Auteur Pierre-Jean Crittin

Livre : Les milles vies de Rashaan Roland Kirk

La biographie de Rashaan Roland Kirk remet au premier plan l’importance du saxophoniste fantasque dans l’univers du jazz et de la culture populaire

Rashaan Roland Kirk avec sa femme Dorthaan à San Francisco. Avec l’aimable autorisation de Les Scher

Comme Sun Ra, Ornette Coleman et peut-être Don Cherry, Rashaan Roland Kirk est l’un des rares musiciens de jazz à avoir trouvé une bonne partie de son public fanatique parmi les amateurs de rock – voire de punk rock! Sa musique en effet était toute d’énergie faite, d’audaces, de débordements, elle était aussi bien ancrée dans le blues et le rhythm’n'blues. » Lire la suite

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Exposition: Oum Kalsoum à Paris

ILLUSTRATION: Chant Avedissian, Oum Kalsoum, années 1990, technique mixte au pochoir sur panneau, 19,39 x 26, 45 cm, collection British Museum.

L’institut du monde arabe rend hommage à la grande dame de la chanson orientale

« La quatrième pyramide. » C’est le sous-titre de la grande exposition parisienne qui s’est ouverte le 17 juin (jusqu’au 2 novembre) à L’institut du Monde arabe. C’est dire le monument que l’on célèbre, monument vocal qui, aux oreilles des Européens, n’a d’équivalent que chez Billie Holiday, Piaf ou La Callas. « Ce long cri d’amour où la sensation érotique s’énonce lancinante et où brûle en le cœur un feu qui semble ne jamais d’éteindre », comme l’écrit si bien notre collaborateur Rabah Mezouane dans le texte de l’exposition.

Oum Kalsoum entre Mohammed Kasabgi et Abdou Saleh, son joueur de qanûn. Photo de Farouk Ibrahim

Comment faire parler en images cette féminité rageuse ? Le parcours de l’exposition propose quatre approches complémentaires, chacune réunissant photographies, séquences sonores et audiovisuels, documents, objets, costumes et œuvres. Dans la première section, « L’Egyptienne », la vie d’Oum Kalsoum, dont la date de naissance au début du siècle reste mystérieuse, est replacée dans le contexte social et politique mouvant de l’Egypte ; la deuxième section, « Le Talent » s’attache à expliquer le phénomène artistique et sa réception ; « L’engagement » rend compte de l’implication de la chanteuse dans la vie publique, questionne son militantisme et son patriotisme ; enfin « L’Héritage » réunit un ensemble d’œuvres contemporaines inspirées par la Dame.

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Hommage : Bo Diddley, le beat primal

Le chanteur et guitariste a donné son nom au beat le plus marquant du rock’n’roll. Il est mort lundi à 79 ans d’une crise cardiaque.

Dans le Mississipi, on trouve une guitare composée d’une seule corde attachée à deux clous aux extrémités d’une planche en bois. On peut en voir jouer la chanteuse de blues Jesse Mae Hemphill dans le documentaire de Marc Oriol Me & My Guitar. Cette « guitare », qui rappelle les instruments à une corde d’Afrique de l’ouest, était appelée une diddley bow.

Bo Diddley ne jouait pas de guitare à une corde (pas que l’on sache), mais construisait ses propres instruments aux formes carrées, rectangulaires, et d’autres encore. Il existe une photo très belle montrant sa première guitare faite main. Elle date de 1945. Otha Ella Bates ne s’appelait pas encore Bo Diddley. Il avait treize ans, et jouait du violon.

Le musicien qui vient de mourir est bien plus que l’inventeur du rock’n’roll (avec Chuck Berry, Elvis Presley, Little Richard, Jerry Lee Lewis, et n’oublions pas Arthur Crudup). En réécoutant ses faces Chess, compilées à de nombreuses reprises (la totalité sur le coffret Bo Diddley : The Chess Box), on est frappé par le soin porté aux détails, aux ornements. Tout ce qui fait qu’un morceau de Bo Diddley ne ressemble pas tout à fait à un autre morceau de Bo Diddley.

Sa musique était surprenante rythmiquement. Son groupe comprenait dans les années 50 un noyau formé du joueur de maracas Jerome Green et du batteur Frank Kirkland, auxquels s’adjoignaient parfois un pianiste, un bassiste ou un harmoniciste.

L’écrivain Robert Palmer, l’auteur de Deep Blues, s’est intéressé de savoir d’où venaient les éléments apparemment si disparates de la musique de Bo Diddley. Tout en qualifiant la musique de Diddley de « mystérieuse », il reconnait des accents cubains (le clave), haïtien et africain (Yoruba et Kongo).

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Podcast: Steinski in the office

Premier podcast de notre série “In The Office”, le DJ new-yorkais Steinski évoque dans une interview exclusive l’évolution de la loi sur les droits d’auteur, sa conception du mix et l’art du collage sonore qu’il a perfectionné en compagnie de son partenaire Double Dee au début des années 80.

Steve Stein raconte avec humour les débuts du hip hop et sa découverte d’une nouvelle génération de DJ’s qu’il a influencé (en anglais uniquement).

Une rétrospective de son travail sort ces jours en double CD. What Does It All Mean?: 1983-2006 est disponible sur Illegal Art.

icon for podpress  Steinski In The Office [16:04m]: Download (114)

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Film: Shake The Devil Off, le diable en soutane

Avec Shake The Devil Off, le réalisateur Peter Entell signe un film sensible sur l’après-Katrina

Au bon moment, au bon endroit. Tel semble être le destin du réalisateur Peter Entell, qui signe ici son deuxième long-métrage en quinze ans.
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Vibrations 103: à vos commentaires!

Vibrations 103 (mai 2008) est en kiosque. Vos commentaires sont les bienvenus.

  • Que pensez-vous de la couverture?

  • Quels sujets vous ont plu?

  • Lesquels vous ont déplu?

Contribuez également à faire évoluer de manière constructive le magazine. Quels sujets ou artistes aimeriez-vous voir figurer dans les prochains numéros de Vibrations? A vos commentaires!

