Auteur Jacques Denis

Ornette Coleman curateur du Meltdown: les noms

On connaît désormais les noms qui figureront au Festival Meltdown qui se tiendra du 13 au 21 juin prochain au Southbank Centre de Londres dont le directeur cette année est Ornette Coleman. Son confirmés Yoko One Plastic Ono Band (!), Sean Lennon, Cornelius, Patti SMith, Robert Wyatt (!!!), Yo La Tengo, Baaba Maal et, euh… Moby. The Roots ouvriront les festivités le 13 juin.

On attend la présence d’Ornette Coleman sur scène dans le groupe de Yoko Ono.

Ornette Coleman est le premier jazzman à obtenir la carte blanche de directeur artistique du prestigieux Meltdown Festival. L’an passé, cet honneur était revenu à Massive Attack.

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Hommage: Bashung, dear imprudence

Alain Bashung est mort samedi 14 mars à l’âge de 61 ans. Vibrations l’avait rencontré en novembre 2002, à l’époque de l’album L’imprudence. Pour un long entretien focalisé sur la musique et le son où, de Miles Davis à Glenn Gould, de John Cale à Richard Harris, l’Alsacien revient sur ses influences.

«L’imprudence» forme un ensemble, avec des échos, des transitions, des passages. C’est presque une suite.

Cet album n’est pas loin du concept-album. Je ne le dis pas trop parce que les mots vous emprisonnent. A un moment je n’étais pas contre isoler des petites plages pour les mettre toutes seules. Mais l’ensemble s’est constitué naturellement. A la fin de certains morceaux, le pianiste continuait de jouer, des choses comme ça. Ça me suffisait, il n’y avait pas besoin d’en rajouter.

On a l’impression que le disque devait s’arrêter avec l’avant-dernier morceau et ses mots qui sonnent le glas: «Restons-en là…»

Oui, c’est ironique. «Restons-en là»… et il y a un morceau de neuf minutes qui suit! C’est de l’humour!

Les gens vont plutôt trouver le disque grave.

Quand on arrive au poème de Desnos «Jamais d’autre que toi», les gens vont se dire: «Ouh là… il est pas bien en ce moment», et puis à la fin, ils vont penser: «alors là, ça s’arrange pas, il est foutu!» (rires). Il faut beaucoup d’humour pour rentrer dans la gravité, parce que la gravité devient tout de suite lourde quand il n’y a pas d’humour. Tous les gens avec qui j’ai travaillé ont un humour féroce. Mais ils aiment bien se faire peur.

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jazz: Steinski remonte dans le temps

PHOTO: STEVE STEIN, ALIAS STEINSKI, A L’EPOQUE DE SA BAR MITZVAH © STEVE STEIN

Vibrations sort This Jazz Is Hot, 17 morceaux de jazz des années 1927 à 1947. Une sélection signée du DJ new-yorkais Steinski

Au cas où vous ne le sauriez pas encore, Vibrations sort en cette fin d’année une compilation de jazz des années 1927 à 1947. C’est la parfaite bande-son pour un réveillon différent (fin de la publicité). La sélection a été confiée à Steinski, le DJ new-yorkais pionnier des collage sonores, et le créateur avec Double D des mythiques The Lessons pour le label Tommy Boy. Bizarre? Pas tant que ça.

Voilà toute l’histoire de ce disque.

A Vibrations, nous écoutions les différentes émissions que Steinski réalisait pour l’excellente radio WFMU. Au milieu de sélections consacrées au funk de la Nouvelle Orléans ou au hip hop, nous sommes tombés sur celle consacrée au jazz. Il est habituel que les DJs de hip hop nous fassent redécouvrir leur collection de jazz dans lesquels ils samplent. Neuf fois sur dix, il s’agit de morceaux de jazz-funk des années 60 ou de jazz modal.

Pas cette fois-ci.

Les choix de Steinski étaient vraiment étonnants. Entre les grésillements, on entendait d’obscurs orchestres des années 20, des blues déchirants, des chanteurs habités, des chanteuses énervées. Des incitations à la bagarre, ou à la bonne bouffe. Quelque chose de vivant. Certains noms nous étaient familiers – Cab Calloway, Jelly Roll Morton, Duke Ellington – la plupart étaient des inconnus.

En avril de cette année, Steinski est passé dans nos bureaux alors qu’il revenait d’un stage donné à la Red Bull Academy. Nous avons parlé de ces disques. “Je ne suis pas un érudit, et j’ai mis du temps à apprécier ces vieilleries. C’est le genre de musique que je passe chez moi quand un ami vient me voir. On ouvre une bière et on écoute ça. On passe du bon temps.”

Lorsque nous lui avons proposé de réaliser une sélection de ses disques favoris de cette époque, il a été immédiatement enthousiasmé. Alors, montez le son, imaginez que vous êtes dans un bouge de Harlem ou de la Nouvelle-Orléans, et vous tomberez vous aussi sous le charme de ces sons d’un autre temps.

EN MAGASIN

  • This Jazz Is Hot, A Compilation By DJ Steinski (Vibrations/Harmonia Mundi/Disques Office)

A COMMANDER SUR NOTRE SITE

EXTRAIT

  • Duke Ellington and His Orchestra with Ivie Anderson, “Killing Myself” (extrait de This Jazz Is Hot)

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Hommage: Isaac Hayes


Le chanteur, producteur et comédien disparaît à l’âge de 65 ans. Dans une interview accordée à Vibrations en 1995, Isaac Hayes revenait notamment sur l’épopée de “Shaft”, son amitié avec Lino Ventura et son étonnement à voir Chuck D et Flavor Flav en boubou.

Comment en êtes-vous venu à enregistrer votre premier disque, «Hot, Buttered & Soul» avec un orchestre à cordes?

Isaac Hayes: Tout naturellement. Quand j’étais gosse, j’écoutais toutes sortes de musique, j’étais comme une éponge: j’absorbais tout. Plus tard, quand j’écrivais pour Sam & Dave, ce n’était pas ma propre personnalité que je mettais en avant. Quand le moment fut venu pour moi d’enregistrer mon propre disque, je voulais absolument y inclure des cordes, car j’écoutais alors beaucoup de musique classique. Je n’avais aucune expérience en la matière, mais mon interprétation et mes influences m’ont permis de glisser sous le funk ces arrangements de violons, particulièrement sur «Walk On By». C’est venu comme ça et cet élément est toujours resté dans ma musique.

En 1969, affirmer à ce point des emprunts à la musique blanche sur un label comme Stax, c’était presque révolutionnaire, non?

Isaac Hayes: C’est vrai, mais ça ne m’a pas fait peur. Je n’y ai pas réfléchi à deux fois, cela m’a semblé la chose à faire à ce moment-là. Les gens à Stax ont tout de suite aimé. Leur problème c’est qu’ils ne savaient pas exactement comment EVALUER cette musique parce qu’ils n’avaient jamais rien entendu de pareil. Ils ont dit: «c’est super. On ne sait pas si ça va beaucoup passer en radio, parce que les morceaux sont, hum, un peu longs, mais c’est super…» De toutes façons, ce que j’avais à dire ne pouvait pas être dit en 2 minutes 30. Je n’avais pas de pressions parce que Stax avait une vingtaine d’autres albums sur le marché au même moment et j’avais composé tellement de hits pour eux que j’ai eu totale liberté artistique sur ce coup-là.

Deux ans, plus tard sort «What’s Going On». Est-ce que Marvin Gaye avait eu connaissance de votre travail sur les cordes?

Isaac Hayes: Je ne le connaissais pas à cette époque, je l’admirais mais je ne l’avais pas encore rencontré. Cela a pu l’influencer, je n’en suis même pas sûr. Quand j’ai entendu pour la première fois le disque, ça m’a soufflé. C’est le genre d’œuvre d’art qui vous fait dire: «nom de Dieu, si j’avais pu faire quelque chose de pareil!»

Parlez-nous de Burt Bacharach dont vous avez repris plusieurs des thèmes qu’il a composés avec Hal David.

Isaac Hayes: Je suis venu à Burt Bacharach à travers Dionne Warwick dont j’étais un fan absolu. J’étais un véritable disciple de Dionne. Et quand j’ai enregistré «Walk On By», j’avais naturellement peur de la réaction de Bacharach. Quand je l’ai enfin rencontré, il m’a dit qu’il adorait ma version. Ça m’a conforté dans mes choix futurs. Plus tard, je me suis acheté une maison à L.A tout près de chez lui. Depuis j’ai souvent été traîner chez lui.

«Shaft», pour lequel vous êtes surtout connu du grand public, n’était pas le premier film du genre?

Isaac Hayes: Non, «Shaft» n’était pas le premier film Blaxploitation, comme on a pu le dire. Melvin Van Peebles avec «Sweet Sweetback’s Baddasssss Song» a été le premier et «Shaft» a suivi. Personne n’a jamais eu les tripes de Van Peebles. Mais personne n’a jamais voulu s’approcher de Van Peebles non plus parce qu’il disait des choses trop vraies pour être entendues…

Racontez-nous la véritable histoire de l’enregistrement de «Shaft».

Isaac Hayes: Il faut voir les choses comme ça: Hollywood allait très mal. Quelqu’un de futé là-bas a eu alors l’idée de faire des films pour le public noir pour toucher un nouveau marché. Avec des premiers rôles noirs, des réalisateurs noirs et aussi des compositeurs musicaux noirs. Et c’est là qu’ils ont pensé à moi. Je suis venu à L.A, j’ai écouté ce qu’ils avaient à me dire. «OK, je vais essayer» j’ai dit. J’ai rajouté: «je suis acteur aussi, je peux avoir un rôle?» «On verra», ils m’ont répondu. Bon, je n’ai pas eu de rôle, je me suis concentré sur la musique et j’ai bien fait. Comme personne ne me connaissait dans le milieu, ils ne m’ont pas fait confiance comme ça. Les producteurs m’ont donné trois scènes du film pour que je les illustre en musique. La scène d’ouverture quand Shaft sort du métro, une autre scène où on le voit marcher dans Harlem et une troisième scène où il fait l’amour avec une femme. Ils me testaient! J’ai pris la bande à Memphis, j’ai écrit «L.A’s Love Theme» en une petite heure, je l’ai mis sur bande. «Soulsville» m’a pris une heure et demie, juste la musique pas les paroles et le thème principal de «Shaft» (le rythme seulement) deux heures. J’ai emmené tout ça à New York, je leur ai fait écouté le résultat. Ils m’ont dit: «OK, tu vas à Hollywood et tu commences à travailler». J’étais au milieu d’une tournée. Le week-end, je partais sur la route aux quatres coins du pays, à l’est, en Caroline du Nord, en Virginie, en Floride… et je retournais vite travailler sur la musique de «Shaft» pendant la semaine. Quand j’ai eu fini, il manquait encore toutes les rythmiques. Ils m’ont donné deux jours pour faire les rythmiques pour toutes les scènes! Au bout du compte, ça ne nous a pris qu’un jour à peine! Le lendemain, on enregistrait les cordes et les cuivres et pour ça, je m’y connaissais. Le surlendemain, ce fut le tour des voix. Mes chanteuses écrivaient leurs parties dans la limousine en chemin pour le studio. Là encore, il n’y a pas eu de problèmes. Au troisième jour, quand le producteur George Freeman est venu écouter le résultat, j’étais évidemment anxieux. Eux ne l’étaient pas, en tout cas ne le montraient pas. Ils ont aimé le résultat d’emblée et je suis reparti à Memphis pour rallonger les thèmes en vue du disque qu’ils allaient sortir. Voilà l’histoire de la musique de «Shaft».

Pensiez-vous que le film allait remporter un tel succès?

Isaac Hayes: Pas du tout. J’avais déjà commencé à travailler sur «Black Moses», un double album très ambitieux quand le film a décollé.

Il y eut immédiatement d’autres films dans la foulée de «Shaft». Dans «Tough Guy», vous ne faites pas que composer: vous jouez et Lino Ventura vous donne la réplique.

Isaac Hayes: Un grand souvenir. Lino était un type fantastique. Il était plutôt du genre calme, timide même, mais on faisait une paire d’enfer tous les deux. J’ai été très attristé d’apprendre sa mort.

Que pensez-vous de la manière dont a évolué le cinéma noir américain?

Isaac Hayes: Ce cinéma, pour l’instant, est assez unidimensionnel: la vie dans le ghetto, le jeu de la drogue et de la violence. Mais vous le savez bien: Hollywood ne soutient que ce qu’il vend. Si les «frères» restent assez longtemps dans le jeu, ce cinéma va se développer. Pour le moment, tout le monde influence tout le monde et tout le monde copie tout le monde. Mais il arrive un moment où chacun trouve son propre chemin. Dans les années 70, nous n’avons pas eu cette chance. Les WASP ont décrété: «les films de la Blaxploitation glorifient les macs et les putes!». Alors Hollywood a pris peur, a ôté ses mains de là et le genre est mort. Nous, les acteurs, on est resté sur le carreau à se demander ce qui allait se passer pour nous. Et rien ne s’est passé. Alors, quand je vois certains films aujourd’hui qui réussissent à parler librement des problèmes quotidiens de la communauté, j’ai assez confiance. L’autre différence majeure est que nous n’avions pas le contrôle artistique qu’ont les jeunes réalisateurs aujourd’hui. Nous avions des scénarios écrits par des Blancs qui nous disaient comment nous devions être à l’écran.

Vous avez récemment été élu citoyen d’honneur de la famille royale au Ghana. Comment est-ce arrivé?

Isaac Hayes: J’ai été la première fois au Ghana en 1992, avec Dionne Warwick. J’ai été si ému par ce que j’ai vu, en particulier les maisons où on enfermait les esclaves avant de les envoyer aux Etats-Unis que ça m’a donné l’appétit d’en savoir plus sur mes ancêtres. J’ai lu des livres, et quand je suis retourné aux Etats-Unis, je n’arrêtais pas de parler de ça. J’ai fait des conférences dans le but d’encourager les Africains-Américains de faire le voyage au Ghana pour qu’ils apprennent d’où ils venaient. Je disais aux jeunes: «Vous entrez dans des gangs et vous vous entre-tuez, sans réaliser que du sang royal coule dans vos veines! Vous vous battez pour une terre qui ne vous apppartient même pas.» A une de ces conférences à New York, la princesse du Ghana m’a entendu et a raconté à son père ce que j’avais dit. Le roi m’a alors invité officiellement. J’étais là-bas en même temps que Public Enemy. Ils ont fait une cérémonie pour me nommer membre honoraire de la famille royale; ce fut un moment intense et merveilleux. Chuck D est venu à la cérémonie en habits traditionnels africains, Flavor Flav aussi! Vous auriez dû les voir, tous habillés en boubou…

Interview réalisé en 1995 par Pierre-Jean Crittin

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Livre : Les milles vies de Rashaan Roland Kirk

La biographie de Rashaan Roland Kirk remet au premier plan l’importance du saxophoniste fantasque dans l’univers du jazz et de la culture populaire

Rashaan Roland Kirk avec sa femme Dorthaan à San Francisco. Avec l’aimable autorisation de Les Scher

Comme Sun Ra, Ornette Coleman et peut-être Don Cherry, Rashaan Roland Kirk est l’un des rares musiciens de jazz à avoir trouvé une bonne partie de son public fanatique parmi les amateurs de rock – voire de punk rock! Sa musique en effet était toute d’énergie faite, d’audaces, de débordements, elle était aussi bien ancrée dans le blues et le rhythm’n'blues. » Lire la suite

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Exposition: Oum Kalsoum à Paris

ILLUSTRATION: Chant Avedissian, Oum Kalsoum, années 1990, technique mixte au pochoir sur panneau, 19,39 x 26, 45 cm, collection British Museum.

