
Le chanteur et guitariste a donné son nom au beat le plus marquant du rock’n’roll. Il est mort lundi à 79 ans d’une crise cardiaque.
Dans le Mississipi, on trouve une guitare composée d’une seule corde attachée à deux clous aux extrémités d’une planche en bois. On peut en voir jouer la chanteuse de blues Jesse Mae Hemphill dans le documentaire de Marc Oriol Me & My Guitar. Cette « guitare », qui rappelle les instruments à une corde d’Afrique de l’ouest, était appelée une diddley bow.
Bo Diddley ne jouait pas de guitare à une corde (pas que l’on sache), mais construisait ses propres instruments aux formes carrées, rectangulaires, et d’autres encore. Il existe une photo très belle montrant sa première guitare faite main. Elle date de 1945. Otha Ella Bates ne s’appelait pas encore Bo Diddley. Il avait treize ans, et jouait du violon.

Le musicien qui vient de mourir est bien plus que l’inventeur du rock’n’roll (avec Chuck Berry, Elvis Presley, Little Richard, Jerry Lee Lewis, et n’oublions pas Arthur Crudup). En réécoutant ses faces Chess, compilées à de nombreuses reprises (la totalité sur le coffret Bo Diddley : The Chess Box), on est frappé par le soin porté aux détails, aux ornements. Tout ce qui fait qu’un morceau de Bo Diddley ne ressemble pas tout à fait à un autre morceau de Bo Diddley.
Sa musique était surprenante rythmiquement. Son groupe comprenait dans les années 50 un noyau formé du joueur de maracas Jerome Green et du batteur Frank Kirkland, auxquels s’adjoignaient parfois un pianiste, un bassiste ou un harmoniciste.
L’écrivain Robert Palmer, l’auteur de Deep Blues, s’est intéressé de savoir d’où venaient les éléments apparemment si disparates de la musique de Bo Diddley. Tout en qualifiant la musique de Diddley de « mystérieuse », il reconnait des accents cubains (le clave), haïtien et africain (Yoruba et Kongo).
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Tags: Bo Diddley, Hommage, Guitare
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