran Youth Ensemble. Une fanfare de cuivre qui deviendra par la suite, avec l’introduction d’un batteur, l’Hypnotic Brass Ensemble.

Biberonnés au jazz, funk et hip-hop depuis leur premier souffle, les membres de l’Hypnotic Brass Ensemble ont placé la virtuosité en matière de fanfare dans des sphères dans lesquelles peu de groupes peuvent rivaliser. Ce n’est par conséquent pas une surprise si des personalités telles que Damon Albarn, David Byrne, Q-Tip, Madlib, Jay-Z, Erykah Badu ou Mos Def ont été décoiffé par la force unique des HBE. Barack Obama aurait même déclaré “Je ne peux plus me passer de ces gars, ils sont un réconfort pour l’âme”.

Pour gagner des invitations pour le concert du Hypnotic Brass Ensemble, envoyez-nous un mail avec vos nom, prénom et adresse postale à concours@vibrations.ch Merci d’indiquer “HYPNOTIC” dans l’intitulé du message.

Il y a 5 x 2 places à gagner et les gagnants seront avertis par email

CONCERT

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Rétro: Hip-house, période de réhabilitation


Il y a 20 ans, la fusion de la house et du hip-hop jouait les météorites

Au tournant des années 90, Snap! , Technotronic ou Reel 2 Real larguaient quelques bombes qui allaient instantanément propulser la hip-house comme le style de prédilection des fêtes foraines. Cette fusion de hip-hop et de dance restera ainsi le genre hybride douteux que les puristes de tous bords se plaisent à dénigrer. Une situation rendue d’autant plus facile que durant la même période, NWA radicalisait le hip-hop dans sa déclinaision gangsta et que les envolées introspectives de l’acid rendait le flot des mc’s superflu.

Entre surexposition commerciale et disparition instantanée, les ramifications rattachées à ce courant ont trop vite été occultées. De Rob Base et DJ EZ Rock aux Jungle Brothers, en passant par Fast Eddie ou Tyree, de nombreux artistes explorèrent de manière plus ou moins prononcée les différents points de convergence d’un style trop rapidement enterré. Ce n’est donc pas une surprise de voir un revival de ce style qui rythmait les warehouses de Chicago dès les premiers soubressauts de la house music.

Kanye West ouvrait les vannes avec Stronger. Plus récemment, le Day’n'Nite de Kid Cudi ou la reprise par Kid Sister de I’ll House You, qui découlait de la collaboration en 1988 des Jungle Brothers et de Todd Terry, marque un virage encore plus marqué. Plus surprenant encore, la récente association de Dizzee Rascal et d’Armand Van Helden pour Bonkers scelle le phénomène. DJ Alexander ‘Full Nelson’ Waldron a senti le vent tourner et propose son top 20 ainsi qu’un mix qui participent à la réhabilitation de ce courant. On y retrouve notamment une étonnante reprise du Once in a Lifetime de Talking Heads par KC Flightt (7:45). A voir également, ce documentaire surgissant de nulle part et qui est largement diffusé sur Internet depuis quelque temps.

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  • Documentaire sur la Chicago Hip-House (1989)

  • » VOIR LA TRACKLIST DU MIX DE FULL NELSON

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    Expériences: Dirty Projectors, Björk la joue Dirty


    PHOTO: Ryan Muir

    Björk interprète une suite composée spécialement pour elle

    Les Dirty Projectors, le groupe polyrythmique arty new-yorkais, continue de s’attirer les faveurs de parrains prestigieux. Après David Byrne en début d’année, Björk rejoignait le groupe la semaine passée afin de participer à un concert de charité dans une librairie de SoHo. Elle a ainsi pu interpréter une suite de six chansons composées spécialement pour elle par David Longstreth.

    Le compte-rendu et les photographies de cette rencontre intimiste est accessible sur le site de Stereogum. Deux ans après “Rise Above”, les Dirty Projectors viennent de sortir une cassette chez Domino intitulée “Bitte Orca”. En download, la reprise de Hyperballad sortie sur la compilation de reprises de “Post”, ainsi que le titre issu de la récente collaboration avec David Byrne dans le cadre du projet “Dark was the Night”.

    Dirty Projectors, Stillness Is The Move, “Bitte Ocra” (Domino), 2009

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    Club: Donae’o, toujours de la partie


    Le chanteur surfe sur la vague funky house

    Agé de 25, Donae’o endosse déjà le statut de vétéran du UK Garage. MC alternant sensibilité soul et patwa jamaïcain, Danae’o s’est profilé comme une des voix attitrées de la vague UK funky qui déferle actuellement dans la club culture londonienne. Avec Devil in a Blue Dress, African Warrior et Party Hard, dans lequel résonne le “Day O (Banana Boat Song” de Harry Bellafonte, ce Londonien d’origine ghanéenne a enchaîné une succession de singles très remarqués et s’apprête à sortir son premier album intitulé “Party Hard”.

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    Donae’o, Devil in a Blue Dress

    Donae’o, African Warrior

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    Hip hop: Calle 13, satire et engagement


    Le clip de La Perla avec Rubèn Blades

    René “Residente” Pérez et Eduardo “Visitante” Cabra, les deux demi-frères formant le duo Calle 13, continuent de rythmer leurs portraits satiriques de la société portoricaine à coup de reggaeton, de hip-hop ou de salsa. Comme le souligne Yannis Ruel dans le numéro 113 de Vibrations: “Joyeux lurons adeptes de la satire sociale, le tandem perfectionne son rôle de bouffon au sens noble du terme, avec une conscience politique aussi aiguisée que son humour noir, sans précédent dans la cour de la musique latine.”

    Pour leur dernier single intitulé La Perla, ils se joignent au chanteur et politicien panaméen Rubén Blades pour narrer le quotidien de ce barrio de San Juan. “Il y a encore dix ans”, précisait Residente, “La Perla était un territoire indépendant du reste de Porto Rico: Les autorités et la plupart des gens ne pouvait pas y descendre. En même temps, ses habitants conservent un mode de vie plus portoricain que celui de toutes ces urbanisations qui détruisent le pays. Il y a une sorte de mysticisme, quelque chose de magique qui fait que La Perla est un barrio légendaire.

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    Afropop: L.B.G.B, Brazzaville am Berlin


    A Berlin, les beaux gosses jouent de la rumba congolaise

    Les Beaux Gosses de Berlin regroupe une vingtaine de musiciens, danseurs et chanteurs originaires du Congo, d’Angola, du Mozambique et de Grande-Bretagne répétant dans un local au sous-sol d’un magasin africain d’articles de mariage de Berlin.

    Le groupe propose une rumba congolaise actuelle et festive. En véritables ambianceurs, ils savent impressionner leur public grâce à toute une gamme de chorégraphies. A. J. Holmes, un des membres fondateurs du groupe vivant à Londres et autoproclamé “The King of the New Electric Hi-Life”, propose son mix d’Afropop.

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    Soul: Naomi Shelton, le prix de l’authenticité


    Naomi Shelton and the Gospel Queens continuent de propager la flamme Daptone

    L’authenticité n’a pas de prix et cela peut engendrer des situations particulièrement malencontreuses en matière de musique. C’est en tous les cas ce que nous rappelle la malheureuse aventure survenue à Gang Gang Dance qui, il y a quelque semaines, devait annuler sa tournée européenne suite à un incendie dans lequel a brûlé l’ensemble de leur matériel. Presque en même temps, le mythique label Daptone Records qui était victime d’un casse dans leur studio de Bushwick. Quelques amplis Fender, un orgue Baldwin, des guitares Harmony Rocket font parties de la longue liste d’instruments, souvent rares, qui participait à produire cette identité vintage si particulière.

    Alors que la situation semble lentement s’arranger du côté du label, une chose est néanmoins certaine: Naomi Shelton, accompagnée par ses Gospel Queens, a profité d’un équipement originel pour la production de leur album. “What Have You Done my Brother” est à tel point un concentré R’n'B pur qu’il donne le sentiment d’avoir été cryogéniser en 1957. Espérons que la sortie de cet superbe album permettra à Daptone de retrouver tous les instruments nécessaires pour continuer leur projet de restauration du groove antique.

    ALBUM

    • Naomi Shelton and the Gospel Queens, “What Have You Done my Brother” (Daptones Records), Sortie le 26 mai 2009

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    Naomi Shelton en interview

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    Livre: Paul Gilroy, Darker than Blue


    PHOTO: Joël Vacheron

    Le sociologue Paul Gilroy vient de sortir un nouveau livre intitulé “Darker than Blue: On the Moral Economies of Black Atlantic Culture“. A travers une relecture de l’oeuvre de W. E. B. Du Bois, il interroge divers processus à travers lesquels les aspirations politiques et sociales afro-américaines ont été subverties par la société consumériste. Une occasion pour publier l’interview qu’il avait accordée à Vibrations

    Par Joël Vacheron

    Ecrire un article sur Paul Gilroy n’est pas chose facile. Comment souligner l’incroyable richesse d’une réflexion entamée il y a près de trente ans et dont l’onde de choc semble loin de s’arrêter ? Lorsqu’on écoute le sociologue parler de sa passion inaltérable pour la musique, on est emporté dans un tourbillon d’intelligence qui force l’admiration. Au fil de l’entretien, il fait s’entrechoquer le dub minimal et vaporeux de Tikiman et le broken beat débridé de jazzmen japonais. Il se rappelle Bob Marley redescendant Piccadilly Circus en chantant « Midnight Ravers », un voyage à Seattle sur la tombe de Jimi Hendrix en compagnie d’un GI. Gilroy fait soudain ressortir les liens insoupçonnés qui relient le rapper Kurtis Blow au philosophe allemand Theodore Adorno. Quelques péripéties d’une expédition musicale sans pareille à travers l’espace et le temps, où se retrouvent pêle-mêle des musiciens, des écrivains, des sons, des images et des lieux.

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    Jazz: Jackie Paris, retrouver la voix


    Jackie Paris et Charlie Parker dans “Tis Autumn: the search for Jackie Paris.”

    Vibrations rend hommage au chanteur qui a traversé le siècle dans l’ombre des grands noms du jazz

    Jackie Paris a chanté avec Charlie Parker ou Dizzy Gillespie. Les écrivains Nick Tosches et Harlan Ellison sont des fans affirmés, Vibrations ressort, “Skylark”, l’album culte d’un chanteur de jazz oublié.

    Né dans le New Jersey en 1926, Paris commence à chanter et à danser à l’âge de trois ans et débute sa carrière dans le sillon du bepop. Il se fera tout d’abord remarqué pour ses talents de danseur durant les quelques mois qu’il passa sous les drapeaux.

    Après l’armée, cet Italo-Américain deviendra le premier chanteur blanc à intégrer l’orchestre de Lionel Hampton. Pour l’anecdote, il enchaînera avec ce dernier 78 concerts d’affilée et conserve l’honneur d’avoir été l’unique chanteur à joindre le quintette de Charlie Parker lorsque aux côtés de Miles Davis et Max Roach.

    Enregistré en 1947,  ”Skylark” et la première chanson que Paris enregistre sous son nom et restera, jusqu’à son décès en 2004, le morceau le plus représentatif de son oeuvre.

    Le documentaire “Tis Autumn: the search for Jackie Paris” retrace sous le mode de l’investigation, le cheminement effectué par le réalisateur Raymond De Felitta pour retrouver Jackie Paris.

    Sur le même sujet, lire également l’interview de Billy Taylor

    Dans le même temps, le numéro la deuxième mouture de “J’adore” vient de sortir. Imaginée comme la sélection radiophonique idéale, on retrouve une brochette de petites perles qui vous feront sans aucun doute vibrer. Pour plus d’infos, c’est ici


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    Trailer de “Tis Autumn: the search for Jackie Paris”

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    Expériences: Altin Mikrofon, entre deux mondes


    Üç Hürel

    Retour sur l’âge d’or de la musique turque contemporaine. Deux mixes de funk turc en download

    Lorsqu’on doit imaginer à quoi ressemblent les productions musicales turques des années 70, ce ne sont pas directement les influences du funk et du rock psychédéliques qui viennent directement à l’esprit. Toutefois, comme certaines compilations telles que “Bosporus Bridges” ou la réédition de “Genclik Ile Elele” de Mustafa Ozkent, un courant fort de modernisation musicale a soufflé sur le pays à partir des années 60.

    À mesure que des groupes comme Black Sabbath, Ten Years After, les Beatles, The Who ou James Brown étaient distribués à Ankara et Istanbul, le quotidien national Hürriyet mis en place un concours qui invitait les participants à réarranger des chansons traditionnelles turques à la sauce occidentale. Le Altin Mikrofon, le micro d’or qui débuta en 1965, connut un succès exponentiel jusqu’à la fin des années 70 et contribua à l’avènement d’une scène très originale qui établissait des ponts entre traditions Arabes et innovations technologiques occidentales.

    Deux mixes, l’un du DJ Onur Engin et l’autre d’un (in)certain Zanda Mann, présentent quelques exemples des directions prises par la musique contemporaine turque durant cette période fascinante.

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    Mustafa Ozkent, Lorke

    Üç Hürel (1974)

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    Pop: Brian Eno joue au docteur


    Brian Eno et Jon Hassel conversent. Pénible.

    Dans le cadre du festival de musique électronique Ether, Brian Eno et le trompettiste Jon Hassel ont offert un bien curieux récital dans le Queen Elizabeth Hall. Le titre de l’événement, intitulé “A Conversation Piece”, ainsi que le prix des places, £12, laissaient planer le doute que les deux compères allaient jouer ensemble. Quoi qu’il en soit, lorsque deux musiciens historiques sont invités à se retrouver dans une salle de concert prestigieuse, on peut légitimement espérer qu’il y sera question de musique.

    “Nous nous connaissons depuis très longtemps et partageons les mêmes points de vue”, lance Eno pour expliquer l’intention de leur performance. “Lorsque nous nous sommes rendu compte récemment que nous projetions tous les deux d’écrire un livre, nous avons décidé de nous retrouver régulièrement pour en discuter”. Installés bien confortablement dans leurs fauteuils, une rangée de feuilles alignée devant eux, le public très nombreux comprend vite qu’il va en réalité assister à une séance de brainstorming improvisée.

    Même si quelque personnes quittent déjà la salle, à ce stade on pense encore que l’exercice sera centré autour de leurs expériences artistiques communes. Mais, tout ceci c’est de l’histoire ancienne. Plutôt que de ressasser les vieux souvenirs, les deux sexagénaires entendent bien démontrer la perspicacité et l’entendue de leurs connaissances en matière d’actualité et profitent de l’occasion pour passer en revue une succession de thèmes d’une banalité affligeante.

    Tels deux acolytes qui s’enthousiasment dans une discussion de pub, ils abordent la manipulation des médias, la politique étrangère américaine, la crise financière avec un manque de distance et une assurance presque inquiétant. Pour appuyer son propos, Eno extrait au hasard quelques feuilles libellées par des séries de concepts de son cru à partir desquels il fait l’étalage de ses connaissances sur un ton résolument professoral.

    Bien qu’il confirmait leur intérêt pour les journaux et les longues sessions sur internet, ce cours ex cathedra dégageait une suffisance qui frôlait quelquefois l’arrogance. On peut comprendre que Brian Peter George St. John le Baptiste de la Salle Eno, qui écrit régulièrement dans les colonnes de The Observer, puisse se targuer d’avoir un statut à part dans le monde de la pop music. Toutefois, s’il souhaite continuer à impressionner, il lui faudrait peut-être se concentrer sur son expertise musicale, ou préparer ses interventions publiques, ou peut-être même se taire.

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    Pop: Antony, danse avec la lumière


    PHOTO: Don Felix Cervantes

    Le chanteur new-yorkais Antony évoque les thèmes paganistes présents au cœur de son nouvel album et l’importance de la danse butô dans son art

    Interview menée par Joël Vacheron

    La pochette du mini-album Another World présente une étonnante photographie de Kazuo Ohno prise par Pierre-Olivier Deschamps en 1984 au Théâtre du Châtelet. Le danseur porte un chapeau orné d’un arrangement floral et ses doigts sont gainés dans une paire de gants finement dentelés. Son visage fardé et sa bouche entrouverte traduisent l’expression d’une aristocrate chimérique frappée par une stupeur pétrifiante. Conçue dans le Japon d’après-guerre par Tatsumi Hijikata et Kazuo Ohno, la danse butô se présentait comme une relecture subversive des danses traditionnelles. Largement influencés par les écrits de Yukio Mishima, l’expressionnisme allemand et l’ardeur contreculturelle de cette période, ces hérétiques visaient à proposer une réponse forte à l’occidentalisation forcée du pays.

    On retrouve le charme funeste d’Ohno sur la couverture du nouvel album d’Antony and The Johnsons “The Crying Light”. Une récurrence qui témoigne de l’attachement indissociable qu’Antony Hegarty entretient avec cette délicate danse des ténèbres. Il revient ici sur cette influence, tout en expliquant les diverses conditions qui ont participé à l’avènement de ce nouvel album. Avec une éloquence et une franchise touchantes, le chanteur présente les fondements d’une philosophie paganiste et dissidente. Loin des idées convenues, ce Ziggy Stardust contemporain est parvenu à construire un monde à son image, dans lequel ses fissures et ses rêves peuvent s’exprimer en toute liberté.

    Entre votre projet avec Hercules & Love Affair et vos différents concerts accompagnés d’orchestres philharmoniques, vous avez fait preuve cette année d’une étonnante aptitude à lancer des ponts entre musique savante et populaire. Etait-ce quelque chose de planifié ?

    Antony: Cela s’opère de manière assez naturelle. Je n’ai jamais véritablement dû faire de distinctions entre ces deux niveaux. Je suis un chanteur pop issu d’un milieu underground et ce serait absurde de vouloir endosser les habits d’un chanteur classique. Je n’ai aucune formation dans ce domaine. Les seuls rapprochements possibles avec la musique savante touchent aux arrangements de mes compositions. Celles-ci glissent quelquefois vers des structures ou des registres dramatiques. Mais 90% des influences classiques sont amenées par les musiciens qui m’accompagnent.

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    Mardi Gras: The Wild Magnolias, belles retrouvailles


    En guise de clôture des soirées dédiées à la Nouvelle-Orléans, The Wild Magnolias n’hésiteront pas à mettre le feux aux Banlieues Bleues.

    Par Catia Bellini

    Les Grands Chefs Bo Dollis et Monk Boudreaux appartiennent tous deux à la tradition des Mardi Gras Indians, bouillonnant héritage des transes carnavalesques de la Nouvelle-Orléans. L’origine de ce mouvement reste, aujourd’hui encore, plutôt obscure. Ce qui est certain, c’est qu’une fois le temps du carnaval venu, les rues du sud de la Louisiane regorgent de costumes bigarrés et de coiffes de plumes plus spectaculaires les unes que les autres.

    Le courant musical qui se rattache au mouvement distille une musique aux percussions incandescentes et à l’énergie contagieuse. Formés dans les années 70, The Wild Magnolias ont été parmi les premiers à graver ce style bien particulier sur les sillons du vinyle. Leur premier single, Handa Wanda, suivi du mythique « (Somebody Got) Soul Soul Soul » les ont directement propulsés sur les ondes radiophoniques. Après des années de séparation, les deux grands chefs scellent pour la première fois d’émouvantes retrouvailles sur la scène des Banlieues Bleues. A noter aussi, la sortie de “They Call Us Wild”, magnifique coffret qui regroupe les deux premiers albums de l’infatigable combo.

    CONCERT

    • 10.04.09 Les Banlieues Bleues / Paris - Bobigny

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    Art: Alan Vega, la face plastique


    Alan Vega, Cadillac Christ, Mixed Media, 1997

    L’oeuvre plastique d’Alan Vega exposée à Lyon

    Alan Vega est surtout connu comme l’un des pionniers du rock électronique minimaliste en tant que cofondateur, avec Martin Rev, du groupe mythique « Suicide ». Cependant, au début des années 70, il est surtout actif dans la scène artistique new-yorkaise en tant que plasticien et c’est cette face méconnue que Mathieu Copeland, le commissaire de l’exposition, présent au MAC Lyon.

    Alan Vega a fait ses études au Brooklyn College et il s’intéressa dans un premier temps à la peinture. À partir de la fin des années 60, son intérêt se porte sur la lumière et il crée ses premières « light sculptures ». Celles-ci se présentent comme des assemblages d’objets divers à partir d’ampoules, de lampes, de télévisions et de néons aux formes et aux couleurs diverses. Anti-esthétique, anti-formelle, son oeuvre plastique suit les même influences que celle qui vont caractériser sa musique.

    En 1968, il fonda le « Projet des Artistes Vivants » (Project of Living Artists). Ce loft de Manhattan, ouvert 24h/24, devenait un des premiers lieux alternatifs New-Yorkais tenu par des artistes. Dédié à toutes les formes artistiques, le lieu constitua rapidement un tremplin pour de artistes et des musiciens tels que les New York Dolls, Television ou Blondie.

    EXPO

    • Alan Vega, “Infinite Mercy”, MAC Lyon, du 15.05.09 au 02.08.09

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    Funk: Withefield Brothers, un passé jamais révolu


    Les frères Weissenfeldt continuent à décliner le groove sous toutes ses formes

    Au sein du revival funk qui souffle depuis quelques années, autour notamment de Daptones Records, Jan and Max Weissenfeldt jouent le rôle des héros discrets. La réédition de “In The Raw” par Stones Throw devrait participer à donner un peu plus de visibilité aux deux frères originaires de Hambourg.

    Avec leur projet principal The Poets of Rythm, ainsi que sous de nombreuses autres étiquettes comme les Whitefield Brothers, Syrup, ou Bus People Express, cela fait déjà prêt de 15 ans qu’ils rallument les flammes d’un spectre musical qui passe en revue toutes les déclinaisons du funk originel.

    Un nouvel album, sous le nom des Whitefield Brothers, vient d’être terminé et devrait sortir dans le courant de l’année. Les deux frangins prospectent du côté de sonorités plus exotiques puisqu’on y trouvera beaucoup d’influences éthiopiennes, mais également japonaises et turques. “Le terme World Funk serait une bonne description pour le définir” précise Jan à ce sujet.

    Whitefield Brothers, EJI, “In The Raw”, 2001 (Now Again)

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    Jazz: Kouyaté et Neerman, vibrations power


    Photo: Manuel Lagos Cid

    Kouyaté et Neerman seront à l’affiche de Vibrations Mali au Cully Jazz Festival

    Kouyaté et Neerman consacre la rencontre entre le balafon et le vibraphone. À travers cette collaboration, Lansiné Kouyaté et David Neerman explorent les moyens de faire sonner de façon collective ces deux instruments à la fois si proches et si lointains aussi bien dans leur tessiture, leurs sonorités, leur matériau, leurs techniques de jeu que dans l’histoire et les imaginaires qu’ils véhiculent.

    Une réciprocité qui a permis aux deux musiciens d’enrichir leurs approches respectives. D’une part, Lansiné sort des schémas traditionnels mandingues en acceptant d’intégrer à son langage de longues plages de silence. David, quant à lui, à réenvisagé en profondeur son approche en retranscrivant pour le vibraphone certains modes de jeu du balafon, notamment l’indépendance rythmique des deux mains.

    Cette rencontre, finalisée sous la forme d’un quartet, a débouché sur la sortie l’an passé d’un premier album intitulé “Kangaba”. Une relecture de langages musicaux variés qui dessinent les contours d’un “ambient post exotique”. Kouyaté et Neerman partageront l’affiche avec Oumou Sangaré lors de la soirée “Vibrations Mali”, le vendredi 3 avril au Cully Jazz Festival ainsi que le 30 mars au festival NøF à au Théâtre de l’atelier.

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    CONCERTS

    • 30.03.09 Théâtre de l’Atelier / Paris

    • 03.04.09 Festival de Cully (Suisse) / Cully

    • 16.04.09 Espace Vauban / Brest

    • 17.04.09 Pannonica / Nantes

    • 24.04.09 Printemps de Bourges / Bourges

    KOUYATE NEERMAN, Le Destin, “Kangaba”, 2008 (NØ FØRMAT!)