L’institut du monde arabe rend hommage à la grande dame de la chanson orientale

« La quatrième pyramide. » C’est le sous-titre de la grande exposition parisienne qui s’est ouverte le 17 juin (jusqu’au 2 novembre) à L’institut du Monde arabe. C’est dire le monument que l’on célèbre, monument vocal qui, aux oreilles des Européens, n’a d’équivalent que chez Billie Holiday, Piaf ou La Callas. « Ce long cri d’amour où la sensation érotique s’énonce lancinante et où brûle en le cœur un feu qui semble ne jamais d’éteindre », comme l’écrit si bien notre collaborateur Rabah Mezouane dans le texte de l’exposition.

Oum Kalsoum entre Mohammed Kasabgi et Abdou Saleh, son joueur de qanûn. Photo de Farouk Ibrahim

Comment faire parler en images cette féminité rageuse ? Le parcours de l’exposition propose quatre approches complémentaires, chacune réunissant photographies, séquences sonores et audiovisuels, documents, objets, costumes et œuvres. Dans la première section, « L’Egyptienne », la vie d’Oum Kalsoum, dont la date de naissance au début du siècle reste mystérieuse, est replacée dans le contexte social et politique mouvant de l’Egypte ; la deuxième section, « Le Talent » s’attache à expliquer le phénomène artistique et sa réception ; « L’engagement » rend compte de l’implication de la chanteuse dans la vie publique, questionne son militantisme et son patriotisme ; enfin « L’Héritage » réunit un ensemble d’œuvres contemporaines inspirées par la Dame.

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Hommage : Bo Diddley, le beat primal

Le chanteur et guitariste a donné son nom au beat le plus marquant du rock’n’roll. Il est mort lundi à 79 ans d’une crise cardiaque.

Dans le Mississipi, on trouve une guitare composée d’une seule corde attachée à deux clous aux extrémités d’une planche en bois. On peut en voir jouer la chanteuse de blues Jesse Mae Hemphill dans le documentaire de Marc Oriol Me & My Guitar. Cette « guitare », qui rappelle les instruments à une corde d’Afrique de l’ouest, était appelée une diddley bow.

Bo Diddley ne jouait pas de guitare à une corde (pas que l’on sache), mais construisait ses propres instruments aux formes carrées, rectangulaires, et d’autres encore. Il existe une photo très belle montrant sa première guitare faite main. Elle date de 1945. Otha Ella Bates ne s’appelait pas encore Bo Diddley. Il avait treize ans, et jouait du violon.

Le musicien qui vient de mourir est bien plus que l’inventeur du rock’n’roll (avec Chuck Berry, Elvis Presley, Little Richard, Jerry Lee Lewis, et n’oublions pas Arthur Crudup). En réécoutant ses faces Chess, compilées à de nombreuses reprises (la totalité sur le coffret Bo Diddley : The Chess Box), on est frappé par le soin porté aux détails, aux ornements. Tout ce qui fait qu’un morceau de Bo Diddley ne ressemble pas tout à fait à un autre morceau de Bo Diddley.

Sa musique était surprenante rythmiquement. Son groupe comprenait dans les années 50 un noyau formé du joueur de maracas Jerome Green et du batteur Frank Kirkland, auxquels s’adjoignaient parfois un pianiste, un bassiste ou un harmoniciste.

L’écrivain Robert Palmer, l’auteur de Deep Blues, s’est intéressé de savoir d’où venaient les éléments apparemment si disparates de la musique de Bo Diddley. Tout en qualifiant la musique de Diddley de « mystérieuse », il reconnait des accents cubains (le clave), haïtien et africain (Yoruba et Kongo).

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Podcast: Steinski in the office

Premier podcast de notre série “In The Office”, le DJ new-yorkais Steinski évoque dans une interview exclusive l’évolution de la loi sur les droits d’auteur, sa conception du mix et l’art du collage sonore qu’il a perfectionné en compagnie de son partenaire Double Dee au début des années 80.

Steve Stein raconte avec humour les débuts du hip hop et sa découverte d’une nouvelle génération de DJ’s qu’il a influencé (en anglais uniquement).

Une rétrospective de son travail sort ces jours en double CD. What Does It All Mean?: 1983-2006 est disponible sur Illegal Art.

icon for podpress  Steinski In The Office [16:04m]: Download (278)

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Film: Shake The Devil Off, le diable en soutane

Avec Shake The Devil Off, le réalisateur Peter Entell signe un film sensible sur l’après-Katrina

Au bon moment, au bon endroit. Tel semble être le destin du réalisateur Peter Entell, qui signe ici son deuxième long-métrage en quinze ans.
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avant-première : Camille fait son Music Hole

PHOTO: Benoît Peverelli

Music Hole, le nouvel album de Camille, sort le 7 avril. Vibrations l’a écouté en avant-première.

Après avoir charmé le monde entier (France, Angleterre, USA, Japon) avec ses ritournelles malicieuses sur fond de hip hop acoustique (Le Fil, 2004), Camille revient avec Music Hole, son quatrième album. Au delà du (bon) jeu de mot, ce “trou musical” est son œuvre la plus ambitieuse à ce jour, flirtant avec la gravité, la mélancolie. Est-ce une surprise? La langue anglaise domine tout au long des 10 titres. Pour autant, c’est toujours du Camille-de-Paris. Simplement, la pelote s’est déroulée dans tous les sens et a fait des nœuds. Ça grince, ça couine, ça pleure, ça crie, ça respire. Il faudra de nombreuses écoutes pour venir à bout de ce Music Hole de haut vol. Chronique en avant-première, morceau par morceau.

Gospel With No Lord Ce gospel sans rédemption à la clé s’inscrit dans la veine “sale gosse” du Fil. “Faut que je trouve mon père / Faut que je trouve ma sœur / Faut que je me trouve moi-même.” Camille pousse la voix blanche, davantage Janis qu’Aretha.

Canards Sauvages Le seul titre en français – et encore, à moitié. Ambiance aquatique, sub-bass maternels, quelques vers scatologiques pour la cour de récré, et puis s’en vont.

Home is where it hurts Beat-boxing en fond, Camille tend vers le grave. « Ma maison n’a pas de porte, ma maison n’a pas de clé ». Mélancolie.

Kfir Enigmatique. C’est quoi, c’est qui ce Kfir ? Sans doute pas l’avion de combat israélien… Encore une balade douce-amère qui lorgne vers le folk. Et toujours cette beat-box en fond.

The Monk Monk, pour Meredith pas pour Thelonious. Un duo piano-voix sous influence de la vocaliste américaine expérimentale. “Pa-pa-pa-pa-pa-pa-pa-pa-pa-pa-pa-pa…” Le premier tube de musique minimaliste depuis “O Superman” de Laurie Anderson ?

Cats and Dogs L’opéra de quat’sous, version Camille. Un beau titre Fassbindérien, énervé vers la fin. La première surprise, le premier nœud…

Money Note « Bounce, bounce » répète Camille. Un truc de fille, bien hip hop, entre M.I.A et feu les Rita. Groovy.

Katie’s Tea Un thé fort avec montée de piano-voix. Mimétisme vocal notable avec la grande Joni Mitchell des années Blue. Une pièce courte et barrée.

Winter Child Retour à l’enfance, et au “sentiment étrange” qu’il procure. Crépitement de feu de bois en entrée, voix de gorge Tuva. « What a funny feeling for a child »… Beau bizarre.

Waves Camille lance sa propre météo marine : avis de tempête. Une folk-song pull-marine soulful. Seule Kayna Samet, rivale sous-estimée, peut oser pareil déballage émotionnel. Gros titre.

Sanges Sweet Un final en gospel ascendant, avec clapping et piano. « I Can’t Believe what I Have done… » Sœur Kate Bush, terrée au fond de son manoir anglais, appréciera.

DISQUE

  • Camille, Music Hole (EMI) Sortie le 7 avril

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VIDEOS

  • Camille et -M- chantent “Au suivant” de Jacques Brel à Taratata
  • Camille, Ta douleur

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hommage: Buddy Miles est mort

JIMI HENDRIX AVEC BUDDY MILES, MARS 1969

Le batteur du Band Of Gypsies est décédé à l’âge de 60 ans à Austin Texas

Avec son énorme afro, il ressemblait à Baby Huey, le chanteur de soul psychédélique. George Allen “Buddy” Miles est mort le 27 février des suites d’un longue maladie du cœur. Il fut le co-fondateur du Band Of Gypsies, le trio du guitariste qui remplaça le Jimi Hendrix Experience à la fin de l’année 1969.

Les deux musiciens s’étaient rencontré quant le batteur avait seize ans, lors d’un concert canadien où Jimi Hendrix jouait avec le I.B. Specials, en première partie des Isley Brothers. Buddy Miles était alors le batteur d’un groupe de R&B Ruby & The Romantics. Il ne rejoindra Hendrix qu’en 1969. Cette année-là, Hendrix produit un album du Buddy Miles Express puis invite le batteur sur l’enregistrement d’Electric Ladyland.

Il est de notoriété publique que Mike Jeffery, le premier manager de Hendrix, détestait Buddy Miles, et ne voyait pas d’un bon œil son protégé quitter les rivages de la pop vers ce “truc noir” indescriptible. Il fit tout pour éloigner Buddy Miles de son entourage. Lors de l’enregistrement d’Electric Ladyland, auquel participe Miles sur deux morceaux (”Rainy Day, Dream Away” et “Still Raining, Still Dreaming”), le producteur passe régulièrement après les heures de studio s’assurer que la voix de Hendrix est bien en avant dans le mix. A partir de ce moment, les relation entre Hendrix et Jeffery se détériorent.

Le groupe Band Of Gypsies fut de courte durée. Juste le temps d’enregistrer à la fin de l’année 1969 un album en public, Band Of Gypsies, avec le fameux “Machine Gun” qui sortira en avril 1970. Hendrix meurt en septembre.

Dans le meilleur livre écrit sur Hendrix (Jimi Hendrix, Vie et légende, en français aux éditions Seuil-Points), le journaliste anglais Charles Shaar Murray écrit: “Même si Billy Cox et Buddy Miles avaient une formation R&B, la combinaison des deux trace un curieux chemin entre funk lourd et hard rock: moins “soul psychédélique” que, disons, “black rock”. La section rythmique de Band Of Gypsies était la préférée de Miles Davis.”

A part Miles, bien des musiciens qui ont été influencé d’une manière ou d’une autre par Hendrix (les guitaristes Jean-Paul Bourelly et Vernon Reid, le batteur Ronald Shannon Jackson) ont affirmé que le Band Of Gypsies était le groupe de Hendrix qu’ils préféraient. Pas pour des raisons raciales, mais parce qu’esthétiquement, le backbeat de Miles permettait à la musique de Hendrix de prendre une autre dimension, de s’envoler littéralement. Pas nécessairement vers le jazz, mais vers d’autres horizons improvisés.

VIDEO

  • excellent documentaire en neuf parties sur Hendrix et le Band of Gypsies (en anglais)

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soul-rock: Ron Franklin débarque à Paris

Ce jeune maniaque du son rétro offre une fascinante plongée dans l’Amérique des bayous. En concert à Paris cette semaine, vibrationsmusic.com vous offre 5 places à gagner ce soir mardi, mercredi et jeudi

Il a l’air tout droit sorti des sixties, Ron Franklin. Pochette au graphisme dylanien, studio vintage boisé, légère afro. Sur le de dos du CD, il est ironiquement fait mention d’une « face 1 » et d’une « face 2 ». Qui c’est celui-là ? On regarde les notes de pochette. Le jeune homme d’Eunice (Louisiane) a des connaissances. Au piano bastringue s’est assis le légendaire producteur Jim Dickinson, une brochette de vétéran de Memphis l’accompagne et City Lights a été enregistré au fameux studio de Willie Mitchell Royal Recording où Al Green grava ses hits.

Rétro, Ron Franklin l’est à la manière maniaque des oubliés Unknowns et du premier Chris Isaak. Cela ne l’empêche pas de jouer ses propres compositions entre folk, blues, country et old time avec aplomb. La voix vacille juste ce qu’il faut quand le good boy reprend Chuck Berry (« Thirty Days ») et derrière, le groupe installe un puissant swamp-rock des bayous lousiannais.

Ce deuxième album (après un premier essai sépia confidentiel en 2005, Blue Shadows Falling) fait son petit bout de chemin grâce au bouche-à-oreille. Il s’installe confortablement sur la platine et ne laisse bientôt plus de place aux autres. C’est bon signe. Depuis le Big Star d’Alex Chilton, on n’avait pas entendu pareille musique blanche trempée dans la tradition noire.

5 places à gagner pour chaque date (mardi, mercredi et jeudi), les gagnants seront avertis par email.

Envoyez-nous un mail avec vos nom, prénom et adresse postale à concours@vibrations.ch. Merci d’indiquer “Ron Franklin” dans l’intitulé du message.

CONCERT

  • Du 26 février au 1er mars à l’Européen de Paris, en première partie de Ilene Barnes. Concert: 20h précise

ALBUM

  • Ron Franklin, City Lights (Memphis International/DG)

SITE

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vidéos : quand la pub nous fiche le blues

Une image extraite du film publicitaire “Le blues”

Un film publicitaire sur le blues attire la colère des auditeurs de Radio Nova.

La récente campagne de publicité de Radio Nova, composé de huit petites vidéos – enfin plus que sept, la huitième venant d’être retirée de leur site officiel – a quelque peu remué ses auditeurs. L’un de ces films montre, en noir et blanc, une reconstitution d’une scène dans le Sud des Etats-Unis au temps de l’esclavage. On y voit en gros plan, un esclave noir se faire fouetter par son patron blanc. À la fin de ce petit film, un message sur un disque vinyle apparaît : “Une chose est sûre, ce sont bel et bien les Blancs qui sont à l’origine du blues.”

