Mes disques et livres de l’été

C’est le fourre-tout habituel, entre vieilleries hâtivement glissées dans la valise et nouveautés glanées dans les piles accumulées ces derniers mois. Voici, pêle-mêle, ma sélection estivale.

Dessin:
Thomas Pynchon par Molosovsy

Alberto Mesirca, « Haitian Suite – The Music Of Frantz Casséus » (Basta)

Ce guitariste classique italien rend hommage au compositeur haitïen Frantz Casséus. C’est splendide et un bon cran au-dessus de ce qu’avait fait Ribot lui-même il y a belle lurette sur Les Disques du Crépuscule.

JJ Cale, « Troubadour » (Shelter Recordings)

L’album le plus funky de JJ. « Travelin Light », « Ride Me High »… Pour le voyage, naturally.

Georges Simenon, « Le nègre » (NRF)

Un meurtre crapuleux, un chef de gare borgne, un petit village perdu dans la montagne glacée: un bon petit Simenon bien glauque.

Herbie Nichols, « Love, Gloom, Cash, Love » (Bethlehem)

Mon thriller de l’été: vous ne savez jamais où va vous emmener ce pianiste. Nichols a publié trois disques sur Blue Note, puis celui-ci, qui sera son dernier.

Bob Dylan, « Desire » (Columbia)

Je l’ai détesté à sa sortie avec son cri-crin omniprésent et son auto-apitoyement (« Sara »). Idiotie de jeunesse. Je redécouvre la période 70 de Dylan…

Don DeLillo, « Great Jones Street » (Actes Sud)

Enfin traduit, c’est (je crois), le premier bouquin de DeLillo, et le seul qui met en scène un groupe de rock. A lire en écoutant les New York Dolls.

Serge Gainsbourg, « Inédits & Versions inédites » (Mercury)

Vilipendé à sa sortie, ce disque de chutes et rechutes me comble, moi qui n’ai pas le culte de Gainsbarre. Plein de « petites choses » et d’esquisses mineures (c’est là où il excellait).

Thomas Pynchon, « Vente à la criée du lot 49″ (Points)

Les livres de Pynchon me sont toujours tombé des mains. Cet escroc malin, révéré par la critique parisienne, n’a écrit qu’un livre lisible, celui-ci.

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Loup y es-tu?

Oubliez « La Bamba ». Oh ! Ils l’ont faite, bien sûr, en rappel, et de façon décalée, avec harpe, accordéon et à plusieurs voix. Mais de Richie Valens, l’Elvis Presley latino arraché à la gloire en plein vol à 17 ans, on a d’abord eu droit à l’hymne teenage « Let’s Go », chanté d’une voix incroyablement juvénile par un David Hidalgo par ailleurs en pleine forme guitaristique.

Vous l’avez compris : les Los Lobos étaient de retour en France, et ils n’ont pas raté l’occasion de montrer au public du Festival Rio Loco que, 37 ans après leur formation (1974, East L.A), ils étaient devenus – restés ? – l’un des meilleurs groupes de rock du monde. Je savais que David Hidalgo était un très bon guitariste, mais l’entendre prendre à Toulouse des solos aussi inspirés que surprenants m’a plus qu’enthousiasmé : je n’en ai pas raté une miette.

On a papoté avec David Hidalgo l’après-midi à l’hôtel. Bob Dylan (« funny guy »), les Latin Playboys, Richie Valens, leurs années punk… Vous lirez tout ça sur papier plus tard.

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Cheap Thrills

En 1975, le disque que j’ai le plus écouté était un album blanc frappé d’un logo royal, A Night At The Opera. Pour le jeune homme de douze ans que j’étais, amateur de Charles Dickens et de Jules Vernes, l’Angleterre venait s’installer directement dans ma chambre à coucher. J’allais, jusqu’à l’arrivée du punk rock deux ans plus tard, faire une indigestion de rock progressif. J’allais même écouter Ange et Mona Lisa dans des petites salles des fêtes. Mais Queen restait intouchable.

Freddie Mercury m’apparaissait comme une personne complexe. J’étais touché par sa sensibilité, par des chansons douces comme « Seaside Rendez-Vous ». En même temps, son côté grossier et vulgaire, loin de me repousser, m’attirait. Je le prenais en entier, avec ses défauts et ses qualités. Il paraissait libre de faire ce bon lui semblait, et son style de vie le prouvait.

