Auteur Vibrations

Charles Bradley, the godfather (of soul) 2


Le label Daptone est pour la parité. Après avoir aidé Sharon Jones à recevoir enfin un accueil à la hauteur de son immense talent, ils sont partis pour en faire de même avec Charles Bradley. Le bonhomme est lui aussi un de ces innombrables seconds couteaux de génie de la soul des 60s/70s que l’Histoire n’avait pas prévu de retenir. C’était sans compter sur les Justiciers Barbus de la Soul.

Thomas “Tommy TNT” Brenneck, guitariste des Dap Kings et du Budos Band, propose donc à Bradley de le signer sur Dunham, la sous-division qu’il gère chez Daptone, et tant qu’à faire de lui fournir un groupe avec The Menahan Street Band, son dernier projet en date (avec des collègues des Dap Kings, Budos Band, Antibalas et El Michels Affair). Ceux qui possèdent leur excellent album reconnaîtront d’ailleurs probablement certains thèmes recyclés ici.

Les musiciens de The Menahan Street Band sont d’une génération qui est venue à la soul et au funk via le hip hop. Ils ont donc la boucle dans la peau. Les douze titres de ce No Time For Dreaming vous accrochent l’oreille à la première écoute pour ne plus jamais la lâcher. Mais ça ne fait pas mal. Au contraire. La voix éraillée de Charles Bradley est de toute façon perpétuellement entre la caresse et la griffure, époumonant 400 ans d’Histoire noire à chacune de ses syllabes, rappelant au besoin ce que la soul doit au blues. Vous pouvez vous en rendre compte par vous-même avec cet excellent extrait de concert capté par nos confrères de Mowno.com lors du récent passage parisien des New-yorkais.

ALBUM

  • Charles Bradley, “No Time For Dreaming” (Dunham / Daptone / Differ Ant)

Charles Bradley & The Menahan Street Band, La Maroquinerie (17.02.11)
CHARLES BRADLEY & THE MENAHAN STREET BAND - LIVE in PARIS
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Label: Strut, quelques informations sur son inspiration

Tony Allen Jimi Tenor
Tony Allen et Jimi Tenor

Une compilation du label en téléchargement gratuit

«En 1986, j’ai commencé à travailler dans les studios du label Jive Records à Londres. J’ai fait ma première session avec Samantha Fox. Tu te rappelles son classique «Touch Me, touch me, I wanna feel you body?» » L’avantage des interviews par mails, c’est que l’auteur de cet article n’a pas eu à confesser en rougissant qu’il possédait carrément ledit 45-Tours. On aurait en tout cas imaginé un début de carrière moins «gonflant» pour Quinton Scott, le fondateur du label Strut. Pendant une bonne quinzaine d’années, Scott allait ainsi passer dans diverses maisons de disque, se retrouvant souvent en charge des compilations, pour le pire (les best of de Jive Bunny) comme le meilleur (les compiles funk Pulp Fusion).

En 1999, il décide de monter son propre label, Strut Records, pour apporter sa pierre à l’édifice commencé par les labels Street Sounds, Ace ou Soul Jazz, à savoir documenter avec sérieux et passion certains styles de musique peu médiatisés. «Nous avons sorti des disques très différents mais je pense que tous ont un point d’ancrage dans la danse. Ce sont toujours des musiques faites pour danser. Avec Strut, je voulais créer une sorte de repérage pratique des grands moments de la dance music, sous ses formes les plus variées. Je voulais aussi que ces disques soient accessibles à tous les amateurs de musique. En 1999, nous étions dans une sorte de période où l’élitisme et le snobisme régnaient dans le microcosme des DJ’s et des collectionneurs. On arrachait le macaron du disque pour que personne ne puisse identifier le disque en question. Genre, j’ai trouvé ce disque super rare et je veux que personne d’autre ne puisse l’avoir. Bullshit!! J’ai toujours trouvé ce comportement ridicule, et Strut a été créé dans l’exacte démarche opposée. Aujourd’hui, rien ne me fait plus plaisir que de recevoir des mails d’insulte de tel ou tel DJ qui a dépensé 200 livres sterling dans un 45-Tours que nous venons d’inclure dans une compilation…»