Radio Nova a décidé de retirer ce film de son site Internet aujourd’hui et a publié ce message : “Un de ces films, intitulé Le Blues pose visiblement un grave problème à certains d’entre vous qui nous ont dit : “on ne peut plus voir ces images , même pour la “bonne cause”.” Pour ne pas heurter nos amis et ne pas ajouter à ces souffrances, nous avons décidé de retirer ce film. Avec nos excuses, et avec la volonté de poursuivre le nécessaire travail de mémoire, nous qui luttons depuis toujours pour cela.”

Cette série publicitaire, concoctée par l’agence parisienne Young & Rubicam, avait été aussi proposée au magazine Vibrations. Nous avions pensé: ces films ne sont ni provocateurs ni mal-pensants. Ils sont tout simplement bêtes, sans même être méchants. Ils ne nous plaisaient pas. Ils étaient dans la droite ligne des publicités de l’Italien Toscani.

Celle sur le blues me déplaisait profondément par sa naïveté. Le blues n’est pas issu des champs de coton. C’est une vision simpliste et idiote. Je n’avais pas envie de l’endosser. Vous pouvez essayer de trouver ce film sur le net si vous voulez. Je l’ai vu une fois, et cela me suffit.

Plusieurs mois ont passé et ces films publicitaires ont été réalisés pour une radio dont on se sent très proche, musicalement et dans son esprit.

Je les ai regardé. A part ceux sur le jazz et le funk, vifs et joyeux, les autres sont lourds, grossiers et naifs. La palme revient à celui sur la musique indienne où l’on voit des cafards remonter le long de tuyaux jusqu’à la cuvette des WC (sur fond de sitar). Je n’ose pas le montrer à un ami indien, plutôt susceptible. Il risque d’envoyer à l’agence de pub une boîte pleine de… cafards en guise de remerciements !

VIDEOS

  • Publicité “Le jazz”
  • Publicité “Le funk”

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chanson: Gianmaria Testa dans tous ses états

PHOTO: BERTRAND DESPREZ

Carte blanche à Bordeaux pour le chanteur piémontais. Trois spectacles et 30 places à gagner

Aux dernières nouvelles, il est toujours chef de gare à Cuneo. Le chanteur piémontais Gianmaria Testa n’en a pas pour autant abandonné la chanson, bien au contraire. Son dernier disque, le magnifique Da Questa Parte del Mare (Chant du Monde) le voyait élargir son propos, toujours empreint de lucidité et de poésie, abordant le thème de l’exil et de l’immigration avec une ampleur musicale inédite (on y croisait les Américains Greg Cohen et Bill Frisell).

À partir de cette semaine et jusqu’à fin mars, la très dynamique association Musiques de Nuit de Bordeaux lui consacre une impressionnante carte blanche, révélant plusieurs facettes de l’auteur-compositeur.

Vendredi 18 janvier, Testa sera en quartette avec le clarinettiste Piero Ponzo, le bassiste Nicolas Negrini et le batteur Philippe Garcia à Eysines. L’occasion d’écouter et de redécouvrir sur scène les chansons de ses différents albums et en particulier de son dernier.

Samedi 15 mars, il présente son non-spectacle Quichotte et les invincibles à Eysines. Pour ce projet, il est accompagné par l’écrivain Erri De Luca et le clarinettiste Gabriele Mirabassi pour une « parlotte entre amis » qui mêle histoire écrite et racontée, poèmes mis en musiques et chantés par lui-même.

Jeudi 27 mars, Testa, accompagné du pianiste Roberto Cipelli et de son quartet rendent hommage à Léo Ferré qui s’installa au cœur de la Toscane dans les années 70. Une histoire d’amour singulière entre le chanteur à la crinière blanche et l’Italie : enregistrement avec des orchestres classiques, disque chantés en italien, nombreux concerts.

Vibrationsmusic.com vous offre 10 places pour chacun de ces concerts. Demande à envoyer à concours@vibrations.ch (merci de rappeler “Gianmaria Testa” dans l’intitulé de votre message.

Les gagnants seront avertis par email.

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Hommage: Le producteur Joel Dorn est mort

L’un des piliers de la firme Atlantic, le producteur Joel Dorn, est mort lundi d’une crise cardiaque. Hommage.

Lorsque Vibrations avait consacré un dossier au label Atlantic en 1998, nous avions demandé à l’historien Charlie Gillett quel rôle tenait exactement le producteur Joel Dorn au sein de la firme crée par Ahmet et Nesuhi Ertegun, il avait répondu : « Nesuhi était responsable du catalogue jazz, mais son assistant Joel Dorn, un ancien disc-jokey de Philadelphie, endossait dans les faits toutes les responsabilités. Il trouvait les talents et produisait les disques. » Le producteur, un pilier central d’Atlantic Records, est mort le 17 décembre d’une crise cardiaque à l’âge de 65 ans. Sans Dorn en talent-scout, Roberta Flack, Rashaan Roland Kirk ou Yusef Lateef – trois de ses artistes favoris – n’auraient sans doute pas enregistré pour les Ertegun.

« Quand j’avais 14 ans déjà, j’envoyais des lettres à Atlantic pour leur donner toutes sortes de suggestions sur quels artistes ils devraient signer, et avec qui Ray Charles devrait faire son prochain duo. » En 1963, il parvient à rentrer dans la maison si convoitée. Le premier musicien qu’il produit est le flûtiste Hubert Laws. Bien d’autres suivront. Dorn avait une nouvelle façon de produire les artistes jazz. « J’ai apporté les techniques de la pop dans le jazz et le R’n’B. Mes deux grandes influences en tant que producteur étaient Lieber and Stoller et Phil Spector. »

L’effet est particulièrement frappant sur le travail effectué avec la chanteuse Roberta Flack, un pied dans la soul, et un autre dans la pop. On ne saura jamais pourquoi Dorn quitte Atlantic en 1974, mais sa passion intacte lui permettra de rester très actif dans la branche, en produisant pour d’autres labels.

Au milieu des années 80, Joel Dorn décide de s’arrêter et de partir trois ans sur la route dans le but de récolter des enregistrements en public de ses artistes préférés. C’est ainsi qu’il rassemble des heures de documents inédits de Cannonball Adderley, Rahsaan Roland Kirk ou Les MacCann et Eddie Harris, qu’il sort sur son propre label Night Records. Il travaille également sur les catalogues Rhino et Columbia.

En 1995, le Smithsonian Institute décide de faire rentrer les travaux et les écrits de Dorn dans ses collections pour rendre hommage à ses talents de producteur. C’est cette année-là que le virus le reprend. Il crée un nouveau label, 32 Records, encore une fois spécialisé dans la réédition, avec plus de 250 titres remis sur le marché, souvent des artistes un peu négligés.

En 2003, il donne un coup de pouce pour lancer Hyena, un label qui navigue entre rééditions et nouveautés. Il publie entre autres Gospel Music, un recueil de ses morceaux gospel préférés sélectionné avec l’aide de son ami Lee Friedlander, photographe fétiche… d’Atlantic.

VIDEO

  • Joel Dorn parle de son travail chez Atlantic avec le joueur de cornemuse jazz Rufus Harley

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Cubop: Hommage à Carlos “Patato” Valdes


PHOTO: Benoît Peverelli

Derrière ses fûts, Carlos “Patato” Valdes a fait les belles heures du cubop, ce mélange de rythmes afro-cubains et de be-bop. Il est mort mercredi 5 décembre à l’âge de 81 ans des suites d’un arrêt pulmonaire. En 1992, Pierre-Jean Crittin avait rencontré ce personnage infatigable qui, passé 70 ans (même s’il refusait de donner son âge), dansait toujours le mambo!

Vous passez deux heures en compagnie de Carlos “Patato” Valdes, espérant que le petit percussionniste sans âge va vous raconter sa carrière par le menu, passer en revue les grands orchestres cubains par lesquels il a passé: Machito, Tito Puente, Arsenio Rodriguez, Mario Bauza. Son historique session Blue Note avec Grant Green, le manifeste cubop The Latin Bit. Et Herbie Mann au Village Gate, Dizzy… Hélas, vous ne comprenez rien à ce que raconte Patato! Il baragouine en anglo-portugais, saute d’un sujet à l’autre, mâte les minettes, hurle, frappe la table, puis, assoiffé, s’enfuit vers le bar assouvir sa soif inextinguible. Il est vif, ça… Le soir d’avant notre rencontre, on l’a vu animer une descarga (latin jam session) d’enfer au bar des musiciens du festival de Montreux, renvoyant se coucher de jeunes blanc-becs assommés de fatigue. Le lendemain, il se levait à l’aube pour aller faire renouveler son passeport à Genève. Patato, la fatigue, il ne connait pas. Quand il est de passage à Paris, il fait la tournée des cafés et bat les congas toute la nuit avec des copains de fortune. Idem à New york lorsque les jeunes salseros japonais de l’Orquesta De La Luz firent leur première au Village Gate, Patato était là, une bière à la main, impatient de venir frapper ses congas en leur compagnie.

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vidéo: Moonshine Sessions, Abba version country

Derniers épisodes de la saga de l’enregistrement des Moonshine Sessions. Où Abba prend des couleurs sudistes.

Première prises de “Dancing Queen”. Pour les paroles, la chanteuse Melodie Cannon a changé le mot “rock” par “swing”…

C’est dans la boîte. Le tube Eurovision d’Abba devient une déchirante ballade country, sans doute un des moments forts de l’album à paraître en novembre.

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vidéo: Moonshine Sessions, country-soul music!

La country, une musique de ploucs? Philippe Cohen-Solal dénonce les préjugés européens.

Entre les prises, discussions sur la country, son âme et sa soul

Le guitariste Richard Bennett qui a joué avec des gens aussi différent que Neil Diamond, Lee Hazlewood et Mark Knopfler s’exprime: “C’est un des points forts de ma carrière que d’avoir participé à ce disque”

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vidéo: Moonshine Sessions, la vie dans le studio

Visite du 3 Trees Studio de Bucky Baxter. Les musiciens livrent leurs premières impressions.

Juin 2004. Philippe Cohen-Solal rencontre Bucky Baxter qui l’emmène dans son studio 3 Trees dans les environs de Nashville

Bucky et les autres musiciens parlent de l’album et comment ils se sont intégrés au projet: “Au début, j’étais sceptique” raconte Bucky.

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vidéo: Moonshine Sessions, premières prises

Suite du reportage filmé sur l’enregistrement des Moonshine Sessions dans le Tennessee.

Le studio de Bucky Baxter est le rendez-vous des musiciens “outlaws”. Certains d’entre eux ont entendus qu’une session y avait lieu, et accourent pour y participer. Au milieu d’eux, Philippe Cohen-Solal est modeste, mais déterminé: ce sont ses compositions qu’ils jouent. Les rares rednecks ne reviennent pas le lendemain

Petit stage d’une semaine au Maryland College pour Philippe Cohen-Solal qui veut apprendre la technique du flat-picking

Les premières prises commencent en décembre 2004. “Ces types sont les meilleurs sur leur instruments. Et ils sont relativement sobres…”

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vidéo: Moonshine Sessions, new country

Envie de passer un moment à la campagne ? Pendant toute une semaine en exclusivité, vibrationsmusic.com, vous emmène dans le Tennessee avec les images de l’enregistrement des Moonshine Sessions de Philippe Cohen-Solal. Aujourd’hui, première et deuxième partie.

A la fin d’une tournée américaine de Gotan Project, Philippe Cohen-Solal s’envole au Maryville College dans les Appalaches y parfaire sa connaissance de la technique guitaristique du flat-picking. Premiers repaires. Après une semaine « studieuse », il part direction Nashville pour visiter quelques studios. C’est dans l’un d’eux qu’il y rencontre Bucky Baxter, l’un des meilleurs joueurs de pedal-steel actuels. En décembre de la même année, Bucky ouvre les portes de son studio et celles de son carnet d’adresse. L’aventure commence.

Première partie: Comment Philippe Cohen-Solal, en congé de Gotan Project, a eu envie d’un projet réunissant la crème des musiciens country

Deuxième partie: Les premières séances à la campagne dans le studio de Bucky Baxter, joueur de pedal-steel guitar présent sur la tournée « Never Ending Tour » de Dylan

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vidéo: Babyshambles, absolute vintage

Le nouveau single des Babyshambles est une pierre de touche de rock sixties. Les mods et néo-mods adoreront.

Pete qui? Sa gueule d’ange exceptée, l’homme et la musique siglée Doherty (Libertines, Babyshambles) n’avaient pas encore eu l’heure de nous intéresser. Trop de pose, pas assez de musique. Jusqu’à ce nouveau single, absolument fabulous. D’obédience early Kinks, jusqu’au décalque de “You Really Got Me”, “Delivery” est une belle tranche de mod-music comme on n’en avait pas entendu depuis les La’s.

La vidéo est belle. Tournée en noir et blanc, elle montre le Londres d’aujourd’hui dans les habits d’hier. Question sape, d’ailleurs, c’est le grenier de papa ou la boutique Absolute Vintage du 15 Hanbury Street. Pour la virée finale en voiture, le dandy loner est rejoint par sa “bande”. Dieu seul sait ce qui les attend au bout de la nuit.

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DOWNLOAD

  • Le morceau “The Lost Art Of Murder” est disponible ici. Il suffit de remplir le formulaire

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blues: Robert Belfour, le son des collines à Paris

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S’il reste un chanteur-guitariste capable de représenter pour le public le son et la tradition du blues des collines, c’est bien Robert Belfour.

Comme Junior Kimbrough, T-Model Ford et RL Burnside, son blues répétitif est hypnotique. Il répète inlassablement des riffs de guitare décharnés avec une dextérité peu commune. Sa musique est à la fois sombre et apaisante. Chez cet homme sage, la mort fait depuis longtemps partie de la vie.

Rencontré à West Helena, on l’aborde avec précaution. Il est fragile, le visage fermé, peu loquace. On connaît un peu son histoire, il nous parle de son quotidien. « Depuis que Fat Possum s’est mis au rock, je n’enregistre plus. Je joue surtout dans des institutions pour personnes âgées. C’est là que j’ai le plus de répondant. Les gens sont heureux, les visages s’ouvrent et parfois ils se mettent à danser. C’est ma meilleure récompense. »

Il monte sur la scène de fortune installée dans le jardin de Big Jack Johnson. « Je vais jouer un morceau, c’est tout ». Une demi-heure après, sa voix puissante et ses accords incompréhensibles résonnent encore dans les collines. Magie pure. Si vous n’avez jamais entendu John Lee Hooker ou Lighntin’ Hopkins, ne manquez pas l’occasion unique d’entendre Robert Belfour. Il est à Paris ce soir.

CONCERT

  • Festival Ile de France, Théâtre Le Trianon, les 7 et 8 septembre

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jazz: Steve Coleman à la croisée des chemins

PHOTO: BENOÎT PEVERELLI

Au bénéfice de trois cartes blanches au Festival Jazz à la Villette, le saxophoniste diffuse une grande partie de sa musique sur le net gratuitement. Une véritable mine d’or pour les amateurs de jazz et de groove.

