Catégorie : Film

Ian Dury

Après Ian Curtis, John Lennon et bientôt Shane MacGowan, c’est la biographie de Ian Dury qui fait l’objet d’un film britannique. “Sex & Drugs & Rock & Roll” retrace le parcours mouvementé de cette icone proto-punk, ainsi que son groupe The Blockheads de manière convaincante. En grande partie grâce à la performance confondante d’Andy Serkis dans le rôle principal. Quelques mois avant son décès en 2000, Dury proposait sa liste des dix disques qu’il emporterait avec lui sur son île. On l’attendait sur le terrain exclusif du rock binaire, privilégiant l’attitude, l’agitation et la débauche… Tout faux: son classement révèle un homme de goût, éclectique et raffiné. Il est vrai que la ligne de basse de son hymne de 1977 «Sex and Drugs and Rock’n’roll» est empruntée au «Ramblin» d’Ornette Coleman…

Ornette Coleman “Change of the Century”
Don Cherry, Billy Higgins, Charlie Haden: l’album bénéficie d’un sacré casting. Il représente le free-jazz dans ce qu’il a de meilleur, de plus accompli et de plus spontané. L’interprétation doit autant à la dextérité qu’à la télépathie, le rythme et la mélodie sont splendides.

Elvis Presley “The Sun Sessions”
Elvis, avant que la célébrité ne détériore son mode de vie et n’altère son métabolisme. A l’époque de ces Sun Sessions son visage rayonnait encore avec éclat, sa voix était encore jeune et pure, il dégageait un charme magnétique et son corps dansait toujours avec jeunesse

Sly and the Family Stone “Fresh”
Une autre victime du mode de vie généré par le grand cirque du rock. Aujourd’hui, Sly s’impose cependant comme un des trois plus grands inventeurs de la funky-music. Les deux autres: James Brown et George Clinton.

Lee Scratch Perry “Arkology” Le producteur, compositeur, ingénieur et performer reggae le plus fin, le plus doué. Scratch insuffle de la magie dans son quatre pistes. «Arkology» témoigne de vingt ans de carrière et offre une sélection idéale.

Alma Cogan “The best of” Elle était une véritable star entre 1956 et 1963. Alma Cogan est totalement méconnue en dehors de l’Angleterre et c’est regrettable: on peut la considérer comme la plus émouvante voix pop de sa génération.

Billy Fury “The Sound of Fury” L’Angleterre n’a accouché que d’un chanteur rock, que d’une seule star susceptible d’être comparée à Gene Vincent et Elvis Presley: Billy Fury. Malheureusement, il reste scandaleusement sous-estimé en dehors de son pays alors qu’il était le roi des chanteurs de 1959 à 1965. Après, sa carrière a été perturbée par la Beatlemania…

Taj Mahal “Giant Steps” Taj a été le grand représentant d’un blues bien vivant pendant plus de trente ans. Il a toujours su insuffler à sa musique un supplément de fraîcheur. Tous les morceaux de cet album sont habités, sa voix est tellement prenante que je la classe en numéro deux, juste derrière celle d’Otis Redding.

Charlie Parker “Ornithology & Others” Un disque qui regroupe quinze classiques de Parker. Son imposant génie y éclate totalement. C’est tellement beau que ça me picote le sang! L’enchevêtrement liant envol et émotion, l’osmose entre la forme et la liberté sont surnaturelles.

The Rolling Stones “Beggars Banquet” La dernière sortie de Brian Jones et l’album le plus accompli des Stones. Ils ont su composé en idéale collectivité, chacun apportant le meilleur de lui-même. C’était avant qu’ils ne nous imposent «Exile On Main Street».

Albert Ayler “New Grass” Sur ce disque Ayler compose de la soul music avec Bernard «Pretty» Purdie et un groupe funky. De sa part c’est étonnant car il était connu pour jouer un free jazz drastique… Mais ici, il chante… et joue toujours avec dextérité et discipline.

FILM

  • “Sex & Drugs & Rock & Roll”, réal. Mat Whitecross (2010).

Propos recueillis par Benoît Sabatier et déjà parus dans le magazine Vibrations

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Film: Kanye West, une grosse fatigue


Kanye West se met minable sous l’oeil de Spike Jones

À peine les jackasseries des MTV Music Awards passées, Kanye West retrouve un rôle qui devrait à nouveau faire parler de lui grâce à ce court-métrage réalisé par Spike Jonze. Quelque part entre la trame du clip de Smack my bitch Up de Prodigy et les questionnements schizophréniques d’un John Malkovich, cette dizaine de minutes de dérive en compagnie de Kanye ne manque pas d’intriguer.

Totalement épris de boisson, le rapper multiplie les dérapages avec une crédibilité digne d’une nomination. Quel plaisir de le voir ainsi chaloupé sur le dancefloor en criant à la ronde que le morceau qui passe est de lui, avant de se faire systématiquement remballer. Le film aurait été apparemment tourné avant l’événement et il semble inutile de spéculer si l’épisode des awards y est associé. En tous les cas, Kanye pouvait difficilement trouver une meilleure manière de se reforger une crédibilité après cette effusion people. Rien de tel qu’un peu de gore comique en guise de rédemption.

Spike Jones, “We Were Once A Fairytale” (2009)

WE WERE ONCE A FAIRYTALE from BLINDIFORTHEKIDS on Vimeo.

