Planqués vos oeufs, les lapins débarquent sur Genève en masse pendant le weekend de Pâques pour s’ébattre dans les différents événements organisés dans le cadre du Festival Electron. Concerts, expositions, danse, workshops, conférences, comme à son habitude, une programmation pointue permet de sillonner les sentiers escarpés des cultures électroniques. Un modèle du genre.
Revenu à des dimensions plus humaines et plus urbaines, après l’essai peu concluant d’investir la patinoire des Vernets en 2011, chaque soirée promet son lot de bonnes surprises. Les amateurs apprécieront notamment la venue Konono n° 1 le dimanche 8 avril, qui se produira lors d’une soirée intercontinentale où résonnera également la cumbia digitale de Fauna (ZZK) et du moombahton de Munchi et Nadastrom.
Stasia Irons et Catherine Harris-White sont basées à Seattle, ce n’est donc pas un hasard si les ballades funky-nusoul de “awE naturalE” ont été signées chez Sub Pop. Leur premier album “officiel” après les quelques mixtapes produites depuis la formation de THEESatisfaction en 2008.
Leur style n’a pourtant rien en commun avec les riffs noisy qui ont participé à construire la légende du label et c’est plutôt du côté des sonorités hybrides et psychédéliques de l’afrofuturisme que le duo puise librement leur inspiration. “On a l’impression de faire partie de cette tradition, comme des extraterrestres, on fait partie de tout et de rien en même temps”, déclarait Cat à propos de cette filiation distante.
D’ailleurs, ce n’est pas un hasard non plus, si leur univers se présente un peu le pendant féministe de Shabazz Palaces. Un autre duo de Seattle, également signé chez Sub Pop, qui collabore régulièrement avec THEESatisfaction. Lazaro apparaît sur le single Enchantruss.
ALBUM
THEESatisfaction, “awE naturalE” (Sub Pop), sortie le 27.03.12
Le héros du film “Jupiter’s Dance à Kinshasa” annonce un nouvel album qu’il présentera pour la première fois sur scène au festival Banlieues Bleues
Le catalogue du petit label français audio et vidéo La Belle Kinoise est un coffre à trésors : avant même le documentaire sur Staff Benda Bilili leur ayant permis de faire le tour du monde, le film Jupiter’s Dance proposait en 2007 une immersion hallucinante dans le ghetto de Lemba, en banlieue de Kinshasa.
La caméra y suit la grande silhouette filiforme du chanteur Jupiter arpentant les rues en terre de Kin’, présentant son groupe Okwess International et d’autres artistes incroyables qui trafiquent leurs guitares avec des morceaux de tôles, des câbles de batterie, et une bonne dose d’ingéniosité. « Ça fait vingt ans que je me bats pour faire sortir ma musique du ghetto », dit Jupiter à l’écran. 2012 devrait voir son rêve devenir réalité.
Il vient d’abord de signer une apparition notable sur Kinshasa One Two, le projet de Damon Albarn et Richard Russell enregistré au studio La Belle Kinoise dans la capitale congolaise. Il prépare ensuite la sortie d’un nouvel album dangereusement funky, intitulé Hôtel Univers et réalisé sous la direction de Marc-Antoine Moreau (Amadou & Mariam).
En attendant sa publication au printemps prochain, Jupiter présentera ses nouvelles chansons pour la première fois le 24 mars à Stains dans le cadre du festival Banlieues Bleues (avec Ray Lema programmé le même soir !). On l’attend avec impatience et on en reparle très bientôt.
Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, Laurence Jacottet, Philippe Cuendet et Ivan Liechti, le trio formant //DIY, sont des véritables passionnés de musique. DJ’s, producteurs, collectionneurs, programmateurs ou compileurs, ils ont cumulés les activités dans le domaine depuis quelques années. A ce titre, c’est surtout à travers le graphisme que les Lausannois ont poussé le plus loin cette sensibilité. Des pochettes aux vidéos, en passant par des myriades de flyers et de posters, //DIY a toujours su mettre les sons en image avec une rare originalité.
À travers cette exposition intitulée “FM”, ils poussent toujours plus cette exploration des points de convergences entre phénomènes sonores et visuels, notamment grâce à l’utilisation de quelques dispositifs expérimentaux. C’est le cas par exemple des séries inspirées par les figures de Chladni. Une manière de démontrer par la forme à quel point la musique, et les rythmes, sont à l’origine de toutes formes d’univers. Un catalogue tirée à 500 exemplaires a également été publiée à cette occasion.
L’association Face Z continue de réciter l’alphabet musical de Genève Face G, qui correspond à la sixième édition de son festival intimiste, se dérouleral tout au long du weekend à Genève. Au programme, trois soirées placées sous le signe de la découverte et du métissage sonore avec des groupes issus de scènes très variées.
Le festival change de nom à chaque édition, ceci pour se référer à la volonté qu’ont certains amateurs de musique de toujours chercher les groupes les plus souterrains, de fouiller pour trouver la face inconnue que tout le monde recherche. Au bout du compte, le but est de mener l’alphabet à son terme. A savoir jusqu’à Face Z, en 2031.
Commentaires