À son origine, vers le milieu des années 90, Bassnectar se présente comme un projet expérimental et militant initié dans la baie de San Francisco par Lorin Ashton. Un jeune geek chevelu qui se passionnait pour les groupes de grindcore, de doom ou de black metal qui fleurissaient durant cette période. Toutefois, en découvrant les des séquenceurs numériques, il ne tarde pas à adopter une approche tout azimutée, ce qu’il nomme l’”Omnitempo maximalism”, qui transpose son penchant pour l’anarchisme dans des formes plus mélodiques. Selon Asthon, au coeur de la philosophie de Bassnectar, il n’y a aucune règle, aucune limitation et aucune hésitation.
A ce sujet, il avance que “les humains bougent en suivant des vitesses et des rythmes différentes. Je préférerais me détruire plutôt que de me résigner à apprécier ou à jouer un seul style de musique. Le son de basses massives et des nappes de synthé, combinés avec des mélodies émotionnelles et des voix originales, tout cela dois se superposer avec des tempos différents”. Le résultat se présente toutefois comme une variante dub assez proche des productions dubstep orginales et des incursions ethniques de Filastine. Le tout servi avec un art du headbanging hérité de Beavis & Butt-head.
Suite à la disparition du rapper lundi dernier, nous republions ces deux articles publiés dans le magazine Vibrations à l’occasion de la sortie de “The Ownerz”, le dernier album de Gang Starr
Par David Commeillas
«Deux platines et un microphone.» À chaque interview, devant chaque caméra, chaque micro tendu, Guru répète inlassablement ses cinq mots. Comme si cette définition épurée du rap signifiait aussi «DJ Premier et MC Guru». Comme s’il était fondamental, à toute époque, de revenir à l’essentiel, et de rappeler leur éternelle allégeance à la culture hip hop. Les deux piliers de Gangstarr font désormais office de survivants, derniers miraculés d’une ère où cet art de rue revendiquait encore quelques valeurs chevaleresques telles l’honneur et l’authenticité. Parce qu’ils y croyaient sans doute plus fort que les autres, Gangstarr n’a pas connu le destin infortuné de A Tribe Called Quest, Nice & Smooth, Brand Nubian, Diamond D, Black Sheep et autres Jungle Brothers. Que reste-t-il de cette prétendue «new-school» new-yorkaise émergée au crépuscule des années 80? Busta Rhymes et Q-Tip lancés dans des carrières solos, Pete Rock exilé sur le label londonien BBE, et quelques groupes qui tentent à chaque album de retrouver en vain l’éclat du passé. Sombre Bilan. Rares sont les artistes ayant réussi à négocier le virage du nouveau millénaire sans déjanter.
Styliste d’avant-garde, impresario punk, protorappeur, collectionneur d’art contemporain, Malcolm McLaren a su réinventer continuellement son personnage de rouquin aux comportements hyperactifs. Nourri par un dandysme revendiqué et un intérêt pour les penseurs radicaux, en particulier le situationnisme de Debord et l’esprit contestataire de Mai 68, McLaren n’a jamais cessé de provoquer les catégories rigides de la société britannique.
Dans la lignée d’un Beau Brummell, dont on avait coutume de dire que la grandeur n’était fondée sur rien tout, c’est tout d’abord à travers l’habillement qu’il avait trouver le moyen de provoquer l’agitation. Associé à Vivienne Westwood, ils allaient utiliser leur boutique située de King’s Road, laconiquement dénommée SEX, pour lancer une guérilla sans concessions à l’encontre des codes vestimentaires et de l’idéologie hippisante des années soixante-dix.
Largement inspiré par l’esthétique rock’n'roll des années 50, il monte un groupe destiné à porter les étendard aux vêtements vendus dans le magasin. Avec leur attitude d’ados irrévérencieux et insouciant, les Sex Pistols aller générer une insurrection culturelle et médiatique dont l’impact ne cesse de se faire ressentir. Dans son ouvrage essentiel “England’s Dreaming”, Jon Savage pérennise l’influence de McLaren dans ce tournant marquant des cultures populaires. En effet, les premiers chaptitre associent de manière approfondie son parcours biographique avec les orientations musicales, esthétiques, politiques ou commerciales qui ont singularisé l’émergence du mouvement punk. McLaren avait récemment eu droit à un regain d’intérêt médiatique grâce aux commémorations du trentième anniversaire de la sortie du “Never Mind the Bollocks, Here’s the Sex Pistols”.