Vous avez aussi la possibilité de donner votre avis plus en détail sur les rubriques du magazine dans la rubrique “questionnaire des lecteurs”. Vos commentaires nous sont précieux.

avant-première : Camille fait son Music Hole

PHOTO: Benoît Peverelli

Music Hole, le nouvel album de Camille, sort le 7 avril. Vibrations l’a écouté en avant-première.

Après avoir charmé le monde entier (France, Angleterre, USA, Japon) avec ses ritournelles malicieuses sur fond de hip hop acoustique (Le Fil, 2004), Camille revient avec Music Hole, son quatrième album. Au delà du (bon) jeu de mot, ce “trou musical” est son œuvre la plus ambitieuse à ce jour, flirtant avec la gravité, la mélancolie. Est-ce une surprise? La langue anglaise domine tout au long des 10 titres. Pour autant, c’est toujours du Camille-de-Paris. Simplement, la pelote s’est déroulée dans tous les sens et a fait des nœuds. Ça grince, ça couine, ça pleure, ça crie, ça respire. Il faudra de nombreuses écoutes pour venir à bout de ce Music Hole de haut vol. Chronique en avant-première, morceau par morceau.

Gospel With No Lord Ce gospel sans rédemption à la clé s’inscrit dans la veine “sale gosse” du Fil. “Faut que je trouve mon père / Faut que je trouve ma sœur / Faut que je me trouve moi-même.” Camille pousse la voix blanche, davantage Janis qu’Aretha.

Canards Sauvages Le seul titre en français – et encore, à moitié. Ambiance aquatique, sub-bass maternels, quelques vers scatologiques pour la cour de récré, et puis s’en vont.

Home is where it hurts Beat-boxing en fond, Camille tend vers le grave. « Ma maison n’a pas de porte, ma maison n’a pas de clé ». Mélancolie.

Kfir Enigmatique. C’est quoi, c’est qui ce Kfir ? Sans doute pas l’avion de combat israélien… Encore une balade douce-amère qui lorgne vers le folk. Et toujours cette beat-box en fond.

The Monk Monk, pour Meredith pas pour Thelonious. Un duo piano-voix sous influence de la vocaliste américaine expérimentale. “Pa-pa-pa-pa-pa-pa-pa-pa-pa-pa-pa-pa…” Le premier tube de musique minimaliste depuis “O Superman” de Laurie Anderson ?

Cats and Dogs L’opéra de quat’sous, version Camille. Un beau titre Fassbindérien, énervé vers la fin. La première surprise, le premier nœud…

Money Note « Bounce, bounce » répète Camille. Un truc de fille, bien hip hop, entre M.I.A et feu les Rita. Groovy.

Katie’s Tea Un thé fort avec montée de piano-voix. Mimétisme vocal notable avec la grande Joni Mitchell des années Blue. Une pièce courte et barrée.

Winter Child Retour à l’enfance, et au “sentiment étrange” qu’il procure. Crépitement de feu de bois en entrée, voix de gorge Tuva. « What a funny feeling for a child »… Beau bizarre.

Waves Camille lance sa propre météo marine : avis de tempête. Une folk-song pull-marine soulful. Seule Kayna Samet, rivale sous-estimée, peut oser pareil déballage émotionnel. Gros titre.

Sanges Sweet Un final en gospel ascendant, avec clapping et piano. « I Can’t Believe what I Have done… » Sœur Kate Bush, terrée au fond de son manoir anglais, appréciera.

DISQUE

  • Camille, Music Hole (EMI) Sortie le 7 avril

SITE

VIDEOS

  • Camille et -M- chantent “Au suivant” de Jacques Brel à Taratata
  • Camille, Ta douleur

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hommage: Buddy Miles est mort

JIMI HENDRIX AVEC BUDDY MILES, MARS 1969

Le batteur du Band Of Gypsies est décédé à l’âge de 60 ans à Austin Texas

Avec son énorme afro, il ressemblait à Baby Huey, le chanteur de soul psychédélique. George Allen “Buddy” Miles est mort le 27 février des suites d’un longue maladie du cœur. Il fut le co-fondateur du Band Of Gypsies, le trio du guitariste qui remplaça le Jimi Hendrix Experience à la fin de l’année 1969.

Les deux musiciens s’étaient rencontré quant le batteur avait seize ans, lors d’un concert canadien où Jimi Hendrix jouait avec le I.B. Specials, en première partie des Isley Brothers. Buddy Miles était alors le batteur d’un groupe de R&B Ruby & The Romantics. Il ne rejoindra Hendrix qu’en 1969. Cette année-là, Hendrix produit un album du Buddy Miles Express puis invite le batteur sur l’enregistrement d’Electric Ladyland.

Il est de notoriété publique que Mike Jeffery, le premier manager de Hendrix, détestait Buddy Miles, et ne voyait pas d’un bon œil son protégé quitter les rivages de la pop vers ce “truc noir” indescriptible. Il fit tout pour éloigner Buddy Miles de son entourage. Lors de l’enregistrement d’Electric Ladyland, auquel participe Miles sur deux morceaux (”Rainy Day, Dream Away” et “Still Raining, Still Dreaming”), le producteur passe régulièrement après les heures de studio s’assurer que la voix de Hendrix est bien en avant dans le mix. A partir de ce moment, les relation entre Hendrix et Jeffery se détériorent.

Le groupe Band Of Gypsies fut de courte durée. Juste le temps d’enregistrer à la fin de l’année 1969 un album en public, Band Of Gypsies, avec le fameux “Machine Gun” qui sortira en avril 1970. Hendrix meurt en septembre.

Dans le meilleur livre écrit sur Hendrix (Jimi Hendrix, Vie et légende, en français aux éditions Seuil-Points), le journaliste anglais Charles Shaar Murray écrit: “Même si Billy Cox et Buddy Miles avaient une formation R&B, la combinaison des deux trace un curieux chemin entre funk lourd et hard rock: moins “soul psychédélique” que, disons, “black rock”. La section rythmique de Band Of Gypsies était la préférée de Miles Davis.”

