Comme le prouve le succès de l’application instagram, les références à l’esthétique des polaroids ou aux caméras Super8 semblent avoir particulièrement la côte actuellement. Avec son titre Retrovisor, Céu pouvait difficilement faire l’impasse sur ce regain d’élans nostalgiques. Une longue dérive lynchéenne floutée qui colle aux atmosphères languissantes de la belle pauliste.
Il y a 30 ans, pour son tout premier enregistrement, Whitney Houston avait été invitée par Bill Laswell à interpréter “Memories” de Robert Wyatt Hugh Hopper. Elle est accompagnée par Archie Shepp et Fred Frith.
I know I cannot leave this place
full of memories
Things like the way they knew us
all over town
We used to walk the streets together
We could be seen
Past shops where people knew us
Yeah, people knew
I’ve got to choose between tomorrow
and yesterday
I can’t stop to think about
my life, here today
Memories can hang you up and haunt you
all your life, you know
Get so you cannot stay
and yet cannot go
I could find out where you’ve gone
Today I feel so unhappy
Streets seem so empty now
I want you with me
Maybe I’ll find someone to get you
off my mind
Take me away from here
and leave it, leave it all behind
Memories can hang you up and haunt you
all your life, you know
Get so you cannot stay
and yet cannot go
À la fois musicien, journaliste et directeur artistique d’un label, Pat Thomas n’a cessé d’alimenter sa passion pour les musiques afro-américaines et les courants contre-culturels des années 60 et 70. Ces différentes occupations lui ont notamment valu d’interroger Allen Ginsberg ou de rééditer un belle brochette de classiques pour Water Records et 4Men with Beards.
Depuis quelques années, cet intérêt pour la musique et le militantisme s’est progressivement cristallisé dans l’histoire du Black Panthers Party. Après cinq années de recherche, et une relation particulière avec quelques membres historiques du mouvement, il a réussi à amasser une collection unique d’enregistrements dévolus à la cause révolutionnaire.
Sur la base de ce matériel, qui va de l’obscur discours aux grands noms, Thomas tente de formuler une cartographie de l’influence et des liens musicaux durant cette époque mouvementée. Ceci en agrémentant son propos à l’aide de nombreuses photographies inédites et de reproductions de pochettes.
Marlena Shaw, Woman Of The Ghetto (live au Montreux Jazz Festival, 1973)
Bien entendu, cette recherche est accompagnée d’une bande-son. “Listen, Whitey! The Sounds of Black Power 1967-1974″ est produite par Light in the Attic qui l’envisage d’ores et déjà le “document acoustique définitif sur le mouvement du Black Power”. Le festival de Montreux à droit à une petite mention grâce à la légendaire prestation de Marlena Shaw.
LIVRE
Pat Thomas, “Listen, Whitey! The Sights and Sounds of Black Power 1965-1975 “, Fantagraphics (date de publication 5 mars 2012)
COMPILATION
V/A “Listen, Whitey! The Sounds of Black Power 1967-1974 (Light in the Attic)
Si 2011 a constitué une étape cruciale dans la carrière de Michael Kiwanuka, avec un premier EP encensé et une série de concerts en première partie d’Adele, 2012 débute sous les meilleurs auspices. Alors que le single Home Again sortait le jour de l’an, le songwriter londonien remportait le convoité “BBC Sound Of 2012” qui sanctionne chaque année un talent émergent.
Sans chercher à dénigrer les autres concurrents, on n’a aucune peine à imaginer que ce choix n’a pas été très difficile en regard des qualités de Kiwanuka. Emportés par les courants d’airs nostalgiques qui soufflent en ce moment, ces clips en super 8 jaunis et sa voix profonde ont su forcer les comparaisons les plus élogieuses. Bill Withers, Otis Redding ou Richie Havens, nul doute que son premier album, qui sort le 24 mars, devrait satisfaire les amateurs d’huiles essentielles.
ERRATUM: King Stitt a été hospitalisé mais l’annonce de sa mort est une rumeur.
Mise à jour: King Stitt est décédé le 31 janvier 2012
Décédé durant le weekend, King Stitt était un des derniers rescapés de l’ère des deejays jamaïcains oribinels. Aucune histoire du reggae ne peut faire l’impasse sur celui qui s’était autoproclamé, en raison d’une sévère déformation faciale et en référence au film de Sergio Leone, The Ugly One.
Né en 1940 à Kingston, Winston Sparkes avait débuté sa carrière en 1957 dans le Dowmbeat Sound de Sir Coxsone Dodd, après avoir été repéré par Count Machuki. Bien qu’il se produise régulièrement sur scène, ce n’est que vers la fin des années 60, lorsqu’il entame une collaboration avec Clancy Eccles et son groupe The Dynamites, qu’il enregistre ses premiers titres à succès.
King Stitt, Herbsman Shuffle (1969)
Fire Corner, Herbsman Shuffle ou Dance Beat lui valent une reconnaissance en Jamaïque et en Grande-Bretagne. Stitt réapparaissait ponctuellement et on le retrouve notamment dans une interprétation des Des Laids Des Laids sur la compilation “Aux armes et cætera - Dub Style”.
King Stitt, The Original Ugly Man (reprise de “Des Laids Des Laids” de Serge Gainsbourg”, 2003)
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