Catégorie : Interview



Robertinho Barreto, les riffs de la guitarra baiana


Vous ne connaissez pas encore Baiana System ? Préparez-vous, 2012 sera une bonne année pour eux ! Robertinho Barreto, le fondateur du groupe, nous a accordé une interview alors qu’il était à Copenhague pour le WOMEX. Très volubile, il présente ce projet très particulier et sa place dans la guitarra baiana.

Par Olivier Cathus

Baiana System, c’est un coup de cœur instantané. Un des meilleurs disques sortis de Bahia ces dix dernières années. Alors nous avions présenté Baiana System une première fois l’an dernier. Puis encore en septembre, sous le titre “Baiana System, mini guitare et gros sound system”, cette fois-ci, en proposant l’album en téléchargement. Un album que l’on peut également se procurer gratuitement sur le site du groupe.

Parce que le projet initié par Robertinho Barreto est très cohérent et profondément ancré dans la musique locale. Avec Baiana System, il a considérablement modernisé la petite guitarra baiana, inventée par Dodô et Osmar pour défiler sur leur trio elétrico pendant le carnaval de Salvador. Dans Baiana System, outre cette petite guitare, les timbaus donnent cette couleur percussive si caractéristique de Salvador, mais aussi immergé dans l’univers des sound-systems et du dub.

Comment s’est passé ce passage au WOMEX ?

Robertinho Barreto : L’accueil a été très chaleureux pour le concert. Les feed-backs ont été très positifs. Et, aujourd’hui, sur le salon, j’ai rencontré quelques personnes, de très bons contacts qui vont nous permettre, l’an prochain, de faire quelque chose. On va organiser ça de façon plus… organisée ! Et on va faire au moins une petite tournée en Europe.

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Scratch Massive, marchands de sable


Photo: Zoe Cassavettes

La parution du troisième album studio de Scratch Massive est l’occasion pour le duo parisien d’affirmer plus que jamais son penchant pour une musique électronique pop, synthétique et mélancolique.

Maud Geffray et Sébastien Chenut ne cachent pas leur penchant pour les bandes-son de John Carpenter et de la cold wave 80’s britannique. On retrouve cette influence au détour de certains titres de « Enemy & Lovers » (2003), « Time » (2007), de leurs compilations mixées ou encore dans « Nuit de Rêve », leur dernier album.

Les longues plages de synthétiseurs analogiques, soutenues par une rythmique lente, sonnent comme une italo-disco que l’on jouerait, au petit matin, lorsqu’on ne croit plus en un éventuel retour des danseurs. Ce décor subtilement désincarné se révèle idéal pour des collaborations vocales. Koudlam, Dj Chloé, Daniel Agust (Gus Gus) et Jimmy Sommerville redonnent un semblant de lumière à ces atmosphères en clair-obscur.

Nuit de Rêve, dans le titre et dans la musique, sonne comme quelque chose d’intemporel. Vouliez-vous écrire un album qui n’ait pas d’âge, d’ancrage dans le temps ?

Maud Geffray: Dans les faits, c’est un album qu’on a conçu en étant un peu isolés du reste du monde. On avait notre studio en sous-sol chez Agnès b. On y passait beaucoup de temps, des potes passaient nous voir souvent… On faisait même la fête au studio et on sortait peu. Du coup on n’a pas du tout été influencé par les productions actuelles, on a créé notre univers musical un peu en autarcie.

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Cut Chemist, les rythmes de Los Angola


Q: Qu’est-ce qui a déclenché ta passion pour le DJing?

J’ai vu pour la première fois des films de breakdance à l’âge de 9 ou 10 ans et j’ai tout de suite été curieux de découvrir cet univers. Après avoir touché un peu au graffiti, je me suis rapidement intéressé au DJing. Peut-être parce que je possédais déjà une petite collection de disques. À vrai dire, c’était surtout l’idée de manipuler la musique qui m’attirait et j’ai commencé mon apprentissage en m’inspirant des pionniers du genre, comme Grandmaster D.ST, Jam Master Jay, Jazzy Jeff, Afrika Bambaataa.