A part Miles, bien des musiciens qui ont été influencé d’une manière ou d’une autre par Hendrix (les guitaristes Jean-Paul Bourelly et Vernon Reid, le batteur Ronald Shannon Jackson) ont affirmé que le Band Of Gypsies était le groupe de Hendrix qu’ils préféraient. Pas pour des raisons raciales, mais parce qu’esthétiquement, le backbeat de Miles permettait à la musique de Hendrix de prendre une autre dimension, de s’envoler littéralement. Pas nécessairement vers le jazz, mais vers d’autres horizons improvisés.

VIDEO

  • excellent documentaire en neuf parties sur Hendrix et le Band of Gypsies (en anglais)

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soul-rock: Ron Franklin débarque à Paris

Ce jeune maniaque du son rétro offre une fascinante plongée dans l’Amérique des bayous. En concert à Paris cette semaine, vibrationsmusic.com vous offre 5 places à gagner ce soir mardi, mercredi et jeudi

Il a l’air tout droit sorti des sixties, Ron Franklin. Pochette au graphisme dylanien, studio vintage boisé, légère afro. Sur le de dos du CD, il est ironiquement fait mention d’une « face 1 » et d’une « face 2 ». Qui c’est celui-là ? On regarde les notes de pochette. Le jeune homme d’Eunice (Louisiane) a des connaissances. Au piano bastringue s’est assis le légendaire producteur Jim Dickinson, une brochette de vétéran de Memphis l’accompagne et City Lights a été enregistré au fameux studio de Willie Mitchell Royal Recording où Al Green grava ses hits.

Rétro, Ron Franklin l’est à la manière maniaque des oubliés Unknowns et du premier Chris Isaak. Cela ne l’empêche pas de jouer ses propres compositions entre folk, blues, country et old time avec aplomb. La voix vacille juste ce qu’il faut quand le good boy reprend Chuck Berry (« Thirty Days ») et derrière, le groupe installe un puissant swamp-rock des bayous lousiannais.

Ce deuxième album (après un premier essai sépia confidentiel en 2005, Blue Shadows Falling) fait son petit bout de chemin grâce au bouche-à-oreille. Il s’installe confortablement sur la platine et ne laisse bientôt plus de place aux autres. C’est bon signe. Depuis le Big Star d’Alex Chilton, on n’avait pas entendu pareille musique blanche trempée dans la tradition noire.

5 places à gagner pour chaque date (mardi, mercredi et jeudi), les gagnants seront avertis par email.

Envoyez-nous un mail avec vos nom, prénom et adresse postale à concours@vibrations.ch. Merci d’indiquer “Ron Franklin” dans l’intitulé du message.

CONCERT

  • Du 26 février au 1er mars à l’Européen de Paris, en première partie de Ilene Barnes. Concert: 20h précise

ALBUM

  • Ron Franklin, City Lights (Memphis International/DG)

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vidéos : quand la pub nous fiche le blues

Une image extraite du film publicitaire “Le blues”

Un film publicitaire sur le blues attire la colère des auditeurs de Radio Nova.

La récente campagne de publicité de Radio Nova, composé de huit petites vidéos – enfin plus que sept, la huitième venant d’être retirée de leur site officiel – a quelque peu remué ses auditeurs. L’un de ces films montre, en noir et blanc, une reconstitution d’une scène dans le Sud des Etats-Unis au temps de l’esclavage. On y voit en gros plan, un esclave noir se faire fouetter par son patron blanc. À la fin de ce petit film, un message sur un disque vinyle apparaît : “Une chose est sûre, ce sont bel et bien les Blancs qui sont à l’origine du blues.”

Radio Nova a décidé de retirer ce film de son site Internet aujourd’hui et a publié ce message : “Un de ces films, intitulé Le Blues pose visiblement un grave problème à certains d’entre vous qui nous ont dit : “on ne peut plus voir ces images , même pour la “bonne cause”.” Pour ne pas heurter nos amis et ne pas ajouter à ces souffrances, nous avons décidé de retirer ce film. Avec nos excuses, et avec la volonté de poursuivre le nécessaire travail de mémoire, nous qui luttons depuis toujours pour cela.”

Cette série publicitaire, concoctée par l’agence parisienne Young & Rubicam, avait été aussi proposée au magazine Vibrations. Nous avions pensé: ces films ne sont ni provocateurs ni mal-pensants. Ils sont tout simplement bêtes, sans même être méchants. Ils ne nous plaisaient pas. Ils étaient dans la droite ligne des publicités de l’Italien Toscani.

Celle sur le blues me déplaisait profondément par sa naïveté. Le blues n’est pas issu des champs de coton. C’est une vision simpliste et idiote. Je n’avais pas envie de l’endosser. Vous pouvez essayer de trouver ce film sur le net si vous voulez. Je l’ai vu une fois, et cela me suffit.

Plusieurs mois ont passé et ces films publicitaires ont été réalisés pour une radio dont on se sent très proche, musicalement et dans son esprit.

Je les ai regardé. A part ceux sur le jazz et le funk, vifs et joyeux, les autres sont lourds, grossiers et naifs. La palme revient à celui sur la musique indienne où l’on voit des cafards remonter le long de tuyaux jusqu’à la cuvette des WC (sur fond de sitar). Je n’ose pas le montrer à un ami indien, plutôt susceptible. Il risque d’envoyer à l’agence de pub une boîte pleine de… cafards en guise de remerciements !

VIDEOS

  • Publicité “Le jazz”
  • Publicité “Le funk”

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chanson: Gianmaria Testa dans tous ses états

PHOTO: BERTRAND DESPREZ

Carte blanche à Bordeaux pour le chanteur piémontais. Trois spectacles et 30 places à gagner

Aux dernières nouvelles, il est toujours chef de gare à Cuneo. Le chanteur piémontais Gianmaria Testa n’en a pas pour autant abandonné la chanson, bien au contraire. Son dernier disque, le magnifique Da Questa Parte del Mare (Chant du Monde) le voyait élargir son propos, toujours empreint de lucidité et de poésie, abordant le thème de l’exil et de l’immigration avec une ampleur musicale inédite (on y croisait les Américains Greg Cohen et Bill Frisell).