» LIRE LA SUITE ET TELECHARGER LA COMPILATION

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Jazz: Sweetback, remue-ménage à trois


PHOTO: Pierre Kolko

Avec «The Lost & Found Republic» le trio angevin sort un second opus attendu depuis dix ans

Ornette Coleman a sorti un «The Shape Of Jazz To Come», et Refused un «The Shape Of Punk To Come». Il est fort probable que Sweetback voue un culte identique à ces deux albums majeurs du siècle dernier. A mi-chemin entre esthétique jazz et sauvagerie punk, le trio angevin sort enfin son second opus, près de dix ans après la sortie de son premier essai.

Les trois hommes n’ont pourtant pas chômé entre-temps : Raggy (sax) joue dans Zenzile, Kham (contrebasse) dans Lo’Jo et Mehdi (batterie) dans diverses formations rock et post-hardcore. Avec «The Lost & Found Republic», Sweetback refuse donc les codes et les étiquettes et se contente de cracher à la face des conventions ce condensé d’un demi-siècle de musique qu’il a au fond des tripes. Et le résultat est sexy, sauvage, libre!

Ne manquez surtout pas leur date au festival Les Banlieues Bleues en compagnie de Iswhat ?!, ça sera probablement une des rares occasions où le MC Napoleon Maddox pourra concrétiser sur scène son apparition au micro sur le nouvel album des Angevins.

ECOUTER

SITE

CONCERT

  • 05.10.09 La Maroquinerie (w/ DJ Krush) / Paris

  • 07.10.09 La Dynamo de Banlieues Bleues (w/ Iswhat ?!) / Paris

  • 08.10.09 L’Alimentation Générale / Paris

  • 09.10.09 Le 6 Par 4 / Laval

  • 10.10.09 Le Run Ar Puns / Chateaulin

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Festival: Fiest’A Sète, vibrations d’indépendance


Mulatu Astatke et The Heliocentrics
PHOTOS: Joanne Erdual

Mulatu Astatke, Getatchew Mekuria, The Heliocentrics et The Ex enjambent les démarcations au Théâtre de la Mer de Sète

“Contrairement à beaucoup d’autres pays d’Afrique qui ont été colonisés et dont la musique a ensuite été industrialisée par les anciens colons, l’Éthiopie de par son indépendance a longtemps manqué de studios d’enregistrement, de promoteurs de concerts, etc. C’est une des raisons pour laquelle la musique éthiopienne a mis plus de temps que d’autres pour arriver jusqu’aux oreilles des Occidentaux.” C’est ainsi que le vibraphoniste éthiopien Mulatu Astatke explique l’engouement aussi tardif que soudain pour sa musique, louée aujourd’hui de par le monde depuis que le réalisateur Jim Jarmush l’a choisie pour l’inclure à la BO du film “Broken Flowers”.

Toute une génération de musiciens et de programmateurs surveillait néanmoins ce groove atypique depuis une dizaine d’années déjà, grâce à l’impeccable collection “Ethiopiques” menée par le musicographe français Francis Falceto. Pas un hasard d’ailleurs si une des soirées du festival Fiest’A Sète faisait un clin d’oeil à ladite collection en lui empruntant son nom. Le directeur artistique du festival José Bel et son équipe ont effet eut l’intelligence de réunir sur une même affiche deux légendes de la musique éthiopienne, chacune accompagnée par un groupe occidental d’un style musical différent.

