
Lorsqu’il ne bidouille pas derrière cLOUDDEAD, David Madson se transforme en Odd Nosdam, sorte d’hallucinant Professeur Tournesol electro qui sculpte, encore et toujours, le son d’aujourd’hui et de demain
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Lorsqu’il ne bidouille pas derrière cLOUDDEAD, David Madson se transforme en Odd Nosdam, sorte d’hallucinant Professeur Tournesol electro qui sculpte, encore et toujours, le son d’aujourd’hui et de demain
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Moins célébrés que les White Stripes et les Black Keys, le tandem Two Gallants maltraite le blues et le folk comme personne. Eux aussi ne sont que deux pour déstabiliser le genre

PHOTO : Nigel Bennett
Presque 10 ans après sa naissance sous étiquette Cassius, le binôme Zdar - Boombass a réussi à faire évoluer sa house-funk bizarroïde. Même sur scène?

PHOTO: CARLOS DESANTOS
Quatre jours avant la sortie de leur album aussi attendu par les clubbers que la machine à courber les bananes, Justice voulait plastiquer une Cigale sold out depuis trois semaines. Incendie de forêt ou pétard mouillé?
Tout commence comme prévu. Les abords de la Cigale sont transformés en impressionnant “branchouille land”, défilé de t-shirts Six Pack, de baskets A Bathing Ape et de jeans slim Cheap Monday. Des bioutifoule pipole venus célébrer un buzz qui monte qui monte depuis quatre ans sur les dancefloors du monde entier. Un binôme baptisé Justice et qu’on ne peut dissocier d’un autre binôme, de dix ans son aîné, Daft Punk. Avec quelques gimmicks efficaces poussés à l’extrême (la saturation toujours et encore), Xavier de Rosnay et Gaspard Augé ont réussi à façonner d’implacables hymnes electro, sur lesquels il est difficile de ne pas agiter son séant transpirant.
Ce soir, il fait très chaud à la Cigale. L’effet est tout aussi redoutable. Notamment dans les quinze premières minutes où les enchaînements imposent une certaine cohérence. Une introduction inspirée : guitares saturées, basses basiques, assaisonnement de rythmes post punk. Une recette barock, à l’image de leur croix, qu’un grand nombre brandissait. Même la version du tubesque “D.A.N.C.E.”, entamée dans un mix d’a-cappella et de piano solo semble aventureuse. Et derrière deux murs d’amplis Marshall, le tandem est concentré sur ses machines.
Malheureusement, le soufflé retombe vite. Temps morts et redites soulignent une évidence: la force des singles de Justice s’apprécie dans un mix qui inclurait des titres d’autres bidouilleurs electro. Et ne manger que du Justice sur près d’une heure donne de perturbants instants étouffe-chrétiens. Mais il en fallait peu pour enflammer un public déjà conquis avant même de pénétrer dans la salle. La transe est donc assez générale chez les nu-ravers, pas rassasiés de s’être fait crever leurs tympans en si peu de temps. Une Justice à deux vitesses?
COLLABORATION: STEPHAN GRAS
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Le baile funk de ces punks ne fait pas dans la dentelle, mais a une énergie on ne peut plus furibarde. Voltimètres à brandir demain à Festi’Neuch
“J’étais à une soirée/ Et j’ai vu une teupu/ J’ai mis ma langue dans son cul/ Et ma langue est sortie toute crade”. Bonde do Role, trio originaire de Curiciba au sud de Sao Paulo, maîtrise ce genre d’imagerie romantique avec une réelle délicatesse, n’est-ce pas? Deux MC (Marina Ribatski et Pedro D’eyrot) et un DJ (Rodrigo Gorky) plastiquant le baile funk à coup de samples de riffs de guitares métaloïdes, d’électro-funk bien old school et de rapping à la Beastie Boys.
“Notre groupe compile symétriquement nos goûts, précise le ventripotent Gorky. D’eyrot adore le disco bien sirupeux, l’électro et des trucs plus hardcore ou punk comme NOFX. Moi j’ai joué dans un groupe de bossa et j’adore la pop comme l’électro. Quant à Marina, c’était la riot grrrrl typique, écoutant du punk, du grunge, du metal.”