J’ai suivi Queen jusqu’à Jazz, puis d’autres musiques sont venues remplacer celles-ci. Lorsque Maurice Béjart a consacré un spectacle à Freddie Mercury dans les années 90, tout le monde a hurlé au mauvais goût, mais moi, je me suis rappelé les frissons, ces fameux « cheap thrills », que m’avait procuré la musique de Queen.

Ces dernières semaines, j’ai travaillé à un livre sur Queen. En confiant des textes à Manuel Rabasse dont la longue notice sur le groupe dans le Dictionnaire du rock m’avait impressionné, j’ai découvert d’autres aspects du groupe – ça m’avait échappé que Queen était un groupe!

P.S. En 2010, les Editions Paulette à Lausanne ont traduit le livre de souvenirs de Peter Freestone, l’assistant personnel de Freddie Mercury. Ce n’est pas très bien écrit, mais touchant et d’une grande honnêteté. On peut le commander ici.

P.S. (2) J’ai appris par mon ami Mix&Remix que Queen était le groupe préféré de Frank Zappa. Celà donne, si besoin était, un peu de crédibilité à ce billet.

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Teddy Bunn For President !

Après avoir momentanément épuisé ma soif de nouveaux guitaristes de l’ère post-Hendrix (l’école Sharrock-Gregory Jackson-Bourelly, etc), étant ressorti relativement sobre de mon immersion dans le blues de Lightnin’ Hopkins et, d’autre part, n’ayant jamais eu de goût particulier pour les errements noisy adolescents des Thurston Moore et consorts, me voilà en train de remonter salement le temps guitaristique. (« Phrase longue », me dit mon correcteur d’orthographe)

Quand je dis salement, c’est salement – jusqu’aux premiers guitaristes de jazz que l’on puisse entendre sur microsillon. Je me souviens d’une compilation parue chez Universal Jazz France du temps où Daniel Richard faisait feu de tout bois qui m’avait ouvert la porte à toute une série de swingers de la six-cordes dont les noms claquaient comme des riffs de Chuck Berry : Carl Kress, George Eps, Tony Gottuso, Eddie Lang, Tony Mottola. On aurait dit Les Affranchis !

Un nom m’avait particulièrement marqué sur Jazz Masters Of  Acoustic Guitars : Teddy Bunn ne jouait pas, comme pas mal d’autres, à la manière de Django, le héros absolu. C’était presque encore un guitariste de blues, mais déjà un guitariste de jazz. Be-Bopper malgré lui, Teddy Bunn me fascine et me console de ne trouver aucun enregistrement solo de Charlie Christian. Il en existe ? Ne me faites pas marrer. Ecouter plutôt mon lapin sur Blue Note :

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Les Lomax en bande dessinée

Il est rare qu’une bande dessinée sur un sujet musical retienne mon attention. Quand on connaît un peu la musique, on éprouve presque toujours une gêne face à ces récits approximatifs. On se demande si l’auteur a vraiment fait ses recherches et pour quelles raisons il a choisi son sujet.

Rien de tout ça dans le Lomax de Frantz Duchazeau, une BD consacrée aux fameux collecteurs de folk songs des années 30. Je craignais des portraits de bluesmen en enfilade ou des blues illustrés. Crumb est passé par là, Duchazeau le sait bien. Le dessinateur français se concentre sur la relation de John Lomax avec son fils Alan et il a bien raison. Non seulement la figure du fils a quelque peu éclipsé celle du père dans les esprits, mais la façon dont l’auteur nous décrit cette filiation est très émouvante. Il ne cache rien non plus du caractère ambigu de ces deux collecteurs à qui on a pu reprocher l’approche aristocratique de leur travail. [1]

Le récit est très bien mené, avec un rythme parfait et des arrêts sur images époustouflants. Duchazeau, en plus d’être dessinateur, est un excellent scénariste. Je n’ai pas parlé du dessin, en noir et blanc. Il est magnifique, charbonneux comme un vieux blues de Leadbelly, tout en nuances et en même temps aussi âpre que le moonshine que le vieux John s’envoie au fils des pages.

