Catégorie : Interview

Interview: Q-Tip, he kicked it !

En marge de la sortie de son nouvel album, Q-Tip revient sur le tournant historique de la semaine passée dans une interview exclusive, qui sent la friture…

Tout au long de la phase finale des élections présidentielles, il était difficile de ne pas repenser au refrain de Can I Kick I ?, un des trois singles figurant sur le premier album de A Tribe Called Quest en 1991. Une requête à laquelle les acolytes de Q-Tip répondaient en chœur par un fameux, “Yes, You Can” ! Volontaire ou non, le Yes, We Can de la campagne d’obama a indéniablement participer à raviver cette période old school dans l’esprit de nombreux électeurs.

L’analogie ne s’arrête pas là puisqu’avec “The Renaissance” le rapper retranscrit de manière exemplaire le vent de confiance et les espoirs qui dopent l’Amérique actuellement. Cette interview prenant place trois jours après les élections, l’occasion était trop belle pour connaître l’opinion de Q-Tip sur le rôle joué par les musiques populaires et sur les processus de redéfinitions identitaires des Afro-Américains. La voix douce et singulièrement nasillarde de Q-Tip se détache des grésillements qui parasitent notre conversation téléphonique…

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Dubstep: Benga, le guerrier afro


Benga, Barcelone, 1er octobre, 2008
PHOTO: Joël Vacheron

Un des pionniers du dubstep présente sa vision de la scène

Vous avez mis le DJing entre parenthèses pendant une période relativement longue. Quelle en était la raison ?

La production a toujours été mon activité principale et je cherchais à me concentrer surtout dans ce domaine. Comme tous producteurs, j’ai toujours mixé dans des soirées parce que je désire faire la promotion de ma musique moi-même et cela me permet de montrer dans quels types d’enchaînements j’imagine mes morceaux. D’un autre côté, le fait que la scène dubstep devenait toujours plus importante, il était important pour moi que le gens puissent mettre un visage sur mon nom.

Vous vous êtes retrouvé impliqué très jeune dans le dubstep, quelle est votre impression sur l’orientation prise par cette scène ?

Ce n’était absolument pas du tout prévisible. De nombreuses personnes nous disaient que notre son avait beaucoup de potentiel, que ça rappelait les débuts de la drum’n'bass, etc. Mais en ce qui nous concerne, on faisait ça de manière très instinctive, sans jamais imaginer que ça prendrait une telle ampleur. J’avais 11 ou 12 ans, lorsque j’ai commencé à me lancer dans la musique sous l’influence de mes grands frères et des radios pirates. C’est un âge où on est encore très loin de comprendre ce que cela implique de jouer dans un club, encore moins de lancer un courant musical.
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Hommage: Isaac Hayes


Le chanteur, producteur et comédien disparaît à l’âge de 65 ans. Dans une interview accordée à Vibrations en 1995, Isaac Hayes revenait notamment sur l’épopée de “Shaft”, son amitié avec Lino Ventura et son étonnement à voir Chuck D et Flavor Flav en boubou.

Comment en êtes-vous venu à enregistrer votre premier disque, «Hot, Buttered & Soul» avec un orchestre à cordes?

Isaac Hayes: Tout naturellement. Quand j’étais gosse, j’écoutais toutes sortes de musique, j’étais comme une éponge: j’absorbais tout. Plus tard, quand j’écrivais pour Sam & Dave, ce n’était pas ma propre personnalité que je mettais en avant. Quand le moment fut venu pour moi d’enregistrer mon propre disque, je voulais absolument y inclure des cordes, car j’écoutais alors beaucoup de musique classique. Je n’avais aucune expérience en la matière, mais mon interprétation et mes influences m’ont permis de glisser sous le funk ces arrangements de violons, particulièrement sur «Walk On By». C’est venu comme ça et cet élément est toujours resté dans ma musique.

