
Penseur noir américain influent, Cornel West vient de choisir la musique pour faire passer ses réflexions radicales, développées depuis deux décennies dans le droit fil de la lutte pour les droits civiques

Penseur noir américain influent, Cornel West vient de choisir la musique pour faire passer ses réflexions radicales, développées depuis deux décennies dans le droit fil de la lutte pour les droits civiques

Les métissages des Sud-Africains font sensation, et devraient faire plus fort encore sur scène: à gagner, dix fois deux invitations pour leur prestation lors du lancement du festival
Ce disque fut peut-être bien le miracle hip hop de 2006. La pochette, très belle, annonce les merveilles que recèle ce disque. Où l’Afrique du sud et le continent noir tout entier sont mis en mots, en musique et en questions sans pour autant qu’on puisse relier le son de Tumi And The Volume à une scène africaine particulière. Tumi rappe en Anglais, comme Fela avait choisi cette langue pour faire entendre de tous sa voix et celle des siens.
Le degré de sophistication des arrangements, l’alternance de poussées de fièvre et de lenteurs, des textes mêlant l’absurde au concret, l’autorité charmeuse de Tumi: il y a tout dans cet album dont l’ivresse syncrétique est destinée à conquérir ensemble les publics du jazz, de la world et du rap. On exagère ? Ecoutez “The Story Behind The Pain” puis “Signs”, et vous saisirez tout de suite de quel ravissement est capable cette formation. Et dire que c’est en concert qu’elle donnerait sa pleine mesure…
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Pour gagner une fois deux invitations à la soirée Sakifo Paname du 23 mai au New Morning, envoyez-nous un mail avec vos nom, prénom et adresse postale à concours@vibrations.ch. Merci de rappeler “Sakifo” dans l’intitulé du message.
Les gagnants seront avertis par email.
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Depuis combien de temps n’aviez-vous été séduit par un album techno en entier? Le pionnier Jeff Mills propose sur One Man Spaceship des mantras sonores fascinants
The Wizard est de retour avec un album. Un grand, un vrai. Qui démontre que le style au départ instinctif de Jeff Mills s’est étoffé au fil des expériences menées dans le cadre de ses collaborations avec le philharmonique de Montpellier et les milieux du cinéma et de l’art contemporain.
Moins de saturations, une vitesse de croisière tempérée, des choix de mixage et de sons inédits. Mais toujours autant d’ambition dans le traitement visionnaire de la musique techno. Les répétitions de “Cloak et Life-Timed Device” sont comme des mantras sonores à déchiffrer. Plusieurs fois, on est happés par des nappes dont l’étalement et la tension semblent infinis. L’utilisation dramatique des violons est saisissante.
Le mysticisme, l’étrangeté et la beauté exigeante de One Man Spaceship s’inscrivent dans la brèche afro-futuriste ouverte par Sun Ra il y a un demi-siècle, mais sur un versant quasi tragique. La thématique qui interroge les rapports entre l’espace et le temps, la place instable de l’homme dans l’univers et sa relation complexe à l’environnement sensible et aux autres, tout cela hisse le propos de ce disque vers des sommets.
Le texte ésotérique de Mills, qui fait office de notes de pochette, est ainsi un appel à la communication entre les êtres et à l’accomplissement collectif d’un progrès humain en pleine déconfiture. Un disque sombre, grave, mais dont les trouées de lumière et le rythme ressaisissent à jets réguliers le corps et l’esprit.
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Un casting de rêve avec rien de moins que les trois meilleurs MC’s du monde
Aux micros, Nas, Rakim, KRS-One, Kanye West. A la production et aux beats, DJ Premier. Ce n’est pas un fantasme, mais un morceau réalisé pour les 25 ans de la Nike modèle Air Force. Le panard, en quelque sorte.
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Dans un club de Brooklyn, hommage en grandes pompes au prince de la nu-soul et du hip hop d’avant-garde. Donuts are forever!
Un an après sa mort prématurée, on célèbre partout l’héritage de James Yancey, aka Jay Dee et J Dilla. Le prince de la nu-soul et du hip hop d’avant-garde, révéré par ses pairs et des milliers de fans qui rivalisent d’adoration sur le Net, a été l’objet d’une soirée mémorable à Brooklyn, le 10 février. Les choses étaient pourtant mal engagées.
Le choix du Galapagos, club rock du quartier branché de Williamsburg, n’annonçait rien de bon. Un public composé de jeunes gens bien comme il faut. Une promo sur la bière locale pour que tout le monde soit bourré en un temps record. Un son mal réglé au début. Et bien non, grâce à des DJ en forme, grâce à un Pharoahe Monch gonflé à bloc et parce que les organisateurs ont su redoubler d’idées, cette soirée fut un régal.
Sur scène, à côté des platines, un peintre compose un portrait de Dilla. Des serveuses distribuent des donuts, clin d’œil à l’album éponyme du maître. Un diaporama montre des fans un carton à la main, sur lequel est écrit un petit mot en référence à l’artiste. Du genre « The J in J Dilla is for Jesus Christ ».
L’arrivée de DJ Scratch des Roots, d’Elzhi de Slum Village, et de leur entourage dûment parfumé à l’herbe, donne ensuite le ton. Tous les chefs-d’œuvre de Dilla, représentatifs de toutes ses périodes, sont joués sobrement par des DJ hypnotisés eux-mêmes par ce style musical si entêtant. Monch n’omet pas de rappeler que, micro en main, Dilla était aussi un client. Il dit cela sous les vivats alors que passe “Fall In Love” de Slum Village. Grosse émotion.
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DJ Statik et le collectif Ill-vibe proposent, sur le site du label ropeadope, deux tributes à Dilla:
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Hommages au génie: Questlove, Common, Bilal, Phat Kat, Dwele, House Shoes, Karriem Riggins, et la mère de Dilla. -En anglais-