[1] Voir à ce sujet entre autres l’article de l’Américain Monte Smith « Lomax était-il un voleur? » dans lequel l’auteur révèle qu’un musicologue noir du nom de John Work accompagnait Alan Lomax dans ses voyages dans le Sud pour analyser les chansons. Work (malgré son nom…) n’a jamais été crédité pour son travail.

Lomax, Collecteur de Folk Songs est paru chez Dargaud, avec un avant-propos de Sébastien Danchin

P.S. On m’en voudra sans doute de revenir ici sur « l’affaire Lars Von Trier » viré du Festival de Cannes pour ses propos sur Hitler en conférence de presse. L’humour de son travail semble échapper à beaucoup. En tous cas, sa performance digne de son film Les Idiots m’a fait rire. Après tout, celle qu’on aurait dû exclure de Cannes est la journaliste qui lui a lancé la pierre.

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Bella ciao !

Dans le Nord de l’Italie, chaque 25 avril, on célèbre l’insurrection générale des partisans antifascistes qui eut lieu en 1945. Dans cette région – les Langhe – où la résistance s’organisait dans les collines (1) , on n’a pas oublié. Et de Turin à Alba, chaque année les gens se retrouvent pour écouter des artistes et des intellectuels chanter et lire des textes de résistants et de partisans. Ils portent le drapeau italien autour du cou. En Italie du Nord, les antifascistes sont patriotes : ils fêtent l’unité de leur pays.

C’est ainsi que j’ai retrouvé le chanteur Gianmaria Testa ce printemps à Alba pour le concert qu’il donne chaque année à cette occasion. Le Piémontais qui s’apprête à entrer en studio pour enregistrer un nouvel album (il n’est jamais trop pressé ; le précédent Da Questa Parte Del Mare, paru chez Chant du Monde, date d’il y a quatre ans) a donné un spectacle gratuit entrecoupé de lectures accompagné par le clarinettiste Gabriele Mirabassi, un merveilleux musicien qui gagnerait à être plus connu. Je n’avais jamais entendu Testa chanter « Le déserteur » et « Bella Ciao », le fameux chant des partisans. Gabriele joue en effectuant une drôle de danse pleine de grâce, tel le serpent dans Le livre de la Jungle. Ce fut un moment très émouvant.

Saviez-vous que Bruce Springsteen vient acheter son vin dans le village de Gianmaria Testa ? C’est un Barolo, bien sûr, et ne comptez pas sur moi pour vous donner l’adresse du marchand. De toutes façons, les bouteilles du « boss » sont réservées longtemps à l’avance.

(1) Il faut lire sur ce sujet les magnifiques bouquins de Beppe Fenoglio, dont seuls quelques-uns ont été traduits en français.

P.S. Relu avec un certain plaisir Adieu Monsieur Léautaud de Pierre Perret qui vient de gagner son procès contre Le Nouvel Observateur qui l’accusait de n’avoir jamais rencontré l’écrivain. Concernant Brassens, deuxième volet de l’attaque du Nouvel Obs contre Perret, on dirait que les ayants-droits et autres « amis de George » ne plaisantent pas… (Voir ici la réponse à mon billet)

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Joann Sfar trahit Brassens

J’ai enfin lu le catalogue Brassens ou la liberté qui paraît chez Dargaud à l’occasion de l’exposition de La Cité de La Musique consacré au créateur du « Gorille ». Un gros pavé empli d’excellentes choses pour l’inconditionnel que je suis dont les fameux cahiers de notes de l’impasse Florimont retrouvés au fond d’une malle en 2010. Un régal de polissonnerie et de grossièretés bien envoyées que Brassens n’aurait sans doute pas laissé paraître. Mais bon… Entre la veuve de Gide qui déchirait tout ce qui relevait du sexuel et les ayant droits de Brassens qui distillent leurs trésors avec parcimonie, mon cœur balance. Les photographies du livre sont magnifiques et souvent très rares. Ça c’est pour les compliments.

