CopperWire est un trio, composé de Gabriel Teodros, Meklit Hadero et Ellias Fullmore, qui propose leur vision intergalactique de la diaspora africaine. Au milieu des extraits des premiers concerts de hip-hop de Harar et Gondar, mélangés à des prises de vues de la Nasa, on peut reconnaître un extra-terrestre plutôt familier. Mulatu Astatke fait une petite irruption en guise de clin d’oeil. Le premier album de CopperWire, Earthbound, vient de sortir chez Porto Franco Records.
Le label hollandais Rush Hour continue de jouer son rôle d’historien en matière de house music et de techno en rééditant un exceptionnel projet solo de Ben Cenac. Même si son nom de dit pas grand chose aux non-initiés, le producteur new-yorkais était déjà connu comme un des pionniers de l’electro, en cofondant le groupe avant-gardiste Newcleus sous le pseudonyme de Cozmo D.
En 1990, il se frottait à la scène house émergente en signant six 6 titres, largement inspirés par l’approche deep au même moment par Larry Heard. Plus de 20 années plus tard, cette parfaite synthèse intitulée “Dream 2 Science” se déroule toujours avec la même justesse.
De manière surprenante, Ben Cenac n’a jamais réitéré ce coup de maître. Quelques déboires et des expériences infructueuses dans l’univers du hip-hop l’ont privé d’inscrire pleinement son nom dans l’histoire de la house. Une omission que Rush Hour participe à corriger.
Après la vague d’intérêt provoquée notamment par la sortie de “Shangaan Electro: New Wave Dance Music From South Africa” (Honest Jon’s Records, 2010), ils sont nombreux à avoir plongé toujours plus profonds aux origines de ces rythmes frénétiques.
À ce titre, Electric Jive apporte une pièce cruciale en exhumant cette compilation, “Nkulungwani Wa Nwalung Vol I” (1977), qui rassemble une brochette d’artistes actifs vers la moitié des années 70. Le terme Shangaan Disco n’était pas encore en usage, il s’agissait plutôt de Tsonga, mais on retrouve les même rythmes syncopés qui seront accélérés et amplifiés tout au long des années 80.
Cette compilation est d’autant plus importante que certains artistes ont également collaboré sur “Graceland” (1986) de Paul Simon ainsi que sur “Zulu Rock” (1984) de Lizzy Mercier Descloux. En particulier M.D. Shirinda et The Gaza Sisters, que l’on retrouve sur plusieurs titres de cette compilation, ont participé de manière plus ou moins directe à l’énorme phénomène world qui allait fleurir pendant les années 80.
Même s’il est souvent libellé “expérimental”, on ne peut pas vraiment dire que Sore Losers remet en question les fondements du genre. À vrai dire, ça serait plutôt l’originalité de leurs compositions qui permet de cerner plus précisément ce hip-hop atypique.
Sans forcer dans l’esbroufe ou les attitudes pincées, les six musiciens mettent à profit leur virtuosité pour raviver l’esprit de la Lyricist Lounge, cLOUDDEAD et des Roots. Après la mixtape “FreeLoaders” (2010) et “Get A Life” (2011), ils sont de retour avec “We are Sore Losers” qui devrait leur permettre d’atteindre une reconnaissance plus large.
Motown, le P-Funk, les Stooges ou la techno, Detroit a été le lieu de naissance des courants musicaux les plus influents de l’après-guerre.
Titanic urbain, tourmentée entre l’ère post-industrielle, elle continue à fasciner par cette capacité a toujours parvenir à se faire entendre, comme si l’orchestre de Wallace Hartley n’avait jamais cessé de jouer.
Imaginer de planter Fela dans cette métropole symbolique relève à lui seul du phantasme afrofuturiste, d’autant plus lorsque le saxophoniste se produit au Fox Theatre, là où se sont produites toutes les légendes de la ville. Enregistré en novembre 1986, à un moment crucial de sa carrière, ce “Live In Detroit” permet de raviver ce moment particulier.
Pour Bob Teagan, figure légendaire du studio de Compass Point et ingénieur-son de la soirée, il s’agissait de la meilleure performance de Fela. Une chance de revenir un peu aux roots quand toute une génération commence à le prendre pour une star de comédie musicale.
ALBUM
Fela Kuti, Live in Detroit (Knitting Factory / Strut), sortie le 12 mai
Si la France aime Busdriver et que Busdriver aime la France, c’est en partie grâce à TTC qui l’avait invité à participer à la tournée “Dans Ton Club Tour” en 2004. C’est ce que laisse entrevoir la longue liste de concerts que le Californien va enchaîner durant le mois d’avril. Un minimarathon, mené à une cadence presque aussi rapide que son flow, qui suit la sortie de son 9e album.
Toujours autant curieux d’ouvrir de nouvelles voies, certains vont même jusqu’à lui décerner le titre convoité de “Frank Zappa du hip-hop“, “Beaus$Eros” offre un bon exemple de chaos contrôlé. Des discours politisés baignés dans des nappes d’eurotrance, de l’electropop 80’s assumées, rien ne semble limité les extrapolations de ce supergénérateur autoproclamé post-hip-hop. Au détours, on retrouve même quelques phrasés en français, évidemment.
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