À partir de cette semaine et jusqu’à fin mars, la très dynamique association Musiques de Nuit de Bordeaux lui consacre une impressionnante carte blanche, révélant plusieurs facettes de l’auteur-compositeur.

Vendredi 18 janvier, Testa sera en quartette avec le clarinettiste Piero Ponzo, le bassiste Nicolas Negrini et le batteur Philippe Garcia à Eysines. L’occasion d’écouter et de redécouvrir sur scène les chansons de ses différents albums et en particulier de son dernier.

Samedi 15 mars, il présente son non-spectacle Quichotte et les invincibles à Eysines. Pour ce projet, il est accompagné par l’écrivain Erri De Luca et le clarinettiste Gabriele Mirabassi pour une « parlotte entre amis » qui mêle histoire écrite et racontée, poèmes mis en musiques et chantés par lui-même.

Jeudi 27 mars, Testa, accompagné du pianiste Roberto Cipelli et de son quartet rendent hommage à Léo Ferré qui s’installa au cœur de la Toscane dans les années 70. Une histoire d’amour singulière entre le chanteur à la crinière blanche et l’Italie : enregistrement avec des orchestres classiques, disque chantés en italien, nombreux concerts.

Vibrationsmusic.com vous offre 10 places pour chacun de ces concerts. Demande à envoyer à concours@vibrations.ch (merci de rappeler “Gianmaria Testa” dans l’intitulé de votre message.

Les gagnants seront avertis par email.

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Hommage: Le producteur Joel Dorn est mort

L’un des piliers de la firme Atlantic, le producteur Joel Dorn, est mort lundi d’une crise cardiaque. Hommage.

Lorsque Vibrations avait consacré un dossier au label Atlantic en 1998, nous avions demandé à l’historien Charlie Gillett quel rôle tenait exactement le producteur Joel Dorn au sein de la firme crée par Ahmet et Nesuhi Ertegun, il avait répondu : « Nesuhi était responsable du catalogue jazz, mais son assistant Joel Dorn, un ancien disc-jokey de Philadelphie, endossait dans les faits toutes les responsabilités. Il trouvait les talents et produisait les disques. » Le producteur, un pilier central d’Atlantic Records, est mort le 17 décembre d’une crise cardiaque à l’âge de 65 ans. Sans Dorn en talent-scout, Roberta Flack, Rashaan Roland Kirk ou Yusef Lateef – trois de ses artistes favoris – n’auraient sans doute pas enregistré pour les Ertegun.

« Quand j’avais 14 ans déjà, j’envoyais des lettres à Atlantic pour leur donner toutes sortes de suggestions sur quels artistes ils devraient signer, et avec qui Ray Charles devrait faire son prochain duo. » En 1963, il parvient à rentrer dans la maison si convoitée. Le premier musicien qu’il produit est le flûtiste Hubert Laws. Bien d’autres suivront. Dorn avait une nouvelle façon de produire les artistes jazz. « J’ai apporté les techniques de la pop dans le jazz et le R’n’B. Mes deux grandes influences en tant que producteur étaient Lieber and Stoller et Phil Spector. »

L’effet est particulièrement frappant sur le travail effectué avec la chanteuse Roberta Flack, un pied dans la soul, et un autre dans la pop. On ne saura jamais pourquoi Dorn quitte Atlantic en 1974, mais sa passion intacte lui permettra de rester très actif dans la branche, en produisant pour d’autres labels.

Au milieu des années 80, Joel Dorn décide de s’arrêter et de partir trois ans sur la route dans le but de récolter des enregistrements en public de ses artistes préférés. C’est ainsi qu’il rassemble des heures de documents inédits de Cannonball Adderley, Rahsaan Roland Kirk ou Les MacCann et Eddie Harris, qu’il sort sur son propre label Night Records. Il travaille également sur les catalogues Rhino et Columbia.

En 1995, le Smithsonian Institute décide de faire rentrer les travaux et les écrits de Dorn dans ses collections pour rendre hommage à ses talents de producteur. C’est cette année-là que le virus le reprend. Il crée un nouveau label, 32 Records, encore une fois spécialisé dans la réédition, avec plus de 250 titres remis sur le marché, souvent des artistes un peu négligés.

En 2003, il donne un coup de pouce pour lancer Hyena, un label qui navigue entre rééditions et nouveautés. Il publie entre autres Gospel Music, un recueil de ses morceaux gospel préférés sélectionné avec l’aide de son ami Lee Friedlander, photographe fétiche… d’Atlantic.

VIDEO

  • Joel Dorn parle de son travail chez Atlantic avec le joueur de cornemuse jazz Rufus Harley

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Cubop: Hommage à Carlos “Patato” Valdes


PHOTO: Benoît Peverelli

Derrière ses fûts, Carlos “Patato” Valdes a fait les belles heures du cubop, ce mélange de rythmes afro-cubains et de be-bop. Il est mort mercredi 5 décembre à l’âge de 81 ans des suites d’un arrêt pulmonaire. En 1992, Pierre-Jean Crittin avait rencontré ce personnage infatigable qui, passé 70 ans (même s’il refusait de donner son âge), dansait toujours le mambo!

Vous passez deux heures en compagnie de Carlos “Patato” Valdes, espérant que le petit percussionniste sans âge va vous raconter sa carrière par le menu, passer en revue les grands orchestres cubains par lesquels il a passé: Machito, Tito Puente, Arsenio Rodriguez, Mario Bauza. Son historique session Blue Note avec Grant Green, le manifeste cubop The Latin Bit. Et Herbie Mann au Village Gate, Dizzy… Hélas, vous ne comprenez rien à ce que raconte Patato! Il baragouine en anglo-portugais, saute d’un sujet à l’autre, mâte les minettes, hurle, frappe la table, puis, assoiffé, s’enfuit vers le bar assouvir sa soif inextinguible. Il est vif, ça… Le soir d’avant notre rencontre, on l’a vu animer une descarga (latin jam session) d’enfer au bar des musiciens du festival de Montreux, renvoyant se coucher de jeunes blanc-becs assommés de fatigue. Le lendemain, il se levait à l’aube pour aller faire renouveler son passeport à Genève. Patato, la fatigue, il ne connait pas. Quand il est de passage à Paris, il fait la tournée des cafés et bat les congas toute la nuit avec des copains de fortune. Idem à New york lorsque les jeunes salseros japonais de l’Orquesta De La Luz firent leur première au Village Gate, Patato était là, une bière à la main, impatient de venir frapper ses congas en leur compagnie.