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    Blues: Snooks Eaglin, requiem bis


    Une autre légende de la Nouvelle-Orléans s’en est allé

    Le 18 février, 2009, soit un mois avant Eddie Bo, c’est le guitariste et chanteur Snooks Eaglin qui s’en allait à l’âge de 73 ans. Tous deux originaires de la Nouvelle-Orléans, il leur arrivait encore réguliérement de jouer ensemble dans les bars de la ville. Après avoir reçu une guitare à l’âge de cinq ans, Eaglin avait développé son jeu exceptionnel en écoutant la radio et les quelques disques de son père. Il abandonne l’école pour entamer sa carrière à l’âge de 14 ans en intégrant The Flamingoes, le groupe de R&B d’Allen Toussaint qui, cela dit en passant, était d’un an son cadet.

    Après la dissolution du groupe, il enregistra ses premiers albums solos de manière un peu hasardeuse, après avoir été repéré par un ethnomusicologue lorsqu’il jouait de la rue. Son jeu et sa voie exceptionnels feront l’objet de sessions folk blues qui seront éditées sur différents labels comme Folkways et Prestige/Bluesville. Malgré ses compétences hors du commun, Eaglin produira très peu d’albums tout au long d’une carrière plutôt vertueuse.

    Sa méfiance des labels le poussa à ne signer aucun contrat de 1963 à 1987 et il gérait ses apparitions publiques de manière parcimonieuse. Même s’il se produisait régulièrement dans le bars de la Nouvelle-Orléans, au Jazz Fest ou en tournée aux côtés de George Porter Jr, Snooks restait fidèle à ses convictions religieuses en faisant sabbat du vendredi au samedi soir.

    Sa capacité de mémorisation hors du commun et son vaste répertoire, qu’il estimait à plus de 2500 morceaux, lui ont valu le surnom de “human jukebox”. Pour Ron Levy, Eaglin était le musicien le plus talentueux qu’il ait connu car “il était capable de littéralement répliquer tous les morceaux qu’il écoutait.” Bien qu’Eaglin avait perdu la vue à l’âge d’un an, il affirma à un journaliste d’Offbeat Magazine qu’il avait un jour ramené sain et sauf tous les membres des Flamingoes au volant d’une Studebaker. Les gravillons sur le bord de la route l’avertissant lorsqu’il fallait recentrer se conduite. “That’s the true story, baby”, ajouta-t-il.

    Snooks Eaglin, St. James Infirmary

    Snooks Eaglin with George Porter Jr., Red Beans

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    Funk: Eddie Bo, requiem pour un funkster


    Photo: Divan du Monde / Glaz’art

    Il était un des derniers pianistes à incarner l’esprit funk originel de la Nouvelle-Orléans

    Eddie Bo est décédé d’une attaque quartier la semaine dernière à l’âge de 79 ans. Né Edwin Bocage, il a été une des figures musicales influentes de la Nouvelle-Orléans aux côtés des Neville Brothers, Dr John ou ou Fats Domino. Son premier single sortait chez Ace Records en 1955 et connaîtra son premier succès six en plus tard avec Check Mr Popeye. Cela marquait le début d’une carrière extrêmement prolifique de plus de cinquante ans, Bo est souvent considéré comme l’inventeur du funk.

    Depuis cette période, Bo a travaillé pour plus de quarante labels différents et deviendra une sorte de gourou en incarnant le groove funky qui baignait la ville tout au long des années 60 et 70. Selon lui, la Nouvelle-Orléans qu”constituait l’épicentre d’une énergie mystérieuse qui guide la création musicale” et il restera durant toute sa vie un ambassadeur privilégié. Plus récemment, il collaborait régulièrement avec The Dirty Dozen Brass Band.

    Déjà largement plébiscités à l’époque de la Northern Soul, de nombreux morceaux d’Eddie Bo, tel que Check Your Bucket ou Hook & Sling, seront réactualisés en Europe au début des années nonante grâces aux scènes rare groove et acid jazz. Certains de ses morceaux avaient récemment été réédités sur les compilations “New Orleans Funk” et “Saturday Night Fish Fry” (Soul Jazz). Malgré cette reconnaissance tardive, Eddie Bo a toujours trainer la réputation du génie dont l’oeuvre avait été curieusement sous-estimée par l’industrie musicale.

    Eddie Bo, Live au Divan du Monde (2007)

    Eddie Bo, Check Your Bucket

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    Art: Francis Baudevin, entre son et vision


    Francis Baudevin poursuit ses investigations sur l’objet disque

    La démarche de Francis Baudevin a toujours été étroitement liée au domaine musical. Mélomane passionné, il s’est constitué au fil du temps une large collection de disques et la musique l’accompagne au quotidien. Depuis de nombreuses années, en compagnie d’Emmanuel Grandjean, il propose dans Vibrations des éclairages originaux sur les liens entre images et musique à travers la rubrique “un disque par sa pochette”. Il propose également une sélection mensuelle pour la Listening Gallery.

    Dans le cadre de l’exposition “Earthbound”, en parallèle au Cully Jazz Festival, il présente une série inédite de photographies qui mettent en scène l’objet disque, sa pochette et son intérieur. Il obtient un nouveau cadrage de l’image imprimée de la pochette, en utilisant la perforation du papier de protection du vinyle comme un chablon, focalisant ainsi le centre de l’image.

    EXPOSITION

    • 27.03.09 au 04.04.09 Galerie Davel/ Cully (15h - 23h)

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    Jazz: Carlos Niño, les étoffes solaires


    Niño poursuit ses escapades cosmiques avec l’aide de quelques amis

    Producteur, DJ, compositeur, musicien, écrivain, arrangeur, Carlos Niño fait preuve d’une boulimie proactive lorsqu’il s’agit de produire des vibrations musicales. Personnalité incontournable de la scène jazz expérimentale de Los Angeles, il est à l’origine notamment de projets tels que AmmonContact, Living Room ou Build an Ark et collabore fréquemment avec Dwight Trible, Deadelus ou Madlib. Il présente également le show radiophonique hebdomadaire Spaceways sur KPFK, dont l’une des sessions “special 1968″ est proposée en téléchargement ci-dessous.

    Son nouvel album “High With A Little Help From” lui permet d’organiser une synthèse originale de ces différents projets. En effet, l’album est en grande partie composé de samples enregistrés lors de sessions live. Tel un chiffonnier, Niño a recomposé à partir de ses rebuts une collection d’ambiances vaporeuses d’une surprenante homogénéité. Ces collages sont habités par les aspirations cosmiques de Sun Ra, entrecoupés quelquefois par l’éveil lointain de percussions africaines hypnotiques.

    À noter que le label prospecteur Kindred Spirits vient également de sortir “When Planets Explode” de Dorian Concept, ainsi que le premier album de HEAVy, le projet nu soul de Nicky Guiland et Casey Benjamin qui a ouvert pour quelques dates lors de la tournée européenne de Q-Tip.

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    ALBUM

    • Carlos Niño & Friends, “High With A Little Help From” (Kindred Spirits) Cat. No: KS 027 CD/LP Release date: 12th March 2009

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    » VOIR LA TRACKLIST “MY FAVORITE MUSIC FROM 1968″

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    Reggae: Jahdan Blakkamoore, l’hymne de Brooklyn


    Un mix du MC new yorkais en download

    Évoluant dans la même galaxie que DJ Rupture, le trio Noble Society et les soirées de Dutty Goodz, Jahdan affiche également un penchant marqué pour les basses cosmopolites explosives. Chef de file des dernières déclinaisons reggaeisantes de Brooklyn, le MC s’était déjà fait remarquer grâce à son EP “We Are Raiders” dans lequel il rehaussait sa fibre roots de cadences empruntées à la Cumbia ou au Dubstep. On le retrouve notamment dans le titre “Brooklyn Anthem”, qui représente bien l’incorporation du dubstep dans les productions urban new yorkaise.

    Autant d’influences que l’on retrouve dans ce mix réalisé pour XL8R. Associé au DJ et producteur Matt Shadetek, Jahdan propose un enchaînement hétéroclite qui donne une bonne idée des diverses orientations adoptées actuellement par le New York tropical.

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    Brooklyn Anthem, Jahdan & 77Klash (Craziest Riddim)

    » VOIR LA TRACKLIST

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    World: Kasaï Allstars, visa délivré


    Le groupe Congolais peut enfin faire sa tournée européenne

    Il ne fait pas toujours bon être originaires d’Afrique lorsqu’il s’agit de venir se produire en Europe. On se souvient des déboires rencontrés par de nombreux groupes qui, ces dernières années, se sont heurtés à des décisions discriminatoires toujours plus flagrantes pour obtenir leurs visas.

    Les Kasaï Allstars, tout comme Konono N°1, en ont fait les frais en étant contraints d’annuler l’intégralité de leur tournée européenne l’été passé. Une situation abusive qui, outre de contrecarrer les activités des organisateurs, à priver de nombreux artistes d’une source de revenu essentielle pour la poursuite de leurs activités.

    Porte-paroles de la diversité culturelle dans leur pays, ce groupe formé autour Hubert Mputu rassemble une vingt-cinq musiciens provenant de la province multiethnique du Kasaï. Une région au centre de la République démocratique du Congo qui souffre de pauvreté endémique malgré les nombreuses concessions diamantifères.

    Inspiré par les musiques rituelles traditionnelles, le Kasaï Allstars propose une musique polyrythmiques amplifiée à l’énergie brute. Leur premier album, “In the 7th moon, the chief turned into a swimming fish and ate the head of his enemy by magic” (2008), a constitué une véritable révélation.

    Kasai Allstars, MPofu

    Kasai Allstars Session d’enregistrement de l’album “In the 7th moon, the chief turned into a swimming fish and ate the head of his enemy by magic” (2008)

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    CONCERTS

    • 19.03.09 AGEN - LE FLORIDA

    • 20.03.09 MASSY - CENTRE CULTUREL PAUL BAILLIART

    • 21.03.09 AULNAY SOUS BOIS - LE CAP

    • 22.03.09 CARHAIX - ESPACE GLEN MOR

    • 24.03.09 BOURGES - MAISON DE LA CULTURE

    • 25.03.09 TOURCOING - LE GRAND MIX

    • 26.03.09 AMIENS - FESTIVAL DU TEMPS DU JAZZ

    • 27.03.09 AMIENS - FESTIVAL DU TEMPS DU JAZZ

    • 28.03.09 AMIENS - FESTIVAL DU TEMPS DU JAZZ

    • 30.03.09 BREST - LE QUARTZ

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    Expériences: Kutiman, Jams dans le cyberspace


    Le jeune producteur joue le chef d’orchestre du XXIe siècle

    Tout le monde le sait, YouTube a permis à toutes les sensibilités musicales, de toutes les contrées, de s’offrir une petite lucarne pour exprimer leurs talents au reste du monde. Le résultat prend la forme d’un univers exagérément détonant. Sans surprise cette explosion visiophonique devait rapidement faire le bonheur des bidouilleurs de toutes sortes en mal de matériel brute.

    L’expérience élémentaire du bootleg s’est largement démocratisée grâce à certains sites spécialisés dans le brassage. C’est par exemple le cas de TubeDubber qui permet à quiconque de faire des juxtapositions entre sons et images. Un manière de s’essayer à l’art d’un Christian Marclay qui, dans “UP and OUT“, superposait les sons de “Blow Out” de de Palma avec les images du “Blow Up” d’Antonioni.

    Dans un registre un peu plus élaboré, et surtout caustique, l’artiste multimédia Oliver Laric interroge le satut des fans en présentant différents épigones de 50 Cent qui s’essaient à l’art du vidéo-clip sur In Da Club. On lui doit aussi une série cette série de duos improbables dans lesquels claviers et vocaux sont superposés pour interpréter des chansons de Stevie Wonder.

    Dans le domaine, la palme revient certainement à Kutiman, de son vrai nom Ophir Kutiel, qui nous livre des remixes assez bluffants composés exclusivement à partir des parties sonores, et visuelles, extraites de YouTube. Son site Thru You recèle ainsi d’une dizaine de morceaux à travers lesquels il parvient à créer ces rencontres improbables entre des musiciens disséminés dans le cyberspace. Un lien permet de voir également les morceaux originaux sur le net. Très instructif.

    Kutiman, qui jusqu’ici était surtout connu pour son groupe de funk teinté d’afrobeat, démontre une étonnante maîtrise. Son projet se démarque également par l’efficacité de sa promotion virale. Après les trois mois de travail nécessaires pour produire les sept morceaux, seuls une vingtaine de mails ont été envoyés pour annoncer leur mise en ligne. Une semaine plus tard, apparemment grâce à Twitter, le site comptait plus d’un million de visites et le phénomène ne cesse de s’accroître. Il ne fait aucun que Kutiman pourrait bien devenir le prochain “Danger Mouse” à s’imposer dans l’art du bootleg via Internet.

    Récemment, YouTube UK annonçait qu’il allait cesser de diffuser des musiques sous copyright. Une situation qui risque de s’étendre et qui marque un tournant significatif dans la bataille entre les plateformes de partage et droits d’auteurs. Ces bootlegs dessineraient-ils l’avenir de la musique sur YouTube?

    SITE

    Kutiman, “Just a Lady”

    Kutiman, “Mother of All Funk Chords”

    Oliver Laric, 5050

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    Jazz: Imperial Tiger Orchestra, des faux faussaires


    Illustration: Benoît Guillaume

    Deux morceaux des tigres impériaux en écoute

    Même s’il existe une région en Éthiopie du nom de Tigré, les genevois de Imperial Tiger Orchestra clarifient d’emblée tout quiproquo, il n’y a pas de tigre en Afrique. “Nous nous sentons un peu comme des faussaires puisque nous ne sommes pas du tout Éthiopiens, nous sommes donc un peu comme des tigres. De plus, il y a aussi cette phrase dans un film des Monthy Python qui dit “No tiger in Africa”.

    A l’heure où les compilations déferlent de toutes parts pour exhumer l’héritage musical éthiopiens, ces talentueux faussaires proposent des contrefaçons originales grâce à leurs reprises finement ciselées de thèmes de Getatchew Mekurya, Mulatu Astaqe ou de Mahmoud Ahmed.

    Après avoir déjà partagé l’affiche avec des groupes tels que The Ex ou Tinariwen, l’Imperial Tiger Orchestra a récemment été invité à se produire dans le cadre du Festival des Musiques éthiopiennes, qui se déroulera du 15 au 24 mai 2009, à Addis-Abeba. Qui a dit qu’il n’y avait pas de tigre en Afrique ?

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    • Imperial Tiger Orchestra, Djemeregne

    • Imperial Tiger Orchestra, Bati

    Imperial Tiger Orchestra, Aynotche Terabu/Tezeta

    CONCERTS

    • 21.03.09 Le Bourg / Lausanne

    • 17.04.09 La Meson / Marseille

    • 18.04.09 Le Paradox / + Marabout Fonk System / Marseille

    • 06.06.09 Festival Mai au Parc / Genève

    SITES

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    Jazz: Soil & “Pimp” Sessions, une énergie débridée


    Le sextet déjanté continue à promouvoir son Death Jazz

    Les membres de Soil & “Pimp” Sessions se sont rencontrés au début de la décennie autour de Tabu Zombie, un DJ de Tokyo qui avait l’habitude de s’entourer de musiciens pour l’accompagner lors de ses sets. Avec leur présence scénique explosive et leur jazz déjanté, le groupe acquiert progressivement plus de succès que le DJ et cristallisent leur association en 2005 dans un premier album intitulé “Pimp Master”.

    Soil & “Pimp” Sessions c’est un peu Bootsy Collins, Rahsaan Roland Kirk et Roger Rabbit se retrouvant pour faire des jams dans un accélérateur de particules. Le résultat se décline dans une fusion de jazz anarcho-punk que leur mentor Gilles Peterson, qui est intarissable lorsqu’il s’agit d’être élogieux à leur propos, a surnommé death jazz. Selon lui, “Miles Davis avait raison de dire que le jazz était mort. Cependant Soil & “Pimp” Sessions l’a ressuscité et ils s’apprêtent à déverser ce death jazz de part le monde”.

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    Leur dernier single intitulé SATSURIKU Rejects est téléchargeable ici.

    SITES

    Soil & “Pimp” Sessions, Storm, “Planet Pimp” (Brownswood Records)

    Soil & “Pimp” Sessions, Crush

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    House: DJ Clock, l’Afrique du Sud à l’heure house


    Une mixtape d’un DJ berlinois présente un aperçu de la scène house sud-africaine

    Après avoir exploré quelques déclinaisons contemporaines du hip-hop et du dancehall à travers le monde (mix 1), puis présenté l’influence des structures rythmiques africaines et latines (mix 2), le dernier mixe de la série NGoma continue d’examiner les nouveaux contours de la world music contours de la

    Avec cette nouvelle mouture, le DJ berlinois Zhao se plonge dans l’actualité de la scène house sud-africaine et des pays voisins. Black Coffee, Ossie ou Manya perpétuent l’héritage syncopé du kwaito funk avec cette palette de productions caractérisées par des rythmes “drums”, entrecoupés de poussées acidifées, largement popularisés par DJ Mujava.

    A ce titre, DJ Clock présente un profil passablement similaire. Issu d’un township de Durban, son premier album “The First Tick”, disponible uniquement en format mp3, ravive immanquablement l’univers synthétique de la house originelle.

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    DJ Clock, Dusk’n Dawn

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    Reggae: David Rodigan, le réél authentique


    Sir Rodigan offre une nouvelle sélection de reggae authenthique

    Après avoir abandonné ses études d’économie, le jeune David Rodigan se destinait à devenir comédien. Toutefois, c’est finalement grâce à sa passion pour le reggae qu’il est dévenu un des sélecteurs les plus atypiques du reggae. Lorsqu’on voit ce sexagénaire “so british” s’agiter comme un damné sur les morceaux qu’il joue, il ne fait aucun doute que Sir Rodigan a su se construire avec brio une place à part.

    Une réputation construite également en grande partie grâce à sa collection légendaire de dublates, de ses sets fougueux et des programmes radiophoniques qu’il dispense depuis la fin des années 70. A partir des années 90, c’est surtout en matière de sound clash que Rodigan a pu imposer ses sélections aux quatre coins du monde. Avec “Real Authentic Reggae Volume 2″, il propose une sélection de morceaux qui nous plongent au coeur du reggae roots d’hier et d’aujourd’hui.

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    ALBUM

    • Real Authentic Reggae Vol.2 (Compiled By David Rodigan), (BBE), sortie le 31.03.09

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    Folk: Sophie Hunger, une force irrésistible


    Avec la sortie de son “premier” album, Sophie Hunger poursuit sereinement son cheminement

    Plébiscitée comme peu d’artistes autochtones l’avaient été avant elle, l’engouement suscité par la chanteuse zurichoise ne cesse de s’étendre. Avec “Monday’s Ghost”, Sophie Hunger confirmait le début d’une carrière aux attraits irrésistibles. Depuis quelques mois, Sophie Hunger profite en effet d’un aptitude à captiver les personnes qui croisent fortuitement son chemin.

    Le charme de sa voix opérait déjà sur “Sketches on Sea”, une première collection de morceaux autoproduits qui a rapidement séduit les oreilles averties. Ensuite, c’est surtout sa présence magnétique lors de ses différentes prestations en première partie de Stefan Eicher, de Camille ou des Young Gods qui ont séduit un public pris au dépourvu. Il ne fait nul doute que sa “résidence” à la Boule Noire, du 23 au 28 mars risque bien d’amplifier ce talent endémique.

    SITE

    Sophie Hunger,Blues

    Sophie Hunger, Ne me quitte pas (Concerts à Emporter)

    CONCERTS

    • 19.02.09 Bierhübeli / Berne

    • 20.02.09 Volkshaus / Bâle

    • 23.03.09 La Boule Noire / Paris

    • 24.03.09 La Boule Noire / Paris

    • 25.03.09 La Boule Noire / Paris

    • 26.03.09 La Boule Noire / Paris

    • 27.03.09 La Boule Noire / Paris

    • 28.03.09 La Boule Noire / Paris

    • 30.03.09 Cully Jazz / Cully

    • 06.05.09 La Luciole / Alençon

    • 07.05.09 L’EMB Sannois

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    Vidéo: Tim & Barry TV, Don’t watch that!


    Tim & Barry offrent une TV de proximité à la scène grime

    Tim & Barry est un duo de réalisateurs anglais qui proposent une web TV truffée de petites clips qui privilégient la simplicité et pas mal d’humour grinçant, comme en témoigne cette reprise de “Wearing My Rolex” mettant en scène Paul McCartney et son ex-épouse Heather Mills.

    Toutefois, leur terrain de prédilection reste la scène grime que les deux titis couvrent depuis de nombreuses années. Une bonne manière de promouvoir cette scène très peu médiatisée, à travers des petites réalisations qui retranscrivent la spontanéité brute et le caractère résolument DIY qui la caractérisent.

    A titre d’exemple, trois vidéos produites par le duo loufoque dans lesquelles on retrouve, d’une part, Tempz et JME qui immortalisent l’ambiance folâtre provoquée par les chutes de neige de la semaine dernière. Dans l’autre, c’est Tinchy Stryder qui donne la réplique à Gang Gang Dance sur leur morceau Princes. That’s all folks!

    Gang Gang Dance feat. Tinchy Stryder, Princes, “Saint Dymphna” (2008)

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    Electro: Dan Deacon, messe pour le temps présent

    Entre raves purgatives et electronica éclairée, ses rythmes balancent

    Entre compositions électroacoustiques savantes et rengaines festives pour préadolescents écervelés, Dan Deacon paître avec une désinvolture admirable dans le vaste champ des musiques électroniques. Look de nerd, compositeur prolixe et performer exceptionnel, ce natif de Baltimore n’a pas tardé à générer un véritable culte autour lui. Même si ces compositions aspirent à une quiétude expérimentale, ses concerts s’apparentent plus à des performances artistiques et sont réputés pour provoquer une frénésie rare au sein du public.

    Une amie présente lors d’un concert à Brooklyn en décembre dernier, en compagnie des Dirty Projectors et de So Percussion, décrivait ainsi cette expérience singulière: “Muni de son micro, il manipule avec dextérité le bric-à-brac d’appareils et d’instruments électroniques avec lesquels il travaille. Posté au milieu d’une foule déjà conquise, il se transforme en grand ordonateur, en chorégraphe de spectateurs-acteurs qui se laissent totalement prendre à son jeu en se déplaçant au grès de ses indications. Des vêtements, trempés de sueur, volent au dessus des têtes. Le public hurle, tape des mains, se lance dans un pogo endiablé, se déplace de gauche à droite ou d’avant en arrière. Une nuée de mains se lèvent à l’unisson et toutes ces chorégraphies chaotiques s’achèvent par une sorte de gigue formidable. On ne sait plus s’il s’agit d’un concert ou d’une messe païenne, le résultat est ahurissant! Dan Deacon orchestre avec humour les chorégraphies et les musiciens qui l’accompagnent.”

    Pour les agoraphobes, il est toujours possible de se replier sur les nombreux titres que Deacon met à disposition sur son site.

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    ALBUM

    • Dan Deacon, “Bromst” (carpark) sortie le 24 mars

    Dan Deacon, Crystal Cat (Pitchfork Music Festival 2007)

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    Electro: Filastine, Black Block System


    Deux mixes de Filastine à télécharger

    Qu’il s’agisse d’une manif Anti-G8 à Seattle, d’un concert chez des zappatistes à Mexico ou dans une performance digne de KLF, Filastine parcourt le monde et semble être sur tous les fronts. Porte-voix de causes sonores dissidentes s’exprimant aussi bien en anglais, en japonais ou en arabe, ses compositions brutes recouvrent un spectre large de sensibilités altermondialistes déterminées.

    Après “Burn It”, un album convaincant sorti il y a deux ans, Filastine revient déployer son militantisme avec un “Dirty Bomb” explosif. Un cocktail de collages hétérogènes, entre dubstep et réminiscences industrielles, qui brossent un portrait post-exotique des musiques du monde tout en pointant les fondements d’un universalisme musical.