Si beaucoup d’artistes de jazz et de musiques improvisées se sont dit prêts à faire le pas, ne gagnant pas leur vie par la vente des disques mais grâce à leurs concerts, peu l’ont encore fait. Steve Coleman, saxophoniste et leader de M-Base, a choisi la solution jusqu’au-boutiste: il a décidé de mettre tous ses enregistrements épuisés en CD et plusieurs morceaux issus de ses derniers albums à la disposition du public en téléchargement gratuit.

“Des gens m’ont demandé : si vous donnez votre musique, comment allez-vous survivre et gagner votre vie ? Partager quelques idées et de la musique ne signifie pas que tout doit être distribué gratuitement. Il y a des gens qui ne peuvent pas s’offrir des disques ou qui n’en écouteraient jamais s’ils devaient payer” explique-t-il sur son site.

On trouvera sur le serveur de Coleman 172 morceaux à télécharger, dont un album entièrement inédit de 2002, Alternate Dimensions Series 1, ainsi que ses tous premiers enregistrements, comme les introuvables Motherland Pulse et On the Edge Of Tomorrow. Plusieurs de ses meilleurs albums d’essence très rythmique et influencés par le hip hop et le funk ont été gravés au tout début des années 90. Parmi ceux-ci Sine Die, Rhythm In Mind et Drop Kick (avec Meshell Ndegeocello à la basse) sont disponibles en MP3. Les fans trouveront également des concerts inédits sur CD. Une véritable mine d’or pour les amateurs de jazz et de groove.

Dépechez-vous. Car Steve Coleman nous avertit: “Mon serveur devient trop petit pour abriter toute cette musique et la partager. Il va falloir que je trouve une autre solution.”

CONCERTS

  • 2/9: Steve Coleman & Ravi Coltrane Polarity
  • 3/9: Steve Coleman Aquarius Ingress (1ère partie: Octurn/Magic Malik
  • 8/9: Steve Coleman & Five Elements avec le Kroger String Quartet
  • Site du festival Jazz à la Villette

DOWNLOADS

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Interview: Manu Chao rencontre Diego Maradona

maradona chao

PHOTOS: JUAN JOSE TRAVERSO

A deux semaines de la sortie du très attendu La Radiolina, Manu Chao nous parle de sa rencontre avec Diego Maradona à Naples, et comment il a finalement eu raison d’ Emir Kusturica dans une station-service de Buenos Aires. Exclusif!



diego maradona chao

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SUR VIBRATIONSMUSIC.COM

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afro-beat: Fela, hommage en images, 4ème partie

En Europe, dès les années 80, on commence à tendre l’oreille du côté de Lagos. Une légende est en train de naître, alors que sa musique sombre dans la mélancolie, et ne gravit plus les sommets passés

1980 - 1981

Authority Stealing / Original Sufferhead / Music Of Many Colours (avec Roy Ayers)

Changement de nom. Influencé par les écrits ésotériques des révisionnistes panafricains, Fela baptise son groupe Egypt 80. De retour d’une tournée triomphale en Europe, plusieurs membres-clés de son groupe le quittent pour des conflits d’argent, dont son fidèle batteur Tony “Ladi Alabi” Allen. Le gouvernement ne laisse plus Fela en paix, sa musique prend une dimension mélancolique, presque tragique. La colère fait place à une sorte de détermination placide. Il enregistre Music Of Many Colours avec le vibraphoniste Roy Ayers et, pour la première fois, des overdubs. La révolte gronde toujours comme le prouve Authority Stealing, qui révèle le scandale de l’argent du pétrole.


1982 – 2005

Live In Amsterdam / Look And Laugh / Beasts Of No Nation / Red Hot And Rio: A Tribute To Fela

Pendant quinze ans et jusqu’à sa mort le 2 août 1997, Fela va alterner des fréquents séjours en prison et des tournées à l’étranger. C’est dans la décennie 80 que le roi de l’afro-beat est découvert par le grand public européen, en Allemagne, en Hollande, en France et en Suisse. Mais l’inspiration est en berne, et peu d’albums, réalisés avec un Egypt 80 à la géométrie variable, sont à la hauteur de ceux des années 70. La posture de Fela est à la défensive, à l’image de Look And Laugh qui définit un retrait des affaires politiques: le musicien encourage son public à “regarder et en rire”… Mais en 2005, la maison de disque française Barclay, en accord avec son fils Femi Kuti, entreprend une politique de ressortie des albums originaux. Et une nouvelle génération d’artistes lui rend hommage. Fela, à l’instar de Bob Marley, devient une nouvelle icône pour la jeune génération. Il était temps.

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  • Fela live: “Teacher Don’t Teach Me No Nonsense”

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DES LUNDI SUR VIBRATIONSMUSIC.COM, RETOUR AU PALMARES DES MEILLEURS ALBUMS SOUL

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afro-beat: Fela, hommage en images, 3ème partie

C’était il y a dix ans aujourd’hui. Malgré la mort du Nigérian, la musique n’a pas pris une ride. Au tournant des 70’s, l’engagement du Black President se radicalise encore, et sa musique monte en puissance. Au fur et à mesure que l’admiration des jazzmen américains grandit, la pression politique fait de même

1978

Shuffering & Schmiling / No Agreement

Les conflits à propos de ses textes avec sa maison de disques Decca/EMI débouchent sur une inévitable séparation. Au fur et à mesure que se radicalise la position de Fela, sa musique devient plus rugueuse, plus puissante. Les musiciens de free jazz américains s’intéressent à sa musique. Sun Ra visite son club à Lagos et le trompettiste de l’Art Ensemble Of Chicago Lester Bowie participe à l’album No Agreement.


1979

Coffin For Head Of State / Unknown Soldier / V.I.P. / I.T.T.

Les brûlots politiques composés après une nouvelle attaque sur sa maison au début de l’année 1978 paraissent un an plus tard, alors que Fela se présente aux élections (sa candidature sera refusée). Prière funèbre, Coffin For Head Of State raconte l’histoire du cercueil de sa mère déposé sur les marches du quartier général de la junte militaire; le poignant Unknown Soldier parle du “soldat inconnu” qui a défenestré sa mère lors de l’assaut de sa maison par les militaires; I.T.T. (International Thief Thief) est son texte probablement le plus dur à l’encontre des Blancs et du président Abiola accusé de servir les intérêts d’I.T.T. en Afrique et au Moyen-Orient.

Bio-discographie parue en 1999 dans Vibrations

A ECOUTER

  • Le récit des funérailles de Fela à Lagos par son ami et attaché de presse Ricky Stein. Interview en français réalisée par Elodie Maillot

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SUITE DE NOTRE HOMMAGE DEMAIN, REPRISE DU PALMARES SOUL LE 6 AOUT

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afro-beat: Fela, hommage en images, 2ème partie

A la veille de l’anniversaire de sa mort, Vibrationsmusic.com revient sur “Celui qui porte la mort dans sa poche”, lui qui mène tambour battant une campagne musicale engagée qui le voit varier les styles, et prolonger, grâce à ses complices solistes, l’art de l’improvisation

1975

Expensive Shit / He Miss Road

En 1975, Fela introduit les nombreuses femmes de son entourage dans son groupe, d’abord comme danseuses puis aux chœurs, ce qui modifie le son d’ensemble et introduit les fameux “questions-réponses”. Ces deux albums sont parmi les plus dansants de son auteur. Pour He Miss Road, il retrouve Ginger Baker à la production. Expensive Shit, moins connu, se déploie dans des sonorités chaudes et lyriques.


1976

Monkey Banana / Yellow Fever / Na Poi / Zombie

1976 et 1977 sont deux années extraordinairement riches. Fela change son nom colonial “Ransome” (rançon) en Anikulapo, “celui qui porte la mort dans sa poche”. Les musiques sont explosives et les textes grinçants. Le plus connu des titres de cette époque s’appelle “Zombie”, Fela nommant ainsi les policiers ordinaires qui obéïssent aveuglement aux ordres des militaires. Il existe deux versions du morceau “Napoi”, l’une enregistrée probablement en 1973 et l’autre en 1976 (sur l’album Yellow Fever). Rien n’est pareil — ni le tempo, ni les arrangements. Occasion de vérifier l’incroyable capacité d’improvisation et d’invention des solistes.


1977

Opposite People / Sorrow Tears And Blood / Stalemate / Fear Not For Man

Le 18 février 1977, un raid est effectué par la junte militaire à son domicile. Fela réagit immédiatement en composant “Sorrow Tears And Blood”. Le morceau est d’abord refusé par sa maison de disques à Londres qui le juge “offensant» pour le gouvernement”. Il devient un des hymnes les plus populaires de Fela à Lagos. Des albums très diversifiés voient le jour. Stalemate, au rythme réduit à sa plus simple expression, est le véhicule pour des improvisations au sax tandis que l’orgue mène la danse dans Fear Not For Man.

Bio-discographie parue en 1999 dans Vibrations

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  • Visite guidée du club de Fela, le Shrine, à Lagos dans les années 80 (en anglais)

SUITE DE NOTRE HOMMAGE DEMAIN, REPRISE DU PALMARES SOUL LE 6 AOUT

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afro-beat: Fela, hommage en images, 1ère partie

Le compte à rebours soul de Vibrationsmusic.com reprend lundi prochain: il est temps de faire une révérence devant le Black President, disparu il y a dix ans jeudi… Notre hommage bio-discographique en quatre parties est illuminé par les covers qui prolongeaient les couleurs des albums

La stratégie discographique de Fela était unique. De 1974 à 1977, il se rendait pratiquement chaque mois dans les studios d’EMI au Nigeria pour y enregistrer des versions étendues de ses compositions les plus populaires jouées sur scène. Il appelait ça des “bulletins de news” et les ventes étaient remarquables, d’autant plus que Fela arrêtait immédiatement de jouer ces morceaux sur scène une fois qu’ils étaient sortis. Il est aujourd’hui difficile de commenter cette discographie album après album. Les morceaux les plus forts sont liés à des évènements politiques et personnels. Parcourt à travers les covers de jalons forts d’une carrière haute en couleurs

1970 - 1972

London Scene / Open & Close / Shakara

De retour des Etats-Unis où il découvre le funk de James Brown et les idées de Malcolm X, Fela change le nom de son groupe Nigeria 70 en Africa 70. Il ouvre à Lagos le club Afro Spot qui deviendra plus tard le Shrine dans le quartier Ikeja de la banlieue de Lagos. Moins lyrique, plus tranchant qu’à ses débuts, l’afro-beat de Fela se complexifie. London Scene, enregistré à Abbey Road, est produit par le batteur de Cream Ginger Baker. Shakara contient le fameux “Lady” qui va devenir un des morceaux les plus populaires de son répertoire. Open & Close est considéré par beaucoup comme le meilleur album de cette période.


1973 - 1974

Confusion / Gentleman

En 1974, Fela fonde une commune autonome qu’il proclame “Etat indépendant”. Il l’appellera plus tard “République Kalakuta” (Calcutta) du nom d’une cellule particulièrement sordide de la prison de Lagos. Avec le départ de certains membres — dont son extraordinaire saxophoniste ténor Igo Chico —, la nature du groupe change du tout au tout. Les thèmes s’allongent, Fela affine son jeu de claviers et la direction des cuivres est laissée au saxophoniste baryton Lekan “Ani” Animashaun. L’âge d’or de l’afro-beat.

Bio-discographie parue en 1999 dans Vibrations

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  • Fela Kuti expose ses ambitions politiques

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SUITE DE NOTRE HOMMAGE DEMAIN, REPRISE DU PALMARES SOUL LE 6 AOUT

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Live : Prince donne une leçon de Musicology

PHOTO: © ARMOUR_Prince en 2004

2 heures 30 d’un concert très spécial hier au Montreux Jazz Festival: Prince et son “Special Unit” ont revisité cinquante ans de Great Black & White Music

Des petites lampes de poche éclairent le côté droit de la salle. Greg Boyer, Mike Philips et William Lee Hogan déambulent dans le public, tous cuivres dehors, avant de monter sur scène sur un air de marching band. Il est 21h45 à Montreux, et le public prend lentement place dans l’auditorium Stravinsky, complet ce soir (les 4000 places ont trouvé preneurs en quinze minute). Le ton est donné d’entrée. “When The Saints Go Marching In” ouvre le concert, enchaîné à un standard de Miles Davis Wayne Shorter, à une longue relecture du “World Is A Ghetto” du chanteur soul Donny Hathaway du groupe War, puis à “It Don’t Mean A Thing” de Duke Ellington. Message subliminal: If it ain’t got that swing, ce n’est pas la peine! En trente minutes à peine, avant même l’entrée du maître, le groupe a traversé cinquante ans de musique noire. Et ce n’est pas fini.

Roger “Prince” Nelson arrive nonchalamment sur la scène, une bonne demi-heure après le début du concert dès le deuxième morceau. Ce n’est pas une star conquérante. Chapeau gangsta vissé sur la tête, il observe son groupe, s’installe petit à petit dans le groove, d’abord par de brefs soli de guitare saturés, puis au chant. Il est élégant dans chacun de ses gestes, en chef d’orchestre ou en guitar-hero. Et lorsqu’il invite une poignée de spectateurs à investir la scène, il les place correctement et respectueusement au milieu des musiciens, avant de se nicher derrière un ampli. La musique et la danse avant tout.

A la manière du Miles Davis des années 90, Prince donne sa direction musicale. A son invite, les trois cuivres chorusent en force, les deux pianistes – Morris Hayes et le Brésilien Renato Neto – sortent régulièrement des grilles. La batteuse Cora Duham et son mari Josh à la basse sont les dernières recrues de ce New Power Generation rebaptisé Special Unit. Prince les a engagés l’an passé lors de jam-sessions et after parties inofficielles. Lorsqu’il a entendu Cora, il lui a offert une batterie toute neuve. Elle était engagée. C’est un bel orchestre, sans doute le meilleur qu’a eu Prince depuis de longues années.

“Vous voulez des vieux morceaux ou des nouveaux?”, lance le chanteur. La réponse est indécise. “Bon, alors on va jouer des vieux et des nouveaux.” Le public aura ses “Purple Rain”, “Controversy”, “Nothing Compares 2 U” (et à la fin “Little Red Corvette”), mais c’est sur le nouveau single “Guitar” qu’il s’emballe. Preuve que, question hit, ce tube en puissance n’a pas à pâlir de ceux des années 80. Les reprises sont légions, mais ne sont pas lancées comme des balises à la mer. On pense encore et toujours à Miles Davis qui s’emparait des mélodies du moment. Ce soir, celle de “Crazy” (Gnarls Barkley) fait l’affaire, tout comme le “Come Together” des Beatles, le morceau le plus groovy des Fab Four.

