Catégorie : Portrait

Hommage: Lhasa De Sela


Lhasa De Sela est décédée à son domicile de Montréal pendant la soirée du 1er janvier 2010, des suites d’un cancer du sein. Elle était âgée de 37 ans.

Un excès d’émotion et de gravité avait fait naître une blessure sourde et menaçante. Des micros lésions pesaient sur la voix de Lhasa. Ces petits kystes disparaissaient puis attaquaient de nouveau ses cordes vocales comme une série de points d’interrogations ponctuant la partition bien écrite d’une tournée. Pendant les concerts qui ont suivi la sortie de son deuxième album The Living Road, Lhasa avait navigué entre voix de tête et voix de poitrine, titillant ainsi les frontières entre deux approches inconciliables. Après quelques alertes, l’instrument sensible se grippa. Soudain, sa corde vocale lâcha.

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Hip-hop: dÉbruit, musique au sens large


Le DJ et producteur français exilé à Londres n’a pas fini d’en faire

Au côtés de ses compagnons de “Musique Large”, dÉbruit prend toujours plus le large à mesure que s’enchaînent les albums. Homme à tout faire en matière de sons, il avait déjà prouvé son expertise avec le tonifiant “Coupé Décalé”. En début d’année, il confirmait d’une “Clé de Bras” qui témoignait son penchant audacieux pour tailler des compositions bien ciselées. Un approche consolidée encore avec le futuristique maxi “Let’s Post Funk”, dans lequel Om’mas Keith feint parfaitement la fainéantise.

Même si la base reste ancrée dans le hip-hop, dÉbruit admet s’inspirer de genres très divers à la recherche d’énergie originelle. “A la naissance d’un courant, l’énergie de la création est puissante, quand on crée sans copier, tout est permis, car il n’y a pas d’exemple, pas de règle. Récemment j’écoutais de la musique nigériane, tunisienne, perse, pas mal de son roots, rock steady, du hip-hop oldschool 80’s… et tout ce qui me passe dans les mains, je suis assez curieux de nature.” De Kurtis Blow à Konono N°1, en passant par Yo La Tengo, il offre un apercu de son éclectisme et de sa maîtrise des juxtapositions dans ce mix exclusif.

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DÉbruit Feat. Om’Mas Keith & Jamie Woon I’m Goin Wit You

SITES

CONCERTS

  • 21.10.09 Eklektic / Caen

  • 29.10.09 Social Club w/ Benga / Paris ANNULÉ

  • 30.10.09 Le Zoo w/ Lazer Sword et subtitle / Genève

  • 26.11.09 Festival La Superette / La Case à chocs

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Festival de l’été 2009: Jazz À Vienne / Vienne 27.06 - 10.07.09


Le théâtre antique va vrombir de plaisir. Musiques africaines, jazz, blues : les soirées à thèmes ont toujours autant d’allure

Gilberto Gil, Dianne Reeves, Youssou N’Dour, Hot 8 Brass Band, Sun Ra Arkestra, Wynton Marsalis, Martial Solal…

À Vienne, les artistes sont face à un mur humain. Le théâtre antique, ses gradins qui montent vers le ciel à la verticale : le spectacle est aussi dans cette foule immense comme une fresque vivante. On imagine la ferveur dans les travées aux rythmes de la grande Oumou Sangaré. Il y a quelques années déjà, la rencontre entre Hank Jones et Cheick Tidiane Seck avait produit le magnifique album Sarala. Les deux hommes se retrouvent ici. Autre rencontre qui promet d’être bien surprenante entre la trompette de Roy Hargrove et le flow de MC Solaar. On guette aussi la présence d’Archie Shepp auprès de Seun Kuti, la soirée hommage à Nina Simone, avec Lizz Wright, Dianne Reeves, le retour du trop rare Kevin Mahogany à la tête des Godfathers Of Groove. Sans oublier les autres lieux : le Jazz Mix avec Jazzanova ou Brian Jackson et le Club de Minuit avec Esperanza Spalding et Aaron Parks.

INFOS

27.06 - 10.07.09 Vienne

www.jazzavienne.com

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Pop: Chris Blackwell, le magnat rasta


La commémoration du cinquantième anniversaire de Island Records permet de revenir sur l’influence de cette figure majeure de la musique anglo-saxonne

Situés à quelques pas de la station de métro de Notting Hill Gate, les bureaux d’Island records ont su conserver une ambiance tropicale singulière. Mobilier de bois, poster de Bob Marley, gros coussins, deux djembés et une fragrance agréable de fumée, la réception active d’emblée une imagination toute insulaire. Même s’il a vendu ses parts il y a près de vingt ans, il ne fait aucun doute que l’empreinte décontractée du fondateur Chris Blackwell continue de souffler sur la destinée du label.