En 1969, affirmer à ce point des emprunts à la musique blanche sur un label comme Stax, c’était presque révolutionnaire, non?

Isaac Hayes: C’est vrai, mais ça ne m’a pas fait peur. Je n’y ai pas réfléchi à deux fois, cela m’a semblé la chose à faire à ce moment-là. Les gens à Stax ont tout de suite aimé. Leur problème c’est qu’ils ne savaient pas exactement comment EVALUER cette musique parce qu’ils n’avaient jamais rien entendu de pareil. Ils ont dit: «c’est super. On ne sait pas si ça va beaucoup passer en radio, parce que les morceaux sont, hum, un peu longs, mais c’est super…» De toutes façons, ce que j’avais à dire ne pouvait pas être dit en 2 minutes 30. Je n’avais pas de pressions parce que Stax avait une vingtaine d’autres albums sur le marché au même moment et j’avais composé tellement de hits pour eux que j’ai eu totale liberté artistique sur ce coup-là.

Deux ans, plus tard sort «What’s Going On». Est-ce que Marvin Gaye avait eu connaissance de votre travail sur les cordes?

Isaac Hayes: Je ne le connaissais pas à cette époque, je l’admirais mais je ne l’avais pas encore rencontré. Cela a pu l’influencer, je n’en suis même pas sûr. Quand j’ai entendu pour la première fois le disque, ça m’a soufflé. C’est le genre d’œuvre d’art qui vous fait dire: «nom de Dieu, si j’avais pu faire quelque chose de pareil!»

Parlez-nous de Burt Bacharach dont vous avez repris plusieurs des thèmes qu’il a composés avec Hal David.

Isaac Hayes: Je suis venu à Burt Bacharach à travers Dionne Warwick dont j’étais un fan absolu. J’étais un véritable disciple de Dionne. Et quand j’ai enregistré «Walk On By», j’avais naturellement peur de la réaction de Bacharach. Quand je l’ai enfin rencontré, il m’a dit qu’il adorait ma version. Ça m’a conforté dans mes choix futurs. Plus tard, je me suis acheté une maison à L.A tout près de chez lui. Depuis j’ai souvent été traîner chez lui.

«Shaft», pour lequel vous êtes surtout connu du grand public, n’était pas le premier film du genre?

Isaac Hayes: Non, «Shaft» n’était pas le premier film Blaxploitation, comme on a pu le dire. Melvin Van Peebles avec «Sweet Sweetback’s Baddasssss Song» a été le premier et «Shaft» a suivi. Personne n’a jamais eu les tripes de Van Peebles. Mais personne n’a jamais voulu s’approcher de Van Peebles non plus parce qu’il disait des choses trop vraies pour être entendues…

Racontez-nous la véritable histoire de l’enregistrement de «Shaft».