Plus punk, tu meurs! Pour preuve lors de l’after du concert parisien de CSS le mois dernier, Marina s’est lavée sur scène les cheveux au jus d’orange, s’arrachant à moitié le soutien-gorge avant d’enchainer des simulations de broutages de minou par son collègue D’eyrot… “Le baile funk parle de cul, de dope et de violence, confirme l’intéressée. On a gardé que le sexe, en en parlant de la façon la plus fun et trash possible.” Il y a du Beastie Boys période License To Ill chez Bonde do Role. Des cascades de samples plus improbables les uns que les autres (Alice In Chains, la B.O. de Grease, Tone-Loc…). Et une énergie furibarde qui en fait bien plus qu’une gentille blague de collégien.
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DESSIN: ALEX POINTET
C’était la fête du jazzman ce lundi. A ciel ouvert, dans les jardins de la Fondations Cartier à Paris, le saxophoniste a convié une belle brochette d’amis pour souffler ses 70 bougies
Un casting à l’image du bonhomme. Sans réelles frontières. Sans bords définis. Des marges. Des côtés. Des angles. Des droites. Des courbes. Des trous. Des montagnes. Un peu de tout, quoi…
Il déambule, élégant, sur scène, dans son impériale panoplie: costard sombre, cravate claire, long imperméable et, incontournable, chapeau vissé sur cette tête au regard presque ailleurs. L’attaque est déjà révolutionnaire, comme son titre l’indique, avec d’entrée un imposant David Murray. Archie Shepp est même presque en retrait. Libre, déjà… Il laisse le Californien souffler. Pour mieux chanter. Pour mieux parler. Pour mieux conter. Sa prose s’emmêle dans le flow puissant du saxophoniste.
Ce retrait justement sera un peu à l’image de cette fiesta. Car même si “less is more”, Archie Shepp, discret, laisse chaque intervenant l’embarquer sur son petit territoire à lui… Quand entre deux légères averses, Jalal, légende vivante des Last Poets, prend le micro, c’est pour mieux intégrer le “chant” d’Archie, la musique de ses mots à lui. Même Rocé embarque le septuagénaire dans un torrent quasi funky et dans le tourbillon duquel il se laisse presque happer. Plus loin, Bernard Lubat balance sa virulence vocale dans les pattes d’un Archie Shepp qui laisse ses phrases virevolter dans les interstices des onomatopées croustillantes du “malpoly-instrumentiste”.
Chacun ira de son accolade très personnelle, à l’image de Mina Agossi pour un “Ruby My Dear” soyeux ou de la diva Mônica Passos qui se roulera dans des “Feuilles mortes” bien vivantes. Sans avoir la sensation d’avoir vécu une soirée légendaire, l’instant fut chaleureux, quasi-familial. Libre, quoi.
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PHOTO: STEVE SCHAPIRO
Suite des rééditions deluxe de la discographie du Thin White Duke avec Young Americans, son album soul, pailleté et luxueux
Entre le glam aux guitares hirsutes et la froide new wave berlinoise d’Eno, David Bowie s’offre un improbable interlude soul. Comme le caméléon est génial, cet épisode symbolisé par Young Americans qui sort en mars 75 est tout sauf un anecdotique caprice de star. Est-ce vraiment un hasard? A 28 ans, la star est toujours au fond d’elle-même le mod d’antan: mod un jour, mod toujours! Mais si la soul music est donc dans ses gênes, c’est avec Young Americans qu’il s’ose enfin noir!
A Philadelphie, le duo Gamble et Huff, qui projette alors soul et funk dans l’ère de la consommation de masse, construit le pont qui les verra basculer vers le disco. Mais David Bowie ne se contentera pas de plagier ce Philly sound. Il s’entoure de dompteurs de groove avec en tête de gondole le sax sucré et écorché comme il faut de David Sanborn et la guitare rythmiquement implacable de Carlos Alomar (Myspace). Produit par le fidèle Tony Visconti, entre les studios Sigma Sound de Philly et Electric Lady de New York, il met en boite une soul sophistiquée, portée par des choristes 5 étoiles.