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    Filastine (live à Ninkasi Kao, février 2008)

    CONCERTS

    10.02.09 Olympic / Nantes

    11.02.09 La Laiterie / Strasbourg

    13.02.09 Fleury Goutte d’or / Paris

    14.02.09 Run ar Puns / Chateaulin

    22.02.09 La Plateforme / Lyon

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    Soul: Theophilus London, le polyglotte des styles


    Photo: Daniel Warrington

    Theophilus London se présente comme l’un des chefs de fil de la new school américaine

    Même s’il puise largement dans l’esthétique des eighties, Theophilus London se distingue par une manière assez exceptionnelle de maîtriser plusieurs langages artistiques. Le chanteur de Brooklyn s’explique sur cette facilité: “À travers mes années d’apprentissage et de recherche, j’ai étudié les techniques du hip-hop, du post punk, de l’indus, de l’électro, etc.. Ainsi que des disciplines qui ne sont pas directement liées à la musique. Tout ceci s’intègre dans ma démarche qui découle de cette combinaison de musiques et d’art”.

    Cet attrait arty pour les multitudes n’est pas surprenant lorsqu’on sait que London se distingue entre autre par sa vaste collection de casquettes. Toutefois, pour parer à toute ambiguïté il s’en tient à une description très simple pour parler de sa musique: “C’est de la soul!… Existe-t-il quelque chose de meilleur?”. On lui doit une excellente reprise de Sabali d’Amadou et Mariam et sa dernière mixtape intitulée “This Charming Mixtape” vient de sortir. A vous de juger!

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    SITE

    Theophilus London, TNT

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    Club: Dubstep, vous avez dit Funky?


    Le funky est l’une des mutations entamée par la scène dubstep

    Un changement significatif s’est produit l’an passé dans la scène dubstep qui a progressivement évolué vers une sorte d’amalgame entre le UK Garage et la Chicago House dopé aux rythmes tropicaux, plus particulièrement la soca. Il y a seulement une année, cette variation dansante du dubstep, popularisé avec le remix de Do You Mind par DJ Paleface, suscitait l’ironie des amateurs de son lourd.

    Cette situation n’a cependant pas duré très longtemps puisque le funky, également dénommé 4/4 ou funky house, n’a pas tardé à faire des émules auprès des représentants les plus emblématiques de la scène club anglaise. C’est le cas notamment de l’incontournable radio Rinse FM qui propose un show animé par Marcus Nasty et Mak 10. Il en va de même pour de nombreux producteurs tels que Kode9 qui mixe régulièrement dans les soirées Beyond et a produit des morceaux funky sous le pseudonyme de Frankee Solar.

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    Do You Mind,DJ Paleface ft. Kyla

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    Classique: Marian Anderson, l’autre commémoration


    Il y a 70 ans, la chanteuse afro-américaine marquait l’histoire

    Barack Obama a donné hier le coup d’envoi des festivités liées à son investiture. Des centaines de milliers de personnes se sont pressées devant le Lincoln Memorial. Un lieu hautement symbolique pour la cause afro-américaine puisque c’est là que Martin Luther King, le 28 août 1963, prononçait son discours légendaire “I have a dream”. Cependant un autre événement musical tout aussi capital se déroula exactement au même endroit, il y a 70 ans à quelques jour près.

    En effet, un dimanche de Pâques 1939, la cantatrice Marian Anderson se produisait lors d’un concert exceptionnel sur les marches du même bâtiment. Quelque temps auparavant les Filles de la Révolution Américaine avaient fait pression afin d’interdire son concert dans la salle du Constitution Hall de Washington pour l’unique raison qu’elle était noire. Une autre performance agendée à Columbia dans une école publique blanche avait également été annulée sous le même prétexte.

    Des personnalités influentes, dont l’épouse du Président Roosevelt, persuadèrent le ministre de l’Intérieur de l’époque d’organiser un concert en guise de soutien. L’événement, qui faisait l’objet d’une retransmission radiophonique, attira plus de 75′000 spectateurs et il constitue un moment crucial dans les débats sur les discriminations raciales aux Etat-Unis.

    Marian Anderson avait débuté en 1926 au New York Philharmonic et a toujours bénéficié d’une très grande renommée tout au long de sa carrière. Le chef d’orchestre Arturo Toscanini avait notamment déclaré à son propos qu’elle possédait une voix “comme on en entend qu’une seule fois en cent ans”. Marian Anderson est décédée le 8 avril 1993 à l’âge de 96 ans.

    Marian Anderson, Lincoln Memorial, 1939.

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    Hip-hop: KiD CuDi, A kid named Cudi


    Une année prometteuse pour le protégé de Kanye West

    Scott Mescudi, plus connu dans le milieu sous le blase de Kid Cudi, est un rapper de 23 ans originaire de Cleveland. Représentant de la nouvelle vague du rap conscient, il s’est surtout distingué en devenant l’un des protégés de Kanye West qui, en plus de l’inviter en première partie de ses tournées et sur ses albums, l’a récemment signé sur son label GOOD Music.

    Avec le single Day’N'Nite, qui convoie le hip-hop du côté du rock et de l’electronica, le Kid s’inscrit d’ailleurs dans la droite ligne crossover ouverte pour son mentor. Ancien étudiant en cinéma, son goût pour l’image se retrouve dans des textes remplis de descriptions très figurées. Son premier album, “Man on the Moon”, doit sortir dans le courant de l’année mais une mixtape produite l’an passée est déjà disponible.

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    Kid Cudi Day and Night

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    Live: Animal Collective, un concert tripal


    Animal Collective vernissait la sortie de “Merriweather Post Pavilion” hier soir à Londres (Koko, 12.01.09)

    2009 restera sans conteste une période charnière dans la biographie d’Animal Collective. Quelquefois comparés aux Beach Boys, les commentaires élogieux ne cessent de pleuvoir au point de prendre des tournures plutôt inattendues. Comme par exemple l’annonce faite, deux mois avant sa sortie, que leur dernier album pouvait d’ores et déjà être qualifié de disque de l’année 2009. Après un tel engouement, on comprend que le concert londonien, agendé le jour du lancement officiel de “Merriweather Post Pavilion”, avait des attraits commémoratifs.

    Les trois musiciens entament d’ailleurs leur concert avec les flux et reflux de “In The Flowers”, le premier morceau de l’album. Des projections op’art tapissent le fond de la scène, les colonnes de LED commencent leurs saccades stroboscopiques. Le dispositif sonore et visuel est planté et, emportés par un essaim de nappes mélodiques, on ne tarde pas à flotter dans le royaume de Psychedelia. A savoir un univers bruitiste composé de couches épaisses et intenses, continuellement traversé par des mélodies finement ciselées ou par les chants quasi liturgiques de Panda Bear et de Avey Tare. La lampe frontale rivée, Geologist reste quant à lui pleinement concentré sur ces consoles. Ensembles, ils produisent ce déferlement kaléidoscopique, ce chaos fractal à partir duquel de dessinent un fourmillement de formes et d’harmonies.

    Une fois n’est pas coutume, ce concert n’intégrait qu’un seul morceau inédit (probablement dénommé Blue Sky). En effet, pour cette tournée, le groupe a décidé de jouer à parts égales des titres anciens avec ceux issus du dernier album. Slippi, Peacebone ou My Girls, les morceaux s’enchaînent les uns aux autres comme les parties indissociables d’une longue procession. Une formule qui atteint son climax avec Brother Sport, une samba chimérique qui transporte (enfin) toute la salle aux frontières de la transe. Au terme de cette odyssée proprement “tripale”, il ne fait aucun doute qu’Animal Collective, au sommet de son art, consolide son statut de groupe pop phénoménal.

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    CONCERT

    • 16.01.09 Bataclan / Paris

    ALBUM

    • Animal Collective, “Merriweather Post Pavilion” (Domino)

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    Club: Toddla T, Sheffield is still calling


    Le nouvelle vague électronique de Sheffield est arrivée, un mix de Toddla T à télécharger

    Depuis quelque temps, la ville de Sheffield se taille une place à part dans la scène musicale anglaise. Ce lieu, qui a été épargné par les logiques de gentrification de ces dernières années, s’est déjà distingué pour avoir généré quelques balises pop depuis les eighties. Human League, Cabaret Voltaire, Pulp, Add N to X ou Moloko ont déjà pu accroché leurs noms sur le Wall of Fame local, mais c’est surtout le label Warp qui a associé le destin de Sheffield à l’évolution des musiques électroniques.

    Par un concours de circonstances Toddla T, l’un des porte-voix les plus représentatifs de la nouvelle génération, a d’ailleurs grandi dans la même rue que Rob Gordon. Un des fondateurs du “label de Sheffield”. Toutefois, c’est plutôt dans une réactualisation du dancehall et du UK Garage que s’inscrivent les influences du jeune DJ qui s’est notamment fait remarqué grâce à sa mixtape “Ghettoblaster”.

    Outre une bonne dose d’humour, Toddla T se distingue également pour ses incursions dans l’univers des la gastronomie. On retrouve ainsi sa patte de chef derrière les tribulations du vendeur de glace lubrique interprété par Roots Manuva dans Buff Nuff ou dans cette collaboration avec Mr Versatile dans laquelle il est plutôt question de fish & chips.

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    CONCERT

    • 15.01.09 Social Club / Paris

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    Punk rock: A Certain Ratio, un certain temps


    Le groupe de Manchester ressort un album qui coïncide avec le 30e anniversaire du label Factory Records

    Issu directement de la mouvance punk rock, A Certain Ratio s’est rapidement singularisé par une approche très influencée par le funk, disco et expérimentations. Une orientation qui incitera le groupe à intégrer très rapidement l’émergence de la house music. Bien que le groupe a toujours bénéficié d’une certaine actualité grâce à des rééditions et des compilations, la sortie récente de leur dixième album “Mind Made Up” marque le retour de ce groupe influent.

    Aux côtés des Joy Division, Durutti Column et les Happy Mondays, A Certain Ration fait partie des pionniers de la prolifiique scène de Manchester des années 80 et reste surtout le premier groupe à avoir sorti un disque sur Factory Records. Le 45 tours d’All Night Party date de mai 1979 et auparavant seules quelques cassettes de Joy Division avaient été éditées.

    Pour marquer ce 30e anniversaire, un coffret de 4 CD’s intitulé “Communications (1978-92)” dans lequel on retrouve tous les groupes qui ont marqués l’histoire du label de Tony Wilson.

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    Découvrez A Certain Ratio!


    - A Certain Ratio “Shack Up”

    SITES

    ALBUM

    • A Certain Ration, “Mind Made Up” (Le Son du Maquis)

    • Factory Records “Communications (1978-92)” (Rhino, sortie le 12 janvier)

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    Punk rock: Ebony Bones, la virevolte d’une starlette

    Ebony Bones continue de faire parler d’elle sans pour autant avoir sorti son premier album.

    Après un début des débuts remarqués en tant qu’actrice dans des séries télévisées britanniques, Ebony Thomas réoriente radicalement sa carrière en 2005 en entamant une carrière de chanteuse sous le pseudonyme de Ebony Bones.

    Elle parvient rapidement à s’affranchir de son rôle de starlette en imposant une exubérance iconoclaste. Même si son style bigarré et ses compositions punk tribalisantes ont d’emblée générés des associations avec M.I.A, Miss Bones se situe plutôt du côté de Grace Jones, des Funkadelic et du punk rock.

    Cette Beyoncé trash revendique d’ailleurs clairement cette filiation. Elle s’est d’abord associée à Rat Scabies, l’ancien batteur de The Damned, pour s’occuper des arrangements et de la production. Ensuite, elle a pu affirmé son penchant punkoïde en débutant sur scène en première partie de The Slits. Même si sa performance enfiévrée lors des 30e Transmusicales confirme ses prédispositions pour le live, son premier album ne semble toujours pas être sur le point de sortir.

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    CONCERT

    • 12.04.09 Festival Electron / Genève

    • Ebony Bones, Don’t Fart On My Heart

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    Afrobeat: Amayo, un rythme cosmopolite

    Le chanteur d’Antibalas se produira à Paris pour trois concerts avec le Fu Arkist Ra

    Amayo, le chanteur d’Antibalas, donnera une série de concerts accompagnée par le Fu Arkist Ra. Le groupe dans lequel officient notamment Oghene Kologbo et Mambo Stixs qui sont, respectivement, l’ancien guitariste et l’ancien batteur de Fela Kuti.

    Avec ce projet, Amayo vise à synthétiser les deux passions qui occupent sa vie, à savoir la musique et le kung-fu. Il propose ainsi une approche syncrétique dans laquelle la danse, les arts martiaux et l’afrobeat se rejoignent pour former cette philosophie transcontinentale qu’il dénomme Fu-Arkist-Ra.

    À propos de cette fusion, il déclare dans une interview sur altemusica “J’essaie de mettre sur scène les ingrédients d’une nuit de Kungfu réussie : du mouvement, de la danse, des rythmes, il y a également des petites parties qui racontent des histoires de Kungfu. Et puis j’utilise aussi ces mélodies particulières, qui sont Yoruba, j’essaie de montrer leurs similarités avec les mélodies asiatiques et de démontrer que nous partageons tous la même histoire, en tant qu’êtres humains…”. Amayo vient également de participer à une compilation de rap nigérian produite par Mark Ronson.

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    CONCERTS

    • 09.12.08 Alimentation Générale / Paris + Malo Kélé

    • 10.12.08 Scène Bastille / Paris + Doctor L & F Biyong

    • 12.12.08 Dame de Canton / Paris + Dj Ness



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    Hip-hop: Roxanne Shante, la revanche des Fly Girls

    PHOTO: Jespers Kouboelling

    Soul Jazz propose une anthologie du hip-hop au féminin

    Entre credos misogynes et mentalité belliqueuse, il a fallu une bonne dose de volonté et d’intelligence aux femmes MC qui sont parvenues à imposer leurs voix dans l’univers du hip-hop. De Nikki Giovanni en 1969 à Missy Elliot, en passant par Queen Latifah ou Camille Yarborough, “Fly Girls!…” retrace une évolution large du hip-hop féminin en compilant une sorte d’anthologie qui s’étale sur près de quarante ans et qui, dans certains cas, ne se s’épargne pas de tailler les hommes en pièces.

    On y retrouve également l’incontournable Roxanne Shante, dont la trajectoire est plutôt étonnante. En effet, elle débute sa carrière à l’âge de 14 ans après avoir été repérée par le producteur Marley Marl. Par la suite, elle enregistrera de nombreux titres avec le Juice Crew, deux albums solo, “Bad Sister” (1989) et “The Bitch Is Back” (1992), et fera une apparition remarquée sur le “Loosey’s Rap” de Rick James.

    Malgré un avenir prometteur en tant que chanteuse, elle décide à 25 ans de mettre un terme à sa carrière pour entamer des études en psychologie. Elle parvient à obtenir un arrangement avec sa maison de disque qui accepte de lui financer sa formation contre des apparences occasionnelles et le soutien des jeunes rappeuses du label. Roxanne Shante a ainsi pu obtenir un doctorat en psychologie et a ouvrir son propre cabinet dans le Queens.

    ALBUM

    • “Fly Girls! B-Boys Beware : Revenge of The Super Female Rappers!” (Soul Jazz Records), Sortie le 26.01.09

    Roxanne Shante, Roxanne’s Revenge

    Camille Yarborough, Take Yo’ Praise

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    Folk: Odetta, une voix du siècle

    Quelques jours après Miriam Makeba, une autre grande dame s’éteint

    Odetta, dont la voix puissante a constitué une des références majeures de la scène folk américaine, est décédée à Manhattan mardi dernier. Elle était âgée de 77 ans.

    Odetta débuta sa carrière à l’âge de 14 ans au sein de la troupe de marionnettes Turnabout Puppet Theatre, avant de rejoindre en 1949 la comédie musicale Finian’s Rainbow. A partir du début des années 50, elle se lance en solo, largement inspirée par le negro spiritual et le blues. Son premier album “Odetta Sings Ballads and Blues” sort en 1956, il est rapidement suivi par “At the Gate of Horn (1957). Plus tard, “Odetta Sings Folk Songs” (1963) deviendra un album emblématique du revival folk. Bob Dylan Joan Baez ou Janis Joplin, toute une génération de chanteurs a un jour ou l’autre avoué l’influence prépondérante d’Odetta dans leur carrière.

    Surnommée “The Voice of the Civil Rights Movement”, Odetta devint un personnage emblématique du mouvement des Droits civiques, en particulier lors des différentes marches organisées pour mettre un terme aux discriminations raciales. Elle a ainsi toujours revendiqué le caractère profondément émancipatoire de ses chansons. “Tu es en train de longer la route de la vie et le pied de la société est posé sur ta gorge. Chaque chemin que tu souhaites prendre, il est impossible de s’en débarrasser. Puis tu arrives à une bifurcation. Là, il est possible de capituler et de mourir ou d’insister au nom de ta vie” avance-t-elle dans une interview où elle revient sur cette période de lutte, “il s’agissait de chansons libératrices”.

    Après l’assassinat de Martin Luther King Jr., sa réputation déclina sensiblement à mesure que le Mouvement des Droits Civiques perdait de son ampleur. Sur le tard, elle aura tout de même eu droit aux distinctions honorifiques les plus prestigieuses aussi bien pour son accomplissement artistique que pour son engagement politique. Malgré les années sa voix de contralto puissante et habitée était restée inchangée. La chanteuse se produisait encore réguliérement sur scène et elle était d’ailleurs agendée au gala d’investiture du Président Obama. Il ne fait aucun doute que l’aura de cette artiste exceptionnelle va résonner pendant cet événement.

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    Pop: Lykke Li, la bonne trajectoire

    La chanteuse présente un show londonien parfaitement maîtrisé

    La Koko était bondé pour la seconde venue de Lykke Li cette année dans cette magnifique salle de l’Est londonien. Un intervalle de quelques mois pendant lesquels la chanteuse suédoise a su affiner une démarche subtilement singulière et un caractère trempé. Agée d’à peine 22 ans, son assurance éclipse tous les clichés qui, de prime abord, auraient pu trop facilement être accolés à sa pop vaporeuse.

    Surgissant telle une Cat Woman qui aurait endossé une parure de diva, elle marque d’emblée sa présence en entamant un Dance Dance Dance persuasif. Dès les premières notes, la chanteuse au charisme indéniable parviendra à maintenir la même intensité jusqu’au terme de sa performance.

    Même si ses pieds évoquent quelquefois la position du chasse-neige, elle glisse dans son show avec aisance, assurant quelques belles surprises aux moments opportuns. A l’instar de ces passages teintés d’afrobeat ou l’arrivée d’un sample de Sound of the Police qui transforme Complaint Department en un medley électrisant. Lykke Li profite de ces envolées pour entamer des chorégraphies qui déclenchent les cris du public.

    Dans un registre plus calme, elle offre également une reprise du After Laughter (Comes Tears) de Wendy Rene qui convainc avec tout autant d’efficacité. Lors des rappels, elle reviendra encore proposer trois morceaux dont, petite fraise sur la charlotte, une interprétation édulcorée du Can I Kick it? de A Tribe Called Quest. Un morceau qu’elle a d’ailleurs récemment pu chanter sur scène en duo avec Q-Tip.

    CONCERT

    • 09.12.08 Le Trabendo / Paris

    SUR VIBRATIONSMUSIC.COM

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    Techno: Frankie Knuckles, comme à la maison

    Un live du DJ légendaire en écoute

    Après avoir débuté sa carrière avec Larry Levan à New York au Continental Baths vers la fin des années 70, c’est principalement du côté de Chicago tout au long des années 80 que Frankie Knuckles consolidera son statut de légende de la club culture. DJ résident au Warehouse de 1977 à 1982, il est fréquemment considéré comme le créateur de la house music.

    Près de trente ans plus tard, rescapé d’une génération de DJ décimée par le sida et les excès, il continue à parcourir le monde pour diffuser un son qui n’en finit pas de renaître. Pour preuve, ce live enregistré cet été au Sonar festival de Barcelone.

    Une occasion également de réécouter le titre Your Love, un hymne de Chicago house qui reste probablement son morceau le plus fameux, même si celui-ci n’a pas été produit par Frankie Knuckles mais par Jamie Principle. Le rôle du DJ a été de promouvoir le titre auprès d’une audience plus large, le véritable producteur ne sera quant à lui jamais crédité.

    SITE

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    VIDEO

    Frankie Knuckles, Your Love (Trax Records)

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    Grime: Les archives d’un son présent

    Skepta dans les studios de Rinse FM

    Le site Grimetapes archive des sessions enregistrées sur diverses radios pirates

    Le grime a constitué une étape importante dans la manière de produire et de diffuser la musique électronique. Sons bruts, flows surexcités, sessions surchauffées, le site Grimetapes permet de revenir sur cette période, pas si lointaine, quand l’intimité et le caractère local des radios pirates étaient privilégiés par rapport à MySpace ou YouTube. Ce site constitue une mine incontournable pour tous les amateurs du genre et une archive exceptionnelle pour saisir l’intensité urbaine de Londres au tournant du millénaire. Pour l’occasion, cet article, initialement publié il y a quatre ans, dresse le tableau d’une scène hypersensible qui, à de rares exceptions près, s’est consumée comme une trainée de poudre lorsqu’elle a été effleurée par le mainstream.

    Par Joël Vacheron

    Bow, East London: Un quartier d’habitation populaire qui constitue l’épicentre d’un séisme musical particulier. Habitant dans les nombreux « estates » de cette zone, les membres de Roll Deep, N.A.S.T.Y, More Fire ou Boyz in da Hood sont autant de superstars embryonnaires du grime. Une appartenance géographique commune centrale dans l’identité de ce courant. Fidèles à une rigoureuse street mentality, les membres de cette scène se revendiquent plus facilement des quartiers, des écoles ou des raves qu’ils ont fréquentés plutôt qu’à leurs origines ethniques ou leur religion.

    Wot do u call it ?

    Avec ce titre interrogateur sorti en 2003 sur XL records, Wiley se moquait des dj’s, journalistes et autres commentateurs qui cherchaient absolument à donner un nom au dernier courant qui secoue la scène underground londonienne. Entre substep, sublow ou eski, c’est finalement l’appellation grime qui s’est imposé pour définir cette dernière mutation du breakbeat et de la drum’n’bass. Un choix largement influencé par le succès des soirées mensuelles du même nom organisées par le label Rephlex d’Aphex Twin. Le grime reflète les nuisances sonores de l’environnement urbain. Sonneries de natel, bruits de playstation, klaxons et sirènes sont juxtaposés pour former un univers low tech dissonant et menaçant.

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    World: Miriam Makeba, Adieu Mama Africa

    La chanteuse quitte la scène lors d’un concert en Italie

    La chanteuse sud-africaine est décédée dimanche soir à l’issue d’un concert à Castel Volturno, une petite ville à quelques kilomètres de Naples. Elle était âgée de 76 ans. Elle avait débuté sa carrière dans les années 50 avec The Skylarks, un groupe qui proposait un mélange original de folk, de jazz et de rythmes issus des townships. Ce style sera par la suite communément dénommé Township Jive.

    Son engagement politique à l’encontre de l’apartheid lui vaudra rapidement d’être dans la mire du gouvernement sud-africain. Au début des années 60, lors d’un retour dans son pays d’origine, elle apprend que sa nationalité lui a été retirée. Une suspension qui durera près de 30 ans. Cette situation ne l’empêchera cependant pas de continuer à mener sa carrière internationale. Notamment en compagnie de son premier mari, Hugh Masekela, avec qui elle partage l’affiche de la comédie musicale “King Kong” qui va lui permettre de se produire dans le monde entier.

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    Interview: Q-Tip, he kicked it !

    En marge de la sortie de son nouvel album, Q-Tip revient sur le tournant historique de la semaine passée dans une interview exclusive, qui sent la friture…

    Tout au long de la phase finale des élections présidentielles, il était difficile de ne pas repenser au refrain de Can I Kick I ?, un des trois singles figurant sur le premier album de A Tribe Called Quest en 1991. Une requête à laquelle les acolytes de Q-Tip répondaient en chœur par un fameux, “Yes, You Can” ! Volontaire ou non, le Yes, We Can de la campagne d’obama a indéniablement participer à raviver cette période old school dans l’esprit de nombreux électeurs.

