Résultats pour 'gnawas'

Omar Sosa


Dix disques. Ceux qu’emporterait sur son île déserte le pianiste et globe-trotter cubain Omar Sosa. Son dernier album “Afreecanos”, qui est dédié aux percussionnistes Pancho Quinto et Angá Diaz, fait des ponts entre les musiques africaines et latines.

Compilation Rapsodia Rumbera
C’est un de ces disques où l’on comprend la complexité rythmique de la rumba : une musique qui groove tout le temps !

Ruben Gonzales Introducing
Un piano-book cubain. Des classiques, mais avec un son spécifique, une approche très sensible, libre, et surtout l’envie de raconter des histoires.

Sakamoto & Alva Noto Isen
Un disque d’une beauté minérale. Avec un sens de l’espace et une respiration interne qui fait que cela pulse, malgré le minimalisme.

Nguyen Le Maghreb And Friends
Le mix parfait de toutes les scènes musicales que j’aime : l’Afrique, l’Algérie, les Gnawas…

Miles Davis Tutu
Ce disque a pour moi une valeur toute particulière : ce fut comme une bible quand je l’ai découvert à Cuba. Gonzalo Rubalcaba Cuban Quartet Antigo
Un disque puissant, surprenant et personnel : l’une de mes principales références. Un héritage de la grande tradition afro-cubaine, mais avec un véritable point de vue avant-gardiste.

Erik Satie Complete Piano Works
Un mentor. Impossible de jouer du piano sans passer par lui. Des climats uniques, familiers mais décalés.

Herbie Hancock Inventions And Dimensions
Un autre maître du piano qui donne une belle leçon dans cet album, il joue du pur latin jazz afro-cubain. La classe !

Steve Coleman & Mystic Rhythm Society The Sign And The Seal
Plusieurs lignes et niveaux de langages s’entremêlent, sans jamais perdre le rythme. L’Afrique, c’est une question de groove et non de notes.

Thelonious Monk et John Coltrane Live At Carnegie Hall
Deux génies, un chef-d’œuvre !

CONCERTS

  • 31.01.09 Les Arcades / Faches Thumesnil

  • 07.03.09 Temple du Bas / Neuchatel

  • 16.04.09 Le Petit Faucheux / Tours

  • 05.05.09 Théâtre Duchamp-Villon - Hangar 23 / Rouen

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Jean-François Bizot

Face au jeu de l’île déserte où l’on n’emmènerait que dix CD, je ne peux vous donner qu’un conseil préliminaire : enculez la règle du jeu. Voici les climats, les dieux et les démons, les poètes et les chamans, les clubs qui transpirent du plafond et les chill out, les move your ass et les blues gospel pour rêver sur la plage une main indolente dans le pagne.

1/ J’emmènerais la beauté poignante du “Kindertoten Lieder” de Gustav Mahler pour me dire qu’en écoutant Katleen Ferrier chanter vingt minutes je saurais, bien consolé, que je ne pleure pas sur moi, là-bas tout seul, tout comme cet hymne du bord de plage où l’on traîne à regretter l’humanité en écoutant Billie Holiday chanter “I cover the waterfont” (Verve).

2/ Je convoquerais les tambours hypnotiques de Satan avec Sister Ray du Velvet Underground, un mix des trois premiers Led Zeppelin et Their Satanic Majesties Request des Rolling Stones.

3/ Je ferais mon plein de lyrisme avec “Gipsy Queen Woman” de Tim Buckley (Straight Warner), dont la voix écorchée permet de sauter un repas, “I love you Porgy” de James Brown (Capitol), où le roi du mashed potatoes livre la plus belle des purées et “Misty”, en version live in the club, de Sarah Vaughan (Emarcy / Universal Jazz).

4/ Je me malaxerais un bon mental avec Poppy No Good de Terry Riley (CBS) maître de la répétition à l’orgue accompagné par Phaedra de Tangerine Dream (Virgin) dont les nappes enveloppent les soucis et les “Gymnopédies” d’Erik Satie jouées par Aldo Ciccolini.

5/ Je saurais conjurer les orages électriques du climat imprévisible en mixant Ummagumma de Pink Floyd (EMI), leur premier double album, White Noise numéro un ou deux (Virgin) avec ses fulgurances de cinéma sonore, et va savoir quel trash à la Sonic Youth ou quel pirate de Hendrix ou le coffret des trois CD inédits des Doors chez Rhino (Warner) avec une version live définitive de “The End”.