Démoli par les critiques? Le rappeur, en concert dans son quartier d’origine de Brooklyn, est plus cool que jamais.
C’est dans un contexte spécial que Mos Def, acteur hollywoodien en devenir, effectuait le 16 février son retour à Brooklyn, son “borough” d’origine. Des critiques moqueuses ont démoli True Magic, son dernier album (au moins Vibrations et Libé se sont-ils arrêtés sur les qualités de ce disque), soi-disant bâclé. Déjà, les Ricains n’avaient rien compris à l’esthétique plurielle de The New Danger… C’est navrant, car ces mauvaises langues, les mêmes que les audaces d’ Electric Circus de Common avaient exaspéré, on les retrouve aussi sur okayplayer.com, le site des Roots.
Mais le bonhomme qui s’avance, plus cool que jamais, vers le devant de la scène de la Brooklyn Academy Of Music, n’a pas l’air le moins du monde affecté par ces bêtises. Propulsé par un jazz band composé d’ados tous plus affolants les uns que les autres, Mos a seulement à cœur de faire entendre ses voix multiples. Tour à tour crooner (”Umi Says”, quelle merveille…), rocker, freestyler bluffant ou habité d’une douleur de sufferer jamaïquain, il charme, émeut et surprend. Comme lorsqu’il enchaîne “I Put a Spell On You” avec le “Kick In The Door” de Notorious B.I.G, dont le beat de DJ Premier sample précisément le hit de Screamin’ Jay Hawkins.
Mos reprenant Biggie, l’enfant de Bed Stuy, dans une salle blindée de Brooklyn ? Juste renversant. Pour autant, hors de question de céder à la vox populi qui, du balcon, réclame une nouvelle fois la reformation de Black Star, son duo légendaire avec Talib Kweli. A 34 ans, Mos Def regarde droit devant lui. Il n’est pas encore une vieille gloire de la musique.
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