    L’analogie ne s’arrête pas là puisqu’avec “The Renaissance” le rapper retranscrit de manière exemplaire le vent de confiance et les espoirs qui dopent l’Amérique actuellement. Cette interview prenant place trois jours après les élections, l’occasion était trop belle pour connaître l’opinion de Q-Tip sur le rôle joué par les musiques populaires et sur les processus de redéfinitions identitaires des Afro-Américains. La voix douce et singulièrement nasillarde de Q-Tip se détache des grésillements qui parasitent notre conversation téléphonique…

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    Soul: Alice Russell, l’âge d’or


    Avec son deuxième album, la chanteuse continue d’étaler toute l’étendue de son talent

    Alice Russell a commencé sa carrière de chanteuse à Brighton en incorporant les différentes chorales dirigées par son père, un organiste professionnel. Par la suite, c’est surtout grâce à ses collaborations avec des groupes tels que Quantic Soul Orchestra ou, plus récemment, Mr Scruff qu’elle a su faire apprécier sa voix puissante gorgée de soul.

    Avec ce second intitulé “Pot of Gold”, elle continue à renforcer son statut de diva incontournable de la soul contemporaine. De plus, signe d’une indépendance plutôt salutaire, elle a décidé de lancer son propre label afin de garder le contrôle artistique total sur ses productions.

    Le résultat est convaincant. En effet, même si cet enchaînement de compositions renvoie directement aux r’n'b sixties et seventies, les arrangements du très inspiré TM Juke ne versent pour autant jamais dans le revivalisme nostalgique.

    De la bossa-nova légère de Universe, à la northern soul de Two Steps, en passant par les beats rare groove de Hesitate ou la reprise du Crazy des Gnarls Barkley, on se laisse agréablement surprendre par la qualité de cet album cousu d’or.

    ALBUM

    • Alice Russel, “Pot of Gold” (Little Poppet / Differ-Ant), sortie 17 novembre

    SITES

    CONCERT

    • 27.11.08 Trabendo / Paris

    Alice Russell, Seven Nation Army (extrait du DVD Live in Paris)

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    Electro: Kraftwerk, Virtu Ex Machina


    Un live de Kraftwerk enregistré à Tokyo en 1981 en téléchargement

    Un petit plongeon rétrospectif dans l’electronica originelle avec ce concert de Kraftwerk enregistré en 1981 lors du Virtu Ex Machina Tour , l’année de la sortie leur album “Computer World”.

    Le groupe était alors à son apogée et ce live permet de retrouver la plupart des morceaux qui ont participé à construire la légende.

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    Pop: CSS, Tuda Bom!


    Les Brésiliennes gardent le cap malgré quelques remous

    Après avoir passé plus d’une année en tournée et essuyé quelques problèmes internes, notamment après le départ de leur bassiste Ira Trevisan, les brésiliennes et leur moustachu semblent être repartis de plus belle.

    Réduits à cinq, CSS ne continue pas moins d’enchaîner une électro-pop hédoniste avec la même efficacité. Pour preuve leur single Move qui a cette particularité, quelquefois déplaisante, de ne plus vous lâcher dès la première écoute.

    • CSS, Move, “Donkey” (Sub Pop) Move

    CONCERTS

    • 03/11/08 Rockschool Barbey / Bordeaux

    • 04/11/08 Olympic / Nantes

    • 05/11/08 La Laiterie / Strasbourg

    • 17/11/08 Zénith / Paris

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    World: The Very Best, la meilleure carte de visite


    PHOTO: Goshwin Schwendinger

    En guise d’introduction au projet The Very Best, Radioclit & Esau Mwamwaya nous offrent une mixtape à télécharger

    Cela fait déjà quelque temps que l’on suit la saga du duo franco-suédois Radioclit et du chanteur du Malawi Esau Mwamwaya. La nouveauté c’est que désormais les complices vont opérer sous le nom de The Very Best.

    En attendant la sortie de leur premier album, ils nous font le cadeau de quinze titres qui reflètent au mieux leur sensibilité transcontinentale. On y retrouve notamment le single Get it Up qui, entre quelques chants amérindiens, propose des back vocals de choix avec M.I.A et Santogold.

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    Expériences: Gang Gang Dance, la sainte des outsiders


    Figure de proue des hipsters de Brooklyn, Gang Gang Dance revient trois ans après la sortie du très remarqué “God’s Money”

    Nourrissant les mêmes aspirations néotribalistes que des groupes comme Yeasayer ou MGMT, Lizzi Bougatsos, Brian Degraw, Tim Dewit et Josh Diamond proposent avec “Saint Dymphna” une version un peu plus accessible de leurs explorations référencées.

    Le titre de l’album renvoie aux cultes paganistes et plus précisément à la protectrice des laissés pour compte. Certainement une manière de faire référence aux divers rebuts avec lesquels ces chiffonniers parviennent à composer leur esthétique cinématographique et expérimentale.

    Même si la nostalgie avouée aux sons synthétiques des 80’s reste de mise, Gang Gang Dance nous emmène synchroniquement du côté du trip hop, de la bossa-nova, d’Aphex Twin, de Timbaland, de My Bloody Valentine ou du grime, comme avec ce morceau disruptif intitulé “Princes” où l’on retrouve la phrasé british du MC Tinchy Stryder.

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    SITES

    ALBUM

    • Gang Gang Dance, “Saint Dymphna” (The Social Registry, 21.10.08)

    • Gang Gang Dance en interview à propos de leur participation à la Whitney Biennial

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    Hip-hop: Dudley Perkins, une petite lumière


    Le rapper favori de Madlib sera en concert à Paris

    Dudley Perkins, qui officie également sous le pseudonyme de Declaime, s’est surtout fait connaître grâce à ses collaborations fréquentes avec Madlib. En 2003, avec la sortie de “A Lil’ Light” le rapper s’écartait des canons du hip-hop pour proposer un album chanté, dans lequel le filet de sa voix sussurée semble toujours sur le point de se briser. Un album étonnant qui nous plonge dans des ambiances de bars enfumés qui semblent se soustraire à toute dimension temporelle.

    Avec “Expression (2012 A.U.)”, sa deuxième sortie sous son vrai nom, Dudley Perkins s’inspire de l’univers P-Funk des Parliament et autre Funkadelic. Dans un style toujours aussi relâché, il continue sa quête introspective tout en proposant une célébration de l’hédonisme.

    CONCERT

    • 16.10.08 Social Club / Paris (gratuit)

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    Soul: Allen Toussaint, de Redding à Obama


    Allen Toussaint sera en concert à l’Elysée Montmartre. Des places à gagner!

    Personnage incontournable dans le paysage musical américain, Allen Toussaint dispense son influence depuis plus de 40 ans. La liste des collaborations prestigieuses qui ont jalonné sa carrière est suffisamment éloquente. Otis Redding, The Meters, Eric Clapton, The Rolling Stones, The Who ou Dr John se sont un jour ou l’autre appuyé sur ses talents de compositeur, de producteur ou de parolier.

    Récemment, une chanson écrite à l’origine pour les Pointer Sisters, “Yes, We Can Can”, est devenue l’hymne et le slogan de Barack Obama pour l’élection à la Maison Blanche. Une manière peu commune de marquer l’histoire. Il sera en concert exceptionnel à l’Élysée Montmartre le 27 octobre prochain avec, en première partie, la prometteuse Mélissa Laveaux.

    Pour gagner une invitation pour ce concert, envoyez-nous un mail avec vos nom, prénom et adresse postale à concours@vibrations.ch Merci d’indiquer “toussaint” dans l’intitulé du message.

    Il y a 5 places à gagner et les gagnants seront avertis par email.

    CONCERT

    • 27.10.08 Elysée Montmartre / Paris

    • Allen Toussaint, Southern Nights

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    Drum & Bass: Goldie, le jour et la nuit


    La figure emblématique de la drum’n'bass montre ses deux visages lors de son apparition au Red Bull Music Adacemy de Barcelone

    Un public nombreux se presse devant la scène apprêtée spécialement pour l’occasion sur la place de L’Arc de Triomphe à Barcelone. Au programme ce soir-là, on attend avec impatience d’assister au choc intergénérationel entre la légende de la drum & bass et les nouveaux tenants de la scène dubstep. Sans aucune surprise, Goldie entame un set dans la plus pure tradition Metalheadz. En enchaînant les classiques, il nous ramène instantanément à l’époque où les Doc Scott, Grooverider, Kemistry & Storm ou Ed Rush réformaient en profondeur la dance culture à coup de rythmiques syncopées et de basses profondes.

    Malgré un set plus qu’honorable, le son proposé par Goldie ne manque pas d’être frappé d’obsolescence lorsque se soulèvent les basses puissantes de Skream et Benga. D’ailleurs, il semble être le premier réjoui par ce renouveau, au point de ne plus quitter la scène jusqu’à la fin du set des deux dauphins. Il danse et s’agite avec un rare enthousiasme, s’enquérant systématiquement sur les noms des morceaux joués. La nuit se poursuit dans un club bondé des Ramblas avec un Goldie toujours plus galvanisé qui, debout sur le bar, harangue la foule avec une énergie presque inquiétante. Une chose est sûre, au terme de cette nuit déchaînée, l’homme aux dents dorées ne renvoit pas directement une image de quiétude propice au raisonnement.

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    Krautrock: Can, un concert charnière


    Un concert du groupe enregistré en 1975 en download

    Les fouilles archéologiques d’Internet réservent quelques bonnes surprises, comme par exemple l’exhumation de ce live de Can datant de 1975, l’année de la sortie “Limited Edition” et de “Landed”. Cette période marque un tournant dans l’histoire du groupe qui vient de signer chez Virgin, se sépare du chanteur charismatique Damo Suzuki et passse à l’enregistrement multipiste.

    A ce sujet, Liebezeit avouera que ces changements ont eu une influence sur la spontanéité et la cohésion du groupe: “Au début, lorsqu’on utilisait un deux-pistes, on était forçé d’être tous présents en même temps lors des sessions d’enregistrements. Par la suite, avec le multipiste on était moins régulièrement ensemble dans le studio. Certains venaient un moment pour faire un mixage, pendant que les autres restaient à la maison. Je ne pense pas que cela a été bénéfique pour le groupe.”

    Du même coup, bien que Michael Karoli et Irmin Schmidt posent les vocaux sur certains morceaux, ce concert est en grande partie instrumental et anticipe l’orientation ambient prise par le groupe à partir du milieu des années 70. Deux ans plus tard, le départ de Holger Czukay allait marquer la dissolution officieuse du groupe.

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    Dubstep: Benga, le guerrier afro


    Benga, Barcelone, 1er octobre, 2008
    PHOTO: Joël Vacheron

    Un des pionniers du dubstep présente sa vision de la scène

    Vous avez mis le DJing entre parenthèses pendant une période relativement longue. Quelle en était la raison ?

    La production a toujours été mon activité principale et je cherchais à me concentrer surtout dans ce domaine. Comme tous producteurs, j’ai toujours mixé dans des soirées parce que je désire faire la promotion de ma musique moi-même et cela me permet de montrer dans quels types d’enchaînements j’imagine mes morceaux. D’un autre côté, le fait que la scène dubstep devenait toujours plus importante, il était important pour moi que le gens puissent mettre un visage sur mon nom.

    Vous vous êtes retrouvé impliqué très jeune dans le dubstep, quelle est votre impression sur l’orientation prise par cette scène ?

    Ce n’était absolument pas du tout prévisible. De nombreuses personnes nous disaient que notre son avait beaucoup de potentiel, que ça rappelait les débuts de la drum’n'bass, etc. Mais en ce qui nous concerne, on faisait ça de manière très instinctive, sans jamais imaginer que ça prendrait une telle ampleur. J’avais 11 ou 12 ans, lorsque j’ai commencé à me lancer dans la musique sous l’influence de mes grands frères et des radios pirates. C’est un âge où on est encore très loin de comprendre ce que cela implique de jouer dans un club, encore moins de lancer un courant musical.
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    Expériences: Charlemagne Palestine, au-delà du minimalisme


    Le compositeur culte présente son projet Radio Palestine dans le cadre d’une exposition

    Personnage polymorphe et atypique, le compositeur Charlemagne Palestine offre une œuvre emprunte de mysticisme qui touche aussi bien à la musique contemporaine qu’à la performance ou les arts plastiques. Depuis le début des années 70, il développe une approche conceptuelle qu’il qualifie de “maximaliste”. Une manière de se distancier des connotations minimalistes fréquemment mobilisées pour qualifier son œuvre.

    “Je n’ai jamais considéré que ma musique était minimale. Il arrive quelquefois que des personnes n’entendent pas grand chose dans ma musique. D’autres, par contre, reconnaissent entendre beaucoup. Pour moi, cela renvoie plutôt à la transe… Ou en tous les cas à quelque chose susceptible d’engendrer des états proches de la transe.”

    Pendant de longues années, les enregistrements de ses performances rituelles sont restés cantonnés dans des circuits très restreints. Une situation qui s’est peu à peu modifiée grâce à la redécouverte de son univers et à la sortie de plusieurs albums dans lesquels on retrouve notamment Pan Sonic, Tony Conrad ou Rhys Chatham. Charlemagne Palestine présentera son projet Radio Palestine dans le cadre de “L’exposition continue”, qui se déroulera du 4 octobre au 22 novembre à Lausanne. Il se produira également en concert à deux reprises, en solo et accompagné par David Cunningham et Mika Vainio.

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    Jazz: Gary Bartz, un blues toujours aussi céleste


    PHOTO: Joël Vacheron

    Le saxophoniste légendaire explique pourquoi il n’aime pas l’appellation Jazz et dispense une belle leçon d’humanisme

    “Le terme jazz a toujours été associé aux bas-fonds, à une certaine dépravation. Cette image dégage une mauvaise énergie et je n’aime pas vraiment que ma musique soit considérée comme étant du jazz. Le jazz est mort et je préfère nettement parler de blues. Cela nous renvoie directement aux origines. En vérité, tout vient du blues”. C’est à partir de cette définition liminaire essentielle que Gary Bartz entame sa conférence dans le cadre de la 10e édition du Red Bull Music Academy qui se déroule actuellement à Barcelone. Âgé de 68 ans, il revient sur son enfance passée à Baltimore qui, à cette période, était encore divisé par un régime fortement ségrégationniste. “Même si j’étais très jeune, je me rendais compte que quelque chose d’anormal se passait”.

    Avec une affabilité et une gentillesse d’un autre âge, le saxophoniste évoque quelques-unes des anecdotes et des rencontres qui ont jalonné sa riche carrière. Notamment, la période passée à New York durant laquelle il a pu collaborer avec Miles Davis, Max Roach, Mingus, ou Art Blakey. La liste des différents coachs qui ont participé à son apprentissage musical est impressionnante.

    “Chacun à sa manière m’a apporté des indications sur la manière de mener un groupe. À ce titre, Miles était un leader formidable. À aucun moment il ne nous imposait d’être présent aux concerts, ce qui provoquait inévitablement un sentiment profond de liberté. Il lui arrivait également de me dire qu’il aimait mes erreurs. Max Roach, quant à lui, m’a surtout appris le caractère sérieux de la musique. Art Blakey fonctionnait de manière tout à fait différente, il créait souvent une dynamique en provoquant des conflits.”

    Il pose un regard amusé sur cette période glorieuse et s’amuse à relever la pérennité, grâce notamment aux nombreux emprunts effectués par des groupes de rap, de nombreuses de ses productions. “Les choses ont beaucoup changé de nos jours. Même si je regarde toujours avec intérêt les productions actuelles, il est dommage que l’esprit communautaire dans lequel j’ai évolué ait quelque peu disparu.” En aparté, il m’avoue que l’idée de voir Obama prendre la tête des États-Unis le réjouit moyennement. “C’est incroyable que les États-Unis soient passés en si peu de temps d’un régime ouvertement raciste à la potentielle élection d’un président afro-américain. Toutefois, je ne pense pas que cela corresponde réellement aux attentes des musiciens de ma génération. Lorsque je l’écoute, je me rends compte à quel point on est loin des solidarités et des revendications de l’époque”.

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    Club: The Count & Sinden, Beep Beep… Yeah!


    A peine formé, le duo travaille sur son premier album

    Formé au début de cette année, le duo The Count & Sinden s’est d’emblée fait remarquer grâce aux succès de leur single Beeper. Un morceau sautillant qui témoigne de la persistance, ou le retour, de l’influence du 2-step dans la scène club londonienne.

    Pour l’occasion on retrouve également le duo avec la petite dernière de la scène de Baltimore. Âgée de 18 ans, Ryeisha Berrain, alias Rye Rye, a déjà eu le temps de se construire un solide CV. En effet, c’est notamment elle qui pousse la comptine sur le Paper Planes de M.I.A et on la retrouve également dans des collaborations avec Blaqstarr ou Diplo.

    Fact propose également un mix exclusif qui donne un avant-goût des influences du duo en attendant la sortie de leur premier album, annoncé pour la fin de l’année.

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    Télécharger le mix de The Count & Sinden (click droit)

    VIDEO: The Count & Sinden feat. Rye Rye, Hardcore Girls,

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    Electro: Larytta, particules électroniques


    Trois morceaux du prochain album de Larytta en écoute

    Larytta est le projet entamé il y a quatre ans par Christian Pahud et Guy Meldem. Pour leur premier LP, “Difficult Fun”, les deux bidouilleurs continuent de promouvoir une electro ludique et kaléidoscopique dans où chaque son claque avec une telle clarté qu’ils semblent avoir été minutieusement découpés au scalpel.

    Entre refrains accrocheurs et expérimentations audacieuses, Larytta utilise cette collection de particules électroniques pour composer une esthétique composite qui oscille entre pop, r’n'b ou hip-hop.

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    • Larytta, Wonder Vendor, “Difficult Fun” (Creaked Records, sortie octobre 2008)

    • Larytta, Ya-Ya-Ya, “Difficult Fun”

    • Larytta, Bauch Amp, “Difficult Fun”

    VIDEO

    • Larytta, live at Dollhouse, Môtiers 2007

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    Hip hop: Roots Manuva, l’éloge du bouffon


    PHOTO: Joël Vacheron Roots Manuva, Londres, 11 juillet 2008

    Avec “Slime & Reason”, Roots Manuva tourne la tête aux clichés du rapper endurci

    “Je suis à une période de ma vie qui m’a permis d’aborder cet album avec moins de vanité”. Âgé de 35 ans, Roots Manuva semble retrouver un élan de candeur spontanée et d’humour loufoque avec ce nouvel album intitulé “Slime & Reason”. Un clin d’oeil à la matière verdâtre et gluante qui sert de prétexte pour révéler la beauté potentielle de choses a priori dégoutantes.

    Instrumentaux percutants et verve rabelaisienne, cet équilibriste à la rime métronomique maîtrise avec brio cet exercice délicat qui consiste à toucher l’essentiel à partir d’observations triviales. Entre les résonances lointaines des musiques d’églises, le bricolage musical jamaïcain et les ice-creams de son grand-père, Rodney nous invite dans un univers où il ne craint pas de jouer au bouffon. Une manière de prendre à contre-pied l’aspiration au sérieux qui frappe le hip hip contemporain.

    Roots Manuva, Again & Again, “Slime and Reason”

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    Expérience: Faust, retour sur un mystère


    Le groupe légendaire sera de passage à la Bâtie

    Avec l’émergence de groupe comme Neu!, Can, Ash Ra Tempoel ou Faust l’Allemagne de l’Ouest a généré un mouvement underground particuliérement radical tout au long des années 70. Outre un énorme succès dans leur pays d’origine, le krautrock bénéficiera d’une immense popularité en Grande-Bretagne, grâce notamment au soutien inconditionnel du légendaire animateur radio John Peel. L’album “The Faust Tape”, avec sa pochette signée Bridget Riley, provoquera l’effet d’une bombe dès sa sortie sur Virgin Records en 1973.

    Un courant influent auquel Julian Cope rend un hommage vibrant dans son livre “Krautrocksampler”, récemment réédité en français aux éditions Kargo. À mi-chemin entre art conceptuel et “terrorisme musical”, le groupe a joué un rôle majeur pour définir l’esthétique expérimentale unique de toute une période. À tel point que Cope n’hésite pas à affirmer “qu’il n’existe aucun groupe plus mythique que Faust”.

    DOWNLOAD

    Faust live au Daydream Festival de Barçelone 12.06.2008 (1ère partie) (click droit)

    Faust live au Daydream Festival de Barçelone 12.06.2008 (2e partie) (click droit)

    Faust live au Daydream Festival de Barçelone 12.06.2008 (3e partie) (click droit)

    Faust live au Daydream Festival de Barçelone 12.06.2008 (4e partie) (click droit)

    SITES

    CONCERTS

    • 09/09/08 La Batie Festival / Genève

    VIDEO

    • Faust, Nuits sonores festival, 2006, Dir. Julien Perrin

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    Ghettopop: Radioclit, la maîtrise du concept


    Fidèle à sa réputation d’Indiana Jones sonique, le duo de Radioclit nous rapporte une session de coupé décalé

    Le coupé décalé est apparu simultanément en Côte d’Ivoire et dans la Jet-Set, du nom que s’est donné une partie de la communauté ivoirienne de Paris. Initialement rattaché à une danse, le coupé décalé s’inscrit dans un mouvement culturel plus général dénommé Sagacité ou Concept. Depuis sa création en 2002, le phénomène a pris une ampleur énorme en un temps record.

    Basés sur des basses lourdes et répétitives, ces arrangements minimalistes et percussifs permettent d’accompagner toute une gamme de chorégraphies aux noms évocateurs. “Guantanamo”, “colgate”, “caméra”, “grippe aviaire”, “le petit vélo” ou le “fatigué fatigué”, il n’existe pas moins d’une quarantaine de mouvements.

    Radioclit nous propose un survol musical du genre qui permettra peut-être à certains de s’essayer à quelques pas avant la soirée vibrations du 2 septembre prochain au Festival de la Bâtie.

    A ECOUTER

    SORTIR

    • 02/09/08 Festival de la Bâtie / Soirée Vibrations: Infinite Livez vs Stade + Radioclit (Soirée Secousse)

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    Dub: Moritz Von Oswald & Tikiman en apnée


    Moritz Von Oswald & Tikiman nous emportent dans leurs limbes analogiques

    C’est surtout sous le pseudonyme de Maurizio que le producteur et DJ Moritz von Oswald s’est fait connaître comme une figure incontournable de la scène électronique. Ancien percusionniste du groupe new wave Palais Schaumburg, il fondera en 1993 avec Mark Ernestus le label Basic Chanel. En établissant des ponts entre dub, techno et radicalité artistique, ce label aura une influence déterminante tout au long des années 90 sur de nombreux producteurs à l’origine de la scène minimal dub.

    Quant à Tikiman, qui se fait désormais appelé Paul St. Hilaire, il est le MC historique du label et le fondateur False Tuned, un label prospectif en matière de reggae. On les retrouve réunis pour ce live enregistré à Moscou en avril dernier.

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    World: DJ Mujava, le kwaito funk dans le radar


    Lorsqu’un DJ de Pretoria propose sa relecture de l’Acid House…

    Le morceau Township Funk n’est pas véritablement une nouveauté. En effet, initialement repéré par le label This Is Music Ltd, le titre de DJ Mujava figurait déjà sur une compilation de Sinden pour le troisième volume de “We Make It Good”.

    À l’heure des revival acid house, les sons corrosifs et industriels de Townhip Funk . ont particulièrement marqué les esprits. En particulier du côté de Warp Records qui s’est empressé de signer ce morceau ravivant certaines productions à l’origine du label.

    Coup unique ou mouvement à plus long terme, la mise sur orbite de cet ovni en provenance de Pretoria va sans aucun doute jouer un rôle décisif en offrant une visibilité hors du commun aux producteurs sud-africains. Une autre production de DJ Mujava, de son vrai nom Elvis Maswanganyi, devrait également apparaître sur le prochain DJ Kicks de The Rapture.