6/ Je m’emballerais encore tout chaud et toujours énervé sur “International Thief Thief” de Fela Ransome Kuti, cet afrobeat qui l’a mené en prison pendant que tout le Shrine dansait. Un album de cuban world comme Conjure de Kip Hanrahan, ce collector où tout New York soufflait, il y a vingt ans, d’Ishmaël Reed le poète pré-rap à Elysee Pyronneau, le guitariste haïtien couturier dentellier du Compas, etc.

7/ Je ne me priverais surtout pas de ces maîtres du désert-groove que furent les Ambassadeurs avec Salif Keita et Kante Manfila à l’époque de Mandjou et je les mettrais en écho avec une de nos compiles Nova, Deep Orient, où voyagent soufis, gnawas, original raï et Dissidenten (ça doit se trouver sur le Net).

8/ Pour entretenir mon cerveau face à l’intelligence vitale mais limitée des noix de coco, j’embarquerais le coffret In a Silent Way de Miles Davis, magnifiques versions inédites à la modernité si stupéfiante qu’échappant aux modes, il fallait vingt ans pour qu’on s’aperçoive de leurs sonorités inusables mélangées avec des imprécations amphétaminées des discours d’André Malraux (Frémeaux et Associés) et, à défaut, les Last Poets, maîtres du spoken word sur le label Douglas, juste à la fin des sixties.

9/ Comme rien ne tient mieux compagnie qu’un solitaire, ce diamant qui ne se livre jamais complètement, j’embarquerais un Brad Meldhau bien stoned, ce pianiste capable du meilleur XXIème siècle et un Arthur H récent combiné à un Gonzalez piano solo sur le label No Format.

10/ Et pour s’endormir en rêvant, j’irais télécharger (entre autres) sur le Net quelques mixes cultes de Nova de Laurent Garnier, Lord Zeljko, Gilb’R et Loïk, le concert de Manu le Malin… J’emmènerais Olé de John Coltrane (Atlantic), chef d’œuvre de vingt-six minutes et l’album de Damon Albarn enregistré au Mali.

Vous avez compris : on ne vit pas sur une île déserte si on y perd la mémoire du monde. Je vous parlerai dans quelques années des boléros et saudade, des musiques chamaniques introuvables, de ces blues du jeune John Lee Hooker dans années 1930 et de ces improvisations Magic Malikiennes qui sont à votre portée dès que vous aurez taillé une flûte en bambou.

Jean-François Bizot

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film: Wijdan, les transes africaines

Rencontre filmée, qui paraît en DVD, entre deux maîtres de la transe: le Gnawa Brahim El Belkani et le Malien Sibiri Samaké. Inédit et impressionnant, comme le montre un extrait de Wijdan

Que tous ceux à qui le mot transe fait peur jettent un œil à ce film! Wijdan démontre à merveille le naturel de ces cérémonies, la simplicité des acteurs qui les animent et leur ouverture d’esprit. Avec dans les rôles principaux Brahim El Belkani, grand joueur de guembri gnawa, et Sibiri Samaké, musicien et chasseur malien.

Ces deux-là se sont rencontrés, il y a quelques années. D’emblée des points communs sont trouvés: gnawa et chasseur pratiquent tous deux des musiques de transe aux pouvoirs guérisseurs. Les Gnawas sont des descendants d’esclaves d’Afrique de l’Ouest et chantent en bambara. Brahim, comme Sibiri, est à la tête d’un ensemble familial. Passé ce préambule, les deux auteurs de ce documentaire, John Allen et Bella le Nestour, retracent la trajectoire hors norme de chacune de ces personnalités.

Images d’archive, souvenirs de Brahim El Belkani et répétitions en famille offrent une vision inédite de ces musiques, qu’on croit à tort diaboliques parce que secrètes. Au-delà de cette évocation, ce documentaire pose également la question de l’appartenance à une culture ainsi que celle des racines. A l’heure où, en Afrique comme en Europe, les liens sociaux et familiaux sont de plus en plus complexes, cette “rencontre des âmes” (traduction littérale de “Widjan”) nous donne quelques clefs et une raison supplémentaire de visionner ce film.

VIDEO

  • Extrait du DVD Wijdan, avec une interview de Brahim El Belkani et des images d’une lila, cérémonie de possession qui dure toute la nuit (taille du fichier: 19.8 Mo).

DVD

  • Wijdan, Le mystère de la musique de transe des Gnawas. De John Allen et Bella Le Nestour (Possible Pictures/Harmonia Mundi)

PROJECTION

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