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Taylor McFerrin, homme à tout faire


Photo et Vidéo: Lysiane Ngoye

Les concerts de Taylor McFerrin à Paris sont toujours très discrètement annoncés. Et pourtant le talentueux producteur, récemment encensé pour la sortie de son EP “Place in My Heart”, continue de remplir de toutes petites salles comme Le Sunset où il s’est produit le 28 mars dernier.

Pas d’entrée en grande pompe pour l’artiste. Il arrive sur scène en traversant le public, les applaudissements sont hésitants et le silence s’installe alors qu’il branche son ordinateur un sourire crispé au lèvres. Taylor est seul derrière ses machines, et il nous avertit dès le début du concert que tout ce que nous entendrons ici sera totalement improvisé. L’idée est de ramener le processus si intime de création en studio sur scène, devant un public.

Et c’est certainement l’exclusivité du set qui rend le public plus attentif; la musique de Taylor vagabonde. Il peut commencer par du beatbox, ajouter une ligne de basse hip-hop, et terminer en électro. Les influences jazz et broken beat sont clairement présentes également. Dans la salle quelques uns bougent la tête les yeux fermés, d’autres lâchent des “ohhh” et des “ahhh” pour exprimer satisfaction ou émerveillement. Mon voisin, plus imaginatif, me confie : “Je verrais bien une voix soulful là”.

Bien qu’on le sente un peu timide, Taylor n’hésite pas à freestyler quelques mots chantés et rappés entre deux claquements de bouche et la sauce prend! Les morceaux créés en direct sont loin d’être mauvais et il ne serait pas étonnant que certains se retrouvent sur un prochain album. “Early Riser” devrait sortir corant 2011 sur Brainfeeder, le label de Flying Lotus.

Taylor McFerrin, Le Sunset (Paris, 28.03.11)

Taylor McFerrin live in Paris from LE BON TEMPO on Vimeo.

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Live : Cee-Lo Green, le retour de la soul machine


Après avoir cartonné aux côtés de son acolyte Danger Mouse au sein du duo pop Gnarls Barkley, le plus hip hop des chanteurs de soul repart en solo. Ancien membre du groupe de rap sudiste Goodie Mob, Cee-Lo Green avait enterré sa carrière de MC en sortant deux albums à tendance soul-funk : Cee-Lo Green and His Perfect Imperfections (2002) et Cee-Lo Green… Is the Soul Machine (2004).

Cet été, “Stray Bullets”, une mixtape en téléchargement libre sur le net, annoncait la sortie prochaine de The Lady Killer attendu dans les bacs pour le 7 décembre. En guise de premier single, le crooner extravagant a choisi le morceau “Fuck You”, une “anti-love song” qui surfe sur la vague revival soul des années 60.

A l’occasion du concert de Bilal le 23 septembre au Trabendo, nous vous offrons quelques places. Pour gagner des invitations à cette soirée, envoyez-nous un mail à contact@vibrations.ch, en indiquant “MERCI CEE-LO” dans le titre et avec vos nom et prénom dans le message. Il y a 2×2 places à gagner et les gagnants seront contactés par email.

CONCERT

  • 23.09.10 Paris / Trabendo CONCERT REPORTE

MIXTAPE

Cee-Lo Green, Fuck You, “The Lady Killer” (2010)

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Live: Jay Electronica, ephemeral sunshine


Photo & Vidéo: Lysiane Ngoye

Il n’y avait pas foule, ce dimanche 8 août au Nouveau Casino pour accueillir le rappeur Jay Electronica. Aussi courtisé soit-il par le public américain, en France le buzz doit encore grandir; sans oublier que le monsieur avait manqué à l’appel en avril dernier lors du concert du Mos Def alors qu’il devait en assurer la première partie.

C’est d’ailleurs à une première partie ou à un showcase que l’on pourrait comparer ce concert, tellement la prestation fut courte. Quand il arrive sur scène, avec son verre de whisky à la main (à cause du trac, avouera-t-il d’entrée de jeu), Jay Electronica établit d’emblée un contact avec son public. Les Parisiens d’habitude un peu mous à se prendre au jeu ne se font pas prier pour lever les mains et répéter les habituelles rengaines hip-hop.

Avec son flow incisif, le rappeur captive l’audience en terminant chacun de ses morceaux a capella. Il est vrai que Jay est réputé pour ses textes réfléchis et ses punch lines, mais à Paris pas sûr qu’on est tout compris ! En tout cas, l’énergie est bien présente notamment sur Eternal Sunshine, son morceau phare inspiré de la bande originale du film de Michel Gondry, durant lequel il invite qui le souhaite à le rejoindre sur scène.

Cherchant véritablement à communiquer avec son public, le MC n’hésite pas à s’adresser directement à certains pour raconter des blagues ou partager son verre. À la fin du concert, il descend carrément dans la fosse pour interpréter Exhibit C produit par Just Blaze, tous les regards et appareils photo braqués sur lui. Le bain de foule se terminera dans une séance photo et de dédicaces. Et apparemment tout le monde aura eu le droit à son petit moment avec l’artiste puisqu’il serait resté au moins deux heures à saluer ses fans.

Rencontré le lendemain lors d’une interview, je lui demande pourquoi le concert ne dépassa pas la demi-heure. Sa réponse : « Ask the promoters !». Facile.

Jay Electronica live in Paris from LE BON TEMPO on Vimeo.