On parlait beaucoup en coulisse de l’after show que Prince donna vers trois ou quatre heures du matin au Montreux Jazz Café. Ce fut plus tard. A l’auditorium Stravinsky, débarrassé des écrans vidéos, le musicien a délivré deux heures et demie de Great Black And White music. Sans interruption. C’est vrai, ce que dit la chanson: Prince aime sa guitare.

ALBUM

  • Prince, Planet Earth (Sony-BMG) Sortie le 24 juillet

CONCERTS

  • 1/8-21/9: Londres, Arena

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A VOUS DE JOUER

  • Vous étiez à l’after-show au Montreux Jazz Café? A vos commentaires, racontez-nous une expérience rare…

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jazz : le full swing de The Knoxville Jazz Orchestra

DONALD BROWN, PIANISTE ET COMPOSITEUR AU SEIN DE THE KNOXVILLE JAZZ ORCHESTRA

La meilleure musique de jazz aujourd’hui ne se trouve plus sur les majors. Cet orchestre de Knoxville (Tennessee) a transformé sa ville en nouvelle Mecque du jazz. Son album est à télécharger intégralement sur Vibrationsmusic.com

Il faut parfois écouter Wynton Marsalis. Si l’on en croit le fameux trompettiste, le pianiste Donald Brown est “un génie”. Opinion corroborée par le contrebassiste Ron Carter qui voit dans le pianiste rien de moins “que le compositeur de jazz-phare du 21ème siècle”.

Donald Brown, qui a fait partie des Jazz Messengers d’Art Blakey, a entièrement composé et produit Blues Man From Memphis, le premier album de The Knoxville Jazz Orchestra, une formation du Tennessee regroupée en association à but non-lucratif. On y retrouve des jeunes instrumentistes de la communauté de Knoxville (et de Memphis) aux côtés de musiciens chevronnés comme le saxophoniste Greg Tardy ou le vibraphoniste Stefon Harris, qui ont tous deux enregistré des albums pour Blue Note.

The Knoxville Jazz Orchestra fait revivre avec énergie et inventivité la formule du big band. A la première écoute de Blues Man From Memphis, on croirait entendre un disque de jazz des années 30 ou une relecture façon Marsalis du grand ensemble légendaire de Fletcher Henderson. Sauf que Donald Brown et son orchestre ne jouent que des compositions originales, avec des arrangements rafraîchissants et aventureux.

Le Knoxville Jazz Orchestra espère faire diffuser son message et sa musique à travers les radios Internet, les blogs, et évidemment ses concerts, réputés pour être de véritables feux d’artifice de swing. A l’heure où les majors se désengagent du jazz, l’exemple de cet orchestre est à suivre.

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DOWNLOAD

1. “Nancy And The Children’s Play”

2. “Blues For Brother Jerome”

3. “Theme For Malcolm”

4. “Daddy’s Girl Cynthia”

5. “New York”

6. “The Scenic Route To Donny’s”

7. “The Thing About George Coleman”

8. “Peace for Zim”

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La fin du magazine Straight No Chaser

Le magazine anglais Straight No Chaser sortira son dernier numéro en août prochain. Publié chaque deux mois depuis 1989 sans interruption, SNC est né dans la mouvance acid jazz et rare groove, de la passion d’un homme, Paul Bradshaw, ex-journaliste du New Musical Express passionné de jazz, de soul, de reggae et de musique africaine. Dès ses débuts, le magazine a soigné sa présentation, grâce à un graphisme réalisé par un étudiant de Neville Brody, Ian Swift, et la contribution des meilleurs photographes de musique.

Dans une lettre adressée à ses lecteurs sur le forum de son site Internet, Paul Bradshaw souligne que la décision d’arrêter la publication a été prise après de longues discussions et que “dans une époque d’information instantanée, nous devons être plus profond, plus culturel, plus artistique, plus radical. Il faut initier une nouvelle ère pour Straight No Chaser.” Dans cet esprit, Bradshaw et son équipe souhaitent intensifier et étendre sa présence sur Internet. Le magazine va également sortir un livre rétrospectif, nourri de ses riches archives et des contributions d’artistes, DJ’s et journalistes.

Straight No Chaser a été une inspiration, à part égale de Rock & Folk, à la création de Vibrations en 1991. A cette époque, nous avons rencontré son éditeur Paul Bradshaw. Il nous a reçu avec une extrême gentillesse et nous a encouragés pour notre projet. Les temps sont difficiles pour les magazines de musique indépendants (et les labels aussi, voir la fin de Blood & Fire). Mais les individus ne disparaissent pas avec leurs projets, et la passion de l’équipe de SNC ne va pas s’éteindre de sitôt. C’est une certitude.

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world: Lusafrica, label d’amour

PHOTO: YOURI LENQUETTE/ José Da Silva, Cesaria Evora et Cali

Le label qui a découvert Cesaria Evora souffle ses 20 bougies. L’aventure a commencé dans un petit restaurant capverdien de Lisbonne… Pour fêter ça, 20 compilations, hors commerce, à gagner

Un soir de 1987, José Da Silva, un jeune Capverdien de 28 ans, entre dans un restaurant de Lisbonne tenu par Bana, un musicien mythique du Cap-Vert. Ce qu’il entend ce soir-là va changer sa vie. Une chanteuse envoûte l’assistance de son timbre de voix voilé. José Da Silva, alors aiguilleur à la SNCF à Paris, se ruine à la banque pour produire le premier album de la “Diva aux pieds nus”. Il vendra 3000 vinyles dans la communauté lusophone. Mar Azul, le prochain (1991), dépasse les 50.000 copies écoulées. L’année suivante, Cesaria Evora vend 500.000 exemplaires de Miss Perfumado. Le disque arrive jusqu’au Texas et à Hong Kong.

Si à ses débuts Lusafrica rime avec Cesaria, l’ambition de José Da Silva – qui fut lui-même musicien dans les groupes Sun Of Cap et Cabo Verde Show –, est bien plus haute. Il veut refléter toute la richesse des rythmes de l’archipel, et au-delà. Ce qu’il fait dès 1992 en fondant officiellement le label Lusafrica. La politique du label? Le coup de cœur. Uniquement. Certains parlent “des délires de José”… Mais le label, bon an mal an, tient le coup, même lors de la déferlante des papys cubains.

On oublie souvent “Africa” dans “Lusa”. On devrait y ajouter aussi “Cuba”. Ces trois suffixes se marient naturellement dans le catalogue du label, avec les disques de l’épatant Orquesta Aragon (une institution à la Havane) ou du regretté troubadour Polo Montanez, décédé en 2002. Des productions qui, à chaque fois, font date dans la carrière des artistes. Quant à l’avenir de Lusafrica, il s’annonce passionnant avec la sortie, en fin d’année, du deuxième album de Tcheka, un guitariste et auteur-compositeur dont la virtuosité ne gâche pas le talent de mélodiste. Une découverte signée José Da Silva, bien sûr.

VIDEO

  • Tcheka, “Agonia” (extrait de l’album Nu Monda)

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CONCOURS

- Pour gagner une des 20 compilations – hors commerce – de 15 titres d’artistes Lusafrica, envoyez-nous un mail avec vos nom, prénom et adresse postale à concours@vibrations.ch. Merci de rappeler “Lusafrica” dans l’intitulé du message.

Les gagnants seront avertis par email.

LE CONCOURS EST FERME

Tracklisting de la compilation:

  • Teofilo Chantre & Cesaria Evora, “Mae pa fidje”
  • Bonga, “Cheiro do mato”
  • Akendengué, “Bekelia”
  • Leyanis Lopez, “Deja volar”
  • Michael Benjamin, “Si m’te gen zèl (vole)”
  • Zao, “Elle a deux diables”
  • Tcheka, “Djan kre bejabu”
  • Lura, “Mundo e nos”
  • Issac Delgado, “Adan y Eva”
  • Cubanito 20.02, “Soy yo”
  • Oliver N’Goma, “L.E.O.”
  • Osdalgia, “Lo tuyo no alcanza”
  • Ballou Canta & Luciana, “Al-sy”

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Beastie Boys: Ratcage Records, le flair d’un homme

C’est à New York, au sous-sol du 171 Avenue, que David Parsons crée le label Ratcage. Les Beastie Boys y enregistrent leurs premiers 45-tours

Le son caverneux et la basse tellurique de “The Rat Cage”, sur The Mix-Up, ravivent des souvenirs. Au début des années 80, alors que la scène hardcore new-yorkaise est en pleine ébullition, Ratcage est un nom mythique. Ce magasin de disque est situé au sous-sol d’une ancienne vitrerie abandonnée au 171 de A Avenue, au coin de la 11e rue. Des dizaines de groupes répètent au premier étage et traînent la journée dans la boutique de David Parsons, qui joue autant un rôle social que musical.

Lorsqu’il entend les Beastie Boys dans une fête privée, David Parsons leur propose de les enregistrer sur le label qu’il vient de créer, Ratcage Records. “Polly Wog Stew EP” (1982) et “Cookie Puss / Beastie Revolution” (1983) sont les premières traces discographiques du quatuor (formé à l’époque de Mike Diamond, Adam Yauch, John Berry et Kate Schellenbach).

David Parsons est une personnalité artistique à multiples facettes. Éditeur du mythique fanzine Mouth Of The Rat, on lui doit le fameux dessin qui orne la première cassette des Bad Brains, une représentation de la Maison-Blanche frappée d’un énorme éclair jaune. Un dessin prophétique. Exilé en Suisse dans les années 90, David Parsons endosse le personnage de Charlot dans les rues de Lausanne ou de Vevey. La famille Chaplin, pourtant habituée à voir des sosies frapper à leur porte, le prend immédiatement sous son aile, lui offrant un contrat d’exclusivité.

Mais la musique ne le quitte jamais vraiment. Un ukulélé relié à un ampli Marshall et des pédales d’effet, il devient vers la fin des années 90 un homme-orchestre parfois accompagné de sa fille Amilou, alors âgée de quatre ans. Les derniers jours de sa vie, alors qu’il se bat contre un cancer sur un lit d’hôpital de Lausanne, ses amis du milieu hardcore new-yorkais sont à ses côtés. David “Donna Lee” Parsons meurt le 23 septembre 2003. Il a juste eu le temps de rajouter entre son prénom et son nom le plus beau thème de Charlie Parker.


Les trois vinyles Ratcage Records

  • The Young And The Useless - “Real Man Don’t Floss” (premier groupe de Adam Horovitz)
  • Beastie Boys - “Cooky Puss Maxi 12″
  • Beastie Boys - “Polly Wog Stew”

collection David Lee Parsons  Pascale et Amilou Parsons

Merci à Pascale Parsons

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avant-première: Manu Chao au son de la Radiolina

La Radiolina, le nouvel album du troubadour latino ne sort que début septembre. Mais Vibrationsmusic.com a écouté sa version actuelle (amenée à évoluer encore dans le choix des titres, des finitions audio…): premières impressions

Tous les trois ans, Manu Chao publie le carnet de ses musiques composées sur la route et chantées dans les bars de son quartier de Barcelone. Bricolées à la maison, ces nouvelles esquisses sont emportées sur son ordinateur pour se transformer au fil des mois. Entre-temps, des musiciens seront passés chez lui jouer leurs parties devant son vieux micro. Enfin, départ à Los Angeles chez le producteur des Beastie Boys, Mario Caldato Jr, pour finaliser le mix. Le résultat? Un disque dense, beaucoup plus varié que ses deux précédents, empruntant autant au rock’n’roll qu’à la rumba catalane. La Radiolina contient aussi parmi ses plus belles ballades sud-américaines.

13 Dias Radiolina commence par une surprise: un country-rock façon J.J. Cale (dont il est un fan), cow-boy rumba manière Ned Sublette. Le ton est donné: différent.

Bleedin Clown L’histoire du “clown qui saigne”, une ancienne chanson de l’époque de La Mano Negra, jamais enregistrée. Tempo endiablé, et thématique inédite. Manu Chao: “Le clown qui a perdu sa réputation, c’est toi, c’est moi, un des prochains jours…” Première chanson en anglais du disque.

Infinita On se retrouve enfin en terrain connu, Manu Chao époque Clandestino. Un petit air de déjà entendu, comme une madeleine de Chao.

Politik Kills Guitare Dick Dale surf de basses-cours et trompettes mariachi. C’est le nouveau mix gagnant, le gimmick de Radiolina. Si, par ailleurs, Manu Chao doute beaucoup, le constat ici est clairement affirmé: “La politique pue, la politique tue. La politique a besoin des gens pour la faire.”

Rainin In Paradize Le premier single, offert en téléchargement sur le nouveau site du chanteur. Mélodie entêtante, gros son. Pas forcément le morceau le plus emblématique de l’album, mais un hit en puissance.

Cosa Cosa Première d’une série de très belles ballades. Manu Chao a grandi comme musicien, et cela s’entend. Il est désormais passé maître dans le genre “Dylan-au-sud-du-Texas”.

El Kitapena Même gros son heavy que “Rainin In Paradize”. Mmmh… Pas le meilleur titre. Manu Chao est tout aussi perplexe. Il n’est pas certain que ce morceau soit présent au final. En tout cas pas sous cette mouture.

Calle Guitare acoustique, belle rumba catalane: une chanson d’amour craquante. Et déjà un hit dans les bars de Barcelone, où il est repris depuis une année.

Siberia Hard Sibérie m’était contée, version hard, avec un bon vieux beat à la Bo Diddley. Mano Chao?

Otro Mundo La plus belle ballade. La question du disque est là: on a parlé d’un autre monde possible. Et maintenant quoi?

Tombola Composée pour le prochain film d’Emir Kusturica sur la vie de Diego Maradona, une ode au footballeur déchu: la vie est comme une tombola.

Mala Fama La plus belle chanson du disque. Un mariachi funèbre sur lequel plane la petite guitare mexicaine très et la trompette du Sicilien Roy Paci.

Fast Hoyo Titre uptempo, avec sirènes de police et intermède dub, très Clash. “C’est la panique en Amérique, trop de trafic écologique”.

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ALBUM

  • Manu Chao, Radiolina (Because) Sortie le 4 septembre

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  • “Rainin In Paradize”

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rock: Joy Division au fond de la gorge

SAM RILEY INCARNE IAN CURTIS DANS CONTROL ©ANTON CORBIJN

Joy Division et son chanteur Ian Curtis n’en finissent pas de fasciner. Alors que le film Control est présenté à Cannes, nous vous proposons en téléchargement leur plus célèbre morceau, “Love Will Tear Us Apart”, repris par le chanteur de Sibérie Yat-Kha

L’événement rock du prochain festival du film de Cannes (16-27 mai) sera sans nul doute la projection de Control, le très attendu film du photographe Anton Corbijn sur la vie de Ian Curtis, le chanteur suicidé (il y a 27 ans) de Joy Division. On annonce déjà un 17 mai très new wave canal historique sur la croisette: seront de la fête Depeche Mode, U2 et New Order bien sûr (ces derniers pas très heureux de la façon dont Corbjin a fait le film, selon une interview du bassiste Peter Hook parue sur Pitchforkmedia).