Isaac Hayes: Il faut voir les choses comme ça: Hollywood allait très mal. Quelqu’un de futé là-bas a eu alors l’idée de faire des films pour le public noir pour toucher un nouveau marché. Avec des premiers rôles noirs, des réalisateurs noirs et aussi des compositeurs musicaux noirs. Et c’est là qu’ils ont pensé à moi. Je suis venu à L.A, j’ai écouté ce qu’ils avaient à me dire. «OK, je vais essayer» j’ai dit. J’ai rajouté: «je suis acteur aussi, je peux avoir un rôle?» «On verra», ils m’ont répondu. Bon, je n’ai pas eu de rôle, je me suis concentré sur la musique et j’ai bien fait. Comme personne ne me connaissait dans le milieu, ils ne m’ont pas fait confiance comme ça. Les producteurs m’ont donné trois scènes du film pour que je les illustre en musique. La scène d’ouverture quand Shaft sort du métro, une autre scène où on le voit marcher dans Harlem et une troisième scène où il fait l’amour avec une femme. Ils me testaient! J’ai pris la bande à Memphis, j’ai écrit «L.A’s Love Theme» en une petite heure, je l’ai mis sur bande. «Soulsville» m’a pris une heure et demie, juste la musique pas les paroles et le thème principal de «Shaft» (le rythme seulement) deux heures. J’ai emmené tout ça à New York, je leur ai fait écouté le résultat. Ils m’ont dit: «OK, tu vas à Hollywood et tu commences à travailler». J’étais au milieu d’une tournée. Le week-end, je partais sur la route aux quatres coins du pays, à l’est, en Caroline du Nord, en Virginie, en Floride… et je retournais vite travailler sur la musique de «Shaft» pendant la semaine. Quand j’ai eu fini, il manquait encore toutes les rythmiques. Ils m’ont donné deux jours pour faire les rythmiques pour toutes les scènes! Au bout du compte, ça ne nous a pris qu’un jour à peine! Le lendemain, on enregistrait les cordes et les cuivres et pour ça, je m’y connaissais. Le surlendemain, ce fut le tour des voix. Mes chanteuses écrivaient leurs parties dans la limousine en chemin pour le studio. Là encore, il n’y a pas eu de problèmes. Au troisième jour, quand le producteur George Freeman est venu écouter le résultat, j’étais évidemment anxieux. Eux ne l’étaient pas, en tout cas ne le montraient pas. Ils ont aimé le résultat d’emblée et je suis reparti à Memphis pour rallonger les thèmes en vue du disque qu’ils allaient sortir. Voilà l’histoire de la musique de «Shaft».

Pensiez-vous que le film allait remporter un tel succès?

Isaac Hayes: Pas du tout. J’avais déjà commencé à travailler sur «Black Moses», un double album très ambitieux quand le film a décollé.

Il y eut immédiatement d’autres films dans la foulée de «Shaft». Dans «Tough Guy», vous ne faites pas que composer: vous jouez et Lino Ventura vous donne la réplique.

Isaac Hayes: Un grand souvenir. Lino était un type fantastique. Il était plutôt du genre calme, timide même, mais on faisait une paire d’enfer tous les deux. J’ai été très attristé d’apprendre sa mort.

Que pensez-vous de la manière dont a évolué le cinéma noir américain?

Isaac Hayes: Ce cinéma, pour l’instant, est assez unidimensionnel: la vie dans le ghetto, le jeu de la drogue et de la violence. Mais vous le savez bien: Hollywood ne soutient que ce qu’il vend. Si les «frères» restent assez longtemps dans le jeu, ce cinéma va se développer. Pour le moment, tout le monde influence tout le monde et tout le monde copie tout le monde. Mais il arrive un moment où chacun trouve son propre chemin. Dans les années 70, nous n’avons pas eu cette chance. Les WASP ont décrété: «les films de la Blaxploitation glorifient les macs et les putes!». Alors Hollywood a pris peur, a ôté ses mains de là et le genre est mort. Nous, les acteurs, on est resté sur le carreau à se demander ce qui allait se passer pour nous. Et rien ne s’est passé. Alors, quand je vois certains films aujourd’hui qui réussissent à parler librement des problèmes quotidiens de la communauté, j’ai assez confiance. L’autre différence majeure est que nous n’avions pas le contrôle artistique qu’ont les jeunes réalisateurs aujourd’hui. Nous avions des scénarios écrits par des Blancs qui nous disaient comment nous devions être à l’écran.

Vous avez récemment été élu citoyen d’honneur de la famille royale au Ghana. Comment est-ce arrivé?