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vidéo: Moonshine Sessions, Abba version country

Derniers épisodes de la saga de l’enregistrement des Moonshine Sessions. Où Abba prend des couleurs sudistes.

Première prises de “Dancing Queen”. Pour les paroles, la chanteuse Melodie Cannon a changé le mot “rock” par “swing”…

C’est dans la boîte. Le tube Eurovision d’Abba devient une déchirante ballade country, sans doute un des moments forts de l’album à paraître en novembre.

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vidéo: Moonshine Sessions, country-soul music!

La country, une musique de ploucs? Philippe Cohen-Solal dénonce les préjugés européens.

Entre les prises, discussions sur la country, son âme et sa soul

Le guitariste Richard Bennett qui a joué avec des gens aussi différent que Neil Diamond, Lee Hazlewood et Mark Knopfler s’exprime: “C’est un des points forts de ma carrière que d’avoir participé à ce disque”

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vidéo: Moonshine Sessions, la vie dans le studio

Visite du 3 Trees Studio de Bucky Baxter. Les musiciens livrent leurs premières impressions.

Juin 2004. Philippe Cohen-Solal rencontre Bucky Baxter qui l’emmène dans son studio 3 Trees dans les environs de Nashville

Bucky et les autres musiciens parlent de l’album et comment ils se sont intégrés au projet: “Au début, j’étais sceptique” raconte Bucky.

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vidéo: Moonshine Sessions, premières prises

Suite du reportage filmé sur l’enregistrement des Moonshine Sessions dans le Tennessee.

Le studio de Bucky Baxter est le rendez-vous des musiciens “outlaws”. Certains d’entre eux ont entendus qu’une session y avait lieu, et accourent pour y participer. Au milieu d’eux, Philippe Cohen-Solal est modeste, mais déterminé: ce sont ses compositions qu’ils jouent. Les rares rednecks ne reviennent pas le lendemain

Petit stage d’une semaine au Maryland College pour Philippe Cohen-Solal qui veut apprendre la technique du flat-picking

Les premières prises commencent en décembre 2004. “Ces types sont les meilleurs sur leur instruments. Et ils sont relativement sobres…”

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vidéo: Moonshine Sessions, new country

Envie de passer un moment à la campagne ? Pendant toute une semaine en exclusivité, vibrationsmusic.com, vous emmène dans le Tennessee avec les images de l’enregistrement des Moonshine Sessions de Philippe Cohen-Solal. Aujourd’hui, première et deuxième partie.

A la fin d’une tournée américaine de Gotan Project, Philippe Cohen-Solal s’envole au Maryville College dans les Appalaches y parfaire sa connaissance de la technique guitaristique du flat-picking. Premiers repaires. Après une semaine « studieuse », il part direction Nashville pour visiter quelques studios. C’est dans l’un d’eux qu’il y rencontre Bucky Baxter, l’un des meilleurs joueurs de pedal-steel actuels. En décembre de la même année, Bucky ouvre les portes de son studio et celles de son carnet d’adresse. L’aventure commence.

Première partie: Comment Philippe Cohen-Solal, en congé de Gotan Project, a eu envie d’un projet réunissant la crème des musiciens country

Deuxième partie: Les premières séances à la campagne dans le studio de Bucky Baxter, joueur de pedal-steel guitar présent sur la tournée « Never Ending Tour » de Dylan

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vidéo: Babyshambles, absolute vintage

Le nouveau single des Babyshambles est une pierre de touche de rock sixties. Les mods et néo-mods adoreront.

Pete qui? Sa gueule d’ange exceptée, l’homme et la musique siglée Doherty (Libertines, Babyshambles) n’avaient pas encore eu l’heure de nous intéresser. Trop de pose, pas assez de musique. Jusqu’à ce nouveau single, absolument fabulous. D’obédience early Kinks, jusqu’au décalque de “You Really Got Me”, “Delivery” est une belle tranche de mod-music comme on n’en avait pas entendu depuis les La’s.

La vidéo est belle. Tournée en noir et blanc, elle montre le Londres d’aujourd’hui dans les habits d’hier. Question sape, d’ailleurs, c’est le grenier de papa ou la boutique Absolute Vintage du 15 Hanbury Street. Pour la virée finale en voiture, le dandy loner est rejoint par sa “bande”. Dieu seul sait ce qui les attend au bout de la nuit.

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DOWNLOAD

  • Le morceau “The Lost Art Of Murder” est disponible ici. Il suffit de remplir le formulaire

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blues: Robert Belfour, le son des collines à Paris

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S’il reste un chanteur-guitariste capable de représenter pour le public le son et la tradition du blues des collines, c’est bien Robert Belfour.

Comme Junior Kimbrough, T-Model Ford et RL Burnside, son blues répétitif est hypnotique. Il répète inlassablement des riffs de guitare décharnés avec une dextérité peu commune. Sa musique est à la fois sombre et apaisante. Chez cet homme sage, la mort fait depuis longtemps partie de la vie.

Rencontré à West Helena, on l’aborde avec précaution. Il est fragile, le visage fermé, peu loquace. On connaît un peu son histoire, il nous parle de son quotidien. « Depuis que Fat Possum s’est mis au rock, je n’enregistre plus. Je joue surtout dans des institutions pour personnes âgées. C’est là que j’ai le plus de répondant. Les gens sont heureux, les visages s’ouvrent et parfois ils se mettent à danser. C’est ma meilleure récompense. »

Il monte sur la scène de fortune installée dans le jardin de Big Jack Johnson. « Je vais jouer un morceau, c’est tout ». Une demi-heure après, sa voix puissante et ses accords incompréhensibles résonnent encore dans les collines. Magie pure. Si vous n’avez jamais entendu John Lee Hooker ou Lighntin’ Hopkins, ne manquez pas l’occasion unique d’entendre Robert Belfour. Il est à Paris ce soir.