    VIDEO: Dj Mujava, “Township Funk”, (Warp records, sortie du maxi le 15 septembre 08)

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    Afro-punk: Janelle Monáe, l’ère du robot’n'blues


    Inspirée par le film Metropolis, Janelle Monáe nous entraîne dans son univers afro-futuriste guimauve

    “I am an alien from outter space/ I am a cybergirl without a face”, Janelle Monáe annonce d’emblée la couleur dans le morceau de pop sautillante “Violet Stars Happy Hunting”. Avec son look quelque part entre le kitsch baroque de Klaus Nomi et la candeur de Kelis, la jeune chanteuse a des allures de baby doll cybernétique. Une version r’n'b, contemporaine et clinquante, des thèmes de l’afro-futurisme.

    Révélée il y trois ans avec son morceau “Lettin’ Go”, puis à travers sa collaboration avec OutKast sur Call The Law, la chanteuse originaire du Kansas est signée sur Wondaland Arts Society. Un label indépendant, hébergeant notamment le groupe Deep Cotton, qui se revendique dans la filiation de la scène afro-punk américaine.

    SITES

    VIDEO: Janelle Monáe, Sincerely Jane, “Metropolis: The Chase”

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    Afro funk: Voodoo Funk, vinyles et archéologie


    Un DJ allemand a parcouru l’Afrique de l’Ouest à la recherche de trésors enfouis

    Frank est un DJ allemand qui s’était déjà signalé en organisant des projets thématiques tels que les soirées Soul Explosion à Berlin ou les compilations suaves de Vampyros Lesbos. Exilé en Guinée pendant plus de trois ans, cet autoproclamé archéologue de vinyle a consacré l’entier de son séjour à écumer les marchés à la recherche de 45t d’afrobeat oubliés.

    On peut découvrir un aperçu de ses trouvailles sur le blog voodoo funk dont les archives permettent un plongeon exceptionnel dans l’Afrique de l’Ouest des années 60 et 70. Une partie de son périple, entre le Ghana, le Togo et le Bénin, sera également retracée dans un documentaire de Leigh Iacobucci.

    SITE

    A ECOUTER

    VIDEO: Take Me Away Fast, Trailer

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    Hip hop: EPMD, partenaires en affaires


    Des places à gagner pour aller voir les deux rappers légendaires

    À la différence du militantisme des Public Enemy ou de la provocation gangsta de NWA, Erick Sermon et Parrish Smith inauguraient une posture qui allait participer à singulariser le courant hip-hop ultérieurement. En effet, en s’appelant EPMD, pour Erick and Parrish Making Dollars, les deux natifs de Long Islands affichaient d’emblée leur prédilection pour les filles faciles et la réussite financière.

    Des impératifs prosaïques qui n’ont cependant pas empêché Erick Sermon, Parrish Smith et le DJ K La Boss, d’imposer leurs beats funky dès la sortie, en 1987, du très influent “Strictly Business”. Leur premier album dans lequel se trouve le fameux morceau éponyme construit à partir d’un sample de I shot the Sheriff de Bob Marley. Par la suite, les deux rappers vont enchaîner les titres de qualité avec une constance indéniable.

    Après deux interruptions, quelques disputes, des projets solos et une conversion au christianisme, les deux rappers sont toujours dans les affaires. Associés depuis quelques années à DJ Scratch, leur huitième album, “We Mean Business”, sortira le mois prochain, soit peu de temps avant leur concert à Montreux.

    CONCOURS

    Pour gagner une invitation pour le concert de EPMD le 19 juillet au Montreux Jazz Festival, envoyez-nous un mail avec vos nom, prénom et adresse postale à concours@vibrations.ch Merci d’indiquer EPMD dans l’intitulé du message.

    Les gagnants seront avertis par email.

    SITE

    CONCERTS

    • 19/07/08 Montreux Jazz Festival / Miles Davis Hall

    VIDEO: EPMD, Strictly Business, “Strictly Business”, 1988

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    hip hop: James Pants, United diggers


    Un mix du nouveau protégé de Peanut Butter Wolf en download

    Cela fait près de 7 ans que le Jeune James Pant approchait son idole, Peanut Butter Wolf, pour lui proposer de découvrir les meilleurs shops de disques de sa ville. Comme le souligne le patron de Stones Throw, “c’est exactement le type de propositions qu’il faut me faire pour être mon ami”.

    Et pour cause, James Pants avait toujours rêvé de sortir un 45t sur le label. Un rêve qu’il a récemment pu concrétiser avec un premier album intitulé “Welcome” qui témoigne de son inspiration hybride et de son style inclassable.

    Il offre ici un excellent mix qui donne un aperçu de son approche transversale. De Pierre Henry à Ariel Pink, en passant par le Tuff Crew ou des airs arabisants obscurs, le tout s’enchaîne comme un délicieux smoothie vitaminé.

    Fabric met à également à disposition deux podcasts de Peanut Butter Wolf. Dans l’un d’eux, les deux diggers commentent leurs découvertes surprenantes et décalées.

    A ECOUTER

    CONCERT

    • 11/07/08 Paris / Lieu à confirmer

    SITE

    VIDEO: James Pants, Cosmic Rapp, “Welcome”

    James Pants, We’re Through, “Welcome”

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    Jazz: Le retour de Melvyn Price


    La quatrième réédition de Wax Poetics permet de redécouvrir l’album groovy de Melvyn Price

    Le label de l’excellent magazine Wax Poetics va rééditer le fameux album de Melvyn Price “Rhythm and Blues”, sorti initialement en 1974 sur son propre label Mel Dor. À l’époque de cet enregistrement, Price s’était déjà expatrié en Suède est avait su adapter son jazz africaniste à cette expérience dépaysante. Pour répondre à la requête d’une école de danse, son premier album solo intitulé “Jazzbalettrytmer” (1970) était par exemple expressément destiné au ballet.

    Malgré une diffusion confidentielle, “Rhythm and Dance” sera passablement bien reçu en Europe mais, notamment à cause d’une distribution très confidentielle, il restera longtemps une rareté obscure aux États-Unis. De plus, trop dansant et dépouillé pour toucher les amateurs de jazz, cet album atypique ne semblait pas promis à marquer l’histoire.

    Pourtant avec des titres tels que Happiness is.., Voodo love dance ou Behind Kungträdgården, la posture adoptée par Melvyn Price allait procurer un enchaînement de perles jazz funk très prisé des collectionneurs.

    A ECOUTER

    Melvin Price, Behind Kungstradgarden, “Rhythm and Blues”
    (réédition chez Wax Poetics record, sortie le 7 juillet)

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    Rock: Dragons of Zynth, un vent de free

    Quelques morceaux en téléchargement de ce groupe new yorkais inclassable

    Évoluant dans la même galaxie que TV on the Radio ou Saul Williams, Dragons of Zynth fait partie des rares groupes afro-américains à accorder une sensibilité soul sur des orchestrations bruitistes et atonales qui lorgnent quelque fois du côté du heavy metal. Quelque part entre fredonnements et éruptions, la voix d’Aku n’est pas pas sans rappeler l’énergie contrastée de HR des Bad Brains.

    Après avoir complété une formation classique, les deux jumeaux Aku et Akwetey O.T ont suivi les enseignements théoriques de Yusef Lateef et reconnaissent l’ascendance du saxophoniste sur leur démarche. Avec un premier album chaotique, Coronation Thieves sorti en septembre dernier, Dragons of Zynth nous initiaient à leurs expérimentations plus proches du free jazz que du rock.

    A ECOUTER

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    Podcast: Lovefingers, des bouffées d’air alizéen

    Le site Lovefingers.org propose quelques mixes exclusifs

    En tant que DJ et producteur Lovefingers s’inscrit dans la vague revivaliste actuelle qui, quelque part entre Giorgio Moroder, le krautrock et le balearic beat, privilégie un style low tempo, rythmés par des basses lourdes et des montées synthétiques. Bien qu’il n’a à l’heure actuelle produit que quelques singles, Lovefingers s’est déjà taillé une solide réputation grâce à ses talents de DJ, mais également par l’intermédiaire de son excellent site.

    On y trouve un choix étendu de mixes exclusifs proposés par quelques inconditionnels du genre comme Jaz ou Disturbances. Si les montées électroacoustiques vous donnent la nausée, il vaut toujours la peine de creuser un peu, car cette liste recèle quelques sélections magnétiques comme celles de Dirty Sound System, Vidal Benjamin ou DJ Daniel dont il est difficile de se détacher.

    A ECOUTER

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    Live: Santogold joue les météorites

    Hier soir, devant une salle comble, Santogold surprend le public au terme d’un concert londonien rondement mené

    Difficile de se frayer un chemin dans cette salle surbondée. On trouve tout de même une place de choix en nous encastrant dans un recoin improbable situé entre la sono et le balcon. Par chance, l’amphithéâtre de la Scala est suffisamment pentu pour offrir une vue enviable. Un vaste rideau d’or clôture la scène où un DJ débarque pour entamer un set paramétré, dans lequel les classiques funky sont alignés comme les perles sur un collier. Il sait amadouer le public british en faisant un grand écart scabreux de Dizzee Rascal à The Smiths.

    Legging, veste à capuche dorée, lunette de soleil, Santi White allie le retrofuturisme de Barbarella à la prestance décontractée d’une diva soul. Entourée par deux choristes aux chorégraphies robotiques, chaque morceau est impeccablement interprété. Le public est emporté par ces beats lourds, cette présence enthousiaste et par l’atmosphère sereine que dégage cette performance à la fois spatiale et ambrée. L’émotion redouble lorsqu’elle entame Creator. Confettis, effets stroboscopiques et danses toujours plus exaltées, Santi semble à même de nous emmener vers d’autres galaxies.

    Toutefois, le morceau à peine terminé, la petite troupe s’éclipse alors que la chanteuse n’a guère passé plus de 40 minutes sur scène. Le public, pris quelque peu au dépourvu, ne réagit pas immédiatement. Quelques acclamations, mêlées de protestations, surviennent, mais la diva ne reviendra pas faire un rappel. La lumière se rallume et, malgré cette prestation convaincante, on reste pantois après le passage de cette météorite qui nous laisse de la poudre dorée plein yeux.

    CONCERTS

    • 01/07/08 VisionAire Lacoste / Paris

    • 05/07/08 Les Eurockeenes / Belfort

    • 08/07/08 Montreux Jazz Festival (MDH Club) / Montreux

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    Baile Funk: Bonde Do Role rebondit

    PHOTO: Manuel Nogueira

    Quatre morceaux du groupe brésilien pour les amateurs de funk carioca

    Après avoir connu une ascension fulgurante durant ces deux dernières années, le groupe dilettante brésilien finissait l’année 2007 avec le départ de leur chanteuse Marina Ribatski. Un split qui n’a pas empêché Gorky et Pedro de continuer à répandre leurs samples de hard rock libidineux et leurs paroles licencieuses.

    Après une mise au concours, à la fois salace et médiatisé, ils ont décidé de continuer l’aventure avec Ana Bernardino et Laura Taylor. Déjà largement occupé à tourner, Bonde Do Role proposait récemment cette session de quatre titres sur WFMU qui laisse entendre qu’aucun changement majeur ne semble les avoir affectés.

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    CONCERT

    • 23/07/08 Paleo Festival / Nyon

    VIDEO: Bonde Do Role, Solta O Frango

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    Podcasts: Sal P, fusion de liquide

    L’ancien chanteur de Liquid Liquid dans deux podcasts rythmés

    Salvatore Principato s’est fait connaître dans la scène post punk new-yorkaise en tant que chanteur du groupe Liquid Liquid. Associé à Scott Hartley, Richard McGuire et Dennis Young, ils réussirent durant leurs quatre années d’activité, à imposer leur afrofunk cosmique en enchaînant des classiques comme Optimo ou Cavern.

    Une fusion originale qui leur a permis de servir de trait d’union entre des groupes aussi différents que Suicide, ESG, Afrika Bambaataa, Larry Levan ou Grandmaster Flash. Ces derniers reprendront d’ailleurs la ligne de basse de Cavern dans White Lines (Don’t Do It)

    Après des productions plutôt industrielles, depuis quelques années Sal Principato se consacre principalement au DJing. À l’heure où Domino réédite leurs trois premiers albums, ces sets ravivent les boucles entrainantes de Liquid Liquid.

    PODCASTS

    VIDEO: Liquid Liquid, Cavern, 1983, (Réal. Michael Sporn / Animation Studios)

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    Expérience: Sonic Boom, héraut d’une pop cinétique

    ILLUSTRATION: Ivan Liechti, +41

    Avec ses différents projets, l’ex-Spacemen 3 n’a pas fini d’affiner ses explorations soniques

    Peter Kember s’est fait connaître sous le pseudonyme de Sonic Boom au début des années 80 en tant que chanteur et guitariste des Spacemen 3. Un groupe qu’il avait formé en 1982 avec Jason Peirce et qui était une synthèse sonore de leur passion pour les formes graphiques aux vertus hypnotiques et les substances aux propriétés hallucinogènes. Un attirance pour les distorsions qui permettra aux Spacemen 3 de faire en quelque sorte le joint entre les percées électroniques du post-punk et le déferlement de l’acid house.

    Au passage des années 90, après de sérieuses dissensions entre les deux acolytes, Peter continuera ses expérimentations bruitistes en menant conjointement deux nouveaux projets. Spectrum et E.A.R. (Experimental Audio Research) lui permettront notamment d’entamer des collaborations avec Stereolab et Yo La Tengo.

    Avec cette tournée, Sonic Boom présente un inventaire du travail qu’il a accompli tout au long de ces 20 dernières années de carrière.

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    CONCERT

    • 23/05/08 Le Bourg / Lausanne

    VIDEO: Sonic Boom, Hall of Mirrors(Kraftwerk)

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    Podcast: WE ARE…, des séquences curieuses

    We Are… nous plonge tous les mois dans des univers où résonnent de vagues grésillements de pellicules

    Le collectif WE ARE… présente un aperçu de son approche syncrétique grâce aux deux podcasts postés tous les mois sur leur website. Les deux DJ’s résidents, Paul Camo? et Lukid, et leurs invités composent ainsi des bandes-sons très cinématographiques qui subjugent par leur diversité et leur originalité. Ce mois-ci WE ARE… propose un mix traversé de quiétude de Domu et l’electro habitée de 2tall.

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    Dubstep: The Plastician, le duel des hommes-plastique


    PHOTO: Gene Glover

    Un set entre grime et dubstep de The Plastician

    Une chose est sûre, Chris Reed, le producteur de dubstep connu désormais sous le nom de The Plastician, n’écoutait pas beaucoup de techno lorsqu’il a débuté son activité. Initialement appelé Plasticman, il a été contraint de changer de nom l’an passé à cause des confusions toujours plus fréquentes avec le Canadien Richie Hawtin, aka Plastikman, qui n’hésita pas à entamer des démarches judiciaires.

    Un changement de nom qui n’efface cependant pas l’importance de The Plastician dans l’évolution des scènes grime et dubstep. Notamment grâce aux soirées et à la compilation séminale Grime du label Rephlex, le label d’Aphex Twin, il a joué un rôle central durant une période initiale où les deux genres n’étaient pas véritablement dissociés. The Plastician est d’ailleurs reconnu pour avoir toujours continué à passer indifféremment les deux styles dans ses sets.

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    World: Radioclit, welcome in the brand new world


    PHOTO: Tim & Barry

    Avec Secousse, le duo de Radioclit dessine les nouvelles couleurs prises par la World music

    Secousse est la nom des soirées organisées par Radioclit tous les mois au Notting Hill Arts Club. En proposant une programmation tropicale au sens large, le duo à créé une alternative aux routines de la club culture. En effet, comme le souligne Etienne Tron, “même si on reste fan de musique électronique, on cherchait à renouer avec quelque chose de plus chaleureux, de plus tropical.”

    Le résultat se présente sous le forme de soirées dans lesquelles un effort particulier est apporté à la décoration. De plus, Radioclit profite de l’inépuisable réservoir offert par la scène world londonienne pour inviter des musiciens et des groupes généralement cantonnés dans des réseaux parallèles.Les deux Indiana Jones y proposent une sélection transculturelle de rythmes et de sons puisés aux quatre coins du monde ou dans les tréfonds d’internet. A titre d’exemple, ce mix qui donne un avant-goût des mutations qui secouent la world music actuellement.

    A ECOUTER

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    SOIREES SECOUSSE

    • 09/05/08 Londres / Notting Hill Arts Club

    • 13/06/08 Londres / Notting Hill Arts Club

    • 11/07/08 Londres / Notting Hill Arts Club

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    Hip-hop: The Rub, la caverne d’Ali B-Boy

    Le site du trio de DJ’s new yorkais est un passage incontournable pour tout amateurs de old school

    Dans la série “Portes ouvertes à Brooklyn”, les quatre membres de The Rub font fort en mettant en écoute une large sélection de leurs mixes. Parmi les différents programmes de leurs shows radiophoniques, on retrouve notamment leur fameuse “History of Hip Hop” qui retrace, chronologiquement et avec les tracklistings, tous les morceaux les plus marquants de 1979 à 1999.

    En plus, leur site héberge une excellente sélection de remixes originaux qu’il est possible de télécharger. Sésame ouvre toi.

    A ECOUTER

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    Podcast: Federation Sounds, le marathon du son

    Plusieurs podcasts du fameux sound system dancehall de Brooklyn à télécharger

    Pour fête le 1er anniversaire de leur podcast, Max Glazer et Kenny Meez, les deux sélecteurs de Federation Sounds, misent sur la longueur avec un mix, le 52e, de plus de trois heures. Et si cela ne vous suffit pas, vous pouvez toujours encore vous rendre sur leur blog où près de 15 heures supplémentaires vous attendent.

    PODCASTS:

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    Hip Hop: Steinski, les leçons du professeur

    Un cours magistral du légendaire Steinski en download

    En 1983, Steven Stein alias Steinski n’était plus un ado lorsqu’il gagna, avec son compère Double Dee, le premier prix d’un concours de remix organisé par le label Tommy Boy. Du jour au lendemain, le duo sera propulsé au statut de légendes locales. Depuis, “Lesson 1: The Payoff Mix”, ainsi que les mixtapes qui suiveront “Lesson 2: The James Brown Mix” ou “Lesson 3: The History Of Hip-Hop” sont devenus des références incontournables de la technique du cut’n'paste.

    Plus de 25 après leur enregistrement, ses fameuses leçons n’ont pas été oubliées et ce statut de pionnier lui vaut encore une reconnaissance des plus grands turntablists du moment. À ce titre, Steinski n’en revient toujours pas de ce jour où DJ Shadow et Cut Chemist passèrent dans son studio et “prirent à tour de rôle des photos d’eux-mêmes en train de porter fièrement notre table de mix!”. Désormais, le bonhomme continue à professer ses collages sonores didactiques sur l’excellente station WFMU et un double CD retraçant ses 25 ans de carrière va sortir le 26 mai prochain.

    A ECOUTER

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    ALBUM

    • Steinski, “What Does It All Mean?: 1983-2006″, Illegal art, sortie le 26 mai

    CONCERT

    11/04/08 Lausanne / Le Romandie

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    Soul: Eli “Paperboy” Reed, un travail de reconstitution

    Eli “Paperboy” Reed & The True Loves jouent la carte vintage de manière confondante

    Dire que la similitude avec l’original est confondante reste un pléonasme à l’écoute Eli “Paperboy” Reed & The True Loves. Il faut y regarder à deux fois pour s’assurer que le jeune américain n’est pas un contemporain des Sam Cooke, Otis Redding et autres Syl Johnson. Ce zélig de la soul a poussé le détail jusqu’au graphisme de la pochette qui imite à tel point le design 60’s qu’on a l’impression que même le carton semble d’époque.

    Un effet mimétique grandement influencé par le fait que Eli Reed a grandi en écoutant la vaste collection de classiques soul, gospel et R&B de son paternel. Même s’il est loin d’avoir l’étoffe de ces illustres références, il faut avouer qu’on ne peut qu’être surpris par le brio perfectionniste de ce “Paperback” que certains voient déjà comme la version masculine d’Amy Winehouse.

    SITE

    A ECOUTER

    VIDEO: Eli “Paperboy” Reed & The True Loves, Am I Wasting My Time

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    Techno: Kevin Saunderson, l’origine du groove minimal

    Un set envoûtant de l’un des Fathers of Techno

    En effet, pour ceux qui l’ignoraient, à la fin des années 90 avec Juan Atkins et Derrick May, ils furent étroitement associés à l’émergence de la première vague de la légendaire scène techno de Detroit en fondant le label KMS Records. Hormis quelques morceaux remarqués c’est surtout grâce à son projet Inner City, et son single Big Fun en 88, que Saunderson va déferler sur l’Europe durant l’effervescence causée par les montées d’acid house.

    Des sirènes du succès qui n’ont pas empêché le producteur de continuer de faire évoluer le son qu’il a contribué à créer et diffusé. Pour preuve, ce set tout en basses profondes et enveloppantes proposées dans cet excellent podcast du DJ culte.

    En rab, une petite tranche d’histoire sur le rôle décisif de ces quelques pionniers sur l’évolution de la club culture contemporaine. Une saga retracée dans cet excellent documentaire diffusé par Arte il y a plus de 10 ans.

    A ECOUTER

    A VOIR : Universal Techno, (La Sept Arte / Les Films à Lou 1996)

    SITES

    CONCERTS (Kevin Saunderson)

    • 04/04/08 Lyon / Echo Sonores

    • 23/05/08 Paris / La Scala

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    Hip-hop: Baloji, le parcours d’un résilient

    Dans l’intimité de son Hotel Impala, le rappeur belge offre une belle leçon d’authenticité

    Initialement membre du groupe Starflam, Baloji avouait suspendu sa carrière musicale il y a quelques années. Conscient que l’inspiration, l’innocence et surtout la passion s’étaient taries, le rapper avait préféré mettre sa carrière entre parenthèses.

    Il y a quelques mois, le chanteur sortait un premier album solo hanté par la réapparition inopinée d’une mère perdue depuis l’enfance et le spectre de Marvin Gaye cheminant le long de la digue d’Ostende.

    Traversé par des échos d’afro-beat, de soul et de musiques traditionnelles, Hôtel Impala conte les espoirs placés dans le Retour, tout en relevant les craintes de rejoindre sa terre et les siens. Un cheminement autobiographique, sur le fil du rasoir, qui laisse ressortir avec une belle acuité l’émotivité et les entraves d’un déraciné.

    A VOIR: Baloji, Coup de gaz

    Baloji, De l’autre côté de la mère

    SITES

    CONCERTS

    • 28/03/08 StuBru Punt Uit / Gand

    • 29/03/08 Cabaret Electric / Le Havre, + James Deano

    • 01/04/08 L’Autre Canal /Nancy, + Beat Assaillant

    • 03/04/08 Ninkasi Kao / Lyon, + Hollie Smith

    • 04/04/08 L’Atelier / Cluses

    • 05/04/08 La Cigale / Festival Blue Note - Paris, + Spleen & Alice Russell

    • 09/04/08 Cully Jazz Festival - Next Step / Cully

    • 10/04/08 La Défense / Festival Chorus des Hauts de Seine -Paris, + David Walters

    • 11/04/08 Le Plan / Ris Orangis

    • 18/04/08 Plateau NRJ / Bruxelles

    • 25/04/08 Het Depot / Louvain

    • 26/04/08 Cactus / Bruges

    • 02/05/08 La Vapeur / Dijon

    • 09/05/08 Festival Paroles et Musiques / Saint-Etienne

    • 10/05/08 Le Noumatrouff / Mulhouse

    • 11/05/08 Mano Mundo Festival / Belgique

    • 24/05/08 Canal 93 / Bobigny

    • 30/05/08 Festival Europavox / Vichy, + Hocus Pocus

    • 07/06/08 Festival des Solidarités et des Arts d’Afrique / Saint-Brieuc

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    Electro: Bunny Rabbit, Alice au pays du gangsta

    Bunny Rabbit et Black Cracker reviennent fredonner leurs comptines licencieuses sur fond d’électro

    Drainées par le sillon causé par les CocoRosie, avec qui elles ont tourné l’an passé, Melisa Rincon, alias Bunny Rabbit et Celena Glenn, alias Black Cracker, se sont fait surtout connaître pour leurs performances à la fois théatrales et énergiques. Avec son style 50’s et sa peluche à la main, Bunny Rabbit joue les pin-up ingénues tout en martelant ses lyrics hard core. Sa compère, de son côté, incarnerait plutôt le gros nounours gangsta.

