Egon met à profit son art de l’archéologie pour ressortir quelques vestiges de son environnement direct. Dans la lignée du label homonyme lancé en 2004 avec Peanut Butter Wolf, “Soul Cal: Funky Disco and Modern Soul, 1971-1982″ présente une anthologie de groupes californiens, généralement obscurs comme Anubis.
Comme Now-Again en a désormais l’habitude, la compilation est accompagnée de note de pochettes remplie d’informations pertinentes sur le contexte les ramifications de la scène californienne 70’s. Un avant-goût est accessible grâce à ce podcast exclusif réalisé pour Radio Nova.
Dans le même temps, Egon n’oublie pas son penchant pour les contrées plus exotiques en rééditant le catalogue complet de WITCH. Un box de cinq albums et une poignées de singles qui permettent de pérenniser l’oeuvre étonnante des précurseurs et légendes du zamrock. Une fois de plus, un livret permet de mieux comprendre le contexte dans lequel une poignée de musiciens sont parvenus à développer cette fusion étonnante de funk et de psychédélisme tout au long des années 70.
On y retrouve notamment une interview du guitariste “Jagari” Chanda qui offre un éclairage très instructif sur les transformations qui ont frappé le pays au moment de l’indépendance. En particulier par rapport à l’influence occidentales dans les diverses formes d’instrumentations traditionnelles.
En 1983, Glen Branca débarquait à Poitiers accompagné d’un jeune groupe, largement inconnu, qu’il avait signé sur son label Natural Records. Ce concert au Confort Moderne fera date, puisqu’il s’agit de la toute première performance des Sonic Youth en Europe. Près de trente années ont passé, mais les programmateurs du lieu n’ont pas oublié cette filiation avec la scène no wave new-yorkaise. C’est ce que laissait entendre la soirée de vernissage de l’exposition “Le Confort Moderne”, jumelée pour l’occasion avec le festival “Less Playboy is More Cowboy”.
Le but de l’exposition “Le Confort Moderne”, proposée par Yann Chevalier et le commissaire associé Mathieu Copeland, vise précisément à révéler les nombreux points convergence, esthétiques, historiques et même physiques, que le centre d’art a toujours entretenu entre les cultures musicales et l’art contemporain. Le réagencement du studio d’enregistrement de Sympathy for the Devil avec des toiles de Claude Ruthault aux peintures d’Alan Vega ou les bande-sons d’Ikue Mori et d’Alan Licht pour les films de Mai-Thu Perret et Philippe Decrauzat, “Le Confort Moderne” est une exposition entièrement traversée par les rythmes de cette dualité.
Lors du vernissage, plusieurs lieux ont était investis tout au long de la soirée pour appuyer un peu plus la dimension contextuelle des concerts. Comme il se doit, Susan Stenger et F.M. Einheit ont entamé leur dialogue dans le garage, histoire de permettre à l’ancien membre des Einstürzende Neubauten de laisser libre cours à son art consommé de la destruction. Dans une envolée, soudaine et saisissante, les briques éclatent à coup de riffs percutants. Passée la fureur, la suite se présente sous des auspices plus bucoliques grâce aux magnifiques ballades de Laetitia Sadier. Des mathématiques cryptiques aux coups de coeur, elle nous invite à longer sa paisible rivière pour un moment de volupté, à l’heure où le soleil tend à décliner.
Borsalino et costard noir, c’est au tour de Rhys Chatam de venir empiler des couches sur une scène composée de deux oeuvres de l’artiste Olivier Mosset. Jouant sur les effets de démultiplications, Chatam entame un dialogue imaginaire, voire même quelquefois burlesque, avec les entités spectrales qui composent son répertoire. Plus tard, dans la cour, Nico Vascellari et John Duncan donnent une dimension encore plus littérale en jouant littéralement, à coups de massue, une sculpture imposante de l’artiste italien. Une introduction fracassante aux autres coups de boutoir que Martin Rev, dans une forme spectrale, assène sur son clavier. À l’instar des superhéros marveliens qui ornent son t-shirt, il déstructure ses beats techno comme s’il était animé par quelques pouvoirs.
La soirée se termine dans le bar avec un set survolté de James Chance qui, grâce à une sélection de r’n'b precussif et quelques rasades de Baileys, va électrifier la fin de soirée. Agrippant son sax ou plaçant sa voix, il diffuse un peu de sa folie jusqu’à tard dans la nuit. Même Rhys Chatham, qui n’a pas fini d’en découdre avec le dancefloor, vient le rejoindre à la trompette. Moment anthologique, un brin irréel, qui restera sans aucun doute dans toutes les mémoires du public nombreux présent lors de de cette journée hors-normes… et gratuite! Aucun doute, Poitiers rocks!
Sam Shackleton fait indiscutablement partie des figures mythiques, et intègres, de la scène dubstep. Sorte de fils spirituel d’Adrian Sherwood, le fondateur mythique d’On-U Sound, il s’est notamment distingué grâce à son usage de percussions africaines et de toute une gamme d’échantillons “ethniques” qui ont participé à créer les ambiances cryptiques de ses productions.
Un caractère obscur encore intensifié grâce aux codes graphiques de son label Skull Disco qui, durant ces trois ans d’existence, a participé à imposé les producteur comme l’un des porte-drapeaux “authentiques” de l’esprit qui animait les raves londoniennes du milieu des 00’s. Il est d’ailleurs bien loin de s’être calmé, il nous a offert récemment “Music For The Quiet Hour” et “The Drawbar Organ”, deux projets distincts proposé dans le même coffret par Woe To The Septic Heart. On y retrouve la présence spectrale de Vengeance Tenfold.
Pour les chanceux, Sam Shackleton se produira vendredi au Bourg de Lausanne.
ALBUM
Shackleton, Music for the Quiet Hour / The Drawbar Organ EPs (Woe to the Septic Heart)
Il n’est pas trop tard pour revenir sur l’album de Hawthorne Headhunters, sorti le mois passé sur le très bon label Plug Research, un projet commun initié par Black Spade et Coultrain. Grâce notamment au récent “The Adventures of Seymour Liberty” de Coultrain, “Spade’s To Serve With Love” ou “Build and Destroy” de Spade, ils ont déjà largement pu promouvoir leurs visions progressives en matière de funk et de soul. Avec ce “Myriad of Now”, il continue dans cette direction grâce à une série de ballades aux ambiances indolentes.
CopperWire est un trio, composé de Gabriel Teodros, Meklit Hadero et Ellias Fullmore, qui propose leur vision intergalactique de la diaspora africaine. Au milieu des extraits des premiers concerts de hip-hop de Harar et Gondar, mélangés à des prises de vues de la Nasa, on peut reconnaître un extra-terrestre plutôt familier. Mulatu Astatke fait une petite irruption en guise de clin d’oeil. Le premier album de CopperWire, Earthbound, vient de sortir chez Porto Franco Records.
Avec une formation en performance art et un job de danseur avec les Chippendale, Zebra Katz peut se targuer d’avoir quelques lignes à son CV pour se distinguer des clichés en matière de hip-hop.
Ambiances lourdes, textes provoquants, voire vaguement glauques, son univers renvoie plus à une approche conceptuelle à travers laquelle il pourrait évacuer quelques obsessions fétichistes et une fascination de longue date pour le voguing.
Après avoir sorti une première mixtape intitulée “Champagne”, Rick Owens a tapé dans l’oreille de l’incontournable Diplo qui s’est empressé de le signer sur son sous-label Jeffree’s.
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