CONCERT

  • Festival Ile de France, Théâtre Le Trianon, les 7 et 8 septembre

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jazz: Steve Coleman à la croisée des chemins

PHOTO: BENOÎT PEVERELLI

Au bénéfice de trois cartes blanches au Festival Jazz à la Villette, le saxophoniste diffuse une grande partie de sa musique sur le net gratuitement. Une véritable mine d’or pour les amateurs de jazz et de groove.

Si beaucoup d’artistes de jazz et de musiques improvisées se sont dit prêts à faire le pas, ne gagnant pas leur vie par la vente des disques mais grâce à leurs concerts, peu l’ont encore fait. Steve Coleman, saxophoniste et leader de M-Base, a choisi la solution jusqu’au-boutiste: il a décidé de mettre tous ses enregistrements épuisés en CD et plusieurs morceaux issus de ses derniers albums à la disposition du public en téléchargement gratuit.

“Des gens m’ont demandé : si vous donnez votre musique, comment allez-vous survivre et gagner votre vie ? Partager quelques idées et de la musique ne signifie pas que tout doit être distribué gratuitement. Il y a des gens qui ne peuvent pas s’offrir des disques ou qui n’en écouteraient jamais s’ils devaient payer” explique-t-il sur son site.

On trouvera sur le serveur de Coleman 172 morceaux à télécharger, dont un album entièrement inédit de 2002, Alternate Dimensions Series 1, ainsi que ses tous premiers enregistrements, comme les introuvables Motherland Pulse et On the Edge Of Tomorrow. Plusieurs de ses meilleurs albums d’essence très rythmique et influencés par le hip hop et le funk ont été gravés au tout début des années 90. Parmi ceux-ci Sine Die, Rhythm In Mind et Drop Kick (avec Meshell Ndegeocello à la basse) sont disponibles en MP3. Les fans trouveront également des concerts inédits sur CD. Une véritable mine d’or pour les amateurs de jazz et de groove.

Dépechez-vous. Car Steve Coleman nous avertit: “Mon serveur devient trop petit pour abriter toute cette musique et la partager. Il va falloir que je trouve une autre solution.”

CONCERTS

  • 2/9: Steve Coleman & Ravi Coltrane Polarity
  • 3/9: Steve Coleman Aquarius Ingress (1ère partie: Octurn/Magic Malik
  • 8/9: Steve Coleman & Five Elements avec le Kroger String Quartet
  • Site du festival Jazz à la Villette

DOWNLOADS

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Interview: Manu Chao rencontre Diego Maradona

maradona chao

PHOTOS: JUAN JOSE TRAVERSO

A deux semaines de la sortie du très attendu La Radiolina, Manu Chao nous parle de sa rencontre avec Diego Maradona à Naples, et comment il a finalement eu raison d’ Emir Kusturica dans une station-service de Buenos Aires. Exclusif!



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SUR VIBRATIONSMUSIC.COM

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afro-beat: Fela, hommage en images, 4ème partie

En Europe, dès les années 80, on commence à tendre l’oreille du côté de Lagos. Une légende est en train de naître, alors que sa musique sombre dans la mélancolie, et ne gravit plus les sommets passés

1980 - 1981

Authority Stealing / Original Sufferhead / Music Of Many Colours (avec Roy Ayers)

Changement de nom. Influencé par les écrits ésotériques des révisionnistes panafricains, Fela baptise son groupe Egypt 80. De retour d’une tournée triomphale en Europe, plusieurs membres-clés de son groupe le quittent pour des conflits d’argent, dont son fidèle batteur Tony “Ladi Alabi” Allen. Le gouvernement ne laisse plus Fela en paix, sa musique prend une dimension mélancolique, presque tragique. La colère fait place à une sorte de détermination placide. Il enregistre Music Of Many Colours avec le vibraphoniste Roy Ayers et, pour la première fois, des overdubs. La révolte gronde toujours comme le prouve Authority Stealing, qui révèle le scandale de l’argent du pétrole.


1982 – 2005

Live In Amsterdam / Look And Laugh / Beasts Of No Nation / Red Hot And Rio: A Tribute To Fela

Pendant quinze ans et jusqu’à sa mort le 2 août 1997, Fela va alterner des fréquents séjours en prison et des tournées à l’étranger. C’est dans la décennie 80 que le roi de l’afro-beat est découvert par le grand public européen, en Allemagne, en Hollande, en France et en Suisse. Mais l’inspiration est en berne, et peu d’albums, réalisés avec un Egypt 80 à la géométrie variable, sont à la hauteur de ceux des années 70. La posture de Fela est à la défensive, à l’image de Look And Laugh qui définit un retrait des affaires politiques: le musicien encourage son public à “regarder et en rire”… Mais en 2005, la maison de disque française Barclay, en accord avec son fils Femi Kuti, entreprend une politique de ressortie des albums originaux. Et une nouvelle génération d’artistes lui rend hommage. Fela, à l’instar de Bob Marley, devient une nouvelle icône pour la jeune génération. Il était temps.

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  • Fela live: “Teacher Don’t Teach Me No Nonsense”

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DES LUNDI SUR VIBRATIONSMUSIC.COM, RETOUR AU PALMARES DES MEILLEURS ALBUMS SOUL

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afro-beat: Fela, hommage en images, 3ème partie

C’était il y a dix ans aujourd’hui. Malgré la mort du Nigérian, la musique n’a pas pris une ride. Au tournant des 70’s, l’engagement du Black President se radicalise encore, et sa musique monte en puissance. Au fur et à mesure que l’admiration des jazzmen américains grandit, la pression politique fait de même

1978

Shuffering & Schmiling / No Agreement

Les conflits à propos de ses textes avec sa maison de disques Decca/EMI débouchent sur une inévitable séparation. Au fur et à mesure que se radicalise la position de Fela, sa musique devient plus rugueuse, plus puissante. Les musiciens de free jazz américains s’intéressent à sa musique. Sun Ra visite son club à Lagos et le trompettiste de l’Art Ensemble Of Chicago Lester Bowie participe à l’album No Agreement.