Après d’âpres pourparlers avec la veuve battue de Ian Curtis, co-productrice du film, le casting de Control a été finalement approuvé. Sam Riley se glissera dans la peau du chanteur de Joy Division (il incarnait déjà Mark E. Smith dans 24 Hour Party People). Le rôle de Madame Curtis a été confié à Samantha Morton (qu’on a vue dans Minority Report). Et celui de la maîtresse française Annick Honoré sera tenu par la belle jeune première Alexandra Maria Lara. Détail amusant, le tournage n’a pas eu lieu à Manchester, la ville d’origine du groupe, mais à Nottingham.

Joy Division n’en finit pas de fasciner. Au rayon consommation branchée, il y a les chaussures de jogging (ne les cherchez pas sur notre shop, elles n’y sont pas), peintes sur les semelles avec les fameuses lignes de Unknown Pleasures réalisées par Peter Saville. Fabriquées en édition limitée, on peut les voir ici.

Enfin, à ceux qui préfèrent les hommages inspirés à la pure et simple nostalgie, nous proposons un titre à télécharger: une version habitée de “Love Will Tear Us Apart” par le chanteur de gorge de Tuva Yat-Kha. Johnny Cash n’aurait pas fait mieux.

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vidéo: les sirènes de Dizzee Rascal

DESSIN: ALEX POINTET

Le prochain album de Dizzee Rascal est d’ores et déjà annoncé dans la presse britannique (sérieuse) comme “le meilleur disque de hip hop anglais de tous les temps”. A écouter ce premier extrait, on salive déjà

Imaginez “Sound Of Da Police” de KRS One version East London. Le champion du grime (cette version anglaise du hip hop gangsta), le jeune et turbulent Dylan Mills alias Dizzee Rascal, n’a que 22 ans. Il joue dans “Sirens”, le premier extrait de l’album, les fuyards paranos dans une mise en scène visuelle sublime. On le voit poursuivi par des chasseurs à cheval, corne de brume en fond sonore, dans les rues mal famées de Londres. Petit détail amusant, le film n’a pas été tourné en Angleterre, mais en Roumanie…

Celui qui a gagné le Mercury Prize pour son premier album Boy In Da Corner est devenu une authentique star du bitume londonien. En 2004, sur l’île chypriote de Ayia Napa (alors le refuge favori de la scène garage), Dylan Mills s’est fait attaquer de quatre coups de couteaux dans la poitrine. Cinq centimètres plus à gauche, et il devenait le premier martyr de la nouvelle scène urbaine anglaise. Le rapper a également défrayé la chronique à travers sa relation amour/haine avec Wiley, l’autre prétendant à la couronne du grime. Ce dernier sort son nouvel album le même jour que celui de Dizzee et débute par une “lettre” dans laquelle il règle ses comptes avec son ex-ami.

Maths & English, le troisième album de Dizzee Rascal, risque bien d’éclipser celui de Wiley. Vibrationsmusic.com ne l’a pas encore écouté, mais on sait qu’il contient des duos avec The Arctic Monkeys, Lily Allen et le producteur de drum’n’bass Shy FX. Il a été réalisé par son mystérieux compère Cage et ne devrait pas décevoir ses fans, tout en en gagnant d’autres par son éclectisme. Le très sérieux Observer Monthly lui a déjà consacré sa couverture en avril. Un long article dans lequel le journaliste annonce “un triomphe artistique”.

ALBUM

  • Dizzee Rascal, Maths & English (XL/Beggars Banquet) Sortie le 4 juin

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vidéo: Beyoncé et Shakira, faux-semblants

BEYONCE SUR LE TOURNAGE D’UN CLIP

Entre Lesbos et saphisme, le nouveau clip des deux stars jumelles du R’n'B fait une petite incursion en terre orientale. En studio, bien sûr.

Le lesbianisme est depuis l’Antiquité une source d’excitation majeure du mâle. Pas étonnant que les nouveaux jeux du cirque s’en emparent. Le making off de la nouvelle vidéo des deux reines du R’n’B n’en fait pas d’ailleurs mystère. Les types derrière la table de mixage, surjouant le téléspectateur potentiel, hurlent des “Beyoncé !” et des “Shakira !” en sautant en l’air alors que des dizaines de caméras tentent de capturer la félinité au travail.

Le “menteur magnifique” en question dans le titre est absent. C’est ce qui fait l’intérêt de cette vidéo. De moins en moins représenté, le mec en Marcel et aux biscotos luisants est relégué hors champ. On en parle de ce salaud, mais entre copines.

Le scénario évoque de loin Faux-Semblantsde Cronenberg. Mais de loin. Ça traîne en longueur jusqu’à ce que les deux jumelles se réunissent sur un air de musique orientale dans une chambre aux murs tapissés de calligraphie arabe (en style Diwani, nous précise un spécialiste). Pas gênées du tout – on voit qu’elles ne font pas souvent le marché ensemble à Abu Dhabi –, elles se tapent le popotin contre le mur, en rythme décalé. Ben Laden, où qu’il soit, appréciera.

Au final, “Beautiful Liar” instille un petit air rafraîchissant, en attendant que la Lesbos attitude ici à l’œuvre ne devienne un nouveau cliché des vidéos R’n’B et du hip hop. Ça nous change des bagnoles, même si on demeure toujours dans le registre voyeur majeur.

Et la musique ? Pas folichonne, mais dansable.

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jazz: Abdullah Ibrahim, après l’orage

Rencontre avec le pianiste libertaire, en concert ce soir à la Cité de la Musique: sous-entendus politiques, allusions philosophiques… Un artiste métaphysique

Son histoire, qui se confond avec celle de l’apartheid en Afrique du Sud, a été écrite dans la douleur et le silence. La libération arrivée, Dollar Brand, devenu entre-temps Abdullah Ibrahim, aurait pu faire résonner son piano à ce son de l’espoir revenu. Cela viendra peut-être. Mais l’homme est sage. Aujourd’hui il expose, sans pudeur, ses sentiments contradictoires auxquels peuvent s’abandonner tous ceux qui n’ont pas peur de s’en approcher.

Quand vous commencez à jouer, on ne sait jamais où vous allez emmener la musique.
Dans les arts martiaux, le professeur vous dit : “Vous pensez trop ! Arrêter de penser !” Si vous réfléchissez trop à telle ou telle chose, elle ne se produira pas. L’intention suffit. Un jeune homme demanda un jour à John Coltrane : “Quels livres dois-je lire ?” Coltrane répondit : “Tous les livres.” Dans quelle langue allez-vous écrire cet article ?
En français.
Quand j’étais au collège, j’étudiais la poésie. Mon professeur me donna ce conseil : “Si vous écrivez en français et que vous pensez produire un monument de la littérature française, alors arrêtez d’écrire.” C’est comme ça qu’on joue notre musique, sans y penser. Je songe ici encore à Coltrane. Une femme à New York transcrivait note pour note tous ses solos et, un jour, elle les lui apporta. Coltrane lui dit : “Je ne peux pas jouer ça, c’est trop difficile.” Il aurait dû utiliser son esprit, car quand il jouait, il ne s’en servait pas. Si un musicien de jazz vous dit qu’il a un “travail”, méfiez-vous. Mon dernier job remonte à mes 14 ans.
Votre musique est devenue presque entièrement instrumentale.
Elle l’est à 99%. Et quand je donne un concert, je me passe généralement de commentaires ou de présentation. J’ai voulu qu’il en soit ainsi pour deux raisons. La première : même pendant les années de lutte, nous avions onze langues différentes en Afrique du sud. Laquelle choisir ? La deuxième raison est politique. J’ai écrit quelques chansons, et elles ont toutes été censurées. Deux ou trois chants de libération, aussi, ont été bannis des ondes.
Comme le morceau “Peace” ?
C’était en 1970, le pays était en guerre. Je pensais qu’une chanson qui prônerait la paix pourrait aider à supporter la pression. Trente ans plus tard, je participais à une conférence sur le commerce des diamants et les conséquences dramatiques de ce business pour l’Afrique. L’ami qui organisait cette conférence me demanda de jouer ce morceau. Je fus étonné, car cela faisait longtemps que je ne l’avais pas inclus dans mon répertoire. Il expliqua ce soir-là à l’assemblée qu’à l’époque, Nelson Mandela avait demandé que “Peace” soit diffusé par haut-parleurs dans toutes les cellules des prisons. Je ne l’avais jamais su.
Parlez-moi de votre expérience européenne, de votre exil en Suisse. Etes-vous d’accord de l’évoquer ?
J’ai rencontré un jour un marin ghanéen – nous étions de grands marins en Afrique – qui m’a dit: “Christophe Colomb a découvert l’Amérique. Nous, nous avons découvert l’Europe et sommes repartis immédiatement.” Quand je suis arrivé à Zürich en 1962, c’était l’hiver le plus froid depuis 1946. Le lac était gelé, les gens marchaient dessus. Je me suis dit : “Quel endroit étrange.” Mais nous étions venus en Suisse comme dans les westerns : “One ticket to El Paso, one way !” Pas de possibilité de retour. Mais il y eut de merveilleux souvenirs. Un jour, quelqu’un frappe à la porte. Et là se tiennent deux hommes avec un piano à queue : “On vient livrer le piano.” Je leur explique qu’il doit y avoir une erreur, que je n’ai pas commandé de piano. Ils me répondent qu’ils ont reçu des instructions pour livrer l’instrument à cette adresse. A ce jour, j’ignore qui m’a offert ce piano.

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vidéo : Le petit déj’ de The Good The Bad & The Queen

Le collectif anglais emmené par Damon Albarn nous invite dans sa cuisine pour un brunch très anglais: bon appétit!

Pour sa nouvelle vidéo “Kingdom Of Doom” tirée de son premier album éponyme, The Good The Bad & The Queen s’installe dans la cuisine pour un petit déj’ très anglais. Saucisses (vegi?), beans, tomates, bacon, oignons, le tout préparé par trois des membres devant l’œil dubitatif du batteur nigérien Tony Allen qui se prépare au supplice devant un jeu de dominos… Il faut voir Paul Simonon (The Clash) humer la bouteille de lait avant de la juger “awright”. Plus british, tu meurs.

Parallèlement le groupe publie dès aujourd’hui sur i-Tunes uniquement un EP Live From Soho comprenant cinq morceaux capturés en concert au magasin Apple Store de Londres le 12 mars dernier.

The Good The Bad & The Queen sera en concert aux Eurockéennes de Belfort le 1er juillet et au Montreux Jazz Festival le 7 juillet. A vos agendas.

TRACKLISTING: LIVE FROM SOHO

  • Intro/History Song
  • Herculean
  • Behind the Sun
  • Nature Springs
  • Three Changes

VIDEO: KINGDOM OF DOOM

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live: Oxmo Puccino, Black Popeye à livre ouvert

PHOTO: BERTRAND COTTET

Le Cully Jazz Festival s’achève en apothéose avec la prestation d’Oxmo Puccino & The Jazz Bastards

La petite frousse initiale – une énième resucée rap-jazz – est balayée d’entrée à l’heure où les musiciens s’installent, seuls en scène. Energie free assumée, classe à tous points de vue, belle tenue complet-cravate, gueules de tueurs. Jusqu’au feeling un brin rockab’ du guitariste (un Poney Hoax) aux inflexions à la Duane Eddy dandy. On peut le résumer ainsi : ce n’est pas Jazzmatazz, c’est les Jazz Bastards.

Puis entre Oxmo. OX-M-O. Surpris par l’ovation, il n’en revient d’abord pas. Mille personnes au moins, dont trois-quatre premiers rangs agités qui connaissent les chansons de son Lipopette Bar par cœur. Et les autres aussi, quelques anciennes plus old school qu’il balance pour les fans. “Ce soir va rester gravé dans ma mémoire”, lance l’OX. Quand c’est dit par un ex-taulard l’œil humide, on y croit. Et la lipopette histoire de commencer : “Ce soir Billie ne chantera pas… “. Et va pour une heure de show magique aux relents de polar noir franchouillard.

L’OX est en OXmose avec le public. Détendu, mais patron de son lipopette band qui, sous son injonction ferme, s’y reprend à deux fois sur le would be hit “Black Popeye (Fume des épinards)”. Il s’agit d’accélérer le tempo au diapason de la salle bien chaude, alors.

Il y a deux ans, Oxmo Puccino a voulu raccrocher. Marre du hip hop, de ses limites, de ses rivalités, de ses barreaux. Envie de musiques, de joie, d’ailes. Il a bien fait de revenir, le bastard.

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download: l’art brut sonore d’Infinite Livez vs Stade

PHOTO: ELLEN DOHERTY

Une créativité débridée pour ce trio électro-néo-dada à l’univers sonore drolatique

« De l’art brut pour la jeunesse » sur le label Le Grand Dada, c’est Jean Dubuffet et Tristan Tzara chez les Cockneys. Soit d’un côté un rappeur et cartooniste anglais à l’humour scatologique doublé d’un déconstructiviste du beat et de la rime ; de l’autre deux musiciens qui font grincer leurs samplers et leurs claviers loin des convenances établies. Ensemble ils repoussent les limites du bon goût, explorant un univers sonore drolatique et plein de surprises pour les oreilles, un genre de Captain Beefheart de l’époque digitale.

Stade et Infinite Livez n’y vont pas avec le dos du sampler sur la table à disséquer, improvisant des pièces faussement bancales qu’on met un certain temps à apprivoiser. Mais une fois qu’on a adopté ces adorables petits monstres, on ne peut plus s’en passer. Une créativité débridée, bien loin des sages et convenues tentations électro-jazz.

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  • Unbiased Reductionism In 21st Century Music Practices

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photographie: Thomas Dorn, tambours et visages

TINARIWEN, vers Kidal, Mali, 2006

Le photographe allemand expose, à l’occasion du 25ème Cully Jazz Festival, des balades qui vont de musiques en pays, de portraits d’artistes en atmosphères

« Houn-Noukoun » en langue fon (Sud du Bénin) se traduit par « Tambours et Visages ». C’est le titre que le photographe allemand Thomas Dorn a donné à son beau livre de photographies – aujourd’hui épuisé –, fruit de dix années de reportages musicaux en Afrique, de 1987 à 1996.