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Club: Pantha du Prince, un autre son de cloche


Photo: Joël Vacheron

A mi-chemin entre approche expérimentale et dance music, Pantha du Prince offre une analyse avisée des dernières mutations qui affectent les musiques électroniques.

Joël Vacheron: Depuis ses débuts, il y a environ 30 ans, le mouvement techno a pris des formes multiples. Comment définiriez-vous l’actualité de ce courant ?

PDP: Tout d’abord, je considère ce courant avant tout comme une infrastructure. Disons qu’il ne s’agit plus véritablement d’un qualificatif musical direct, comme on parlerait du funk par exemple. À l’heure actuelle, il s’agit surtout d’une palette de rythmes, que l’on peut classer dans la catégorie “techno music”. Cependant, au bout du compte, c’est une infrastructure sociale et économique. Du jazz aux musiques actuelles, en passant par la musique électro-acoustique, la notion de techno n’a plus grand-chose à voir avec le contenu, elle peut être appliquée pour qualifier un peu n’importe quoi. Au final, le terme qui correspond peut-être le mieux à ce courant, c’est probablement dance music.

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Reggae: David Rodigan, une flamme éternelle


Le DJ anglais légendaire revient sur quelques événements marquants d’une carrière qui s’étend sur plus de 40 ans. Des premiers contretemps du ska aux récentes controverses touchant certains artistes, il offre un cours accéléré d’histoire des musiques jamaïcaines.

Quand est-ce que vous avez commencé à vous intéresser aux musiques jamaïcaines ?

David Rodigan: Comment beaucoup de monde, je suis tombé amoureux des musiques populaires lorsque j’étais adolescent. À cet âge, la musique prend une place particulièrement importante, car elle permet de découvrir des univers que les parents ne connaissent pas. Vers le milieu des années 60, j’ai entendu pour la première fois du ska et, depuis, je n’ai jamais cessé d’être fasciné par ce rythme à contretemps. C’était quelque chose d’un peu fou, d’énergétique, quelque chose qui vous emporte grâce à son soul. On trouvait toujours des raisons pour aller danser sur cette musique. Même si je ne suis pas le plus grand danseur, j’ai toujours aimé danser et cela nous a beaucoup rapprochés socialement. En plus, durant cette période, il y a eu des changements importants dans les musiques jamaïcaines. Du Ska on est passé au Rock Steady, avant d’évoluer vers un rythme dément, le Reggae. C’est à peu près là que tout a commencé pour moi. Cela fait presque 50 ans est ma passion est restée intacte. Je suis toujours fasciné par les nouvelles formes que peut prendre ce son. Même si la qualité a un peu diminué ces dernières années, il y aura constamment de la bonne musique en provenance de Jamaïque.

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Club: Dorian Concept, Wolfgang et moi


Tu as passé quelques années à Slazburg pour y étudier le piano, est-ce que tu avais l’intention de devenir le prochain Mozart ?

À vrai dire, cette histoire n’est pas tout à fait exacte, car j’ai vécu seulement trois ans à Salzburg pour y faire des études. Mais il s’agissait de cours en création multimédia avec une spécialisation dans l’audio. J’ai également suivi quelques cours de composition qui se sont avérés très utiles, mais l’orientation de l’école était plus orientée vers le design sonore et la production. Nous nous concentrions essentiellement sur des questions techniques et cela a largement contribué à aiguiser mon intérêt pour les musiques électroniques. Le piano, c’est quelque chose que j’ai travaillé en autodidacte durant mon adolescence. J’ai longuement cherché un professeur, mais je me suis vite rendu compte que la plupart étaient des musiciens frustrés et cela m’a poussé à apprendre par moi-même. Il m’arrive de dire que je suis un jazzman raté et que la part électronique de mon travail sert en quelque sorte de compensation. C’est en deux mots le chemin que j’ai parcouru jusqu’à aujourd’hui.

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