Isaac Hayes: J’ai été la première fois au Ghana en 1992, avec Dionne Warwick. J’ai été si ému par ce que j’ai vu, en particulier les maisons où on enfermait les esclaves avant de les envoyer aux Etats-Unis que ça m’a donné l’appétit d’en savoir plus sur mes ancêtres. J’ai lu des livres, et quand je suis retourné aux Etats-Unis, je n’arrêtais pas de parler de ça. J’ai fait des conférences dans le but d’encourager les Africains-Américains de faire le voyage au Ghana pour qu’ils apprennent d’où ils venaient. Je disais aux jeunes: «Vous entrez dans des gangs et vous vous entre-tuez, sans réaliser que du sang royal coule dans vos veines! Vous vous battez pour une terre qui ne vous apppartient même pas.» A une de ces conférences à New York, la princesse du Ghana m’a entendu et a raconté à son père ce que j’avais dit. Le roi m’a alors invité officiellement. J’étais là-bas en même temps que Public Enemy. Ils ont fait une cérémonie pour me nommer membre honoraire de la famille royale; ce fut un moment intense et merveilleux. Chuck D est venu à la cérémonie en habits traditionnels africains, Flavor Flav aussi! Vous auriez dû les voir, tous habillés en boubou…

Interview réalisé en 1995 par Pierre-Jean Crittin

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Hommage à Henri Salvador

SON RIRE A FAIT LE TOUR DE LA PLANETE

Un truc énorme qui rendit baba le clown Rhum au tournant des années 30. Une truculence de bon vivant qui lui collera à sa peau métisse. On avait oublié de se rappeler d’autres bons souvenirs, moins versés dans l’humour des shows télévisés et autres tranches de rire. On avait oublié le chanteur à la voix de velours qui créa « Dans mon île » de retour du Brésil pour qu’on y soit toujours bien. Toutes ces chansons douces, parfois amères, jamais sucrées que nous ont chantées nos mamans, que depuis nous avons chanté à nos enfants. Le guitariste de jazz qui apprit ses bonnes notes tout seul dans la chambre de son adolescence. Celui qui accompagna Django au Jimmy’s Bar. On avait oublié l’éternel collégien, le petit Indien de Guyane qui tourna dans toute l’Amérique du Sud avec l’orchestre de Ray Ventura. Celui qui joua tout en second degré avec Boris Vian. Qui fit débuter Quincy Jones, un ami de plus de trente ans. On avait oublié le joueur de blues. Et puis est arrivée la nouvelle d’un nouveau disque. Une histoire rocambolesque à l’initiative d’une amie, Corine Joubard, qui ne voulait pas qu’Henri reste sur de fausses notes. Une collection de treize chansons, des classiques à l’ancienne, pour la vie. Il y est question de jazz, de Méditerranée, de bossa à la coule, de cordes sensibles, de petits bémols entre les lignes, d’inventaire pour ne rien oublier. Histoire de refaire l’histoire là où elle n’aurait jamais dû s’arrêter. Histoire de dire sans forcer sur la voix, toujours juste dans le ton, que le meilleur de nos crooners est bel et bien émouvant. Pourvu que ça swingue ! Pourvu que ça dure !
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Rap: MC Solaar parle de son comeback


Le pionnier emblématique du hip hop français parle de la scène actuelle et de ses aspirations musicales, tout en posant une regard lucide sur notre société

INTERVIEW (15 min)


Interview réalisée par Elisabeth Stoudmann pour l’émission Radio Paradiso de la RSR1

CONCERTS

02/12 Centre culturel / St-Marcel de Vernon
03/12 Salle Jacques Brel / Gonesse
06/12 Bataclan /Paris
07/12 Bataclan /Paris
08/12 Bataclan /Paris
09/12 Bataclan /Paris
11/12 Bataclan /Paris
12/12 Bataclan /Paris
14/12 Salle Aragon / Saint-Dizier
16/12 Aeronef / Lille
19/12 Auditorium Stravinski / Montreux

SITE

ALBUM

Chapitre 7, MC Solaar, (Warner)

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Néo-bossa: Vinicius Cantuária au tempo post-tropical

fcruz PHOTO: FRANCISCO CRUZ

Le musicien iconoclaste brésilien sort un nouvel album intitulé “cymbals”. Une occasion pour revenir sur les influences multiples et variées qui ont nourri sa carrière.

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Jukebox


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