C’est au Bénin, avec la rencontre d’une Angélique Kidjo encore inconnue en dehors de ses frontières, que débute son histoire d’amour avec le continent, qui va l’amener à traîner son objectif du côté du Congo, du Ghana, de Guinée, du Mali ou de la Tanzanie. Voilà pour les tambours. Quant aux visages, on retrouve ses gros plans aux couleurs saturées dans nombre de pochettes de disques de jazz. Aujourd’hui, le photographe se tourne vers d’autres régions du monde. Son projet en cours l’a amené jusqu’au nord de l’Inde, à Allahabad, où il a suivi les bains sacrés du Maha Khumb Mela.

CHIUTUNGWEA, TANZANIE

RABIH ABOU-KHALIL, Paris, 2001

EXPOSITION

  • Thomas Dorn, Covers & Stories, Cully (Suisse), Galerie Davel 14, Du 23 au 31 mars

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film: Lee Perry, un génie enfin sur pellicule

PHOTO: ADRIAN BOOTH

Le Salvador Dali du reggae fait l’objet d’un film, The Upsetter, bientôt sur nos écrans

Il y a eu le livre (People Funny Boy par notre collaborateur David Katz), voilà le film. Avec The Upsetter, les réalisateurs américains Ethan Higbee et Adam Bhala Lough peuvent se targuer d’offrir le premier documentaire long-métrage sur le chanteur et producteur jamaïcain Lee Scratch Perry, que son compatriote, le poète Linton Kwesi Johnson, appelait “le Salvador Dali du reggae”.

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vidéo: Beyoncé veut “améliorer” Jay-Z

Luxe, calme et volupté? Rien de ça dans le nouveau clip de la chanteuse, désolant de bout en bout

Rien de nouveau sous les sunlights. Le nouveau vidéo-clip de Beyoncé fatigue. Mal habillée tout au long de l’affaire, la chanteuse y est désolante de bout en bout. Gros plans louches sur la Rolls Royce et les Rolex ; petite trempette nocturne habituelle (en rivière? l’ambiance est vaguement swampy). Même le caïman qui passe (le chanceux), semble ne pas s’intéresser à ce qui se passe. Le cure-dent, le glaçon – rien n’y fait, la sensualité est absente. Le luxe, la volupté, on veut bien, mais pas comme ça.

Il se passe enfin quelque chose, à la troisième minutes. Il était temps. Jay Z prend soudainement la place de Beyoncé qui avait commencé 25 secondes plus tôt à se muer – vocalement et plastiquement – en homme. Et voilà le rapper « amélioré » – upgraded –, smoking blanc et rolex au poignet. Amélioré ? Pas vraiment. Le look immaculé, vaguement 70’s, est assez nase.

La chanson ? Tirée d’un prochain best-of, elle ne casse pas trois pattes à un canard. Au lieu de penser à améliorer le look de ses partenaires, Beyoncé devrait songer à soigner sa propre présentation.

the office: Vibrations Magazine célèbre les 50 ans de Stax

LES STUDIOS STAX RECONSTRUITS DANS UN NOUVEAU BATIMENT A MEMPHIS

Dans notre prochain numéro (avril), le label de soul music Stax est à l’honneur. Avec un reportage à Memphis et un CD-sampler offert aux abonnés

Stax a 50 ans. Enfin, pas officiellement (le label a été fondé à Memphis en 1959), mais les festivités ont déjà commençé. Les 25 et 26 février dernier, John Lewis, notre correspondant aux US, a fait le voyage de Baltimore, sa ville de résidence, à Memphis pour participer à deux journées dédiées à Stax, le plus célèbre des labels de soul sudiste.

“Le lundi était fantastique, nous raconte John. Il y eut une conférence de presse avec Isaac Hayes, David Porter, Steve Cropper, Eddie Floyd, William Bell, Al Bell et plein d’autres gens de Stax. Cette nuit-là, j’ai assisté à un concert privé avec un house band incluant des membres du groupe de Isaac Hayes, des Mar-Keys et plein d’autres musiciens. C’était très émouvant d’entendre “Knock On Wood” dans une petite salle de 100 personne. Le lendemain, j’ai interviewé longuement Scott Bomar, qui a dirigé les films Hustle and Flow et Black Snake Moan. Je me suis aussi baladé à Soulsville, le quartier de Memphis où ont vécu Aretha Franklin et Booker T. Je suis rentré avec plein d’histoires à raconter.”

Ces histoires, vous pourrez les lire dans le prochain numéro de Vibrations, en kiosque le 26 mars. Une bonne nouvelle n’arrivant pas seule, les abonnés recevront à domicile un CD-sampler de 12 titres puisés dans le catalogue Stax. Alors, les autres (les non-abonnés), vous savez ce qu’il vous reste à faire…

TRACKLISTING CD STAX-VIBRATIONS

  • The Mar-Keys, Last Night
  • Otis Redding & Carla Thomas, Tramp
  • Eddie Floyd, Knock On Wood
  • Linda Lyndell, What A Man
  • Johnnie Taylor, Who’s Making Love
  • Booker T. & The MG’s, Time Is Tight
  • Jean Knight, Mr. Big Stuff
  • Isaac Hayes, Never Can Say Goodbye
  • Rufus Thomas, Walking The Dog
  • Sam & Dave, Hold On I’m Comin’
  • The Bar-Kays, Son Of Shaft
  • William Bell, You Don’t Miss Your Water

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  • Otis Redding chante “Try A Little Tenderness”

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hommage: The Notorious B.I.G., dix ans déjà

Le 9 mars 1997 The Notorious B.I.G. était assassiné. La nation hip hop était en deuil. Petit hommage

Ce week-end marque le dixième anniversaire de la mort de Christopher George Latore Wallace, plus connu dans le monde entier sous le patronyme de The Notorious B.I.G. Le rapper américain était âgé de 25 ans seulement lorsqu’il a été assassiné au volant de sa voiture le 9 mars 1997. Jusqu’à ce jour, malgré de nombreuses théories sur sa mort (lire l’article très complet que lui consacre en anglais Wikipedia), le meurtrier n’a pas été arrêté. Le procès intenté contre X par sa famille en 2005 sera rouvert prochainement, à l’été 2007.

Durant sa très courte carrière, celui qu’on appelait indifféremment Biggie Smalls ou Big Poppa à cause de sa taille a marqué le monde du hip hop et de la culture populaire américaine. Certes, le rapper a plus souvent fait l’actualité sous la rubrique faits-divers des magazines que dans les pages culture. Mais son flow limpide et original (par l’emploi des onomatopées par exemple) ainsi que ses histoires autobiographiques empreintes de sincérité et de vérité crue en ont fait un des plus grands rappers de tous les temps, salué comme tel par ses pairs.

Né à Brooklyn le 21 mai 1972 de parents d’origine jamaïcaine, George Wallace commence à rapper très jeune dans des groupes locaux comme The Old Gold Brothers et The Techniques. Il enregistre une démo sous le nom de Biggie Smalls qui circule alors dans le milieu. En 1992, il publie son premier single « Cruisin » qui ne fait guère d’étincelles. Il faut attendre la sortie de Ready To Die en 1994 pour que le monde entier découvre les talents de The Notorious Big. Après sa mort, de nombreux enregistrements posthumes paraissent à l’initiative de sa mère Voletta Wallace. Mais ni Life After Death (sorti quinze jours après sa mort !), Born Again ou Duets ne font oublier Ready To Die, l’un des albums essentiels de l’histoire du hip hop.

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The Notorious B.I.G improvise un freestyle dans la rue à l’âge de 17 ans

festivals: Banlieues Bleues et Amiens démarrent

L’AFFICHE DE LA 24e EDITION DE BANLIEUES BLEUES DESSINEE PAR NOYAU

Les deux festivals défricheurs partagent un même esprit. Ils démarrent ce week-end

Banlieues Bleues est riche en découvertes cette année. Le festival commence ce soir par les performances du pianiste de Baltimore Lafayette Gilchrist et son jazz stride à tendance funky. A la même affiche, le pianiste de la Nouvelle-Orléans Allen Toussaint présentera son projet jazz. Le week-end en Seine-Saint-Denis se prolongera samedi soir avec la venue, pour la première fois en France, du groupe hip hop Tumi and The Volume, dont Vibrations vous a déjà dit tout le bien qu’il en pensait. La prestation des Sud-Africains sera suivie de celle du trompettiste Roy Hargrove avec sa formation soul-funk RH Factor. Après une petite pause, les festivités reprennent de plus belle le mardi 13 mars avec le guitariste Marc Ribot à la tête d’un tout nouveau groupe, Ceramic Dog. Nous reviendrons sur la suite du programme dans les semaines qui viennent.

De son côté, Amiens fait une large place au blues pour une 26e édition haute en couleurs. Les racines vivantes de la musique du Sud des Etats-Unis s’exportent et s’installent à Amiens : Macavine Hayes, Alabama Slim, Sol et Pura Fé, les derniers pionniers du Blues américain, en forment un brochette de choix. Ils s’égraineront aux côtés des nouvelles tendances du genre, tels Son Of Dave ou le Norvégien Bjorn Berge. Blues encore, du désert cette fois, avec la venue des hommes bleus de Toumast, les Touaregs au son dense et aux mélodies tant nostalgiques qu’entraînantes. Une vague d’expérimentations électroniques prend place, et souffle ses triturations métissées, dont Socalled et son accordéon, ou les frasques de Nicolas Repac sur les mélodies maliennes de Mamani Keita. Ateliers créatifs, expos photos, master-class, programme cinématographique et festival off complètent le programme.

REFERENCES - Banlieues Bleues, Jazz en Seine-Saint-Denis, du 9 mars au 7 avril - Festival d’Amiens, Musiques de jazz et d’ailleurs, du 9 mars au 1er avril SITES - http://www.banlieuesbleues.fr - http://www.amiensjazzfestival.com

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vidéo: Kanye West joue au pervers pépère

Une petite comédie hip hop rigolote, dans laquelle Kanye West pratique l’autodérision et la satire de MTV

A l’origine, le morceau “Throw Some D’s” est une ode aux implants mammaires, dans laquelle un André 3000 vient poser son couplet. Dans la vidéo du remix (non officiel), Kanye West s’amuse avec des images en 2D et brocarde du même coup brillament les tendances hyper-mammaires des filles du r’n'b. Le rapper joue avec les codes des clips – y compris les siens –, révélant un sens de l’autodérision insoupçonné. Un homme y prend l’apparence du moustachu Colonel Sanders, le fameux “créateur” des chaînes Kentucky Fried Chicken. Assis dans un fauteuil de style au coin du feu (faux), pipe à la bouche, le pervers pépère s’improvise Geppetto de service avec pantins désarticulés à sa disposition.

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radio: le meilleur show du monde

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La meilleure émission de radio live au monde émet depuis Santa Monica.

Les Américains ont bien de la chance (bis). Chaque matin, à neuf heures, à l’heure où les ménagères françaises de moins de 40 ans se farcissent un éternel débat électoral Nicolas vs Ségolène, les habitants de Santa Monica (Californie) ont droit au meilleur show radio live du monde, le bien nommé Morning Becomes Eclectic. C’est autrement plus stimulant pour les neurones.

“Le matin devient éclectique”. Le show de Nick Harcourt (en photo) sur KCRW tient les promesses de son titre. OK, Harcourt se doit d’inviter les grosses pointures rock du moment, mais la plupart du temps le choix est surprenant et reflète ses goûts pointus et éclectiques. Reggae, musique africaine, soul, folk, musiques classiques ou improvisées se fraient un chemin dans sa programmation. Les groupes se produisent en live dans les studios de la radio dans d’excellentes conditions et sont filmés. Pour ne rien gâcher, Harcourt est un intervieweur chevronné et passionné.

Difficile de ne pas trouver son bonheur dans ces petits matins musicaux. Ces derniers mois se sont produit à Morning Becomes Eclectic Tom Verlaine, Corinne Bailey Rae, Van Hunt, Sharon Jones and The Dap-Kings, Cat Power, Ray Lamontagne ou Rufus Wainwright. la liste sonne comme un best-of de Vibrations. Il arrive aussi à Harcourt de confier toute une émision à une personnalité en marge de la musique. Ainsi, récemment, le cinéaste de Babel, Alejandro Gonzalez Inarritu, était invité pour un passionnant voyage dans les arcanes musicales de son film.

Les shows sont en ligne presque imédiatement. On peut choisir de les écouter seulement ou de visionner la session.

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concours: des albums d’Amy Winehouse à gagner

15 copies de Back To Black d’Amy Winehouse à gagner

LE CONCOURS EST FERME. LISTE DES GAGNANTS MARDI 6 MARS

Il suffit de répondre à la question suivante:

Quel est le titre du premier album d’Amy Winehouse?

envoyer votre réponse par mail à: concours@vibrations.ch

La liste des gagnants sera affichée sur le site.

Comme certains ont pu se faire une fausse idée de la chanteuse en regardant la vidéo de “Beat It” sur notre site, voici une version en acoustique de “Rehab” qui rend davantage justice à ses talents d’interprète.

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soul: où en est Bilal?

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PHOTO: ESTELLE KROMAH

Le deuxième album du chanteur soul de Philadelphie devrait enfin sortir cette année. Il en parle en exclusivité pour vibrationsmusic.com

Sa-ra Creative Creative Partners, James Poyser, Questlove. Ils ont tous répondu présent pour apparaître sur le deuxième album du chanteur de Philadelphie Bilal Sayeed Oliver. Il y a neuf mois, le disque s’est retrouvé disponible sur Internet illégalement. Son auteur a alors décidé de repousser sa sortie à une date ultérieure, modifiant une partie du tracklisting. « J’ai tellement de morceaux en réserve que ça ne me pose pas de problème: j’ai l’embarras du choix », nous dit le chanteur de sa voix douce, à peine perceptible.

Bilal décrit ce nouvel album dont la date de sortie n’est toujours pas fixée, comme « un mélange organique de sons bruts et d’électronique. » La session principale a eu lieu en Californie, dans le studio des protégés de Kanye West, les talentueux Sa-Ra Creative Partners. « On a laissé tourner les bandes pendant une semaine. On a dû enregistrer une bonne trentaine de titres. Ensuite on a tout redécoupé. On a utilisé pro-tools comme des malades» Quatre titres sont déjà en écoute sur son MySpace, dont une version du « High And Dry » de Radiohead. « Je les adore, c’est mon groupe de rock préféré avec Led Zeppelin. »

Bilal, né à Philadalephie il y a 25 ans, a suivi une éducation musicale classique. Découvert sur une cassette par Fa M’Tume, le fils du célèbre percussionniste M’Tume, celui-ci l’emmène à New York en 1998 où il participe aux jam-sessions organisées par The Roots dans des lofts de Manhattan. Il est enrôlé en 2002 dans le projet Jazzmatazz du rapper Guru et sort l’année suivante son premier album, “1st Born Second”, qui secoue le monde un peu ronronnant de la nu-soul. « Le seul défaut de ce disque est qu’il était surproduit, mais les chansons étaient bonnes » dit-il aujourd’hui. Défaut de jeunesse qu’il a rectifié sur le nouvel album. « Au niveau du chant, je m’aventure dans des endroits où les chanteurs ont peur d’aller, par confort. Je prends des risques, j’expérimente.» Espérons que l’on n’ait pas encore une autre année à attendre pour écouter le résultat de ces expérimentations.

