
Photos: Ari Marcopoulos
Adam « MCA » Yauch des Beastie Boys est mort le 4 mai dernier des suites d’un cancer contre lequel il se battait depuis trois ans.
Il fut le plus discret des Beastie Boys, rappeur au flow rêche et abrasif devenu au fil des ans le grand frère spirituel converti au bouddhisme. Le plus âgé des trois mousquetaires blancs du hip hop, Adam Nathaniel Yauch est né en 1964, le fils de Noël, un architecte, et de Frances, éducatrice dans l’école publique. Bien que le groupe se soit fait les champions de Brooklyn dans le morceau « No Sleep Till Brooklyn » (1986), Yauch est le seul à être né dans ce district de New York. Il n’a que dix-sept ans lorsqu’il fonde les Beastie Boys en 1981 avec Diamond D et Kate Schellenbach, future Luscious Jackson. Ce n’est alors qu’un groupe de punk hardcore comme il y en a tant d’autres.
La contribution de Yauch à l’univers des Beastie Boys est énorme. Il est l’auteur de la ligne de basse de « Sabotage », l’un de leur plus gros succès, et sous le pseudonyme de Nathanial Hörnblowér le réalisateur de nombreux clips du groupe. Ayant fondé le studio de cinéma Oscilloscope Laboratories en 2002, il est le maître d’œuvre du film Awesome ; I Fuckin’ Shot That, enregistrement live filmé en 2004 par cinquante caméras distribuées à des fans. Yauch a également produit en 2007 l’album du retour des Bad Brains, un de ses groupes favoris qu’il avait côtoyé à ses débuts. Il avait l’art de ne jamais oublier d’où il venait. Lors du concert au Montreux Jazz Festival en 2007, il dédie le concert à David Parsons, l’homme qui les avait lancés sur son label Ratcage et qui était mort en Suisse.
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Photo: Joel Vacheron
Réalisé sans aucun budget, en solitaire, UbuWeb est exemplaire des énormes potentialités d’Internet en matière d’agrégation et de mise à disposition de production artistique. A l’origine de ce projet Kenneth Goldsmith a suivi un leitmotiv sans équivoque: « Les droits d’auteurs?… On s’en fout ! ». A l’heure de la sortie de son ouvrage “Uncreative Writing“, il revient sur cette saga hors du commun.
Universitaire et poète à la verve truculente, amateur de bourbon et dandy au style impeccable, Kenneth Goldsmith est une belle expression de la prodigalité de New York pour fournir des personnalités hors-norme. Par-delà la finesse de ces vers, ce gentleman quinquagénaire est également le créateur du site légendaire UbuWeb. L’aventure débute en 1996, lorsqu’il décide de mettre en ligne quelques recueils de poésie concrète achetés au kilo dans des brocantes poussièreuses.
Goldsmith a toujours été un collectionneur acharné, notamment de vynils, et le site se transforme progressivement en archive colossale de documents sonores ou visuels introuvables sur Internet. Post après post, UbuWeb.com s’est profilé rapidement comme une référence unique en matière d’avant-gardes artistique. Après plus de 15 ans d’activités, le succès énorme rencontré par cette expérience vaguement déphasée permet de tirer un certain nombre d’enseignements.
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Il arrive quelquefois qu’un clip reflète à tel point une époque qu’il s’impose comme une sorte d’emblème, de point de ralliement incontournable pour évoquer l’esthétique d’une époque.
Les délires arty new yorkais de David Byrne dans Once in Lifetime, l’arte povera de Sledgehammer, le kitsch des films d’horreur de Thriller, les attitudes postpunks nihilistes de Smells Like Teen Spirit, les détournements de Sabotage, les amours posthumains millénaristes de All is full of Love ou les inventions ludique de Michel Gondry ou de OK Go, les exemples sont légion au point d’exclure toute forme d’exhaustivité.
Avec son projet e.m-bed.de/d/, il ne fait aucun doute que la californien Yung Jake a su crystalliser parfaitement les préoccupations des créateurs contemporains en regard des logiques abyssales offertes web 2.0. Pas nécessaire d’en dire plus, tant cette relecture géniale des obsessions propres au “seeding” parle d’elle-même… Ne craignez rien, cela ne va pas endommager votre ordinateur.

Portrait |
7 octobre 2011

PHOTO: Kristofer Buckle
Diamanda Galás ouvrira la 10e édition du Lausanne Underground Film Festival (LUFF)
Diamanda Galás se nomme au pluriel, force le respect et le trait d’une extase antinomique - parce que genèse d’une addiction à la douleur, ou quand le Beau sublime la Terreur - et impose au regard comme à l’écoute un bouleversement vicéral propre à renverser jusqu’à la génétique des habitudes perceptibles de notre temps.
Des nombreux qualificatifs qu’elle emploie elle-même pour se définir vis-à-vis du monde - dont elle sait arracher la chair odorante, celle qui se gangrène là où les yeux se cachent et les cupides se confondent - c’est celui de Peste qui semble tutoyer le plus honorablement les atours que Diamanda poète, Galás cantatrice, Merde de Dieu en duel avec le genre humain revêt comme un manteau épidermique d’où naît une contagion incontrôlable.
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Portrait |
25 octobre 2010

Photos: Joël Vacheron
Petite-fille d’un magnat de la presse allemande, belle-fille de John Lydon et rastafari de la scène punk rock, Arianna Foster incarnait plus que quiconque l’esprit impertinent de cette nouvelle caste d’aristocrates. L’amazone est décédée le 20 octobre des suites d’un cancer, elle était âgée de 48 ans.
Pas facile de trouver cette impasse étroite qui s’infiltre entre deux immeubles sur Denmark St. Le lieu de pèlerinage des amoureux de guitares qui transitent par Londres. Ari Up, la chanteuse emblématique des Slits, déboule en trombe dans l’escalier. Dreadlocks en pagaille, lunettes vintage et jupette fluorescente… Avec son accent inimitable, un mélange improbable d’allemand et de patois jamaïcain, elle ne fait pas mentir sa réputation d’impératrice punky reggae.
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Tags: ari up, the slits
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