    Les deux rappeuses se réapproprient certains clichés grâce à cet univers décalé dans lequel genres et couleurs se mélangent de manière plus ou moins harmonieuse. En jouant sur les contrastes, leur démarche est fondamentalement emprunte de revendications identitaires et incarne la direction prise par de nombreux projets musicaux actuels.

    CONCERTS

    • 28/04/08 Hirscheneck / Bâle

    • 29/04/08 Kraftfeld / Winterthour

    • 30/04/08 Stall 6 / Zürich

    • 01/05/08 Case A Chocs / Neuchâtel

    • 03/05/08 Elektro Circus Festival / Carpentras

    • 07/05/08 Cabaret Aleatoire / Marseille

    • 09/05/08 La Maroquinerie / Paris

    • 13/05/08 Les Nuits de Botanique / Bruxelles

    A VOIR: Bunny Rabbit, Lovers and Crypts

    Bunny Rabbit, I Ain’t Your Girlfriend No More

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    Hip-hop: Le ping-pong de DJ Shadow & Cut Chemist

    Les deux turntablists légendaires viennent présenter leur fameux show

    A l’origine, le projet “The Hard Sell” a été motivé par une invitation faite à DJ Shadow et à Cut Chemist de se produire aux Hollywood Bowl de Los Angeles l’an passé. Pour la première fois, des turntablists étaient conviés à se produire dans cette salle de concert légendaire devant plus de 15′000 personnes. Comme le signale Cut Chemist dans le bref documentaire ci-dessous, c’était en quelque sorte “comme si un rêve se réalisait ”.

    Basée essentiellement sur une sélection de 45 tours, cette performance est jouée à huit platines et deux pédales d’effets. Un dispositif original qui permet aux deux virtuoses de s’essayer à toute une gamme de manipulations inédites. Outre les mélanges de styles les plus improbables, certains classiques hip-hop sont décomposés et reconstruits durant le live. Au vu du succès énorme rencontré par ce show, ainsi que par le CD qui lui était associé, les deux DJ’s ont décidé de poursuivre l’aventure, notamment à travers la réédition de l’album agrémenté de morceaux inédits, ainsi que par une tournée en Europe. Une bonne occasion pour voir ce ping-pong rare entre deux figures centrales du turntablism.

    SITES

    VIDEO: Dj Shadow & Cut Chemist @ Hollywood Bowl, Los Angeles

    CONCERTS : Tournée “The Hard Sell” avec Cut Chemist

    • 19/03/08 Den Atelier / Luxembourg

    • 20/03/08 Ancienne Belgique / Bruxelles

    • 26/03/08 Le Moulin / Marseille

    • 27/03/08 Caprices Festival / Crans Montana

    • 29/03/08 Grand Rex Théâtre / Paris COMPLET

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    Hip-hop: Fangafrika, le hip-hop authentique du Faso


    PHOTO: Sandy Haesner

    Fangafrika est un projet multimédia qui présente un état des lieux indispensable de l’actualité du rap ouest-africain. Un petit avant-goût de ce projet généreux en téléchargement

    Une fois n’est pas coutume, la scène hip-hop de l’Afrique de l’Ouest bénéficie d’un éclairage conséquent avec “Fangafrika, la voix des sans-voix”. Un zoom sur la diversité et la richesse de la scène hip-hop d’Afrique de l’Ouest. Dans son ensemble, ce projet généreux, qui regroupe un DVD, un livre et une compilation, démontre à quel point le hip-hop africain renoue avec les revendications originelles de ce mouvement. Ceci en cristallisant adéquatement les aspirations de démocratie, de justice et de liberté qui ont successivement animé les générations nées après l’indépendance.

    Avec leurs textes mâtinés de vaudou, de féminisme, à l’instar des rappeuses d’A.L.I.F ou de chants traditionnels, ces artistes sont révélateurs des mutations socio-historiques qui transfigurent l’Afrique contemporaine. Le documentaire nous transporte notamment dans des clash-parties à Ouaga où artistes confirmés et jeunes rappeurs underground s’affrontent lors de tremplins de quartier. De nombreux chanteurs tels que Apkass, Didier Awadi (ex-Positive Black Soul) ou Daara J sont également conviés à évoquer l’effervescence et l’impact de ce courant musical dans leurs pays respectifs. Autant de déclarations approfondies par les mises en perspective et les portraits intégrés dans la publication qui accompagne ce coffret.

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    Ouaga All Starz, Burkina Faso télécharger (click droit)

    ALBUM

    • “Fangafrika, la voix des sans voix”, (Staycalm! / mondomix), sortie le 27 mars

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    CONCERTS

    • 20/03/08 Paris / La Bellevilloise, Soirée Mondomix avec Apkass (RDC), Negrissim’ (Cameroun)

    • 22/03/08 Le Bourg / Lausanne, Africa Stand Up! (projection + sound system)

    VIDEO: Teaser, “Fangafrika, La Voix des Sans-Voix”



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    Salsa: Dj Format, They got latin soul !


    Un mix de DJ Format ravive le groove latin de New York

    Cela fait déjà quelque temps que Matt Ford écume les dancefloors avec ses productions ou ses sets. Ici, il offre un set exclusivement latino parsemé un enchaînement de bombes, gorgées de soul et de funk, peaufinées par quelques un des maîtres du genre. Puisant dans le catalogue du label mythique Fania, DJ Format nous replonge dans cette période trépidante du latin New York durant laquelle les Tito Puente, Ray Rivera et autres Barretto n’avaient pas d’équivalent pour faire groover la salsa. Boogaloo yeah yeah!

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    PLAYLIST

    • Tito Puente, Tp Treat

    • Gilberto Cruz, Hot Pants

    • Oppus, Que Sera De Mi

    • Ray Barretto, Power

    • The Joe Cuba Sextet, Push, Push, Push

    • Joey Pastrana, Cry Back

    • Ray Rivera, Bend Me, Shape Me

    • The Harvey Averne Dozen, Free Advice

    • Mongo Santamaria, We Got Latin Soul

    • Chano Scotty, Boogaloo No2

    • The Joe Cuba Sextet, Ohh! Ah

    • Willie Rodriguez, Paul’s Thing

    VIDEO: The Fania All Stars dans le documentaire de Leon Gast Our Latin Thing (1972)

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    Electro: Buraka Som Sistema, un break par Luanda


    Les portugais du Buraka Som Sistema déclinent leur variante explosive du kuduro

    Pionnier de la scène hip-hop portugaise, le Buraka Som Sistema a su imposer plus largement sa fusion unique de kuduro, grime et rap. Dans leurs concerts, les danses traditionnelles africaines sont reconsidérées dans une débauche d’énergie. Comme le signale Lil’ John, Buraka Som Sistema entend promulguer un message universaliste: “La seule chose qui nous importe en faisant de la musique est certainement d’éveiller une certaine conscience sur le reste du monde. De montrer que les rythmes les plus forts sont souvent cachés dans des coins reculés de notre planète”.

    Le Hip-hop, la techno ou la drum’n'bass c’est très bien, mais cela ne signifie pas qu’il faut s’arrêter là”. Il en va de même pour la danse si on en croit cette vidéo saisissante, dans laquelle figure leur mentor M.I.A, filmée dans les rues de Luanda lors de leur voyage en Angola. A découvrir à Genève dans le cadre de la cinquième édition de Electron Festival où se produiront notamment Pilooski, Rubin Steiner, Autechre ou Mochipet.

    VIDEO: Buraka Som Sistema, “Sound of Kuduro”

    CONCERTS

    • 23/03/08 Genève / Electron Festival (DJ set)

    • 05/03/08 Morlaix / Panoramas Festival (DJ set)

    • 08/06/08 Paris / Villette Sonique (Live)

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    Fusion: Fishbone, rien ne les arrête


    Les figures emblématiques du rock fusion en tournée

    Au début des années 80, la scène rock californienne se renouvellait en profondeur grâce à l’émergence de ce qu’on a coutume d’appeler rock fusion ou tout simpement fusion. Intégrant des influences issues aussi bien du blues, du ska, de rap, du hard rock, du punk ou du funk, ce style allait culminer durant les années 90 avec les Red Hot Chili Peppers ou Rage Against The Machine.

    Toutefois, durant la période embryonnaire de cette déferlante planétaire, la référence ultime de ce courant restait indiscutablement The Fishbone. Dans les clubs de Los Angeles, des groupes tels que les Red Hot ou No Doubt devaient encore se contenter d’ouvrir pour le charismatique Angelo et sa bande d’allumés.

    Malgré un parcours plus qu’honorable, et notamment un gros succès en France, les Fishbone n’ont jamais véritablement abandonné les réseaux underground de leurs débuts. Toutefois, cet ostracisme n’a jamais entraver leur légendaire énergie sur scène. Fiers d’avoir su conserver leur fraîcheur ils n’hésitent pas arborer sur leur MySpace la mention : “Fishbone is Red Hot in 2008″.

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    CONCERTS

    • 12/04/08 Festival Roots / La Vallée Sallanches

    • 15/04/08 Spirit of 66 / Verviers

    • 23/04/08 Rock School Barbey / Bordeaux

    • 24/04/08 El Mediator / Perpignan

    • 25/04/08 Reperkusound Festival / Chassieu

    • 26/04/08 Elysée Montmartre / Paris

    • 29/04/08 VIP / Saint-Nazaire

    • 30/04/08 Atabal / Biarritz

    VIDEO: Fishbone, Freddie’s Dead, “Reality of my Surroundings” (1991)

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    Hip-hop: Cadence Weapon, Keep it unreal


    Avec son second album, Rollie Pemberton continue son rôle de pionnier

    En 2006, avec son premier album “Breaking Kayfabe”, Cadence Weapon créait une surprise ce projet ingénieux situé à mi-chemin entre hip-hop west coast, grime et electro. Une pure réussite qui lui a d’emblée valu une reconnaissance générale.

    Rollie Pemberton, qui était notamment rédacteur pour le magazine Pitchfork Media, semble disposer du background suffisant pour pouvoir jouer avec les références en toute aisance. Ceci d’autant plus que son père, qui animait durant les années 80 le show “The Black Sound Experience” sur une station radio, est reconnu pour être un des pionniers de la scène hip-hop d’Edmonton.

    Le rapper, âgé de 22 ans, revient cette année avec “Afterparty Babies” qui est directement inspiré par un été dilettante passé à Edmonton, la ville dont il est originaire. Entre quelques confidences, il propose son point de vue cinglant sur quelques excès de la culture contemporaine. Bien qu’il continue de tendre du côté de l’electro et de la techno, le single In the research of youth crew renverrait plutôt au discoïde Roller Skating Jam de De La Soul.

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    ALBUM

    • “Afterparty Babies” (Anti / Big Dada), Sortie le 4 mars

    VIDEO: Cadence Weapon, Sharks, “Breaking Kayfabe”

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    World: Nueva Cumbia, le dub tropical


    Les mélopées de la nueva cumbia débarquent de Buenos Aires

    Une poignée de jeunes producteurs latinos ont exhumé des chants traditionnels cumbia, un genre musical et une danse né au XVIIe siècle en Colombie, pour leur insuffler des pulsations électroniques. Désormais labellisé “nueva cumbia”, ou plus spécifiquement Zizek (le nom des premières soirées), ce courant s’inscrit comme la dernière découverte issue des clubs de Buenos Aires. Bien qu’elles s’inscrivent aux carrefours d’influences musicales hétéroclites, avec des artistes tels que Chancha Vía Circuito, El Remolon, El hijo de la cumbia ou Axel Krygier (photo), ces productions conservent généralement les rythmiques lentes et répétitives des morceaux traditionels.

    Oro11 et Disco Shawn sont deux DJ’s américains passionnés de cumbia basés à Buenos Aires. Conscients que de nombreux groupes locaux n’avaient encore jamais eu l’occasion de produire d’album, ils décidèrent de remédier à cette lacune en fondant Bersa Discos. Ce label récent se veut une plateforme pour promouvoir les variantes les plus expérimentales du genre. Pour preuve ce mix emprunt d’influences dub et de psychédélisme.

    Toujours à l’affût de nouveaux sons, Diplo n’est pas resté indifférent en proposant récemment un podcast 100% nueva cumbia. En bonus, le single aux sons infectieux “Que Calor” de Pibes Chorros et Dj Unh.

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    Livre: No Wave, retour sur un antimouvement


    Bowery, été 1978. De gauche à droite: Harold, Kristian Hoffman, Diego Cortez, Anya Phillips, Lydia Lunch, James Chance, Jim Sclavunos, Bradley Field, Liz Seidman.
    © GODLIS

    Un ouvrage ravive l’esprit et l’esthétique no wave

    Durant la fin des années 70, des groupes tels que The Contorsions, Lydia Lunch, DNA, Mars ou Teenage Jesus & the Jerks bourgeonnaient dans un Lower East Side en pleine décrépitude. Un ouvrage paru récemment offre un portrait remarquable de l’esprit sans compromis qui animait cette scène iconoclaste et quelque peu dissonante. Empruntant aussi bien à la poésie, la performance, le funk ou le punk rock, le no wave reste en effet l’archétype d’un antimouvement irréductible à un genre ou un style défini.

    En focalisant son attention principalement sur l’album-manifeste “No New York”, Marc Masters revient sur ce moment décisif pour la culture new-yorkaise avec son ouvrage intitulé No Wave. Richement documentée, illustrée avec une superbe sélection de flyers et de photos (notamment celles de Catherine Ceresole), cette publication traduit parfaitement l’esthétique de cette époque. De toute évidence une référence incontournable sur le sujet.

    LIVRE

    • Marc Masters, No Wave, Black Dog Publishing

    SITE

    VIDEO:

    • DNA, live au MUDD club

    • James Chance and The Contortions - I Can’t Stand Myself

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    Dub: Pole, dans la forêt des sons


    Le producteur allemand délivre un set qui connecte le dubstep à ses origines jamaïcaines

    Cela fait plus d’une dizaine d’années que Stefan Betke mène son exploration expérimentale dans des limbes sonores quelque part entre techno minimale, abstract hip-hop et dub. Toutefois, de telles comparaisons sont clairement inadaptées pour désigner cette oeuvre singulière. En effet, que ce soit avec son projet ˜scape ou tant que producteur et DJ sous le nom de Pole, il propose une approche conceptuelle et très minimaliste qui se situe souvent aux limites de la musicalité. Plutôt que de chercher à créer des compositions, Betke semble plus intéressé à recomposer des structures à l’aide de matériaux sonores.

    Pour ce podcast, il fait preuve de son talent de sélecteur en associant des classiques roots avec quelques-uns des meilleurs producteurs de dubstep du moment. Grâce à une couverture subtile de petits accidents, de craquements et autres distorsions, le DJ allemand parvient à créer cet amalgame atemporel.

    PODCAST

    Tracklist:

    1. Pole, Intro (~scape)
    2. Pangaea, Coiled (Hessle Audio)
    3. Shackleton, You Bring Me Down (Skull Disco)
    4. Mala, Left Leg Out (DMZ)
    5. Roy Lee, Give Me Power (Trojan)
    6. Benny Ill, Kode9 & The Culprit, Fat Larry’s Skank (Kode9 Remix) (Tempa)
    7. Benga, Crunked Up (Tempa)
    8. 2562, Channel Two (Tectonic)
    9. Danny Hensworth, Mr. Money Man (Upsetters)
    10. Johnny Osbourne, Purify Your Heart (Trojan)
    11. Althea and Donna, Uptown Top Ranking (Joe Gibbs Records)
    12. DJ Pinch, 136 Trek (Punch Drunk)
    13. Untold, Test Signal (Hessle Audio)
    14. CNE Skank, Forgive Them Lord (The Upsetters)
    15. Max Romeo, Birth of Reggae Music (Wackie’s Overdubs and Interludes by Pole (Unreleased Snippets)

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    Folk: Neil Young enflamme le Grand Rex


    Cinq ans après son concert au Palais des Congrès, Neil Young était de retour à Paris pour deux dates sublimes

    Bien qu’elle accueille une légende, la scène du Grand Rex a su garder une certaine simplicité. Les coulisses sont apparentes et des éléments de sonorisation, deux pianos, des lettrages et un totem parsèment une scène sur laquelle flotte un étendard de pirate. Au centre, un cercle est composé de sept guitares acoustiques et d’un banjo qui focalisent le lieu protocolaire à partir duquel Neil Young va entamer seul la première partie du concert. Vétu d’un costume blanc, il construit une ambiance très intimiste au gré d’un répertoire résolument sixties où classiques et morceaux moins connus s’enchaînent, pour le plus grand plaisir d’un public ému. L’attitude profondément recueillie du Loner et les lentes mélopées à l’harmonica contrastent avec le ton badin qu’il adopte entre chaque morceau.

    Pour la seconde partie du concert l’atmosphère change pour prendre une teinte résolument rock. Neil Young s’entoure de sa femme Pegi, de ses musiciens habituels Ben Keith (steel guitar), Rick Rosas (basse) et Ralf Molinas (batterie), de deux choristes ainsi que d’un peintre. Faisant preuve d’une énergie rare, le sexagénaire attise le public à l’unisson. Le concert se termine sur un Like a Huricane déchaîné sur lequel Neil finira par casser toutes les six cordes de sa fameuse Les Paul Noire.

    Interviewé lors de la récente Berlinale à propos de son projet cinématographique “CSNY: Déjà Vu”, le Canadien avouait, “l’époque où la musique pouvait changer le monde, c’est du passé. Je doute vraiment qu’une chanson puisse changer quoi que ce soit. Toutefois, j’éprouve encore naïvement le besoin de provoquer une réflexion du public”. Mission accomplie, l’authenticité et l’énergie dégagées par de telles performances valent tous les discours.

    VIDEO: Interview à propos “CSNY: Déjà Vu” lors de la dernière Berlinale

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    World: Yeasayer au Casino de Paris


    5 places à gagner pour le concert de Yeasayer au Casino de Paris

    Après le succès rencontré par leur premier album “All Hour Cimbals”, est une tournée reportée, le groupe de Brooklyn est finalement de passage en Europe pour quelques dates. Pour cette occasion, vibrationsmusic.com offre cinq places pour découvrir une performance réputée décapante.

    Et pour celles et ceux qui ne pourraient se rendre à l’une de ces dates, tout n’est pas perdu grâce à ce podcast, entrecoupé d’une interview, d’un concert radiophonique enregistré le 18 novembre 2007 à New York.

    ECOUTER

    CONCERTS

    20/02/08 Ancienne Belgique / Bruxelles
    21/02/08 Nouveau Casino / Paris
    22/02/08 Route du Rock, Omnibus / St-Malo

    CONCOURS

    - Pour gagner une invitation pour le concert de Yeasayer le jeudi 21 février au Nouveau Casino à Paris, envoyez-nous un mail avec vos nom, prénom et adresse postale à concours@vibrations.ch. Merci de rappeler “Yeasayer” dans l’intitulé du message.
    5 places à gagner, les gagnants seront avertis par email.

    VIDEO: Wait for the Summer, 2007

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    Hip hop: Dr Dre, l’âge d’or de l’electro funk

    Une mixtape historique de Dr Dre nous plonge aux sources du son west coast

    Avant de s’associer avec Ice Cube et Eazy-E pour former le groupe NWA, André Young opérait aux platines au sein du World Class Wreckin’ Cru qui, au début des années 80, était la référence d’une scène West Coast encore embryonnaire. Parallèlement à ses activités avec son crew, Dr Dre avait déjà gagné une certaine réputation pour la qualité de ses mixtapes

    En 1986, “Boys in da Hood” vient de sortir lorsqu’il produit cette mixtape intitulée “86 in The Mix”. Un set musclé et parfaitement maîtrisé dans lequel près de 300 morceaux sont enchaînés en 60 minutes. Cet enregistrement fait partie de la collection mythique des Roadium Swap Meet Mixtapes vendues exclusivement au stand d’un dénommé Steve Yano au début des années 80. Grâce à un équipement perfectionné, Dre initiait des méthodes de djing inédites qui lui permettaient de jouer 3 ou 4 morceaux simultanément tout en plaçant encore quelques scratchs.

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    Expériences: Otomo Yoshihide, quelque part au milieu

    Pour sa 25e édition le festival Musique Action continue sa mission de promouvoir les musiques de création

    Toute l’oeuvre d’Otomo Yoshihide vise à explorer la nature du son. Aussi bien à travers le jazz, les musiques traditionnelles, les BO, le turntablism ou le punk rock il conserve toujours une même posture expérimentale. Parmi les nombreux projets radicaux auxquels il a participé, son groupe Ground Zero a été particulièrement influent tout au long des années nonante. Parlant de cette inlassable quête sonique, Otomo Yoshihide déclare ” je suis toujours à mi-chemin entre le cinéma et la musique, entre la musique et le bruit, entre la composition et l’improvisation. Je flotte quelque part au milieu de tout cela, sans jamais savoir où me situer exactement. C’est peut-être ce qui me définit le mieux”

    Une approche singulière qu’il sera possible de (re)découvrir lors de la 25e édition du festival Musique Action qui, pour l’occasion, retrouve les locaux rénovés du Centre Culturel André Malraux de Vandoeuvre-les-Nancy. Un programme très hétéroclite réunira des artistes tels que Fred Frith, les Pascals, Albert Marcoeur, The Ex ou Noël Akchoté. Comme le dit justement Dominique Répécaud, le directeur de ce festival autoproclamé inclassable, il ne fait aucun doute que “les vibrations seront au rendez-vous…”

    SITES

    VIDEO: The Many Moods Of Otomo Yoshihide, concert enregistré au Festival What is Music, Melbourne, 2002

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    Electro: Ghislain Poirier, la preuve par le son


    PHOTO: Muriel Rochat

    En bon militant du gros son, voici le producteur québécois dans un set qui donne le ton

    Bien qu’il soit adepte des sons bien lourds, Ghislain Poirier est incontestablement devenu un orfèvre lorsqu’il s’agit de faire décoller un dancefloor. Naviguant entre abstract hip-hop, ragga et grime, il a pu affiner son style grâce à des collaborations prolixes aussi bien en tant que MC avec Beans, DJ Rupture, TTC ou London’s Lotek Hi-Fi. Ou en tant que remixeur pour Lady Sovereign, The Editors, Champion, Bassnectar ou Pole.

    Bref, la bonne école pour apprendre à provoquer les ondes telluriques nécessaires pour faire vibrer les corps à l’unisson. Un talent de sismographe confirmé par ce “Bastard Bass”. Un set truffé de ses propres remixes, avec lequel le québécois offre une idée de la condensation qui va envahir la Flèche d’Or le 16 février. Et si vous appréciez, voici encore une autre occasion pour bouger le popotin.

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    SITES

    CONCERT

    • 16/02/08 La Flèche d’or / Paris

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    Expérience: Ubu Web, l’ilot poétique d’Internet


    Peter Orlovsky, Gregory Corso et Allen Ginsberg lors du tournage de “Pull My Daisy”
    © Free Software Foundation, Inc.

    Le site Ubu Web s’engage à regrouper et à pérenniser des oeuvres difficilement accessibles

    Vous est-il déjà arrivé de vouloir voir Pull My Daisy de Robert Frank, d’entendre des morceaux historiques de Luigi Russolo, 4′33 de John Cage, de rencontrer Raashan Roland Kirk dans “Sound??”, d’assister à un cours de Marcel Duchamp ou de Roland Barthes, de découvrir des sessions inédites de John Lennonou un set étonnant de DJ Food. Il s’agit là d’une sélection inexhaustive des innombrables découvertes accessibles depuis l’excellent site Ubu Web. Une adresse qui héberge une quantité exponentielle de perles obscures appartenant aussi bien à la vidéo, la musique ou l’écriture expérimentale.