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Soul: Bilal, rouge passion


photo et vidéo: Lysiane Ngoye

Deux mois avant la sortie de son prochain album, « Airtight’s Revenge » prévue pour septembre, l’enfant prodige de feu le courant nu-soul a offert à ses fans européens le privilège de découvrir ses tout nouveaux morceaux. Pour les Français, c’est à La Bellevilloise le 13 juillet dernier qu’était fixé le rendez-vous. La dernière fois qu’on avait vu Bilal c’était en 2008 à l’EMB à Sannois où soutenu par le Robert Glasper trio, il avait réussi à séduire les uns et à faire fuir les autres. Bilal, sur scène, on aime ou on aime pas.

Deux ans plus tard, même scénario. Alors que certains sortaient émerveillés de ce concert de deux heures, poignant et authentique, d’autres faisaient la gueule. En effet, Bilal, on pourrait s’amuser à le rebaptiser « not your average soul brother » tant sur scène il est surprenant au niveau du choix de ses arrangements. Caché derrière une paire de lunettes noires, c’est avec verve que Bilal interprète les morceaux de ses trois albums. Le début du set commence toutefois sans bousculade avec « Free », « Something to hold on to » puis « Reminisce » et « For You » reprenant le riff de guitare de « Look of Love » de Slum Village font office d’hommage discret à Jay Dee. Les têtes bougent mais on sent que le public n’est pas encore véritablement captivé.

Il faudra attendre que les musiciens dévoilent les extraits du prochain album « Cake and Eat It Too » et « Robots », morceaux plutôt dansants à tendance électro-groove, pour créer une vague d’intérêt dans la salle. Puis total changement d’ambiance, Bilal et son quartet deviennent plus agressifs et électrisent l’atmosphère avec une bonne demi-heure de rock alternatif. Dans le lot, « Restart » le potentiel single, une version progressive de « All Matter » (à l’origine un featuring avec Robert Glasper) et surtout « Gotsa Be Cool » et son outro galvanisante.

Et ça continue avec la reprise de « Since I’ve Been Lovin You » de Led Zeppelin, et « Make Me Over » durant lequel on croirait entendre Prince. Cette voix d’ailleurs parlons-en, hypnotisante et fluide. Bilal doit être l’un des rares artistes à sonner comme une chanteuse de gospel, la minute d’après comme un crooner de jazz ou encore comme le leader d’un groupe de rock des années 70. Le concert se clôt avec le classique Soul Sista, que l’on croyait passé à la trappe, les musiciens improvisent une version longue comme s’ils ne voulaient pas quitter la scène et il faut se l’avouer, nous non plus, on ne voulait pas quitter la salle.

Bilal Live in Paris from LE BON TEMPO on Vimeo.

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Live: Janelle Monáe, Entrez dans la danse

janelle Photo: Lysiane Ngoye

Les places étaient vite parties pour le premier concert de Janelle Monáe à Paris. Ce lundi 5 juillet, on jouera à guichet fermé. Venue promouvoir « The Archandroid », la chanteuse de 24 ans, auteur du single funky Tightrope, allait offrir un show de taille au public de la toute petite salle qu’est La Maroquinerie.

Début du spectacle. Un maître de cérémonie en veste à queue de pie et chapeau haut de forme vient annoncer l’arrivée de Janelle et ses musiciens. Alors que ces derniers se placent derrière leurs instruments respectifs (guitare, batterie et clavier), les premières notes de Dance or Die se font entendre. Quatres silhouettes noires drapées de capes à capuches s’agitent en rythme, dos au public. Un refrain plus tard, l’une d’entre elles se dévoile et Janelle Monáe, coiffée de son emblématique chignon banane, apparaît enfin. Saul Williams, qui avait chauffé la salle en première partie, est également présent.

D’emblée, la foule est émerveillée et comme saisie par l’énergie dégagée par la chanteuse. Sur Locked Inside, elle groove comme Michael Jackson période Off The Wall. Dans la salle, les mains n’hésitent pas à se lever, les corps à danser, les bouches à chanter. Sur scène, deux danseuses masquées et vêtues de noir, viennent comme des ombres se dandiner aux côtés de la chanteuse. Très théâtrale, Janelle est pleine de mimiques et sa gestuelle est celle d’une diva déjantée qui oscille entre sérieux et burlesque.

Une interprétation personnelle guitare-voix pleine d’émotion de Smile de Charlie Chaplin sera le seul véritable moment où Miss Monae se montrera vulnérable, avant de repartir de plus belle avec le fameux Tightrope et sa mise en scène Jamesbrown-esque avec pas de danses fluides et fin de plateau à genoux, cape sur le dos. Il faut reconnaître qu’en plus de posséder une voix de rossignol, la demoiselle a un sens du rythme implacable.

Court mais efficace (60 minutes montre en main), le show se termine dans une explosion rock, où l’interprétation totalement survoltée de Many Moons sera le clou du spectacle. Janelle Monáe est sans conteste une showgirl, qui derrière ses grimaces, reste très professionnelle en témoigne la surprenante annonce du maître de cérémonie en fin de concert : ceux qui voudront prolonger l’expérience et rencontrer l’artiste n’auront qu’à faire la queue à l’extérieur de la salle et verser dix euros… Comme dirait l’autre « business is business ».

Janelle Monáe, concert de La Bellevilloise 05.07.10

Janelle Monae in Paris from LE BON TEMPO on Vimeo.

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