
Le chanteur de detroit revient avec une compilation de soul mâtinée de psychédélisme. “I’m a Lonely Man” en écoute

Le chanteur de detroit revient avec une compilation de soul mâtinée de psychédélisme. “I’m a Lonely Man” en écoute

PHOTOS: HUGO LACROIX et CYCLOPES (Lily Frost)
Pour sa cinquième édition, le Festival de Musique Emergente (FME) continue sa programmation singulière et riche en surprises
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PHOTO: PATRICIA DE GOROSTARZU
La belle amérindienne pratique une musique pure, émotionnelle. En tournée en France, et en vidéo sur Vibrationsmusic.com, une artiste qui revient de loin
Robbie Robertson dit de Pura Fé qu’elle a la voix d’un ange. A écouter jouer la chanteuse amérindienne seule en scène, avant Beverly Guitar Watkins, Captain Luke, Sol et d’autres artistes du label Music Maker, nul ne peut songer à contredire le compositeur du Band. Lap slide sur les genoux, elle arrache des notes acoustique rouges, noires et blues qui s’envolent de sa guitare à double manche pour jaillir au coeur du New Morning à Paris.
A peine un an après Tuscarora Nation Blues (prix de la musique du monde par l’Académie Charles Cros), Pura Fé est de retour. “Je suis très reconnaissante envers la France et Dixiefrog”, confiait-elle en riant avant le concert. “J’ai 47 ans, c’est le bon moment pour que ça arrive. Il y a un an, je n’avais nulle part où aller. J’ai perdu ma maison en Caroline du Nord. J’étais complètement fauchée, plus de travail. Un ami à Seattle m’a alors proposé de venir vivre chez lui jusqu’à ce que je retombe sur mes pieds.”
L’ami s’appelle Danny Godinez et a co-écrit deux chansons avec Pura Fé sur un nouvel album, qu’elle produit elle-même, où l’on retrouve également Eric Bibb et le pianiste Joe Ravens. A haute teneur émotionnelle, les chansons de Hold The Rain abordent des thèmes plus personnels que l’album précédent, mais se révèlent toujours plus belles les unes que les autres. D’une modestie à toute épreuve, elle prétend aujourd’hui ne rien amener de neuf. “C’est quelque chose d’antérieur au blues, au moins la partie indigène indienne. J’essaie juste de créer ce que j’entends.” Pura Fe’ ou la “foi pure” en espagnol: si, c’est ça.
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Repas en compagnie du protégé de Tom Waits, de la muse de Rickie Lee Jones: la Cité des Anges s’invite à notre table
Presque tous ceux qui vivent en Californie du Sud le connaissent. Les autres un peu moins. Fin mars sur Sunset Boulevard, Chuck E. Weiss éteint sa cigarette avant d’entrer dans un restaurant français pour raconter quelques histoires locales. Devant un tartare de saumon et une bisque de homard, il passe le pain et évoque Extremely Cool, l’album de remise sur rails en 1999 (après un passage à vide de dix-huit ans) et son ami Tom Waits, qui lui a filé un bon coup de main pour revenir sur le devant de la scène. Habitué des coulisses, Chuck E. Weiss a inspiré le plus gros hit de Rickie Lee Jones dans les années 70 (”Chuck E’s In Love”), mais aussi fondé le Viper Room avec Johnny Depp, avant de revendre ses parts suite au décès de River Phoenix en 1993 sur le trottoir du club.
Musicalement, Chuck E. Weiss appelle ça du discom-bop-ulated jive, mais connaît surtout le blues. Originaire de Denver, il a joué au sortir d’une adolescence jamais quittée de la batterie avec Lightnin’ Hopkins ou Willie Dixon. Aujourd’hui, il se compare au passager de La Quatrième Dimension qui aperçoit la chose sur l’aile de l’avion. Au moment de l’addition, Chuck E. Weiss plonge dans l’embarras deux dames surliftées qui quittent la table d’à côté en leur criant : “Goodbye, see you later!” Il part alors dans un rire contagieux puis parle de prendre quelques pilules pour s’envoler vers Europe. Entre deux claquements de doigts, ne reste qu’à les croiser à l’écoute de 23rd & Stout, disque truffé d’hommages et d’anecdotes qui appartiennent à l’histoire mystérieuse de Los Angeles.
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