Le maître de l’ethio-jazz Mulatu Astatke partageait donc la scène avec les Anglais de The Heliocentrics (musiciens live de Dj Shadow et Madlib) et le Negus du saxophone Getatchew Mekuria croisait le fer avec les free punks hollandais de The Ex. L’incongruité sur la papier donne parfois les plus belles rencontres dans la vraie vie. Le public du Théâtre de la Mer de Sète ne s’y est pas trompé puisqu’il ne voulait plus quitter les lieux à la fin de ces quelques heures irréelles où les cultures et les styles avaient aboli toutes frontières.

Le guitariste de The Ex, Andy Moor, nous avait pourtant prévenus: “L’étiquette world music que l’industrie musicale a voulu coller à tous ces artistes qui n’étaient pas anglo-saxons a toujours été ridicule. C’est pareil pour le mot punk qui rassemble tellement de groupes différents, y compris des groupes qui n’ont pas grand chose à voir avec le punk comme The Ex. Ca nous a rapprochés avec Getatchew. On a tellement cherché à nous ranger, lui ou nous, dans des cases trop étroites pour nos envies que nous avons voulu nous libérer de toutes contraintes avec cette collaboration”.

SITES

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Meilleurs albums 2008: Kalcha

  • The Souljazz Orchestra, Manifesto (Do Right! / La Baleine)

  • IDEM, The Sixth Aspiration Museum Overview (Jarring Effects / Discograph)

  • Alice Russell, Pot Of Gold (Differ Ant)

  • Benga, Diary Of An Afro Warrior (Tempa / La Baleine)

  • Brain Damage, Short Cuts (Jarring Effects / Discograph)

  • Why?, Alopecia (Anticon / Differ Ant)

  • Thee Silver Mt Zion Memorial Orchestra & Tra-La-La Band, 13 Blues For Thirteen Moons (Constellation / Differ Ant)

  • Andy Williams, Variations in Time: A Jazz Perspective (PTR / Import)

  • Floyd Lawson & The Hearts Of Stone , Coming Out (Afrokats / Import)

  • IDEM and THE SIXTH ASPIRATION MUSEUM OVERVIEW (2008)

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Jazz: Archie Shepp & Chuck D dans le Groovodrome!

PHOTO: Francis Vernhet

Archie Shepp et Chuck D font sauter les générations au festival Sons D’Hiver

En 2007, Archie Shepp avait rejoint Public Enemy sur scène lors de leur date parisienne. A l’issue du concert, Chuck D, le leader du crew de Long Island, avait enregistré sa voix sur un titre du nouvel album du saxophoniste à chapeau. De fil en aiguille, les deux hommes ont décidé de tenter l’aventure scénique en commun. Ce Archie Shepp / Chuck D. Project était l’un des clous du festival Sons D’Hiver qui a lieu en ce moment en région parisienne. Complet depuis plusieurs jours, le concert a prouvé l’éternelle jeunesse de «Uncle Archie», comme l’appelle affectueusement Chuck D. Entouré d’une bonne dizaine de musiciens, les deux hommes ont revisité leur répertoire respectif en le conjuguant à tous les modes de la Great Black Music (rap, free jazz, soul, funk, blues et même vibrations caribéennes sur le finale de la reprise de Coltrane).

Archie Shepp a beau avoir soixante-dix ans et Chuck D approcher la cinquantaine, leur musique tient toujours en joue les jambes du public, au grand dam des spectateurs assis en bas des gradins qui avaient alors une vue imprenable… sur les popotins remuants des danseurs de la fosse! Deux artistes résolument tournés vers l’avenir comme en témoignent leurs invités: les jeunes rappeurs français Rocé et Vicelow (Saïan Supa Crew), ainsi que Napoleon Maddox (rappeur/beatboxer du groupe Iswhat?!). Trois générations d’hommes sur scène, et au moins autant de couleurs. Chuck D donna d’ailleurs le ton de la soirée: «La musique et les arts rapprochent les gens. A l’inverse des gouvernements.» Deux grands messieurs de la musique. Deux grands messieurs tout court.

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