2009 est sans conteste l’année de la reconnaissance pour ce septuagénaire qui a veillé à la destinée d’artistes aussi hétéroclites que Nick Drake, Grace Jones, Roxy Music et, bien sûr, d’un certain Bob Marley. Passionné de musique et homme d’affaires visionnaire, Blackwell a été consacré récemment comme la personnalité qui a eu le plus d’influence sur les musiques populaires anglaises durant ces cinquante dernières années. Il nous reçoit, en compagnie de son ami de longue date Baaba Mal, pour évoquer quelques épisodes de son parcours singulier. Même s’il avoue ne pas aimer ressasser le passé, les anecdotes reviennent facilement en surface. Elles sont souvent assez cocasses. Comme ce concert à Kinshasa de Millie Small, dont le titre “My Boy Lollipop” (1964) fût le premier succès commercial du label.

En arrivant sur le site deux heures avant le concert, il constate que rien n’avait été préparé. “Nous sommes tout de même parvenus à monter la scène”, se souvient-il, ” et le concert à pu se dérouler devant un stade archibondé. Le problème c’est que seulement 10% du public avait payé son billet. L’autre chose intéressante”, ajoute-t-il, “c’est que Fela, qui était encore inconnu, se trouvait dans le groupe qui accompagnait Millie sur scène”. Il revient également sur sa découverte des musiques africaines grâce aux connaissances expertes de Robert Palmer, sur l’impact des musiques jamaïcaines sur la culture britannique ou encore sur les principaux fondements à partir desquels il a façonné une approche si singulière dans l’industrie musicale. Happy Birthday Sir Blackwell!

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Club: Radioclit, le nouveau monde de la world music


L’univers sonique du collectif Radioclit est un vaste laboratoire d’échanges où l’on puise dans une banque intarissable de sons et de rythmes pour composer des sélections transculturelles

Texte: Joël Vacheron

Au milieu du XVIIIe siècle, Horace Walpole faisait référence à un vieux conte persan, Les Trois Princes de Serendip. Selon ce récit, trois hommes partent pour une mission et, en chemin, ils ne cessent de tomber sur des indices en apparence sans rapport avec leur objectif. Grâce à leur sagacité, ces événements fortuits leur permettront de découvrir des réalités qu’ils n’auraient jamais pu connaître autrement. Suite à cet épisode littéraire, le terme serendipity est fréquemment utilisé en anglais lorsque des situations intéressantes ou plaisantes arrivent de façon imprévue.

Un avion de papier

Cette définition s’applique à la saga de Johan Karlberg et Étienne Tron, le duo formant Radioclit, avec le chanteur Esau Mwamwaya. Évoluant dans des mondes a priori différents, leur rencontre est d’emblée marquée, comme le souligne Étienne, par une suite « d’enchaînements involontaires, mais totalement naturels ». Formé en 2003, Radioclit a participé activement au bouillonnement universaliste qui a singularisé la club culture londonienne durant ces dernières années. Après avoir enchaînés les collaborations avec des artistes tels que M.I.A, Bonde do Rolle ou Santogold, rien ne prédestinait le duo de s’associer à un chanteur inconnu pour produire un premier album. Ceci d’autant plus qu’au moment de leur rencontre, l’activité musicale principale d’Esau Mwamwaya se résumait encore à jouer de la batterie dans une église locale.

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Folk: Sophie Hunger, une force irrésistible


Avec la sortie de son “premier” album, Sophie Hunger poursuit sereinement son cheminement

Plébiscitée comme peu d’artistes autochtones l’avaient été avant elle, l’engouement suscité par la chanteuse zurichoise ne cesse de s’étendre. Avec “Monday’s Ghost”, Sophie Hunger confirmait le début d’une carrière aux attraits irrésistibles. Depuis quelques mois, Sophie Hunger profite en effet d’un aptitude à captiver les personnes qui croisent fortuitement son chemin.

Le charme de sa voix opérait déjà sur “Sketches on Sea”, une première collection de morceaux autoproduits qui a rapidement séduit les oreilles averties. Ensuite, c’est surtout sa présence magnétique lors de ses différentes prestations en première partie de Stefan Eicher, de Camille ou des Young Gods qui ont séduit un public pris au dépourvu. Il ne fait nul doute que sa “résidence” à la Boule Noire, du 23 au 28 mars risque bien d’amplifier ce talent endémique.

SITE

Sophie Hunger,Blues

Sophie Hunger, Ne me quitte pas (Concerts à Emporter)

CONCERTS

  • 19.02.09 Bierhübeli / Berne

  • 20.02.09 Volkshaus / Bâle

  • 23.03.09 La Boule Noire / Paris

  • 24.03.09 La Boule Noire / Paris

  • 25.03.09 La Boule Noire / Paris

  • 26.03.09 La Boule Noire / Paris

  • 27.03.09 La Boule Noire / Paris

  • 28.03.09 La Boule Noire / Paris

  • 30.03.09 Cully Jazz / Cully

  • 06.05.09 La Luciole / Alençon

  • 07.05.09 L’EMB Sannois

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