    Ce projet bénévole qui, comme le stipule son manifeste, vise à insuffler un élan poétique dans les limbes numériques de l’information:”Essentiellement un cadeau de l’économie, la poésie est le lieu idéal pour une action politique utopique. Libérée des contraintes imposées par le profit ou des considérations purement matérielles concernant le produit et sa fabrication, l’information devient littéralement « libre » : sur UbuWeb, nous fournissons de l’information et nous le faisons depuis 1996. Nous éditons en couleur pour quelques centimes seulement. Nous recevons des documents le lundi matin et nous les publions le lundi après-midi.UbuWeb n’est jamais « en rupture de stock ». UbuWeb n’est jamais en fin de course puisque de nombreuses personnes de bonne volonté participent à sa consolidation sur de multiples plateformes
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    VIDEO: John Cage, 4′33, Live at the Barbican, 2004

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    Dubstep: Benga, un meneur discret

    Avec son single Night, le producteur de Croydon confirme son statut d’instigateur de la scène dubstep

    Bien qu’il ait décidé de se retirer pendant quelque temps de la scène musicale pour terminer ses études, Benga a eu le bon sens de se remettre activement aux platines et à la production durant le courant de l’année écoulée. Une décision largement confirmée en regard du plébiscite enregistré par son récent single Night, qu’il a cosigné avec Coki. Sorti en novembre dernier, ce titre a été unanimement qualifié comme le single dubstep de 2007. Pour de nombreux commentateurs, il succéderait même au Midnight Line Request de son vieil amis Skream comme l’hymne du courant.

    Autant dire que “Diary of An Afro Warrior”, son deuxième LP, qui doit sortir dans le courant de l’année chez Tempa est attendu avec impatience. Âgé d’à peine 21 ans, celui que Mala des DMZ considère comme “l’un des producteurs le plus doué et le plus influent de la scène dubstep”, bénéficie encore d’une bonne marge de progression. En écoute, un set enregistré en octobre 2007 lors d’un show à San Francisco lors duquel Benga était accompagné par Hatcha.

    PODCAST

    SITE

    CONCERT

    • 07/02/08 Nouveau Casino / Paris

    VIDEO: Benga & Coki, Night

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    Hip-hop: Aesop Rock, affabulations rythmées

    Le rapper vient décliner ses vers sombres à Paris et à Lausanne, deux morceaux en download

    Cela fait déjà près de dix ans que Aesop Rock a émergé de la scène hip-hop underground new-yorkaise. Avec son attitude trash et ses narrations paranoïaques, il a rapidement acquis le statut du héraut borderline. Dix ans plus tard, pour son quatrième album, Ian Bavitz prouve qu’il a su garder toute son originalité. Avec “None Shall Pass”, sa verve, toujours plus cryptique, s’est quelque peu ralentie mais en diversifiant ses productions Aesop Rock continue à étoffer son style.

    VIDEO Aesop Rock, “None Shall Pass”

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    SITES

    CONCERTS

    • 06/02/08 Le Batofar / Paris

    • 08/02/08 Le Romandie / Lausanne

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    Funk: Jamie Lidell, P-Funk que jamais

    La mise en ligne de l’enregistrement d’une session live de Jamie Lidell réactive son inclination pour l’electro funk

    Bien qu’aucune indication ne l’accompagne, cette vidéo postée récemment sur le site de Jamie Lidell semble confirmer que le chanteur poursuit son immersion éclairée et audacieuse dans l’héritage de la soul music. Si “Multiply”, avec un son plutôt “vintage”, renvoyait indirectement à des ténors tels que Curtis Mayfield ou Al Green, cette chanson semble indiquer que Jamie Lidell n’est pas sur le point de délaisser les contrées psychédéliques du P-Funk.

    SITES

    VIDEO

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    Nu Rave: Santogold, une touche de syncrétisme

    La chanteuse new yorkaise veut proposer un style idéal qui fusionnerait le Reggae des années 70, le new wave des années 80 et le hip hop des années 90

    Originaire de Philadelphie, Santi White vit depuis plusieurs années à Brooklyn. Il y a environ deux ans, elle entame une carrière solo après le clash de son groupe Stiffed. En adoptant le pseudonyme de Santogold, Santi se fit rapidement remarqué grâce à sa voix intense et son approche syncrétique. En effet, en affichant des références aussi diverses que les Bad Brains, DEVO, Nina Simone, Tina Turner, The Smiths ou Lee Perry, Santogold propose de créer une fusion particulièrement originale et on attend avec impatience la sortie du premier album de Santogold prévue dans le courant l’année. Il ne fait aucun doute qu’on aura l’occasion d’en reparler.

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    LIVE
    - Santogold, LES Artistes, Festival Artscape 2007 / Baltimore

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    Nu Soul: Les tempos raffinés d’Aaron Jerome

    Avec son premier album, le jeune producteur londonien offre la première découverte de l’année

    Aaron Jerome est un jeune producteur, musicien et DJ qui travaille durant ses heures perdues chez un disquaire londonien réputé. Jusqu’à présent, c’est principalement en tant que remixeur pour des artistes tels que Roy Ayers, Bugz in The Attic, Zap Mama, Nicole Willis ou son ami Nitin Sawhney que cette personnalité au tempérament discret avait reservé ses arrangements minutieux.

    Le jeune batteur sort de l’ombre avec le très élégant “Time to Rearrange”. Un album oscillant entre nu soul, downbeat et abstract hip-hop particulièrement bien mis en valeur par un panel éclairé de guests imposants. On y retrouve notamment Kathrin deBoer de Belleruche, Mozez de Zero 7 ou encore la chanteuse sud-africaine Simphiwe Dana. Un premier essai parfaitement maîtrisé et il ne fait aucun doute que 2008 constituera une année décisive dans la carrière de ce producteur talentueux.

    SITE

    ALBUM

    • “Time To Rearrange” (BBE), sortie le 18 janvier

    ECOUTER

    Playlist:
    Corinne Bailey Rae, Enchantment remix
    Bonobo, Ketto (Feat. Kathrin deBoer) remix
    Nitin Sawhney, The River remix
    Dnell, This Thing remix
    Sway, Products remix
    Richard E, Comin A Find Ya remix
    Daisuke Tanabe, Station remix
    Bugz In The Attic, Move Aside remix
    Fertile Ground, Another Day remix
    Nicole Willis, Feeling Free remix
    Nitin Sawhney Feat. Vikter Duplaix, Journey remix
    Oi Va Voi, Black Sheep remix
    Pete Rodriguez,I Like It Like That remix

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    Hip hop: Vers la libération de Niggy Tardust?

    Saul Williams s’est associé à Trent Reznor pour un album-concept diffusé uniquement sur Internet

    Lorsque Saul Williams laisse exploser son versant rock et que Trent Reznor se frotte au hip-hop expérimental, cela donne “The Inevitable Rise and Liberation of NiggyTardust!”. Un album situé à la frontière des genres qui, sous un mode foisonnant et engagé, a pour but d’examiner certaines mutations de la répression.

    Dans une petite présentation, qui reflète le style corrosif et poétique de cet album, Saul Williams n’hésite pas à comparer les artistes à des “nègres” au service des labels. Il y déclare notamment: “ comme pour l’apartheid, chaque label cherche à nous démultiplier en accentuant nos différences et en nous étrillant jusqu’à nous réduire à des modèles inférieurs. Il en résulte qu’un amas de disques, produits par des talents anonymes, finissent par passer à la trappe“.

    Hommage aux pérégrinations de Bowie, “The Inevitable Rise and Liberation of NiggyTardust!” en constitue une réinterprétation politisée qui mène un héros imaginaire dans une odysée révolutionnaire. Outre ce positionnement militant, cet album est surtout l’histoire d’une heureuse rencontre, à travers laquelle Williams et Reznor font preuve d’une impressionnante complémentarité.

    Il existe deux manières de se procurer l’album sur le site Niggytardust.com. Soit en obtenant gratuitement une version mp3. Soit en payant environ 4 euros pour une version de très haute qualité, et du même coup soutenir le cause de Saul en rendant notamment “plus pauvres les intermédiaires“.

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    Blues: Son of Dave, le blues du XXIe siècle

    Benjamin Darvill, un ex-Crash Test Dummies, décline le blues dans de nouvelles gammes

    Avec son complet trois-pièces, ses bretelles et son chapeau borsalino, Son of Dave semble sortir tout droit de l’arrière-salle enfumée d’un bar clandestin durant la prohibition. Armé d’une harmonica, d’un micro vintage, de quelques samples et autres babioles, on imagine difficilement que ce rouquin, aux allures de Joseph Beuys inhibé, produise ce blues intense et authentique. A mi-chemin entre beat-boxing, bricolage sonore et références cinématographiques, on ne peut résister à l’univers rétro de ce gentleman au style impeccable.

    CONCERTS

    • 12/12/07 Les Docks / Lausanne
    • 13/12/07 Les Caves / Martigny

    VIDEO

    • Son of Dave, “Devil Takes My Soul”

    • Son of Dave, “How We Met” (clip inspiré par la chanson)


    DOCUMENTAIRE

    SITES

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    Expérience: Les rafraîchissements de Hermeto Pascoal

    “Música da Lagoa”, une expérience immersive du compositeur brésilien audacieux

    Le compositeur et multi instrumentiste brésilien Hermeto Pascoal n’a cessé de proposer des approches défiant les idées préconçues, afin d’ouvrir de nouvelles voies et de révéler la musicalité du monde. Après un début précoce, il commence à se produire avec des formations du nordeste avant de débuter véritablement une carrière internationale après suite à sa collaboration avec Miles Davis pour l’enregistrement de Live-Evil. Entre ses mains, les objets les plus banals peuvent potentiellement se transformer en instruments. Toute une partie de son oeuvre vise également à intégrer les éléments naturels. Avec “Música da Lagoa”, il plonge littéralement son orchestre dans un lagon pour produire ses compositions anticoformistes vaguement édeniques et surtout très rafraîchissantes.

    VIDEO

    • “Música da Lagoa”, Hermeto Pascoal

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    Podcast: DJ Vadim, chasseur de bon son


    120 minutes de mix lowtempo dispensé par le Sound Catcher N°1

    Voix soul chaleureuses ou raps enfiévrés, percussions indiennes, cordes japonaises, mélopées brésiliennes ou riddims jamaïcains, DJ Vadim n’a pas son pareil pour sélectionner des pépites hétéroclites et composer des atmosphères veloutées.

    Il nous offre ici un de ses sets à la fois varié et ambitieux. Un pur régal!

    PODCAST

    • DJ Vadim

    SITES

    ALBUM

    • The Soundcatcher, (BBE Music)

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    Hip hop: Sole, le poète exalté


    ILLUSTRATION: Ravi Zupa

    Le rapper de Flagstaff s’entoure d’un groupe pour un sixième album et une tournée aux teintes post-rock

    Tim Holland, outre sa prolixité intarissable et ses textes ciselés lorsqu’il rappe sous le nom de Sole, est également le co-fondateur de l’incontournable label Anticon. Une institution déterminante de la scène hip-hop américaine, qui a largement participé à en décloisonner les routines uniformisantes. Ainsi, depuis plus de dix ans, il a participé à faire ressortir la charge poétique et innovante d’un courant qui s’enlise facilement dans ses propres clichés. Collaborant habituellement avec Odd Nosdam ou Jel, Sole s’est entouré du Skyrider Band pour ce nouveau projet. Un trio d’obédience post-rock qui permet au rappeur d’insuffler encore un peu plus d’éclectisme et d’improvisation à son répertoire.

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    ALBUM

    • Sole & The Skyrider Band (Anticon)

    SITE

    TOUR

    • 01/12/07 Fri-son / Fribourg
    • 02/12/07 L’Usine / Genève
    • 03/12/07 Grrrnd Zero, Rail Théâtre / Lyon
    • 04/12/07 Glaz’Art / Paris
    • 06/12/07 Molodoi Strasbourg
    • 08/12/07 Botanique, Witloof Bar / Brussles

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    Soul: The Dynamites et Charlie Walker

    Un groupe de Nashville redécouvre une vielle gloire de la soul pour produire une association détonante

    Pour ce premier album intitulé Kaboom!, The Dynamites se fait plaisir en s’associant avec le chanteur Charlie Walker. Un vétéran de la scène soul qui connut son heure de gloire durant les années 60 et 70, lorsqu’il enchaînait les sorties avec des labels tels que Decca, Champion ou Chess. Même s’il n’a pas été très actif depuis cette période, l’intéressé avouait récemment se sentir un meilleur chanteur qu’à l’époque. Une chance pour le groupe originaire de Nashville, Tennessee, qui peut ainsi agrémenter son rythm’n'blues explosif avec une voix à l’authenticité intacte. Pour preuve, “Slinky”, un titre extrait de Kaboom!, en téléchargement gratuit.

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    • “Slinky”, Kaboom! (Ter à Terre / Discograph)

    SITE

    VIDEO

    • The Dynamites & Charlie Walker (Live)

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    Electro: Ghislain Poirier à la sauce berlinoise

    Blazin’ de Ghislain Poirier remixé par Modeselektor en download

    Le rapper québécois s’associe au duo berlinois pour un remix du titre d’inspiration dancehall Blazin‘, tiré de son dernier album “No Ground Under”. La voix de Face-T se réduit à un simple “we keep it” et le reste du morceau propose une relecture aux basses profondes, parsemée de quelques sons de sirènes lointains, qui fait écho à certaines productions rattachées à la scène dubstep.

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    • Ghislain Poirier, Blazin’ (Modeselektor Remix)

    SITE

    CONCERTS DE MODESELEKTOR

    • 06/12/07 Das Schiff / Bâle

    • 07/12/07 The Hive / Zürich

    • 08/12/07 Les Transmusicales / Rennes

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    Hip hop: Un soir chez Big Dada

    Blackitude, Juice Aleem, Busdriver devant l’Elektrowerks, Londres, 16/11/07

    PHOTOS: Romain Jeantet

    Le label passe le cap des 10 ans en s’offrant une compilation et une soirée londonienne mémorable

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    Download: Yeasayer, un groupe paradoxal

    Avec ce premier album, le groupe de Brooklyn promeut une approche foncièrement expérimentale, en toute simplicité

    À la première écoute, on peut facilement être quelque peu dérouté par les sonorités vaguement soft rock et worldisante qui émanent de certains morceaux. Des passages évoquent quelques résurgences de pop eighties plus ou moins douteuse où Talk Talk, Gary Numan ou Peter Gabriel semblent s’être acoquinés à des percussions traditionnelles africaines ou à des guitares manouches. De plus, bien que Anand Wilder, Chris Keating, Ira Wolf Tuton et Luke Fasano affichent une déférence pour les Dead Kennedys ou Leonard Cohen, le quatuor définit son style comme étant de la musique world. On dira plutôt qu’avec leur aptitude à se jouer des contradictions, Yeasayer est l’archétype du groupe paradoxal.

    Avec sa succession d’enchevêtrements parfaitement maîtrisés, “All Hour Cymbals” est une forme de tourbillon qui transfigure des sources éclectiques dans une vision résolument fraîche et inédite. Ils conditionnent l’imprédictible, tout en atteignant cet équilibre difficile qui permet de rendre familiers les arrangements les plus incongrus. Dans la veine de groupes tels que TV On The Radio ou d’Animal Collective, Yeasayer régate à contre-courant, avec aisance et indifférence, pour proposer un projet original parfaitement abouti.

    ALBUM

    • Yeasayer, “All Hour Cymbals”, (We Are Free / Differ-ant)

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    SITE

    CONCERT

    • Le concert prévu à la Maroquinerie le 25/11 est annulé.

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    Download: Hypnotic Brass Ensemble, le groove des cuivres

    Un ensemble de Chicago perpétue l’esprit du Brass Band en y insufflant une bonne dose de groove

    Originaire de Chicago, le Hypnotic Brass Ensemble est un brass band composé de huit cuivres et d’une batterie qui, à l’instar du Youngblood Brass Band, propose une approche réactualisée du brass band. Tous les membres de cet orchestre partagent des liens de parenté étroits et désirent perpétuer la philosophie de Kelan Philip Cohran. Un compositeur qui débuta sa carrière en tant que trompettiste et cornettiste au sein du Sun Ra Arkestra et qui, par la suite, participa à la mise en place de l’AACM avant de créer le légendaire Artistic Heritage Ensemble.

    Fort de cet illustre héritage, le HBE s’est fait progressivement connaître en multipliant les ponts entre le passé et le futur de la black music et par ses concerts improvisés dans l’espace public. Les collaborations récentes avec Mos Def, le soutien de Gilles Peterson ou encore ce documentaire réalisé par le New York Times, ont notamment contribué à asseoir la renommée de ce projet cuivré.

    Un certain nombre de morceaux et de vidéos peuvent être téléchargés directement ici.

    ECOUTER

    • Hypnotic Brass Ensemble, Funky Drummer (live avec Mos Def)

    • Hypnotic Brass Ensemble, Brass in Africa

    VIDEO

    “War”

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    Download: Prince, toujours plus invisible








    THIS PHOTO IS CURRENTLY UNAVAILABLE






    PHOTO: Inconnu

    Après les majors, c’est au tour des sites de fans de subir l’attitude sans compromis de la star pour contrôler son image

    Depuis quelques jours, les services de relations publiques de Prince ont engagé des actions d’envergure à l’encontre des responsables de trois sites de fans non officiels. Ceux-ci ont été invités à retirer toutes les photographies, les paroles, les couvertures d’album qui pouvaient, de près ou de loin, se rapporter à la star. Selon les déclarations d’un des sites de fans incriminés, les mandataires au service de Prince auraient été jusqu’à demander que soit enlevées des photographies de tatouages le représentant. Ces sites sont également accusés d’affirmer à tort d’être représentatifs de millions de fans.

    Princefams, Housequake et Prince.org ont réagi la semaine passée en s’alliant sous le nom de Prince Fans United pour défendre leurs droits. De son côté, la star furtive a donné son point de vue sur ce litige en proposant un morceau inédit sur son site officiel. Dans PFUnk, Prince ironise, avec une voix étonnament haute, sur la situation. Le chanteur y déclare notamment:” La seule raison qui vous fait dire mon nom / c’est pour avoir vos 15 secondes de gloire / Personne ne sait vraiment ce que vous faites / Je me fiche de ce que les gens vont dire / Je laisserai pas ça gâcher ma journée / Le meilleur remède à un panier plein de mensonges / C’est le funk”. Puis plus tard, “Je vous aime tous, ne revenez plus me causer des problèmes”

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    Afro Beat: The Souljazz Orchestra en tournée

    Les Canadiens du Souljazz Orchestra débarquent en France pour distiller leur afro beat hautement énergétique

    Le Souljazz Orchestra perpétue une tradition d’afro beat énergétique, dans le droite ligne des Fela Kuti, Tony Allen ou Orlando Julius. Toutefois, en ouvrant leur style à d’autres inspirations musicales, telles que le boogaloo, la soul ou le jazz, ce groupe canadien propose un funk original qui leur a déjà valu de tourner avec des musiciens tels que Femi Kuti, Sharon Jones ou Etta James. Leur titre Mista President a notamment été classé dans les 10 meilleurs morceaux de l’année par les auditeurs du show de Gilles Peterson. Avec ses cuivres enflammés et son groove polyrythmique, le Souljazz Orchestra distille un savant mélange qui va enthousiasmer les amateurs d’afro beat les plus exigeants. En écoute, Freedom No Go Die, extrait de l’album éponyme sorti l’an passé.

    EN ECOUTE

    Freedom No Go Die , “Freedom No Go Die” (SOCAN/BMI)

    SITE

    Site du groupe

    CONCERT

    23/11 Jam/Montpellier
    24/11 Poste a Gallene/Marseille
    27/11 Batofar/Paris
    28/11 Havana Café/Toulouse
    29/11 Jam/Nantes
    30/11 Radio Nova Live/Belleviloise/Paris

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    Soul: Asa, comme un cri d’espoir

    PHOTO: Benoit Peverelli

    Bien qu’elle soit née à Paris, Asa (prononcé Asha) a passé la majeure partie de sa vie à Lagos City, la chaotique capitale nigériane, avant de revenir en France. En se nourrissant aussi bien des standards de la soul, du reggae, du r’n'b ou des musiques traditionnelles, Asa a su forger son style original. Elle apporte notamment un soin particulier aux mélodies et ses textes, en anglais ou en yoruba, expriment les choses simples de la vie avec une candeur insidieuse, un peu d’ironie et beaucoup d’esprit.

    Avec Fire On The Mountain, extrait de son premier album, elle dresse un constat ironique sur la passivité occidentale face aux malheurs qui frappent le continent Africain. «Je veux que ma musique touche les gens. En tant qu’africaine, je veux redonner espoir aux miens, mais aussi plaider en leur nom. Je veux montrer à la face du monde que quelque chose de beau et de positif peut venir du continent noir et inspirer les jeunes du monde entier.». Un message volontariste, porté par une voix exceptionnelle, à découvrir prochainement sur scène.

    SITES

    CONCERTS

    23/10 Virgin Megastore/Bordeaux 18:00
    27/10 Docks des Suds/Marseille
    05/11 La Boule Noire/Paris
    06/11 La Boule Noire/Paris

    VIDEO:

    • Fire On The Mountain

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    Expériences: Redonner du souffle au gramophone

    Un projet artistique redonne une seconde vie à de vieux morceaux tombés dans le domaine public

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    The Heavy: Vaudou Rock

    the heavy PHOTO: Joshua Bradley

    Avec leur premier single sorti en juillet dernier, The Heavy affichait d’emblée une prédilection affirmée pour exhumer les sons du passé. Soul, R’n'B, blues ou rock psychédélique sont convoquer pour façonner des incantations à la fois mélancoliques et puissantes.

    Avec sa voix haute et doucement envoûtante, le chanteur Swaby délivre une soul habitée qui, à l’instar de That Kind of Man, réveille immanquablement quelques spectres. Une version cyclique et enivrante de Freedie’s dead de Curtis Mayfield, dont les résonances lointaines semblent distordre le temps au point de réveiller les morts.

    Leur premier album “Great Vengeance & Furious Fire” sort le 23 octobre

    VIDEO: That Kind of Man, “Great Vengeance & Furious Fire” (Ninja Tune/Ping Pong)

    SITES

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    Arts plastiques ou Musique: Je me tate…

    tatetrack

    Dans le cadre du projet Tate Tracks, des groupes sont invités à mettre en musique certaines oeuvres de la Tate Modern.

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    Jazz: Quand Sun Ra jouait à Batman

    batman

    Un projet obscur de Sun Ra refait surface grâce à Internet et la radio WFMU

    En 1966, un fabricant de jouet de Newark, dans le New Jersey, enregistrait un disque pour enfants inspiré par la série à succès Batman et Robin. Le groupe s’appellait The Sensational Guitars of Dan and Dale et il aura fallu quelques années avant de découvrir la véritable identité des musiciens. En réalité, derrière ce sobriquet se cache la réunion exceptionnelle de Sun Ra et son Arkestra, ainsi que des membres du groupe de rock psychédélique The Blues Project.

    Afin de réduire les frais de production au minimum, toutes les chansons sont basées sur des morceaux qui étaient déjà dans le domaine public. On y trouve notamment des thèmes empruntés à Chopin ou à Tchaikovsky. Tout l’album est instrumental excepté le Batman Theme et le superbe Robin’s Theme, dont l’interprète non crédité pourrait être June Tyson.

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    Grime: Lethal Bizzle chez les indies

    lethal bizzle

    Avec son excellent Back To The Bizznizz sorti récemment, le rapper londonien Lethal Bizzle se singularisait par une étonnante collaboration avec les Babyshambles sur le titre “Boy”. Après une tournée aux côtés Jack Penate, l’enregistrement du morceau ‘Staring At The Rudeboys’ avec le groupe punk rock The Gallows et des projets avec The Enemy, Lethal Bizzle consolide son statut de rapper le plus indie de la scène hip-hop britannique.

    Une posture symbiotique confirmée dans le clip vintage “Police On My Back”, construit autour d’un sample du morceau éponyme des Clash. Bien qu’il y conte sa mésaventure lors d’un vol de voiture, le rapper se dissocie ironiquement des poncifs collant traditionellement à la scène grime: ampli Marshall, guitares élimées, bruits de disto et complets sixties.