1979

Coffin For Head Of State / Unknown Soldier / V.I.P. / I.T.T.

Les brûlots politiques composés après une nouvelle attaque sur sa maison au début de l’année 1978 paraissent un an plus tard, alors que Fela se présente aux élections (sa candidature sera refusée). Prière funèbre, Coffin For Head Of State raconte l’histoire du cercueil de sa mère déposé sur les marches du quartier général de la junte militaire; le poignant Unknown Soldier parle du “soldat inconnu” qui a défenestré sa mère lors de l’assaut de sa maison par les militaires; I.T.T. (International Thief Thief) est son texte probablement le plus dur à l’encontre des Blancs et du président Abiola accusé de servir les intérêts d’I.T.T. en Afrique et au Moyen-Orient.

Bio-discographie parue en 1999 dans Vibrations

A ECOUTER

  • Le récit des funérailles de Fela à Lagos par son ami et attaché de presse Ricky Stein. Interview en français réalisée par Elodie Maillot

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SUITE DE NOTRE HOMMAGE DEMAIN, REPRISE DU PALMARES SOUL LE 6 AOUT

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afro-beat: Fela, hommage en images, 2ème partie

A la veille de l’anniversaire de sa mort, Vibrationsmusic.com revient sur “Celui qui porte la mort dans sa poche”, lui qui mène tambour battant une campagne musicale engagée qui le voit varier les styles, et prolonger, grâce à ses complices solistes, l’art de l’improvisation

1975

Expensive Shit / He Miss Road

En 1975, Fela introduit les nombreuses femmes de son entourage dans son groupe, d’abord comme danseuses puis aux chœurs, ce qui modifie le son d’ensemble et introduit les fameux “questions-réponses”. Ces deux albums sont parmi les plus dansants de son auteur. Pour He Miss Road, il retrouve Ginger Baker à la production. Expensive Shit, moins connu, se déploie dans des sonorités chaudes et lyriques.


1976

Monkey Banana / Yellow Fever / Na Poi / Zombie

1976 et 1977 sont deux années extraordinairement riches. Fela change son nom colonial “Ransome” (rançon) en Anikulapo, “celui qui porte la mort dans sa poche”. Les musiques sont explosives et les textes grinçants. Le plus connu des titres de cette époque s’appelle “Zombie”, Fela nommant ainsi les policiers ordinaires qui obéïssent aveuglement aux ordres des militaires. Il existe deux versions du morceau “Napoi”, l’une enregistrée probablement en 1973 et l’autre en 1976 (sur l’album Yellow Fever). Rien n’est pareil — ni le tempo, ni les arrangements. Occasion de vérifier l’incroyable capacité d’improvisation et d’invention des solistes.


1977

Opposite People / Sorrow Tears And Blood / Stalemate / Fear Not For Man

Le 18 février 1977, un raid est effectué par la junte militaire à son domicile. Fela réagit immédiatement en composant “Sorrow Tears And Blood”. Le morceau est d’abord refusé par sa maison de disques à Londres qui le juge “offensant» pour le gouvernement”. Il devient un des hymnes les plus populaires de Fela à Lagos. Des albums très diversifiés voient le jour. Stalemate, au rythme réduit à sa plus simple expression, est le véhicule pour des improvisations au sax tandis que l’orgue mène la danse dans Fear Not For Man.

Bio-discographie parue en 1999 dans Vibrations

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  • Visite guidée du club de Fela, le Shrine, à Lagos dans les années 80 (en anglais)

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afro-beat: Fela, hommage en images, 1ère partie

Le compte à rebours soul de Vibrationsmusic.com reprend lundi prochain: il est temps de faire une révérence devant le Black President, disparu il y a dix ans jeudi… Notre hommage bio-discographique en quatre parties est illuminé par les covers qui prolongeaient les couleurs des albums

La stratégie discographique de Fela était unique. De 1974 à 1977, il se rendait pratiquement chaque mois dans les studios d’EMI au Nigeria pour y enregistrer des versions étendues de ses compositions les plus populaires jouées sur scène. Il appelait ça des “bulletins de news” et les ventes étaient remarquables, d’autant plus que Fela arrêtait immédiatement de jouer ces morceaux sur scène une fois qu’ils étaient sortis. Il est aujourd’hui difficile de commenter cette discographie album après album. Les morceaux les plus forts sont liés à des évènements politiques et personnels. Parcourt à travers les covers de jalons forts d’une carrière haute en couleurs

1970 - 1972

London Scene / Open & Close / Shakara

De retour des Etats-Unis où il découvre le funk de James Brown et les idées de Malcolm X, Fela change le nom de son groupe Nigeria 70 en Africa 70. Il ouvre à Lagos le club Afro Spot qui deviendra plus tard le Shrine dans le quartier Ikeja de la banlieue de Lagos. Moins lyrique, plus tranchant qu’à ses débuts, l’afro-beat de Fela se complexifie. London Scene, enregistré à Abbey Road, est produit par le batteur de Cream Ginger Baker. Shakara contient le fameux “Lady” qui va devenir un des morceaux les plus populaires de son répertoire. Open & Close est considéré par beaucoup comme le meilleur album de cette période.


1973 - 1974

Confusion / Gentleman

En 1974, Fela fonde une commune autonome qu’il proclame “Etat indépendant”. Il l’appellera plus tard “République Kalakuta” (Calcutta) du nom d’une cellule particulièrement sordide de la prison de Lagos. Avec le départ de certains membres — dont son extraordinaire saxophoniste ténor Igo Chico —, la nature du groupe change du tout au tout. Les thèmes s’allongent, Fela affine son jeu de claviers et la direction des cuivres est laissée au saxophoniste baryton Lekan “Ani” Animashaun. L’âge d’or de l’afro-beat.

