Auteur yannis ruel

film: New York, ou quand les latinos foutent le Bronx…

Benny Bonilla, congas, et Orlando Marín, timbales, autour de 1950. Archive Benny Bonilla

Salsa et hip hop sont les enfants du South Bronx. Images d’archive et bande-son explosive à l’appui, From Mambo To Hip Hop, projeté aujourd’hui et samedi au festival Kosmopolite de Bagnolet, retrace cette épopée où les expériences noires et latines se sont conjuguées

Qu’ont en commun Fania All-Stars et la Zulu Nation, les pas de danse acrobatiques des Mambo Aces et ceux du Rock Steady Crew, les timbales de Tito Puente et les platines de DJ Charlie Chase? La magie du rythme poussé au paroxysme, le fait de danser pour ne faire qu’un sur le beat, offre des analogies d’autant plus saisissantes que la gloire de ces pionniers de la salsa et du hip hop se rapporte à une même origine, le South Bronx.

Réalisé par le photographe du graffiti Henry Chalfant et l’association nuyorican City Lore, From Mambo to Hip Hop dresse un portrait foisonnant de ce ghetto new-yorkais, théâtre emblématique d’une expérience partagée entre communautés caribéennes, latines et afro-américaines. Saisis dans le contexte de la dévastation brutale du quartier à partir des années 60, les témoignages parallèles des vétérans de l’âge d’or du mambo et des premiers B-Boys illustrent la façon dont ses habitants n’ont cessé de confronter le déracinement et la misère économique en développant de nouvelles formes d’expression identitaires ancrées dans le bitume. En réinventant la musique afro-cubaine en salsa et le funk en hip hop, le South Bronx a marqué le cours de nos musiques populaires d’une griffe new-yorkaise qui conjure la violence de sa jungle urbaine par un appel à la fête. Il désigne, en ce sens, plus qu’un lieu géographique: un concept où corps et ghetto-blasters se font l’écho des tambours pour marquer le pouls de la cité.

PHOTO: HENRY CHALFANT: G-man avec son équipe et son équipement lors d’une jam dans un park du South Bronx, début des années 80

FILM

  • From Mambo To Hip Hop: A South Bronx Tale (Henry Chalfant, 55 minutes, 2006)

  • 5-7/7: Projections gratuites au Cin’Hoche de Bagnolet, dans le cadre du festival Kosmopolite

VIDEO

  • Une bande-annonce de From Mambo To Hip Hop, non-officielle (en anglais, mais truffée de musique et danses)

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world: Spanish Harlem Orchestra, division d’élite de la salsa dura

PHOTO: JERRY LACAY

Le groupe phare de la salsa dura rend hommage au swing latino new-yorkais. Pour se donner envie de le voir en concert aux festivals Jazz à la Défense et Y Salsa, un titre en download gratuit

Maintenir les danseurs sur la piste au son d’un big band est un pari qui a valu au Spanish Harlem Orchestra de s’imposer en division d’élite de la salsa dura, récompensée par un Grammy en 2004. Hommage à la tradition du swing latino new-yorkais, entre reprises et compositions, cet all stars de quinquas revisite avec une puissance et une précision inédite les différentes expressions qui donnent corps à la salsa.

Mambo du Palladium, bolero-cha échappé de la bodega du quartier, rumba des dimanches après-midi dans Central Park, plena militante des manifs portoricaines, sans oublier les trombones tonitruants de l’époque Fania, exhumée avec la participation de deux arrangeurs mythiques du label, Sonny Bravo et feu José Febles. Le pianiste Oscar Hernández dirige la locomotive avec ses solos incisifs et son phrasé tout en souplesse. Seule surprise au sommet de l’orthodoxie salsera, le morceau final de l’album United We Swing convie Paul Simon pour une version bilingue de “Late In The Evening”, à même de rallier les fans du chanteur aux rythmes latins.

DOWNLOAD

  • “Sacala Bailar”

télécharger (clic droit)

ALBUM

  • Spanish Harlem Orchestra, United We Swing (Six Degrees/Universal)

CONCERTS

  • 23/6: Lyon, Y Salsa Festival
  • 24/6: La Défense Jazz Festival

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