La biographie de Rashaan Roland Kirk remet au premier plan l’importance du saxophoniste fantasque dans l’univers du jazz et de la culture populaire
Rashaan Roland Kirk avec sa femme Dorthaan à San Francisco. Avec l’aimable autorisation de Les Scher
Comme Sun Ra, Ornette Coleman et peut-être Don Cherry, Rashaan Roland Kirk est l’un des rares musiciens de jazz à avoir trouvé une bonne partie de son public fanatique parmi les amateurs de rock – voire de punk rock! Sa musique en effet était toute d’énergie faite, d’audaces, de débordements, elle était aussi bien ancrée dans le blues et le rhythm’n'blues. » Lire la suite
ILLUSTRATION: Chant Avedissian, Oum Kalsoum, années 1990, technique mixte au pochoir sur panneau, 19,39 x 26, 45 cm, collection British Museum.
L’institut du monde arabe rend hommage à la grande dame de la chanson orientale
« La quatrième pyramide. » C’est le sous-titre de la grande exposition parisienne qui s’est ouverte le 17 juin (jusqu’au 2 novembre) à L’institut du Monde arabe. C’est dire le monument que l’on célèbre, monument vocal qui, aux oreilles des Européens, n’a d’équivalent que chez Billie Holiday, Piaf ou La Callas. « Ce long cri d’amour où la sensation érotique s’énonce lancinante et où brûle en le cœur un feu qui semble ne jamais d’éteindre », comme l’écrit si bien notre collaborateur Rabah Mezouane dans le texte de l’exposition.
Oum Kalsoum entre Mohammed Kasabgi et Abdou Saleh, son joueur de qanûn. Photo de Farouk Ibrahim
Comment faire parler en images cette féminité rageuse ? Le parcours de l’exposition propose quatre approches complémentaires, chacune réunissant photographies, séquences sonores et audiovisuels, documents, objets, costumes et œuvres. Dans la première section, « L’Egyptienne », la vie d’Oum Kalsoum, dont la date de naissance au début du siècle reste mystérieuse, est replacée dans le contexte social et politique mouvant de l’Egypte ; la deuxième section, « Le Talent » s’attache à expliquer le phénomène artistique et sa réception ; « L’engagement » rend compte de l’implication de la chanteuse dans la vie publique, questionne son militantisme et son patriotisme ; enfin « L’Héritage » réunit un ensemble d’œuvres contemporaines inspirées par la Dame.
Le chanteur et guitariste a donné son nom au beat le plus marquant du rock’n’roll. Il est mort lundi à 79 ans d’une crise cardiaque.
Dans le Mississipi, on trouve une guitare composée d’une seule corde attachée à deux clous aux extrémités d’une planche en bois. On peut en voir jouer la chanteuse de blues Jesse Mae Hemphill dans le documentaire de Marc Oriol Me & My Guitar. Cette « guitare », qui rappelle les instruments à une corde d’Afrique de l’ouest, était appelée une diddley bow.
Bo Diddley ne jouait pas de guitare à une corde (pas que l’on sache), mais construisait ses propres instruments aux formes carrées, rectangulaires, et d’autres encore. Il existe une photo très belle montrant sa première guitare faite main. Elle date de 1945. Otha Ella Bates ne s’appelait pas encore Bo Diddley. Il avait treize ans, et jouait du violon.
Le musicien qui vient de mourir est bien plus que l’inventeur du rock’n’roll (avec Chuck Berry, Elvis Presley, Little Richard, Jerry Lee Lewis, et n’oublions pas Arthur Crudup). En réécoutant ses faces Chess, compilées à de nombreuses reprises (la totalité sur le coffret Bo Diddley : The Chess Box), on est frappé par le soin porté aux détails, aux ornements. Tout ce qui fait qu’un morceau de Bo Diddley ne ressemble pas tout à fait à un autre morceau de Bo Diddley.
Sa musique était surprenante rythmiquement. Son groupe comprenait dans les années 50 un noyau formé du joueur de maracas Jerome Green et du batteur Frank Kirkland, auxquels s’adjoignaient parfois un pianiste, un bassiste ou un harmoniciste.