Bio-discographie parue en 1999 dans Vibrations

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  • Fela Kuti expose ses ambitions politiques

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Live : Prince donne une leçon de Musicology

PHOTO: © ARMOUR_Prince en 2004

2 heures 30 d’un concert très spécial hier au Montreux Jazz Festival: Prince et son “Special Unit” ont revisité cinquante ans de Great Black & White Music

Des petites lampes de poche éclairent le côté droit de la salle. Greg Boyer, Mike Philips et William Lee Hogan déambulent dans le public, tous cuivres dehors, avant de monter sur scène sur un air de marching band. Il est 21h45 à Montreux, et le public prend lentement place dans l’auditorium Stravinsky, complet ce soir (les 4000 places ont trouvé preneurs en quinze minute). Le ton est donné d’entrée. “When The Saints Go Marching In” ouvre le concert, enchaîné à un standard de Miles Davis Wayne Shorter, à une longue relecture du “World Is A Ghetto” du chanteur soul Donny Hathaway du groupe War, puis à “It Don’t Mean A Thing” de Duke Ellington. Message subliminal: If it ain’t got that swing, ce n’est pas la peine! En trente minutes à peine, avant même l’entrée du maître, le groupe a traversé cinquante ans de musique noire. Et ce n’est pas fini.

Roger “Prince” Nelson arrive nonchalamment sur la scène, une bonne demi-heure après le début du concert dès le deuxième morceau. Ce n’est pas une star conquérante. Chapeau gangsta vissé sur la tête, il observe son groupe, s’installe petit à petit dans le groove, d’abord par de brefs soli de guitare saturés, puis au chant. Il est élégant dans chacun de ses gestes, en chef d’orchestre ou en guitar-hero. Et lorsqu’il invite une poignée de spectateurs à investir la scène, il les place correctement et respectueusement au milieu des musiciens, avant de se nicher derrière un ampli. La musique et la danse avant tout.

A la manière du Miles Davis des années 90, Prince donne sa direction musicale. A son invite, les trois cuivres chorusent en force, les deux pianistes – Morris Hayes et le Brésilien Renato Neto – sortent régulièrement des grilles. La batteuse Cora Duham et son mari Josh à la basse sont les dernières recrues de ce New Power Generation rebaptisé Special Unit. Prince les a engagés l’an passé lors de jam-sessions et after parties inofficielles. Lorsqu’il a entendu Cora, il lui a offert une batterie toute neuve. Elle était engagée. C’est un bel orchestre, sans doute le meilleur qu’a eu Prince depuis de longues années.

“Vous voulez des vieux morceaux ou des nouveaux?”, lance le chanteur. La réponse est indécise. “Bon, alors on va jouer des vieux et des nouveaux.” Le public aura ses “Purple Rain”, “Controversy”, “Nothing Compares 2 U” (et à la fin “Little Red Corvette”), mais c’est sur le nouveau single “Guitar” qu’il s’emballe. Preuve que, question hit, ce tube en puissance n’a pas à pâlir de ceux des années 80. Les reprises sont légions, mais ne sont pas lancées comme des balises à la mer. On pense encore et toujours à Miles Davis qui s’emparait des mélodies du moment. Ce soir, celle de “Crazy” (Gnarls Barkley) fait l’affaire, tout comme le “Come Together” des Beatles, le morceau le plus groovy des Fab Four.

On parlait beaucoup en coulisse de l’after show que Prince donna vers trois ou quatre heures du matin au Montreux Jazz Café. Ce fut plus tard. A l’auditorium Stravinsky, débarrassé des écrans vidéos, le musicien a délivré deux heures et demie de Great Black And White music. Sans interruption. C’est vrai, ce que dit la chanson: Prince aime sa guitare.

ALBUM

  • Prince, Planet Earth (Sony-BMG) Sortie le 24 juillet

CONCERTS

  • 1/8-21/9: Londres, Arena

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A VOUS DE JOUER

  • Vous étiez à l’after-show au Montreux Jazz Café? A vos commentaires, racontez-nous une expérience rare…

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jazz : le full swing de The Knoxville Jazz Orchestra

DONALD BROWN, PIANISTE ET COMPOSITEUR AU SEIN DE THE KNOXVILLE JAZZ ORCHESTRA

La meilleure musique de jazz aujourd’hui ne se trouve plus sur les majors. Cet orchestre de Knoxville (Tennessee) a transformé sa ville en nouvelle Mecque du jazz. Son album est à télécharger intégralement sur Vibrationsmusic.com

Il faut parfois écouter Wynton Marsalis. Si l’on en croit le fameux trompettiste, le pianiste Donald Brown est “un génie”. Opinion corroborée par le contrebassiste Ron Carter qui voit dans le pianiste rien de moins “que le compositeur de jazz-phare du 21ème siècle”.

Donald Brown, qui a fait partie des Jazz Messengers d’Art Blakey, a entièrement composé et produit Blues Man From Memphis, le premier album de The Knoxville Jazz Orchestra, une formation du Tennessee regroupée en association à but non-lucratif. On y retrouve des jeunes instrumentistes de la communauté de Knoxville (et de Memphis) aux côtés de musiciens chevronnés comme le saxophoniste Greg Tardy ou le vibraphoniste Stefon Harris, qui ont tous deux enregistré des albums pour Blue Note.

The Knoxville Jazz Orchestra fait revivre avec énergie et inventivité la formule du big band. A la première écoute de Blues Man From Memphis, on croirait entendre un disque de jazz des années 30 ou une relecture façon Marsalis du grand ensemble légendaire de Fletcher Henderson. Sauf que Donald Brown et son orchestre ne jouent que des compositions originales, avec des arrangements rafraîchissants et aventureux.

Le Knoxville Jazz Orchestra espère faire diffuser son message et sa musique à travers les radios Internet, les blogs, et évidemment ses concerts, réputés pour être de véritables feux d’artifice de swing. A l’heure où les majors se désengagent du jazz, l’exemple de cet orchestre est à suivre.

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1. “Nancy And The Children’s Play”  - Télécharger Qualité standard | Haute qualité