J’ai enfin lu le catalogue Brassens ou la liberté qui paraît chez Dargaud à l’occasion de l’exposition de La Cité de La Musique consacré au créateur du « Gorille ». Un gros pavé empli d’excellentes choses pour l’inconditionnel que je suis dont les fameux cahiers de notes de l’impasse Florimont retrouvés au fond d’une malle en 2010. Un régal de polissonnerie et de grossièretés bien envoyées que Brassens n’aurait sans doute pas laissé paraître. Mais bon… Entre la veuve de Gide qui déchirait tout ce qui relevait du sexuel et les ayant droits de Brassens qui distillent leurs trésors avec parcimonie, mon cœur balance. Les photographies du livre sont magnifiques et souvent très rares. Ça c’est pour les compliments.
Le problème, à mon sens, ce sont les bandes dessinées de Joann Sfar. Outre qu’elles occupent une bonne moitié du livre, voire plus (je n’ai pas compté), ces histoires où le dessinateur se met en scène plus que de raison sont d’un cul-cul la-praline achevé. Infantiles, bâclées, mal écrites, elles ne peuvent pas êtres plus éloignés de ce que fut le grand Georges. Il aurait fallu un Siné ou un Vuillemin pour rendre justice à sa causticité bonhomme [1]. Quand on demande à Sfar «Pourquoi Brassens ?», il répond : «Je suis en train de me faire un catalogue des grandes figures françaises». C’est tout dire [2]
Le plus embêtant est quand Sfar fait du révisionnisme. Il cite, page 230, une lettre de Brassens à René Iskin de mai 1944 dans laquelle le chanteur écrit : «J’ai acheté Guignol’s Band [de L.F. Céline]. Pardonne-moi, je n’aime pas sa prose.» Je n’ai pas vérifié chez J.-P. Liégeois si le mot est exact, mais on trouve des dizaines d’autres entretiens où Brassens affirme son amour de Céline, passion qu’il partageait avec son ami René Fallet. Tous les deux affirment même au micro de Michel Polac en 1967 que «Céline et Marcel Aymé sont nos écrivains préférés». Que Joann Sfar n’aime pas Céline est son droit, mais là il y va un peu fort. Il est vrai que sur la même page, Sfar affirme : «Je n’aime que les menteurs». On a compris.
[1] Siné avait illustré des pochettes de disques de Brassens. Ces dessins n’ont jamais été utilisées par la maison de disques. Malheureusement, Bob n’a jamais pu remettre la main dessus. Elles doivent être enfouies sous des monceaux d’autres dessins…
[2] On ne trouve pas en fin de volume une discographie complète ou même sélective des enregistrements de George Brassens. Par contre une page entière est consacrée aux œuvres complètes de Joann Sfar.
Les dessins de Sfar n’apportent aucune poésie à l’oeuvre de Brassens.
La citation sur Céline est parfaitement exacte. Vérifiez. Brassens a détesté Céline pendant la guerre quand on lui a fait lire en lui disant que ça lui plairait. Quand il en fait l’apologie, c’est vingt ans plus tard, et à la suite de Fallet. Brassens admirait surtout…Fallett, et aimait se ranger à ses opinions. Contrairement à vous j’ai adoré les dessins du livre, et le livre et tout. Ce livre, contrairement à vous, ne prend pas le lecteur de haut. Et l’ouvrage fait parfaitement la différence entre le cursus de Brassens et les commentaires du dessinateur. Vous êtes vraiment un critin! Retournez à Siné, ça vous va bien.
Oui, bof, tant qu’on en parle et qu’on le chante.
Ne soyons pas puriste, il ne l’était pas sauf pour ses chansons mais qui ne l’est pas.
Devil : auteur compositeur interprète et chante aussi Brassens mais sans se prendre le chou