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Bonga

Dix disques, ceux qu’emporteraient Bonga dans son île. Il y a trente ans, il entrait dans l’histoire de la musique avec «Angola 72». Un disque de résistance, habité par sa voix rauque, par une tristesse subtile. Profitant de la vague lusophone sans précédent, ce vétéran revient sur le devant de la scène. S’il lui fallait partir sur une île déserte, ce serait dans l’une de celles qui font face à Luanda, la capitale de l’Angola.

Franklin Boukaka
Un Congolais qui dans les années 60 avait la même démarche que moi, chantant avec une conscience politique forte. Il avait une très belle voix, mais a terminé très très mal. Il n’a fait qu’un disque, mais quel disque!

Franco Mario
C’est le plus grand chanteur, guitariste, compositeur du Zaïre, un pays très important pour nous Angolais. Il était l’un de nos préférés dans toute cette musique congolaise que l’on écoutait pour échapper à ce que nous donnaient les Portugais, de la variété portugaise ou de la musique brésilienne.

Ray Charles Georgia On My Mind
Quelle voix! Depuis qu’il a commencé à enregistrer, il fait partie de ma vie. Mon père écoutait ses chansons, «I Can’t Stop Lovin You»! Ray Charles, ça m’apaise et puis, il incarnait à l’époque ce qu’ils appellent grossièrement les Afro-Américains.

Charles Aznavour La Mama
Quand il est venu en Angola, il a été reçu à l’aéroport comme un président. Il nous a impressionnés et même influencés. Dans les bals, je me souviens avoir dansé sur sa musique, aussi étrange que cela puisse paraître.

Manu Dibango Waka Africa
C’est le vieux maître africain, que tout le monde respecte. Il m’avait invité pour ce disque. C’est un complice depuis très longtemps. J’ai fait des tournées avec lui. Nous avons même réalisé ensemble une musique de film.

Cesaria Evora Miss Perfumado
Je l’ai connue au Cap-Vert quand elle chantait dans les bars et les restos. Dès qu’elle arrivait, on savait qu’il y allait avoir de la musique, du chant fidèle à sa terre. Cesaria, c’était une encyclopédie. Sa voix me donne toujours des frissons…

Celia Cruz Tout
La voix, la femme de Cuba! C’est la reine! De la salsa, du guanguanco, de l’afro-cubain. Elle nous a beaucoup fait danser en Angola.

Carlos Santana Supernatural
Un disque très élaboré qui m’a fait forte impression. Sa guitare électrique va chercher des sonorités incroyables. On se croirait dans une jungle, une forêt, dans la mer. Il a un tel son!

Manitas de Plata Tout
C’est le sauvage, celui qui n’a pas les «bonnes» manières occidentales. Il parle avec des gestes, ne se coiffe pas, ne se maquille pas, il prend juste sa guitare pour représenter un peuple nomade, qui vit dans sa roulotte. Le roi des Gitans!

Martinho da Vila Martinho da Vila Presente Il m’avait invité à participer à ce disque, parce qu’il reprenait une de mes chansons. Je devais rester quinze jours à Rio. J’y ai passé huit mois! Une fantastique découverte de la samba, de ses liens avec notre semba.

The Caretaker, la mémoire des lieux


Si les musiques sont des fantômes, les disques que James Kirby produits à travers The Caretaker sont des manoirs hantés. Lancé il y a quelques années avec “Memories from the Haunted Ballroom” (1999), l’impulsion initiale du projet s’inspirait plus précisément des résonances de la salle de bal de l’Overlook Hotel dans «Shining».

Kirby laissait transparaître la face ésotérique de vieilles rengaines des années 20 et 30 en les immergeant dans un bain de réverbérations brumeuses et en enchaînant des titres aux noms évasifs, comme autant d’analogons des radiographies de Wilhelm Röntgen.

Avec “Patience (After Sebald)”, ce sont les spectres de l’écrivain allemand W.G. Sebald qui sont invoqués. Invité par le réalisateur Grant Gee, à qui l’on doit le film Joy Division, Kirby continue de stimuler nos mémoires en accentuant les craquements et les grésillements à l’aide de boucles flottantes.

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Clams Casino, suite royale


Après la sortie d’une mixtape “Instrumental”, d’un EP “Rainforerst” et de ses collaborations avec Lil’B ou ses remixes de Lana del Rey, Clams Casino continue à se profiler comme un des représentants incontournables de la nouvelle génération de producteurs.

Mélodiques et vaguement étranges, il propose des amalgames maîtrisés entre la tradition West Coast et les approches plus intimistes d’un Four Tet ou d’un Burial. Le tout porté par un art consumé des silences. Son dernier single, Swervin, ne déroge pas à la règle et on attend la suite avec impatience.

Death Grips, les griffes de la nuit


Si Anti Pop Consortium rencontrait Jane’s Addiction dans le triangle de “Dark Side of The Moon”, on aurait peut être quelque chose ressemblant à Death Grips. Comme sa mixtape “Exmilitary” (2011) en témoigne, le homeboy de Sacramento ne fait pas dans la demi-mesure. Sirènes, images de radars et nuisances audio, il compose un univers ultra saturé et particulièrement revigorant. On peut trouver passablement de titres à télécharger sur le site.

Batida, Lisbonne ↔ Luanda


Grand spécialiste des compilations intercontinental, Soundway s’ouvre aux sonorités contemporaines en signant Batida, un projet de Pedro Coquenão. Sous le nom de DJ Mapula, il est depuis de nombreuses années un des acteurs influents de la diffusion des musiques angolaises au Portugal.

Une manière peut-être de se rappeler que son père, comme un nombre très important de Portugais durant les années 60 et 70, a passé une bonne partie de sa vie à Luanda. Par un étrange coup du sort, la capitale connaît actuellement une prospérité démesurée et toute une génération s’est remise à rêver en écoutant les rythmes de Kuduro.

Tirei O Chapéu, dans laquelle on retrouve également MC Ikonoklasta, offre une variante plus mélodique que Buraka Sum Sistema et laisse présager que Lisbonne n’a pas fini de se laisser bercer par les sonorités africaines cet été. Sortie prévue le 26 mars.

ALBUM

Rustie, des airs de post


Avec “Glass Swords“, Russell “Rustie” Whyte a signé un premier album remarqué l’an passé chez Warp. Pistant les dernières saccades du breakbeat continuum, il propose un cocktail corsé et hautement gazéifié. Un état des lieux qui lui a permis de s’attirer les faveurs d’une presse musicale anglaise qui, avec sa soif de néologismes, n’a pas tardé à le ranger sous de l’étiquette post-dubstep. L’écossais se produira dans l’édition 2012 d’Electron Festival.

CONCERT

  • 07.04 Festival Electron / Genève




Vibrations Jukebox


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