L’écrivain Robert Palmer, l’auteur de Deep Blues, s’est intéressé de savoir d’où venaient les éléments apparemment si disparates de la musique de Bo Diddley. Tout en qualifiant la musique de Diddley de « mystérieuse », il reconnait des accents cubains (le clave), haïtien et africain (Yoruba et Kongo).
Avec Shake The Devil Off, le réalisateur Peter Entell signe un film sensible sur l’après-Katrina
Au bon moment, au bon endroit. Tel semble être le destin du réalisateur Peter Entell, qui signe ici son deuxième long-métrage en quinze ans. Lire la suite »
Susheela Raman et Rokia Traoré furent les deux concerts événements de l’édition 2008 du Festival Musiques Métisses d’Angoulême
Susheela Raman, en tunique noire, en trio, affronte en toute simplicité les 4000 spectateurs venus en masse en ce vendredi 9 mai à cette soirée consacrée aux voix de femmes. Arpentant la scène, accrochée à son micro, elle hulule, elle feule. À ses côtés, complice, son guitariste développe un paysage sonore fait de riffs, d’arpèges et de boucles rythmiques qu’il actionne à l’aide de ses pédales. En contrepoint, un joueur de tablas donne la tonalité indienne indispensable à cet univers. Quand Susheela Raman est sur scène, elle se donne complètement, son corps frissonnant aux vibrations musicales, son pied battant fermement la scène. Et elle peut aussi bien invoquer un Dieu tamoul traditionnel que faire état du cosmopolitisme londonien, tout se fond dans son univers personnel, intense. Après un final en transe, elle s’en va à bout de souffle.
Hors scène, quelques minutes plus tard, elle explique : «Les gens veulent toujours me mettre dans une catégorie. Aujourd’hui je travaille sur un projet de plate-forme Internet qui rassemblerait tous les musiciens indiens, ceux qui résident sur place comme ceux de la diaspora. Il faut absolument élargir la vision que l’on a de la musique indienne, qui reste celle de la musique classique ou de Bollywood». Son nouveau disque, à paraître début 2009, ne prendra pas la même forme que son concert. Ce serait trop simple. Susheela explique qu’il sera plus dubstep, plus électronique, en un mot plus Susheela Raman…
À sa suite, Rokia Traoré entre sous le grand chapiteau de Musiques Métisses. Nouveau disque, nouvelle direction musicale qui affirmait déjà un léger penchant pour la guitare rock. Sur scène, ce penchant devient une nouvelle formation où tous les instruments traditionnels ont disparu au profit d’une rythmique française et deux guitaristes maliens. Si «Tchamanché» est calme, contrôlé, la prestation scénique de Rokia Traoré est digne d’une rockeuse. Sa silhouette ultra-fine ondule aux rythmes de ses musiciens. Le spectacle est carré, bien foutu, efficace. Rokia Traoré s’enflamme et séduit aussi par ses déclarations entre les morceaux, par son espoir irréductible en une Afrique unie, apaisée. Le public l’ovationne : la carrière de star de Rokia Traoré ne fait que commencer.
Dommage qu’Asa, en ouverture de la soirée n’ait pas été à la hauteur de ces deux grandes chanteuses. Le groupe de requins de studios qui l’entoure malmène durement son concept pop-soul et sa voix pourtant magnifique. Reste à espérer que la prestation de ses deux consoeurs l’inspire à avancer.
BLK JKS ambassadeurs de la nouvelle génération world
Linda et Mpumi, les deux membres originaux de BLK JKS, ont grandi dans le même quartier situé dans la banlieue est de Johannesburg. Le groupe constitué par ces deux musiciens autodidactes prendra réellement son envol avec l’adhésion de Molefi à la basse et de Tshepang à la batterie.
En 2007, la sortie en nombre limité d’un CD et d’un EP créera un buzz suffisamment important pour propulser BLK JKS en couverture du magazine The Fader. Un privilège peu commun qui a permis à ce groupe, dont le premier album est attendu dans le courant de l’année, de s’offrir une tournée remarquée aux États-Unis.
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