SITES - www.bilal-the-man.com - www.myspace.com/bilaloliver

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radio: France Musique vire les musiques improvisées

null THURSTON MOORE ET JEAN-MARC MONTERA

“La musique improvisée plombe la chaîne et n’a pas de public”. la direction de France Musique a décidé de supprimer ces musiques de sa grille. Réaction du musicien et directeur du GRIM Jean-Marc Montera

Pourquoi à votre avis l’émission A L’improviste a t-elle été retirée des ondes de France Musique?
Cette émission existe depuis 2000. Elle unique et atypique dans le paysage radiophonique français. Les musiques qu’Anne Montaron diffuse sont des concerts enregistrés en présence d’un public par des musiciens qu’elle choisit et invite au studio 106 de la Maison de la radio. C’est un vrai concept radiophonique et une réelle pensée sur ces musiques dans leur diversité, et je crois que c’est ça qui dérange. La raison invoquée par la direction de France Musique est que cette émission n’a pas d’auditeur et “plombe la chaine”. C’est un acte de censure qui laisse présager les pires exactions dans un futur proche. Cette censure est l’expression arrogante du pouvoir et croire que cela ne concerne que ceux qui écoutent et pratiquent la musique improvisée serait une erreur grossière. La loterie aurait très bien pu tomber sur la musique contemporaine, les musiques électroniques, la musique baroque ou toute autre qui n’entrerait pas dans le schéma idéologique du prince du moment.
N’y aurait-il pas un effort à faire pour rendre ces émissions plus vivantes et attractives?
Peut -être. Mais ces émissions sont programmées en bout de grille à des heures où seuls les insomniaques chroniques ont une chance de les écouter. Les amateurs savent où et à quelle heure sont les rendez-vous. Par contre il y a très peu de chance de conquérir de nouveaux publics car les créneaux horaires ne sont guère favorables. Je ne sais pas si il y a une solution. En tout cas elle ne réside pas dans la suppression des rares émissions qui existent encore.
Que comptez-vous faire pour réagir contre cette censure?
Probablement qu’une pétition va circuler. Il est fondamental que l’ensemble de la profession soit informé de cette décision inique. Et que la presse, pas seulement spécialisée, réagisse.
Vous dirigez le GRIM (Group de recherche et d’improvisation musicale) à Marseille. Quel genre de public se rend à vos manifestations?
Le Grim existe depuis 1978. Le nomadisme des premières vingt années nous a permis de constituer un public de fidèles qui suivaient les manifestations là où elles avaient lieu. Aujourd’hui un nouveau public à rejoint celui des premières heures. La population qui s’est fidélisée au lieu est assez variée tant pour la classe d’âge que pour les catégories socio-professionnelles. Sur une capacité d’accueil de 150 places, il y a une moyenne d’une centaine de personnes par concerts dont l’âge varie entre 20 et 35 ans.
La France n’est-elle pas en retard sur d’autres pays quant à la vision qu’elle a de ces musiques?
Cela peut paraître paradoxal mais je n’ai pas l’impression que la France soit particulièrement en retard. Les pouvoirs publics aident et soutiennent des structures comme le GRIM et des festivals tels que Musique Action, Mulhouse, Le Mans. C’est un peu le paradoxe français que de défendre quelque chose sans aller au bout de l’idée. D’un côté on affiche un intérêt intellectuel pour une forme, et de l’autre ne lui donne pas totalement les moyens de se développer. Comme en lui supprimant la possibilité d’une diffusion radio.

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documentaire: la vie tumultueuse de Billy Strayhorn

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Un documentaire sur Billy Strayhorn sort aux Etats-Unis. Il faudra se contenter ici de la B.O

Les Américains ont parfois de la chance. La chaîne PBS (preview ici) consacrait courant février un long documentaire dédié à Billy Strayhorn, l’un des compositeurs les plus géniaux du jazz, l’alter ego de Duke Ellington et l’auteur de thèmes parfois attribué à tort au Duc comme «Lush Life», «Johnny Come Lately» ou «Take The A Train». Nous ne l’avons pas encore vus, mais la vie tumultueuse et compliquée de Strayhorn et ses rapports pas faciles avec le Duke en font un sujet à priori passionnant.

Nous pauvres Européens devront nous contenter de la bande originale. Ce n’est déjà pas si mal. Avec des contributions de Dianne Reeves (excellente, qui joue également dans le film), Joe Lovano, Bill Charlap ou Elvis Costello, l’affaire sent un peu le casting de prestige, mais la nostalgie fonctionne à plein régime.

D’autant que le pianiste Hank Jones illumine ces sessions, avec en particulier une version à quatre mains de «Tonk» en compagnie de Bill Charlap, qui ne parvient pas tout à fait à égaler le quatre mains d’origine entre Ellington et Strayhorn. Mais ne tombe pas loin de la perfection.

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livre: Per Englund explore Cape Town

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PHOTO: PER ENGLUND

Avec son livre The Beautiful Struggle, le photographe suédois Per Englund s’est immergé dans les Townships de Cape Town. La jeunesse y vit au son du kwaito et invente ses propres codes vestimentaires. Interview

Comment est né le projet The Beautiful Struggle ?
Je suis venu une première fois en Afrique du Sud comme assistant d’un photographe de mode suédois. A cette époque, je ne savais pas grand-chose du pays. La première vision que j’ai eue dans le taxi qui nous emmenait de l’aéroport était des alignées sans fin de maisons en tôle. C’était une image sordide d’un pays offrant des contrastes très durs. J’ai ressenti le besoin d’entrer dans les townhips, mais je voulais éviter la visite guidée pour les touristes. A la fin de l’année, j’ai fais la rencontre de Mlamli Figlan qui travaillait dans un des hôtels où nous résidions. On avait le même âge et il vivait dans le township de Guguletu. A cette époque, il portait mes bagages et me servait mes boissons, ce qui me mettait mal à l’aise, étant Blanc, Suédois et ayant la mémoire de l’apartheid à l’esprit. Je lui ai fait part de mon intérêt pour la vie qui se passait de l’autre côté, et il a commencé à me parler de la vie dans les townships. On devait garder le profil bas parce que la direction de l’hôtel lui avait interdit de parler de ça aux visiteurs. Son travail était de promouvoir les plages, les montagnes et les safaris. Nos routes se sont séparées lorsque l’équipe photographique s’est déplacée, mais j’ai toujours gardé Mlamli en tête. Une année plus tard, j’ai quitté mon travail et je suis retourné à Cape Town dans l’idée de retrouver Mlamli et de commencer à photographier la vie dans les townships. J’avais perdu son numéro de téléphone, alors je suis retournée à l’hôtel où il travaillait, mais il avait quitté son travail à cause des tensions avec la direction. J’ai eu la chance de tomber sur lui dans la rue. Il m’a emmené à Guguletu et ce fut le début d’une longue aventure en sa compagnie.
La vie et la réalité des habitants des townships furent-elles difficile à approcher ?
Au début, certains habitants étaient un peu méfiants. Ils pensaient que je n’allais pas revenir avec les photographies. Trop de touristes avaient fait cette promesse et ne l’avaient pas tenue. Ramener des photos à ceux qui le demandaient a donc été déterminant. C’est une question de confiance, de respect, et comme nous n’avions pas de soutien financier, c’était la seule chose matérielle que nous pouvions offrir. Parmi les difficultés rencontrées, Il y avait aussi la barrière de la langue. La langue maternelle de la plupart des habitants est le Xhosa, l’anglais vous emmène un bout mais pas aussi loin que vous désirez. Pour toutes ces questions, et bien d’autres, Mlami m’a aidé. Ce livre est autant le mien que le sien. Ce n’est pas un livre sur les townships, c’est un produit des townships.
The Beautiful Struggle nous entraîne au-delà de la mode et du style de vie jusque dans les activités quotidiennes et sociales des habitants des townships.
Mon idée de départ était de comparer les townships et la ville, de montrer que l’un ne peut exister sans l’autre. C’est une relation symbiotique. Sans les habitants des townships qui viennent tous les jours travailler à la ville, les gens de la ville ne pourraient jamais retirer les bénéfices de leur « belle vie ».
Les images sont à la fois en noir et blanc et en couleur.
J’ai commencé en noir et blanc, dans un style plus poétique et traditionnel. Mais très vite nous avons réalisé que cette histoire ne réclamait pas du contraste, mais de la couleur. The Beautiful Struggle raconte les bonnes vibrations, la créativité et le style unique que l’on rencontre dans les townships.
A quel point la musique kwaito a-t-elle influencé la mode et le style de vie des jeunes dans les townhips?
C’est très évident pour la jeune génération, beaucoup moins pour les aînés. On le voit clairement dans la rue, il y a des street bashes avec de gros sound-systems, des sessions à micros ouverts et les incroyables compétitions de danse pantsula. Mais la scène kwaito est beaucoup plus importante à Johannesbourg. La musique kwaito est pour les jeunes Sud-Africains des ghettos ce que le hip hop était à ses débuts à New York.
Le hip hop et sa culture globale sont-ils toujours présents à Cape Town ?
On trouve de la qualité dans tous les éléments de la culture hip hop. Il y a des superbes crews de graffers, de DJ et de break dancers. Dans la scène graffiti, la tradition est de réaliser de larges peintures murales et des productions très planifiées. Les travaux à la bombe dans la rue sont plutôt rares. Quant aux rappers, ceux qui utilisent la langue Xhosa sont vraiment impressionnants.
Une part importante du livre est dédiée à un endroit qui s’appelle Chez Mozli, un lieu qui vous a inspiré.
Chez Mozli a été depuis le premier jour au centre de ce projet. C’est là que nous avons passé la plupart de nos dimanche à manger trop de viande, à boire, à faire des contacts, à beaucoup s’amuser et… parfois prendre des photos. Chez Mozli est un endroit pour faire la fête et où tout le monde se sent bien d’aller, peu importe vos origines. C’est un oasis de sécurité dans le township.
Les habitants des townships ont-il vu The Beautiful Struggle ?
Evidemment. Ce fut naturel pour nous de faire le vernissage du livre dans le township et pas en ville. On l’a fait Chez Mozli, un autre endroit aurait semblé inaproprié ! Ce fut un grand succès, les gens de la ville se mêlant aux habitants des townships dans une atmosphère très détendue. J’avais accroché d’énormes tirages sur le mur extérieur de Chjez Mozli. Des portraits des gens que j’avais photographiés toutes ces années devant le même mur de briques. Mozli avait fait à manger pour tout le monde, il y avait du hip hop et du kaïnite, des danseurs de pantsula et un gros sound-system. Vous voyez, toute l’idée du livre était de réunir les gens, de réduire le fossé entre la ville et les townships. Ce fut définitivement un pas dans la bonne direction.

VOIR LE PORTFOLIO PARU DANS LE NO 91 DU MAGAZINE VIBRATIONS

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REFERENCE

  • The Beautiful Struggle, Per Englund, Mlamli Figlan (Dokument Förlagk, 144 pages)

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clubbing: l’effet Trentemoeller

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Ce producteur danois fait bouger le son des clubs en 2007

Pris en étau entre l’intellectualisme, la nostalgie et le second degré, la club culture européenne semble parfois avoir oublié ses fondamentaux : la simple décharge de groove, de bonnes grosses basses et de rythmiques qui tuent. « Minimale » est depuis de trop longues années le mot d’ordre, et rares sont les DJ’s qui produisent un effet maximal.

Mais récemment, un ami m’a fait écouter une série de disques qui lui a redonné espoir et foi dans cette musique, et à moi aussi du même coup. Le Danois Trentemoeller est devenu en une année une superstar des dancefloors. Il a signé un remix de ses compatriotes Royksopp (« What Else Is There »), où il utilise des techniques de découpage proche du dub jamaïquain. Il a sans doute une légère tendance à la grandiloquence, mais quand à un moment il coupe les basses pour laisser seul la piste avec la chanteuse et sa guitare, il parvient à dramatiser le morceau; et il a des basses énormes, enveloppantes, qui vous scotchent au mur.

Certains l’accusent de flirter avec le mauvais goût de la trance. Ses références semblent venir d’ailleurs. En un sens, il représente un mélange qui n’a pu naître qu’à l’ère myspace entre Joy Division, Angelo Badalamenti, King Tubby et DJ PIerre. Et surtout, sa musique possède un groove irrésistible. A part ses productions pour les clubs, Trentemoeller compose des morceaux plus apaisés, comme sur son premier album The Last Resort (Poker Flat, 2006). Si vous voyez son nom dans une soirée près de chez vous, n’hésitez pas.

Dans la même mouvance post-acid house, on peut classer l’Anglais D. Ramirez et les Autrichiens de Bookashade.

VIDEO

Le remix de Trentmoller de “What Else Is There” de Royksopp

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world: les visions cubaines de Ned Sublette

L’artiste texan est devenu une autorité peu académique sur les musiques afro-cubaines

Bien avant le succès de Brokeback Mountain, Sublette, né au Texas en 1951, peut se targuer d’avoir inventé le style « western contemporain intello ». Sur la BO du film, Willie Nelson reprend une chanson explicite de Sublette, “Cowboys are frequently, secretly, fond of each others”. Sublette a toujours porté le stetson, même lorsqu’il fréquentait la scène new-yorkaise downtown des années 70 et 80 (il a collaboré avec John Cage, la Monte Young ou Glenn Branca). Sa carrière a alors pris une tournure imprévisible.

Vers le début des années 80, après avoir écumé les clubs de New York avec son groupe The Ned Sublette Band, il commence – bien avant David Byrne, eh ! oui – une histoire d’amour avec la musique salsa et afro-cubaine, « la meilleure musique de New York », dira-t-il. En 1990, il se rend à Cuba pour la première fois et co-fonde le label Qbadisc destiné à faire connaître la musique cubaine aux Etats-Unis. Sa propre discographie est chiche : deux albums en tout et pour tout. Le premier, Monsters From the Deep (Qbadisc, 1997) en duo avec l’artiste conceptuel Lawrence Weiner ; le second, Cowboy Rumba (Rykodisc, 2002), une virée improbable entre le Bronx, Cuba et le Texas. Ses photographies abstraites sont inclues dans le livret de l’album Tumba Francesa: Afro-Cuban Music From The Roots publié par Soul Jazz en décembre 2006

Depuis, Sublette partage son temps entre l’écriture (son beau bouquin anti-académique sur la musique cubaine Cuba and Its Music: From the First Drums to the Mambo est paru en 2005) une activité de journaliste radio et de conférencier. Et surtout il prépare un livre sur la ville mère de toutes les musiques : La Nouvelle-Orléans.

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