En revenant sur sa personnalité controversée, Savage relève entre autres à quel point les mythes et les rêves ont joué un rôle central dans la vie de McLaren. Très tôt, son parcours répondait ainsi à la première loi pop édictée par Andrew Loog Oldham, le manager des Rolling Stones. “Je crois que si vous mentez assez, cela devient réalité.” Diagnostiqué d’un cancer rare, le mesothelioma, il s’est éteint subitement le 8 avril dernier à l’âge de 64 ans.
Lhasa De Sela est décédée à son domicile de Montréal pendant la soirée du 1er janvier 2010, des suites d’un cancer du sein. Elle était âgée de 37 ans.
Un excès d’émotion et de gravité avait fait naître une blessure sourde et menaçante. Des micros lésions pesaient sur la voix de Lhasa. Ces petits kystes disparaissaient puis attaquaient de nouveau ses cordes vocales comme une série de points d’interrogations ponctuant la partition bien écrite d’une tournée. Pendant les concerts qui ont suivi la sortie de son deuxième album The Living Road, Lhasa avait navigué entre voix de tête et voix de poitrine, titillant ainsi les frontières entre deux approches inconciliables. Après quelques alertes, l’instrument sensible se grippa. Soudain, sa corde vocale lâcha.
Le DJ et producteur français exilé à Londres n’a pas fini d’en faire
Au côtés de ses compagnons de “Musique Large”, dÉbruit prend toujours plus le large à mesure que s’enchaînent les albums. Homme à tout faire en matière de sons, il avait déjà prouvé son expertise avec le tonifiant “Coupé Décalé”. En début d’année, il confirmait d’une “Clé de Bras” qui témoignait son penchant audacieux pour tailler des compositions bien ciselées. Un approche consolidée encore avec le futuristique maxi “Let’s Post Funk”, dans lequel Om’mas Keith feint parfaitement la fainéantise.
Même si la base reste ancrée dans le hip-hop, dÉbruit admet s’inspirer de genres très divers à la recherche d’énergie originelle. “A la naissance d’un courant, l’énergie de la création est puissante, quand on crée sans copier, tout est permis, car il n’y a pas d’exemple, pas de règle. Récemment j’écoutais de la musique nigériane, tunisienne, perse, pas mal de son roots, rock steady, du hip-hop oldschool 80’s… et tout ce qui me passe dans les mains, je suis assez curieux de nature.” De Kurtis Blow à Konono N°1, en passant par Yo La Tengo, il offre un apercu de son éclectisme et de sa maîtrise des juxtapositions dans ce mix exclusif.
Le théâtre antique va vrombir de plaisir. Musiques africaines, jazz, blues : les soirées à thèmes ont toujours autant d’allure
Gilberto Gil, Dianne Reeves, Youssou N’Dour, Hot 8 Brass Band, Sun Ra Arkestra, Wynton Marsalis, Martial Solal…
À Vienne, les artistes sont face à un mur humain. Le théâtre antique, ses gradins qui montent vers le ciel à la verticale : le spectacle est aussi dans cette foule immense comme une fresque vivante. On imagine la ferveur dans les travées aux rythmes de la grande Oumou Sangaré. Il y a quelques années déjà, la rencontre entre Hank Jones et Cheick Tidiane Seck avait produit le magnifique album Sarala. Les deux hommes se retrouvent ici. Autre rencontre qui promet d’être bien surprenante entre la trompette de Roy Hargrove et le flow de MC Solaar. On guette aussi la présence d’Archie Shepp auprès de Seun Kuti, la soirée hommage à Nina Simone, avec Lizz Wright, Dianne Reeves, le retour du trop rare Kevin Mahogany à la tête des Godfathers Of Groove. Sans oublier les autres lieux : le Jazz Mix avec Jazzanova ou Brian Jackson et le Club de Minuit avec Esperanza Spalding et Aaron Parks.
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