Le problème, à mon sens, ce sont les bandes dessinées de Joann Sfar. Outre qu’elles occupent une bonne moitié du livre, voire plus (je n’ai pas compté), ces histoires où le dessinateur se met en scène plus que de raison sont d’un cul-cul la-praline achevé. Infantiles, bâclées, mal écrites, elles ne peuvent pas êtres plus éloignés de ce que fut le grand Georges. Il aurait fallu un Siné ou un Vuillemin pour rendre justice à sa causticité bonhomme [1]. Quand on demande à Sfar «Pourquoi Brassens ?», il répond : «Je suis en train de me faire un catalogue des grandes figures françaises». C’est tout dire [2]

Le plus embêtant est quand Sfar fait du révisionnisme. Il cite, page 230, une lettre de Brassens à René Iskin de mai 1944 dans laquelle le chanteur écrit : «J’ai acheté Guignol’s Band [de L.F. Céline]. Pardonne-moi, je n’aime pas sa prose.» Je n’ai pas vérifié chez J.-P. Liégeois si le mot est exact, mais on trouve des dizaines d’autres entretiens où Brassens affirme son amour de Céline, passion qu’il partageait avec son ami René Fallet. Tous les deux affirment même au micro de Michel Polac en 1967 que «Céline et Marcel Aymé sont nos écrivains préférés». Que Joann Sfar n’aime pas Céline est son droit, mais là il y va un peu fort. Il est vrai que sur la même page, Sfar affirme : «Je n’aime que les menteurs». On a compris.

[1] Siné avait illustré des pochettes de disques de Brassens. Ces dessins n’ont jamais été utilisées par la maison de disques. Malheureusement, Bob n’a jamais pu remettre la main dessus. Elles doivent être enfouies sous des monceaux d’autres dessins…

[2] On ne trouve pas en fin de volume une discographie complète ou même sélective des enregistrements de George Brassens. Par contre une page entière est consacrée aux œuvres complètes de Joann Sfar.

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Vaudou tout puissant

Il y a environ deux ans, Elodie Maillot s’est rendu au Bénin. Elle voulait rencontrer le « Tout Puissant » Poly-Ritmo de Cotonou. Elle a vu le groupe, a interviewé ses musiciens et ils sont devenus rapidement amis. Ils lui ont dit : « Nous sommes très heureux que tu sois venue nous poser des questions, mais serions encore plus heureux si tu nous donnais la possibilité de jouer notre musique. » Ils étaient, semble-t-il, quelque peu fâchés que le monde occidental ne connaisse du groupe que leurs très anciens enregistrements. Ils ont dit à Elodie qu’ils étaient devenus, depuis tout ce temps, de bien meilleurs musiciens et le prouvèrent en improvisant un concert à Cotonou pour la journaliste. Élodie revint à Paris avec une mission: s’occuper du « Tout Puissant » Poly-Ritmo de Cotonou.

Au même moment, alors que je surfais sans but précis sur Internet à la recherche de sujets pour un nouveau numéro de Vibrations, je tombais sur une playlist du groupe écossais Franz Ferdinand. En tête de cette liste se trouvaient trois albums de… Poly-Ritmo de Cotonou. Me sentant « Tout Puissant » moi-même, je demandais à Elodie si elle pouvait rencontrer le groupe lorsqu’il se rendrait à Paris pour faire la promotion de leur nouvel album. « Mais je ne connais pas leur musique ! » me répondit-elle avec sagesse. « Ecoute-les rapidement, ils sont bons, répondis-je. Mais surtout demande leur pourquoi ils aiment tant les musiques du monde, ça donnera à ton papier un angle original. » Vous savez comment les rédacteurs en chef peuvent être insistants – je ne suis pas différent des autres, je vous le confesse. Ainsi fit-elle ce que je lui avais demandé et elle revint de l’interview avec de nouveaux amis écossais ! Le vaudou fit le reste. Croyez-le ou non, voilà l’unique raison pour laquelle Franz Ferdinand joua avec le Poly-Ritmo de Cotonou à Marseille et apparaît sur un morceau de leur nouvel album à paraître en avril sur Universal Jazz.

Il y a une face sombre à cette histoire. Élodie n’écrivit plus à Vibrations pendant au moins une année et demie, perdit son travail à Radio France et investit une masse considérable d’énergie et d’argent dans cette aventure. De nombreuses personnesl’avertirent (pas moi, mais des soi-disant « amis ») : « Ne fais pas ça, ce n’est pas ton métier, tu es journaliste pas médecin, c’est le rêve de tout gratte-papier de devenir producteur et ils échouent les uns après les autres, ils sont trop nombreux, pourquoi ne jouent-ils pas avec des musiciens européens, etc. etc. »

Elle n’a pas écouté. Elle l’a fait. Maintenant à vous de dire si elle a eu raison.