    Ici ce sont même les rockers qui se font malmenés par des policiers malveillants, laissant du même coup Lethal quelque peu désarçonné au milieu de cet environnement de reliques indie.

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    Anthony Joseph: Lâché de lion à la Villette

    Anthony Joseph

    PHOTOS: JOEL VACHERON

    Le poète Anthony Joseph et son Spasm Band viennent proposer leur free jazz insulaire dans le cadre du Festival de la Villette.

    10 invitations à gagner pour ce décollage assuré

    Dès son arrivée en Angleterre, au début des années 90, Anthony Joseph se distingue tout d’abord au sein de la scène “black rock” londonienne. Toutefois, c’est dans les circuits de la scène spoken word que le jeune poète, originaire de Trindidad, a progressivement pu affiner sa vision artistique syncrétique et originale. À ce titre, les circonstances qui ont concouru à la production de son premier album sont assez singulières. En effet, le groupe qui l’accompagne, The Spasm Band, est initialement conçu comme une figure narrative idéale, présente dans l’univers littéraire de son dernier ouvrage intitulé “The African origins of UFO’s”. Anthony Joseph y postule que les ovnis seraient en fait habités par des descendants d’Africains à la recherche de la terre de leurs ancêtres. Dans ce roman poétique, The Spasm Band constituerait une sorte de projet musical utopique qui regrouperait des rythmes séculaires, hérités des chants baptistes de son enfance, avec les visions extraterrestres de Sun Ra, les grooves entêtants de Fela Kuti, les envolées d’Albert Ayler ou la poésie de Gil Scot Heron.

    Fidèle à sa conviction que “l’univers finit toujours par assembler de manière harmonieuse les choses qui doivent être réunies”, Anthony Joseph n’a pas eu trop à forcer le destin pour matérialiser ce fantasme de “jazz insulaire sauvage”. Sans véritable planification, l’esprit du Spasm Band s’est progressivement concrétisé sous la forme de ce quintette retrofuturiste propulsé au jazz, au funk et une relecture transgressive des musiques religieuses de Trinidad. En patois caribéen, Leggo de Lion signifie littéralement “lâcher le lion”. Un titre bien trouvé pour leur premier album, tant il semble évident que le groove irrésistible du Spasm Band et le charisme d’Anthony Joseph possèdent une véhémence féline. En s’inspirant des échos du passé, tout en présumant des rythmes à venir, l’incarnation tangible d’Anthony Joseph & The Spasm Band nous embarque dans une odyssée musicale aux rencontres et aux résonances fantastiques.

    Article déjà paru dans Vibrations magazine

    SITES

    ALBUM

    CONCERTS

    07/09 Anthony Joseph & The Spasm Band + Tikiman (Paul St-Hillaire) & invités.
    Point Ephémère, 190-206, quai de Valmy, Jazz à la Villette Paris, 22h
    Info et réservations

    10/10 Anthony Joseph & The Spasm Band, Nancy Jazz Pulsations, au Hublot

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    Jazz: Youngblood Brass Band, rafales de vent en prévision

    YBB

    La tornade Youngblood Brass Band va souffler sur la Suisse et la France dès la fin du mois. Une bonne occasion pour (re)découvrir un brass band réputé pour ses concerts enfiévrés.

    Composée quasi exclusivement de cuivres et de percussions, le Youngblood Brass Band est une “fanfare” qui s’inspire du jazz de la nouvelle Orléans pour proposer une fusion particulièrement originale oscillant entre experimentation, hip hop, spoken word et funk. Le premier album des YBB, sorti en 2000, intégrait des rappeurs tels que Talib Kweli, Mike Ladd, DJ Skooly, ou encore le chanteur Ike Willis. Une approche originale qui permis au groupe d’être repéré par le label new-yorkais Ozone Music. Une collaboration qui débouchera sur le l’album remarquable Center:Level:Roar. Portés par des lignes de sousaphone sourdes et profondes, des morceaux tels que “The Movement” ou “Brooklyn” sont des hymnes d’une puissance vivifiante contagieuse. De retour sur leur propre label avec Is That a Riot?, le YBB n’a rien perdu de sa fougue. Grâce à cet équilibre entre expérimentations et émulations festives, le YBB se distingue par ses concerts explosifs.

    Le groupe est également actif dans la vie culturelle de Madison, leur ville d’origine, grâce à leur association Layered Arts Collective. Outre le lancement de leur propre label et d’une maison d’édition de partitions musicales, ils dispensent également des cours et des workshops relatifs à l’histoire du jazz. Un cocktail original qu’il sera possible d’apprécier prochainement en concert grâce à leur tournée en France et en Suisse. Quatre places à gagner pour la soirée du 29/9 au Festival Marsatac de Marseille, où le YBB partagera notamment l’affiche avec Mos Def, Rakim, le Cinematic Orchestra, Le Peuple de l’Herbe, TY, Herbaliser, etc.

    CONCERTS

    28/09 Caves du Manoir/Martigny

    29/09 Marsatac/Marseille

    02/10 Maison de Folies/Lille

    03/10 Le Chabade/Angers

    04/10 Le Fuzz’yon/La Roche Sur Yon

    05/10 Salle Daniel Fery/Nanterre

    06/10 La Cartonnerie/Reims

    07/10 Festival Musique de Rue/Besançon

    CONCOURS

    Pour gagner des invitations pour le festival Marsatac à Marseille, envoyez-nous un mail avec vos nom, prénom et adresse postale à concours@vibrations.ch. 4 invitations pour la soirée du 29/09 au Festival Marsatac, (Merci de rappeler “Marsatac 29″ dans l’intitulé du message).

    En plus, nous offrons également 4 invitations pour la soirée du 28/9 au Festival Marsatac qui propose un line up composé de The Divine Comedy, Nathan Fake, GusGus, The Dead 60’s, Modeselektor, Young Gods, etc. Envoyez-nous un mail avec vos nom, prénom et adresse postale à concours@vibrations.ch. (Merci de rappeler “Marsatac 28″ dans l’intitulé du message).

    Les gagnants seront avertis par email.

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    Grime: Wiley, la récréation est terminée

    wiley

    PHOTO: PER CREPIN

    Le MC et producteur londonien Wiley est considéré, à juste titre, comme l’un des pères fondateurs de la scène grime. Toutefois, avec son dernier album “The Recreation is Over”, Wiley annonce qu’il se retire du jeu

    En 2003, Wiley, ancien membre de Pay as U Go, et grand frère du Roll Deep Entourage, sort le morceau emblématique “Wot do u call it?”. Un titre interrogateur à travers lequel il se moquait des dj’s, journalistes et autres commentateurs qui cherchaient absolument à donner un nom au dernier courant qui secouait la scène underground londonienne. Entre substep, sublow ou eski, c’est finalement l’appellation grime qui s’était imposée pour définir cette mutation dark de breakbeat et drum’n’bass, essentiellement produites par des MC’s. Reflets des nuisances sonores de l’environnement urbain, sonneries de natel, bruits de playstation, klaxons et sirènes juxtaposées pour composer des univers low-tech dissonant et menaçant. À cette époque Wiley, alors âgé d’à peine 24 ans, était déjà considéré comme un vétéran au milieu de tous ses collégiens. Une année plus tard, son premier album, l’excellent “Treddin On Thin Ice” (XL Recordings) allait s’imposer comme une référence incontournable.

    Aujourd’hui, alors même que le grime est retourné dans l’underground, Wiley reste plus que jamais une figure majeure. Son second album “Playtime Is Over” (Big Dada) prouve une nouvelle fois tout le talent du MC dissident. Pour l’occasion, à l’aide de sons bruts et d’un flow saccadé caractéristique, il est revenu au style initial du courant. Ceci pour la dernière fois. En effet, “la récréation est terminée!”, scande Wiley dans un titre éponyme. Même s’il compte continuer à faire des productions et à s’occuper de son label Eskibeat, Wiley affirme qu’il n’officiera plus en tant que MC. Une décision qui n’est pas totalement surprenante dans une scène qui s’est autojugulée et ne cesse de se rajeunir. Face à ce renouvellement perpétuel, et ces duels fratricides, on comprend que Wiley, même pas trentenaire, se sente vieillir précocement. Il quitte la scène avec l’honneur d’avoir influencé plusieurs générations de MC’s, dont un certain Dizzee Rascal.

    SITE

    CONCERT

    ALBUM

    • “Playtime Is Over” (Big Dada)

    VIDEO

    • “50/50″

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    Live: Les Caraïbes via Notting Hill

    notting hill 2006 Notting Hill, 2006

    Le weekend prochain, comme chaque année depuis 1965, Londres va vibrer à l’heure caribéenne à l’occasion du traditionnel carnaval de Notting Hill.

    Dimanche et lundi prochain, tandis que les écoles de danse défilent, tout ce que la ville compte de steel band, de brass brand, et autres sound systems monumentaux vont s’ameuter pendant deux jours pour faire vibrer les bâtiments de l’ouest de Londres. Un spectacle bigarré et chaloupant radicalement dépaysant!

    Du calypso au dubstep en passant par le funk, la soca, la drum’n'bass ou le reggae, près d’une cinquantaine de sound systems vont rivaliser de puissance sonique et d’originalité pour faire danser le million de personnes attendu. Une fréquentation exceptionnelle qui impose depuis longtemps le carnaval de Notting Hill comme l’une des plus importantes manifestations de rue en Europe. On est bien loin des émeutes de 1976, qui ont longtemps servi à stigmatiser l’événement. Plus que jamais, et pour autant qu’on ne soit pas trop agoraphobe, le carnaval de Notting Hill est un pélerinage qui s’effectue généralement en famille. Bien que la manifestation officielle se termine en début de soirée, la fête est loin d’être terminée. Un éventail impressionnant d’after-parties permetteront de satisfaire tous les appétits musicaux. À ce titre, il est conseillé de s’organiser un minimum pour éviter certaines déconvenues à l’entrée des clubs.

    Une manière également de raviver l’identité d’un quartier qui, après-guerre, était l’un des principaux points de chute des migrants en provenance des Caraïbes. Une page d’histoire définitivement revisée suite, notamment, aux vagues de spéculation immobilière abusives qui ont suivi un fameux coup de foudre cinématographique.

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    Jazz: Mort de Max Roach

    max roach

    Le batteur Max Roach est mort dans son sommeil mercredi à New York, à l’âge de 83 ans. Compositeur et improvisateur hors pair, il lègue une oeuvre monumentale, caractérisée par des remises en question continuelles et une volonté affirmée d’ouvrir constamment de nouvelles voies.

    Max Roach est encore adolescent lorsqu’il débute au côté de Charlie Parker et Duke Ellington dans les bouges de Harlem. En peu de temps, il parvient à imposer son talent et les plus grands jazzmen de l’époque connaissaient son nom avant même qu’il ait fini sa scolarité. Il devînt ainsi l’une des figures pionnières d’un jazz sophistiqué et affranchi qu’on appellera le be-bop. Durant les années 40, il est une figure incontournable de la 52nd Street et on le retrouve également aux côtés de Miles Davis dans les sessions d’enregistrement de “Birth of Cool” en 1949 et 1950.

    En 1954, il entame une collaboration mémorable avec Clifford Brown qui marque le point d’origine du hard bop. Le quintette est brutalement disloqué suite à la disparition accidentelle du trompettiste deux ans plus tard. Un choc énorme que Max Roach met plusieurs années à surmonter. Il y parvient notamment grâce au soutien de son épouse de l’époque, la chanteuse Abbey Lincoln.

    Il milita aux côtés de Martin Luther King ou de Malcolm X et son oeuvre est indissociable de son engagement politique pour les droits civiques. En 1952 1960, il enregistre “We Insist! Freedom Now Suite”, déclarant dans le même temps qu’il ne jouerait plus jamais quoi que ce soit qui ne recouvre pas une signification socio-politique. Il sera encore impliqué dans l’émergence du free jazz et plus tard dans divers types d’expérimentations, notamment avec des disc jockeys ou des artistes vidéos.

    Au début des années 70, il entama une carrière d’enseignant et devînt l’un des premiers jazzmen à être nommé Professeur dans une université. En 1988, il est honoré de la prestigieuse distinction de la MacArthur Fondation. Revenant sur sa carrière avant-gardiste, il déclarait en 1990 au New York Times: “Il n’est pas possible d’écrire deux fois le même livre, malgré le fait que j’ai été impliqué dans de nombreux tournants historiques, je ne peux pas retourner en arrière. Même si je traverse des crises artistiques, celles-ci rendent ma vie intéressante“.

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    funk: Sly & The Family Stone, l’esprit de famille

    PHOTOS: 2007 © Lionel Flusin - Montreux Jazz Festival Foundation

    Vendredi passé, la légende du funk faisait au Montreux Jazz Festival une apparition devant une foule partagée: révérence pour les uns, gêne pour les autres

    Il est déjà 1h15 du matin et une indéniable tension se dégage, au Montreux Jazz Festival, de l’auditorium Stravinsky, dans l’attente de voir enfin apparaître Sly Stone & The Family Stone. Ceci d’autant plus que les rumeurs allaient bon train. Le jour précédent, lors d’un concert à Rome, le spectre funky ne s’était acquitté que d’une seule chanson.

    Soudain, Claude Nobs, grand prêtre du festival, surgit sur scène tel un messie excité et s’exclame “c’est un rêve qui devient réalité”. Les membres du groupe débarquent sur scène et entament un “Dance To The Music”, distillant d’emblée le pouvoir libérateur d’un groove hybride et familial qui a su rester implacable à travers les décennies. Même si la trompettiste Cynthia Robinson est la seule rescapée de la formation originale, l’attitude canaille et l’esprit visionnaire des 70’s soufflent pour un temps dans l’auditorium.

    La famille continue à chauffer la salle en enchaînant sur “Everyday People” et “Somebody’s Watching You”, puis s’arrête. De manière emblématique, Sly Stone sort de sa longue réclusion en entamant “Stand” a cappella. Sa voix rocailleuse et chevrotante se déroule telle une sourde incantation, un écho lointain de sa période incandescente.

    En archéologie, lorsqu’on découvre des trésors enfouis depuis des lustres, peu importe si ces objets ont perdu leur éclat initial. Témoignages, plus ou moins bien conservés, de la splendeur d’une époque, ces reliques restent néanmoins admirables. C’est un peu l’impression qui subsiste lorsqu’on a été confronté à ce dieu du groove quasi momifié. En dévoilant les signes patents de sa décrépitude, Sly Stone offre une tournée d’adieux qui va bouleverser ses admirateurs et profondément embarrasser les autres.

    SITES

    CONCERTS

    • 19/7: Nice, Nice Jazz Festival
    • 23/7: Paris, Olympia (avec Martha High et les Shaolin Temple Defenders)
    • 27/7: San Sebastian, Square Trinidad

    SUR VIBRATIONSMUSIC.COM

    • News: Sly Stone sort de son mutisme, rencontre avec Vanity Fair

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    punk: The Slits, une brèche toujours d’actualité

    PHOTO: JOEL VACHERON, The Slits, Denmark St., Londres, avril 2007

    Figure du proue de la scène punk des années 70, le groupe féminin s’est reformé récemment autour de deux membres originaux, la bassiste Tessa Pollitt et Ari Up. Rencontre avec la chanteuse au dreadlocks, accompagnée par deux nouvelles recrues, avant leur tournée française

    Comment avez-vous occupé votre temps depuis la séparation du groupe en 1981?
    Ari Up: En ce qui me concerne, je désirais avant tout quitter Londres et l’Europe pour retrouver un style de vie véritablement tribal. Avec les Slits, nous vivions vraiment comme une tribu et je pense, de manière générale, que cet état d’esprit s’est largement perdu tout au long des années 90. Dans un premier temps, je suis partie vivre au Belize, puis dans la jungle de Bornéo. Actuellement, je vis entre la Jamaïque et New York.
    Trente ans après le début des Slits, comment parvenez-vous à conserver l’énergie punk des débuts?
    Anna Schulte: Même s’il n’est généralement pas présenté comme tel, The Slits a toujours été un groupe à géométrie variable. Du même coup, il ne s’agit pas uniquement d’un comeback, à travers lequel on rejouerait simplement les anciens morceaux, mais il s’agit plutôt de continuer dans le même esprit en produisant de nouvelles compositions.
    Ari Up: Les Slits, c’est une révolution qui doit être continuée.
    Vous sentez-vous partie prenante du revival punk rock qui secoue l’Angleterre en ce moment?
    Nadiya: Je pense que nous n’avons rien à voir avec ce revival qui est, en grande partie, essentiellement esthétique. Loin des codes vestimentaires uniformisés et des clichés en tous genres, on essaie de privilégier une approche véritablement créative.
    Ari Up: Notre public est très hétéroclite et recouvre plusieurs générations. Il ne s’agit pas nécessairement d’amateurs de punk rock. De plus, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, l’accueil qu’on nous a réservé en Angleterre est beaucoup moins chaleureux qu’en Australie, aux États-Unis ou au Japon. Ici, du côté de l’industrie et des médias, on ne reconnaît pas vraiment notre contribution. Je pense qu’on devrait directement miser sur Hollywood!

    DISQUE

    • The Slits, Revenge Of The Killer Slits (maxi single) (S.A.F.)

    SITE

    A VOIR

    Aujourd’hui: un live donné pour Fox Rox en 2006, “Kill Em With Love”, tiré du maxi single Revenge Of The Killer Slits.

    Hier: les Slits se reformaient déjà, pour “Earthbeat”, single paru sur l’album de 1981 Return Of The Giant Slits.

    CONCERTS

    • 24/4: Brest, La Carène
    • 25/4: Nantes, L’Olympic
    • 26/4: Paris, La Maroquinerie
    • 27/4: Tourcoing, Le Grand Mixe

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    électro: Matthew Herbert en cinémascope

    PHOTO: JOEL VACHERON, Brockwell Park, avril 2007

    Matthew Herbert sort coup sur coup deux albums “flash-back” aux styles très contrastés. D’un côté, la réédition de l’album visionnaire 100lbs, qui enchantera les amateurs pointus de techno minimale. De l’autre côté, Score, un superbe florilège de musiques de films aux teintes mélancolique, qui dévoile une nouvelle facette du zélig de l’électro.

    Une réédition et une compilation… c’est pas un peu tôt pour entamer les hommages?
    Pour être honnête, je ne suis pas un fan de ce type de réédition. Mais en ce qui concerne ces deux albums, c’est un peu particulier. En effet, 100lbs constitue un assemblage de singles qui furent initialement pressés en tirage très limité. Quant à Score, il s’agit de morceaux inconnus du public, puisque les films pour lesquels ils furent composés étaient généralement cantonnés à des réseaux de diffusion très restreint. Il semblait donc important de compléter les cases laissées vides dans mon parcours discographique. De toute façon, je préfère être jugé sur le processus de création plutôt que sur le produit fini.
    Les morceaux de Score recouvrent toute votre carrière. Cependant, le disque présente un caractère plutôt classique et sobre. Cette homogénéité n’est-elle pas surprenante quand on connaît votre penchant pour l’expérimentation et le mélanges des genres?
    En effet, la composition de BO se singularise par le fait qu’on ne peut pas compter exclusivement sur ses propres idées et il s’agit plutôt de pouvoir coller toujours au plus près des exigences du réalisateur. De surcroît, le cinéma est un art qui impose au réalisateur une confrontation perpétuelle avec l’histoire de sa discipline et, il faut bien l’avouer, c’est très souvent la tradition qui l’emporte! Du même coup, une musique trop expérimentale peut facilement nuire à la compréhension du film et une bonne BO ne doit pas créer de tensions avec les intentions initiales du réalisateur ou les canons du genre. Pour utiliser une métaphore, composer une musique de film, c’est un peu comme si le réalisateur avait construit une maison et qu’il vous demandait de l’aider à décorer l’intérieur. Cette situation implique bien évidemment de nombreux compromis.
    Quelles sont les conséquences d’un tel processus sur votre manière de travailler?
    Tout d’abord, il s’agit de trouver un langage unique qui particularise chacune de mes BO. J’y parviens notamment en m’inspirant des musiques en provenance du pays où se déroule l’intrigue, en fabriquant des instruments, ou encore, de manière systématique, à travers le choix et un usage particulier de nombreux samples. J’ai également appris à comprendre comment la musique peut-être utilisée en tant que “liant”, ou “correcteur”, pour rectifier certaines faiblesses des comédiens, des problèmes d’éclairage ou de sons. Dans ces cas ultimes, l’imagination du compositeur peut aider le réalisateur à combler certaines déficiences.
    Vidéos clips et iPod: pensez-vous qu’il existe une relation toujours plus forte entre le son et la vision, que nous sommes toujours plus enclin à percevoir la musicalité de notre environnement?
    J’aimerai dire oui, mais en regard des productions actuelles, je ne pense pas que la musique soit à même d’exprimer la complexité de nos existences. Même si on peut éprouver quelquefois le sentiment de saisir le monde à travers la musique, grâce notamment à l’usage de iPod, ce type d’expériences ne traduit à aucun moment une conception philosophique de l’existence. La musique électronique actuelle souffre d’un manque patent d’inspiration et, du coup, j’ai tendance à me retourner vers des compositeurs classiques tels que Bob Marley pour entendre le monde tel que je le vois. Ou alors des courants authentiques comme le grime qui, à mon avis, se manifeste de la même manière musicalement et visuellement. Sombre et violente, c’est une musique qui est destinée à intimider.
    Qu’est-ce qui a changé dans votre manière de concevoir la musique depuis le début de votre carrière?
    100lbs est intéressant parce qu’il laisse transparaître une naïveté toute juvénile. Maintenant, je suis plutôt un vieil homme amer et passablement fâché contre le monde. Je me suis surtout rendu compte à quel point politique et musique sont incompatibles.
    Quels sont vos projets actuels?
    Je travaille intensément sur la musique du prochain film d’Etienne Chatilliez, une comédie musicale intitulée Agathe Cléry avec un orchestre de 80 musciciens. Je prépare également un nouvel album avec mon big band, qui sera enregistré dans les locaux du gouvernement, ainsi que mon premier projet rock.

    DJ SET

    ALBUMS:

    • Matthew Herbert, 100lbs (!K7)

    • Matthew Herbert, Score (!K7)

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    hip hop: Lady Sovereign dans la cour des grands

    lady1

    “La plus grande naine dans le jeu” entame une tournée de plusieurs mois et continue imperturbablement son ascension

    Avec sa garde-robe composée de training aux couleurs vives, sa panoplie de bijoux de tocs clinquants et sa moue boudeuse, à force de cumuler les archétypes Lady Sovereign aurait pu rester cantonnée à son rôle de parfaite petite chav. Cette sous-culture de jeunes adolescents, issus généralement des classes populaires blanches anglaises, qui se distinguent au quotidien par leur flot réthorique exeptionnel et leur usage systématique de formulations pas très élégantes.

    A la différence de pas mal de ses contemporains, Lady Sovereign a rapidement opté pour utiliser son débit oratoire à d’autres fins que pour insulter les chauffeurs de bus ou les rivales de sa classe. Très tôt biberonnée aux sons de la scène grime, elle fît un coup d’éclat l’an dernier en signant avec Island, alors qu’elle était à peine âgée de 19 ans, un contrat rondouillet de 1 million de livres. Dans la foulée, Lady Sov réussissait être la première artiste non-américaine à être produite par Def Jam. Elle devenait du même coup la petite protégée de Jay-Z.

    Toute la hype liée à cette exportation habile a porté ses fruits. L’album tant attendu Public Warning, sorti en fin 2006, est d’une très bonne facture et le style brut et teigneux de Lady Sov semble répondre aux attentes du public américain. Il lui reste désormais à confirmer tout cela sur scène et lorsqu’on voit la tournée massive qu’elle s’apprête à entamer, il ne fait aucun doute que les mois à venir marqueront un tournant décisif dans la carrière de la rappeuse espiègle. En s’infiltrant dans la brêche ouverte par M.I.A, Lady Sov a de forte chance pour s’imposer comme la première First Lady issue de la scène grime.

    A ECOUTER:

    • Lady Sovereign feat. Missy Elliott, Love Me Or hate Me (Uncesored Remix)


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