Langoureux (”Win”), marathon et sexuel (”Fascination”), sale et funk (”Fame” avec John Lennon), il love sa voix faussement fragile dans ces recoins moites mais toujours luxueux. L’album marquera une génération d’Anglais qui tentera de toucher durant les 80’s le rêve de cette blue-eyed soul, cette plastic soul que cette énième métamorphose de Ziggy venait d’inventer. Sur le DVD de cette édition des versions audio remixées par Visconti en 5.1 et deux extraits vidéo du Dick Cavett Show avec un Bowie speed mais impérial.
ALBUM
David Bowie, Young Americans (EMI)
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ACTUALITE
Livre: David Bowie et le rock dandy, par Loïc Picaud, 159 pages. Collection: Gilles Verlant présente/Editions: Presses de la Cité
Béatrice Ardisson et sa collection obsessionnelle: reprises par Yann Thiersen, My Divine Comedy, Arno, Emilie Simon… Bowiemania (Ardisong/Naïve)
VIDEO
“Young Americans” au Dick Cavett Show en 1974

Le maître du jazz funky brésilien débarque à Paris ce soir. Orgue Hammond, Fender Rhodes et violon : Deodato soudoie le jazz et la bossa
Sans le savoir, tout le monde possède un album de Deodato. Avec près de 500 disques à son actif, celui qu’on réduit trop souvent à la version funky du “Also Sprach Zarathustra” de Strauss fut un acteur majeur de la scène bossa de Rio au milieu des années 60 et un stakhanoviste des studios.
Quand il décolle pour New York en 1967 à seulement 25 ans, le précoce Deodato est déjà un nom qui circule dans le milieu de la bossa nova. En solo ou avec son groupe Os Catedraticos, il compose, interprète, arrange, produit, maîtrise tous les aspects de son art. Derrière son orgue Hammond ou un simple piano acoustique, il est à la croisée des genres et son phrasé bossa intègre jazz et prémices d’un funk light.
A New York, il s’active derrière quelques autres compatriotes installés dans la Grosse Pomme. Le label CTI de Creed Taylor est alors au cœur de cette révolution fusion qui donna tant la nausée aux puristes jazz. En 1972, Deodato intègre le All-Stars du label et publie l’année suivante l’album Prelude renfermant la fameuse reprise de Strauss. Une dizaine d’albums suivra dans un registre tout aussi funky.
Dans les années 80, son nom ne fait plus recette jusqu’à ce qu’une certaine Björk fasse appel à ses cordes sur son album Post. Un piano, un Hammond ou un Fender Rhodes : Deodato plante un décor rythmique en deux accords.
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Incroyable: le pape du funk débarquerait en Europe cet été avec deux escales dans l’hexagone, à l’Olympia de Paris et à Six-Fours
Evidemment, tant que Sly Stone ne foulera pas le sol de la scène de l’Olympia, personne n’y croira réellement… A 64 ans, le funkster le plus mythique et le plus fou de ce monde vit depuis une vingtaine d’années dans un no man’s land tant physique que musical.
Le 12 janvier 1993, à Hollywood, Sly est intronisé au prestigieux Rock’n’Roll Hall of Fame pour l’ensemble de son œuvre. Dans une combinaison bleu ciel, apparemment apaisé, il vient remercier l’assistance, repartant aussi vite qu’il est arrivé. Mais sa dernière apparition publique remonte au 8 février 2006, lors de la cérémonie des Grammy Awards, au cours de laquelle Sly débarque sur scène, vêtu d’un costard argenté, arborant un iroquois vénitien et la main gauche plâtrée en raison d’un accident de moto. Il susurra un “I Want To Take You Higher” à peine audible avant de saluer la foule et de quitter les lieux sur son cheval de fer! La rumeur veut que le 14 janvier dernier, il ait également fait une apparition éclair lors d’un concert de la New Family Stone au House of Blues de Los Angeles.