Cette histoire, je l’ai appris récemment, n’est pas tout a fait exacte. Sandrine Teixido, collaboratrice de l’excellent festival Africolor, m’a donné quelques précisions. Elle avait envoyé Elodie au Bénin pour un reportage sur le musicien Jean-Rémy Guédon. C’est comme ça qu’Elodie a pu se rendre une première fois au Bénin, à moindre frais. Rendons à César…

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Il y a des jours où Mark De Gli Antoni me suffit

C’est une leçon pour tous les mâles collectionneurs de disques qui regardent, gorgés de testostérone, leur mur de vinyle, calculant mentalement les mètres carrés que constitue leur amas de plastique. 1500? 2500? 5000? 10000? l’accumulation est un défaut que, bien souvent, n’ont pas les femmes.

Je ne me considère pas comme un collectionneur, bien que je possède plusieurs milliers de disques. Autrefois, ils étaient visibles, aujourd’hui ils sont rangés dans une grande armoire fermée. Mon amie, elle, n’en possède qu’une centaine. Elle est chorégraphe, et achète ses disques dans un but précis: pour composer la bande-son de ses spectacles. Récemment, elle a utilisé des musiques de Plastikman, Cee-Lo Green, Oh No et Billy Bang. Je suis à chaque fois surpris de les entendre dans ce contexte. « C’était quoi, cette musique? » doit être la question que je lui ai le plus posée depuis que je la connais.

J’en arrive au sujet de ce billet. Je dois à son oreille dansante la découverte de Horse Tricks, l’album d’un certain Mark De Gli Antoni. Mark qui? Comment ne pouvais-je pas le connaître (moi qui connaît tout)? Une fois le CD dévoilé, je fus rassuré. Le design typique du label Tzadik me mit en en confiance. Je notais ensuite la participation du regretté Elliot Smith sur un morceau, puis fit mes petites recherches. Il s’avéra que De Gli Antoni n’était autre que le fondateur du groupe Soul Coughing que je connaissais et appréciais. Je me précipitais dans mon armoire pour en extraire les albums de ce groupe que mon amie n’apprécia que moyennement.

Mark n’a pas fait grand-chose depuis Horse Tricks qui date de 1999. Une musique de film, un ballet avec David Byrne. Je visite régulièrement sa page myspace où chaque six mois apparait un nouveau morceau. Tout le contraire de l’accumulation. Quant à moi, il y a des jours où les petits tours de chevaux de Mark De Gli Antoni suffisent à mon bonheur.

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Vivien Goldman, punky reggae party

Son nom m’était familier. Repéré au bas d’un article du New Musical Express ou de Sounds et dans une de ces nombreuses compilation post-punk avec son morceau punky-reggae « Launderette » (1981). Aujourd’hui, je peux mettre une voix sur ce nom et le joli visage hithchcokien qui ornait la pochette du mythique 12′. Une conversation téléphonique transatlantique à propos de Bob Marley en fut le prétexte. Bob Marley dont Vivien Goldman fut tour à tour l’attachée de presse, la confidente, l’amie et à propos duquel tourne son livre The Book Of Exodus: The Making and Meaning of Bob Marley and The Wailers Album Of The Century (Three Rivers Press) [1]. Vivien y développe une reflexion sur le thème de l’exode, selon elle présente dès ses premiers disques chez le prophète du reggae. Elle tisse des liens avec d’autres oeuvres dont le Black Moses d’Isaac Hayes.

J’appelais donc Vivien pour voir si elle serait d’accord de collaborer au livre que l’on prépare sur Marley. Elle est celle qui l’a le plus interviewé, mais ses textes ne sont pas très connus du public francophone. Je la trouve enthousiaste. Je lui explique mon idée (un livre uniquement composé de propos rapportés par elle de Marley). Sans la rejeter complètement (Vivien est anglaise, donc polie), elle me dit que « Bob passait d’une idée à l’autre et n’avait pas un discours fabriqué pour la presse ». Elle me lance une dizaine d’autres idées. On en est là. On va se rappeler.

[1] Pas encore traduit en français

On peut écouter son « Launderette » ici. C’est aussi frais que l’étaient les Slits (Ari Up, R.I.P)

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