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R&B: Sly Stone, Coming Back For More


Sortie d’un documentaire et d’un livre sur le mythe de Sly Stone

La première du documentaire réalisé par Willem Alkema sur Sylvester Stone aura a lieu le 16.10.09 dans le cadre du Hot Spring Documentary Film Festival. Figure incandescente de la fin des années 60, Sly Stone est également reconnu comme l’un des reclus les plus célèbres de la pop music. À l’instar d’un Howard Hugues ou d’un Axl Rose, son existence est marquée par un retrait à tel point radical que beaucoup le pensaient mort. Des réalisateurs, des journalistes, des musiciens et des amis ont tenté en vain de le retrouver. En 2004, après deux ans de recherches, Willem Alkema a finalement réussi à le localiser dans une petite ville juste en dehors de LA.

Edwin & Arno Konings ont également annoncé qu’un livre “Thank You” The Story of SLy & The Family Stone” est également en cours d’écriture et devrait sortir dans le courant 2010. L’an passé, le retour sur scène de Sly Stone avait fait couler passablement d’encre et ce comeback polémique avait motivé l’écriture de ce petit essai.

Trailer “Coming Back For More”, 2009

» LIRE L’ESSAI “RETOUR SUR UN COME BACK”

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hip-hop: The Last Poets, il était une fois l’amerikkk


Made in Amerikkka retrace les combats menés par les Last Poets

Parmi les transformations profondes qu’elle a pu engendrer, l’élection d’Obama a surtout permis de mettre en perspective l’évolution de processus variés relatifs à la reconnaissance de droits civiques des communautés afro-américaines. Après la Guerre de Secession, et plus spécifiquement depuis l’instauration de politiques ségrégationnistes, le contexte politique américain est fondamentalement lié à des groupes, à des personnalités et à des idées prônant de manière toujours plus radicale des transformations de la société.

Avec l’appel à un soulèvement révolutionnaire prôné entre autres par le Black Panther Party, le contexte des années 60 marque un moment sans précédent dans le déploiement de telles velléités émancipatoires. C’est un 19 mai 1968, le jour de l’anniversaire de Malcolm X, que les Last Poets donnent leur premier concert au Marcus Garvey Park de New York. Poussés par leurs idéaux, les membres originaux, dénommés Felipe Luciano, Gylan Kain et David Nelson avant d’adopter des patronymes arabes, avaient choisi la musique et le mot comme armes politique.

En véhiculant leurs revendications à l’aide de percussions africaines, d’envolée free-jazz et de spoken word, ils connurent rapidement un large succès et posèrent les premiers jalons à la culture hip-hop. Après de longues années de séparation, les membres originaux se sont retrouvés en 2008 dans le cadre du Festival des Banlieues Bleues. Avec “Made in Amerikkka, Claude Santiago a profité de cette occasion pour réaliser un film dans lequel les poètes, en retraçant leur histoire, permettent de revenir sur un pan d’histoire crucial de la cause afro-américaine.

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Dub: Dub Echoes, une anthologie du dub


Le documentaire de Bruno Natal sort sur le label Soul Jazz Records

Déjà très remarqué dans de nombreux festivals à travers le monde, Dub Echoes, l’excellent documentaire de Bruno Natal sur les origines et l’impact du dub, est sur le point de sortir sur Soul Jazz. De Lee “Scratch” Perry à Kode9, en passant par DJ Spooky ou Sly & Robbie, on y retrouve une liste impressionnante de personnalités payent leur tribut à cet art des “versions”.

À quelques semaines près, cette sortie permet également de célébrer les vingt ans de la mort de King Tubby. Souvent considéré comme l’inventeur du dub, il a été assassiné le 6 février 1989 par un inconnu dans le quartier de Waterhouse à Kingston. Le DVD sera également accompagné d’un double CD dans lequel s’alternent morceaux d’hier et d’aujourd’hui.

DVD

  • Bruno Natal, “Dub Echoes” (Soul Jazz Records), sortie le 11.05.09

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Dub Echoes, Bande annonce

» VOIR LA TRACKLIST DU DOUBLE CD

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Punk rock: Bad Brains, hommage en image


Un documentaire sur les Bad Brains est en cours de réalisation

De Don Letts à Henry Rollins, en passant par un clin d’oeil de Lil’ John, l’éventail des personnes qui rendent hommage aux Bad Brains est à l’échelle de l’influence d’un groupe hors-norme. Les Bad Brains, dont le nom est inspiré par le titre Bad Brain des Ramones, se forment en 1977 à Washington DC. Ils proposeront rapidement un mélange bipolaire inédit de punk rock et de reggae.

Seul groupe composé uniquement d’Afro-américains, ils se démarquaient également grâce à des concerts spectaculaires et un jeu très technique qui participa à poser les fondements du mouvement hardcore. Malgré quelques séparations sporadiques, les Bad Brains n’ont jamais cessés de jouer et leur dernier album “Build A Nation”, produit par Adam Yauch des Beastie Boys, est sorti en 2007.

Il existe assez peu d’information sur ce documentaire, si ce n’est que les réalisateurs sont à la recherche du maximum de documents d’époque afin de compléter la post-production.

Bad Brains, bande annonce du documentaire (date de sortie pas encore annoncée)

Bad Brains, Big Takeover (Live au CBGB, 1982)

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