Pour l’instant, la date du 12 juillet23 juillet à Paris à l’Olympia est avancéeconfirmée. Les producteurs Groove Production, déjà responsables de la venue de légendes de la soul et du funk comme Isaac Hayes ou George Clinton prévoient déjà un deuxième concert un peu plus tard en juillet à Six-Fours en Provence. Rien de définitif, tant au niveau du line-up que de l’ouverture de la location de ces concerts. Une seule chose est sûre, il faudra casser sa tirelire et violenter son plan d’épargne logement pour s’offrir une place pour l’Olympia. On parle en effet de billets allant de 60 à 150 euros, voire plus.
D’ici là, pour patienter et attendre la confirmation de ce scoop, Epic/Legacy sortira en avril les sept premiers albums studios de Sly & The Family Stone remasterisés, avec de nombreux bonus tracks et de nouvelles notes de pochettes: A Whole New Thing, Dance To The Music, Life, Stand!, There’s A Riot Goin’ On, Fresh et Small Talk. Une vague de rééditions sur lesquels nous reviendrons en détail sur vibrationsmusic.com

Sortie aujourd’hui du nouvel album du génial bricoleur brésilien. Dans lequel il délaisse ses milliers de vinyles pour le bruit des usines, des insectes et du Kronos Quartet.
Salle d’enregistrement destinée aux bruiteurs, la “foley room” est au cœur du nouvel album d’Amon Tobin. Explications sur cette nouvelle quête sonore, plus musicale que jamais.
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Malgré une voix cassée, le Canadien refait, sur la scène de l’Olympia, l’intégralité du live à Carnegie Hall de Judy Garland.
Avril 1961. Février 2007. Plus de 45 ans séparent le concert de Judy Garland à Carnegie Hall de celui de Rufus Wainwright à l’Olympia. Le songwriter canadien s’est lancé dans un pari risqué: refaire l’intégralité du mythique concert de son idole avec grand orchestre (36 musiciens!) et track listing complet (30 titres!).
C’est dans un costard léopard qu’il débarque pour son périple plus qu’osé où se caramboleront des chefs d’œuvres signés Gershwin, Rodgers & Hart, Arlen et Berlin. Wainwright a toujours plus ou moins gorgé son œuvre de ce Broadway multicolore, temple bicéphale du bonheur et de la tragédie. Mais comme le garçon est doué, son entreprise n’est évidemment pas un travail de copiste, ne cherchant jamais à imiter son idole. Juste à mettre en valeur ce répertoire peu aisé, montagne russe stylistique et formelle. L’aura tragique de Garland est alors l’écrin rêvé pour l’organe de Wainwright malheureusement embrumé par une crève carabinée.
Alors que l’impeccable orchestre XL joue la carte de la reproduction à l’identique, Wainwright sait qu’il ne peut (et ne veut) pas lutter face à Garland. Il préfère déstabiliser le genre par ses inimitables inflexions, entre lancinance, désarroi et ironie… Et dans les pièces à la dramaturgie plus exacerbée, il est impérial, restant avant tout lui même. Là, il s’approprie ces standards (”The Man That Got Away”), ne cachant guère ses limites vocales d’un soir sur “Almost Like Being In Love”… L’autodérision n’est jamais loin et, entre deux quintes de toux, il arrive même à sublimer “I Can’t Give You Anything But Love”. Sa sœur Martha offrira un “Stormy Weather” cinq étoiles avant que Lorna Luft, la fille de Garland, se lance en duo avec Rufus dans un “After You’ve Gone” de velours. Un velours parfois râpé, parfois étincelant, comme le fut cette unique soirée de music-hall décalé carrément enivrante.
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La caravane décalée de Damon Albarn était sous le chapiteau parisien du Cabaret Sauvage. Une kermesse décalée qui attise la gourmandise.
Sous le chapiteau du Cabaret Sauvage, Damon Albarn vient promener son jouet du moment. Telle une coproduction italo-américano-franco-albanaise des 60’s, ce groupe avance en bombant le torse avec son casting royal passablement iconoclaste. Derrière l’ex-taulier de Blur, cerveau de Gorillaz, c’est la classieuse artillerie des ex: Paul Simonon (Clash), Tony Allen (Fela) et Simon Tong (Verve). Epaulé par des cordes raffinée et quelques claviers mélancoliques, l’improbable gang déroule sa B.O. de Morricone un peu reggae, un peu 80’s, un peu pop (au sens kinksien) avec cette sensation douce-amère d’errer dans un Londres onirique.
Sous son haut-de-forme volé au lapin d’Alice de Lewis Caroll, Albarn dirige avec une fausse nonchalance ces climats plus chaleureux sur scène qu’en studio. L’effet Simonon aide évidemment à booster le mythe. Polo, poseur comme jamais, est tout de même le seul à pouvoir débarquer sur scène un chapeau sur le crâne, un bandana dépassant de la poche, le col de veste relevé et la basse au niveau des mollets sans être ridicule. Mieux, il est la classe ultime! Et ses lignes de basses, homéopathiquement dispatchées, renforcent les mélodies barges concoctées par Albarn. Le public les déguste. Et même lorsqu’Eslam Jawaad (myspace) déboule, il s’agite à l’unisson pour accompagner le flow du roi du rap foosha. Derrière, Allen est un sphinx qui fait semblant de s’emmerder, déposant les micro-touches rythmiques, justes et nécessaires, d’un patchwork musical étourdissant.
Visualiser dans leur ensemble The Good The Bad & The Queen, c’est donner une véritable âme à ce projet culoté, éloigné des canons des charts. Cette kermesse de saveurs ne durant que le temps d’un album, on est juste frustré que la fiesta ne s’éternise pas, gourmand d’une phrase supplémentaire de mélodica ou de basse à peine dub.
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Contrepied n°65358, Me’shell sort un septième album improbable et génial, tissant une nouvelle toile entre les sons les plus opposés
Me’shell Ndegeocello (myspace) est habituée des grands écarts stylistiques. Et sa légende, ou du moins son identité musicale, a toujours été de ne pas trancher entre les genres. Funk, soul, spoken word, jazz, rhythm’n'blues, rock, dub, world, nu-soul, folk, hip hop, drum’n'bass, blues (vous avez dit Great Black Music?), la bassiste digère une vaste galaxie englobant aussi bien Prince que Marcus Miller, Gil Scott-Heron, Miles, Hancock, Sly, et tant d’autres.
Son septième album brouillera encore plus les cartes. Tant mieux. Découvert en zakouski en novembre dernier avec un 5 titres (The Article 3 EP), il n’est pourtant pas le grand virage rock dont la rumeur faisait plus ou moins écho depuis quelques mois.
Ce qui saute logiquement aux oreilles, ce sont ces incartades quasi-new wave, ces rythmiques calées entre Cure et Interpol, mais qui restent homéopathiques. Sur un titre comme “The Sloganeer” (d’ailleurs plus no wave que new wave), l’effet est bluffant et jamais opportuniste. Le reste de la ballade est éclectique et racé; on est bien loin de la prose jazz de Dance Of The Infidels (logique, Jack DeJohnette et Don Byron n’étaient pas venus pour faire du zouk). Une tension, ou l’apparence d’une tension, mène The World Has Made Me The Man Of My Dreams. Celle de la basse, toujours en face à face avec ses interlocuteurs, qu’ils viennent de la sphère jazz, world ou rock.
Sur “Article 3″, la fusion de ses rêves humides atteint même une sorte d’apogée. La rythmique est new-wavement élastique, les riffs de guitare de Pat Metheny nerveusement atrophiés, le phrasé de Me’shell frôle le parlé, et les piaillements de la Sud-africaine Thandiswa Mazwai pervertissent encore davantage l’improbable mélange. L’autre ciment vital de ce nouvel album, c’est la voix de Me’shell. Son raffinement rend à lui seul possible l’unité de ce patchwork, sans doute son plus osé à ce jour. Aucun doute, avec The World Has Made Me The Man Of My Dreams, la révolution continue…
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